Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 13:24

Je tombe sur  une photo qui vaut son pesant d’or : PATRICE LECONTE, le réalisateur, et  et ETIENNE  PERRUCHON, compositeur de la musique de DOGORA,  complices heureux d’un film-culte.

Tandem de choc.  Une rencontre sous le signe de Zeus, spécialiste des coups de foudre spectaculaires...

 

 

Miss Comédie

 

 

 

 

DOGORA, LA SUITE

Partager cet article

Repost0
15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 17:20
DOGORA, OUVRONS LES YEUX

        Vous revenez souvent du cinéma déçu par un film médiocre.  Au moins il ne vous laissera aucun souvenir.

Restez chez vous et visionnez le DVD d’un film qui vous poursuivra longtemps.

Ce n’est pas un film comme les autres. 

 

Il  est  courant de faire un long-métrage qui raconte une histoire avec un début, un milieu et une fin, classé  comédie, drame ou film de genre.

Dans DOGORA, pas d’intrigue, pas dialogues. Juste une musique, des voix d’enfants qui  donnent le ton, joyeux ou sombre, de la vie des gens là-bas.

C’est comme un opéra mais il n’y a pas de diva, c’est le pays tout entier qui chante. Les paysages défilent avec les  personnages qui les animent, ce sont de vraies scènes de film.

On voit vivre ce monde si lointain, si différent, si beau.

 

Une petite fille revient de l’école avec son cartable, elle marche sur la berge d’un lac, les pieds dans l’eau,  en faisant jaillir des gerbes d’eau claire, elle rit.

 

On voit surtout des enfants, aux visages sublimes, des yeux immenses qui ne connaissent pas les mystères d’Internet... pas encore.    On en voit un, tout petit,  filmé  pendant une longue minute,  immobile, le regard perdu  dans on ne sait quel univers inconnu.  Le temps s’est arrêté.

 

Un chien traverse le champ, se retourne.  C’est  un figurant qui s’ignore.

On longe la rive d’un fleuve au crépuscule.  Assis sur la berge, ils sont trois à observer,  immobiles, le reflet du couchant sur l’eau calme.  Ce ne sont pas des acteurs, la caméra les a surpris dans leur méditation.

 

Ils sont tous à vélo, les Cambodgiens, ils vont au travail en groupes serrés, le visage sérieux ou hilare, un enfant sur le porte-bagage les cheveux au vent. Vont-ils tous travailler aux champs ? Ou à l’usine ?

 

Il y a des fêtes  qui ressemblent à celles de notre enfance, guirlandes, ballons, cris perçants, pétards...  A l’approche de la caméra on se fige un peu, les filles font les coquettes, elles sont belles à tomber, surtout une, onze-douze  ans, grand chapeau de paille, elle fait celle qui n’a rien vu..

 

Un immense atelier éclairé aux néons blancs.  A perte de vue,  des rangées  de tables supportant des machines à coudre. Des jeunes filles en blouses blanches  portant un masque blanc, les yeux rivés sur la pièce à piquer.   Les machines font un vacarme assourdissant.

Elles ne lèvent pas les yeux de leur travail. On devine qu’elles sont toutes belles derrière leur masque.

 

 

Ils dorment à même le sol, à l’ombre, ils sont fatigués, le travail aux champs  commence tôt, à l’aube. Leur sommeil est paisible, ils sont allongés ensemble, hommes, femmes, enfants.  On sent la chaleur, torride.

 

Il y a les images qui font mal , ce  n’est pas un film de propagande.

Il y a une manière de filmer la misère qui  ne répugne pas mais qui émeut.

Comment ne pas entrer à fond dans cet univers, pas besoin de paroles vaines, on a compris, tout est là et c’est aussi beau, émouvant  ou  poignant qu’une saga de fiction.

 

J’ai vu  DOGORA  maintes fois et chaque vision me remplit de joie et de cette espèce de sérénité qui se dégage de ce peuple.  Ils aiment leur vie de labeur, ils profitent de chaque instant de musique et de détente.  Ils savent qu’autour d’eux la misère guette, ils n’ont pas de révolte, le travail est leur seule règle de vie.

Et cette musique, comme un choeur  de spiritual profane.  L’idée géniale d’avoir fait de cet opéra d’Etienne Perruchon le ressort du film.

Inclassable, il fallait  ranger DOGORA dans une catégorie, et le plus simple était de le classer comme documentaire.   

