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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 21:04
AKHENATON SE FÂCHE

 

Sur le parvis de la pyramide du Louvre, la nuit tombe.  

Sur le sol, mis en lumière par la clarté de la lune, une multitude de morceaux de papier gluants taquinés  par le vent voltigent  autour du monument transparent.

Un spectacle désolant, digne des bas-quartiers du Caire.

 

Une silhouette  majestueuse apparait soudain  et arpente le sol dévasté, enjambant les décombres dans un bruissement de soie et un cliquetis de parures d’or.

 

Nefertiti est offensée par cette nouvelle  provocation et s’adresse à son époux Akhenaton :

 

«  Comment avez-vous pu laisser  faire ça ?  Il ne suffisait pas de laisser construire cette lamentable copie du tombeau de votre fils Toutankhamon  ?

 

Akhénaton soupire.

« Ma divine, c’est une oeuvre d’art, un hommage miniature à notre dynastie.

«   Bon, le mal est fait.  Mais, par Anubis,  quid de ces ordures surgies du néant ?

La voix d’Akhenaton se fait impérieuse.

« Calmez-vous, ma reine.   Hum...   Je suis seul  responsable.

« Comment ?

« Oui, moi Akhenaton, Xéme pharaon de la XVIIIème dynastie, j’ai jeté ma malédiction sur une oeuvre qui enlaidissait encore  le joujou de Mitterrand.

Nefertiti tape du pied :

« Je veux savoir !  Par Toutatis, dites-moi tout !

 

« L’artiste a voulu prolonger la pyramide par une perspective grossière de ses fondations, à l’aide de  photographies collées sur le sol. On touche le fond, non  ?

« En  effet, on touche le fond.  Qu’avez-vous fait alors ?

« J’ai demandé  au dieu Soleil Aton  de faire fondre  les joints de colle afin que les panneaux se détachent et  se répandent en lambeaux sous les pas des passants.

Neffertiti bat des mains :

« Casus belli, aurait dit César !

« Non pas du tout ! L’artiste a  affirmé  aux medias que son oeuvre avait la sublimité de l’Ephémère  ! Et chacun s’est incliné, rempli d’admiration. 

 

Nefertiti fait la moue.

« Donc, votre malédiction est passée inaperçue !

« Oui, dieu merci.  Une bonne malédiction est une malédiction jmprobable et insoupçonnable   !

 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 14:21
 SUR LES PAS DE FRED ASTAIRE, LA LÉGENDE

 

1930.   En France, Maurice Ravel compose son concerto en sol.

Céline écrit LE VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, son premier roman.

A New-York, Edward Hopper réalise son AUTOPORTRAIT.

Et Fred Astaire  fait sa première apparition à l’écran après des années de succès sur scène : David O’Selznick l’engage pour créer le morceau EMBRACEABLE YOU, dans sa comédie musicale GIRL CRAZY.

C’est la première marche d’une ascension irrésistible.

Il a choisi la danse, un peu par hasard, et la danse va lui apporter la gloire. Il a 31 ans.

Je dis « un peu par hasard »,  car c’est pour accompagner sa soeur Adele  qu’il s’inscrit dans un cours de danse  à New-York.

Leur duo a tout de suite du succès.  Il  change de nom et de Fred Austerlitz devient Fred Astaire pour  prendre  le départ avec sa soeur pour des tournées très remarquées à Broadway et en Angleterre. 

C’était un faux départ.  Lors d’une tournée à Londres, Adele  rencontre lord Cavendish, fils du duc du Devonshire... et l’épouse.

 

Coup du sort ?  Plutôt coup de chance pour Fred Astaire qui se lance dans une carrière en solo tumultueuse, effrenée, entre cabarets et comédies musicales où ses pieds agiles et sa maîtrise  des claquettes font trembler les planches et remplissent  les salles.

