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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 21:36

V

 

   Yves-Saint-Laurent_exact780x1040_p.jpgHeurement  Saint-Laurent portait des lunettes.  Sans quoi il eût été très difficile de lui trouver un clone acceptable.

Là, ils sont deux, et la ressemblance, quoiqu’approximative (il manque la profondeur, l’inquiétude, le détachement du regard) a pu satisfaire quelques centaines (milliers ?)  de spectateurs.

 

PHObd713078-a7ae-11e4-907c-63c3b8306e5f-805x453.jpgIls vont s’affronter lors de la cérémonie des Césars le 20 février prochain.   Enfin, Pierre Niney et Gaspard Ulliel ne s’affronteront pas comme on se bat en duel ou sur un ring… Ils subiront le verdict des jurés de ladite cérémonie qui, eux, vont s’affronter.

Lesquels jurés vont choisir en fonction de quoi ?

De la ressemblance ?  De la reconstitution de  ce personnage insaisissable, inclassable, impénétrable ? Le seul caractère irréfutable de l’homme Saint-Laurent c’est le génie.

Comment interpréter le génie correctement ?  Oh how high is the moon !

 

Oui, incarner Saint-Laurent était un pari  perdu d’avance. 

On pouvait juste imiter sa façon de parler, sa façon de marcher, ses petits manèges avec Pierre Bergé, ses grands moments de création le front penché sur la table à dessin, ses délires sexuels.   Le petit bout de la lorgnette.

  Les deux réalisateurs ont vu tout cela  d’une manière différente, insistant sur telle ou telle facette de son personnage mondain, professionnel ou intime avec des scènes parfois choquantes.  Non ! Il était peut-être lubrique, peut-être capricieux, mais là n’était pas le problème.  Au fond de lui-même il y avait quoi ?  Qui peut le dire ? qui peut l’interpreter ?

 

Ces deux acteurs, très bons acteurs, sont restés l’un comme l’autre à la porte de l’univers intérieur, insondable, de Saint-Laurent.

Et je me demande bien comment le jury va les départager.

 

 

Miss Comédie - 31/01/15

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 14:18

 

 

 

MONT-BLANC.jpgDans le hall mythique de l’hôtel Mont-Blanc à Megève, il y avait un monde fou.  L’événement : Astrid Maillet- Contoz, décoratrice attitrée  du Tout-Megève,  organisait l’exposition des  photos de son ami Jean-Marie Périer  sur les murs du salon et de la salle à manger baptisée  par Cocteau   Les Enfants Terribles.

Une expo pas ordinaire, car les photos avaient pris  des dimensions fantasmagoriques, ça allait   jusqu’à la photo-affiche  et quand on est devant une Françoise Hardy géante, miraculeuse de majesté, ou d’un Saint-Laurent vous souriant grandeur nature, assis sur un canapé avec Carla Bruni posant dans un de ses modèles, on est bluffé, on veut l’avoir chez soi, tout de suite !

-vernissage.jpgAu-dessus du bar s’étale  une  immense  photo de Stella McCartney  allongée sur un chesterfield, le regard énigmatique. C’est la photo qu’Astrid Maillet-Contoz a choisie pour son invitation au vernissage.

 

Jean-Marie-Perier-souvenirs-souvenirsIl était là, ébouriffé, jovial, un jeune homme de 75 ans qui n’en finit pas de célébrer ses années soixante qui sont les nôtres à tous, les plus belles du siècle  - et les visages  des stars légendaires qui nous fixaient, là,  en étaient la preuve.  Des talents éternellement vivants.

 

Jean-Marie Périer est l’image de cette pérennité avec dans le regard une curiosité, une gourmandise qui promet de beaux lendemains encore.

Assis pour quelques dédicaces, il ne tient pas longtemps en place. 

« Je vais conduire mon épouse  dans ses appartements », dit-il malicieusement.  Son épouse, c’est sa chienne,  complètement étourdie, vacillante  sous le bruit et la bousculade.

