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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 14:55

 


  James-Bond-Logo-Poster-C10053467.jpgC’est le titre de l’édito de Madame Figaro de cette semaine.

Le numéro est consacré aux hommes.  Mais quand on le feuillette, on s’aperçoit que les hommes en question sont des homos, tous cités pour leur talent, photographiés pour leur beauté, leur élégance.  Rien à dire.  Juste un petit pincement au coeur.

Et puis,  avant de refermer le magazine, on lit à tout hasard l’édito.

Tiens, il est signé Eric Neuhoff.  Non, pas lui ! Va-t-il  lui aussi entonner l’hymne à l’homo ?

 

Ligne après ligne, on respire. On reprend confiance.

Il se décrit, lui qui « n’en est pas », avec ses petites  manies, ses dadas, ses faiblesses, ses lassitudes, sa virilité qui date d’Adam  et son amour des femmes qui date d’Eve et qui n’est pas prês de disparaître de cette planète.

Ses mots sont simplement  sincères, touchants. Il ne proclame rien, il ne revendique rien.

Mais enfin, ouf, il nous rassure.  Car ce n’est pas un blaireau, Eric Neuhoff. On peut lui faire confiance, il ne fera jamais l’apologie du plouc, du beauf, du tocard.  Et  il signe des critiques, des livres, des éditos qui font référence.

Son  self-portrait est magnifique ! 

Non,  notre humanité n’est pas encore unisexe.

Nous on a besoin de séducteurs et de machos, là.

D’accord,  certaines femmes décrètent qu’elles s’en passent très bien.  Ouais.

N’empêche, je voudrais bien savoir combien d’entre elles n’ont pas eu la larme à l’œil  en lisant cet édito.

Ecce homo, c’est une parole d’évangile.  Voici l’homme et ça montrait  Jésus, le fils de Dieu.   Il nous reste l’homme, le vrai.

 

Petite  précision : je n’ai rien contre les homosexuels et j’ai  parmi eux  quelques amis très chers qui se passeraient bien de cette surenchère médiatique. 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 17:45

LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT    

Tennessee  Williams

A GRIGNAN, Août 2013

Au Théâtre des Célestins  Saison 2013/2014

 

 

   CHATEAU.jpg A Grignan, dans la cour du Château, par une douce soirée de ce mois d’Août,  le décor, adossé aux murs de pierres brûlantes, elles aussi, donnait vie à une histoire tellement banale et tellement sordide,  comme on en voit tous les jours dans les familles, une histoire sans aucun attrait visuel ni sentimental, une histoire à oubler très vite.  Et  même, à fuir instantanément.

Oui, mais il y avait sur scène ces personnages parfaitement odieux qui se lançaient au visage des injures insoutenables, qui arboraient leur haine comme un étendard, qui nous transformaient en voyeurs subjugués.

La petite Laure Marsac, comment imaginer qu’elle put incarner une telle boule de nerfs et d’amour, qu’elle eut en elle une telle réserve d’énergie ressentie ?   En quelques minutes on avait oublié LA Taylor.

 

 MARSAC.jpgOn avait oublié aussi la pauvreté du décor, comment faire figurer ensemble un salon où l’on s’apostrophe, une chambre aux murs indiscrets, un bar investi par un mari en désespoir, tous leurs vices étaient concentrés autour de quelques meubles disposés ça et là.

Chacun des personnages prenait à son compte la violence du dialogue, on pourrait croire que c’est facile, de lancer des horreurs à son partenaire, pas besoin de se concentrer, ça doit sortir tout seul, non ?  Et forcément, on y croit !  Non, non, les acteurs ajoutent quelque chose qui donne du poids aux mots, une sorte de hauteur.  J’ai été bluffée par Alain Pralon,  le sociétaire du Français qui, là, faisait du Serrault salace  avant de nous montrer sa peur de la mort.

Ah, ça, il faut aimer Tennessee Williams, ou tout au plus l’accepter avec ses obsessions morbides du mensonge, de la trahison et du couple infernal.  Mais comment ne pas admirer ceux qui le servent si bien ?

La pièce se joue maintenant au théâtre des Célestins à Lyon jusqu’au 20 octobre 2013, toujours dans la mise en scène de Claudia Stavisky.

J’aime ses mises en scène : elles  restituent au plus près l’esprit de l’œuvre sans prétendre la réinventer, comme font tant d’autres.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 20:35

V

SAINES  LECTURES  POUR L'ÉTÉ

 

  575265_344037562335519_32164884_n.jpgLe mois de juin va s’achever sur mes Rencontres Imaginaires, je prends le large  comme la plupart d’entre vous, sûrement.

Vous allez tous vous éparpiller dans la nature en quête de repos ou de réjouissances et là, pas de problème, vous avez le choix.

Le paysage culturel français, entre juillet et septembre, est d’une variété inouïe.  Tous les quarante kilomètres, de la baie de Somme jusqu’à la pointe du cap Martin, vous allez rencontrer un festival.

A vous de choisir.

Certains festivals sont des hauts lieux de la culture depuis des lustres.  D’autres s’improvisent dare dare, et le programme doit être  mis sur pied dans l’urgence.  Il s’agit d’abord de trouver une tête d’affiche. Pas facile, en été.  Mais certains acteurs ont le don de dédoublement.  Il peuvent sauter d’un festival à l’autre sans problème, sauf qu’ils n’ont pas le temps d’apprendre un texte.  D’où la naissance d’une nouvelle vague d’acteurs, les liseurs.

