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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 13:47

 

   NORMA JEAN AU BOUT DE LA ROUTE. Marilyn-en-noir.jpg

 

5th Helena Drive, Brentwood, fin  juin 1962.

La gouvernante Eunice Murray  nous introduit dans la chambre de Marilyn. « Ten minutes, no more ! » nous dit-elle avant de se retirer.

Marilyn  est en plein tournage de « Something’s got to give », qui ne se passe pas très bien.  Elle a pris une journée de repos.  Allongée sur son lit, elle semble dormir.

Nous sommes, la photographe et moi,  pétrifiées d’émotion à la vue de la star dépourvue de tout artifice, d’une beauté  angélique, presque immatérielle.

 

 

«  Miss Monroë, merci de nous accorder un peu de temps…

 

Marilyn  ouvre les yeux.  Sa main droite pend dans le vide, blanche et potelée. Elle a déjà quelques tâches brunes, annonciatrices de la vieillesse qu’elle ne connaîtra pas.  Impossible de distinguer les lignes de sa paume, qui forment, paraît-il, un M dans chaque main.

 

-  Je ne veux pas parler de ce tournage, s’il  vous plait…

Elle parle d’une voix enfantine  qui donne le frisson.

 

-  Nous voudrions vous parler des DÉSAXÉS, votre dernier film.

-  Que voulez-vous savoir ?  tous les journaux ont déjà tout dit.

-   Vous avez dû éprouver un grand chagrin en apprenant la mort de votre partenaire, Clark Gable ?Duo.jpg

 

Elle soupira,  se souleva  et saisit un verre d’eau posé sur sa table de nuit. Elle but une gorgée, puis  se laissa  retomber.

-  Vous savez ce qu’on dit ?  Que c’est moi qui l’ai tué.  Pourquoi les gens sont-ils si méchants ? 

J’adorais Clark, il était comme mon père. 

-  Mais il ne supportait pas vos absences répétées, vos retards…

- Il avait le coeur malade….  Le tournage était éprouvant pour lui.  Il ne ù’a jamais fait un reproche. 

-  On a dit aussi que vous aviez  essayé de le séduire ?  

-  Il était mon amant dans le film,  nous avions des scènes très hot, cela ne veut pas dire que…

-  Et Montgoméry Clift ? 

-  Il ne m’adressait pas la parole en dehors du plateau.  Son accident de voiture l’a défiguré, physiquement et moralement.  Il s’est refugié en lui-même… Avant, il était très sexy.

-   Etes-vous très proche du Président John Kennedy ?

 

Elle sourit vaguement, presque amèrement.

 

«  Le 19 mai dernier j’ai chanté pour lui devant dix mille personnes, on

  entendait à peine ma voix tellement ils criaient… quoi, c’était une petite chanson, rien de plus, d’accord il y avait ma robe… un peu sexy, c’est vrai…  Mais il a eu l’air heureux…  Ca n’était pas mon idée, on m’avait demandé de chanter pour lui.  Quelle actrice ne l’aurait pas fait ? 

 

Elle ferma les yeux, tourna la tête pour cacher son visage.  A ce moment, la gouvernante, entra dans la pièce.

-  Miss Monroe, l’entretien a assez duré.    Le docteur Greenson sera là dans dix minutes.

 

Elle prit un comprimé dans un flacon et le tendit à Marilyn avec un verre d’eau.   Marilyn se redressa, son visage prit une expression de soulagement.

 

-  J’ai grand besoin de lui…

 

Elle avala son comprimé et dans un mouvement d’une grâce infinie, elle

jeta ses jambes hors du lit et sauta sur ses pieds.

 

-  Mes amies, je suis tellement désolée…

 

Elle alla vers la coiffeuse et se pencha pour étudier de près son visage.  Sans maquillage, elle avait l’air d’une toute jeune fille.   Tout en brossant ses cheveux blonds elle poursuivit comme pour elle-même :

 

« Je crains d’avoir parlé uniquement de moi… Toujours à me justifier… 

   Toujours coupable, Norma Jean…

 

 

La photographe et moi nous levâmes pour prendre congé.  Il n’y avait pas eu un seul cliché  de pris, c’était impossible, une sorte de viol.  J’osai une dernière question : avec-Jane.jpg

 

-   Miss Monroe,  quel  est votre meilleur souvenir de tournage ?  

