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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 14:23

Il y a les tubes de l’été,  coups de foudre éphémères.  Plus rarement, les tubes de l’année, coups de coeur qui ont la vie dure.

Mais que faut il ajouter à une chanson pour qu’elle devienne la chanson du siècle ?    A peine quelques mots qui captent l’émotion, qui éveillent l’attention.

 

John Lennon a chanté Imagine,  la chanson qui dit si joliment que nous sommes passés à coté du bonheur.  C’est lui qui a signé  la chanson du siècle.

SONGS OF MY HEART

Imagine there’s no heaven,

It’s easy if you try,

No hell below us,

Above us only sky

Imagine all the people

Living for today

 

Imagine there’s no countries

Itisn’t hard to do

Nothing to kill or die for,

No religion too

Imagine all the people

Living life in peace

 

 

You may say I’m a dreamer

But am not the only one

I hope some days you’ll join us

And the world will live as one...

 

Imagine no possessions,

I wonder if you can,

No need for greed or hunger

A brotherhood of man

Sharing all the world...

You may say i’m a dreamer

But i’m not the only one…

 

I hope some day you’ll join us

And the world will live as one...

 

Cette chanson, nous l’avons entendue maintes fois et elle nous bouleverse sans trop savoir pourquoi.   Et puis, tôt ou tard  nous percevons le sens de  ces mots tout simples qui nous rappellent que   nous sommes sur une mauvaise pente et que l’abîme n’est pas loin...

 

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16 mai 2019 4 16 /05 /mai /2019 14:09
ANNA KARINA, JEAN-LUC GODARD, NOUVELLE VAGUE .?

Jean-Luc Godard et Anna Karina sont  encore sous le choc  après ces retrouvailles-surprise organisées par Thierry Ardisson, vingt ans après leur séparation.

C’était aux Bains-Douches, la discothèque branchée,  pour l’émission « Bain de Minuit » en 1987.

Lui, savait,   Anna Karina, elle,   ne s’attendait pas à cette rencontre. Elle ne fit face que le temps de quelques répliques, puis coupa court à l’interview et s’enfuit, visiblement bouleversée.   La régie  envoya le générique de fin et Jean-Luc Godard  eut  ce mot : « Et bien, je n’ai plus qu’à rentrer chez moi.

 

 

Que se passa-t-il le lendemain ?   Ils ne pouvaient pas en rester là.

Imaginons.

 

 

Ils se sont donné rendez-vous dans un café du Quartier Latin, ou de la Bastille, peu importe le décor pour cette rencontre de pure fiction, suite et fin d’un raté du hasard.

Il est arrivé le premier et il a commandé un café. Ses mains tremblent un peu.  Godard ému ?  Il pense qu’elle ne viendra probablement pas.  C’était stupide, cette idée de retrouvailles.

Il regarde sa montre et décide qu’il partira aussitôt son café avalé.

Lui  redoute cette confrontation, les explications, les retours sur le passé. Tout cela est inutile et malsain.

Mais elle arrive, juste à l’heure.  Elle porte le petit chapeau qu’elle arborait pour l’émission, elle est belle, à quarante ans, encore plus que lorsqu’il l’a rencontrée, il y a vingt ans.

Il se lève pour l’accueillir, ils ne s’embrassent pas.

Il crâne :

« Pourquoi es-tu partie  si vite ?   Ca ne se fait pas.

Elle s’assied près de lui sur la banquette et il doit se tourner vers elle pour l’écouter.

« C’était trop dur.

« D’accord c’était dur. Même pour moi. Mais il faut jouer le jeu. C’est le métier.

« On aurait pu me prévenir.

« C’était une surprise. Il croyait que ça te ferait plaisir.

« Ah, oui ! (elle a un petit rire) un plaisir...

 

Le garçon s’approche.

« Vous désirez boire quelque chose ?

Anna Karina le regarde de ses splendides yeux de biche.

« Quelle heure est-il ?  Un café, s’il vous plait.

