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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 18:02
ALIEN,  L'ARME INVISIBLE

 

Bizarrement, la Nuit des Cesars, avec  ses remous tristement iconoclaste, marque symboliquement  la fin d’une époque.

Je ne me doutais pas que l’enchaînement de mes articles, inspirés par une actualité que je voulais ludique, serait soudain brisé net par un événement dramatique  qui s’abat sur la planète toute entière.

Comme tout le monde, je retiens ma respiration.  L’inspiration, elle, est tarie, il faut éviter d’être à bout de souffle.

La Bête s’attaque aux plus faibles – je sens qu’il vaut mieux qu’Elle m’oublie.

 

Nous voilà donc renvoyés chez nous jusqu’à nouvel ordre car la Bête tue tout ce qui bouge.

C’est le « va dans ta chambre » des enfants dont on n’arrive pas à venir à bout.

Déjà  la France a peu à peu changé de visage.

 

Ce nouveau territoire vidé de ses habitants et de ses véhicules a quelque chose d’hallucinant.   C’est comme un présage d’apocalypse, une vision de cauchemar.

 La nuit devient un prolongement du cosmos, muette interrogation sans réponse. 

Le silence a envahi l’espace des vivants, palpable comme un voile de brume.

Les jours ont perdu leur chronologie, les heures s’écoulent sans rime ni raison, les agendas restent vides de sens.

La question  est : « jusqu’à quand ? »

Il n’y a pas encore de réponse.

Mais la certitude qui se profile à l’échelle  planétaire : quelle que soit la durée de notre réclusion, quel que soit le nombre de survivants, quelle  que soit l’ampleur du désastre économique,  est  que rien ne sera plus comme avant.

 

Miss Comédie

 

 

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 13:45
AVE CESAR

 

La première Cérémonie des César, appelée aussi LA NUIT DES CESAR, eut lieu le 3 avril 1976 au Palais des Congrès à Paris.

Elle fut présidée par Jean Gabin, dont ce fut la dernière apparition publique sept mois avant sa mort.  Les images d’archives le montrent assis au premier rang, son visage éternellement impassible sous sa crinière blanche,  se levant péniblement à l’appel de son nom pour monter sur scène et proférer  d’un ton las, la phrase « je déclare ouverte la Première cérémonie des César ».

Il était déjà malade, mais il avait tenu son rôle avec grandeur, sous les yeux attentifs des deux maîtres de cérémonie, Pierre Tchernia et Jean-Claude Brialy.

 

J’imagine que planait sur cette première remise de prix un suspense sans précédent, comme l’entrée des gladiateurs dans l’arène, devant César.

 

 

Ce fut Jean Gabin accompagné de Michèle Morgan (« tu as de beaux yeux, tu sais... ») qui remit le César du meilleur film à Robert Enrico pour LE VIEUX FUSIL, sous les acclamations du public.  Adhésion totale, pas d’intermittents pour protester, pas de partisans du désarmement non plus.  Un choix qui donna au film une reconnaissance éternelle.

 

Derrière lui, trois concurrents malheureux mais d’égale stature :

Cousin Cousine, de J Ch Tacchella,

Que la fête commence de Bertrand Tavernier,

Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio.

 

Le meilleur réalisateur fut Bertrand Tavernier pour QUE LA FETE COMMENCE, suivi par François Truffaut pour Adèle H , Robert Enrico pour le Vieux Fusil,

Jean-Paul Rappeneau pour Le Sauvage.

On aurait pu les classer ex-aequos...

 

 

 Le César de la meilleure actrice posait un sacré problème d’ego…  Romy Schneider l’emporta  pour son rôle dans L’IMPORTANT EST D’AIMER, au grand dam d’Isabelle Adjani qui s’était levée avant même que le prix soit décerné, persuadée qu’elle était l’heureuse élue.

A côté d’elle, mais plus humbles,  des stars déjà confirmées : Catherine Deneuve pour Le Sauvage, Delphine Seyrig pour India Song…

Excusez moi du peu. Mais à l’époque, les écrans étaient peuplés de créatures divines bourrées de talent. Il n’y avait que l’embarras du choix .