 

Elle arrêta le geste  et la brosse à cheveux s’immobilisa en l’air. 

 

-  Oh… le meilleur souvenir ?   Mon dieu, je ne sais plus…  Les Hommes préfèrent les Blondes, peut-être… Jane Russel fut une merveilleuse partenaire, elle avait un cachet dix fois plus élevé que le mien, mais elle était sans prétention aucune, on s’amusait bien.

_  Et votre plus mauvais souvenir  ?

Elle se raidit, avec une moue de révolte.

-  Sans hésiter, Le Milliardaire !  Oui, un cauchemar, qui m’a laissée  vidée de moi-même… Je n’aimais pas mon personnage. Chaque jour était une torture

et j’arrivais de plus en plus tard sur le plateau.    La production  a monté en épingle cette histoire avec Montand, pour la promotion…  et pour me punir aussi  ! 

  - Merci, miss Monroe. 

 

Ce sourire, qu’elle nous offrit à ce moment-là, s’évanouit quelques semaines plus tard, à jamais.

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:09

 

piano1.jpgGLEN GOULD,  LE TÉNÉBREUX

 

C’est à Chicago, le 10 avril 1964, que Glenn GOULD donna son dernier concert en public. 

Ce soir-là, il avait  joué quelques fugues de l’Art de la Fugue, puis la partita n° 4, puis  la sonate opus 110 de Beethoven, et la troisième Sonate de Kreneg.

A quel moment y a t-t-il eu le déclic ? 

Ses doigts ont continué à jouer jusqu’au bout, mais lui n’était plus là.

Rentré à son hôtel, il prit la décision qu’il savait irrévocable, de ne plus jamais jouer en public.

 

-  Glenn Gould, vous souvenez-vous de la raison qui vous a poussé, ce soir-là, à  renoncer définitivement à jouer en concert ?     Ce soir-là le public vous

   a-t-il paru spécialement inattentif ?

 

Glenn Gould parut chercher dans sa mémoire, alors qu’il se souvenait très bien.  Il regarda la jeune fille qui attendait,  attentive, son magnéto sur les genoux.  Elle était jolie, avec un visage enfantin et paraissait totalement envoutée par son sujet.  Mais Glenn Gould était insensible à la beauté des femmes.  Il n’aimait pas le côté sexuel des rapports humains. Il détestait qu’on le touche.  Il appréciait Barbra Streisand pour son engagement humanitaire, et Petula Clark, bizarrement, pour sa voix.  Mais d’une manière générale, les femmes ne l’intéressaient pas.

 

-   La raison ?  J’ai  soudain pris conscience de…  (il hésita,  sa pensée devait

   être difficile à exprimer sans  choquer.)  la présence oppressante du public. Un public est fait d’auditeurs trop   dissemblables,  je ne peux apporter à chacun ce qu’il demande.

 

-  Les réactions des spectateurs vous gênaient ?  glengould.jpg

 

Glenn Gould pointa son index vers elle.

-  Justement,  justement ! Vous avez dit « les spectateurs » !  Voilà ce que je

  ne voulais plus être : un spectacle !  Je dois être un son, une abstraction, une

  émotion pure, pas un objet de curiosité, mes mains, mon visage, ma chaise,

   mon piano, tout cela n’est pas la Musique !...

 

Il se leva, alla vers la baie vitrée qui donnait sur la mégapole de Totonto dont on devinait le bruissement derrière le double vitrage.

 

-  L’idée de concert est une ineptie, continua-t-il, le dos tourné,  rassembler des gens aussi différents qu’un médecin, un professeur de dessin, un banquier  ou un peintre, devant un homme seul, envahi par sa propre émotion,  qui doit cacher sa peur, oui, sa peur, j’ai un trac paralysant avant chaque concert, vous savez.