 

Derrière ses lunettes, Godard l’observe comme s’il la découvrait aujourd’hui.  Elle explose soudain :

« Toi aussi, tu croyais me faire plaisir ?

Surpris, il murmure :

« Ben... oui !

Les yeux d’Anna lancent des éclairs.

« Parce que toi, tu étais au courant, non ?  Tu as accepté de jouer à ce jeu pervers, par curiosité, comme ça, pour voir ce qui allait se passer, hein ?

Il baisse la tête.

 

« Tu me détestes, Anna ?

 

Elle respire profondément.

« Non.

« Pourquoi as-tu quitté le plateau, alors ? 

  

Le garçon dépose un  café sur la table et ne se décide pas à s’éloigner, il la boit des yeux.

 

Elle se redresse et sa voix  devient plaintive :

« Tu n’as rien compris ?   J’étais si émue que ça devenait impudique.

« Impudique ?

« Oui, oui, bien sûr, tout me revenait...  Tous ces souvenirs...  Tu as tout oublié, n’est-ce pas ?

Il a un geste de lassitude.

« Non, bien sûr que non. Je n’ai rien oublié,  ce n’est pas par curiosité que j’ai accepté cette émission... j’avais... (il hésite) c’était un désir fou de te revoir.

 

Ils se taisent, un courant électrique passe entre eux tout à coup.   Ce moment est de ceux qui peuvent faire basculer une vie.   Mais le temps perdu ne se rattrape jamais, comme dit la chanson.

«  Finalement tu as eu raison, dit Godard. Tout cela doit rester entre nous.

 

Un  ange passe.  Et puis comme pour revenir à la réalité :

« Tu es heureuse ?

Elle a un sursaut et articule sur un ton monocorde :

« Oui, je travaille beaucoup, je tourne film sur film, je n’ai pas à me plaindre, tu sais, je viens de tourner avec André Delvaux un très beau long-métrage...

Il rit, de son rire aigrelet.

« Non, je veux dire : heureuse ?

Elle  tourne son visage vers lui et le fixe intensément.   :

« Je ne sais pas ce que tu veux  dire .

« Oui, à quoi bon, soupire Godard.  De toute façon, cela ne me regarde plus.  (Puis, brusquement :)  Oh, Anna, redis-moi encore une fois « J’sais pas quoi faire ! Qu’est-ce que je vais faire ? »

 

 Ils éclatent de rire tous les deux et Anna se prend au jeu. Elle débite la rengaine de Pierrot le Fou avec une mimique irrésistible.

 

Dans un même élan, ils s’étreignent en riant, comme soulagés, car la glace est rompue.

« Tu es toujours aussi bonne, dit Godard en  se levant pour aller payer au comptoir.

Ils sortent enlacés comme deux vieux copains, et le garçon qui a tout entendu se dit que pour ces deux-là, « ça va continuer »...

 

 

 

La scène est imaginaire et le dialogue complètement  improbable, mais  cette fameuse émission sur la Cinq a bien eu lieu.

Le mystère reste entier sur l’effet qu’elle a eu sur la relation entre Godard et son ex-épouse et interprète.

Le garçon de café a-t-il vu juste ?   Moi je suis pour l’amour toujours.

 

 

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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 20:14
JEAN-PIERRE MARIELLE ET LE FANTÔME DE GROUCHO MARX

Juillet 2008 : un  moment dans la vie de JP Marielle..

Festival de la correspondance de Grignan.

 

Une foule de fans de tous âges remontent lentement la ruelle qui mène à l’esplanade de la Collégiale transformée en espace de lecture.

Une certaine excitation se devine dans les rangs de ceux qui ont pu réserver leur place pour cette soirée  exceptionnelle.

Un spectacle de gourmets : Patrice Leconte met « en espace » la correspondance de Groucho Marx, lue par Jean-Pierre Marielle.

Autre chose que les lettres de mon moulin.  Ca promet d’être plutôt drôle.

 

Dans la sacristie de la chapelle Collégiale qui donne sur l’esplanade, face aux gradins installés pour le festival, Jean-Pierre Marielle jette un oeil sur le ciel menaçant.  L’orage n’est pas loin.