 

Pour  le César du meilleur acteur ils ont dû probablement tirer au sort pour désigner Philippe Noiret dans LE VIEUX FUSIL  alors que caracolait derrière lui Gérard Depardieu pour Sept Morts sur ordonnance, Victor Lanoux pour Cousin Cousine , Jean Pierre Marielle pour Les Galettes de Pont-Aven…

 

 

 

En lice pour cette première compétition, les films étrangers alignaient  quatre fleurons du 7ème art européen :

Parfum de Femme de Dino Risi, l’emportait sur Aguirre ou la Colère de Dieu de Werner Herzog , Nashville de Robert Altman, La Flûte enchantée d’Ingmar Bergman

 

... and the winner was : PARFUM DE FEMME, bien sûr, inoubliable Gassman.

 

Il y eut deux César d’honneur, un peu bizarres, pour Diana Ross, une chanteuse égarée au cinéma, et Ingrid Bergman.

Pour rafraîchir l’atmosphère, le spectacle comportait des moments de détente  où quelques figures connues de la chanson venaient se produire hors compétition.

 

Tout cela était encore bon enfant, plein d’humour et de tolérance, les gens étaient là pour se congratuler, non pour se critiquer.

C’était encore la grande famille du  cinéma, heureuse de se retrouver pour une nuit de consécration.

 

Quarante quatre ans plus tard, tout a changé.

Les films ont perdu cette frivolité qui faisait leur charme, le propos n’est plus de divertir mais de démontrer. 

Sous des images parfois insoutenables, la violence est devenue le piment des scénaristes qui délaissent l’imaginaire pour la réalité au premier degré.

Les acteurs ont droit à leur jour de gloire avant d’être oubliés, remplacés par de nouveaux talents.

Surtout, chaque compétition est devenue un combat d’idées, une lutte sournoisement politique.

On nous annonce que le grand favori des César 2020 est le film de Polanski, « J’accuse », ce qui promet une belle démonstration de force de la part des féministes.

Et pourquoi tout d’un coup, la Nuit des César ne donne sa chance qu’à des réalisateurs venus du Belouchistant ?

 

« OK, boomer ! »  me répond la jeune génération.

 

Miss Comédie

 

J’apprends à l’instant la démission collective des membres de l’Académie des César, à la demande d’un groupe de personnalités du cinéma (dont Bertrand Tavernier !!!!... ) Oui, tout change. Que va-t-il se passer le jour J ?

 

 

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 14:22
HERNANI, BATAILLE POUR UNE REFORME

 

  « La première d’Hernani » par Albert Besnard (1849-1934)

 

 

 

 

Depuis la nuit des temps, le monde est en perpétuel changement car l’immobilité c’est la mort.  Cela se fait tout naturellement, mais certains êtres humains participent, volontairement ou non, à ce changement , provoquant  ainsi  des réactions qui peuvent tourner au pugilat,  à la grève, voire à la violence.

 

Voyez la bataille d’Hernani.

Victor Hugo  en a eu marre d’être soumis aux codes imposés par Boileau dans  l’écriture dramaturgique.

Il  écrivit  une magnifique pièce de théâtre  qui avait tout pour rendre fous les gardiens de la tradition.

Comme on n’est jamais trop prudent, il  soumit la pièce  à la censure royale et Charles X du moment qu’on ne touchait pas à sa majesté, donna son accord pour la représenter au Théâtre Français.  Pour ce qui était de la censure littéraire, il laissait aux puristes le soin de se manifester.

 

 

La veille de la première, Victor Hugo convoqua chez lui son groupe d’amis intellectuels et artistes pour une lecture de la pièce.

Le bruit avait circulé que l’oeuvre  piétinait certains tabous,  mais lesquels, au juste ?

Tout émoustillés,  toujours prêts à renverser les vieilles idoles, la jeune garde fit bloc avec la réforme.

 

Elle était de taille, la réforme : finie les trois unités, les alexandrins, la tragédie se mêlait à la comédie et le tout finissait par un drame.

 

Il fallait s’attendre à une levée de boucliers, ce fut un combat à mains nues et lancer d’injures . L’évènement  resta  dans l’histoire sous  le nom définitif de « bataille d’Hernani ».

Le soir de la première  à la Comédie Française, le 25 février 1830,  la salle était pleine et l’ambiance  survoltée entre les deux camps .

Les classiques et les romantiques déchainés, devenus ennemis par le seul motif de la forme donnée à un divertissement,  donnant à ce prétexte la force d’un credo inaliénable.

 

Le peintre Albert Besnard réalisa une fresque de l’évènement.

