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archives d'actualites

SAINT-LAURENT : DEUX POUR UN CÉSAR

Publié le par Miss Comédie

V

 

   Yves-Saint-Laurent_exact780x1040_p.jpgHeurement  Saint-Laurent portait des lunettes.  Sans quoi il eût été très difficile de lui trouver un clone acceptable.

Là, ils sont deux, et la ressemblance, quoiqu’approximative (il manque la profondeur, l’inquiétude, le détachement du regard) a pu satisfaire quelques centaines (milliers ?)  de spectateurs.

 

PHObd713078-a7ae-11e4-907c-63c3b8306e5f-805x453.jpgIls vont s’affronter lors de la cérémonie des Césars le 20 février prochain.   Enfin, Pierre Niney et Gaspard Ulliel ne s’affronteront pas comme on se bat en duel ou sur un ring… Ils subiront le verdict des jurés de ladite cérémonie qui, eux, vont s’affronter.

Lesquels jurés vont choisir en fonction de quoi ?

De la ressemblance ?  De la reconstitution de  ce personnage insaisissable, inclassable, impénétrable ? Le seul caractère irréfutable de l’homme Saint-Laurent c’est le génie.

Comment interpréter le génie correctement ?  Oh how high is the moon !

 

Oui, incarner Saint-Laurent était un pari  perdu d’avance. 

On pouvait juste imiter sa façon de parler, sa façon de marcher, ses petits manèges avec Pierre Bergé, ses grands moments de création le front penché sur la table à dessin, ses délires sexuels.   Le petit bout de la lorgnette.

  Les deux réalisateurs ont vu tout cela  d’une manière différente, insistant sur telle ou telle facette de son personnage mondain, professionnel ou intime avec des scènes parfois choquantes.  Non ! Il était peut-être lubrique, peut-être capricieux, mais là n’était pas le problème.  Au fond de lui-même il y avait quoi ?  Qui peut le dire ? qui peut l’interpreter ?

 

Ces deux acteurs, très bons acteurs, sont restés l’un comme l’autre à la porte de l’univers intérieur, insondable, de Saint-Laurent.

Et je me demande bien comment le jury va les départager.

 

 

Miss Comédie - 31/01/15

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ECCE HOMO

Publié le par Miss Comédie

 


  James-Bond-Logo-Poster-C10053467.jpgC’est le titre de l’édito de Madame Figaro de cette semaine.

Le numéro est consacré aux hommes.  Mais quand on le feuillette, on s’aperçoit que les hommes en question sont des homos, tous cités pour leur talent, photographiés pour leur beauté, leur élégance.  Rien à dire.  Juste un petit pincement au coeur.

Et puis,  avant de refermer le magazine, on lit à tout hasard l’édito.

Tiens, il est signé Eric Neuhoff.  Non, pas lui ! Va-t-il  lui aussi entonner l’hymne à l’homo ?

 

Ligne après ligne, on respire. On reprend confiance.

Il se décrit, lui qui « n’en est pas », avec ses petites  manies, ses dadas, ses faiblesses, ses lassitudes, sa virilité qui date d’Adam  et son amour des femmes qui date d’Eve et qui n’est pas prês de disparaître de cette planète.

Ses mots sont simplement  sincères, touchants. Il ne proclame rien, il ne revendique rien.

Mais enfin, ouf, il nous rassure.  Car ce n’est pas un blaireau, Eric Neuhoff. On peut lui faire confiance, il ne fera jamais l’apologie du plouc, du beauf, du tocard.  Et  il signe des critiques, des livres, des éditos qui font référence.

Son  self-portrait est magnifique ! 

Non,  notre humanité n’est pas encore unisexe.

Nous on a besoin de séducteurs et de machos, là.

D’accord,  certaines femmes décrètent qu’elles s’en passent très bien.  Ouais.

N’empêche, je voudrais bien savoir combien d’entre elles n’ont pas eu la larme à l’œil  en lisant cet édito.

Ecce homo, c’est une parole d’évangile.  Voici l’homme et ça montrait  Jésus, le fils de Dieu.   Il nous reste l’homme, le vrai.

 

Petite  précision : je n’ai rien contre les homosexuels et j’ai  parmi eux  quelques amis très chers qui se passeraient bien de cette surenchère médiatique. 

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A VOUS LES FESTIVALS !

Publié le par Miss Comédie

V

SAINES  LECTURES  POUR L'ÉTÉ

 

  575265_344037562335519_32164884_n.jpgLe mois de juin va s’achever sur mes Rencontres Imaginaires, je prends le large  comme la plupart d’entre vous, sûrement.

Vous allez tous vous éparpiller dans la nature en quête de repos ou de réjouissances et là, pas de problème, vous avez le choix.

Le paysage culturel français, entre juillet et septembre, est d’une variété inouïe.  Tous les quarante kilomètres, de la baie de Somme jusqu’à la pointe du cap Martin, vous allez rencontrer un festival.

A vous de choisir.

Certains festivals sont des hauts lieux de la culture depuis des lustres.  D’autres s’improvisent dare dare, et le programme doit être  mis sur pied dans l’urgence.  Il s’agit d’abord de trouver une tête d’affiche. Pas facile, en été.  Mais certains acteurs ont le don de dédoublement.  Il peuvent sauter d’un festival à l’autre sans problème, sauf qu’ils n’ont pas le temps d’apprendre un texte.  D’où la naissance d’une nouvelle vague d’acteurs, les liseurs.

 

  axelle-laffont.jpgAttention pour les comédiens qui lisent un texte en scène, on dit « liseur », et non pas lecteur.  Le lecteur, c’est le pauvre mec qui lit tout seul dans son coin un livre quelconque.  Le liseur lit une œuvre devant un public.

On va donc au théâtre, (enfin, il s’agit souvent d’un théâtre de « tréteaux », comme dans le temps) l’affiche est alléchante, un nom connu, un acteur qu’on adore, on y va.

   Ca peut aussi se passer au théâtre, dans un vrai  théâtre, mais les comédiens ne jouent pas,  c’est comme une répétition.

Les personnages ne sont pas sur scène, ils sont dans la brochure, entre les mains des acteurs. Ceux-ci sont plantés là, sans bouger, certains ont besoin de lunettes pour lire leur texte.  Surprenant ! Un peu dérangeant, du reste. Il faut se concentrer sur ce que l’on entend. Bientôt, l’acteur connu qu’on adore disparaît derrière cet écran de papier. Frustrant. Mais voilà, c’est la nouvelle vague d’acteurs.

Sur ce procédé créé par l ‘urgence, le metteur en scène (qui se nomme alors metteur en espace) et le directeur de la salle sont d’accord.  Le spectateur, lui, est bien obligé de l’être.  D’ailleurs ce n’est plus un spectateur, il est devenu un auditeur malgré lui.

 

Certains textes sont faits pour être lus, comme les lettres qui font le succès du Festival de la Correspondance à Grignan.

Tout le talent de l’acteur est alors de faire passer l’émotion à travers la découverte de ces écrits intimes.

 

Mais je m’égare.  Il était question de m’évader, le temps d’une respiration estivale, pour mieux vous retrouver bientôt avec d’autres Rencontres imaginaires.

Bon été !  repos

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POUR LA RENTRÉE, UNE DICTÉE FACILE

Publié le par Miss Comédie

 

LA  DICTÉE  DE  BUNUEL, UN ROMAN  SANS ÉQUIVOQUE

 

 

 plume4.jpgCette dictée a déjà fait plancher les meilleurs éléments des anciens et nouveaux amis  de Provence, ça se passait  sous le tilleul et ce qui coulait à flot dans les verres n’était pas de la tisane… Un beau souvenir de retrouvailles chaleureuses et pour moi,  un exercice d’improvisation  un peu stressant ,  à chacun sa dédicace unique et personnalisée…

On remet ça le 11 octobre avec les meilleurs  éléments des anciens et nouveaux amis lyonnais.

 

PILE DELà, ça se passera chez TARTIFO,  Le restaurant-galerie de la rue Ste Hélène  qui accueille les gourmets et les artistes dans la même ambiance très « asti spumante ».

Marco ASTI, le maître des lieux, n’a pas son pareil pour nous  faire croire

qu’on est au fond d’une ruelle du vieux  Milan.

 

Evidemment, je n’ai pas invité Libé ni Le Figaro, je ne veux pas d’excès de langage  autour de mon   récit autobiographique.

Ce serait vite fait de conclure  que j’ai été violée par DALI  au premier chapitre  et que  j’ai allumé le cigare de BUNUEL  au dernier chapitre.

Et les uns de crier au  sublime, les autres au nauséabond.

 

Non, ma seule ambition littéraire est de distraire un moment ma famille et mes amis.  Cette petite sauterie du 11 octobre me réjouit, puisque sous un prétexte un peu chochote, on passera un moment  ensemble  un verre de lambrusco à la main.