Il se retourne vers Groucho Marx, assis dans une stalle monastique, le cigare au bec.

« Tu vas voir que ça va nous tomber dessus.

«   No problem  ! Tu mets un chapeau et tu lis, okay ?   Tu as signé pour toutes les lettres et moi j’ai la permission de minuit et je retourne au paradis, vu ?

« Et s’il y a plus un seul clampin ?

« Well you  go on reading.  Just for me, darling et Pierre... mais il est pas là, ton ami Pierre Vernier ?

T’inquiète, il est toujours à l’heure. Bon, laisse-moi me concentrer. Par quelle lettre on commence ? Hé ho, Patrice, aide-moi.  Groucho me détraque le ciboulot.  Tu as vu  mon manuscrit quelque part ?  Je l’ai paumé, bordel !  Et mes musiciens, tu les as vus ?  Il me faut du jazz, moi.

 

Patrice Leconte  a l’oeil à tout.  Il attrape la brochure et la tend à Marielle.  Il n’a pas vu, et c’est normal, le fantôme de Groucho Marx qui, pour rien au monde, n’aurait loupé ce prétexte pour revenir sur terre.

 

 

 

 

 

JEAN-PIERRE MARIELLE ET LE FANTÔME DE GROUCHO MARX

 Groucho Marx  n’était pas avare de sa prose.  Ses lettres, souvent de plusieurs pages, adressées aussi bien à la Warner Bros qu’à son éditeur, son jardinier ou sa fille, débordent  de son humour dévergondé.  Truculentes, mordantes ou hilarantes sur le papier, elles se doublent de l’énorme puissance comique du phrasé de Jean-Pierre Marielle.

Sur les gradins on  tire  les mouchoirs, les larmes coulent. 

Pierre Vernier qui figure les destinataires muets, a du mal à garder son sérieux.

La lecture s’est déroulée avec, au-dessus de l’assistance, un incessant roulement sourd.   Mais Marielle  se foutait pas mal de la pluie qui menaçait.  Son texte le remplissait d’extase.  Il en faisait des tonnes.  Le public en redemandait.

Groucho tenait l’orage à distance par ses pouvoirs désormais surnaturels et, la dernière formule de politesse envoyée dans un déluge... d’applaudissements, ce fut l’averse, monstre, dans une salve de coups de tonnerre, le tout illuminé par des éclairs sans chocolat.

Marielle s’est retrouvé dans la ruelle, mêlé à la foule ruisselante, et ses invectives contre le ciel, la terre, Groucho et le métier d’acteur dominaient le vacarme de la pluie.

Groucho suivait, hilare, son interprète et l’accompagna jusqu’à l’hôtel de la Plume le bien nommé où il disparut de ce monde comme il était venu.

Dans le brouhaha de la salle en pleine ébullition, encore sous le coup de ce moment de résurrection, Jean-Pierre Marielle eut ce mot : «  Mais où est passé Groucho ? »

Seule, Agathe Natanson, son  épouse, l’entendit et sourit.

Lui, dans la fumée de sa cigarette, s’était replongé dans son « ailleurs ». C’était très important pour lui, « l’ailleurs ». 

Et la légèreté. Et la Musique.

 

Les mots, très rarement. Seuls les mots qui venaient d’ailleurs.

Les silences de Jean-Pierre Marielle, en interview,  avaient une profondeur vertigineuse.  Il pouvait se livrer entièrement, sans parler.  Un talent très rare. Unique.

Il est parti, et d’écouter son entretien avec Olivier Bellamy, un jour de 2010,  mes larmes coulent. 

 

 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 20:30
NOTRE-DAME, ÂME DE PARIS

« ....c’est que l’amour est comme un arbre, qui  pousse de lui-même

et jette ses racines profondément dans notre être et continue souvent de verdoyer dans un coeur en ruine. »

 

 

Extrait de « Notre Dame de Paris – 1482 » - Victor-Hugo

 

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 21:04
AKHENATON SE FÂCHE

 

Sur le parvis de la pyramide du Louvre, la nuit tombe.  