Ses numéros de danse sont époustouflants mais il n’a pas encore trouvé la partenaire idéale.  Eleanor Powell, Rita Hayworth  et même Cyd Charisse malgré leur beauté font figures de faie-valoir. Elles n’atteindront  jamais la parfaite symbiose  de sa future partenaire de cinéma, Ginger Rogers.

 

 SUR LES PAS DE FRED ASTAIRE, LA LÉGENDE

 

C’est donc en 1930 qu’il la rencontre pour la première fois.

Le choc, se produit trois ans plus tard sur le tournage de CARIOCA leur premier film ensemble.  Bien qu’ils ne soient pas têtes d’affiche, ils se découvrent la même passion pour la danse.

 

Fred Astaire et Ginger Rogers ont  tourné dix films ensemble, de 1933 à 1946, tous avec la même rigueur chorégraphique, tous avecla même adhésion  de la critique et du public.

Ensemble ou séparément, ils ont mis la comédie musicale à l’honneur sur les écrans après son règne  au cabaret.

Cette apparente légèreté dans leurs évolutions, cette facilité à suivre ensemble une cadence étourdissante, on oublie le travail phénoménal que cela a dû  demander à chacun d’eux au fil des années.

 

 

En 1946,  Fred Astaire  accuse le coup.   Après le tournage de « La Mélodie du Bonheur » avec Bing Crosby mais sans Ginger Rogers,  il   annonce à la presse qu’il arrête  le cinéma.

Concert de protestations, le public n’admet pas sa disparition.

Il a 53 ans. C’est un peu jeune pour  passer la main, non ?

Ne serait-ce pas un stratagème  de star pour se faire désirer ?

Mais   sa retraite sera de courte durée.  Alors que les pieds lui démangeaient déjà, l’année suivante,  le duo Gene Kelly/Judy Garland sont en répétition pour le film « Parade de Printemps »,  et voilà que Gene Kelly se casse la cheville.   

  La mega-tuile pour un acteur. Que faire d’autre qu’appeler un de ses pairs tête d’affiche  pour le remplacer... Qui ? Fred Astaire évidemment.

 

Un coup de chance pareil, ça ne s’invente pas  et ça ne se refuse pas.

La production du film,  trop heureuse de s’offrir une affiche pareille, engage Fred Astaire pour Parade de printemps...  et pour le suivant, avec… Ginger Rogers à la place de Judy Garland !  Coup double.

 

Dix ans plus tard, le couple star se retrouve par la grâce du hasard  et finit en apothéose avec « Entrons dans la danse.

 

Fred Astaire n’a pas épousé Ginger Rogers. Ils n’ont pas entretenu  de liaison  tapageuse  ou secrète  mais

sont restés proches longtemps après leur dernier film.

Ils avaient les mêmes goûts vestimentaires et, une élégance discrète  et sans show off – le star-system  bourgeois, si cela existe.

 

En 1967 ils co-présentèrent les Oscars à Santa Monica, et provoquèrent l’allégresse générale en arrivant en dansant jusqu’à la scène… Ils avaient alors 68 et  56 ans  et  une popularité à l’épreuve du temps.

 

Cq’était une belle histoire, non ? Vous pouvez les retrouver sur YouTube... quelques minutes de bonheur.

 

 

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 12:45

 

 

 

Une bonne grippe, et voilà que l’immobilité vous rend soudain réceptive à toutes les sources d’information disponibles,  et elles sont nombreuses, voire envahissantes  :  Il faut sélectionner, parmi  les thèmes qui sont souvent très éloignés de ce que l’on attend de la Culture. 

Ces derniers jours,  entre deux  quintes caverneuses, voici ce qui m’a fait dresser l’oreille  au fil des relais d’information :

 

 

 

 

 

 

PIERRETTE FLEUTIAUX N’ÉCRIRA PLUS.

Je l’avais un peu oubliée, depuis le choc de « Nous sommes Eternels » en 1990, qui m’avait remuée jusqu’au plus profond.