C’était  passer à côté du film.  Pour moi,  c’est une très belle histoire,  celle  d’un homme qui a ouvert les yeux sur le Cambodge et qui, émerveillé, nous incite à faire de même.

 

Miss Comédie

Réponse de la photo-mystère : Faye Dunaway et Steve McQueen dans L'Affaire Thomas Crown. 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 14:22
LA  PHOTO-MYSTÈRE

Un film, deux versions.  Cette photo est tirée de la première version, sortie en 1968.  La  deuxième sortira en 1999 avec un nouveau réalisateur et  un titre légèrement modifié.

Quel est ce film et qui sont les deux amoureux sur la photo ?

 

Réponse dans le prochain article.

 

Miss Comédie

Partager cet article

Repost0
14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 15:51

L'instant théâtre

LES FOURBERIES DE SCAPIN à la COMÉDIE FRANÇAISE

 

Magnifique spectacle.  Re-découverte d’une pièce fabulaeuse, d’une langue supersonique,  multiccolore, affûtée, d’un humour féroce et bienveillant à la fois, pièce d’une modernité aveuglante, des dialogues à la Audiard !

Passons sur le décor lugubre, qui ne nous laisse qu’entrevoir vaguement un port, des objets, des échafaudages, des accessoires habituels des ports, tout cela plongé dans le noir.

Les comédiens sont éclairés par des spots comme les tableaux d’une exposition.  Un beau décor  détournerait-il  l’attention des intrigues qui font l’intérêt de la pièce ?

Mais qu’importe, lesdits comédiens sont  éblouissants. Après  quatre mois de représentations, l’énergie qui se dégage de leurs personnages est  la même qu’au premier jour, fraîche et joyeuse.

Remarquable : ils « jouent ensemble », comme si les scènes s’enchaînaient spontanément, comme s’ils n’avaient pas répété chacune d’elles  longuement, séparément... C’est une particularité de la troupe du Français, cette homogénéité dans le jeu des acteurs.

Mais parlons de Scapin. On sent que Podalydès a misé sur lui comme sur un lingot d’or.  Le jeune homme est doué, il a en lui toutes les facettes d’un talent à maîtriser, car il peut devenir foutraque.  Ce qu’il donne, dans ce rôle exorbitant, est irrracontable. C’est un Scapin  survolté,  surmultiplié, dansant, mutin,  vénal, rusé, personnage odieux mais qui doit impérativement rester sympathique – un pari gagné haut la main par  Benjamin Lavernhe .

N’en fait-il pas un peu trop ? J’ai  eu par moment l’impression  d’avoir quitté le théâtre pour assister à un one man show... Mais c’est que j’avais en  tête le souvenir d’un autre Scapin, tout aussi bluffant mais   avec  une  sensibilité qui rendait le personnage touchant. Vus lirez plus loin de qui il s’agit.

 

 

Ici,  autour de Scapin, des collègues à la hauteur.  Toujours pareil : l’homogénéité d’une troupe aux talents solidaires, capables de tout jouer, du premier rôle au second couteau, avec la même technique et la même intériorité.

Les costumes sont de Christian Lacroix – suprême raffinement ! Avec juste ce qu’il faut de rappel de l’époque, sans masquer le naturel,  pour des personnages très « physiques » et finalement terriblement modernes ...

Maintenant, parlons de Zerbinette.  Et si je m’ attarde quelque peu  sur le sujet, c’est que j’ai eu la chance de   jouer ce rôle   très casse-gueule,  sous la direction   d’un  jeune metteur en scène, Jean-Louis Thamin. Celui-ci venait de se distinguer à la Comédie Française dans sa mise en scène des Précieuses Ridicules.

Grâce à lui et au travail qu’il m’obligea à faire sur moi-même, j’ai réussi à faire de ce rôle un intermède joyeux dans cet imbroglio sinistre,  et je suppose que Molière l'avait voulu ainsi... Il fallait à un moment donné, que la salle s'amuse !

 

 

 

 

 

 

Lors de notre premier entretien il m’avait demandé de rire et je lui avais  fait une démonstration qui l’avait  bluffé.

Je fréquentais alors un cours d’art dramatique où l’on nous apprenait les techniques du rire et des larmes, en dehors de l’art dramatique pur.

Car le rire, pour un acteur, est un exercice très périlleux. Rire, de façon prolongée, et donner au public l’impression que vous vous marrez vraiment, au point de communiquer votre rire à la salle entière, n’est pas aussi facile que de débiter un texte.