Il en restera ce livre… quand même !  Un jour en 2140, un Martien le trouvera peut-être, intact au milieu des ruines de Lyon…

Mais n’élucubrons pas. A bientôt pour de nouvelles fantaisies imaginaires avec de nouvelles idoles  vivantes ou disparues.

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LA DICTÉE DE BUNUEL, MON 3ÈME ROMAN

Publié le par Miss Comédie

 

 

 NOUVELLE VAGUE DE RENCONTRES...

 

 

Voilà, mon troisième roman est en ligne.

Il s’appelle  La Dictée de Bunuel.  Ca se passe dans les milieux artistiques des années soixante,  années qui fourmillaient de mythes, si je puis dire…

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous en donner  un extrait, pour vous donner une idée.

Ceux d’entre vous  à qui cela donnera une envie frénétiqued’en lire plus

pourront commander le livre sur le site de MANUSCRIT.COM.

Quant à  ceux qui font partie de mes proches,  ils pourront aussi l’acheter et le faire dédicacer au cours d’une séance de signature à laquelle ils seront bientôt conviés.

 

« Au théâtre j’ai atteint un soir le comble du bonheur et du déchirement avec “Dommage qu’elle soit une P.” de John Ford, mis en scène par Visconti. Je dis aujourd’hui que cette pièce, cette mise en scène, ces comédiens, ce spectacle enfin, n’a jamais été surpassé et qu’il y a de fortes chances pour qu’un tel prodige ne se reproduise jamais. Voilà ce que je dis.  Ce lundi 27 mars 1958, il s’est passé quelque chose d’unique.  Alain Delon et Romy Schneider, ensemble, pris dans la tourmente de l’amour et de la mort, deux anges de Botticelli dans des décors et dans des costumes d’un luxe inouï.

  dommage003Les yeux voyaient une toile de Canaletto , animée par magie.

Les oreilles entendaient une musique céleste, la plus rigoureuse, la plus construite. Madrigaux de Fresccobaldi, motets de Palestrina pour donner le contrepoint au désordre des passions.

Le coeur battait car  l’amour et la guerre se donnaient en spectacle.

Et il y avait quelque chose de déchirant  dans la perception de cette oeuvre d’art : c’était son inutilité dans le temps car tout ici était de chair et d’os, et  voué à disparaître,  et chaque minute qui passait tombait pour toujours dans l’oubli. Comme chaque scène de la tragédie de la vie, que nous jouons pour quelques spectateurs jusqu’à notre dernier soupir.

Chaque larme, chaque regard, chaque envolée de robe, chaque coup d’épée, chaque inflexion de voix.  Disparus. Il ne reste rien.

Comme il ne reste rien d’Annabella et de Giovanni, frère et soeur incestueux.

 

Au premier rang j’absorbais leur totale beauté sans respirer.  Tout m’était souffrance. La vague impétueuse des rideaux cramoisis qu’ils empoignaient, les jupes de velours qui soulevaient la poussière, le claquement des talons,  les lames brandies, et puis le sang et la mort, et les outrances de ce texte d’un autre âge déclamé comme on crie sa douleur.

 Je pleurais.  C’était  trop de beauté pour cette vie.

Mais ll restait à voir ce qui n’arrive jamais. Le rideau tomba une première fois et lorsqu’il remonta pour les saluts, Romy s’évanouit.  Le visage aussi pâle que les perles qui luisaient sur sa gorge, elle ferma les yeux et se laissa glisser dans les plis de sa robe.  Delon la prit dans ses bras, la releva et l’on crut que la pièce continuait.  Mais le rideau balaya cet espoir et l’on ne sut plus rien.

L’orage qui s’abattit alors sur la salle debout, hurlante, jetant son merci en une clameur folle, me saisit.  Jamais l’on ne reverra ça. Au théâtre, jamais.  A Woodstock, oui, à Bercy, les pop-stars, les idoles chanteurs de rock... C’est une autre forme de cérémonie.  D’autres dieux vivants. "

 

(La Dictée de Bunuel – chapitre iii)

 

 

 

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DUJARDIN, L'IMPUDIQUE

Publié le par Miss Comédie

 

 

 

  7743039284_une-affiche-du-film-les-infideles-avec-jean-duja.jpgLES INFIDÈLES :  On pourrait croire que c’est un drame psycholoqique, un peu comme Les INFIDELES de Mario MONICELLI en 1953, ou encore LES INFIDÈLES de Christian LARA, en 1973.  C’est un titre faux-cul puis que c’est un film lubrico-comique.

Mais c’est bien là où se place l’humour de DUJARDIN et de ses acolytes, ça s’appelle l’understatement, en parler chic.

 

Voilà que les affiches de ce film sont censurées et interdites par les associations vertueuses qui régentent l’état général de notre pays.

C’est qu’en France, avoir trop de succès, c’est impudique.

Jean DUJARDIN, avec son GOLDEN GLOBE, et bientôt peut-être un OSCAR, a trop de succès.  Il faut lui rabattre un peu le caquet.

 

Ces affiches,  on peut les voir sur internet, à défaut de les voir sur les panneaux Decaux,  bon, elles sont salaces, mais rigolotes.  On a vu pire.

 

 

antichrist-13770-59pj.On devine qu’on aura affaire à une comédie axée sur le cul mais dont l’intention est de faire rire et non de faire pleurer, comme les films de cul de Michael HANNEKE ou Lars von TRIERS.   Mais eux, leurs affiches étaient mortellement pudiques.

 

jean dujardin oss 117 referenceEn tout cas, si l’on juge par la bande-annonce, ils ont dû bien s’amuser au tournage.  Ca n’est pas de la dentelle de Calais, mais qui sait, le film nous réserve peut-être de bonnes surprises, car il y a du beau monde : en dehors des deux  héros qui se partagent le scandale, nous trouverons l’épouse de Jean DUJARDIN qui a dû supporter tout le tralala des Golden Globes avec le sourire, et qui se prépare aux mêmes trépidations pour les    OSCARS,  mais aussi :

  mathilda-mayla belle Mathilda MAY que l’on avait oubliée,  Sandrine KIBERLAIN, sandrine kiberlain

Isabelle NANTY -  voilà pour les victimes,  Côté sexe fort, c’est  du second couteau, à part Charles GERARD, mais le DUJARDIN  compte pour douze.

 

Il avait à peine terminé THE ARTIST, qu’il s’est lancé dans l’aventure des INFIDELES, comme si son immense succès auprès des Américaines lui avait donné des idées…

 

 

Le film LES INFIDELES sort le 29 février.  On aura à peine séché nos larmes de rire de LA VERITE SI JE MENS, qu’il faudra à nouveau sortir les mouchoirs. 

Décidément, entre les films et les enfarinages  politiques, les Français traversent une  vraie crise de fou rire.smile.jpg

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LES FLONS FLONS DU BAL

Publié le par Miss Comédie

UNE  FILLE  EN  ORdior.jpg

Sophie avait prévu le coup : comme tout le monde allait se bousculer pour l’approcher, elle devait être facile à trouver, alors elle  avait choisi de revêtir une robe étincelante, miroitante,  la robe couleur de soleil de Peau d’Ane.

Elle était superbe, notre Soso, qui savourait le bonheur d’avoir autour d’elle tous les satellites de sa trajectoire fulgurante.

 

UNE PIÈCE DÉMONTÉELulu.jpg

 

La pièce que nous ont offert  les acteurs de la troupe de LULU SUR LA COLLINE a joué un rôle prépondérant dans l’allégresse collective qui a régné sur cette soirée.    L’annonce faite avant le lever de rideau nous enjoignait précisément à « poser nos cerveaux à côté de nous », c’était un précieux avertissement.

LE CLAN DES DIVORCÉES, trois femmes dont une jouée par un homme, à la recherche du mâle idéal, ne donne pas dans la dentelle et apparemment, personne n’avait envie de dentelle car le vacarme des rires n’a pas eu un seul temps mort.  Ca, c’est du talent,  voyez-vous,   se composer un personnage à la comédia dell’arte,  parfaitement caricatural, et tenir une salle de deux cent personnes à coup de répliques coups de fouet.  Chapeau !

 

DES AMIS KADOHermes.jpg

 

Ce fut peut-être le clou de la soirée : Soso appelée sur scène pour recevoir son cadeau.     Elle a escaladé le plateau avec grâce, s’est retrouvée face au public sans la moindre  timidité apparente, et puis on a fait le noir et quand la lumière s’est rallumée on a vu sortir d’un gros gâteau son neveu et sa nièce Louis et Valentine, arborant un gros paquet-cadeau.

L’emballage orange était parfaitement reconnaissable, le cadeau était vraiment un Gros Cadeau !