Il s’absente donc, pour revenir très vite reprendre le fil de ses souvenirs avec ses fans.    Il  reprend  ses dédicaces – son dernier ouvrage, « LOIN DE PARIS »  raconte sa nouvelle e expérience en Aveyron où il vit désormais et où il s’adonne à la poursuite des visages et des talents de la région pour en publier les portraits dans les colonnes du quotidien régional.  C’est la compilation de ces portraits, mêlés à ceux de ses stars favorites, que l’on retrouve dans ce  livre.

Pourquoi avoir quitté Paris ?  Les premières pages  nous l’expliquent clairement, il n’y a aucune aigreur mais aucun regret non plus dans ce départ.  Seulement une nostalgie du Paris de sa jeunesse.

.  Un besoin  de verdure, de silence sans pour autant  couper les ponts.  La preuve : il nous prépare un spectacle vivant, lui-même  sur  scène entouré de ses idoles… en photos.

Il est heureux dans sa maison près d’une ferme dont la vache est devenue sa copine.  Mais quand il parle de son projet de spectacle dans la capitale, on le sent aussi motivé qu’à trente ans.

Une soirée  légère et réjouissante où le champagne, les rires et l’élégance de ces icônes disparues nous faisaient remonter le temps. 

Félicitations,  Astrid !

 

Miss Comédie-janv.2015

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 21:42

 

 

 

 

 

 

 

cabu                                Je ne connaissais pas son visage.  Et vous ?

 

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 

 

 

 

 

HAL-1.jpgRÉPONSE de la photo-mystère de décembre 2014

 

Il s’agissait de HAL, l’ordinateur de bord du vaisseau spatial Discovery 1 dans le film de Stanley Kubrick « 2001 l’Ogyssée de l’espace ».

 A bientôt,

Miss Comédie

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:16

 

elvis-presley-2.jpgDans un au-delà sans concerts de rock ni circuits de Formule 1, Elvis Presley et Juan Manuel Fangio s’ennuient.

Elvis pleure. C’est aujourd’hui le 8 janvier sur la Terre, le jour anniversaire de sa naissance.  Il peut voir la foule se presser dans le Jardin de la Méditation à Graceland, où sa tombe disparaît sous les gerbes de fleurs.

Perdu dans ses pensées, il ne voit pas arriver un bolide casqué qui fonce sur lui et s’arrête pile avant de le percuter.

 

« Hola mec, y a de la place ailleurs  !

 

 

 FANGIOL’homme, confus, retire son casque et formule des excuses d’une voix fluette qui contraste avec son visage taillé au couteau.

Elvis reconnaît Fangio le pilote fétiche d’Enzo Ferrari.

« Pardon, pardon, justement y a trop de place ici. Sur les circuits on est sur des rails  Mais   dis-moi le King, t’as un problème ? Pourquoi tu pleures ?

Elvis désigne la planète Terre, au-dessous d’eux.

 

« Tu les vois, en bas, se prosterner sur ma tombe ?  C’est mon anniversaire et je voudrais être avec eux.

«  Tu te sens seul, ici ?

« Oui, très seul. J’ai envie de me chanter « Are you lonesome tonight » mais là j’aurai pas le fou rire comme à Las Vegas !

 Comme Fangio le regarde sans comprendre Elvis explique.

 

«Il y a une anecdote autour de cette chanson. Tu la connais ?

«  Non,  raconte !

 

«  C’était pendant un gala à Las Vegas,  je chantais cette chanson avec un ton éploré comme il se doit, quand brusquement j’ai été pris d’un fou rire impossible à retenir.

 

Fangio attend la suite, intrigué.

«  Tu te demandes pourquoi, hein ? Voilà. Avant le concert ils avaient engagé une nouvelle choriste qui venait d’un orchestre philarmonique et elle s’est mise à faire des vocalises à la Maria Callas, tu vois le genre, moi j’étais pas au courant, quand j’ai entendu ça j’ai pas pu m’en empêcher, j’ai éclaté… et plus je voulais arrêter de rire, plus sa voix était infernale, j’ai ri comme ça pendant toute la  chanson. images.jpg

 

« Et alors ?