C’est un éloge d’ Anne Wiazemsky dans un magazine qui m’avait alertée.  Elle venait de recevoir le Prix  Femina pour ce roman édité chez Gallimard.

J’avais tout de suite compris que cette histoire de frère et soeur incestueux  était autobiographique et j’avais plongé dans son récit fiévreux, suspendue à son mystère jusqu’à la fin doublement tragique.

J’avais été  touchée par la personnalité de l’auteur, avant de savourer son style, tellement sa fragilité, son humanité et son intelligence de l’âme humaine  se devinent entre les lignes.

 

 

Elle a écrit beaucoup de livres, Pierrette Fleutiaux, et je suis passée à côté de la majorité d’entre eux, mais je garde le souvenir de « Des phrases courtes, ma chérie », où  les rapports d’une fille avec sa mère vieillissante sont décrits avec  une  délicatesse  rare.

 

Elle a même écrit des livrets d’opéra, curieusement, dont celui de

« Nous sommes éternels » !  (J’ai du mal à imaginer ce roman adapté pour l’opéra !

J’ai compris à travers les commentaires qui ont suivi sa disparition qu’elle laisse un vide réel, elle était très aimée dans les milieux de l’édition. 

 

 

 

 

 

 

MOLIÈRE  TOUJOURS MOLIÈRE

 

Bien sûr, chaque saison théâtrale se doit de programmer au moins une pièce de Molière, plus ou moins bien montée, plus ou moins dotée de « grosses pointures à l’affiche .

Cette année, nous avons, en même temps  deux sommets de l’art théâtral intemporel :  Le Malade Imaginaire  et Le Misanthrope.

 

Le Malade Imaginaire

 se joue jusqu’au 25 mai au Théâtre de Paris dans une mise en scène de Daniel Auteuil, avec Daniel Auteuil dans le rôle titre, et sa fille Aurore dans le rôle de  Toinette.

Un duo étincelant, parait-il, j’ai hâte de le voir de mes yeux !

La dernière pièce écrite par Molière avant de mourir sur scène dans le rôle d’Argan, le malade imaginaire, justement...

 

 

Le Misanthrope

 se joue jusqu’au 18 mai, au théâtre Libre, dans une mise en scène de Peter Stein avec Lambert Wilson dans le rôle titre.

Un rôle de composition, pour cet acteur plutôt philanthrope et  rompu à toutes les métamorphoses, au théâtre comme au cinéma.

 

 

 

ROBERT MITCHUM VU PAR BRUCE WEBER

 

Bruce Weber, photographe très connu dans les milieux de la mode et du spectacle dans les années soixante, a longuement travaillé sur le personnage de Robert Mitchum, qui représente  pour lui le symbole absolu  de la virilité.   C’est vrai, rappelons-nous, tous ses films le montrent sous cet angle, un mec totalement viril, sans une once de féminité cette fameuse dualité  que se reconnait Depardieu lui même....  Une virilité naturelle, souple mais indiscutable.

Pas  macho non plus, car Mitchum était un tendre, et quand il chante « Sunny », on a la larme à l’oeil.

 

Donc, Bruce Weber a eu envie de faire un documentaire filmé sur Mitchum, à partir de photos, d’extraits de films, de dialogues, de commentaires extérieurs sur l’homme, sur l’acteur.

Le film est sorti en salle au mois de février, il s’appelle « NICE GIRLS DONT STAY FOR BREACKFAST ».

Drôle de titre, que l’on comprend peut-être en voyant le film.

Je me demande s’il a rempli les salles... Juste quelques initiés cinéphiles et nostalgiques du monde fou des sixties ?

Bruce Weber,  ce vieillard à barbe blanche  plutôt classé parmi les grands photographes s’est débrouillé pour se glisser dans l’actu cinématographique  de ce début d’année – empruntant la carrure d’une icone bien vivante dans nos mémoires.

