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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 14:13

 

On espérait bien que cette nouvelle année serait l’année de la délivrance.  Il semble bien que non. Nous n’avons pas fini de cheminer dans les sables mouvants d’un virus dont on ne sait toujours rien, sinon qu’il résiste à tous les protocoles sanitaires, à tous les couvre-feu, à tous les confinements.

Donc , difficile de commencer 2021 sur une note optimiste  sans passer pour un Seguéla de la Santé.

Evitons donc le sujet et parlons d’une pandémie artistique qui réjouit le monde entier : la photo.  Pas celle qui inonde nos smart  phones, oubliée dès le lendemain.

Celles qui ont été les témoins d’une minute d’éternité, capturées par des artistes « historiens de l’instant », comme disait Camus des journalistes.

Rien de plus réconfortant que d’égrener ces souvenirs sur papier glacé du temps où l’on ne portait pas de masques.

 

 

PHOTO GENIE

 

2021 LA TRAVERSEE DU DESERT

Cap d’Antibes , février 1926

La salle de restaurant s’est vidée peu à peu.

Un couple s’attarde encore , savourant l’euphorie de ce moment entre ciel et mer.

Leur table, face à la Méditerranée, montre qu’ils ont déjà pris leur café après quelques verres d’un bordeaux  peut-être millésimé.

La salle du restaurant Eden-Roc, d’une belle ordonnance et d’une élégance intemporelle, semble  être le lieu de rendez-vous d’une clientèle éprise de perfection . Le couple est  silencieux, ils se sont pris la main, et restent encore immobiles, les yeux dans les yeux.

Ils sont tous deux d’une élégance discrète, la femme est d’une grande beauté.

Soudain, l’homme se lève, il a un appareil photo autour du cou.

« Où  vas-tu ?

«  Je ne suis pas loin.

« On part déjà ?

«  Non, je vais te prendre de dos.

« Oh, je t’en prie.

« C’est si beau.  Je vois la pointe du cap Ferrat au loin, dans une mer qui scintille de mille feux...

« Tu n’avais qu’à te retourner pour avoir la vue !

«  Impossible ! En face, j’avais ton visage, une vue imprenable !

« Je peux avoir un autre café ?   Je n’ai pas envie de m’en aller.

« Moi non plus. Mais viens, j’ai rendu ce moment éternel.

 

Jacques-Henri LARTIGUE n’avait que huit ans lorsqu’il reçut de son père son premier appareil photographique en 1902. Ce fut le début d’une carrière  ininterrompue, menée de front avec la peinture et l’écriture.  Mais la photo, et elle seule, le rendit célèbre, tardivement, alors qu’il avait  69 ans.

C’est lors d’une exposition de quelques-uns de ses clichés au MoMa de New York, que le magazine Life  lui consacre un portfolio. Coup du hasard, ce numéro annonce  la mort du président J.F.Kennedy.  Le numéro fait le tour du monde et, du jour au lendemain, Lartigue devient l’un des plus  grands noms de la photographie.

Il épouse la fille d’André Messager, Madeleine dite Bibi, en 1919 et leur union, qui dura jusqu’en 1931 , fut comme en témoigne  la photo ci-dessus, une longue lune de miel .

Trois femmes se partagèrent ensuite la vie  de ce dilettante  au coeur léger, heureux dans le luxe comme dans l’adversité, adulé des stars comme des gens de la rue et  capable de fixer  à jamais l’envol d’un regard ou la tristesse d’un sourire.

Il laisse quelque cent mille clichés, et la totalité de son oeuvre photographique à l’Etat par une donation de son vivant en 1979.

Lartigue est mort à 92 ans à Nice, sereinement, comme il avait vécu. C’était un homme d’une légèreté exemplaire, ce qui évite bien des désillusions.

 

Miss Comédie

 

 

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 17:20
ANNEE  2020  THE END

FIN 2020,

enfin...

 

Miss Comédie  vous souhaite une bonne année 2021

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27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 14:35
LES SEPT PECHES CAPITAUX / L'ENVIE ET LA LUXURE

 L’ENVIE ET LA LUXURE

 

« J’ai envie de toi. »

C’est clair, l’un ne va pas sans l’autre, sans l’envie il n’y a pas de luxure, c’est pourquoi je les ai réunis, les deux derniers de mes sept péchés capitaux, mais non les moindres.