Sur le sol, mis en lumière par la clarté de la lune, une multitude de morceaux de papier gluants taquinés  par le vent voltigent  autour du monument transparent.

Un spectacle désolant, digne des bas-quartiers du Caire.

 

Une silhouette  majestueuse apparait soudain  et arpente le sol dévasté, enjambant les décombres dans un bruissement de soie et un cliquetis de parures d’or.

 

Nefertiti est offensée par cette nouvelle  provocation et s’adresse à son époux Akhenaton :

 

«  Comment avez-vous pu laisser  faire ça ?  Il ne suffisait pas de laisser construire cette lamentable copie du tombeau de votre fils Toutankhamon  ?

 

Akhénaton soupire.

« Ma divine, c’est une oeuvre d’art, un hommage miniature à notre dynastie.

«   Bon, le mal est fait.  Mais, par Anubis,  quid de ces ordures surgies du néant ?

La voix d’Akhenaton se fait impérieuse.

« Calmez-vous, ma reine.   Hum...   Je suis seul  responsable.

« Comment ?

« Oui, moi Akhenaton, Xéme pharaon de la XVIIIème dynastie, j’ai jeté ma malédiction sur une oeuvre qui enlaidissait encore  le joujou de Mitterrand.

Nefertiti tape du pied :

« Je veux savoir !  Par Toutatis, dites-moi tout !

 

« L’artiste a voulu prolonger la pyramide par une perspective grossière de ses fondations, à l’aide de  photographies collées sur le sol. On touche le fond, non  ?

« En  effet, on touche le fond.  Qu’avez-vous fait alors ?

« J’ai demandé  au dieu Soleil Aton  de faire fondre  les joints de colle afin que les panneaux se détachent et  se répandent en lambeaux sous les pas des passants.

Neffertiti bat des mains :

« Casus belli, aurait dit César !

« Non pas du tout ! L’artiste a  affirmé  aux medias que son oeuvre avait la sublimité de l’Ephémère  ! Et chacun s’est incliné, rempli d’admiration. 

 

Nefertiti fait la moue.

« Donc, votre malédiction est passée inaperçue !

« Oui, dieu merci.  Une bonne malédiction est une malédiction jmprobable et insoupçonnable   !

 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 14:21
 SUR LES PAS DE FRED ASTAIRE, LA LÉGENDE

 

1930.   En France, Maurice Ravel compose son concerto en sol.

Céline écrit LE VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, son premier roman.

A New-York, Edward Hopper réalise son AUTOPORTRAIT.

Et Fred Astaire  fait sa première apparition à l’écran après des années de succès sur scène : David O’Selznick l’engage pour créer le morceau EMBRACEABLE YOU, dans sa comédie musicale GIRL CRAZY.

C’est la première marche d’une ascension irrésistible.

Il a choisi la danse, un peu par hasard, et la danse va lui apporter la gloire. Il a 31 ans.

Je dis « un peu par hasard »,  car c’est pour accompagner sa soeur Adele  qu’il s’inscrit dans un cours de danse  à New-York.

Leur duo a tout de suite du succès.  Il  change de nom et de Fred Austerlitz devient Fred Astaire pour  prendre  le départ avec sa soeur pour des tournées très remarquées à Broadway et en Angleterre. 

C’était un faux départ.  Lors d’une tournée à Londres, Adele  rencontre lord Cavendish, fils du duc du Devonshire... et l’épouse.

 

Coup du sort ?  Plutôt coup de chance pour Fred Astaire qui se lance dans une carrière en solo tumultueuse, effrenée, entre cabarets et comédies musicales où ses pieds agiles et sa maîtrise  des claquettes font trembler les planches et remplissent  les salles.

Ses numéros de danse sont époustouflants mais il n’a pas encore trouvé la partenaire idéale.  Eleanor Powell, Rita Hayworth  et même Cyd Charisse malgré leur beauté font figures de faie-valoir. Elles n’atteindront  jamais la parfaite symbiose  de sa future partenaire de cinéma, Ginger Rogers.