 

Le tableau représente la salle Richelieu avant le lever du rideau. D’emblée on remarque l’agitation régnant dans un endroit où le calme et les mœurs policées dominent en temps normal ; « une rumeur d’orage grondait dans la salle », dira Théophile Gautier. Au premier plan, portant les cheveux longs et des vêtements excentriques en signe d’appartenance à la mouvance romantique, les partisans d’Hugo ne peuvent tenir en place. Plusieurs d’entre eux, la bouche ouverte, lancent insultes et quolibets à leurs adversaires. Sur la gauche du tableau, on reconnaît Théophile Gautier, bravant l’adversaire avec son torse bombé et son gilet rouge. L’un de ses alliés, monté sur la scène, semble vouloir singer les gestes et la pose d’un spectateur de l’autre camp. Entre ces deux personnages, tous les occupants des premiers rangs se regroupent en une cohorte informe, parcourue par l’effervescence de la joute oratoire qu’elle mène avec les autres spectateurs du balcon. Parmi les défenseurs de la pièce venus pour l’occasion, citons  Gérard de Nerval, Alfred de Musset. La plupart étaient déjà là à l’ouverture des portes du théâtre en début d’après-midi et se sont livrés pour passer le temps à un chahut où les chansons l’ont disputé aux cris d’animaux. Entre les « pro » et les « anti » Hernani, la salle compte d’autres éminents spectateurs venus par simple curiosité. Parmi eux citons en particulier Chateaubriand.
Dès les premiers vers, la querelle est engagée. « Il suffisait, écrit Théophile Gautier, de jeter les yeux sur ce public pour se convaincre  que deux systèmes, deux partis, deux armées, deux civilisations même, — ce n'est pas trop dire — étaient en présence, se haïssant cordialement, comme on se hait dans les haines littéraires, ne demandant que la bataille, et prêts à fondre l'un sur l'autre. »

 

(Michel Winock, dans L’HISTOIRE PAR L’IMAGE, juin 2012)

 

 

Le sujet de la pièce ? La mise en scène ? Les comédiens ?  Tout cela     n’était pas leur problème.

Les amours d’un proscrit avec la jeune infante dona Sol, les turbulences de la cour d’Espagne présentées avec le lyrisme et l’élégance de l’auteur des Misérables,  tout cela passait au second plan, derrière la Réforme.

 

 

 HERNANI fut un vrai succès, alimenté par le bruit de la bataille qui attisa la curiosité, et 39  représentations suivirent cette « première » mouvementée.

Victor Hugo avait 27 ans, il était déjà célèbre  et devint grâce à cette bataille la coqueluche des beatniks de l’époque férus d’art dramatique et poétique, menés par un Théophile Gautier au gilet rouge et un Gérard de Nerval déjanté – mais aussi, malgré son âge (62 ans) un Chateaubriant admiratif et désenchanté.

 

 

 

La réforme d’HERNANI, si elle déchaîna les passions, annonçait la fin de la dramaturgie classique. Depuis,  les alexandrins  sont passés de mode et les trois unités sont passées au rancart.

Ce qui n’empêche pas les foules de se pâmer devant LE CID de Corneille ou BERENICE de Racine, sans parler des éternelles merveilles linguistiques de notre cher Molière !

Il faut se rendre à l’évidence, ça ne sert à rien de lutter contre les réformes.

 

Miss Comédie

 

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 16:39

Elle a  déjà la meilleure note avant même d’avoir rendu sa copie.

 

 

LA PREMIERE

Ellle promet !

 

 

Miss  Comédie

 

 

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 12:47
LA DERNIERE

Joyeuses fêtes

 

Et adieu 2019 !

 

MISS Comédie

 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 14:50
LES FILMS DE LEGENDE  :  L'AFFAIRE THOMAS CROWN, un beau doublé !

Ce qui est  légendaire dans cette affaire, c’est surtout la scène de la partie d’échecs.

Cette scène, j’en ai déjà parlé sans la replacer dans son contexte, comme si le film lui-même était un sujet secondaire.

 

Grosse erreur !

 

Le film de Norman Jewison devient intéressant lorsqu’on le compare à son remake réalisé par  John McTiernan sorti trente ans plus tard.

Du coup la scène de la partie d’échec devient un épiphénomène purement publicitaire et tout l’intérêt se recentre sur la psychologie des personnages, totalement différente d’un film à l’autre.

En l’espace de trente ans, le personnage féminin  a changé sa manière de séduire  car,  pour la femme d’aujourd’hui la séduction est devenue un but minable, l’essentiel est de démontrer sa valeur par A+ B.

Entre Faye Dunaway et Renée Russo, le personnage de l’enquêtrice a  donné un sacré coup de jeune au film, sans changer une virgule au script !