Dans quel film ?

 

Nombreux sont les réalisateurs qui ont exposé leurs fantasmes érotiques dans un film plus ou moins scandaleux, mais celui dont il est question aujourd’hui a fait exploser les bornes de la censure avec un film carrément  porno. Je sais,  lorsqu’il s’agit d’un artiste reconnu, le porno devient furieusement intéressant.

Or là, ce ne fut  pas l’avis de nos voisins transalpins qui ne plaisantent pas avec ça. Malgré son immense talent  et ses récents succès, le dit réalisateur est trainé en justice,  déchu de ses droits civiques, privé de passeport, condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi que les deux acteurs principaux, et son film interdit purement et simplement…     

Ailleurs,  c’est la curée :  indignation, gorges chaudes et rires gras,   soulèvement des féministes déchaînées, mais cela n’a pas empêché le film d’attirer un nombre impressionnant de curieux, avides de contempler ce que l’on ne saurait voir, et même pire. C’est cela, la luxure, le sexe dans tous ses états, même de loin.

Le cas est unique dans les annales … du cinéma, je crois, et vous avez déjà deviné de quel film il s’agit, même si vous ne l’avez pas vu.

 

LE DERNIER TANGO A PARIS, de Bernardo Bertolucci, est sorti en 1972 avec Marlon Brando, Maria Schneider

Catherine Allegret et... Jean-Pierre Léaud, ( qu’allait-il faire dans cette galère ? )

 

Il n’avait que 31 ans, Bertolucci, quand il a écrit ce scénario  inspiré  probablement d’un de ces coups de coeur imprévus  qui surgissent au coin de la rue et accélèrent  votre rythme cardiaque. Une passante, peut-être... ou une passagère dans le métro qui provoque en vous  un sentiment d’urgence...

 

 

Son idée première, a-t-il confié, était de filmer  une aventure amoureuse  dont les deux protagonistes resteraient anonymes tout au long de leurs rencontres, ce qui aurait pour effet de rendre leurs ébats de plus en plus torrides.

L’attrait de  l’inconnue, Truffaut l’a subi aussi, mais son homme qui aimait les femmes était beaucoup plus pudique.

 

L’idée de l’anonymat était amusante, mais l’essentiel était quand même de fixer des limites à l’intensité de leurs ébats.

Il aurait dû penser à la censure, ou même à un jeune public toujours impressionnable.

 

Au lieu de ça, il rêve d’un casting « bankable » et propose le rôle principal à Jean-Louis Trintignant, le conformiste, qui élude poliment.

Belmondo, puis Delon, à leur tour, se défilent.

Brando qui venait de faire LE PARRAIN, a la carrure.

Quant   au personnage de la jeune fille, aucune actrice connue  n’est envisageable.

Maria Schneider, fille adultérine de Daniel Gélin mais inconnue au bataillon des starlettes et un peu paumée, grisée à l’idée de tourner avec le cador américain, elle fonce.

 

Bertolucci installe son décor dans un appartement vide du XVIème arrondissement de Paris – loin de Cinecitta…par précaution ? – C’est la que la jeune actrice, dix-neuf ans à peine,  sera la victime d’un odieux deal entre le réalisateur et sa vedette masculine, dans une scène à peine regardable qui donna tout de suite au film un formidable élan promotionnel.

 

La scène n’était pas précisée dans le scenario – c’est le détail qui tue.  Mais passons.

Qu’il s’agisse là de LUXURE, cela ne fait aucun doute !

 

Avec ou sans envie, c’est de la luxure pure et dure, sans concession au sens le plus propre, si l’on peut dire, du terme.

Cette scène cul…te n’est d’ailleurs pas la seule preuve du péché de luxure, le film en est plein, chacune de leurs rencontres en est une.

Et jusqu’à celle qui pourrait prêter à rire, celle  où le couple se contorsionne sur le dance floor d’une discothèque, en singeant le pas du tango...Brando à contre-emploi ?  Pas vraiment.  Le rire devient vite  sanglot car cette luxure-là va les mener au drame.  La sublime dernière scène fait oublier le scandale car il se dégage de ce film, en toile de fond, une émotion intense.