 

 SUR LES PAS DE FRED ASTAIRE, LA LÉGENDE

 

C’est donc en 1930 qu’il la rencontre pour la première fois.

Le choc, se produit trois ans plus tard sur le tournage de CARIOCA leur premier film ensemble.  Bien qu’ils ne soient pas têtes d’affiche, ils se découvrent la même passion pour la danse.

 

Fred Astaire et Ginger Rogers ont  tourné dix films ensemble, de 1933 à 1946, tous avec la même rigueur chorégraphique, tous avecla même adhésion  de la critique et du public.

Ensemble ou séparément, ils ont mis la comédie musicale à l’honneur sur les écrans après son règne  au cabaret.

Cette apparente légèreté dans leurs évolutions, cette facilité à suivre ensemble une cadence étourdissante, on oublie le travail phénoménal que cela a dû  demander à chacun d’eux au fil des années.

 

 

En 1946,  Fred Astaire  accuse le coup.   Après le tournage de « La Mélodie du Bonheur » avec Bing Crosby mais sans Ginger Rogers,  il   annonce à la presse qu’il arrête  le cinéma.

Concert de protestations, le public n’admet pas sa disparition.

Il a 53 ans. C’est un peu jeune pour  passer la main, non ?

Ne serait-ce pas un stratagème  de star pour se faire désirer ?

Mais   sa retraite sera de courte durée.  Alors que les pieds lui démangeaient déjà, l’année suivante,  le duo Gene Kelly/Judy Garland sont en répétition pour le film « Parade de Printemps »,  et voilà que Gene Kelly se casse la cheville.   

  La mega-tuile pour un acteur. Que faire d’autre qu’appeler un de ses pairs tête d’affiche  pour le remplacer... Qui ? Fred Astaire évidemment.

 

Un coup de chance pareil, ça ne s’invente pas  et ça ne se refuse pas.

La production du film,  trop heureuse de s’offrir une affiche pareille, engage Fred Astaire pour Parade de printemps...  et pour le suivant, avec… Ginger Rogers à la place de Judy Garland !  Coup double.

 

Dix ans plus tard, le couple star se retrouve par la grâce du hasard  et finit en apothéose avec « Entrons dans la danse.

 

Fred Astaire n’a pas épousé Ginger Rogers. Ils n’ont pas entretenu  de liaison  tapageuse  ou secrète  mais

sont restés proches longtemps après leur dernier film.

Ils avaient les mêmes goûts vestimentaires et, une élégance discrète  et sans show off – le star-system  bourgeois, si cela existe.

 

En 1967 ils co-présentèrent les Oscars à Santa Monica, et provoquèrent l’allégresse générale en arrivant en dansant jusqu’à la scène… Ils avaient alors 68 et  56 ans  et  une popularité à l’épreuve du temps.

 

Cq’était une belle histoire, non ? Vous pouvez les retrouver sur YouTube... quelques minutes de bonheur.

 

 

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 12:45

 

 

 

Une bonne grippe, et voilà que l’immobilité vous rend soudain réceptive à toutes les sources d’information disponibles,  et elles sont nombreuses, voire envahissantes  :  Il faut sélectionner, parmi  les thèmes qui sont souvent très éloignés de ce que l’on attend de la Culture. 

Ces derniers jours,  entre deux  quintes caverneuses, voici ce qui m’a fait dresser l’oreille  au fil des relais d’information :

 

 

 

 

 

 

PIERRETTE FLEUTIAUX N’ÉCRIRA PLUS.

Je l’avais un peu oubliée, depuis le choc de « Nous sommes Eternels » en 1990, qui m’avait remuée jusqu’au plus profond.

C’est un éloge d’ Anne Wiazemsky dans un magazine qui m’avait alertée.  Elle venait de recevoir le Prix  Femina pour ce roman édité chez Gallimard.