 

 

 

         Cela dit, la version  de Norman Jewison sorti en 1968 

         reste légendaire dans la mémoire collective .

         Pourquoi ?

Le casting ? 

 Steve Mc Queen s’est  emparé du rôle-titre  que Sean Connery vient  de refuser. A la lecture du scénario, il a  immédiatement flairé le coup de maître.

 Il a 38 ans,  c’est le wonderboy du moment,  une carrure.

Faye Dunaway, elle aussi, gagne  le rôle de Vicky Anderson après le refus d’ Anouk Aimée et de…  Brigitte Bardot,  forte de son succès récent  dans  Bonnie and Clyde.

Elle est parfaite dans son personnage de garce pomponnée  qui drague  ouvertement sa proie, persuadée qu’elle le mène par le bout du nez.

Lui,  joue le jeu de l’amourette  sans se donner beaucoup de mal pour la « posséder ».

Film machiste, dira-t-on, mais légendaire quand même,peut-être grâce aux 55 secondes de ce baiser qui s’est longtemps fait désirer autour de l’échiquier…. ?

Non, ouvrons les yeux :  le scénario  exploite   magnifiquement cette affaire de casse auto-programmé par le héros, et même si la fin est nébuleuse  le suspense  est mené avec maestria et de toute façon, c’était la première apparition de cette Affaire qui devait marquer les esprits

 

 

 

         Alors pourquoi un remake ?

Et bien pour régler cette question de féminité libérée.

Dans ce cas, est-ce vraiment une réplique exacte ?

Ce qui manque à THOMAS CROWN AFFAIR de John Mc Tiernan, c’est… Steve Mc Queen.

C’est frustrant mais logique puisque l’idée directrice du remake était de renverser les rôles :  la Femme  doit dominer et tout le monde sera content.

Changement de casting, donc.

 

 

LES FILMS DE LEGENDE  :  L'AFFAIRE THOMAS CROWN, un beau doublé !

Pierce Brosnan est une bonne tête d’affiche, ex James Bond, , flegme british faute de carrure cow-boy.

Renée Russo, superbe mais « nature » elle en met doucement plein la vue. C’est le chat qui met la patte sur la queue de la souris avant de l’avaler.

Son enquête se fera tambour battant et son flirt sans minauderies.

         Ici la guerre des sexe se fait  sans ménagements

Les rapports conflictuels le resteront jusqu’au bout malgré les tentations de la chair.  Qui sera le perdant de l’affaire ?  C’est la question qu’on se pose jusqu’à la scène fracassante du chapeau melon.

 

Jusque-là, le  canevas du remake est calqué strictement sur celui de la première version, avec démonstrations mécaniques, golfiques, maritimes , aéronautiques qui veulent en mettre plein la vue… en toute hypocrisie.

Mais ici l’enjeu de l’enquête  est autrement plus réjouissant qu’un casse banal.   Le vol de tableau  qui donne lieu à des finesses de mise en scène et à une fin carrément emballante.

 

Car  pour ce qui est de la scène « légendaire », celle de THOMAS CROWN 2  décroche haut la main  le pompon !   Comparée à la scène de la partie d’échecs, c’est la bombe H contre le feu sous la cendre ,  tant pis  pour Steve Mc Queen...                         

La  voix roque de Nina Simone dans le rythme d’un rap déchaîné, pendant que l’homme au chapeau melon disparait dans la foule..... Chapeau !

 

 

Alors ?

Même  si les deux films sont calqués l’un sur l’autre, comment les comparer ? Impossible.  Chacun a en plus ce que l’autre n’a pas, chacun est supérieur à l’autre sur un plan et pas sur un autre.

Finalement ils sont indissociables. L’idéal serait de les voir toujours à la suite, comme je l’ai fait.

 

Pourtant, la première version pose le problème de  la fin.  Que veut dire ce message délivré à l’enquêtrice lorsqu’elle attend de pied ferme Thomas Crown pour le coffrer ?  Il dit « Venez avec l’argent ou gardez la voiture. »  Pourquoi cette invitation à laquelle elle ne se rendra pas ?  Et finalement, comment a-t-il restitué l’argent ?

Qui peut m’expliquer la fin de l’AFFAIRE THOMAS CROWN ?

Miss Comédie

 

 

 

 

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 11:31
LES FILMS DE LEGENDE : GILDA (1946)

 

Quand on regarde cette photo et la séquence toute entière tirée de ce film GILDA, on se dit que la Beauté, comme l’Art, est un mot creux et versatile, comme la Mode.