 

Bertolucci méritait mieux, finalement, que l’anathème et ses acteurs valaient mieux que tous les Oscars d’Hollywood car ils ont donné plus que leur âme à chaque plan du film, pour élever la luxure au rang de tragédie.

 

Avec les autres péchés capitaux, il est rare d’en arriver à ce genre d’extrémité.  Encore  que…

Mais la luxure est un cas particulier, c’est elle qui nous a fait chasser du Paradis !

 

Donc, pour en terminer avec un dernier tango, danse diablement voluptueuse, prometteuse de futures délices,

je dirais simplement que la luxure est comme le piment d’Espelette, il ne faut pas en abuser mais elle donne un piquant délicieux à nos tête-à-tête, avec ou sans beurre.

Et l’envie ?  Ah, l’envie… vaste débat !

 

Miss Comédie

 

 

 

 

  

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 15:17
LES SEPT PECHES CAPITAUX- L'ORGUEIL

    

 

Chacun des sept péchés capitaux a sa définition, qui va du meilleur au pire ou plutôt du pire au moins pire, comme celle de l’orgueil :

  • « Sentiment exagéré de sa propre valeur, estime excessive de soi-même, qui porte à se mettre au-dessus des autres : Être bouffi d'orgueil.
  • Sentiment de dignité, fierté légitime, amour-propre : Cacher sa misère par orgueil.
  • Personne ou chose, sujet de légitime fierté :  Il est l'orgueil de ma famille. » 

Le sujet de notre dissertation étant le péché, restons dans le péché et parlons de l’orgueilleux, celui s’estime au-dessus  les autres.

Là, le modèle est tout trouvé, il est l’emblème de l’orgueil par excellence, et même celui de notre douce France.

Pour une fois l’orgueilleux en question ne sera pas la star d’un long métrage mais celle d’une pièce de théâtre qui fut en son temps l’orgueil de son créateur, Edmond Rostand.

CHANTECLERC,  le coq magnifique qui règne en maître sur la basse-cour, est tellement convaincu de son importance qu’il est persuadé que son chant fait lever le soleil.

Nul n’a  osé contester ce pouvoir car les animaux de la ferme le craignent et l’admirent pour sa prestance et pour l’ordre qu’il fait régner sur la basse-cour.

 Mais voilà qu’il tombe amoureux de la poule faisane et son égarement est tel qu’un matin il oublie de chanter. 

Le soleil, fatalement, apparaît au lever du jour  et Chanteclerc est la risée de la basse-cour...  Il subit alors la tyrannie de certains animaux pervers qui l’obligent à se battre avec un coq de combat ce qui faillit lui coûter la vie.   Il réussit sa reconquête grâce à son côté chevaleresque qui éloigne l’ennemi  chasseur et ramène la paix dans la  basse-cour, et son chant résonne à nouveau haut et fort, hymne à sa vanité glorieuse :

 

 « C'est que j'ose,
» Avoir peur que sans moi l'Orient se repose !
» Je ne fais pas « Cocorico ! » pour que l'écho
» Répète un peu moins fort, au loin « Cocorico ! »
» Je pense à la lumière et non pas à la gloire.
» Chanter, c'est ma façon de me battre et de croire,
» Et si de tous les chants mon chant est le plus fier,
» C'est que je chante clair, afin qu'il fasse clair ! »

 

C’est sûr,  et sa chanson le prouve, Chanteclerc est l’exemple parfait de l’orgueilleux mais n’est-il pas en même temps sentimental ? Courageux ? Pacifique ? 

En tout cas, il vole bien au-dessus de la mêlée  dans cette basse-cour peuplée de tous les péchés du monde :

le merle est persifleur, cynique, il tourne en ridicule le chant des autres oiseaux, la pintade est prétentieuse et snob, elle rassemble les sots et les mondains pour se moquer de Chanteclerc , le paon est si vaniteux qu’il cesse de faire la roue lorsqu’il baisse les yeux et aperçoit ses pieds, qui sont horribles... il est aussi médisant  que la pintade...  les nocturnes, hiboux et autres oiseaux de nuit menés par le sinistre grand-duc, sont les ennemis jurés du Jour et veulent éliminer Chanteclerc, son complice. Ils sont cruels, perturbateurs  et  conspirateurs....