J’avais tout de suite compris que cette histoire de frère et soeur incestueux  était autobiographique et j’avais plongé dans son récit fiévreux, suspendue à son mystère jusqu’à la fin doublement tragique.

J’avais été  touchée par la personnalité de l’auteur, avant de savourer son style, tellement sa fragilité, son humanité et son intelligence de l’âme humaine  se devinent entre les lignes.

 

 

Elle a écrit beaucoup de livres, Pierrette Fleutiaux, et je suis passée à côté de la majorité d’entre eux, mais je garde le souvenir de « Des phrases courtes, ma chérie », où  les rapports d’une fille avec sa mère vieillissante sont décrits avec  une  délicatesse  rare.

 

Elle a même écrit des livrets d’opéra, curieusement, dont celui de

« Nous sommes éternels » !  (J’ai du mal à imaginer ce roman adapté pour l’opéra !

J’ai compris à travers les commentaires qui ont suivi sa disparition qu’elle laisse un vide réel, elle était très aimée dans les milieux de l’édition. 

 

 

 

 

 

 

MOLIÈRE  TOUJOURS MOLIÈRE

 

Bien sûr, chaque saison théâtrale se doit de programmer au moins une pièce de Molière, plus ou moins bien montée, plus ou moins dotée de « grosses pointures à l’affiche .

Cette année, nous avons, en même temps  deux sommets de l’art théâtral intemporel :  Le Malade Imaginaire  et Le Misanthrope.

 

Le Malade Imaginaire

 se joue jusqu’au 25 mai au Théâtre de Paris dans une mise en scène de Daniel Auteuil, avec Daniel Auteuil dans le rôle titre, et sa fille Aurore dans le rôle de  Toinette.

Un duo étincelant, parait-il, j’ai hâte de le voir de mes yeux !

La dernière pièce écrite par Molière avant de mourir sur scène dans le rôle d’Argan, le malade imaginaire, justement...

 

 

Le Misanthrope

 se joue jusqu’au 18 mai, au théâtre Libre, dans une mise en scène de Peter Stein avec Lambert Wilson dans le rôle titre.

Un rôle de composition, pour cet acteur plutôt philanthrope et  rompu à toutes les métamorphoses, au théâtre comme au cinéma.

 

 

 

ROBERT MITCHUM VU PAR BRUCE WEBER

 

Bruce Weber, photographe très connu dans les milieux de la mode et du spectacle dans les années soixante, a longuement travaillé sur le personnage de Robert Mitchum, qui représente  pour lui le symbole absolu  de la virilité.   C’est vrai, rappelons-nous, tous ses films le montrent sous cet angle, un mec totalement viril, sans une once de féminité cette fameuse dualité  que se reconnait Depardieu lui même....  Une virilité naturelle, souple mais indiscutable.

Pas  macho non plus, car Mitchum était un tendre, et quand il chante « Sunny », on a la larme à l’oeil.

 

Donc, Bruce Weber a eu envie de faire un documentaire filmé sur Mitchum, à partir de photos, d’extraits de films, de dialogues, de commentaires extérieurs sur l’homme, sur l’acteur.

Le film est sorti en salle au mois de février, il s’appelle « NICE GIRLS DONT STAY FOR BREACKFAST ».

Drôle de titre, que l’on comprend peut-être en voyant le film.

Je me demande s’il a rempli les salles... Juste quelques initiés cinéphiles et nostalgiques du monde fou des sixties ?

Bruce Weber,  ce vieillard à barbe blanche  plutôt classé parmi les grands photographes s’est débrouillé pour se glisser dans l’actu cinématographique  de ce début d’année – empruntant la carrure d’une icone bien vivante dans nos mémoires.

Il nous a donné envie de revoir le visage blasé et le sourire laconique de Robert Mitchum. Dans Le Dernier Nabab, il était dans l’ombre de Robert de Niro  mais il imposait sa saine virilité sans en rajouter.    Pourtant, en 1976 il ne jouissait plus de la colossale popularité de La Nuit du Chasseur...