 

Il n’avait pas touché au plateau  que le valet de chambre de l’hôtel lui

   avait apporté au début de l’entretien.  Il  se versa une tasse de thé et but

   quelques gorgées.

 

-  Mais, monsieur Gould, lorsque vous interprétez un concerto, vous n’êtes

   pas seul sur scène !

 

 

Glenn Gould reposa brusquement sa tasse.

 

-  Ah, ne me parlez pas de concerto !   Je déteste les concertos. 

 

Il s’assit lourdement sur le canapé, comme terrassé par une douleur terrible.

 

-  Qu’y  a-t-il ?  Vous souffrez ?

-   Je   souffre de mille maux dans mon corps.

 La journaliste le regarda respirer un grand coup et se dit qu’il devait surtout souffrir de la chaleur, habillé comme il l’était, dans cette chambre d’hôtel surchauffée.  Il portait plusieurs épaisseurs sous une veste de trappeur, des bottes fourrées et les gants qu’il ne quittait jamais.  Ses cheveux noirs lui couvraient le front, on distinguait à peine ses yeux immenses et noirs.

 

-  Pourquoi détestez-vous les concertos ?

-  Parce que je déteste les conflits. Un homme seul qui doit répondre à une meute d’instruments.   J’en ai joué pourtant, souvent.  J’essayais de placer le piano au milieu de l’orchestre, de le noyer, le dissimuler et j’avais ainsi la sensation -  fausse, bien s ûr ! -  d’être des leurs.

 

-  Vous aimez la musique, mais aimez-vous toutes les musiques ?

- Ah non ! je  déteste par exemple la musique de Stravinsky, son Sacre du

Printemps avec ses éjaculations sarcastiques, mordantes, laconiques      brutales.  D’une manière générale, je n’aime que les musiques virginales,

débarrassées de toute connotation sexuelle.   La musique de Bach, celle de

Beethoven, et quelques œuvres tardives de Mozart.  Chopin  me révulse par

son désir d’être aimé, que l’on sent à travers toutes sa musique.

 

-  Aimez-vous les animaux ?

- J’ai aimé dans ma jeunesse mon chien Nikki et ma perruche Mozart… hélas ils sont morts depuis longtemps.

-  Et les femmes ?

-  Pourquoi aimerais-je particulièrement les femmes ?  Pourquoi ne me demandez-vous pas si j’aime les êtres humains ?  Je ne fais pas de distinction

entre les hommes et les femmes.

 

Il se leva,  ôta un de ses gants, fit jouer ses articulation.

«  J’ai des fourmis dans les phalanges, je ne sens plus mes doigts…

Demain il me faudra faire une immersion plus longue que d’habitude dans l’eau chaude, juste avant d'aller au studio.

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 13:13

 

On se souvient tous de la scène dans 2001 L’ODYSSÉE DE L’ESPACE, où

            HAL, l’ordinateur espion, est déconnecté par David HOWMAN l’astronaute ? 

Sa voix s’éteint peu à peu malgré ses supplications. Une scène assez poignante,

je me souviens.

Et bien, mon blog est aujourd’hui dans la situation de HAL… sa voix n’est plus

qu’un murmure.

Mon blog s’éteint peu à peu.

Faute d’inspiration ?  Faute de nouvelles directives ? 

Il faut trouver autre chose.

Je cherche.

Peut-être l’éclair de l’idée géniale viendra-t-il ranimer tout ça.

Peut-être pas.

C’est une sorte de suspense, que j’installe là, mais vraiment, vraiment  involontaire.

J’aimais beaucoup écrire ce blog.  S’il s’arrête, il me manquera beaucoup.

C’est comme un carnet intime qui est arrivé à la dernière page : le marchand

est en rupture de stock de carnets vierges. 

QUAND Y AURA-T-IL DE NOUVEAUX CARNETS ?  Il ne sait pas.

En attendant, j’ai le blues...

 


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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 14:03

 

 

Soso001.jpg

Ca s’est passé samedi dernier au théâtre LULU SUR LA COLLINE à Lyon.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Sophie ma très belle sœur, fêtait son « INDEPENDANCE DAY » en grande

pompe.