«  Alors, le public a cru que c’était une variante que j’improvisais, et  toute la salle s’est mise à rire en chœur  !

«  Et alors ?

«  Alors les organisateurs ont cru  que j’étais ivre, ils ont voulu me virer !…

Elvis éclate de rire à ce souvenir, imité par Fangio qui trouve l’anecdote poilante.

«  Après ça, l’enregistrement « fou rire » s’est mieux vendu que le premier qui était carrément fleur bleue…

 

Fangio soupire.  « Un grand chanteur ne sait pas seulement chanter, il sait aussi  improviser avec le hasard.

Puis il enchaîne :

 

 

«  Ca me rappelle une anecdote qui m’est arrivée pendant une course à Monaco, en 1950. J’étais en tête, sur mon Alfa Romeo, et devant moi il y a eu un terrible accrochage, 10 voitures se sont rentrées dedans au virage du bureau de tabac.   Je ne pouvais pas les voir, j’arrivais à toute berzingue dans le virage, j’allais gagner, et pourtant… j’ai ralenti, ralenti, inexplicablement  j’ai levé le pied  et quand je suis arrivé sur eux  j’ai pu éviter de les percuter.

 

Elvis le regarde, ébahi. Dans ses yeux il y a une question.

 

« A l’arrivée, ils se sont tous précipités sur moi :  « Fangio, pourquoi tu as ralenti ? »

Ma réponse les a tous bluffés, et l’histoire a fait le tour du monde, et pourtant, c’est tout simple :  j’ai ralenti parce que juste avant d’arriver au virage, j’ai vu la foule qui ne me regardait pas, moi le gagnant, mais qui regardait quelque chose devant moi, et j’ai compris qu’il devait y avoir du grabuge.

Elvis soupire.   « Un grand pilote ne sait pas seulement piloter, il a aussi un sixième sens.fangio_monaco_1950.jpg

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 16:40

 

LES SURPRISES D'UN ORDINATEUR

 

 

J’étais devant mon document Word vierge, à hésiter entre un sujet et un autre quand l’écran s’est éteint brusquement. Le temps de m’interroger, il se rallumait aussitôt.

A la place de mon doc vierge il y avait comme une scène de film.

Ca représentait une pièce  envahie de livres,  sur les étagères, sur les chaises, sur le sol, et se faisant face de part et d’autre d’un bureau, un homme et une jeune fille. 

J’ai vu la scène s’animer et la caméra s’est rapprochée des deux personnages.  De face, j’ai reconnu Albert Camus.

 

 

 220px-Albert_Camus-_gagnant_de_prix_Nobel-_portrait_en_bust.jpgIl  est vêtu d’un costume léger bleu marine. Sous la veste, son éternel gilet de laine gris.  Il a l’air fatigué.  Son bureau est encombré de livres, de papiers, de photos d’acteurs.  La fenêtre est fermée.  Il s’adresse à la jeune fille.

 

- Alors, ma chère, nous avons enfin un théâtre...

- Oui, monsieur, enfin !

Il lui parle d’égal à égale. Elle  paraît très jeune, à peine  dix-huit ans. Elle a devant elle une idole. On sent qu’elle prend sur elle pour paraître naturelle, qu’elle a conscience de vivre un moment exceptionnel. Les minutes commencent à filer à un train d’enfer.

Il lui parle encore.

                                                      

  -Je n’aurais jamais cru que ce fût si difficile, soupire-t-il.  Bon, la pièce est longue, lourde... une lourde machine... Et tous ces comédiens.... Mais enfin voilà : c’est encore une femme qui a le courage d’accueillir Les Possédés dans son théâtre…

 

Elle a un sourire qui se veut complice.

 

- C’est elle qui en aura le succès...