Ca n’était pas  vraiment une surprise, Soso a déballé le sac HERMÈS et  l’a mis à l’épaule pour faire quelques pas devant la salle hystérique.

La générosité de ses amis montre bien à quel point Soso est populaire !

Personne ne peut s’étonner de cette largesse, tant Sophie est capable elle aussi de générosité et de don de soi.     Dans la famille, on est tous d’accord : elle aurait fait une épouse idéale.  Où est-il, le mec qui mériterait une telle femme ?   Peut-être pas loin, finalement.   Soso garde son mystère.

 

  ON THE DANCE FLOOR

 

    boule On ne lésine pas avec la sonorisation de la piste de danse.

  Soso avait mis en place l’équipe de choc.  Ils ont su augmenter le son au fur et à mesure des déhanchements qui envahissaient  le terrain.

Bientôt, le brassage des générations s’est opéré en synergie avec les tubes inébranlables du moment (les mêmes depuis vingt ans)  Moi, j’ai eu le déclic seulement à l’arrivée de BILLIE JEAN et après quoi  je ne me serais plus arrêtée.   La musique a atteint son niveau sonore le plus élevé vers 2h du mat et là c’est comme une drogue, l’être humain devient un électron libre lancé dans le cosmos et perd son identité.

 

 

FILLE DE PUB

 

Sophie et moi on était collègues chez RSCG-Ferton Billères.  Grande époque.

Elle faisait un métier d’hommes (la fabrication) et petit à petit elle a acquis une autorité en la matière qui l’a fait respecter dans les milieux de l’imprimerie, comme on respecte un homme de l’art.  Respecter et redouter, car il ne fallait pas plaisanter avec les prix et les délais.  Sophie sait très bien argumenter ses revendications et ne cède pas un pouce de terrain lorsqu’elle est dans son bon droit.

C’est comme ça qu’elle a pu un jour s’évader des prisons d’agences pour exercer son métier en toute liberté…  et nous offrir cette grandiose Soso’s Night !

 

ENFANT DE LA BALLEtennis.jpg

Le tennis, moi je ne peux pas juger.  Mais je vois bien qu’au  TCL (qui ne veut pas dire Transports en Commun Lyonnais mais : TENNIS CLUB LYONNAIS), elle règne en égérie.

Quand elle m’invite à déjeuner dans le jardin, l’été, au Tennis Club, on ne peut pas manger tranquille. Tout le monde a quelque chose à lui dire.  Elle est environnée de copines avec qui elle fait équipe.   Les copines du tennis ne sont pas les mêmes que les copines de pub, ni que les copines de bateau, ni que les copines de fêtes (ça, c’est son côté « quai de Saône » non partagé par la famille).  

Est-ce qu’elle est une bonne joueuse de tennis ?  Incapable de vous le dire.

 

QUE RESTE-T-IL DE SOSO’S NIGHT ?  UN BLOG !

 

Voilà.  Moi, comme j’ai  un blog, j’ai pu en mettre plus que les autres sur cette soirée mémorable.   Ce sera pour Soso l’occasion de venir me visiter !!!!

Bravo  ma Soso, je t’adore et je te souhaite de rester longtemps au centre de cette galaxie d’amour que tu as créée pour un soir et pour la joie de tous.

 

Miss Comédie

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LA RETRAITE TUE

Publié le par Miss Comédie

 

 

  revolverLe coup de gong d’une retraite imposée est un assassinat.


J’en connais, des hommes accomplis, remuants, exigeants, talentueux, respectés, aimés, dans la force de l’âge, l’œil vif, le corps affûté, le coup de fourchette agile, ces hommes à qui la soixantaine ne donne pas envie d’aller à la pêche, ils sont bien dans leur peau, bien dans leur époque et ils ont encore tant à donner !

Je les ai vus, pas plus d’un an après que la lettre de licenciement leur soit arrivée.

Ce ne sont plus les mêms hommes. On les a émasculés.  Leur regard s’est vidé. Leur dos s’est voûté, ils ont pris du bide. Leur pas s’est alourdi.  Leur coeur est déserté.   Ils touchaient au but.  « Allez go, pose ça là, prends tes affaires et rentre chez toi. »

Les heures, les journées s’égrènent désormais dans une apesanteur où ils flottent, tels des satellites inutiles, dans l’effervescence d’un univers en pleine accélération.

Leur vie de couple est déséquilibrée, leur présence  passive pèse. Ils le sentent. Ils souffrent aussi de cette défaite-là.

 

 

 SOUS LES PAVÉS, LA RETRAITE

 

Dans la rue, on n’envisage pas vraiment la retraite sous cet angle-là.

La retraite  n’est pas un déchirement, c’est une aubaine.  On voudrait qu’elle soit avancée à trente-quatre, ce serait plus logique.

Manifester pour deux ans de différence, ça semble un peu hors de propos.

Trente-quatre ans  serait  une vraie revendication.

Et puis qu’est-ce que les lycéens viennent faire dans des problèmes de vieux ?   C’est  probablement pour que la manif soit plus gaie.

 

Non, décidément, les Français ne peuvent pas tous être d’accord sur le problème des retraites.

Donc, le plus simple serait que chacun choisisse son heure.  Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement n’a pas pensé à ça.   Les allocations seraient en proportion avec l’âge  du départ  : de plus en plus élevées pour récompenser les travailleurs acharnés.

Equitable, non ?

 

 

LA RETRAITE, IL S’EN TAPEJean-Piat.jpg

 

Parlez-lui de retraite, il vous regarde avec ses yeux clairs et il vous fait un grand sourire, comme si vous lui demandiez s’il avait envie d’aller sur la lune.

Jean PIAT a eu 86 ans le mois dernier.  Il est en tournée avec  la pièce de Françoise DORIN : « VOUS AVEZ QUEL AGE ? »  titre sur mesure,  qu’il a créée à la Comédie des Champs-Elysées en 2009.

Il sera donc à Lyon au Théâtre Tête d’Or, les28 février  et 26 avril 2011, seul sur scène dans une mise en scène de Stéphane HILLEL, son jeune complice.

Le spectacle est déjà complet.  Elles se précipitent, et leurs maris ne sont pas contre, ils y vont aussi.  Jean  PIAT a toujours été bankable et il l’est encore.

Une sorte de Clint EASTWOOD français, mais Clint EASTWOOD n’a jamais joué RUY BLAS, ni  ROBERT D’ARTOIS dans LES ROIS MAUDITS… CA nous a marqué les esprits.

 

ELLE AUSSIdanielle-darrieux.jpg

 

Danielle DARRIEUX  a passé l’âge de la retraite.  Elle a 93 ans, dont  il y a prescription.  Sa carrière file droit, sans à-coups, entre théâtre, cinéma et télévision.  Là, comme ça, je la revois dans HUIT FEMMES de François OZON, la dame âgée sexy, et puis récemment au théâtre dans OSCAR ET LA DAME EN ROSE, d’Eric Emmanuel SCHMIDTT.

Dans un VIVEMENT DIMANCHE, invitée par Michel DRUCKER en même temps que quelques copines de son époque, elle les avait toutes atomisées par son rire, sa vivacité, sa mémoire et son humour.

Bel exemple de rébellion.

 

Heureux ou pas, le retraité a désormais  droit, en plus de la carte Orange et la carte Senior,  à une appellation contrôlée.

On lit maintenant dans la presse « Un retraité agressé devant son domicile » ou « une retraitée interpellée pour avoir molesté une femme en burka ».

Notre société comporte ainsi des espèces bien distinctes qui ne se mélangent pas entre elles :  les jeunes, les SDF, les people, les quadras, les retraités, les seniors +.

Je ne sais pas vraiment où je suis, là-dedans.

 

Miss Comédie.

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YVES SAINT-LAURENT ET KARL LAGERFELD HÉROS DE ROMAN

Publié le par Miss Comédie

 

 

 

L'HISTOIRE DE DEUX FIGURES DE PROUE RIVALES,

L'HISTOIRE D'UNE ÉPOQUE

 

Ca se lit comme un roman et c’est un roman qui a duré quarante ans.

Le destin parallèle d’Yves Saint-Laurent et de Karl Lagerfeld  m’a tenue

en haleine dans le  livre de Alicia DRAKE.

 

Quelle somme d’interviews, de documents consultés, de rencontres et aussi de psychologie, dans cette fresque qui épate par son impartialité !

 

J’ai revécu au fil des pages toute la flambée créative des années soixante, soixante-dix et quatre vingt, que j’avais subie sans le savoir.

J’avais vécu ces années en admirant ces deux hommes (surtout YSL), et portant leurs vêtements, (surtout ceux de YSL) en écoutant leur musique, en jouissant de l’immense liberté qui régnait alors…

 

HALETANT

Je ne soupçonnais pas quelles intrigues, quelles jalousies, quelles rivalités entre ces deux hommes et leur cour.