Qui y avait ?

 Toutes les pointures  : les clients, les amis, la famille, les jeunes, les seniors,  (sauf les vieux), les amoureux, les ex, et les ratons laveurs.

Dress code ?

Free clothing, c’est-à-dire un amalgame de toutes les tendances de la création dans un joyeux méli-mélo d’étoffes et de couleurs.

L'ambiance était comment ?

In the mood for love !

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 13:52

UNE  FILLE  EN  ORdior.jpg

Sophie avait prévu le coup : comme tout le monde allait se bousculer pour l’approcher, elle devait être facile à trouver, alors elle  avait choisi de revêtir une robe étincelante, miroitante,  la robe couleur de soleil de Peau d’Ane.

Elle était superbe, notre Soso, qui savourait le bonheur d’avoir autour d’elle tous les satellites de sa trajectoire fulgurante.

 

UNE PIÈCE DÉMONTÉELulu.jpg

 

La pièce que nous ont offert  les acteurs de la troupe de LULU SUR LA COLLINE a joué un rôle prépondérant dans l’allégresse collective qui a régné sur cette soirée.    L’annonce faite avant le lever de rideau nous enjoignait précisément à « poser nos cerveaux à côté de nous », c’était un précieux avertissement.

LE CLAN DES DIVORCÉES, trois femmes dont une jouée par un homme, à la recherche du mâle idéal, ne donne pas dans la dentelle et apparemment, personne n’avait envie de dentelle car le vacarme des rires n’a pas eu un seul temps mort.  Ca, c’est du talent,  voyez-vous,   se composer un personnage à la comédia dell’arte,  parfaitement caricatural, et tenir une salle de deux cent personnes à coup de répliques coups de fouet.  Chapeau !

 

DES AMIS KADOHermes.jpg

 

Ce fut peut-être le clou de la soirée : Soso appelée sur scène pour recevoir son cadeau.     Elle a escaladé le plateau avec grâce, s’est retrouvée face au public sans la moindre  timidité apparente, et puis on a fait le noir et quand la lumière s’est rallumée on a vu sortir d’un gros gâteau son neveu et sa nièce Louis et Valentine, arborant un gros paquet-cadeau.

L’emballage orange était parfaitement reconnaissable, le cadeau était vraiment un Gros Cadeau !

Ca n’était pas  vraiment une surprise, Soso a déballé le sac HERMÈS et  l’a mis à l’épaule pour faire quelques pas devant la salle hystérique.

La générosité de ses amis montre bien à quel point Soso est populaire !

Personne ne peut s’étonner de cette largesse, tant Sophie est capable elle aussi de générosité et de don de soi.     Dans la famille, on est tous d’accord : elle aurait fait une épouse idéale.  Où est-il, le mec qui mériterait une telle femme ?   Peut-être pas loin, finalement.   Soso garde son mystère.

 

  ON THE DANCE FLOOR

 

    boule On ne lésine pas avec la sonorisation de la piste de danse.

  Soso avait mis en place l’équipe de choc.  Ils ont su augmenter le son au fur et à mesure des déhanchements qui envahissaient  le terrain.

Bientôt, le brassage des générations s’est opéré en synergie avec les tubes inébranlables du moment (les mêmes depuis vingt ans)  Moi, j’ai eu le déclic seulement à l’arrivée de BILLIE JEAN et après quoi  je ne me serais plus arrêtée.   La musique a atteint son niveau sonore le plus élevé vers 2h du mat et là c’est comme une drogue, l’être humain devient un électron libre lancé dans le cosmos et perd son identité.

 

 

FILLE DE PUB

 

Sophie et moi on était collègues chez RSCG-Ferton Billères.  Grande époque.

Elle faisait un métier d’hommes (la fabrication) et petit à petit elle a acquis une autorité en la matière qui l’a fait respecter dans les milieux de l’imprimerie, comme on respecte un homme de l’art.  Respecter et redouter, car il ne fallait pas plaisanter avec les prix et les délais.  Sophie sait très bien argumenter ses revendications et ne cède pas un pouce de terrain lorsqu’elle est dans son bon droit.