Il nous a donné envie de revoir le visage blasé et le sourire laconique de Robert Mitchum. Dans Le Dernier Nabab, il était dans l’ombre de Robert de Niro  mais il imposait sa saine virilité sans en rajouter.    Pourtant, en 1976 il ne jouissait plus de la colossale popularité de La Nuit du Chasseur...

C’est donc cette particularité de l’être humain  devenue  rarissime, la Virilité  absolue, que Bruce Weber a voulu rappeler à travers la carrière de Robert Mitchum.

 

Dans de film, on le voit vieux. C’est dommage. C’est  en vouloir à sa belle gueule, une gueule « comme on n’en fait plus ».

 

Miss Comédie.

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 13:53
KARL LAGERFELD, QUAND LA MODE ÉTAIT SOUVERAINE

 

«  Je ne fais pas revivre le tailleur Chanel, je le rends vivant. »

 

 « La tendance est le dernier stade avant le ringard. »

 

 

 

Adieu Karl  Lagerfeld,  le dernier mot de l’élégance .       .  

 

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 14:55
VAN GOGH  VRAI OU FAUX ?

« La Nuit Etoilée », de van Gogh.  On ne se lasse pas de contempler ce tableau.   Il représente  ce que le peintre voyait de la fenêtre de sa chambre, à l’asile du Monastère St-Paul-de-Mausole à St-Rémy de Provence.

Plongé dans la nuit de son isolement forcé, il regardait par la fenêtre la splendeur déployée  d’un ciel étoilé qui devenait pour lui la source d’une inspiration  nouvelle.

Pour lui, « la nuit est beaucoup plus vivante et richement colorée que le jour. »

A voir ce tableau, il me vient en mémoire certaines nuits provençales où les étoiles sont si présentes dans un ciel violet sombre qu’elles semblent auréolées d’une lumière incandescente.

 

 

Il s’est donc mis à l’oeuvre. Cette nuit de mai 1889 particulièrement illuminée, chargée de nébuleuses, dominée par la lune, et l’on imagine le chant d’un rossignol lointain -  tout cela pour faire jaillir du pinceau de van Gogh cette explosion de couleurs.  Une huile sur toile de folie  qu’il a envoyée à son frère Théo et qui allait  plus tard être considérée  comme son grand oeuvre.   Une oeuvre inimitable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VAN GOGH  VRAI OU FAUX ?

Inimitable ?  C’était sans compter sur le talent d’Elmyr de Hory, faussaire de génie, le plus grand faussaire de son temps.

Ce peintre hongrois avait de l’or dans les mains mais ses propres oeuvres ne se vendaient pas.

Cette toile de van Gogh qu’il a reproduite a confondu les experts les plus avertis, comme ses faux de Picasso, Matisse, Modigliani, et d’autres.

 

La Nuit Etoilée de van Gogh a donc circulé dans le monde des collectionneurs  du monde entier, en même temps que celle d’Elmyr de Hory...

 

Et maintenant, imaginons : un homme s’est trouvé un jour possesseur de la précieuse  Nuit Etoilée, et  à son émotion s’ajouta  la conscience de posséder un trésor.

Or, que possédait-il  en réalité ?  Le tableau de van Gogh ou l’oeuvre d’un faussaire de génie ?

Allons plus loin :  un autre homme tout aussi heureux de posséder sa Nuit Etoilée,  peut-être à l’autre bout du monde, peu-être voisin de palier du premier homme, n’avait pas le moindre doute, lui non plus, sur l’authenticité de son tableau.

Il faut croire que la toile de van Gogh fut un jour reconnue comme son oeuvre avérée puisqu’elle repose aujourd’hui au Moma à New York.  Mais à quel moment l’arnaque a-t-elle été découverte ?

Les spécialistes le savent probablement, mais j’ai eu du plaisir à brouiller les pistes l’espace d’un  instant.