Aujourd’hui, je regarde  la Joconde et je me dis que Rita Hayworth est mille fois plus belle.

C’est normal, les temps changent,  elles avaient chacune ce qu’il fallait pour coller aux standards de l’époque.

 

La Joconde  a fasciné  les foules avec son petit  sourire, qui pour moi, n’évoque pas un mystère insondable , mais plutôt la lassitude du modèle qui trouve le temps long.

Plus tard elle est entrée au musée mais là il n’était plus question de Beauté, mais de mythe culturel.

 

 Rita Hayworth avec  sa gestuelle, son sourire, son regard pétillant,  n’a pas sa place au musée. A  part  pour  quelques rats de bibliothèque encore sous le charme, sa Beauté est franchement dépassée.

Quelle trentenaire branchée voudrait lui ressembler ?

 

En 1946, après le succès foudroyant de GiLDA, Rita Hayworth est surnommée La Déesse de l’Amour. Ha ha !

 

Qui pourrait porter ce titre en 2020 ?

On attend donc la relève. Or, j’ai beau chercher, de nos jours, point de relève.

La Beauté a pris un tournant inquiétant.  En fait, le Laid a acquis des lettres de noblesse, à la suite d’on ne sait trop  quel renversement des critères.

 

 

Mais parlons de GILDA, ce film de Charles Vidor qui a fait de la petite danseuse une étoile fulgurante dans le ciel déjà bien étoilé d’Hollywood.

Le film, lui, n’a été qu’un piédestal pour la star.

Un « film noir » cent fois remanié, rafistolé, pour aboutir à une histoire abracadabran animée par un duo de choc :  Glenn Ford et... Rita Hayworth.

Un film sauvé par ses acteurs, c’est courant mais alors là !  GILDA est sauvé par une seule séquence explosive, la scène du gant.    A l’époque, les spectateurs  ne pouvaient qu’enchaîner les séances pour revivre ces sept minutes torrides  - enfin,,," torrides" pour l’époque l'adjectif est déplacé....

sur YouTube on a déjà dépassé les limites du torride.

 

 

 

  

 

 

 

LES FILMS DE LEGENDE : GILDA (1946)

Est-elle  doublée pour cette chanson humoristique qui lui va

« comme un gant » ? Put the blame on Mame...

  ( Mame étant le compositeur de la mélodie, on ne peut que le blâmer d’avoir inspiré à Rita  cette danse fatale .....)

 

 Doublée ou pas doublée, peu importe la voix, c’est son corps  voluptueux, sa grâce, son sourire, et surtout  ce coup de génie de retirer son long gant noir le long de son bras blanc, lentement, un seul gant, un geste qui dévoile plus qu’un vulgaire  streep-tease.

 

Après ça, on comprend que toutes les majors se soient battues pour l’avoir au générique, que Fred Astaire ait suggéré que « l’amour vient en dansant »  (avec elle...), que Orson Welles lui ait passé la bague au doigt, suivi par le prince Ali Khan  et trois autres infortunés moins connus.

Tous ces mariages ont mal fini, comme sa vie hélas, qui sombra dans le drame après une si belle jeunesse...

Elle nous laisse le souvenir éblouissant  de ces femmes des années d’après-guerre qui rêvaient avant tout – quelle idée ! - de plaire aux hommes.

 

Miss Comédie

 

 Gilda sur Youtube ---> https://www.youtube.com/watch?v=LZn86sSWtEQ

Gilda et Fred Astaire ---> https://www.youtube.com/watch?v=qyYiO51peVc

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 19:12

LA VOIE LACTEE _ LUIS BUNUEL  1969

C'ETAIT HIER . LES FILMS DE LEGENDE

LA VOIE LACTEE, On l’appelle aussi « le chemin de saint Jacques de Compostelle ».  Pourquoi ?

C’est au XIIe siècle qu’un ermite fut guidé par un « champ d’étoiles » vers ce village de  Galice où il découvrit le tombeau de l’apôtre Jacques venu évangéliser l’Espagne en son temps.

La cathédrale édifiée depuis à Compostelle  qui contient les reliques est devenue le but de pèlerins du monde entier venus marcher pour leur salut ou pour honorer la mémoire du saint apôtre.

C'ETAIT HIER . LES FILMS DE LEGENDE

 

C’est ainsi que Luis Bunuel imagina le voyage de Pierre (Paul Frankeur) et Jean (Laurent Terzieff), deux clochards parisiens quittant  les ponts de Paris pour prendre le chemin de  Saint-Jacques-de-Compostelle, où ils espèrent croiser des passants plus généreux.