C’est comme ça qu’elle a pu un jour s’évader des prisons d’agences pour exercer son métier en toute liberté…  et nous offrir cette grandiose Soso’s Night !

 

ENFANT DE LA BALLEtennis.jpg

Le tennis, moi je ne peux pas juger.  Mais je vois bien qu’au  TCL (qui ne veut pas dire Transports en Commun Lyonnais mais : TENNIS CLUB LYONNAIS), elle règne en égérie.

Quand elle m’invite à déjeuner dans le jardin, l’été, au Tennis Club, on ne peut pas manger tranquille. Tout le monde a quelque chose à lui dire.  Elle est environnée de copines avec qui elle fait équipe.   Les copines du tennis ne sont pas les mêmes que les copines de pub, ni que les copines de bateau, ni que les copines de fêtes (ça, c’est son côté « quai de Saône » non partagé par la famille).  

Est-ce qu’elle est une bonne joueuse de tennis ?  Incapable de vous le dire.

 

QUE RESTE-T-IL DE SOSO’S NIGHT ?  UN BLOG !

 

Voilà.  Moi, comme j’ai  un blog, j’ai pu en mettre plus que les autres sur cette soirée mémorable.   Ce sera pour Soso l’occasion de venir me visiter !!!!

Bravo  ma Soso, je t’adore et je te souhaite de rester longtemps au centre de cette galaxie d’amour que tu as créée pour un soir et pour la joie de tous.

 

Miss Comédie

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 17:21

 

 

rideau_rouge.jpg LE RIDEAU TOMBE

 

La pièce est finie, l’acteur a donné tout de lui-même, il n’est pas fatigué,

l ne demande qu’à cntinuer, le public l’applaudit, mais le rideau tombe et

son rôle est terminé.

C’est comme ça que se retrouve le chef d’entreprise, le médecin hospitalier,

le professeur agrégé, tout ces gens qu’on pousse dehors parce qu’ils ont

atteint l’âge… de la retraite.

Où se situe l’âge de la retraite ?  Parfois à trente ans, parfois jamais.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 17:13

 

 

  revolverLe coup de gong d’une retraite imposée est un assassinat.


J’en connais, des hommes accomplis, remuants, exigeants, talentueux, respectés, aimés, dans la force de l’âge, l’œil vif, le corps affûté, le coup de fourchette agile, ces hommes à qui la soixantaine ne donne pas envie d’aller à la pêche, ils sont bien dans leur peau, bien dans leur époque et ils ont encore tant à donner !

Je les ai vus, pas plus d’un an après que la lettre de licenciement leur soit arrivée.

Ce ne sont plus les mêms hommes. On les a émasculés.  Leur regard s’est vidé. Leur dos s’est voûté, ils ont pris du bide. Leur pas s’est alourdi.  Leur coeur est déserté.   Ils touchaient au but.  « Allez go, pose ça là, prends tes affaires et rentre chez toi. »

Les heures, les journées s’égrènent désormais dans une apesanteur où ils flottent, tels des satellites inutiles, dans l’effervescence d’un univers en pleine accélération.

Leur vie de couple est déséquilibrée, leur présence  passive pèse. Ils le sentent. Ils souffrent aussi de cette défaite-là.

 

 

 SOUS LES PAVÉS, LA RETRAITE

 

Dans la rue, on n’envisage pas vraiment la retraite sous cet angle-là.

La retraite  n’est pas un déchirement, c’est une aubaine.  On voudrait qu’elle soit avancée à trente-quatre, ce serait plus logique.

Manifester pour deux ans de différence, ça semble un peu hors de propos.

Trente-quatre ans  serait  une vraie revendication.

Et puis qu’est-ce que les lycéens viennent faire dans des problèmes de vieux ?   C’est  probablement pour que la manif soit plus gaie.

 

Non, décidément, les Français ne peuvent pas tous être d’accord sur le problème des retraites.

Donc, le plus simple serait que chacun choisisse son heure.  Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement n’a pas pensé à ça.   Les allocations seraient en proportion avec l’âge  du départ  : de plus en plus élevées pour récompenser les travailleurs acharnés.