- Chut... ne mettons pas les dieux contre nous... Si vous saviez comme je doute... Dans un mois on répète et je ne suis sûr de rien...

                                                     

. «  Ce n’est pas à moi à le réconforter », lit-on sur le visage de la jeune fille. .  Elle ouvre sa serviette  et en sort les documents à signer.  Il tend la main, les pose devant lui tout en suivant le cours de sa pensée.

 A brûle-pourpoint, il demande :

-  Que pensez-vous de Catherine Sellers ?  L’avez-vous déjà vue sur une scène ?

Elle baisse les yeux. « Il me parle comme à son agent. Après tout, oui, je suis la secrétaire de son agent »

 La question semble l’avoir agacée.

- Non, je ne l’ai jamais vue.  Seulement sur des photos...  Je l’imagine bien jouant Maria dans Les Possédés.

   

Il ne  l’écoute pas. Il rêve. Il est vraiment très beau.

- Elle est parfaite.  Et quel métier pour son âge... Une actrice shakespearienne. Elle est passionnée par le théâtre.

 

Comme elle se tait, il demande pour la forme  :

-  Et vous ?

 

Elle hésite, mais l’occasion est trop belle. Les yeux brillants, elle lance :

-  Je vais prendre des cours de comédie.

 

 Il revient sur terre.  Surpris, il l’est forcément, et il ne veut pas le montrer,  mais   la phrase le dérange.  D’un ton sec, il rétorque :

-  Pour quoi faire ?

-  Pour faire du théâtre.

Elle jubile.  Elle croit encore qu’elle va  l’impressionner.

Mais la scène continue et elle va déchanter.

Il regarde la secrétaire qui veut faire du théâtre.  C’est comme si elle avait  enlevé une perruque. La scène tourne à l’échange de balles. Champ, contrechamp.

-  Vous avez tort.

-  Et pourquoi s’il vous plait ?

- Parce que faire du théâtre n’est pas ce que vous croyez.

- Savez-vous seulement ce que je crois ?

Là, elle a une boule dans la gorge.

Il se lève. 

-  Oh oui, je le sais : vous croyez que c’est facile, que ça brille, qu’on n’a qu’à parler et que les gens applaudissent, et que l’on joue tous les rôles qu’on veut, toujours,...

-  Non, vous vous trompez.  Je sais que c’est difficile et long, et frustrant. Mais je veux essayer. Et pourquoi toutes ces comédiennes que vous admirez ont-elles le droit d’en faire et pas moi ?

Il va se planter devant elle et lui parle en se penchant, avec véhémence.

-  Parce qu’elles sont folles !   Oui, il faut avoir la folie en soi pour faire du théâtre, il faut être fou !   Et vous êtes tout ce qu’il y a de plus normale !

 

C’est comme s’il l’avait giflée avec ce mot. Elle rougit violemment.

-  Qu’est-ce que vous en savez ? Est-ce que vous me connaissez?

 

Il  hésite,  retourne s’asseoir à son bureau.

-  Oh, non, bien sûr je ne vous connais pas.  Il y a bien un peu de folie dans chacun de nous.... Mais je vous vois plutôt mariée, avec de beaux enfants, vous êtes si tendre...

«  Normale et tendre.   Je hais cet homme qui ne comprend rien aux apparences. »

Il y a un silence.    A première vue, la scène va finir sur un clash. 

Camus  feuillette les documents  posés devant lui, il les lit à peine et les signe.

Puis il referme le dossier et le lui  tend.  Elle se  lève.  C’est fini.

On lit sur le visage de la jeune fille une sorte de lassitude.

Alors il fait le tour du bureau, vient face à la jeune fille et comme elle  baisse la tête, il lève du doigt son menton, et ses yeux plongent dans les siens.  C’est le moment où ses larmes arrivent malgré elle.

-  Mon petit.  Je vous ai fait de la peine.  Je vous ai dit le fond de ma pensée, je n’avais pas le droit, c’est absurde...

Il essuie la première larme sur  sa joue d’un doigt paternel.