 

 

 

Regardez cette copie.   Ce n’est pas le travail d’un peintre du dimanche.  Un artiste créateur en est l’auteur. Il a substitué son âme à celle de van Gogh pour illuminer la toile de son inspiration.

On s’étonne que ce talent eût pu être méconnu, vidé de son sens.

Et pourtant...  Le faussaire lui-même n’est-il pas le premier à ignorer son inspiration ?

La vie de Elmyr de Hory ne fut qu’une cavalcade de défis et d’aléas, d’exils en exils, encouragé par des marchands de tableaux véreux qui l’exploitèrent jusqu’au bout de sa route.

En 1961 le dandy quinquagénaire à bout de souffle, fuyant les capitales où ses faux commencent à être suspectés, il se fait construire une villa somptueuse sur les hauteurs d’Ibiza.

Il y mena grand train dans l’anonymat absolu masqué par des noms d’emprunt.

C’est là que le destin lui a donné rendez-vous pour mettre fin à la supercherie, une fois pour toutes.

Comme dans un roman  de Stefan Zweig il se fera justice lui-même pour échapper à la justice terrestre.

 

Ce destin fantastique valait bien l’écriture d’un scénario de film.

Orson Welles s’en est chargé en 1976, le film a pour titre F For  Fake  (VF : Vérités et Mensonges)

 Elmyr de Hory   y joue  son propre rôle, comme  un avant-propos plein de panache    à la fin qui allait suivre, quelques mois plus tard.

 

Quoiqu’il fasse, le faussaire ne change pas l’Histoire.

Van Gogh restera pour l’éternité l’auteur de La Nuit Etoilée.

 

 

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 15:20
BACK TO BACH

L’année 2019 commence un peu chahutée, mais il faut rester aux aguets de manifestations inattendues  qui jouent sur le renouveau et nous bluffent par leur virtuosité... 

 Ca existe,   j’ai eu ce choc fortissimo  au moment  des fêtes de fin d’année. 

Il est déjà tard pour en parler mais cet émerveillement-là   pourra durer l’année entière, c’est une découverte dont je ne me lasserai pas, pas plus que je ne me lasse d’écouter Le Sud de Nino Ferrer.

 

Je ne suis pas spécialement fanatique de Bach mais je ne pourrai plus écouter  ses concertos, fussent-ils  interprétés par  Gould lui-même, depuis que j’ai entendu, un jour par hasard, quatre de ses concertos joués, embrasés, sublimés, par David Fray et sa troupe  de pianistes prodiges.

 

Quatre claviers  jouent  la même  partition sans en altérer la moindre note, dans un ensemble parfait  animé  par un David Fray inspiré.

Ce n’est plus le maître de chapelle austère et métronomique que  l’on entend d’une oreille, cela devient une musique  joyeuse qui

rajeunit  le morceau, aussi bien dans la douceur de l’andante  que dans l’allégresse des  allegros 

C’est stupéfiant, ce que quatre claviers peuvent donner de souffle et d’enthousiasme, cela vous soulève, vous étourdit, vous ravit.

Rien de sacré dans cette  musique qui évoque même le tempo d’un orchestre de jazz et donne parfois une irrésistible envie de danser !

Mais l’ensemble est d’une telle générosité que l’idée d’un envol mystique  vous traverse  l’esprit.   Bach l’a voulu ainsi puisque Dieu est au centre de toute son oeuvre  comme chacun sait et David Fray le premier.

 

   

David Fray  est né à Tarbes où il a fait ses études musicales avant d’entrer au Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

 L’orchestre qui accompagne cet enregistrement  paru chez  ERATO  est l’Orchestre National du  Capitole de Toulouse .

Le palmarès de David Fray est riche de nombreux prix reçus dès son plus jeune âge et sa discographie comprend, outre  les oeuvres de Jean Sebastien Bach, sa figure de proue, des interprétations de Liszt, Mozart, Schubert.