Je ne savais pas, lorsque j’allais au Sept ou au Palace, qu’autour de moi circulait de la drogue, des regards lourds de désir sexuel exclusivement réservés aux hommes… Il est vrai que j’y allais accompagnée de comédiens homos de mes amis, et je me fondais dans leur groupe, mais leur groupe était de ceux qui arrivaient tôt et partaient tôt.  Nous n’avons jamais vu les fins de partie, avec leurs épaves titubant sur le trottoir.

 

EMOUVANT   images

Mais surtout, je n’imaginais pas une seconde la souffrance qu’a enduré Yves SAINT-LAURENT tout au long de sa carrière glorieuse, ses efforts pour surmonter sa faiblesse, ses moments de découragement, ses recherches infinies pour arriver au style suprême, son style.

Je ne me doutais pas de l’appui inébranlable que lui a prodigué Pierre BERGÉ, que je tenais pour un arriviste au coeur dur. 

Je ne me doutais pas de son « amour fou » pour Yves STAINT-LAURENT.

 

Je ne connaissais pas sa « famille » : Loulou  de la Falaise et son mari Thadée Klossowski, Betty Catroux, Anne-Marie Munoz, et son fidèle Jean-Pierre directeur du studio, et Felisa la « première »  adorante, tous emplis de dévotion et d’indulgence, Yves était souvent « souffrant », ils le soutenaient, ils le comprenaient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lagerfeldDu côté de KARL  LAGERFELD, j’ai  eu davantage encore d’étonnement à

découvrir sa jeunesse de grande folle perchée sur talons hauts, entouré d’une horde d’artistes américains à la sexualité débridée, sans aucune inhibition, se moquant de lui à longueur de journée pour son comportement

anachronique, son goût pour les déguisements historiques, sa passion pour les livres et la culture, et qui faisait mine d’ignorer leurs sarcasmes.

Il les hypnotisait, cependant.  Par son talent de styliste, par son allure et ses antécédents aristocratiques, et surtout, surtout : par sa facilité à dépenser de l’argent.   Ils vivaient tous à ses crochets, à Paris, à St-Tropez en vacances, en voyage à New-York, rien n’était trop beau, rien n’était trop cher.

 

Je ne me doutais pas que certains soirs à la COUPOLE, je dînais à quelques mètres de cette bande de fous qui s’amusaient à se draguer,  provocants, choquants : Karl LAGERFELD, Antonio  LOPEZ, Juan, Donna, Corey, et plus

tard : Jacques de BASCHER.  

D’où venait-il, celui-là, dont je n’ai jamais lu ni entendu le nom en ce temps-là ?

Il a pourtant joué un rôle primordial dans l’évolution du groupe, il a inspiré Karl jusqu’à sa mort, il a été son protégé, son amant, son fils adoptif, sans jamais avoir eu droit à un statut officiel.

Ce personnage d’un romantisme fou, parfaitement hors de son temps, beau comme un dieu, d’une élégance suprême, sans aucun talent  hors celui de charmer, fut l’une des premières victimes du sida.

 

Le sida.  Je réalise aujourd’hui que j’ai vécu les années les plus importantes de ma vie d’adulte à une époque où l’on ignorait encore ce virus.

Le livre décrit formidablement bien l’écroulement d’une société qui soudain découvrait l’interdit. 

 

Yves SAINT-LAURENT et KARL LAGERFELD ont échappé à cette malédiction,

eux qui pourtant ont abusé des aventures aléatoires et des amours d’un soir…

Le talent a-t-il joué un sôle salvateur ?

 

Alicia DRAKE  brosse  deux portraits d’une précision impressionnante, étayés par les notes de la fin qui prouvent l’authenticité des faits.

L’émotion est là, à chaque page, surtout lorsqu’il est question de la carrière d’Yves, avec ses collections de plus en plus inspirées et ses succès planétaires, entrecoupés de ses trébuchements et ses sursauts de phénix.

 

La vérité est là, imparable : Karl LAGERFELD a toujours souffert de l’ascension fulgurante d’ Yves SAINT-LAURENT.  Ensemble ils avaient pris leur envol mais YVES avait su capter l’héritage de Christian DIOR. 

KARL a dû attendre  trente ans pour capter celui de CHANEL.

Il a assisté à  un bouleversement : la disparition de l’esprit « haute couture » au profit d’une mode proche des femmes, le prêt-à-porter,  emblématique du style Saint-Laurent.

 

De ce que je connais de Karl LAGERFELD à travers son comportement médiatique, je ne m’étonne pas d’un détail dont le livre ne cache pas l’importance :  Karl a mal vécu cette rivalité et l’a entachée de critiques

mesquines, de piques et de pointes contre Yves qui fut son ami.

Moche.    Malgré ses grands airs, ce n’est donc pas un gentilhomme.

 

Je ne me doutais pas, enfin, que Karl LAGERFELD avait aujourd’hui 77 ans.

 

Je lis en ce moment le Houellebecq.   J’aurai certainement beaucoup à en dire … à moi-même, naturellement.

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FACEBOOK EST MAINTENANT AMI AVEC LE CINÉMA

Publié le par Miss Comédie

 

Je me disais qu’il faudrait attendre un bon moment avant de se retrouver au ciné devant un prodige comme AVATAR, on a attendu quelques mois et on a eu INCEPTION, qui ne vaut pas AVATAR, mais qui soulève encore un sacré pavé dans l’imaginaire universel.

Et là, on nous balance SOCIAL NETWORK. Il fallait d’urgence se pencher sur le problème !  FACEBOOK est un phénomène de société sans précédent.poign-e-de-mains.gif

Et voilà que le petit acteur inconnu qui joue le rôle du fondateur de FACEBOOk  émerge de l’anonymat comme une baleine sortant de l’océan, et fait frémir les  rédacteurs culturels.  Il aura l’Oscar du meilleur acteur, c’est sûr.  Même s’il ne joue pas bien, il incarne le symbole de la Réussite planétaire, que personne n’avait encore atteint, même Howard Hugues.

Il s’appelle JESSE  EISENBERG, il a 27 ans.  Je ne le trouve pas spécialement sexy sur les photos, mais il faut le voir à l’écran.

Je suis sûre que le film va faire un carton, d’abord il est réalisé par David FINCHER qui a fait FIGHT CLUB et BENJAMEN BUTTON…

Et puis, tout le monde voudra connaître l’histoire secrète de ce mystérieux magicien que l’on imagine dans une salle close, entouré de centaines d’ordis, et couvrant la planète d’un réseau invisible et toujours plus dense, jusqu’à ce que tout le monde soit ami avec tout le monde, et que la terre explose.

 

LE GRAND ENTREMETTEUR  

 

Il s’appelle, cet homme-là, Mark ZUCKERBERG.  Qu’est-ce qu’il pense de tout ça ?  Rien, il ne veut pas en entendre parler. Il ne donnera aucune interview, il n’assistera à aucune projection. Il dit que ce film est de la « fiction ». C’est dire qu’il ne cautionne pas. Alors, il faudra bien accepter l’image que nous en donne le scénariste, Aaron SORKIN.

Mais enfin, quand même, il y aura bien un peu de vrai, dans ce portrait !  Je me régale d’avance.

 

Je ne m’étendrai pas là-dessis car om fait qie je travaille à ma pièce ROSE en cours de rénovation. Je trouvais le ton un peu trop gris (un Rose grisâtre….) et je lui donne un couleur plus gaie.

 

D’ailleurs je ne m’étendrai plus sur rien,  si je veux garder un peu de temps pour... et ben pour tout le reste.

Cela ne peut que satisfaire les éventuels lecteurs de ce blog, car ils sont tous, forcément, aussi débordés que moi.

                                   

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SPECTATEURS DU PIRE ET DU MEILLEUR

Publié le par Miss Comédie

 

PLEINS  FEUX SUR LA COLLÉGIALE  A  GRIGNANGrignan-Collegiale_Saint-Sauveur-1.JPG

 

Le Festival de la Correspondance à GRIGNAN attire un  monde fou.  Plutôt du beau monde, venu de la capitale enrichir ses connaissances en matière de correspondances inédites.

Cela se passe sur le parvis de la Collégiale, la chapelle du Château de Grignan.  La superbe et monumentale porte latérale de la chapelle  s’ouvre sur le parvis, espace scénique idéal face à la grande cour pavée qui disparaît sous les gradins en période de festival.

Ah, ces gradins !  Métalliques, sonores, superposés jusqu’à une hauteur vertigineuse, ils tournent le dos aux derniers rayons du soleil couchant qui les baignrnt du premier jusqu’au dernier rang.

Heureux sont les prévoyants qui ont pensé à apporter un chapeau, un éventail, une bouteille d’au…  mais ce ne sont pas les spectateurs les plus malheureux.