Bref, une horde sauvage  dont les bas instincts se libèrent dès que Chanteclerc est en péril.

Autrement dit, l’orgueil n’est qu’une noble attitude qui fait valoir ce qu’il y a de louable dans la nature humaine.

Est-ce bien là le propos de l’auteur de Chanteclerc ?

Et si  l’orgueil avait soudain pris la place de sa légendaire modestie ?

 Le siècle ne fait que commencer et Edmond  Rostand savoure ses deux victoires phénoménales ; CYRANO DE BERGERAC en 1897 et  L’Aiglon en 1900, lorsqu’il tombe malade et part soigner sa pleurésie à Cambo-les-Bains dans les Pyrénées Atlantiques .

C’est à la villa Arnaga, qui sera sa résidence définitive, que germe en lui l’inspiration de sa prochaine pièce, Chanteclerc.

Il y travaille durant plusieurs années, dessinant les décors et les costumes de ce projet fou et la pièce voit le jour le 7 février 1910 au théâtre de la Porte St-Martin  à Paris avec trois têtes d’affiche : Lucien Guitry, Jean Poquelin et madame Simone, entourés de 70 comédiens et figurants portant plumage ou pelage aux couleurs chatoyantes.

Rostand était alors le grand dramaturge français et les Parisiens attendaient sa prochaine pièce avec impatience. Plus le temps passe plus la fièvre monte et lors de la première, c’est  une émeute.

La presse était déchaînée, on ne parlait plus que de cette bande de comédiens déguisés en  animaux qui récitaient des alexandrins et éprouvaient des  sentiments humains. 

Le succès fut immédiat  mais de courte durée et la pièce n’eut pas le retentissement de CYRANO ou même de l’AIGLON.

Après CHANTECLERC, Rostand laissa tomber sa plume et n’écrivit plus pour le théâtre.

Pourquoi ?  Espérait-il un nouveau  triomphe  qui  eût renforcé  sa gloire ?

Son amour-propre en prit-il un coup ?

Et si c’est le cas,  nous voici encore devant une belle preuve d’orgueil, non ?

 

Miss Comédie

 

 

 

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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 14:00
LES SEPT PECHES CAPITAUX  : A GOURMANDISE

:

 

LA  GOURMANDISE

 

Encore un péché qui n’en est pas un -  à condition de ne pas tomber dans l’excès.

Le gourmand adore ce dont il ne faut pas abuser.

Le gourmand  n’est ni glouton, ni vorace, il tâte, hume, goûte, mâche, déguste, savoure à petites bouchées  ce qu’il faut de salé ou de sucré avec la précision d’un gourmet.

     

Certaines vitrines attirent irrésistiblement le gourmand, celles  des confiseurs : Dans ces temples de la gourmandise, le chocolat est roi.

Ah  le chocolat !  En tablettes, bouchées, fondant, mousse ou éclairs, il est le piège fatal du gourmand.

Et  le voilà qui s’installe dans les salles obscures où il régale les gourmands de pellicule…..

 

 

.... CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE  célèbre le culte du  chocolat, dans un film unique en son genre, transcendantal dirait Salvador Dali.

 

La gourmandise ici  est vraiment  un péché  capital  et la chocolaterie  un paradis inaccessible aux esprits impurs, offrant ses délices à celui qui a su comprendre le sens sacré de la Famille.

Cette parabole résume tant bien que mal tout ce que le film contient de manichéisme mais heureusement, l’essentiel n’est pas là.

On est cloué par un déploiement de tableaux mêlant la magie et le réalisme, d’effets spéciaux époustouflants, de personnages transfigurés par l’imagination  débridée de Tim Burton.

Impossible à décrire, cette histoire s’adresse aux enfants mais aussi aux adultes qui ont gardé leur faculté d’émerveillement.