Son calendrier prévoit des concerts tout au long de l’année dans de nombreuses villes de France dont un à Lyon en compagnie de Renaud Capuçon.

 

Il y a un an je ne connaissais pas son nom.  Mais à notre époque un pianiste tel que lui ne reste pas longtemps inaperçu. Les medias l’ont  vite repéré  et vous le trouverez partout, sur YouTube, sur Deezer, sur Google et même sur demande à Alexa, la nouvelle coqueluche des fous d’Internet, fille d’Amazon et Mata Hari des réseaux sociaux.  Une star, quoi.

 

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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 15:24
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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 15:22
FRANCIS  LAI, MUSIQUE EN TÊTE

 

 

Vous rappelez-vous ce mois de mai 1966, quand soudain tout le monde s’est mis à fredonner « chabadabada », c’était l’hymne à Un Homme et Une Femme, à l’époque on ne faisait pas l’amalgame, le film de Lelouch emballait tous les Français, sans distinction de genre.

Palme d’Or au Festival de Cannes, deux Oscars, trois Golden Globes...  Qui dit mieux ?

La musique de Francis Lai a continué à accompagner les films de Lelouch  et de bien d’autres cinéastes d’ailleurs, on ne les compte plus. Le nombre de musiques qu’il a écrites pour le cinéma, est hallucinant.  Tout comme le nombre de ses chansons.

Aujourd’hui qu’il nous laisse cet héritage pléthorique, à nous de démêler les favoris des méconnus et il est difficile de se remémorer la plupart de ses succès, que des interprètes fameux ont  rendus  quelque temps célèbres.

 

Non,  pour moi, Francis Lai, c’est chabadabada, et rien d’autre, un raz de marée dans mon souvenir.  Cette année-là  je faisais le tour des photographes de mode pour me faire faire des « tests » et dans tous les studios ils passaient chabadabada, les filles le chantonnaient, les garçons le sifflotaient...

Qu’est-ce qu’elle avait,  cette chanson ? Comme toutes les rengaines, elle avait  forcément quelque chose en plus, sinon elle ne serait pas devenue rengaine.

La voix de Nicole Croisille,  peut-être, oui, qui distille une certaine amertume dans cet air guilleret ?

Ou peut-être simplement l’impact du film, cette histoire d’amour qui n’avait pas d’issue  mais qui finissait si bien...

Lelouch avait fait dans la simplicité, tout était vrai et le public avait plongé. Chacun  se retrouvait dans ce couple marchant sur la plage de Deauville, l’enfant derrière eux, inconsciente  de ce qui se jouait là, dans le balancement des vagues et le cheminement des nuages lourds de pluie...

C’était un film inspiré, et la musique de Francis Lai ne donnait pas dans le romantisme affiché , il prenait au contraire le parti de la légèreté, c’était  très fort.

Bon, nous étions dans les années soixante, les années d’or, explosions de talents tous horizons.   L’Amour était au coeur de  de toutes les inspirations.             

Aujourd’hui, on veut nous faire croire que l’homme et la femme ne sont plus qu’un sujet de polémique... Laissez-moi -ùpire que l' de toutes les inspirations.eux ?moi rire.  On  entend par hasard ce « chabadabada » par une fenêtre ouverte et l’on s’arrête, prêt à remettre ça comme  il y a trente ans.

 

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 17:40

Conversation imaginaire

ARMSTRONG:KUBRICK EN ORBITE

Mercredi 17 octobre 2018, jour de la sortie en France  du film  de Damien Chazelle : FIRST MAN LE PREMIER HOMME SUR LA LUNE.

 

L’immense salle du cinéma Magellan déverse sur les Champs-Elysées les spectateurs revenus d’une autre planète.

Neil Armstrong vient de se réincarner devant cette génération  qui avait oublié ce jour pas si lointain où ils l’ont vu, incrédules, faire ces quelques pas hésitants sur le sol lunaire.