 

  axelle-laffont.jpgAttention pour les comédiens qui lisent un texte en scène, on dit « liseur », et non pas lecteur.  Le lecteur, c’est le pauvre mec qui lit tout seul dans son coin un livre quelconque.  Le liseur lit une œuvre devant un public.

On va donc au théâtre, (enfin, il s’agit souvent d’un théâtre de « tréteaux », comme dans le temps) l’affiche est alléchante, un nom connu, un acteur qu’on adore, on y va.

   Ca peut aussi se passer au théâtre, dans un vrai  théâtre, mais les comédiens ne jouent pas,  c’est comme une répétition.

Les personnages ne sont pas sur scène, ils sont dans la brochure, entre les mains des acteurs. Ceux-ci sont plantés là, sans bouger, certains ont besoin de lunettes pour lire leur texte.  Surprenant ! Un peu dérangeant, du reste. Il faut se concentrer sur ce que l’on entend. Bientôt, l’acteur connu qu’on adore disparaît derrière cet écran de papier. Frustrant. Mais voilà, c’est la nouvelle vague d’acteurs.

Sur ce procédé créé par l ‘urgence, le metteur en scène (qui se nomme alors metteur en espace) et le directeur de la salle sont d’accord.  Le spectateur, lui, est bien obligé de l’être.  D’ailleurs ce n’est plus un spectateur, il est devenu un auditeur malgré lui.

 

Certains textes sont faits pour être lus, comme les lettres qui font le succès du Festival de la Correspondance à Grignan.

Tout le talent de l’acteur est alors de faire passer l’émotion à travers la découverte de ces écrits intimes.

 

Mais je m’égare.  Il était question de m’évader, le temps d’une respiration estivale, pour mieux vous retrouver bientôt avec d’autres Rencontres imaginaires.

Bon été !  repos

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 17:49

 

 

 

 

tumblr m2ps63zlcj1rprammo1 1280Novembre 1971.

Dans une salle de la Julliard School à New York, Maris Callas donne son cours de chant.  Devant elle, s’accompagnant au piano,  une jeune étudiante fait des vocalises.

La diva   a choisi l’exil et l’anonymat   après l’inexorable défaillance de sa voix.   Ici, elle oublie qu’elle fut un phénomène planétaire, elle oublie que son unique amour l’a  délaissée pour une autre figure emblématique de l’époque.

 

On frappe à la porte et avant qu’elle  ait eu le temps de répondre, un étudiant  fait irruption, et annonce, visiblement ému : « Miss Callas, il y a là quelqu’un  d’important  qui demande à vous voir de toute urgence. »

Maria Callas reçoit cette  intrusion  comme un affront.

«  Faut-il que ce soit le Président lui-même, pour oser me déranger dans mon travail, sans rendez-vous ?

« Madame, il s’agit de… Sergio Leone.

Là-dessus, l’imposante carrure du réalisateur italien  pénètre à son tour dans la  pièce.    Craignant le pire, l’étudiant file en vitesse, les laissant  face à face.

Callas, pétrifiée, ne peut articuler un mot.

Sergio Leone s’incline devant elle, prend sa main et y dépose un baiser.

La diva s’est ressaisie.  S’adressant à l’étudiante :

« Charlotte, vous pouvez partir, le cours est fini.

La porte à peine refermée sur  la jeune fille, Maria Callas laisse éclater sa colère.  

« Relevez-vous, monsieur Leone, vous êtes ridicule.   Vous avez des manières de mascalzone   !    Je n’ai pas l’habitude de recevoir sans rendez-vous. Vous avez forcé ma porte, c’est indigne de vous !  (elle prend une profonde inspiration)   Que me voulez-vous ?

 

  Leone.jpgSergio Leone s’est relevé, un peu gêné, mais sent qu’il faut aller vite.

« Madame, comment vous dire… Je suis à New York pour très peu de temps, je savais que vous aviez quitté Rome pour enseigner à New York.  (Il place sa main sur son coeur) ô  ma bella donna  incantadore  Il faut que je vous parle.

« Mà de quoi ? Je n’ai rien de commun avec vous.  Asseyez-vous.

 

Elle a mis un bémol à sa voix divine.  Elle craque.  Le numéro de charme agit sur elle, comme toujours.

 

Leone approche une chaise tout près d’elle et sans préambule :

« Je suis amoureux de vous depuis que je vous ai vue chanter Elvira d’Il

Puritani de Bellini, à la Fenice.

Elle frémit.

« Mon dieu, c’est loin !

«  1949.  J’avais tout juste vingt ans.  J’étais subjugué.

«  Ca n’était que le début !  Vous m’avez entendue, ensuite ?

« Bien sûr.  De la Scala à Covent Garden, j’ai  suivi votre ascension irrésistible…, jusqu’à cette aventure grecque  qui vous a coupée du monde de l’opéra.    J’ai toujours rêvé de pouvoir  vous approcher un jour.

 

  Maria_Callas_html_1735839d.jpgElle se tait. Il  la regarde  avant de lui asséner sa requête.  Elle est encore belle, à  48 ans.   Elle dégage encore une aura prestigieuse malgré sa robe noire, ses cheveux tirés et son visage anguleux.   L’ancienne séduction qui brillait  dans son regard a fait place à la mélancolie.