Face à eux, comme une victime immolée au dieu Hélios, L’Acteur  impassible lit son texte dans un brasier rougeoyant, incapable de regarder son public en face.

Il faudra attendre une bonne heure avant que les rayons disparaissent, rangée après rangée, jusqu’aux murs de pierre blanche devant lesquels le liseur est en train de fondre.

Je souviens de Bernard GIRAUDEAU, il y a trois ans, sous son chapeau de brousse, le visage cramoisi et le sourire narquois, qui défiait l’astre cruel d’une voix pleine de nuances exquises.  Il lisait les lettres de Cesare PAVESE à sa sœur et à d’autres gens, lettres d’un rebelle sans avenir.

Cette année, Denise CHALEM nous a joué une sorte de pièce-lecture écrite par elle et probablement autobiographique, « PARIS SEPTIEME, mes plus belles vacances » sur un sujet morbide et rebattu, les durs moments d’une femme atteinte du cancer du sein. Là, ça finit bien, elle a amélioré son bronzage et nous a charmés par son marivaudage avec son infirmier, Alain FROMAGER, épatant.

Il y a souvent des malaises sur ces gradins, nous dit-on.  Mais chaque année, on remet les gradins sur le parvis de la Collégiale.

 

 

A  PLEIN TUBE DANS LA COUR D’HONNEUR  EN AVIGNONfestival-d-avignon_276.jpg

 

Là,  j’ai pas vu mais j’ai lu le papier de Philippe CHEVILLEY des ECHOS et j’ai eu des sueurs froides.

Mais à côté, celui de Fabienne PASCAUD dans TELERAMA redresse la barre.

Il souligne l’inacceptable, elle reconnaît l’intelligence.

Il a vu la bouteille à moitié vide, elle a vu la bouteille à demi pleine.

Il s’agit de PAPPERLAPAP, de Christoph MARTHALER, présenté en ouverture du Festival.

La suite de scènes inégales qui forme le propos : désacraliser la cour d’honneur, faire ressurgir ses fantômes, n’a pas été assez travaillée en profondeur.  Le metteur en scène suisse n’a pas puisé son inspiration dans l’approche quotidienne et charnelle de ce lieu mythique.  C’est très beau, d’écrire sur un monument légendaire pour détruire son mythe.  Encore faut-il l’avoir arpenté, touché, admiré, avoir vu son ombre décliner avec le soleil du jour, avoir perçu ses moindres bruits, la nuit, l’avoir vu servir de décor à toutes les fantasmagories, et ressortir chaque fois intact.

C’est d’ailleurs ce qui se passe ici : après le déferlement de violence d’une scène où la cour entière sembla prise dans un cataclysme assourdissant et aveuglant, provoquant le départ d’une partie des spectateurs, le spectable prend fin et la troupe quitte la scène, laissant le mythe invaincu

dans  sa splendeur éternelle.   Les éléments de décor  qui faisaient la nique aux vieux fantômes restent là, dérisoires.

Comme l’écrit Fabienne PASCAUD « on n’ébranle pas comme ça  huit siècles, on peut juste leur faire un clin d’œil. »

Et c’est beaucoup de bruit pour rien.  Ce spectacle, créé spécialement pour la cour d’honneur du Palais des Papes, ne pourra plus jamais être joué ailleurs.

 

 

STEVOE WONDER  A MONACO : WONDERFUL !

 

Au SPORTING d’ETE les gradins sont des fauteuils club et les extravagances sont exclues.  On aime le beau mais pas la brute ni le truand.  On est très conservateur. 

C’est Stevie WONDER qui assure l’événement dans la Principauté, jusqu’au 28 Aôut.

Notoriété intacte.  Talent inébranlable.  Une voix d’or, mûrie par le temps.

Il fut Little Stevie Wonder, le camarade de Michaël JACKSON lorsqu’ils étaient encore enfants surdoués.  L’un aveugle, l’autre qui voulait être blanc.

Ils se soutenaient, s’encourageaient.  Stevie WONDER reprend aujourd’hui « Human Nature », un tube de Michaël, en hommage à son pote. 

Ceux qui restent ne sont pas forcément les plus heureux.

 


 

 


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BRULER LES PLACHES (OU CREVER L'ECRAN ?)

Publié le par Miss Comédie

HÉRÉDITÉ : ENFANTS DE STARS

HUPPERT, GAINSBOURG, JUGNOT, CHESNAIS,  CHEDID,  GIRAUDEAU,  SEYDOUX, DASSIN, SARDOU… vous connaissez ?
Non, je parle de Lolita, Charlotte, Arthur, Mathieu Jr,  Sarah, Léa, Julien,
Davy… leurs enfants.
Que  serait le paysage audiovisuel français sans les fil et filles de ?
Et finalement, on leur reconnaît le même talent qu’à  leurs augustes parents, même si parfois c’est très contestable.  Ils ont droit à toutes les indulgences : ils sont beaux et ils rappellent le temps où l’on idolâtrait leurs parents.
Et, miracle, ils attirent les foules autant que papa-maman, voir Charlotte GAINSBOURG avec M. qui font des triomphes en tournée d’été.
Pour Lolita CHAMMAH  et sa première apparition sur les écrans, elle se lance avec la bouée HUPPERT à laquelle elle doit bien s’accrocher, mais le film joue sur ce duo chien et chat  pour faire des entrées…. mais il aurait fallu choisir une autre date de sortie !
Il faudra attendre la rentrée pour aller juger au théâtre si l’hérédité marche bien pour Emilie CHESNAIS, Arthur JUGNOT ou  Julien DASSIN…
Et il faudra attendre 2011 pour contempler la beauté d’Anouchka DELOn, beauté héritée de son père… avec le talent ?  Elle n’a que 20 ans, comment peut-elle avoir du talent ?



LONGÉVITÉ : IGGY POP, BETE DE SCENEiggy_tebbit.jpg

Pendant que résonnaient les trompettes de la Cour d’Honneur à Avignon, pour l’ouverture du Festival, l’OLYMPIA de Paris résonnait des accents sauvages des Stooges de Iggy POP.
A  soixante quatre  balais (plus jeune que Johnny !)  il garde les cheveux longs, jaunes et gras  et malgré une hanche déglinguée, il occupe la scène avec une frénésie  d’adolescent.  Il paraît qu’il entame la chanson « I Wanna be your dog » en aboyant et à quatre pattes.  Les fans adorent.
Mais moi j’ai dans mon iPod un morceau très doux qu’il change avec beaucoup de sensuelle délicatesse : How Insensitive ».
Il sera le 14 juillet à LYON aux Nuits de FOURVIERE et il y mettra le feu, c’est sûr !


  FEU  SACRÉ

Marie- Noëlle TRANCHANT, du FIGARO, a rencontré Laurent TERZIEFF dans son bureauOCNT-Terzieff Laurent haut perché de la rue du Dragon.
« Sur scène il était fièvre et feu. Quand on le rencontrait, on voyait à la fois sa réserve, sa bienveillance, son élégance, son ironie légère. »
Il a dit : « Faire du théâtre, c’est se mettre à l’écoute du monde pour en être la caisse de résonance. »
Quel est le déclic qui lui a fait s’engager dans le théâtre ?  C’est en assistant à une représentation de « La SONATE DU SPECTATEUR » de STRINGBERG, mis en scène par roger BLIN en 1949.
Ses premiers pas sur scène : dans « TOUS CONTRE ADAMOV » de Jean-Marie SERREAU.
Et au cinéma, bien sûr, dans LES TRICHEURS de Marcel CARNÉ. Il y tenait un rôle d’étudiant bohème et cynique très loin de sa vérité profonde, mais ce personnage l’a rendu célèbre, ironie du sort.
En 1961 il rencontre Pascale de BOYSSON, avec qui il vivra et jouera avec passion  pendant  quarante ans.  Ils ne se sont pas mariés, ils n’ont pas eu d’enfant. Leur vie était consacrée au théâtre,  rien qu’au théâtre.

TU BRÛLES, LAURENT POITRENAUX !affiche jacno

Si j’en crois Armelle HELIOT du FIGARO, le spectacle qui se donne à AVIGNON dans la Salle du GYMNASE GERARD PHILIPE est la perle de ce début de Festival.
Et Laurent POITRENAUD, l’acteur qui mène le jeu, un phénix.
La pièce, « UN NID POUR QUOI FAIRE ? » est tirée d’un roman d’Olivier CADIOT, écrivain associé au Festival cette année, et mise en scène par son complice Ludovic LAGARDE.
J’aime les critiques quand ils adorent un spectacle et en erdent leur latin.
Armelle HÉLIOT use des superlatifs comme on arrose une pelouse en été.
C’est mieux que répandre sa bave

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MOUVEMENTS DE FOULE

Publié le par Miss Comédie

 

C’EST LA QUE CA SE PASSE

 

EN  AVIGNON, DANS LA COUR D’HONNEURaffiche jacno

 

Cette année, pas de polémique pour le in : à la cour d’Honneur du Palais des Papes, réconcilie les puristes et les iiconoclastes avec un programme éclectique.   SHAKESPEARE y côtoie GIRAUDOUX, Olivier CADIOT, Christoph MARTHALER, Rodolphe BURGER… 

-  une création contemporaine de Christoph MARTHALER et Anna VUEBROC,

« PAPPERLAPPAP »,  ouvrira le Festival le 7 juillet.