-  Ecoutez-moi.  Nous allons faire un pacte.  Après cette conversation, réfléchissez.  Faites ensuite exactement ce que vous sentez, suivez votre instinct. Je vous donne rendez-vous dans un an. Nous prendrons une soirée entière, je vous emmènerai dîner.   Et  vous me raconterez  ce que vous aurez tenté... ou non tenté... Vous me prouverez peut-être que j’ai eu tort ? 

 

Il la  serre contre lui.

-  Nous voulons tout... Je suis comme vous... Il faudrait plusieurs vies.  Après tout se tromper est encore la meilleure façon de se trouver.  Mais le théâtre est un maquis...   

Elle s’écarte de lui :

- Tous les métiers sont un maquis, monsieur.

- C’est la vérité.  Vous avez le dernier mot.  Maintenant les choses vont se précipiter, je n’aurai plus une minute à moi.  Mais n’oubliez pas : dans un an... le 5 janvier ... Ici, dans ce bureau. Je n’ai qu’une parole.

 

   Son geste de la main s’est fige en même temps que le son de sa voix.

 L’écran redevient noir, puis mon document réapparait.

Machinalemnt mes doigts courent sur le clavier. Les mots vont remplacer les images de cette scène pour la fixer dans le temps.   Scène Imaginaire ? oui, mais souvent, le réel et l’imaginaire se confondent dans notre mémoire.

Il faudra iajouter que la jeune fille, le jour venu,  n’est  pas allée au rendez-vous.  L’accident était déjà dans tous les journaux.

 

Miss Comédie - 25 décembre 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 14:39

 

 

 

 images.jpg                

 

              Dans quel film figure ce décor ?

 

 

 

 

 

 

 

Réponse de la photo-mystère de Novembre ci-dessous :

Belmondo et Bouquet dans La Sirène du Mississipi.

La plupart d’entre vous ont trouvé les acteurs, bien sûr, mais pas le film !la-sirene-1.jpg

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 13:06

 

 

 

Edward-Hopper-Richard-Tuschman-02-copie-1.jpgTous les tableaux de Hopper sont des énigmes. Et il les a peints pour qu’il en soit ainsi.

L’avant-dernier jour du mois de novembre, pour la publication de mon millième article sur Over-blog, j’ai publié une photo censée être la toile de Hopper nommée « Eleven A.M », peinte en 1926.

Il y avait là une double énigme.

La photo ne représentait pas vraiment la toile de Hopper.

Elle était extraite d’une série de clichés qu’un photographe new-yorkais, Richard Tuschman, a exposés sous le titre « Hopper’s meditations ».

Quelques-uns d’entre vous -  des initiés, certes ! –  ne se sont pas laissé avoir.  Mais prise de remords, je veux que tous mes visiteurs sachent ce qu’il en est.


Car c’était une énigme à tiroirs  !   Au mois de septembre dernier,  est sorti en France le film très étrange d’un réalisateur  autrichien, Gustav Deutsch, qui met en scène 13 reproductions de tableaux  de Hopper  sous le titre SHIRLEY – UN VOYAGE DANS LA PEINTURE DE HOPPER.   Un film de fiction où l’on voit les personnages de Hopper s’animer et le résultat est troublant.

  Parmi ces reproductions figure la photo de Richard Tuschman que j’ai choisie pour mon article, car elle était pour moi – ô sacrilège ! – plus belle, plus énigmatique, que l’original de Hopper « Eleven A.M ».

 

Les toiles d’Edward Hopper n’en finissent pas de créer le mystère, avec d’infinies suppositions, de multiples décryptages.

Alors si, en plus, des allumés se mettent à brouiller les pistes  avec  des photos plus vraies que nature, où allons-nous.

 

 

 

En tout cas, dans cette histoire, il faut trancher.  Que s’est-il passé dans cette chambre, pour que la Rousse soit ainsi prostrée devant la fenêtre, seule, à onze heures du matin ?