 

Neil Armstrong vient de revivre  en raccourci ces moments  incroyables qui ont fait de sa vie de pilote d’essai un destin de héros universel.

 Il a pleuré devant des images qu’il croyait enfouies dans le passé,  il a retrouvé les doutes et les angoisses  de ses proches, il a reconnu les splendeurs et les terreurs de l’espace, le fracas puis le silence de sa trajectoire vers un autre monde.

 

Il est là, tremblant, encore blotti dans son fauteuil au premier rang de cette salle qui s’obscurcit peu à peu. 

Il sursaute.  Derrière lui, une main vient se poser sur son épaule.

«  Hello first man, happy I presume ?

Neil Armstrong se retourne et éclate de rire en reconnaissant Stanley Kubrick, son camarade d’exploration spatiale, son complice. 

« Stanley !  Quelle émotion...

 Ils échangent une accolade et marchent de concert vers la sortie.

« Magnifique,  ton  odyssée de l’espace !

«  Oui je suis très ému...  Mais ils ont mis le temps ! presque cinquante ans pour se souvenir que la lune a été visitée un jour de juillet 1969 par un astronaute américain !

« Elle l’avait été avant  toi  par mon héros le Dr Floyd dans mon Odyssée de l’Espace !

« Hé ho, Stanley, d’accord ton héros était très convaincant et ton film prémonitoire, mais tu ne vas pas comparer.

 

Kubrick  lui donne un coup d’épaule amical.

«  Its a joke !  Mais j’avais prévu, un an avant, ton irruption sur la Lune ! La NASA m’a piqué l’idée,  c’est clair !

 

L’astronaute  n’est pas amateur de débat, il connait le côté caustique  du réalisateur de génie.

 

 

D’ailleurs ils arrivent sur le trottoir envahi de spectateurs qui commentent le film, encore sous le choc de cette reconstitution plus vraie que nature.

Les deux hommes se mêlent à la foule dans la douceur de cette nuit d’automne qui a tout d’une nuit  estivale. Bizarrement, personne ne semble prêter attention à la clarté lunaire qui illumine leur groupe, comme si ce soir  la lune n’avait de présence réelle que dans le film qu’ils venaient de voir.

 

« Kennedy  devrait être avec nous ce soir... dit pensivement   Armstrong.

« Pourquoi ?

« Tu te souviens qu’il avait  juré, en 1961, que l’homme américain poserait le pied sur la lune avant l’homme russe !

« Oui, c’est vrai.  Ils l’ont assassiné bien trop tôt. Tu dois être fier d’être celui qui a  accompli son voeu.  Tu devrais être décoré, à présent, comme un héros national !

 

Les groupes de spectateurs se dispersent peu à peu et les deux hommes  marchent maintenant lentement vers l’Arc de Triomphe.

Kubrick  est soucieux  :

ARMSTRONG:KUBRICK EN ORBITE

« Je ne comprends pas bien le sens caché d’une scène du film.

« Ah oui, laquelle ?

« Well, si je me souviens bien, lorsque tu  as posé le pied sur la lune, la première chose que tu as faite, c’est de planter le drapeau américain, ça le monde entier l’a vu,  c’était la victoire de l’Amérique, il fallait le montrer, non ? Et  tu l’avais  montré, non ?

« Oui, oui, j’ai tout de suite planté le drapeau américain.  C’est vrai, dans le film, on me voit partir dans un coin et m’absorber dans quelque tâche indéfinie...

« Et c’était quoi, cette tâche ?

« Ben, disons que j’avais envie de pisser, voilà.  Je me suis écarté pour pisser tranquillement.

Ils éclatent de rire tous les deux.

« Evidemment, tu ne pouvais pas pisser sur le drapeau américain !

«  Mais tout ça nous dit pas pourquoi  le drapeau a disparu du film !