Le lendemain,  un  monument, la pièce qui inaugura le Festival de Jean VILAR en 1947 : « LA TRAGEDIE DE RICHARD II » de Shakespeare, avec Denis PODALYDES dans le rôle titre, mis en scène de Jean-Baptiste SASTRE.

Ce spectacle, dans son décor magnifique, sera diffusé en direct par France 2.

La sélection qui suit  est  intéressante, je vous en parlerai au fil des jours. 

 

BAL SOUS LE PONT  

 

Cette année pour le 14 juillet,  on dansera sous le pont !  Pourquoi pas dessus ? Parce que c’est un tas de pierres en ruines et que les travaux coûteraient trop cher. Non, mais dessous c’est aussi rigolo on peut encore chanter la chanson : « sous  le pont d’Avignon » et le tour est joué.

L’animateur de ce retour aux sources  est  Rodomphe BURGER et l’entrée sera filtrée…

 

GRAND-MESSE AU CLOITRE DES CELESTINS

L’un des plus beaux lieux du Festival sera le thâtre d’un spectacle très initiatique créé par Anne Teresa de KEERSMAEKER, mêlant danse et musique polyphonique du XIVème siècle, pas vraiment du yéyé.

Le Festival d’Avignon ouvre mercredi è juillet et dure jusqu’au 2

J ‘aurai tout le temps de vous parler des moments forts du OFF, qui surgissent au jour le jour.

 

EN VILLE, ON VA AU CINE

 

Trois spots qui valent le coup doeil :

 

COPACABANA avec Isabelle HUPPERT et sa fille Lolita,  Sur la photo, on se demande où est la mère et où est la fille.  En fait, on reconnaît la mère à son regard sévère et la fille à son air perdu.   HUPPERT a dû profiter d’un créndeau  en période creuse pour tester les capacités de sa progéniture.

SHCREKOn connaît, c’est le 4ème et dernier.

Devenu papa de trois enfants, même s’il est transporté dans un univers parallèle un peu foutraque, il est temps qu’il prenne sa retraite.  

TOURNEE

Prix de la Mise en scène au dernier Festival de Cannes.  On attend TOURNEE au tournant.

Mathieu AMALRIC n’est pas si jeune que ça : 45 balais et plusieurs films dans sa besace, après avoir été l’assistant-stagiaire de Louis MALLE sur AU REVOIR LES ENFANTS. 

Il est sympa, AMALRIC, même quand il dit en se polissant les ongles « mon film est une bouffée d’oygène » ah ! s’il le dit ça doit être vrai.

Tout le monde a envie de voir ce film, dommage qu’il sorte en Juillet, la plupart d’entre nous auront la tête ailleurs.

 

 

 le masque-448fa-copie-1 MA REVUE DE PRESSE  THRILLER

 

 

CINEMASO

 

Eric  NEUHOFF a vu LA DISPARITION D4ALICE CREED, de l’Anglais  BLAKESON.   J’ai l’impression, à lire son papier, que depuis LE SILENCE DES ANGNEAUX il y avait eu un grand vide et que là, l’effroi est là.

Trois personnages, un huis clos, un kidnapping dont on ne sait ni la raison ni comment il finira… et la belle Gemma ARTERTON, ex James-Bond girl,  qui est à la fois la victime et peut-être le bourreau.  Il paraît que la fin est cruelle.  J'irai pas.

 

 

 

 

 

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STARS EN PLEIN AIR

Publié le par Miss Comédie

 

PATRICE LECONTE  LIT  LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTSLECONTE

 

Toute malice, toute finesse, toute légèreté, c’est Patrice LECONTE.  Il ne se contente pas de faire des films, il écrit des livres.  Il ne se contente pas de les écrire, il les lit.  Oh, c’est surtout  par amitié qu’il a accepté l’invitation de Martine LIMONTA, l’initiatrice des LECTURES DANS UN JARDIN.  Et aussi par amitié pour son petit groupe d’amis de la Drôme, mais enfin, il l’a  fait.

 Loin des projecteurs, surtout.  Dans le secret enclos d’un jardin odorant, bruissant de chants d’oiseaux.

 IVAN le maître des lieux a installé une centaine de chaises face à la grande bâtisse de style provençal au crépi clair, toutes fenêtres ouvertes sur sa lumière intérieure.

La nuit est belle et tiède, le comble du luxe cette année…

Sur la petite estrade, une table couverte d’un tapis jaune, une lampe, une bouteille d’eau, un verre.

Patrice a commencé sa lecture par une boutade, comme d’habitude, et puis comme ça, comme s’il était dans son salon entouré de ses proches, il nous a raconté l’histoire simple de Thomas à la recherche de la femme de sa vie.  Thomas n’aime que les femmes aux cheveux courts, ce qui rend la chose encore plus difficile… et puis c’est un séducteur, elles lui tombent toutes sur le paletot…

Un texte  primesautier, un peu désuet, d’un style à la Raymond QUENEAU, très parisien et vif, qu’il a lu avec la même vivacité, mettant peu à peu de la couleur sur des situations délicieusement inattendues et cocasses.

Gros succès.  Tout le monde voulait acheter le livre et avoir sa dédicace.   Patrice LECONTE signait inlassablement, on lui apportait de temps en temps un verre du nouveau cru du Domaine de GRANGENEUVE, baptisé « TENTATION DE LA MARQUISE »… (GRIGNAN n’est pas loin…)

Divine soirée en compagnie d’une star sans faux col et des heureux habitants d’une région bénie des dieux.

 

RICHARD  GALLIANO  CE SOIR À FOURVIÈREgalliano

 

Ma mère achetait déjà des disques de lui dans les années 80, je trouvais ça bizarre, elle qui n’aimait que le classique et le jazz -  et bien, justement, richard GALLIANO, je devais le constater plus tard, est un des rares accordéonistes qui ait donné à cet instrument des accents jazzy, d’abord, et tout récemment, des accents classiques avec son dernier album « BACH » sorti chez Deutsche Grammophon, s’il vous plait,  faut le faire !

Je ne dirai pas que ça me colle au plafond, je préfère sa musique quand elle reste au stade folklorique supérieur, dirons-nous, mais pourquoi pas, Art BLAKEY et les Jazz MESSENGERS l’ont bien fait.

En tous cas Richard GALLIANO est maintenant reconnu par ses pairs comme une star du jazz classique et son accordéon brille du même éclat que celui de Carlos GARDEL ou d’Astor PIAZZOLA.

Il y aura foule ce soir au Théâtre Romain de FOURVIERE, et la nuit sera chaude dans tous les sens du terme.

 

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NOUVELLE VAGUE D'ACTEURS, LES LISEURS

Publié le par Miss Comédie

 

Oui, je vais encore parler de ce que je n’ai pas vu, et que ceux que ça gêne ferment les onglets et basta.

 

EDOUARD BAER, LA VOIX DE SON MAITREpatrick-modiano.jpg

 

Notre baladin national Edouard BAER, qui voue une adoration et il n’est pas le seul, à l’immense MODIANO, lit son roman UN PEDIGREE avec l’ardeur contenue  d’un vrai fan.  Non, je ne l’ai pas vu, mais j’ai lu une  interview où il décrit ses motivations et ses états d’âme avec une modestie convaincante.

UN  PEDIGREE est, pour les fous de MODIANO, son livre le plus personnel, écrit comme un simple résumé de sa jeunesse, comme un curriculum vitae, sans les variations romanesques de l’imagination.

Edouard BAER lit aussi simplement ce texte que MODIANO l’a écrit.

Lui qui pratique l’ironie, la parodie et le burlesque avec une classe folle, doit être étonnant à entendre dans un registre plus intime presque à contre-emploi…..

C’est au théâtre de l’ATELIER  mais il faut faire vite, il ne joue que jusqu’au 26 juilet.

 

 

FABRICE LUCHINI, OSE MURAY s_fabrice_luchini.jpg

 

Après BAER seul en scène brochure à la main, voici LUCHINI toujours seul en scène et  texte à la main, c’est apparemment devenu son dada.