Et bien, tout est dit dans le texte, sauf les secrètes motivations des deux personnages. Il a très vite flairé que la Rousse n’était pas claire et il l’a suivie dans sa fuite sans trop savoir où cela allait le mener. Et puis,  ce soir-là, il avait surpris une  conversation au téléphone qui lui laissait entendre que la Rousse était  recherchée.

Il avait réuni les quelques objets compromettants dans la valise   et s’était éclipsé  pendant qu’elle dormait, se soustrayant, lui, à l’enquête et la laissant, elle, libre de tout soupçon .  Plus de pièces à conviction, plus de vêtements… pourquoi avait-il emporté les vêtements ?  Une sorte de vengeance, peut-être, pour s’être laissé séduire comme un benêt.  Lâche ?  Certes, il se sentait un peu lâche. Mais avec ce genre de femme, la lâcheté est salvatricee.

Personne ne l’a vu sortir de l’hôtel Bijou.

Il a pris le premier train pour Paris après avoir balancé la valise dans l’eau glauque du port.

 Elle ne  retrouverait jamais sa trace.

C’est peut-être ce à quoi elle pensait, en se laissant rafraîchir par la brise venue de la mer.

Et le concierge ébloui  en sera pour ses frais.

 

Miss Comédie - 

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 14:39

  Cet article est le millième publié sur "unesceneparjour.com".  La direction me doit une gerbe de roses rouges...

 

 

     Edward-Hopper-Richard-Tuschman-02.jpg Il l’avait rencontrée au  bar de l’hôtel Raphaël,  à Paris. C’était un endroit qu’il fréquentait pour son calme, ses toiles de Turner et son décor grand siècle.

On pouvait y croiser Gainsbourg ou quelques figures féminines intéressantes.

Ce jour-là il fut surpris d’en voir une, rousse flamboyante, assise sur l’un des hauts tabourets du bar.  C’était une attitude  que pratiquaient plutôt les gogo girls de Pigalle.  Celle-ci avait de la classe.   Elle n’avait pas quitté son étole en renard bleu et ses jambes croisées étaient un attentat à la pudeur.

Il avait hésité sur la tactique puis opta pour la tactique de James Bond, un peu risquée mais souvent payante.

« Vous êtes capable de me faire un vrai bloody mary ? »  avait-il lancé au barman  avec un clin d’œil, avant d’aller s’asseoir à une table.

Elle n’avait rien dévoilé du fond de sa pensée.   Elle s’était pourtant retournée pour le repérer, feignant de parcourir des yeux l’ensemble des  tables.

Mais pour lui c’était gagné.    Il ne la quitta plus des yeux.  

C’était le genre de situation qui lui donnait des palpitations.  Un suspense phénoménal.  Comment enchaîner ?

Il la vit  griffonner quelque chose sur un petit calepin sorti de son sac.

Vider son verre, lentement.

Décroiser  les jambes,  et ce fut comme  la fin d’un film d’Ava Gardner. 

 Mais  voilà qu’elle ondulait pour quitter son piédestal  et se dirigeait vers la sortie.    Il crut que c’était râpé lorsque  le barman   lui déposa son bloody mary avec un  billet plié en quatre.  

 

Il  remarqua l’œil à peine goguenard et  se saisit du billet. « Je vous attend dans le taxi. »

Il n’eut pas le temps de juger de la qualité du breuvage, à peine celui de jeter quelques euros sur la table et courut vers la sortie.

L’avenue Kléber était déserte, il vit la Mercedes noire rangée le long du trottoir, la Rousse à l’intérieur.   Le chauffeur lui ouvrit la portière.

Il y eut d’abord un silence prolongé, pendant lequel il se demanda si son physique était vraiment irrésistible, ou bien sa voix, ou bien si la femme était une habituée des bars à putes mais le moment était si  bloody hot  qu’il arrêta là les suppositions.  Wait and see, disent les british.