Respiration, humeur.  L’un ne va pas sans l’autre. Si vous ne savez pas respirer, votre rire sera un hoquet au bout de trois ah, ah, ah.

Et si vous n’avez pas trouvé en vous  un souvenir, une image ou une idée qui vous rende hilare, votre rire sonnera faux et aucun spectateur n’aura envie de se joindre à vous.

 

 Zerbinette est un rôle très dur.  J’ai eu du mal à être à la hauteur d’un Jean-Luc Moreau qui donnait à son Scapin une dimension  étourdissante.  La troupe tout entière était à l’unisson.

(Photos)

LES FOURBERIES DE SCAPIN à la COMÉDIE FRANÇAISE

Visiblement, Podalydès n’a pas travaillé sa Zerbinette au corps avec ces deux principes essentiels.

En tout cas le soir  en question, nous avons eu une peine immense pour Adeline d’Hermy qui faisait des efforts visibles pour trouver un rire potable entre deux phrases et la salle muette n’attendait qu’une chose, c’est que son supplice prenne fin.

Peut-être  était-ce un mauvais soir ?

Chaque soir amène son humeur, plus ou moins communicative.

Et  quand on entend rire les spectateurs, c’est gagné, ça va tout seul.

  

 

 

J’arrête là mon cours d’art dramatique pour revenir au plaisir que m’a procuré le spectacle de ce soir.  ¨Plaisir partagé par tous les spectateurs de la salle Richelieu qui ont ovationné longuement la troupe.

 

 Superbe  hommage de Podalydes à notre maître à tous, Molière, grand explorateur des turpitudes humaines.

 

La fin des représentations a eu lieu le 11 février...

 

Miss Comédie

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 18:41
LE  GRAND REX  FÊTE LES BRONZÉS

 

L’actualité me rattrape, les évènements se succèdent, gais ou tristes, moi pour l’instant j’en suis restée à la grande fête du Grand Rex pour les 40 ans des BRONZÉS... Mon coup de coeur. C’était le 17 janvier, pas si loin après tout.

 

Les BRONZÉS.  Et d’abord  qui a  trouvé ce titre, tout simple, pour ce film tout simple qui allait casser la baraque ?

Et comment se sont-ils rencontrés, Patrice Leconte le réalisateur et cette bande de comédiens qui faisaient les beaux soirs d’un café-théâtre de la rue des Lombards, le bien nommé Splendid ?

Il faut lire le livre  que Patrice Leconte a publié  sur ses coups de coeur professionnels de A  jusqu’à Z.

A la lettre B, vous trouverez tout sur les BRONZÉS.

 

 

Les Bronzés, c’est devenu un vocable générique, comme les ados ou les seniors, une oeuvre appartenant au patrimoine culturel national au même titre que les fables de la Fontaine.

Personne ne viendra vous demander « mais de qui est ce film, Les Bronzés ? »

 Au départ, c’est le résultat d’un  brain-storming inspiré entre les quatre caïds  du Splendid : Clavier, Lhermitte, Blanc et Jugnot, quatre ex du Lycée Saint-Jean à Neuilly qui brûlaient de se lancer dans le  cinoche.   Mais  c’est Patrice Leconte le réalisateur, responsable du phénomène « BRONZÉS » -   des deux films, et même les trois, puisqu’après LES BRONZÉS et LES BRONZÉS FONT DU SKI nous avons eu , plus de 20 ans plus tard , LES BRONZES AMIS POUR LA VIE.

 

 

LE  GRAND REX  FÊTE LES BRONZÉS

D’ailleurs, c’est bien lui qui tenait la scène du Grand Rex, ce mercredi 17 janvier,  pour fêter les 40 ans  des BRONZÉS et des BRONZÉS FONT DU SKI devant un public de fidèles  de tous bords.

Avec Marie-Anne Chazel, la Gigi du premier film,  à ses côtés, il a salué les 2000 fans venus se remonter le moral  devant leurs deux films cultes.    L’ambiance était dingue, parait-il.

Je n’y étais pas, hélas, mais il m’a raconté :

Les uns étaient venus en tenue de ski , bonnet , doudoune , moon boots et skis sur l’épaule   les autres- un peu plus rares, vu la saison ! - en tenue de plage ,paréo , tongs et colliers de fleurs et pendant la projection, les répliques étaient reprises en choeur par le public ... comme dans un concert de Johnny !