Cette fois il lit Philippe MURAY, un auteur que personne ne connaît  car les médias se méfient : cet homme est dangereux !!  Il s’attaque à notre époque et à ses aberrations avec des portraits grinçantes de personnages en vue,  des caricatures très loin du politiquement correct… 

On imagine la délectation de LUCHINI a balancer ces horreurs dans son phrasé précieux et sans avoir l’air d’y toucher….

Il le fait au Théâtre de l’Atelier, les 29 et 30 juin et le 1er juillet.

 

 

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NOUVELLE VAGUE DE FESTIVALS

Publié le par Miss Comédie

 

  UN AUTRE SE LEVE  A GRIGNANjpg_chateaux_grignan-2.jpg

 

Le Festival de la Coorespondance à GRIGNAN ouvre le bal, du 7 au 11 juillet.

Thème : le théâtre.   On aurait pu espérer une édition « théâtrale », haute en couleur, starisée un max.  A lire le programme, on est un peu déçu.  En fait de stars on a GALABRU, l’éternelle Claire CHAZAL, Michel BOUQUET que tout le monde révère comme le Pape, Jean-Louis TRI,NTIGNANT  qui chancelle un peu, Olivier PY que pas grand-monde connaît.   Ils nous liront du Jean VILAR, du J.L. BARRAULT, du Georges PERROS, du LABICHE, du IONESCO, du B.M. KOLTES, du Theenessee WILLIAMS, mais pas toujours à des heures follichonnes.

Heureusement il y aura aussi du théâtre : LE ROI S’AMUSE, de Victor HUGO, mis en scène par François RANCILLAC, avec Denis LAVANT dans le rôle du bouffon (normal).

Le rideau se lève mercredi 30 juillet, devant la superbe façade du Château de GRIGNAN.    Et ça dure jusqu’au 21 août.

 

…  ET A AVIGNONaffiche_jacno.jpg

 

Du 7 au 27 juillet, la grande Kermesse revient.  On découvre toujours la programmation avec stupeur et tremblements.

Cette année, dans la Cour d’Honneur, quoi ?

Une pièce de SHAKESPEARE, ouf, montée par Frédéric SASTRE, avec une pléiade de comédiens de bonne pointure.  Entre autres, Denis PODALYDES de la Comédie Française.  Et un certain Jean ECHENOZ : serait-ce un homonyme, ou bien l’écrivain lauréat du Prix Goncourt avec un JE M4EN VAIS, suivi de plusieurs autres opus formidables ?  Il aurait voulu se payer le luxe de mouiller sa chemise  dans un rôle mineur uniquement pour voir ce que ça fait ?

Nous trouvons aussi une pièce de IONESCO, à la Salle Montfavet : DELIRE A DEUX, mis en scène par Christophe FEUTRIER et joué par Valérie DREVILLE et Didier GALAS.

Encore du théâtre contemporain avec une pièce d’Olivier CADIOT,  UN NID POUR QUOI FAIRE, mis en scène de Ludovic LAGARDE.  Je ne connais pas cet auteur, aucune sensation prémonitoire donc.

D’autres pièces contemporaines figurent à la sélection IN et dans des points stratégiques de la ville.

Pour le OFF, il faudra attendre encore un peu pour voir se dessiner les HITS de la saison.

 

 

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MONSTRES SACRÉS

Publié le par Miss Comédie

 

Pour ces deux-là, le portrait express est quasi impossible ! Leur vie à toutes deux est un véritable roman-fleuve.  Quelques moments forts, des images choc, et soudain l’icône apparaît, intacte dans la mémoire collective.

 

SARAH  BERNHARDT,  LA PARISIENNEsarah bernhardt

Enfa nt de la balle vraie de vraie !  Fille d’une courtisane, courtisane elle-même à ses dé buts,  née de père inconnu, abandonnée par sa  mère et élevée par une nourrice :  tout ce qu’il faut pour être libre de choisir son chemin. 

Un chemin si bien choisi qu’il l’a portée aux nues : sacrée plus grande tragédienne française du XIXème siècele avec RACHEL, elle fut la première comédienne à avoir franchi les océans pour se produire dans tous les continents.

Et quel fut le déclic qui orienta sa destinée vers le théâtre ?

Une première expérience d’amateur, un petit rôle dans un spectacle monté par son couvent.   Elle qui idolâtrait RACHEL, son aînée de 23 ans,  allait bientôt  prendre la relève.

Elle eut rapidement un protecteur, le duc de MORNY, qui aida bien le destin en la faisant entrer au Conservatoire d’Art Dramatique de Paris.  La grande porte pour devenir sociétaire de la COMÉDIE FRANçAISE … d’où elle est renvoyée pour avoir giflé une autre sociétaire, puis rappelée pour jouer les grands premiers rôles.

Mais c’est avec sa propre compagnie créée en 1880, qu’elle prend vraiment son envol et parcourt le monde, de triomphe en triomphe.

Sarah BERNHARDT aimait séjourner dans son blokHaus de BELLE-ILE, où elle entraînait ses amants.

Un nombre étourdissant d’amants !  Des nobles, des acteurs, des écrivains, des femmes… De Lucien GUITRY à MOUNET-SULLY, et même Victor HUGO, et des députés qui la rétribuaient elle n’en rougissait pas, et Gustave DORÉ, et jusqu’au prince de GALLES !

 

 

Sarah BERNHARDT eut un mari, un acteur grec morphinomane, qui mourut à 34 ans.

Elle eut un enfant, un fils, d’un noble belge, le prince de Ligne.

 

Malgré son caractère exécrable, tout semblait lui réussir.  Mais un jour, pendant une représentation de TOSCA, elle saute un parapet et chute sur le genou gauche qui la fait souffrir ensuite durant onze ans, jusqu’à l’amputation inévitable en 1914, l’année de sa Légion d’Honneur.

C’est tout elle, un enchaînement de bonheurs et de malheurs qu’elle encaisse  superbement.

Elle fut la première à porter le surnom de « monstre sacré » que lui donna Jean COCTEAU.

Et Oscar WILDE écrivit pour elle le rôle fabuleux de SALOMÉ, qui fut son rôle fétiche.

Sarah BERNHARDT joua dans plus de 120 spectacles au théâtre, mais aussi au cinéma, alors muet, dont un film autobiographique, « Sarah Bernhardt à Belle-Ile », en 1912, qui décrit sa vie quotidienne, un peu comme MADONNA, quoi.

Elle mourut à 79 ans dans les bras de son fils… Elle était encore en train de tourner un film pour éponger ses dettes…

Son souhait était d’être enterrée à BELLE-ILE, mais ses proches voulaient pour elle une dernière demeure plus prestigieuse : Le PERE LACHAISE, évidemment !

 

MARYLIN MONROE, l’AMERICAINEmarylin.jpg

 Elle nait le 1er juin 1926 à Los Angeles.  

Vingt ans plus tard, c’est une  star internationale.

Encore seize ans, elle n’est plus de ce monde.

Une comète qui a traversé le ciel à la vitesse de la lumière.

De famille d’accueil en établissements spécialisés, sa jeune vie commence sous le signe de la solitude.  Sa mère n’est pas en état de s’occuper de ses trois enfants, son père est un inconnu pour elle, divorcé de sa mère deux ans après sa naissance.

A 16 ans, comme une fuite, elle épouse son voisin ouvrier dans une usine aéronautique et quand il part rejoindre les Marines en 1944, MARYLIN travaille à l’usine à  ignifuger les avions… On croit rêver.

En 1945 elle rencontre un photographe… aïe aïe aïe, c’est le début de la pelote… elle fait fureur dans une campagne pour maillots de bain, puis les photos de mode, puis un film publicitaire…  elle n’est pourtant encore que « mannequin ».

 

Le cinéma arrive très vite, avec son premier contrat avec la FOX, en 1946.  Elle a tout juste 20 ans !  Sa première apparition à l’écran est dans THE SHOCKING MISS PILGRIM, où elle joue une standardiste…

Le reste… va à une allure folle. Ca s’enchaîne avec de plus en plus de frénésie, tout le monde la veut.

Le fameux calendrier où elle est superbement nue, c’est en 1952. Scandale.  Rebond de célébrité.  Une année faste aussi côté coeur : quand la légende du base-ball rencontre la légende du sex-appeal… JOE DI MAGGIO épouse MARYLIN et elle dit  à la presse : « Je veux maintenant me consacrer uniquement à mon mariage… »   Elle était sûrement sincère.   Quant à lui, avec son physique de brute, il est celui qui ne lui a jamais fait aucun mal.

Mais MARYLIN  avait besoin d’autre chose que d’un sportif. Elle admirait les intellectuels et se laissa prendre aux sortilèges de l’esprit.

2 juin 1956 presque le jour de ses 30 ans, elle épouse Arthur MILLER et se retire des écrans.  Ils vivent leur amour à LONG ISLAND.  MARYLIN se met à lire des livres.Marylin001.jpg

 

Années soixante : l’apogée.  Tous ses films sont des succès.  Le monde entier vénère son image… et sa voix !  Quelle voix ensorcelante, avec ses « poum poum pidou » inimitables,  jamais égalés !