 

La suite avait été hors de toute attente, hors de  l’imagination la plus romanesque.   Une sorte d’enlèvement de Zeus par Iole la mortelle sublime, sur les ailes  gris métal d’un Cygne qui aurait fait le plein des sens.

 

L’inconnue avait des ressources.    Il avait annulé tous ses rendez-vous pour une semaine foudroyante, d’hôtels en hôtels.

Ils s’amusèrent à mêler le sordide au luxueux, dans un périple amoureux plein d’imprévus.  

 Il était sous le charme, elle semblait vraiment amoureuse. 

« Tu es mon coup de foudre qui dure », disait-elle.

Ils ne savaient rien l’un de l’autre. Elle voulait garder son mystère et cela l’arrangeait, lui, de garder le sien.

Elle déployait ses signes extérieurs de richesse sans aucun complexe dans  les bas-quartiers et entrait naturellement dans le moule des palaces.

Ils parlaient cinéma, théâtre.  Elle en connaissait un rayon sur le sujet.  Le soir, ils jouaient au  gin-rummy en buvant des vodkas-perrier.

 

« Tu as toujours mené cette vie-là ? lui avait-il demandé un jour.

« Je suis une enfant gâtée, j’ai toujours eu ce que je voulais dans la vie, avait-elle répondu en riant, et toi, je t’ai voulu, je t’ai eu ! »

 

Le septième jour,  à l’hôtel Bijou, un  des plus toquards de leur randonnée,  sur le port de Nice,  elle se réveilla seule.    Elle s’étira, sourit.  Il devait  être descendu admirer  les coques bariolées  des bateaux de  pêcheurs.

Elle ferma les yeux, les rouvrit aussitôt, quelque chose n’allait pas.

 Elle bondit hors du lit.   Son sac, ses bijoux, ses vêtements, avaient disparu.

 

A onze heures, intrigué, le concierge de l’hôtel  était monté coller un œil à la serrure de la chambre 7.     OK, c’était un couple illicite, mais quand même. De ce qu’il vit,   il ne put  rien conclure sur la situation.  

Il  crut   distinguer un filet de sang sur le parquet  -  ou  était-ce une hallucination ? et se dit  que le cadavre était peut-être  dans la salle de bains et qu’elle  attendait un complice pour l’aider à s’en débarrasser.  Il se demanda s’il ne devrait pas appeler la police.

 

Miss Comédie

(Il n’est pas interdit de donner sa version de l’histoire.)

 

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 22:03

 

 

 fume.jpgA la terrasse du Petit Suisse,  rue de Vaugirard,   les fumeurs bravent la caillante de ce débuut décembre.  Un homme âgé est assis, offrant son visage au soleil.  Il est vêtu d’un épais manteau en drap couleur camel et tient entre le pouce et l’undex un long fume-cigarette dont il aspire de temps en temps de longues bouffées.   Il y a quelque chose d’anachronique dans sa présence ici.  Son âge ?  Sa tenue vestimentaire ?  Surtout ce fume cigarette d’une autre époque.  On le verrait mieux sur la banquette d’un bar chaleureux des Champs-Elysées.

Les yeux fermés, il ne voit pas arriver une jeune fille qui vient s’asseoir à la table voisine.

C’est une jolie blonde aux cheveux courts évoquant Jean Seberg, qui porte sans grelotter un petit blouson de cuir rouge.

Très vite elle sort de son sac une cigarette électronique et un portable.  Elle se met à mâchonner la cigarette électronique et à tapoter sur le portable.  L’image même de la modernité.

Au serveur, elle commande un café.  Cela tire l’homme âgé de sa béatitude.

Premier temps, indifférence courtoise.  Mais… quelque chose l’interpelle, et ce n’est pas la beauté juvénile de la fille d’à côté – qui, elle aussi, s’étonne.

 

« Pardon monsieur, c’est un nouveau modèle ?

Surpris : «  Un nouveau modèle de quoi, mademoiselle ?

« Ben, de vap !