Lui, seulement six ans de moins qu’elle, est dans la maturité triomphante d’un homme qui vient de réaliser « Il était une fois dans l’Ouest », un succès énorme.

Il constate avec un trouble croissant,  que  la voir, plus proche qu’elle ne l’a jamais été, l’émeut  profondément.  Il est toujours amoureux d’elle.    La perte de sa voix  unique et  de son statut de star, ne la rend que plus désirable.

 

« Et alors ?

Elle feint l’impatience, en réalité elle a hâte de savoir.

 

Il revient sur terre et hésite encore.

« Et bien… Maria, je voulais vous faire une proposition.

Silence.

« Oui, continue-t-il,  vous avez décidé d’abandonner les concerts, c’est entendu… (elle ferme les yeux)  mais vous avez encore une voie royale devant vous…

Là, elle réagit :

«   Ah ?   Une voie royale ?  Et laquelle ?

 

Il se lève,  cela va l’aider.  Il s’éloigne d’un pas.

«  Le cinéma.

Réaction brutale.

« Ah ouiche !  s’écrie-t-elle.  Parlons-en, du cinéma !  Je viens de faire une expérience désastreuse avec Pasolini et j’ai juré de ne plus mettre les pieds là-dedans.  J’ai dit non à Zéfirelli avant vous.

Elle le fixe Leone dans les yeux, c’est un défi.

 

Lui, arpentant la pièce de long en large, est dans l’anxiété. Il se doutait bien que ce serait difficile, il avait préparé des arguments, mais dans cet instant, troublé par sa présence, il ne sait plus quoi répondre.

Un silence qui s’éternise.  Puis, elle reprend, voulant masquer un possible revirement :

« De plus, votre univers est très loin de moi, l’Ouest américain, la violence, les hommes entre eux - il n'y a  jamais de rôle féminin dans vos films  ?

Elle lui donne l’argument qu’il fallait.

« Ah non ?  Et Claudia Cardinale ? Qu’est-ce qu’il vous faut !

Il sent qu’elle n’a pas dit le dernier mot.

« Vous seriez l’héroïne d’une épopée étourdissante dans les décors fabuleux du Nouveau Mexique, accompagnée par la musique sublime d’Ennio Morricone…  Ce sera un grand film, je vous jure.

 

 

Elle se lève et va vers lui.  Elle a retrouvé ses mouvements de scène, sa grâce féline.  Elle s’approche à le toucher.

« Sergio, je ne suis plus une star.

Ils sont face à face, émus l’un et l’autre de cette soudaine attraction. 

Il murmure :

« Les stars ont leur moment d’éloignement.  C’est pour  mieux revenir sur le devant de la scène.

« C’est trop tard.

 

Il  voudrait la prendre dans ses bras pour la rassurer.

Elle aimerait qu’il la prenne dans ses bras  pour se rassurer.

Ni l’un ni l’autre ne bouge.  Ils savent que ce serait  la fin de leur rêve.

 

Elle s’éloigne et revient s’asseoir sur sa chaise. L’air indifférent, elle dit :

«  C’est quoi, le sujet de votre film ?

Il hésite.

« La révolution.

« Quelle révolution ?

« La révolution mexicaine.

«  Il y a un rôle pour une femme, là-dedans ?

« Oui.

« Mais est-ce que c’est un rôle qui  domine l’action ?

« Non, à vrai dire, non.  Les hommes dominent l’action.

« Quel   type de  personnage  est  elle  ?  

« C’est  la maîtresse  d’un des révolutionnaires.

 Maria Callas soupire.

« Je ne peux pas jouer ce rôle-là.  Je suis désolée. Vous devez me comprendre.

 

Sergio Leone vient derrière elle, pose ses mains sur ses épaules.  Un courant électrique traverse leur corps.  Ils se forcent à l’ignorer.

«  C’est vrai.   Mais le scénario est ainsi fait que je ne peux y ajouter un rôle de femme primordial.

 

Elle se lève,  se plante devant lui et les yeux dans les yeux :

«  Pourquoi êtes-vous venu ici  semer le regret et le doute   ?

 

Leone reste immobile pour lui répondre :

«  C’était ma seule chance  de vous revoir, autrement que dans mes rêves….  Ce projet de film aurait pu nous réunir.   Je crois que ce sera un grand film.

«  Un petit rôle dans un grand film, ça ne m’intéresse pas.   J’ai encore en moi le souvenir de ma gloire passée.

Elle se détourne , va vers la porte, et l’ouvre :

« Vous me plaisez, Sergio Leone.   L’espace d’un instant, j’ai eu envie de vous suivre.   Mais j’ai  passé l’âge de l’aventure.

Il s’incline, pose sur elle un regard résigné, et sort.

Longtemps, elle reste le dos appuyé à la porte, les yeux fermés.images-copie-2.jpg


 



 

 

 

 

 

 

 

 

MM

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 20:14

 

 

  la-soupe-au-canard.jpgLincoln center     150 W65th St  New York City  un jour d’octobre 1937, une rétrospective des films des Marx Brothers attire chaque jour un public hétéroclite.

Aujourd’hui on  projette  La Soupe au canard, sorti quatre ans plus tôt, considéré comme l’un des meilleurs de leur filmographie.