Tout ce qu’on aime chez Tim Burton est là, ses incursions dans le domaine des contes de fées , ses clins d’œil furtifs à ses cinéastes préférés dont on reconnaît quelques bribes légendaires , son habileté à exploiter les fabuleuses machineries du numérique pour ajouter au mystère.

 

Essayons de résumer :  le responsable de toute cette histoire, c’est d’abord le Père, dentiste de profession, qui interdit à son fils Willie de manger des sucreries car cela abime  les dents .

 

Celui qui l’incarne est aussi fantomatique  que son rôle est prosaïque : c’est Christopher Lee, l’immortel.

 

Willie le fils frustré  n’a plus qu’une idée en tête, faire chocolaterie qu’il a construite, un temple ouvert à tous les cœurs purs.  Willie c’est Johnny Depp, l’enchanteur, figure emblématique  du héros à la Tim Burton, créature à la fois inexpressive et survoltée ce qu’il arrive à traduire on ne sait comment, avec son beau visage livide et ses yeux étincelants.

On ne sait trop d’où vient le charme presque luciférien de Johnny Depp.   

Ici,  il prend un côté « parrain » qui ajoute à son mystère, en lançant un jeu destiné à redonner vie à sa chocolaterie tout en éliminant les visiteurs indésirables.

 

 

 Le jeu consiste à découvrir les quatre « tickets d’or » cachés dans quatre tablettes de chocolat envoyées à travers le monde…  Le gagnant se verra invité à visiter la cité interdite et  déguster à vie les réserves de chocolat.

 

Trois « gosses de riche » gloutons et indisciplinés sont éliminés après une série d’épreuves dantesques…

Imaginez une cascade de chocolat tombant dans une rivière de chocolat où l’un des garçons plonge, ivre de gourmandise, pour être ensuite aspiré dans un tuyau qui l’emmène dans un autre décor…   C’est l’un des incroyables effets spéciaux du film .

 

Deux autres candidates, aussi gloutonnes et mal embouchées, seront éjectées après avoir été bien malmenées.

 

Tandis que le quatrième, Charly,  petit garçon honnête et généreux qui vivant modestement dans une famille unie qui ne peut lui offrir qu’une tablette  de chocolat par an,  se voit invité à résider à la chocolaterie pour le restant de ses jours, avec sa famille, les mettant ainsi à l’abri du besoin

A l’origine de cette belle histoire, un livre écrit par Roald Dahl  publié en 1964 aux Etats-Unis.   Un énorme succès qui fit le tour du monde avant d’inspirer Tim Burton.

 

Voilà : éblouissement,  mystification, angélisme, le spectateur est comblé.

Pour ce qui est de la gourmandise, on ne peut pas dire qu’il soit chocolat...

 

Miss Comédie

 

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 14:40
LES SEPT PECHES CAPITAUX / LA COLERE

LA  COLERE

 

 

On ne peut pas appeler ça un péché.

 

La colère est un réflexe respectable et bon pour la santé.

Il permet d’évacuer les mauvais ses pulsions  et de réguler le rythme cardiaque.

L’espace d’un instant vous n’êtes pas beau à voir mais ça ne dure pas, vous vous sentez soudain libéré d’un poids et maître du jeu.

En plus, la colère est une pulsion éphémère, elle n’est pas dans les gènes, un saint homme peut avoir de grosses colères, c’est même un signe de réactivité positive.

C’est d’ailleurs ce qui rend difficile le choix d’un film dédié à la colère.

Une seule solution : la scène-culte.

 

Claude Pinoteau nous la sert sur un plateau en or en 1974.

LA GIFLE, c’est son deuxième film en tant que réalisateur et il nous offre un duo de choc :  Lino Ventura et Isabelle Adjani.

Lui, le père dépassé par la jeune génération,  avait déjà tourné  dans le premier film de Pinoteau , LE SILENCIEUX, premier succès qui les encourage à continuer l’année suivante avec LA GIFLE.

Elle  en ado révoltée à la voix suraigüe,  avait pourtant envoûté son public l’année précédente  à la Comédie Française  avec son « petit chat est mort » dit d’une voix angélique par son personnage, Agnès de l’ECOLE DES FEMMES.