L’homme boit une gorgée de son cognac avant de s’enquérir :

« Mademoiselle, de quoi parlez-vous, enfin ?  Et puis, c’est à mon tour de vous demander… vous fumez ?

La fille hausse les épaules.

«  Non, vous voyez bien, je vapote. vapote.jpg

«  Oui, je vous ai vu tapoter sur votre téléphone. Mais à la bouche, vous avez une cigarette ou quoi ?

«  Cela s’appelle une cigarette électronique et je ne la fume pas, c’est un mot dépassé, on ne fume plus, on vapote, il faut sortir, un peu !

L’homme se sent agressé et se replie sur lui-même, fermé au dialogue.  La  jeune fille insiste.

«  Mais vous, monsieur, vous faites semblant de vapoter mais vous fumez une vraie cigarette !  

 

L’homme tape du poing sur la table.

«  Ah, ça suffit avec ce mot barbare, vapoter, vapoter, vous faites quoi, au juste, avec ce sifflet !

 

La fille : « Et vous, vous faites quoi avec ce… ce…

« … fume-cigarette, voilà ce que c’est ! Un objet élégant qui filtre la nicotine et ne vous laisse pas de papier sur les lèvres !

 

La jeune fille sourit :

« OK, je pige, vous êtes vraiment un has been, vous !    Mais quand même, il faut que je vous explique…  Vous savez que la cigarette est interdite dans les lieux publics, non ?

«  Oui, hélas.  Je suis condamné à fumer dehors, un scandale de notre société castratrice !

«  Bon, enfin c’est comme ça, il faut s’y faire, on s’en porte pas plus mal… mais il existe une cigarette électronique qui nous donne l’illusion de fumer, mais qui n’est pas nocive.  C’est ce que j’ai à la bouche.

«  Et le goût est le même ?

«  Pas tout à fait…  Mais c’est une réalité nouvelle.  Et à « réalité nouvelle », désignation nouvelle… On ne fume plus, on vapote.

« Mais c’est un mot horrible !

«  C’est le mot de l’année, selon le prestigieux Oxford Dictionnary.

Vous n’avez pas fini de l’entendre.

 

L’homme secoua le fume-cigarette dans le cendrier et le rangea dans la poche de son gilet.  Puis il  jeta quelques euros sur la table et se leva.

« Au revoir mademoiselle.  Je vous suis reconnaissant de ce cours de langue vivante.

Elle le vit s’éloigner d’un pas tranquille, le col relevé, enfiler ses gants et écarter d’un coup de sa semelle un papier gras sur le trottoir.  Elle se dit que les anciens avaient  quand même de l’allure. cigarette--1.jpg

 

 

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 14:32

 

RE

 

 

 

 

  sirene-du-mississippi-69-11-g.jpg                                                          Qui sont ces deux comédiens et dans quel film ?

 

 

 

Rponse de la photo-mystère d’octobre :

 

Dans la foulée de MODIANO Prix Nobel, j’ai choisi de vous faire découvrir le visage de sa mère, Luisa Colpeyn, comédienne, que l’on a pu voir dans quelques rôles peu marquants dans les années soixante.

Ici,   Luisa Colpeyn  dans l’Echarde de Françoise Sagan, représenté en première partie de  Le Cheval Evanoui.

Date : 1966

Théatre du Gymnase

Mise en scène : Jacques Charron

Rôle :  Elisabeth

 

Ca c'était pas facile ! Mais l'occasion était à saisir.  A bientôt pour une prochaine photo-mystère !

 

Miss Comédie

 

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  • Miss Comédie
  • Miss Comédie c’est moi, Barbara Laurent-Ogier. 
Mes initiales m’ont récemment fait bifurquer.  De comédienne- auteur dramatique,  je suis devenue  blogueuse, ça élargit considérablement la cible.
  • Miss Comédie c’est moi, Barbara Laurent-Ogier. Mes initiales m’ont récemment fait bifurquer. De comédienne- auteur dramatique, je suis devenue blogueuse, ça élargit considérablement la cible.

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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