Equitable, non ?

 

 

LA RETRAITE, IL S’EN TAPEJean-Piat.jpg

 

Parlez-lui de retraite, il vous regarde avec ses yeux clairs et il vous fait un grand sourire, comme si vous lui demandiez s’il avait envie d’aller sur la lune.

Jean PIAT a eu 86 ans le mois dernier.  Il est en tournée avec  la pièce de Françoise DORIN : « VOUS AVEZ QUEL AGE ? »  titre sur mesure,  qu’il a créée à la Comédie des Champs-Elysées en 2009.

Il sera donc à Lyon au Théâtre Tête d’Or, les28 février  et 26 avril 2011, seul sur scène dans une mise en scène de Stéphane HILLEL, son jeune complice.

Le spectacle est déjà complet.  Elles se précipitent, et leurs maris ne sont pas contre, ils y vont aussi.  Jean  PIAT a toujours été bankable et il l’est encore.

Une sorte de Clint EASTWOOD français, mais Clint EASTWOOD n’a jamais joué RUY BLAS, ni  ROBERT D’ARTOIS dans LES ROIS MAUDITS… CA nous a marqué les esprits.

 

ELLE AUSSIdanielle-darrieux.jpg

 

Danielle DARRIEUX  a passé l’âge de la retraite.  Elle a 93 ans, dont  il y a prescription.  Sa carrière file droit, sans à-coups, entre théâtre, cinéma et télévision.  Là, comme ça, je la revois dans HUIT FEMMES de François OZON, la dame âgée sexy, et puis récemment au théâtre dans OSCAR ET LA DAME EN ROSE, d’Eric Emmanuel SCHMIDTT.

Dans un VIVEMENT DIMANCHE, invitée par Michel DRUCKER en même temps que quelques copines de son époque, elle les avait toutes atomisées par son rire, sa vivacité, sa mémoire et son humour.

Bel exemple de rébellion.

 

Heureux ou pas, le retraité a désormais  droit, en plus de la carte Orange et la carte Senior,  à une appellation contrôlée.

On lit maintenant dans la presse « Un retraité agressé devant son domicile » ou « une retraitée interpellée pour avoir molesté une femme en burka ».

Notre société comporte ainsi des espèces bien distinctes qui ne se mélangent pas entre elles :  les jeunes, les SDF, les people, les quadras, les retraités, les seniors +.

Je ne sais pas vraiment où je suis, là-dedans.

 

Miss Comédie.

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 15:55

 

 

 

L'HISTOIRE DE DEUX FIGURES DE PROUE RIVALES,

L'HISTOIRE D'UNE ÉPOQUE

 

Ca se lit comme un roman et c’est un roman qui a duré quarante ans.

Le destin parallèle d’Yves Saint-Laurent et de Karl Lagerfeld  m’a tenue

en haleine dans le  livre de Alicia DRAKE.

 

Quelle somme d’interviews, de documents consultés, de rencontres et aussi de psychologie, dans cette fresque qui épate par son impartialité !

 

J’ai revécu au fil des pages toute la flambée créative des années soixante, soixante-dix et quatre vingt, que j’avais subie sans le savoir.

J’avais vécu ces années en admirant ces deux hommes (surtout YSL), et portant leurs vêtements, (surtout ceux de YSL) en écoutant leur musique, en jouissant de l’immense liberté qui régnait alors…

 

HALETANT

Je ne soupçonnais pas quelles intrigues, quelles jalousies, quelles rivalités entre ces deux hommes et leur cour.

Je ne savais pas, lorsque j’allais au Sept ou au Palace, qu’autour de moi circulait de la drogue, des regards lourds de désir sexuel exclusivement réservés aux hommes… Il est vrai que j’y allais accompagnée de comédiens homos de mes amis, et je me fondais dans leur groupe, mais leur groupe était de ceux qui arrivaient tôt et partaient tôt.  Nous n’avons jamais vu les fins de partie, avec leurs épaves titubant sur le trottoir.