 

 

   AVT_Francis-Scott-Fitzgerald_8118.jpgDans la salle, un jeune homme très élégant, assis au dernier rang, prend des notes.  Il a vu entrer Groucho et deux de ses frères, qui ont pris place dans le carré VIP,  au premier rang.

 

Les rires ont fusé tout au long de la projection.  Non, le film n’a pas vieilli, au contraire, les gags sont toujours aussi percutants, les effets comiques de Groucho, Harpo et Chico font mouche à tous les coups.  

A la fin de la projection,  les trois frères sont immédiatement entourés d’un groupe de fans en quête d’autographes ou de bons mots.   Au dernier rang, l’homme attend le moment propice pour s’approcher à son tour.

 

 « Hello Mr Marx, can I talk to you ?groucho

Groucho se retourne, il croyait en avoir fini.

« Encore !  Je n’y suis plus pour personne ! – dit-il avec humeur, avant de marquer un temps d’arrêt.  Il croit reconnaître l’homme qui s’adresse à lui et qui se présente :

«  Excuse-me, my name is Francis Scott Fitzgerald.

 

Charmé, Groucho s’incline.

«  Je salue l’un de nos plus talentueux scénaristes…

Chico intervient :

« … et l’auteur du génial   Tendre est la Nuit !

Harpo sort une lyre de son manteau et se met à en jouer.

 

 

« Accepteriez-vous de prendre un verre avec moi au bar ?

«  J’en serais très honoré, Mr. Fitzgerald, let’s go !

 

 

 

Ils s’installent dans le lounge feutré qui jouxte la salle de cinéma et commandent une bouteille de scotch.  Groucho allume son dix-huitième cigare et Harpo,  armé de ses grands ciseaux, entreprend de découper le velours de son fauteuil.

Après la première gorgée amicale, Fitzgerald entre dans le vif du sujet.

« Mr. Marx,  en revoyant La Soupe au Canard, je viens de confirmer une opinion que j’avais déjà sur votre talent.

 

  Groucho-MarxGroucho roule des yeux réjouis.

«  Il faut que vous sachiez que je suis en train d’écrire un nouveau roman dont le titre sera « Le Dernier Nabab ».

« Excellent !  Excellent !  approuve  Groucho.

« Ce roman, un ami producteur veut en faire un film.

«  Il  a raison !  Good idea, Mr Fitzgerald !  

Chico  empoigne Fitzgerald par le revers de son veston et  claironne  :

« Il vous faut un nabab !

 

Fitzgerald se dégage, il n’apprécie pas mais passe outre.

« Exactement.  Et je viens de le trouver.

Harpo se rapproche et tend l’oreille, ainsi que Chico et Groucho qui simulent l’indifférence.

L’écrivain rectifie la tenue de son veston et prend son temps pour annoncer :

« Cher Groucho, j’aimerais que vous soyez mon dernier nabab.

 

Groucho tire une bouffée de son cigare et fait la moue.

« Je préfèrerais être le premier nabab.

Fitzgerald fait mine de trouver ça très drôle. 

« Bien sûr, bien sûr, vous serez le premier et le dernier, Mr Marx.


 

  harpo.jpgHarpo tire une trompette de sa poche et souffle dedans trois fois.  Chico fait la gueule.

Après une minute de silence, Groucho s’exprime.

«  Cette proposition me glorifie hautement,  Francis – je peux vous appeler Francis ? -  mais il est indispensable que je sache quel genre d’homme est ce premier nabab…

« Dernier, Mr Marx, dernier.  C’est un désir  légitime  C’est bien ce que j’allais vous exposer.  Voilà.   Monroe Stahr, le personnage en question, est producteur de cinéma.

«  Ca me va.  Je connais la question.   Est-ce qu’il fume le cigare ?

 

« Naturellement.

« Est-ce qu’il attire les jolies femmes ? C’est très important pour un producteur de cinéma.

 

Fitzgerald, un peu agacé, se contient. Il souligne cependant :

 

«Ecoutez,   ne nous noyons pas dans les détails.  L’essentiel est que cet homme  exerce son pouvoir dans la plus grande solitude.

Groucho lève un doigt.

« Mes frères seront là pour me distraire.  Marx-Bros-marx-brothers-23446521-443-379.jpg

Fitzgerald se raidit.

« Je regrette, Groucho,  vos frères n’ont pas de rôles dans ce film.  Mais il vous est bien arrivé de tourner seul, si j’ai bonne mémoire ?

« Oui, c’est vrai, mais je ne veux pas recommencer, sans eux je m’ennuie copieusement sur un plateau et je suis mauvais.

 

  Fitzgerald se rapproche de Groucho et se fait insistant :

«  Ce que vous apporterez au personnage, vous, Groucho, c’est une sorte de sentiment d’invulnérabilité… on ne croira pas une minute que vous puissiez vous tromper, vous êtes le super Boss des studios, tout le monde vous respecte !

«  Exactement.  Vous me connaissez bien.

« … mais vous accumulez bourde sur bourde, votre empire va s’écrouler !

«  Là, vous vous trompez lourdement !

«  Mon héros est tout-puissant.  Pourtant, il lui arrive pas mal d’ennuis.

« Quel genre d’ennuis, par exemple ?

« Et bien, il mise sur un scénario qui fera un flop.

«  Je m’arrangerai pour que ça soit un succès.