 En réalité, ils rencontrent successivement Satan (Pierre Clémenti),  Jésus (Bernard Verley ), une Vierge Marie (Edith Scob) pas très aimable avec son fils ,un jésuite (Georges Marchal) et un janséniste, un curé fou (Julien Guiomar) évadé d'un asile,  une prostituée (Delphine Seyrig),  le marquis de Sade (Michel Piccoli) etc...

 

Multitude de rencontres qui bousculent les hérésies

 et démolissent les certitudes... incarnées par une multitude d’acteurs connus, tout le gratin des agents d’artistes se retrouve à l’affiche et par miracle,  ils étaient tous libres pour le tournage ! En 1969 il est vrai , la plupart  faisaient leurs débuts dans le box-office...

C'ETAIT HIER . LES FILMS DE LEGENDE

 

Jean-Claude Carrière, alors âgé de 38 ans, apporte au scénario et aux dialogues la pointe de piment érotique que l’on retrouve dans tous les films de Bunuel.

 

C’est  tour à tour réjouissant, burlesque, effrayant et surréaliste, bien sûr, mais en fin de compte, on finit par se poser les questions essentielles : Dieu existe-t-il ? Son enseignement charismatique n’a-t-il pas été déformé au fil du temps pour arriver à ce que le mal prenne le pas sur le bien ?

 

C’est que tout est symbole dans ce film, où chaque séquence, pour insolite ou surprenante qu’elle puisse être, vient illustrer une position théologique. Un carton vient d’ailleurs rappeler, avant le générique final, que les idées brassées dans le film viennent toutes, ou bien des Écritures, ou bien de telle ou telle position hérétique mais historique. Si Buñuel, dans sa narration, innove sans cesse, en revanche, sur le point théologique, il sélectionne des thèmes, mais il n’invente rien.

Pourquoi ce film n’est-il  revenu en mémoire ?  C’est en écoutant sur France Inter une interview de Jean-Claude Carrière qui en parlait fort bien avec le recul, certain que ce fillm était devenu intemporel.

 

Miss  Comédie

 

 

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 14:53
C'ETAIT HIER :  ET  AUJOURD'HUI   ?

C’ETAIT HIER pièce de Harold Pinter

 

APPEL A CANDIDATURE : QUI LA REMETTRA A L’AFFICHE ?

 

 

 L’évocation des souvenirs est un exercice périlleux, en littérature comme au théâtre. Chacun a sa manière de remuer ses souvenirs.

L’envie de revoir C’était hier,  pièce mythique de  Pinter m’est venue naturellement en lisant le  dernier livre de Modiano, celui qu’il a appelé L’Encre Sympathique et  qui  est un envoûtant retour vers un passé quelque peu imaginaire.

Ici, le lecteur est seul avec lui-même, plongé dans un univers onirique qui n’appartient qu’à Modiano, petite musique intimiste difficile à partager.

Au théâtre, c’est une autre histoire.

En 1971, C’était hier révéla au public parisien la vision de Pinter sur le sujet et ce fut un gros succès, grâce à deux monstres sacrés, Delphine Seyrig et jean Rochefort, et à la mise en scène inspirée de Jorge Lavelli.

Mais les temps changent.

Qui, aujourd’hui, pourrait redonner vie à ces dialogues si ambigüs, à ces évocations contradictoires qui laissent  perplexe ?

Le pari est tentant pour un homme de théâtre chevronné car la pièce est une oeuvre de haute volée et le sujet intemporel.

 

 C’était hier,  titre absolument réducteur par rapport à la foule de nos souvenirs,  ne tient que par le talent des comédiens à faire passer le faux pour du vrai – à dire leur réplique tout en pensant à autre chose.... Mais en fait, le propos  n’est-il pas seulement l’affrontement de deux femmes sur le prétexte de se souvenir ?

Apparemment, les quelques adaptations qui ont été montées en France n’ont pas convaincu.  Pourquoi ?

La très intelligente et sensible critique d’Armelle Héliot, critique de théâtre au Figaro, donne un début de réponse pour ce qui est de la dernière  en date au théâtre Montparnasse, mais elle s’attaque aussi  à  ce texte « flottant » qui ne fait qu’égarer le spectateur. 