 

EMOUVANT   images

Mais surtout, je n’imaginais pas une seconde la souffrance qu’a enduré Yves SAINT-LAURENT tout au long de sa carrière glorieuse, ses efforts pour surmonter sa faiblesse, ses moments de découragement, ses recherches infinies pour arriver au style suprême, son style.

Je ne me doutais pas de l’appui inébranlable que lui a prodigué Pierre BERGÉ, que je tenais pour un arriviste au coeur dur. 

Je ne me doutais pas de son « amour fou » pour Yves STAINT-LAURENT.

 

Je ne connaissais pas sa « famille » : Loulou  de la Falaise et son mari Thadée Klossowski, Betty Catroux, Anne-Marie Munoz, et son fidèle Jean-Pierre directeur du studio, et Felisa la « première »  adorante, tous emplis de dévotion et d’indulgence, Yves était souvent « souffrant », ils le soutenaient, ils le comprenaient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lagerfeldDu côté de KARL  LAGERFELD, j’ai  eu davantage encore d’étonnement à

découvrir sa jeunesse de grande folle perchée sur talons hauts, entouré d’une horde d’artistes américains à la sexualité débridée, sans aucune inhibition, se moquant de lui à longueur de journée pour son comportement

anachronique, son goût pour les déguisements historiques, sa passion pour les livres et la culture, et qui faisait mine d’ignorer leurs sarcasmes.

Il les hypnotisait, cependant.  Par son talent de styliste, par son allure et ses antécédents aristocratiques, et surtout, surtout : par sa facilité à dépenser de l’argent.   Ils vivaient tous à ses crochets, à Paris, à St-Tropez en vacances, en voyage à New-York, rien n’était trop beau, rien n’était trop cher.

 

Je ne me doutais pas que certains soirs à la COUPOLE, je dînais à quelques mètres de cette bande de fous qui s’amusaient à se draguer,  provocants, choquants : Karl LAGERFELD, Antonio  LOPEZ, Juan, Donna, Corey, et plus

tard : Jacques de BASCHER.  

D’où venait-il, celui-là, dont je n’ai jamais lu ni entendu le nom en ce temps-là ?

Il a pourtant joué un rôle primordial dans l’évolution du groupe, il a inspiré Karl jusqu’à sa mort, il a été son protégé, son amant, son fils adoptif, sans jamais avoir eu droit à un statut officiel.

Ce personnage d’un romantisme fou, parfaitement hors de son temps, beau comme un dieu, d’une élégance suprême, sans aucun talent  hors celui de charmer, fut l’une des premières victimes du sida.

 

Le sida.  Je réalise aujourd’hui que j’ai vécu les années les plus importantes de ma vie d’adulte à une époque où l’on ignorait encore ce virus.

Le livre décrit formidablement bien l’écroulement d’une société qui soudain découvrait l’interdit. 

 

Yves SAINT-LAURENT et KARL LAGERFELD ont échappé à cette malédiction,

eux qui pourtant ont abusé des aventures aléatoires et des amours d’un soir…

Le talent a-t-il joué un sôle salvateur ?

 

Alicia DRAKE  brosse  deux portraits d’une précision impressionnante, étayés par les notes de la fin qui prouvent l’authenticité des faits.

L’émotion est là, à chaque page, surtout lorsqu’il est question de la carrière d’Yves, avec ses collections de plus en plus inspirées et ses succès planétaires, entrecoupés de ses trébuchements et ses sursauts de phénix.

 

La vérité est là, imparable : Karl LAGERFELD a toujours souffert de l’ascension fulgurante d’ Yves SAINT-LAURENT.  Ensemble ils avaient pris leur envol mais YVES avait su capter l’héritage de Christian DIOR. 

KARL a dû attendre  trente ans pour capter celui de CHANEL.

Il a assisté à  un bouleversement : la disparition de l’esprit « haute couture » au profit d’une mode proche des femmes, le prêt-à-porter,  emblématique du style Saint-Laurent.