C’est donc cette particularité de l’être humain  devenue  rarissime, la Virilité  absolue, que Bruce Weber a voulu rappeler à travers la carrière de Robert Mitchum.

 

Dans de film, on le voit vieux. C’est dommage. C’est  en vouloir à sa belle gueule, une gueule « comme on n’en fait plus ».

 

Miss Comédie.

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 13:53
KARL LAGERFELD, QUAND LA MODE ÉTAIT SOUVERAINE

 

«  Je ne fais pas revivre le tailleur Chanel, je le rends vivant. »

 

 « La tendance est le dernier stade avant le ringard. »

 

 

 

Adieu Karl  Lagerfeld,  le dernier mot de l’élégance .       .  

 

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 14:55
VAN GOGH  VRAI OU FAUX ?

« La Nuit Etoilée », de van Gogh.  On ne se lasse pas de contempler ce tableau.   Il représente  ce que le peintre voyait de la fenêtre de sa chambre, à l’asile du Monastère St-Paul-de-Mausole à St-Rémy de Provence.

Plongé dans la nuit de son isolement forcé, il regardait par la fenêtre la splendeur déployée  d’un ciel étoilé qui devenait pour lui la source d’une inspiration  nouvelle.

Pour lui, « la nuit est beaucoup plus vivante et richement colorée que le jour. »

A voir ce tableau, il me vient en mémoire certaines nuits provençales où les étoiles sont si présentes dans un ciel violet sombre qu’elles semblent auréolées d’une lumière incandescente.

 

 

Il s’est donc mis à l’oeuvre. Cette nuit de mai 1889 particulièrement illuminée, chargée de nébuleuses, dominée par la lune, et l’on imagine le chant d’un rossignol lointain -  tout cela pour faire jaillir du pinceau de van Gogh cette explosion de couleurs.  Une huile sur toile de folie  qu’il a envoyée à son frère Théo et qui allait  plus tard être considérée  comme son grand oeuvre.   Une oeuvre inimitable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VAN GOGH  VRAI OU FAUX ?

Inimitable ?  C’était sans compter sur le talent d’Elmyr de Hory, faussaire de génie, le plus grand faussaire de son temps.

Ce peintre hongrois avait de l’or dans les mains mais ses propres oeuvres ne se vendaient pas.

Cette toile de van Gogh qu’il a reproduite a confondu les experts les plus avertis, comme ses faux de Picasso, Matisse, Modigliani, et d’autres.

 

La Nuit Etoilée de van Gogh a donc circulé dans le monde des collectionneurs  du monde entier, en même temps que celle d’Elmyr de Hory...

 

Et maintenant, imaginons : un homme s’est trouvé un jour possesseur de la précieuse  Nuit Etoilée, et  à son émotion s’ajouta  la conscience de posséder un trésor.

Or, que possédait-il  en réalité ?  Le tableau de van Gogh ou l’oeuvre d’un faussaire de génie ?

Allons plus loin :  un autre homme tout aussi heureux de posséder sa Nuit Etoilée,  peut-être à l’autre bout du monde, peu-être voisin de palier du premier homme, n’avait pas le moindre doute, lui non plus, sur l’authenticité de son tableau.

Il faut croire que la toile de van Gogh fut un jour reconnue comme son oeuvre avérée puisqu’elle repose aujourd’hui au Moma à New York.  Mais à quel moment l’arnaque a-t-elle été découverte ?

Les spécialistes le savent probablement, mais j’ai eu du plaisir à brouiller les pistes l’espace d’un  instant.

 

 

 

Regardez cette copie.   Ce n’est pas le travail d’un peintre du dimanche.  Un artiste créateur en est l’auteur. Il a substitué son âme à celle de van Gogh pour illuminer la toile de son inspiration.

On s’étonne que ce talent eût pu être méconnu, vidé de son sens.

Et pourtant...  Le faussaire lui-même n’est-il pas le premier à ignorer son inspiration ?

La vie de Elmyr de Hory ne fut qu’une cavalcade de défis et d’aléas, d’exils en exils, encouragé par des marchands de tableaux véreux qui l’exploitèrent jusqu’au bout de sa route.