Alors ?  Je suis sûre que les souvenirs peuvent se raconter et se jouer de manière à surprendre et à émouvoir, même s’ils sont confus – surtout s’ils sont confus !

 

 Pinter : c'était hier et aujourd'hui

Par Armelle Héliot le 3 avril 2016 10h13 | Réactions (0)

Qui connaît un peu les textes de l'écrivain britannique reconnaît aux premiers mots "C'était hier", pièce très célèbre présentée sous son titre anglais "Old times". Trois bons comédiens sont réunis par Benoît Giros : Marianne Denicourt, Adèle Haenel, Emmanuel Salinger. Une nouvelle traduction de Séverine Magois, un décor soigné et un travail de vidéo, ne réussissent pas à donner au spectacle une densité convaincante.

Tout flotte, chez Pinter. Tout a toujours flotté. On est le plus souvent incapable de dire, en sortant du spectacle de certaines de ses pièces, que l'on a vraiment compris ce qu'il voulait nous suggérer.

Old times que l'on découvre à l'Atelier est l'une de ses pièces les plus célèbres, souvent jouée en langue française.

Elle ne tient à rien, à presque rien.

Il y a un homme et une femme qui vivent en Grande-Bretagne, au bord de la mer. Il y a une femme, qui a fait le voyage depuis Taormina pour retrouver son amie de jeunesse.

 


Elles évoquent leurs souvenirs. Vingt ans. C'est très bref, vingt ans.

Elles ont la quarantaine.

Kate (Marianne Denicourt) et Deeley (Emmanuel Salinger) se sont éloignés de Londres. Kate est seule souvent puisque Deelley est souvent en voyage tout autour du monde. Anna (Adèle Haenel) est mariée, mais elle est venue seule.

Il n'est pas question d'enfants.

On la connaît cette pièce qui a été créée en France alors même qu'elle était présentée en Angleterre. Elle date de 1971. Dès l'année suivante Jorge Lavelli l'avait mise en scène au Théâtre Montparnasse. Avec, cela fait partie de la légende de Pinter en France, Delphine Seyrig, Françoise Fabian, Jean Rochefort.
On l'a revue mise en scène par Jean-Pierre Miquel, qui aimait beaucoup Pinter. Elle avait été créée par la Comédie-Française à Avignon, du temps d'Alain Crombecque. Au Cloître des Carmes, puis reprise à Paris, toujours au Montparnasse. Claire Vernet, Catherine Ferran, Alain Pralon jouaient la traduction d'Eric Kahane.
Et puis on n'a pas oublié non plus, à Hébertot, une mise en scène de Sami Frey, avec lui, entouré de Christine Boisson et Carole Bouquet.

Un tulle, des projections,
images des rêves de Kate que l'on aperçoit allongée sur un canapé, au fond.
Le tulle disparaît. Au fond, un grand paysage maritime. C'est très élégant. Kate est en pantalon, fine et chic. Marianne Denicourt avec ses cheveux noirs, ses yeux saisissants, sa voix bien placée, a beaucoup de charme. Une beauté qui frappe.
Etrangement, Anna est fagotée dans une petite robe chemisier bleue qui ressemble plus à une blouse d'écolière d'autrefois qu'à une jolie robe. Drôle de décision. Elle ne donne pas le sentiment de la vérité du personnage et souvent Adèle Haenel ne sait pas quoi faire de ses bras, de ses mains. C'est une comédienne excellente au théâtre aussi et l'on se souvient comme elle était bien, la saison dernière, dirigée par Maïa Sandoz dans Le Moche, notamment. Là, la mise en scène efface le personnage alors qu'au contraire elle doit être impressionnante et mystérieuse, telle que l'a écrite Pinter et telle qu'elle pourrait la jouer notamment avec d'autres vêtements...Mais la présence, la grâce d'Adèle Haenel, sa jeune intelligence, séduisent.

On ne sait à quoi cela tient mais tout flotte trop encore. Comme si le metteur en scène n'arrivait pas à décider fermement d'une tension.

Emmanuel Salinger ne s'impose pas assez. La pièce est un peu ainsi. Il y a peu d'hommes qui sanglotent, qui ont sangloté dans la littérature. C'est un personnage difficile à incarner.

Mais n'exagérons pas : c'est bien C'était hier, la pièce telle que nous connaissons. Pourquoi n'avoir pas repris ce titre de légende ? Marketing ? Et il y a des moments, notamment lors d'une grande tirade d'Anna, ou on a bien du mal avec les temps du passé. Question de traduction ?