 

Fitzgerald tape sur la table.

«  Dans mon livre, c’est un flop, et ça DOIT  être un flop, vous comprenez ?

« Mais est-ce qu’il est amoureux ?

«  Oui, justement, mais sa fiancée le trompe.

«  Ah,  ça ne va pas du tout !  Un nabab ne peut pas être cocu voyons !

Il faudra modifier ce passage-là.

 

Fitzgerald sort une pochette de soie et s’éponge le front.  Il ne croyait pas que ce serait si difficile.   Mais  l’entretien tourne à la catastrophe :  Harpo a retiré la doublure du fauteuil et en drape Fitzgerald qui   le repousse brutalement. 

Chico,  vexé de n’avoir pas de rôle dans le film, vide la bouteille de scotch dans les verres qui débordent.

 

Fitzgerald  contemple  maintenant   le fauteuil dont Harpo s’acharne à extraire le rembourrage pour en remplir les poches de Groucho. s aec04 - cm - harpo marx - 1 - 64

Dans un dernier effort pour recentrer le débat, il précise d’une voix éteinte :

 

« Bref c’est un homme qui … un homme que…   le déclin de l’empire du cinéma  Hollywoodien…  (il a un sanglot)  la déroute d’un magnat qui veut ignorer sa perte… (autre sanglot)  et qui continue à vouloir désosser ce pauvre fauteuil mais vous ne pouvez pas l’arrêter de faire ça ?

  


 

 

Les deux frères trouvent ça très drôle mais Fitzgerald arrête les frais et se lève.

 

«  Cher Groucho Marx, je soupçonne que toutes les conditions ne sont pas requises pour conclure un accord et…

« Mais comment !  Ce Monroe me ressemble comme un quatrième frère !

Je veux bien renoncer à avoir comme partenaires Chico etHarpo ici présents, bien que bourrés de talent, mais si vous n’en voulez pas, je n’insiste pas.

Donc, maintenant, nous pouvons parler sérieusement, cher Francis ! 

«  C’est à dire ?

« Et bien, passons aux choses  sérieuses  !

C’est à dire ?

Groucho se penche vers lui et sur un ton de conspirateur :

«   Alors combien ? dollars


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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 20:13

 

 

 

 

10.jpg29 avril  1963.   Ruel-Malmaison.  Dans une maison bourgeoise du XIXe louée par la Gaumont, Georges Lautner tourne une scène des  Tontons Flingueurs. 

Changement de décor dans une très longue scène qui se déroule dans le salon et dans la cuisine.   Les acteurs quittent le plateau, ils ont une heure de pause.

La nuit tombe. Dehors, sur la place du village, un bar reste ouvert la nuit pour les besoins du tournage. Deux silhouettes  sortent  en titubant de la maison et se dirigent vers le bar.

 

LINO seulLino Ventura et Jean Lefebvre s’installent côte à côte sur la banquette en moleskine rapée, près  du bar.  Ils sont seuls.  Josette, la patronne, a mis un disque de Cole Porter, « Let’s do It », un sommet de mélancolie.

 

A voir les visages des deux hommes, on les croirait de retour de l’enterrement de leur meilleur ami.  Pourtant, ils viennent de tourner l’une des scènes les plus drôles du film, et même du cinéma français.

Et ils en tiennent une bonne.

Leurs partenaires sont restés dans la loge de Francis Blanche à taper le carton, c’est une manie qui leur coûte cher mais c’est leur affaire.

 

 «  Cette petite marche m’a fait du bien,  articule Lino Ventura.

«  Le froid, ça dessoûle, ajoute Jean Lefebvre, l’œil en berne.  images.jpg

 

Josette fait son apparition derrière le bar puis, d’une démarche chaloupée, elle va vers eux.  Josette est une belle fille brune, toute en rondeurs.

 

« Qu’est-ce que je vous sers ?

Ensemble :  « Un scotch. »

« Ca fait deux scotches ?

« Ca se peut, dit Lino.

«   Y aura peut-être une suite, ajoute Jean.

«  Sec ou avec glaçons ?

«  SECS !  hurlent-ils en chœur.

«  Et  attention !  Lino élève la voix et fixe Josette d’un œil menaçant - –

on veut pas de la bibine pour flamber les  homards, tu piges ? On veut du brutal.

 Josette rigole en se balançant d’un pied sur l’autre.

«  Ces messieurs sont connaisseurs !  Chez moi, y a les deux : la bibine et le hors  d’âge. Donc, deux hors d’âge pour les jeunes, ça marche !

 

Elle disparaît derrière le bar.  Les deux compères  allument une cigarette  et commentent la scène qu’ils viennent de tourner.

 

. «  Moi je vais te dire, affirme Lino posément, cette scène à la cuisine, elle fera rire personne.

«  Oh, tu crois ?

«  Je sais pas, je doute ! Il faut voir !  On se retrouve dans cette cuisine, le Raoul et moi, avec nos sbires, on devrait s’écharper, et au lieu de ça on se bourre la gueule et on se rappelle les vieux souvenirs !  C’est invraisemblable, moi je te le dis.

«  C’est pour voir nos tronches en gros plan !

«  Ah ça, les gros plans, on y a tous eu droit, pas de jaloux !  Y avait intérêt à jouer juste !

«  Ca pour jouer juste !  C’est qui, qui a remplacé le jus de pomme par du vitriol ?