Comme quoi pour faire carrière,  la bonne voix n’est pas celle qu’on croit .

Les voilà donc face à face pour LA GIFLE :

A première vue, la lutte est inégale. Le lion et le moucheron...

Mais les cris perçants et l’agressivité hystérique de la jeune fille ont vite raison du calme apparent de Papa Ventura.

La gifle est magistrale – une vraie gifle balancée par l’ancien catcheur qui s’en excusa après coup ...

La première prise a dû être la bonne et car elle est censée marquer la rupture entre le père et la fille qui part rejoindre sa mère à Londres.  On ne sait pas si les deux acteurs ont fini  le tournage en meilleurs termes que leurs personnages...

 

 

Evidemment le film n’est pas  entièrement habité par la colère, ce serait déprimant.  D’accord, les personnages d’ados en révolte font la majeure partie du scénario, avec un Francis Perrin survolté en petit copain d’Adjani, la plus excitée de tous contre l’autorité paternelle.

C’est un joli portrait de notre société dans les années 70 qui  n’est resté dans les mémoires que grâce à cette fameuse gifle et au duo Ventura-Adjani.  On a oublié les rôles secondaires, qui sont pourtant  tenus par de futurs grands talents, un  casting impressionnant pour l’époque.

Malgré tous ces bémols, LA GIFLE fut récompensée par le Prix Louis Delluc, pas mal pour un débutant  (enfin... il avait quand même 49 ans ! )

Mais Pinoteau n’en avait pas fini avec la colère puisque quatre ans plus tard il réalise, toujours avec Lino, L’HOMME EN COLERE, un film très méchant où la colère prend des relents de banditisme... à oublier.

 

Il se ressaisit très vite en 1980  pour offrir à Sophie Marceau son premier  rôle dans LA BOUM,  suivi par la BOUM  2 ; succès oblige.

Mais pour en revenir à la Colère, je pense que Claude Pinoteau était à mille lieues de se douter que LA GIFLE  puisse être un jour catalogué comme un film sur la colère !

Savait-il seulement que c’est le pape Grégoire le Grand qui, en l’an 600 après JC, dressa la liste des sept péchés originels  d’où, selon lui, découleraient tous les autres ?

Et vous ? Le saviez vous ?

 

 

Miss Comédie

 

 

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 13:51
LES SEPT PECHES CAPITAUX - L'AVARICE

 

L’avarice, ça n’existe plus .

Nous sommes tous des adeptes d’un nouveau savoir-vivre, LE PARTAGE, que personne ne pratique car personne ne sait ce qu’il faut partager ni avec qui.

 Aujourd’hui nous sommes tous éco-responsables dans une société  équitable régie par la bio-éthique pour le bien du collectif.

 

Mais je m’égare.

Revenons  à l’avarice au sens archaïque du terme celle  de nos ancêtres.

 

Pour le commun des mortels , c’est Molière qui a inventé l’avare et  personne d’autre qu’un avare ne peut porter le prénom d’Harpagon, non ?

Il existe plusieurs films sur le sujet mais je n’irai pas par quatre chemins, celui qui s’impose comme une évidence est évidemment L’AVARE, film de Jean-Girod et Louis de Funès, sorti en 1980.

C’est exactement le remake de la pièce de Molière, tourné dans la chronologie de l’œuvre originale, avec un Louis de Funès débridé en Harpagon plus vrai que nature.

Car  ce rôle, il l’avait dans la peau et n’a cessé de multiplier en vain les tentatives  pour l’interpréter au théâtre ou à l’écran….

Un acharnement dû, dit-on, à une mère dont l’avarice était spectaculaire et dont il se mit à imiter dès son plus jeune âge les tics caractéristiques.

Il ne devint pas avare mais il se confectionna au fil de sa carrière un personnage imperceptiblement imprégné des menus aspects comiques de l’avare.

C’est  visible et même frappant lorsque l’on observe attentivement sa filmographie.

Il trimballa cette frustration mine de rien sous son immense génie comique…

 

 

Jusqu’à  sa rencontre avec  le producteur Christian Fechner et sa collaboration  avec Jean Girod pour la réalisation. Le trio  se lança dans une aventure qui fit un bruit d’enfer et la sortie du film fut  l’événement le plus commenté du moment.