 

De ce que je connais de Karl LAGERFELD à travers son comportement médiatique, je ne m’étonne pas d’un détail dont le livre ne cache pas l’importance :  Karl a mal vécu cette rivalité et l’a entachée de critiques

mesquines, de piques et de pointes contre Yves qui fut son ami.

Moche.    Malgré ses grands airs, ce n’est donc pas un gentilhomme.

 

Je ne me doutais pas, enfin, que Karl LAGERFELD avait aujourd’hui 77 ans.

 

Je lis en ce moment le Houellebecq.   J’aurai certainement beaucoup à en dire … à moi-même, naturellement.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:12

 

Je change de plume.  Les chroniques, ça me  tente plus.

Je passe aux scènes de ma vie à moi.

Ma vie c’est la vie de tout le monde, la vie d’aujourd’hui.

Ca sera sûrement aussi drôle, mais plus intimiste, le fond

de ma pensée, quoi !

Je me parlerai à moi-même, mais tout le monde pourra lire ce

que je me dis...

 

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 15:59

 

Je me disais qu’il faudrait attendre un bon moment avant de se retrouver au ciné devant un prodige comme AVATAR, on a attendu quelques mois et on a eu INCEPTION, qui ne vaut pas AVATAR, mais qui soulève encore un sacré pavé dans l’imaginaire universel.

Et là, on nous balance SOCIAL NETWORK. Il fallait d’urgence se pencher sur le problème !  FACEBOOK est un phénomène de société sans précédent.poign-e-de-mains.gif

Et voilà que le petit acteur inconnu qui joue le rôle du fondateur de FACEBOOk  émerge de l’anonymat comme une baleine sortant de l’océan, et fait frémir les  rédacteurs culturels.  Il aura l’Oscar du meilleur acteur, c’est sûr.  Même s’il ne joue pas bien, il incarne le symbole de la Réussite planétaire, que personne n’avait encore atteint, même Howard Hugues.

Il s’appelle JESSE  EISENBERG, il a 27 ans.  Je ne le trouve pas spécialement sexy sur les photos, mais il faut le voir à l’écran.

Je suis sûre que le film va faire un carton, d’abord il est réalisé par David FINCHER qui a fait FIGHT CLUB et BENJAMEN BUTTON…

Et puis, tout le monde voudra connaître l’histoire secrète de ce mystérieux magicien que l’on imagine dans une salle close, entouré de centaines d’ordis, et couvrant la planète d’un réseau invisible et toujours plus dense, jusqu’à ce que tout le monde soit ami avec tout le monde, et que la terre explose.

 

LE GRAND ENTREMETTEUR  

 

Il s’appelle, cet homme-là, Mark ZUCKERBERG.  Qu’est-ce qu’il pense de tout ça ?  Rien, il ne veut pas en entendre parler. Il ne donnera aucune interview, il n’assistera à aucune projection. Il dit que ce film est de la « fiction ». C’est dire qu’il ne cautionne pas. Alors, il faudra bien accepter l’image que nous en donne le scénariste, Aaron SORKIN.

Mais enfin, quand même, il y aura bien un peu de vrai, dans ce portrait !  Je me régale d’avance.

 

Je ne m’étendrai pas là-dessis car om fait qie je travaille à ma pièce ROSE en cours de rénovation. Je trouvais le ton un peu trop gris (un Rose grisâtre….) et je lui donne un couleur plus gaie.

 

D’ailleurs je ne m’étendrai plus sur rien,  si je veux garder un peu de temps pour... et ben pour tout le reste.

Cela ne peut que satisfaire les éventuels lecteurs de ce blog, car ils sont tous, forcément, aussi débordés que moi.

                                   
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Published by Miss Comédie - dans Archives d'actualités
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  • Miss Comédie
  • Miss Comédie c’est moi, Barbara Laurent-Ogier. 
Mes initiales m’ont récemment fait bifurquer.  De comédienne- auteur dramatique,  je suis devenue  blogueuse, ça élargit considérablement la cible.
  • Miss Comédie c’est moi, Barbara Laurent-Ogier. Mes initiales m’ont récemment fait bifurquer. De comédienne- auteur dramatique, je suis devenue blogueuse, ça élargit considérablement la cible.

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