«  J’sais pas mais personne  n’a fait la fine bouche !

 

Ils s’esclaffent ensemble.

« … et Lautner, tu crois qu’il s’en est rendu compte ?

«  Forcément !  C’était gros comme le nez au milieu de la figure  qu’on s' envoyait de la gnole  !  

« On pouvait plus parler … enfin, moi !  sanglote  lefebvre.

  BLIER.jpg Entre nous, Blier il avait  la réplique qui porte , un cadeau !  et il l’a bousillée comme un malpropre.

«  Normal, y a eu dix prises de faites, il était plus dans l’humeur !

 

Lino Ventura tape du poing sur la table .

«  Tu dis ça parce que c’était ton patron dans le film, mais une réplique d’Audiard, ça s’bousille pas !  

«  Comment tu l’aurais dit, toi, « c’est du brutal «  ?

«  Mieux que ça !  tonne Lino qui commence à s’énerver -  alors, Josette, elle dort ?

Ils posent les mains à plat sur la table,   observant Josette qui s’active derrière le bar.

 

« Elle te plait, Jeannot ?

«  Trop vieille pour moi, répond Jean Lefebvre laconique.

«  Ah d’accord ! ironise Lino, T’as quel âge ?

« Le même que toi, pardi, quarante-quatre.

«  Tu rigoles, on  dirait mon père !

Jean Lefebvre se soulève et surplombe Lino avec une molle agressivité lorsque Josette arrive avec les verres.

 

«  Voilà, mes loulous. Vous allez boire ce que vous allez boire ! Je suis allée la chercher dans la Réserve !

« Voyons voir ça !  dit Lino.

Ils hument le breuvage et ensemble, vident leur verre cul sec.  Claquent la langue.  Se regardent en hôchant la tête.

« Ca fouette !  fait Lino.

«  T’as raison… Maintenant qu’on a goûté, Josette, on veut bien  un autre verre !

«  C’est de la bonne soupe, non ? dit Josette.

« C’est correct, concède Lino,  allez, on la double !

 

Josette repart derrière le bar et s’accoude au bastingage, les yeux dans le vague.

«  Moi, cette musique, ça me fout le blues, les gars.  Y en a pas un qui me ferait danser ?

 

Lino  éructe  un rire qui ressemble à un sanglot  tandis que Jean arbore une expression  interrogative, sa spécialité.

 

Résignée Josette verse deux autres verres de whisky  et les leur apporte.

Ils  posent sur elle un regard soudain concerné.

«  Tu devrais t’épiler les sourcils, suggère Lino.

Jean  Lefebvre ne voit pas quoi améliorer, il ne dit rien.

 

«  S’il n’y a que ça qui te chiffonne,  on peut s’arranger ? dit Josette en s’asseyant sur le coin de la table.

 

La porte s’ouvre violemment et entre Marcel, le mari de Josette.

 

«  Salut les gars !  -  il s’avance vers Josette  qui a rectifié la position,  et lui met  une claque sur les fesses puis la prend par le bras – tu leur fais du gringue ? Je vais t’apprendre !

 

Elle se dégage et le regarde langoureusement.

« Fais-moi danser, Marcel !

Il l’enlace et ils se mettent à danser sur la musique de Cole Porter, un slow très lent, très triste.

Lino Ventura et Jean Lefebvre les contemplent sans mot  dire, buvant de temps en temps une gorgée de scotch.

 

« On se croirait dans un film de Carné,  dit  Lino.

Jean Lefebvre est très entamé.  Il ne répond pas mais il acquiesce les yeux fermés.

Au bout d’une minute il corrige, le doigt en l’air :

«  Chez Carné  y aurait de l’accordéon !

  Puis il s’affale sur la table et commence à s’assoupir..

Lino le secoue :

«    Allez ! Tu sais qu’on a encore une scène à tourner !   Avec les jeunes !

Quand on les fout dehors !  Va falloir de l’énergie, Jeannot !

 

La musique s’est arrêtée.  Les deux époux se séparent et vont vers l’arrière cuisine où on les entend se chamailler.

Et là-dessus, la porte s’ouvre sur l’assistant de Lautner qui lance :

«  On tourne dans quinze minutes !  On vous attend sur le plateau !

Et referme la porte sans autre commentaire.

Lino se lève et contemple son pote aux abonnés absents : :

«  On aurait dû te donner le rôle de Louis le Mexicain !   Moribond ou ivre mort, à l’écran on n’y voit que du feu ! 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 21:59

 

A LA CAMERA

 

 

 Le petit garçon pédale comme un fou sur la route du bord de mer.

Il vient d’avoir la trouille de sa vie. Avant de partir pour l’école, alors que la maison était vide, il allait pour pisser lorsque – horreur ! les vécés étaient fermés de l’intérieur.   Qui avait bien pu se glisser dans la maison et s’enfermer là-dedans ?  Un voleur, sans doute, qui n’hésiterait pas à le tuer s’il le surprenait en train de piquer l’argenterie.

Paniqué, le petit garçon sauta sur son vélo et prit la fuite.

 

Donc, il pédalait dur le long de la plage où s’alignaient les bronzés de tout poil, à cette heure matinale mais déjà brûlante.

Il soupira : je reviens de la montagne où les bronzés font du ski, décidément il y en a partout !