En 1961 le dandy quinquagénaire à bout de souffle, fuyant les capitales où ses faux commencent à être suspectés, il se fait construire une villa somptueuse sur les hauteurs d’Ibiza.

Il y mena grand train dans l’anonymat absolu masqué par des noms d’emprunt.

C’est là que le destin lui a donné rendez-vous pour mettre fin à la supercherie, une fois pour toutes.

Comme dans un roman  de Stefan Zweig il se fera justice lui-même pour échapper à la justice terrestre.

 

Ce destin fantastique valait bien l’écriture d’un scénario de film.

Orson Welles s’en est chargé en 1976, le film a pour titre F For  Fake  (VF : Vérités et Mensonges)

 Elmyr de Hory   y joue  son propre rôle, comme  un avant-propos plein de panache    à la fin qui allait suivre, quelques mois plus tard.

 

Quoiqu’il fasse, le faussaire ne change pas l’Histoire.

Van Gogh restera pour l’éternité l’auteur de La Nuit Etoilée.

 

 

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 15:20
BACK TO BACH

L’année 2019 commence un peu chahutée, mais il faut rester aux aguets de manifestations inattendues  qui jouent sur le renouveau et nous bluffent par leur virtuosité... 

 Ca existe,   j’ai eu ce choc fortissimo  au moment  des fêtes de fin d’année. 

Il est déjà tard pour en parler mais cet émerveillement-là   pourra durer l’année entière, c’est une découverte dont je ne me lasserai pas, pas plus que je ne me lasse d’écouter Le Sud de Nino Ferrer.

 

Je ne suis pas spécialement fanatique de Bach mais je ne pourrai plus écouter  ses concertos, fussent-ils  interprétés par  Gould lui-même, depuis que j’ai entendu, un jour par hasard, quatre de ses concertos joués, embrasés, sublimés, par David Fray et sa troupe  de pianistes prodiges.

 

Quatre claviers  jouent  la même  partition sans en altérer la moindre note, dans un ensemble parfait  animé  par un David Fray inspiré.

Ce n’est plus le maître de chapelle austère et métronomique que  l’on entend d’une oreille, cela devient une musique  joyeuse qui

rajeunit  le morceau, aussi bien dans la douceur de l’andante  que dans l’allégresse des  allegros 

C’est stupéfiant, ce que quatre claviers peuvent donner de souffle et d’enthousiasme, cela vous soulève, vous étourdit, vous ravit.

Rien de sacré dans cette  musique qui évoque même le tempo d’un orchestre de jazz et donne parfois une irrésistible envie de danser !

Mais l’ensemble est d’une telle générosité que l’idée d’un envol mystique  vous traverse  l’esprit.   Bach l’a voulu ainsi puisque Dieu est au centre de toute son oeuvre  comme chacun sait et David Fray le premier.

 

   

David Fray  est né à Tarbes où il a fait ses études musicales avant d’entrer au Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

 L’orchestre qui accompagne cet enregistrement  paru chez  ERATO  est l’Orchestre National du  Capitole de Toulouse .

Le palmarès de David Fray est riche de nombreux prix reçus dès son plus jeune âge et sa discographie comprend, outre  les oeuvres de Jean Sebastien Bach, sa figure de proue, des interprétations de Liszt, Mozart, Schubert.

Son calendrier prévoit des concerts tout au long de l’année dans de nombreuses villes de France dont un à Lyon en compagnie de Renaud Capuçon.

 

Il y a un an je ne connaissais pas son nom.  Mais à notre époque un pianiste tel que lui ne reste pas longtemps inaperçu. Les medias l’ont  vite repéré  et vous le trouverez partout, sur YouTube, sur Deezer, sur Google et même sur demande à Alexa, la nouvelle coqueluche des fous d’Internet, fille d’Amazon et Mata Hari des réseaux sociaux.  Une star, quoi.

 

Miss Comédie

 

 

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  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

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- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

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