«  Tu sais,  nous les réalisateurs  avons  souvent des motivations secrètes.  Damien Chazelle avait une idée derrière la tête.  Mais laquelle ?

« Il est pourtant américain... Mais aussi français, tout en étant citoyen américain. Bref, ne cherchons pas à savoir.

« Si, si, il faut savoir ! Et moi, Kubrick j’aurais  eu la même idée que lui, à savoir que  cette victoire est universelle, c’est celle de l’Homme sur l’Espace. C’est la morale du film.

 

  Neil Armstrong s’insurge :

«   OK, OK... A quoi sert cette morale, puisque l’homme n’a pas suivi la voie que j’avais ouverte. La lune est restée une  planète hostile, comme Vénus, comme Jupiter... et même comme Mars .  Nous restons sur terre, c’est inéluctable.

« La conquête de l’espace n’est pas à notre portée.  Tu as  réussi un défi inhumain, Niel.Toi  seul  a pu   connaître les sensations extrêmes  que ne connaîtra jamais le commun des mortels. C’est la loi du cosmos.

 

 

La lune trône  à présent, ronde et incandescente, au-dessus de l’Arc de Triomphe.

Tous deux s’arrêtent devant cette vision symbolique.

Stanley Kubrick allume un cigare avant de reprendre sa marche en solitaire. Il lance une dernière réplique à Neil Amstrong en guise d’adieu :

« L’homme n’a que faire de la morale !  Tu as  créé un rêve, Neil !  c’est tout ce dont l’homme a besoin  jusqu’à la fin des temps !

 

 

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 20:32
JEAN  PIAT, UN  MONUMENT

 

Un  monument. L’homme en question n’est déjà plus dans la peau fragile d’un humain, il a déjà la dimension, la densité, la pérennité du minéral.

Tous les monuments ne sont pas des oeuvres d’art,  ce mot  peut prendre aussi parfois un sens peu gratifiant : un monument de bêtise, un monument d’égoïsme, un monument de luxure...etc..

Pour Jean Piat, évidemment,  le  « monument » prend son sens le plus honorifique. Dédié  au Théâtre, il devient un témoin concret et impérissable  de la carrière prestigieuse  et exemplaire de ce grand comédien.

Carrière foisonnante, construite  pierre par pierre à coups de  personnages mythiques qu’il incarna avec un talent égal.

Carrière exemplaire qui l’a écarté des chemins de traverses grâce à sa passion pure et dure pour ce métier.

 

Homme  exemplaire, aussi. On ne lui connait aucun vice, sinon ceux  de ses héros historiques.

Sa vie privée   ne figure ni sur  les réseaux sociaux ni dans les  pages de Voici, ni même dans  Wikipedia.

Jamais une bagarre dans un bar, jamais un retrait de permis pour conduite en état d’ivresse, jamais une rupture fracassante, mieux : personne n’en sait rien.

Son physique, sa beauté est authentiquement masculine, son sourire n’a rien de queer. (1)

 

 

Mais revenons sur sa carrière qui  a fait avant tout sa gloire.

La liste de ses rôles au théâtre, au cinéma, à la télévision, de ses mises en scènes, de ses doublages, rend fou. Que des pièces à succès, que des rôles-titres, que des films cultes et la série cultissime (à l’époque on disait « le feuilleton ») où il jouait Robert d’Artois :    il était maudit mais tellement   beau !

  Ce qui frappait chez lui c’était son regard bleu  pétillant d’intelligence.

Mais faut-il être intelligent pour faire du théâtre ?  Jean Piat posa un jour la question à son professeur au Conservatoire, Béatrice Dussane. Elle lui répondit : « Pas forcément. Mais ça aide. »   Il racontait cela à Olivier Bellamy qui le recevait sur Passion Classique, en se tordant de rire.

Et en plus, le monument avait de l’humour.  La classe !

 

 

(1)  queer = étrange, bizarre, gay... en Anglais

 

 

Miss Comédie

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  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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