 

Les deux films ont traversé quarante années sans prendre une ride.

Dans les soirées familiales, après le dîner, jeunes et vieux se marrent ensemble devant des scènes qu’ils ont vues cent fois.

Quel est le secret ?

Ben, il n’y en a pas, c’est comme ça, certains films sont marqués du sceau de la grâce.

On remarque quand même que ces quelques chefs-d’oeuvre qui n’en finissent pas de nous divertir sont des films que l’on peut qualifier de « populaires » par contraste avec les films « d’auteur » ou culturels dont les qualités s’estompent au fil du  temps et des modes.

On a beau dire, le rire est un remède générique qui soigne tous les petits maux de notre vie. De génération en génération, on en redemande.

 

 

PS.  Le livre s’appelle LE DICTIONNAIRE DE MA VIE, aux Editions Kero.

 

Miss Comédie    

 

 

Partager cet article

Repost0
4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 21:03
2018, L'ODYSSÉE DU DIGITAL

Vous l'avez reconnue : cette somptueuse image d'un lever du jour est tirée du film de Stanley Kubrick,  2001 L'ODYSSÉE DE L'ESPACE.

Pour moi, elle symbolise bien un lever de rideau sur l'année qui commence.

 

Lorsque ce très beau film  est sorti, en 1968, le sujet du jour était la course aux étoiles.  Les années passent et les obsessions changent.

Voilà qu'à l'aube de 2018  nous saute aux yeux un phénomène de dimension planétaire, qui s'est imposé doucement et qui prend soudain l'allure d'un tsunami.

 

Dix doigts, plus un clavier.  Je n'ai besoin de personne, seul avec mon smartphone.

Vous allez me dire, ça fait un moment que tout le monde  passe par

Internet.  Non, pas tout le monde.  Quelques  initiés comparé à ce qui nous attend.

Internet, l'Attila de la communication, le Père du Digital.

 

 

 

Bientôt nous ne parlerons pratiquement plus, nous taperons et nous cliquerons.  Les amours les plus ardentes passeront par azertuyop.  Le trouble sera-t-il le même ?

 

 

Cela dit on trouve encore, dans les campagnes, des attardés de l'ère du vocal  qui suivent les progrès du digital à la télé, sans bien comprendre de quoi il s'agit...  Imaginons la scène.

 

 

La Marinette

C'est quoi le digital ?   Tout le monde en parle.

La  Louisette

C'est quelque chose qui se fait avec les doigts.

La Marinette

Du tricot ?

La Louisette

Non, on m'a parlé d'un truc  dégueulasse  qui se pratique surtout dans le métro.

La Marinette

Ah, je vois. Tu veux dire le harcèlement ?

La  Louisette

Non, le harcèlement  c'est quand le Jeannot te poursuit dans l'étable pour te faire des appels du pied !

La Marinette

Le digital c'est  quand il me prend la main ?

La Louisette

Un peu, oui, si tu veux mais une main ça suffira pas   !

La Marinette

Oh ben alors je vais dire à Jeannot qu'il arrête son digital !

 

Pas de panique, elles s'y mettront vite  et bientôt les claviers  feront la loi dans les foyers les plus rustiques.

A l'allure où ça va, on trouvera bientôt  dans les déchèteries avec les clochettes des vaches,  nos combinés en bakélite, nos réveils électroniques,  nos carnets d'adresses,  nos scrabbles, nos Nikon,  nos chronomètres, nos chefs de gare,  nos femmes de ménage et même nos présidents !

Je plaisante mais le Digital est une chose sérieuse.  Le tout est de savoir si c'est un sérieux progrès ou un sérieux pétrin.

 

Avis aux partisan(e)s de l'écriture inclusive  :  le digital  est un mot exclusivement masculin.  La digitale, aux propriétés vénéneuses, n'est qu'une plante herbacée très toxique. Rien à voir avec le digital, bon pour la santé.

 

 

 

Bonne année à tous et gardons le contact !

Miss Comédie

 

Partager cet article

Repost0
21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 21:12
JOYEUX  NOËL... ?

JOYEUX  NOËL ... ?      

 

 Pas de point d'exclamation pour ce Noël qui ne sera pas joyeux pour tout le monde.

Je pense trop à ceux qui ne le fêteront pas.  Les uns parce qu'ils ont tiré leur révérence, les autres parce qu'ils pleurent des absences trop cruelles.