Pourtant, avec 2 millions et des poussières d’entrées, ce fut un succès  mitigé pour Louis de Funès, habitué à des chiffres astronomiques.

Le film n’a pas non plus obtenu un César mais a donné  l’idée  au Jury de décerner un César d’honneur à Louis de Funès pour l’ensemble de sa carrière et un extrait du film fut projeté lors de la cérémonie .

 

C’était un juste retour des choses car le tournage de L’AVARE avait été pour l’acteur une épreuve physique aussi bien qu’un tour de force professionnel.

A peine remis d’un double infarctus, Louis de Funès dut affronter le froid extrême du début de l’année 1980 et de multiples précautions furent prises pour lui faciliter le travail….Un travail acharné pour s’imprégner du texte de Molière auquel il n’était pas question d’ajouter ses improvisations habituelles...

L’acteur de cinéma rompu à toutes les facéties hors scénario se plia à la rigueur extrême d’un dialogue inaltérable sous la direction amicale mais sévère du co-réalisateur Jean Girod.

Face à lui, il avait comme partenaires  une bande d’ »inséparables » dont plusieurs ex pensionnaires de la Comédie Française, mais aussi une  meute de jeunes élèves du Conservatoire  rompus à tous les pièges de la langue de Molière

…. Sur le plateau contrairement à son habitude, il ne régnait pas en maître et se sentait même parfois, aussi dépourvu qu’un  débutant comme pour la scène difficile du dernier acte avec Antelme, face à un Georges Audoubert de la Comédie Fraçaise… … un cador !

 

Ce qui ne l’empêche pas de nous offrir  un large éventail de mimiques, gesticulations et onomatopées jeux de scène dont Molière lui-même , en son temps, n’était pas  avare .

Pari réussi, donc :  faire de ce monument culturel historique un événement majeur  dans le cinéma populaire contemporain – et une nouvelle bataille d’Hernani.

Tous les organes de presse se lancèrent dans cette bataille, les uns pour l’encenser, les autres pour le massacrer. La majorité des critiques fut cependant très élogieuse.  Robert Chazal dans France-Soir qualifia l’adaptation de « feu d’artifice ».

Quant à Jean-François Revel alors critique à l’Express, il écrivit dans son éditorial que l’interprétation d’Harpagon par Louis de Funés dépassait de loin celle de  Charles Dullin qui créa le rôle et était réputé inégalable.  Il termine son article avec une belle phrase d’écrivain :

« tout Molière n’est pas dans l’AVARE, mais tout l’AVARE est dans le film de Louis de Funés 

 

Je m’aperçois que raconter un film comique n’est pas rigolo du tout. Surtout lorsque le ressort comique du film ne repose que sur le jeu de l’acteur – alors qu’une tragédie sous-jacente  se dessine tout au long de l’action , uniquement perceptible par le spectateur…

Il faut voir le film, c’est clair . C’est l’avarice dans toute sa splendeur.

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 15:32
LES SEPT  PECHES CAPITAUX A L'ECRAN

 

C’est le moment  où jamais pour faire un retour sur soi-même alors que la priorité actuelle est de se protéger des autres . Nous vivons une annus horribilis qui ressemble bien à un  rappel  à l’ordre du Ciel devant  une planète  sans foi ni loi.   

Hé oui, nous pêchons tous sans  le savoir  et comme nous sommes de plus en plus nombreux, la Terre devient un champ de mines exponentiel.

Il est urgent de se souvenir des sept péchés capitaux et le cinéma est là pour nous les remettre en mémoire.

Il y en a sept et  je vous  les rappelle, au cas où vous ignoreriez le nom de votre péché mignon :

Colère, avarice, envie , orgueil, gourmandise, paresse, luxure.

Or, le mensonge ne figure pas dans cette liste.  Etrange omission  ! Car le mensonge est un péché très capital à mon sens, un très vilain péché qui peut faire beaucoup de mal. Je l’ajoute donc à ma liste, n’en déplaise au Seigneur.

 

On va donc   s’amuser à trouver des films qui illustrent le mieux le péché en question.  Commençons par le Mensonge, qui est le plus facile à interpréter pour un  comédien.