Il faillit renverser un garçon qui traversait la route, c’était son copain Fifi.  Il s’arrêta pour lui raconter son histoire de vécés et lui dit qu’il n’osait plus rentrer chez lui car le voleur pouvait très bien l’attendre pour le zigouiller. 

« Viens chez moi, j’habite chez une copine, lui dit Fifi.

Mais sur la plage, un attroupement les intrigua soudain.    Un homme surexcité  se lançait  dans l’eau à la poursuite d’un Riva qui venait de quitter l’embarcadère avec à son bord le pilote et une très jolie blonde. L’homme hurlait « Salaud !  Ma femme s’appelle revient, tu entends ? sinon je te casse la g… » une vague le submergea et il fallut  le ramener sur le sable en  piteux état.  En attendant les secours, le plagiste hurlait « Circulez, y a rien à voir ! "

 

Ebranlés, les deux copains se séparèrent et le petit garçon se remit en selle, toujours hanté par l’idée que  les spécialistes de l’intrusion à domicile étaient des gens dangereux.

Il regrettait de n’avoir pas un tandem pour inviter Fifi à pédaler avec lui.

Il aperçut monsieur Hire, le prof d’Anglais, qui discutait sur le trottoir avec le mari de la coiffeuse. Il le détestait, celui-là depuis qu’il l’avait vu danser le tango avec une minette à la fête foraine, alors que sa délicieuse femme bossait au salon de coiffure.

 

Toujours pédalant, il entra dans un sous-bois où parmi les odeurs de pins parasol il huma une essence particulièrement attirante, c’était le parfum d’Yvonne, la prof d’histoire, elle devait faire son jogging par ici, il ne fallait pas tomber sur elle, il avait bel et bien loupé son cours

ce matin.

Il aurait pourtant bien aimé voir ses cuisses, en short ! Et s’il se cachait derrière un arbre ?  Ridicule, elle verrait le vélo. Non, il vaut mieux continuer  de s’éloigner de la maison.

 

Il passa devant l’auberge Les Grands Ducs où ses parents l’emmenaient parfois déjeuner le dimanche et évita le terrain de tennis où il avait une chance sur deux de tomber sur ses camarades en pleine récré.

 

Tiens, la fille sur le pont, là, c’était Marylou qui promenait son caniche, son coeur déjà en pleine débandade se mit à faire des bonds car il aimait Marylou en secret depuis déjà deux mois et demi.

C’était la fille de la veuve de St Pierre, le village voisin, cette femme toujours vêtue de noir depuis que son mari avait disparu en mer.

Les seuls au courant de son amour  étaient Félix et Lola, le frère et la sœur de Marylou. Ils avaient intercepté un billet doux qu’il avait glissé dans sa capuche sans qu’elle s’en rende compte.  Furieux, il les avait vus choper le billet et s’enfuir en rigolant.  Mais il ne savait pas si Marylou avait lu le billet et depuis, il l’évitait à contre-coeur.

 

Il fit demi-tour et prit la petite rue des Plaisirs qui menait à la gare désaffectée, un endroit pas très recommandable où venaient se réfugier les sans-abri l’hiver.  Dans l’un des trains restés en rade vivait un individu hirsute et agressif que l’on appelait « l’homme du train ».  Personne n’osait s’approcher de ce wagon où l’homme pouvait vous infliger des confidences trop intimes.

 

Il rebroussa chemin et hésita.  Il était déjà assez loin de sa maison et il avait faim.  Pas un sou en poche, il réfléchit deux minutes à sa situation et fut pris de désespoir.   Il mit pied à terre et s’assit sur le terre-plein   à l’ombre d’un  platane.  Il eut envie de pleurer, se sentit

perdu.   Dans ces cas-là, il allait dans sa chambre et se plantait devant la cage où Dogora, la perruche bleue, lui remontait le moral avec un joli gazouillis. Mais Dogora était restée seule avec le voleur.

 

Il entendait, de l’autre côté de la route, les cris des bronzés qui jouaient au volley, amis pour la vie.

Il avait envie de parler à Fifi, son meilleur ami en somme.  Mais il était trop fatigué pour partir à sa recherche.

Sur le tronc du platane, une affiche annonçait l’Election de Miss Cabourg, samedi prochain à 20h 30 au Casino.  C’était demain soir.

Encore une empoignade.  Toujours pareil, la guerre des Miss. Et c’est jamais la plus belle qui l’emporte, c’est le Maire qui décide, c’est Papa qui dit ça.

Avant de reprendre son vélo, il eut envie de voir la mer.

Il traversa la route et se pencha par-dessus le parapet qui dominait la plage.

 

Trop de monde.  Des vagues envahies de baigneurs, des parasols, des serviettes étalées. Des enfants excités, trempés, qui se poursuivaient en hurlant.  Il y       avait des bouées, des planches à voile, des seaux et des pelles, des cordes à sauter, des sacs plastiques, des pistolets à eau, des opinels -  un vrai magasin des suicides.

Il se sentit soudain très vieux.  Il fallait quand même rentrer chez lui, et affronter ce voleur.

Et puis, sa mère ce matin, lui avait fait une promesse : « Si tu as de bonnes notes, ce soir, je te jouerai le Boléro de Ravel  »

Il adorait contempler sa mère jouant  au piano le Boléro de Ravel. C’était pour lui, un ravissement sans fin.