Alors, restons calmes.  Il y a encore des gens heureux qui vont célébrer cette fête sacrée dans la joie et le partage.

 

Ils auront sûrement une pensée pour tous ceux -  sacrément  nombreux ! -  qui ont fait leur dernier salut  avant que l'année s'achève.

 

Miss Comédie

 

 

 

JOYEUX  NOËL... ?

Partager cet article

Repost0
7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 16:21

C'était hier

LE PARADIS SUR TERRE : JOHNNY ACTEUR DE THEÂTRE

 

Retour sur un spectacle étonnant : Johnny Hallyday acteur de

théâtre.

Hier, dans la profusion de témoignages, dans le délire de ses fans, dans les images de sa folle carrière, nulle part n'a été donnée à son unique expérience du théâtre, pourtant aussi  convaincante que certains de ses films.

C'était en octobre 2011 au  théâtre   Edouard VII à Paris.  La pièce, LE PARADIS SUR TERRE de Tennessee Williams, était mise en scène par Bernard Murat. 

La salle était bourrée, tous ses fans étaient là,. Il  nous a eus.

C'est ce qu'on appelle la Grâce.

Ci-dessous, écrit sur le vif, l'article posté le 22 octobre 2011.

 

A quoi on s’attend ?  A un Johnny chanteur qui a appris des répliques et qui arpente une scène de théâtre sans le grand tralala des concerts. Ca fait peur. On se dit, bon, il faut voir, mais ça n’est pas un acteur.

Et bien on se trompe.  On a devant soi un grand type qui s’appelle Chicken dans la pièce terrible de Tennessee Williams, le Paradis sur Terre.  Une pièce aussi malsaine, violente et glauque que les autres, toutes les pièces de Tennessee Williams.

Pourquoi a-t-il choisi cette pièce, Johnny ? 

Bien sûr, il y a ce prénom, Tennessee, qui est un prénom fétiche.

Et puis ça se passe dans l’Amérique profonde, un décor qui lui va bien.

Il n’aura pas à changer tellement de tenue.  Seulement un peu la couleur de ses cheveux, de sa peau, et ça ne le gêne pas outre mesure.

Un rôle d’homme solitaire et meurtri, comme lui. Peu de texte. Des phrases balancées comme des injures. Et puis une ultime note romantique.

Son âge, on l’oublie. Son aisance en scène, c’est pas nouveau. Mais la sincérité de son jeu, l’émotion sous-jacente de sa partition, ça lui est venu tout seul, c’était en lui.

Dommage qu’il ne soit pas mieux servi par une partenaire aussi peu  convaincante. Elle a beau en faire des tonnes, on ne voit  que lui.

                                    

Il a lancé ce défi, on l’attendait en souriant, en doutant. Il nous a eus.

On avait tort de douter. Qu'est-ce qu'un plateau de théâtre et quelques mots murmurés, comparés à ce qu'il  donne, à pleins poumons, seul au milieu d'un stade immense, noyé d'or et de lumières, devant quelques milliers d'adorateurs à qui il réserve  toutes les richesses de sa voix, toutes les émotions de ses chansons, et pour finir ses larmes  ?

 

 

Miss Comédie

 

Partager cet article

Repost0
6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 18:50
JEAN D'ORMESSON... JOHNNY  HALLYDAY

Vous, le premier.

Vous disiez "Il y a toujours des larmes, mais il y a toujours l'espérance".

Quelle belle parole !

De vous je ne connaissais pas grand-chose, juste l'image médiatique et lumineuse d'un homme qui semblait avoir l'estime de tous, la gauche, la droite, fait rarissime.

Et puis ce regard pétillant, ciel toujours bleu, reflet du bonheur , mais qui peut en être sûr ? 

Et puis ces quelques paroles gravées par quelques journalistes inspirés sur le marbre de la mémoire collective.

Je ne lisais pas vos livres, je craignais leur gravité, leur philosophie, leur étude minutieuse du monde actuel, politique et culturel. 

Comme Camus lorsque j'étais jeune, l'homme me séduisait beaucoup plus que son  oeuvre écrite.

 

Je vous ai entendu parler  de la mort avec Olivier Bellamy, c'était quelques heures après votre départ, une rediffusion.   Vous en parliez, de la mort,  comme si vous deviez toujours la voir de loin.      Votre voix était rieuse, moqueuse même. 

Cette nuit,  vous l'avez regardée en face, avec ce sourire  et ces yeux bleus à damner un saint.