Bref, autant de petites scories qui empêchent, pour le moment, le spectacle bref, deux actes de 40 minutes, de "prendre" et de toucher le public. »

 

 

Toucher le public.  Là est le vrai mystère du théâtre. C’est aussi un défi, pour ceux qui en veulent.

 

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 13:27
FRANCOISE SAGAN &  FILS

 

Le voici, le révélateur  de  ce roman inédit qui a fait l’évènement choc de la rentrée littéraire.

Denis Whesthoff vient de ressusciter le mythe Sagan que l’on croyait mort et enterré.

 

 Ultime  cadeau que Sagan avait  caché  parmi  la montagne de paperasses qu’elle laissait à son fis – un fardeau qu’il a porté avec amour recueillement avant d’y découvrir ce manuscrit inachevé.

Bien sûr,  la surprise était de taille et la tentation de se taire était forte.

Mais maman tenait à faire valoir son cadeau. Elle fit le coup de l’apparition une nuit que son fils avait une insomnie.

 

 

«  Denis, tu as trouvé Les quatre coins du coeur ?

«  Oui maman, c’est très beau mais c’est un brouillon !

«  Comment, un brouillon, c’est  juste un premier jet en deux parties à corriger, tu es capable de t’en charger, non ?

« Mais... pourquoi faire ?

« Pour le faire publier, pardi.

« Non, mais tu rêves, maman !

« Pourquoi je rêve ?

« Tu oublies que tu es morte, maman  (il se tape le front) et depuis quinze ans, et je n’en suis pas encore remis, moi, tu comprends ?

« Et bien tu vas le publier à ma place. Je te lègue mes droits d’auteur, en compensation de toutes mes dettes.

Denis Whesthoff sauta hors de son lit se versa un verre d’eau.

« Maman je t’adore, j’ai infiniment de respect pour ton oeuvre, mais personne ne voudra lire le roman d’un fantôme ! (il  parcourt la chambre des yeux) et d’abord, où es-tu ? Tu me fais faire un cauchemar, là.  Laisse-moi dormir !

La voix de Sagan se fait plus lointaine :

« Je suis à ton bureau, mon chéri.  J’ai les deux  manuscrits sous les yeux. Viens un peu, là, je vais te montrer ce que tu dois faire.

 

Denis  Whesthoff marche vers son bureau et s’assied à sa table de travail.

«Maman, j’ai 57 ans, tu ne vas pas me faire faire mes devoirs, chose que tu n’as jamais faite, d’ailleurs...

« Regarde.  Tu dois déjà ramener les deux manuscrits à un seul. Facile ! Tout est noté.

 

Les pages  défilent  une à une.  Chacune d’elles  porte des annotations   à l’encre rouge.

Interloqué, Denis  contemple l’ouvrage corrigé par la main de l’auteur.  Quelques lignes terminent le récit inachevé, écrites à l’encre rouge, et cette fin qu’il n’aurait pas imaginée, le bouleverse.

« Maman...

La voix de Françoise Sagan, cette voix fluette, reconnaissable entre toutes, se fait tendre et ferme à la fois :

« Mon enfant, tu es le prolongement de moi-même, je sais que tu feras éditer ce livre et qu’il aura un grand succès.  Grâce à toi.

Tu vois, c’est facile, tu n’as pas grand-chose à ajouter, tu suivras les conseils de l’éditeur.  Le plus dur, pour toi, sera d’ameuter la colonie des medias, les vautours de la culture. Mais cette histoire les fera pavoiser, avant même de lire le roman ils en feront des gorges chaudes !  Tu vas devenir célèbre mon fils, le temps d’un top des ventes !

« Je m’en fous d’être célèbre , Maman, mais si cela te fais dormir en paix...

« Tu feras éditer Les quatre coins du coeur » ?

« Ecoute, je trouve ce titre assez idiot mais c’est ton oeuvre, je la ferai éditer, je te le promets.

 

Il sentit une pression sur son épaule et se retourna, mais le bureau était vide. Il éteignit la lampe au-dessus du manuscrit et se dirigea vers son lit.  Une forte odeur de marijuana flottait dans la chambre.

Il sourit et se blottit entre les draps.

 

Il pensa  à  sa fille Joyce,  qui vénérait sa grand-mère.  Du haut de ses douze ans,  elle allait le regarder comme un nouvel auteur à succès.

En quelques minutes il venait de retrouver l’envie irrésistible de l’aventure,  et le  moyen idéal  de redonner un sens à sa vie.

 

 

 

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  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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