 

Les films sur le mensonge, on ne les compte plus.

Mais quitte à n’en citer qu’un, je préfère celui qui donne envie de récidive et là, je n’en vois qu’un, qu’on ne se lasse pas de voir et de revoir,  le film  qui a le pompon de la mensongerie sans relâche, c’est :

                                       LE DINER DE CONS 

 

 

Dans un scénario machiavélique s’enchaînent les quiproquos, les entourloupes, les coups fourrés autour d’un individu souffre-douleur qui multiplie les boulettes et sème la pagaille dans cet imbroglio de mensonges.

C’est du Feydeau tout cru dans ces chassés-croisés d’adultères entre amis qui se trompent de maîtresses...

Tout le monde ment dans cette histoire et cela pourrait devenir lassant s’il n’y avait ces deux moments de génie qui mettent la salle en délire : Villeret au téléphone sous le regard de Lhermitte hors de lui.

   

 

Le casting est époustouflant autour du personnage pivot de Villeret, ce con magnifique qui accumule les bourdes avec un naturel presque retors.

A la hauteur, le génial Thierry Lhermitte, le grandiose Daniel Prévost et tous les complices de ce gang mené de main de maître par Francis Veber, l’auteur de la pièce de théâtre déjà ovationnée avant la sortie du film.

 

Cette association de malfaiteurs n’ont pas regretté leurs turpitudes : neuf millions d’entrées, derrière TITANIC, et six Cesars la même année : dont meilleur acteur pour Jacques Villeret, meilleur second rôle pour Daniel Prévost et meilleur scenario pour Francis Veber.  Sans compter les royalties pour chaque passage sur le petit écran. 

Moralité : Il ne faut pas chercher la moralité là-dedans.

 

 

 Le mensonge, contrairement aux autres péchés capitaux, est une arme à double tranchant : il peut provoquer  un drame épouvantable ou déclencher un rire féroce.

Le mensonge, avec ses tours et ses détours, ses manigances verbales a inspiré les plus grands

auteurs de théâtre au point que c’est presque un passage obligé pour maintenir le spectateur en haleine.

Les prouesses de Scapin, d’Arlequin, de Tartuffe comme les héros de Musset pratiquent le mensonge comme ils respirent  mais ce n’est pas toujours payant.

Le mensonge est donc un péché capital, même s’il s’agit d’un « pieux mensonge«. Alors là, c’est de la ruse digne de Judas.

 

Miss Comédie

(Prochain péché capital : l’avarice.)

 

 

 

 

 

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 15:23
iNTERMEZZO

 

 

Patience !   Miss Comédie sera bientôt de retour avec  « une scène par jour » - ou presque !

 

Le temps de peaufiner une nouvelle formule d’alimentation pour mon blog qui prend un peu trop d’embonpoint, une bonne detox , quoi.

A bientôt pour de nouvelles divagations hors Covid…

Miss Comédie

interùezzp

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 13:19
LA PHOTO-MYSTERE DES PLAGES 3

 

La plage préférée des cinéphiles même s’ils n’y ont jamais mis les pieds. Film-culte sorti en 1978 et relayé assidûment sur le petit écran, c’est le tableau vivant des vacances à la mer ; éternellement d’actualité.

Sans aller plus loin, vous avez tout pour identifier cette plage…

Alors :

Qui  est le réalisateur de ce film  ? 

Citez quelques noms de la distribution splendide qui anime cette plage ?

 

Pour ceux qui  auraient un trou de mémoire, les  réponses seront données dans le prochain article.

Et ce sera la fin des photos-mystère des plages, puisque l’été touche à sa fin.

J’espère que ce petit jeu vous aura distrait un moment avant  d’affronter un nouveau mystère, celui de la rentrée...

.

 

REPONSES DE LA PHOTO MYSTERE 2 :

 

Film :  LA PLAGE

Réalisateur :  Danny Boyle

Interprètes : l’Américain Leonardo di Caprio, les deux Français : Guillaume Canet et Virginie Ledoyen.

 

A bientôt,

Miss Comédie

 

 

 

 

 

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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