Bien sûr il y a l'espérance en même temps que les larmes, mais il faut être très profondément croyant pour  seulement s'en souvenir.

Vous disiez aussi "Croire que Dieu existe, c'est peut-être simplement espérer qu'il existe."

 

Vous attachiez donc beaucoup d'importance à l'espérance .

C'est vrai que c'est  la seule solution pour finir ses jours sans trembler.

Vous quittez ce monde  vous aussi, il faut croire que les jours qui viennent ne nous promettent rien de bon...

Vos étoiles s'éteignent  et disparaissent du vide cosmique, nous laissant seuls avec  cette espérance insaisissable.

Adieu Jean d'Ormesson.

 

 

.

JEAN D'ORMESSON... JOHNNY  HALLYDAY

Johnny Halliday Smet. 

Toi que l'on croyait impérissable, toi l'immortel. Elle t'a eu, toi aussi. Avec toi cette faucheuse impitoyable emporte notre jeunesse, et ce bel élan d'amour fraternel  qui jaillissait de tes concerts.

Je regarde aujourd'hui les images de ces foules massées à tes pieds, unies dans un même AMOUR, amour de quoi ? De qui ? Un amour indéfinissable qui n'est que la meilleure partie de nous-mêmes.

Ce n'est pas la vision magique de cet homme-dieu sur scène, si beau, ce n'est pas l'envoûtement de sa voix, non, c'est lorsque la caméra se tourne vers le public que mes larmes coulent.

Tes concerts étaient comme des grand-messes pour ceux qui croyaient en toi.

 

Johnny, tes concerts nous rappelaient que nous sommes tous frères, qui peut prendre le relais aujourd'hui ?

 

Miss Comédie

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:04

L'instant théâtre

RAMSES II  aux Bouffes-Parisiens à Paris

 

Le titre de la pièce intrigue, on se souvient vaguement que le pharaon  Ramsès II  a  édifié  la grande Pyramide pour en faire son tombeau.  On oublie peut-être qu'une malédiction  a frappé par la suite  certains de ses visiteurs curieux de son mystère.

L'auteur a--t-il voulu nous la rappeler ?

 

On commence néanmoins  par rire un bon coup, on sait que la pièce est une comédie, on ne se méfie pas.

Trois personnages sont en scène,  Berléand et Elmosnino se connaissent bien, ils viennent de tourner un film ensemble, ça doit bien fonctionner entre eux.

L’excellente Evelyne Buyle leur donne la réplique et  leur dialogue  est d'une banalité rassurante.

 Le gendre de retour d’Egypte  rend visite à ses beaux-parents, avec un cadeau (empoisonné ?)  la réplique du masque mortuaire de Ramsès II. Son épouse, leur fille, est en retard .Très vite la conversation prend un tour bizarre.

Il faut expliquer ce retard et   Eric Elmosnino  paraît quand même un peu déjanté.

Au point qu’après un moment on se pince « qu’est-ce qu’il nous fait, là ? »

Elmosnino introduit le doûte.Il y a du mystère là-dessous.

C’est là qu’il est très fort, Elmosnino. Avec un rôle à la limite de la bouffonnerie, on ne se dit  pas « il est grotesque », on se dit « qu’est-ce qu’il nous prépare ? »

 

Les parents, visiblement,  pensent exactement comme nous : « quelque chose ne tourne pas rond dans son discours. Mais quoi ?

 

Voilà.

Il y aura plusieurs visites du gendre , toujours seul, et  plusieurs versions de plus en plus alarmantes du retard de sa femme, jusqu'à ce que celle-ci  réapparaisse , chaque fois plus étonnée des visages dévastés de ses parents.

La dernière visite sera la plus cruelle, je n'en dis pas plus sur ce dénouement hallucinant qui nous remet en mémoire ce masque de Ramsès II, cadeau porteur de maléfice.

On est en plein drame et on se demande si Ramsès a rendu le gendre fou ou si le gendre a voulu rendre son beau-père fou.

Toujours est-il que la fin n'est pas drôle du tout.

Croyez-vous que la salle en sortit  éplorée ?  Que nenni, dehors les visages étaient tout sourires.

 

 

A  voir sans arrière-pensée pour la performance des comédiens et pour savourer  un moment de pur divertissement,

qu théâtre des Bouffes-Parisiens jusqu'au 31 décembre.

 

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

Oui

 

Partager cet article

Repost0

  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

Recherche