Il revint vers son vélo, l’enfourcha et reprit le chemin de la maison à toute berzingue.  Il n’avait plus peur du voleur enfermé dans les WC.

A mi-chemin, un agent lui fait signe d’arrêter : « Hé, mon garçon, tu vas trop vite ! Comment t’appelles-tu ?

« Patrice Leconte !

 

C’est rare, une carrière qui ressemble  point par point à une histoire d’évasion.   La plus belle des évasions, selon Patrice Leconte, ne se réussit  q’avec une caméra -  ou, à la rigueur, avec un vélo.VELO.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 21:17

 

 

 

Cevert002.jpgJe ne vous demanderai pas d’identifier les personnages, vous n’y arriveriez jamais – à moins d’être fan des seventies…

 

C’était à Monaco, le dimanche 23 Mai 1971.  

Le pilote anglais Jackie Stewart venait de remporter le Grand Prix de Formule 1  et il y eut  un grand diner de gala à l’hôtel de Paris.

La soirée était  peuplée de stars de tous poils, et présidée par le couple princier, Rainier et Grace.

Mais les invités ont vite oublié le protocole, entraînés par  Moustache et son  groupe de trublions déjà bien rodés au champagne. 

 

Là, on les voit au début  ils sont encore très convenables.

On reconnaît Nino Ferrer tout à droite,  à sa droite Jackie Stewart, puis François Cevert au micro, jambe en l’air, puis Graham Hill,  Moustache l’instigateur de la dérive et un inconnu.

On raconte que très vite Moustache est   monté  sur la table et  a démarré  un French Cancan sur l’air de « Oh when The Saints » joué par ses musiciens et rapidement suivi par Cevert et ses potes.  Ce fut à qui lèverait la jambe le plus haut.

Au bout d’un moment la princesse Grace s’est levée  et a  quitté  la table.

Rainier, lui, s’amusait comme un fou et resta jusqu’à la fin- dont on ne sait rien…  sinon que Moustache fut interdit de séjour à l’hôtel de Paris, ainsi que Guy Marchand et quelques autres.

Les pilotes, ils ont pas osé les virer.

 

 

 

Comme dit Jacqueline Beltoise, la sœur de François Cevert, qui vient de publier un livre magnifique sur son frère, *  « c’était une belle époque… »

Les pilotes se parlaient encore entre eux et les titres ne se jouaient pas à coups de coups bas.

Deux ans plus tard   François Cevert tirait sa révérence.  Idole des circuits, des femmes et des medias, il commençait à collectionner les trophées.

 Il  se croyait  éternel et  ce jour d’octobre 1973 à Mosport aux  Etats Unis            

ce fut comme un brutal rappel à l’ordre du destin. 

 

Quant à Nino, il traîna encore 27 ans son romantisme désenchanté.

Idole des  DJ et des filles, il était  déjà auréolé de la gloire de Mirza et autres chansons idiotes qui déchaînaient les foules. En 1975 Le Sud  allait le porter aux nues.  Il voulait vivre « plus d’un million d’années »… mais il a abrégé, trouvant le temps long.

Ils avaient l’air heureux, sur la photo. 

Ils nous manquent

 

*   C’est dans ce livre, qui s’appelle « François  Cevert »  par Jacqueline Cevert-Beltoise et Johnny Rives, aux Editions  de l’Autodrome , que  j’ai trouvé cette photo et l’anecdote qui s’y rapporte.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:31

Clark Gable, Van Heflin, Gary Cooper and James Stewart

 

  KINGS OF HOLLYWOOD

 

 

Question 1 :   Les reconnaissez-vous ?

Clark Gable, van Hefflin, Gary Cooper et  James Stewart

 

Question 2 :   Ils sont où ?

Au restaurant Romanoff’s à Hollywood.

 

Question 3 :  A quelle occasion ?

ls fêtent New Year’s Eve, le 31 décembre 1957

 

Question 4 :  Pourquoi sont-ils réunis ?

Parce qu’ils sont à cette  époque les « Kings of Hollywood »,

comme le témoigne la légende de cette photo désormais célèbre,

prise par leur ami commun, le photographe Slim AARON.

 

Question 5 :   Qu’est-ce qui les fait rire ?

Slim AARON :  « In fact, the reason these guys are laughing is

that Gable is telling them how bad he thought I would be in the movie. »

 

Voilà, je n’invente rien mais la plaisanterie me semble pas être d’un humour fou…

 N’est pas Groucho Marx qui veut !

 

A bientôt pour une autre photo... ou une autre improvisation,

toujours sur le thème du spectacle, de la littérature ou de la musique.

 

Miss Comédie

 

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 12:23

 

  Clark Gable, Van Heflin, Gary Cooper and James Stewart

 

 

 

  Les reconnaissez-vous ?

Ils sont où ?

A quelle occasion ?

Pourquoi sont-ils réunis ?

Et surtout : qu’est-ce qui les fait rire ?

 

Si vous pouvez répondre à l’une des questions, vous êtes très fort.

Mais il suffit d’être cinéphile et d’avoir plus de cinquante ans, disons quarante…

 

 

Pour vous aider je vous dirai que ce sont des acteurs très connus à Hollywood.

Ils n’ont jamais tourné ensemble.

Alors ?

 

 

‘Réponses  la semaine prochaine dans ce blog).  Bye Bye !

 

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

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Aux éditions le Manuscrit.

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