Mais sa santé se dégrade.  Sa santé morale.   Elle glisse lentement dans l’engrenage des médicaments, des somnifères, de l’alcool.

Comment éviter cela, quand le monde entier en fait une idole, quand la foule l’entoure, l’injurie et l’invoque en même temps, quand elle se sent au centre d’un nœud d’intrigues et de calculs financiers  ? Comment ne pas perdre ses repères, son équilibre, son individualité ?

1960 : Arthur MILLER écrit THE MISFITS pour MARYLIN.  Le tournage, sous la direction de John HUSTON, se passe mal.  Marylin est souvent malade, absente.  Film maudit :  Clark GABLE meurt d’une crise cardiaque pendant le tournage.  La rumeur accuse le comportement de MARYLIN, ayant créé un désordre fatal.  

LES MISFITS  est le premier bide de MARYLIN.

Son divorce avec Athur MILLER arrive tout de suite après. Est-il la conséquence immédiate de cet échec ?   C’est aussi l’état de dépendance où MARYLIN est tombée, l’influence de l’alcool et des somnifères qui l’obligent à se faire interner pour désintoxication.  Ce chéri n’a peut-être pas supporté tout ça…

Ne cherchez pas sur YOU TUBE la Cérémonie des GOLDEN GLOBES du 5 mars 1962 où MARYLIN reçoit son prix en état d’ivresse, titubant et articulant avec peine quelques mots de remerciements… par une extrême délicatesse des organisateurs, la cérémonie n’a pas été diffusée.

Et pourtant, elle s’achète sa première maison, 12305, Fifth Helen Drive, BRENTWOOD, Cal.

Et pourtant, elle accepte encore un film qui porte le titre prémonitoire de SOMETHING GOT TO GIVE.

Et pourtant, elle ose encore quitter le tournage pendant la pause déjeuner pour aller chanter avec quel glamour ! « HAPPY BIRTHDAY MISTER PRESIDENT », à la fête d’anniversaire du Président KENNEDY, provoquant la colère de Jacky qui interdit à MARYLIN l’accès à la fête privée.

Et pourtant, elle s’efforce de continuer à tourner les dernières scènes du film  mais elle est au bout du rouleau.  La FOX diffuse la rumeur de son renvoi et parle de Kim NOVACK pour la remplacer…

Tout, ensuite, ira très vite. MARYLIN est seule, désespérément seule.

Le samedi 4 août, lorsque son ami Peter LAWFORD lui téléphone à 19h 45, elle l’inquiète par sa voix confuse et triste.  Elle est dans sa maison de BRENTWOOD, en compagnie de sa gouvernante, une dame engagée par le docteurGREENSON.

LAWFORD rappelle plusieurs fois, la ligne est occupée.  Quand il a enfin la gouvernante, il est 20h30 et celle-ci lui dit que tout va bien.

MARYLIN était déjà probablement morte.

Ce n’est que cinq heures plus tard que le docteur GREENSON (qui se trouvait là par hasard ?)  a prévenu la police de la mort de Marylin.

Elle avait 36 ans et elle était belle, tellement belle qu’elle faisait mal aux yeux de certains.  Quelle que soit la cause de sa mort, elle lui a évité bien d’autres désillusions.

 

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MONSTRES SACRÉS

Publié le par Miss Comédie

 

 

MOLIÈRE,  LE PARISIENJB-POquelin.jpg

On ne sait pas exactement le jour de sa naissance, mais celui de son baptême à Saint-Eustache, le 15 janvier 1622. 

Jean-Baptiste POQUELIN  n’est pas vraiment un enfant de la balle : il part dans la vie avec tous les atouts d’un fils de famille. Il se destine à prendre la suite de son père, tapissier du Roi Louis XIII et fait des études de riche au futur lycée Louis-le-Grand,

On l’emmène voir les représentations de l’Hôtel de Bourgogne, il est troublé.

Il assiste aussi aux improvisations de l’école de la comedia dell’arte, il est ébranlé.  Mais, pas encore de déclic.

 Il  commence des études de droit puis signe son engagement à succédetr à son père comme tapissier du Roi,…

Un jour de 1640 il rencontre la famille BEJART.   Famille de comédiens, désargentés, illuminés de la grâce du théâtre, baladins romantiques et nomades.   Jean-Baptiste tombe amoureux de Madeleine, comme chacun sait.

Elle l’entraîne dans leur tourbillon magique et le voilà qui peu à peu tombe dans le piège.   En 1643 il annonce à son père qu’il renonce à sa charge de tapissier et son père, ulcéré, lui coupe les vivres.

C’est  là que Jean-Baptiste POQUELIN devient  MOLIÈRE, enfant de la balle.  Il a 21 ans.  De riche, il devient pauvre.  Mais une passion qui vaut son pesant d’or l’habite.

Les débuts sont difficiles, il n’est encore que comédien mais sa voix particulière et ses mimiques (on pense à Galabru)  lui assurent un succès grandissant.

C’est avec « LE DOCTEUR AMOUREUX »  qu’il fait la conquête de Louis XIV.

Ensuite tout fut facile.

MOLIERE  est mort après avoir joué LE MALADE IMAGINAIRE, au soir du 17 février 1673, chez lui et non sur scène comme on se plait à le croire.

Le titre de la pièce est déjà  un clin d’œil sardonique !  A la 4ème représentation, pris de convulsions, il est transporté chez lui et meurt d’une congestion pulmonaire pas du tout imaginaire.

L’un des plus illustres Parisiens est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

 

 GERARD  DEPARDIEU,  LE VOYOUgerard_depardieu.jpg

 

0n peut le comparer à MOLIERE, sauf qu’il n’a pas écrit de pièces. 

Il est lui aussi, un symbole vivant de l’art dramatique.

Il est né, avec un nom pareil, deux jours après la naissance du Christ.

A Chateauroux, tout le monde le sait.  Tout le monde sait aussi qu’il a passé le plus clair de son enfance dans la rue et qu’il y a pratiqué toutes sortes de bêtises, comme un véritable enfant de la balle.

A dix-sept ans, il signe sa licence junior dans le CLUB DE FOOT BALL  « La Berrichonne » de CHATEAUROUX.

Oui, notre Cyrano est fou de foot, la perfection  n’est pas de ce monde.

Gérard DEPARDIEU  est  une star de cinéma.  Oui, mais il a fait aussi beaucoup de théâtre, et ses choix étaient loin d’être primaires.  Il a joué souvent sous la direction de Claude REGY mais aussi, à ses débuts, de Jean-Laurent COCHET (décidément on parle beaucoup de lui dans ce blog !)

Je me souviens de lui dans LA CHEVAUCHÉE SUR LE LAC DE CONSTANCE, de Peter HANDKE : élégant, gominé, mystérieux face à Jeanne MOREAU et Delphine SEYRIG, excusez-moi du peu.

Gérard DEPARDIEU ne pouvait pas être l’homme d’une seule femme. Pourtant, il met 14 ans à concrétiser son divorce avec Elizabeth, la délicieuse comédienne qui ne sera jamais célèbre.

Après elle, Karine SYLLA,  Carole BOUQUET,  Hélène BIZOT, Clémentine IGOU…  Deux  enfants naturels, roxane et Jean, l’une de Karine SYLLA, l’autre d’Hélène BIZOT.

Dans la vie comme dans ses choix professionnels, DEPARDIEU est un mélange  de finesse et de balourdise, d’angélisme et de brutalité, de féminité et de virilité.

Cet étrange amalgame de vice et de vertu  est le secret de son immense talent.

 

Mercredi, rencontre entre  Sarah BERNHARDT  et Marylin MONROE..

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NOUVEAU COUP DE FOUDRE

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LORENZACCIO  VU PAR  CLAUDIA STAVISKY, DU GRAND ART

Deux heures et demie de pur bonheur.  Un spectacle beaucoup plus emballant qu’un match de foot.  La  grandeur et la violence de la langue de MUSSET dans la bouche d’une bande  de jeunes comédiens  pétant le feu pour  raconter  le destin malheureux d’un jeune homme épris de justice.
MUSSET avait 24 ans quand il a écrit LORENZACCIO et il n’a jamais vu sa pièce jouée.  Elle débordait du cadre traditionnel de la dramaturgie de l’époque et choquait par ses propos subversifs.  
Aujourd’hui, elle explose comme un feu d’artifice.
On oublie Gérard  PHILIPE en regardant Thibault  VINçON  jouer le confident fidèle pour arriver à ses fins.
On oublie  Daniel IVERNEL en regardant Alexandre ZAMBEAUX  manipuler les hommes avec un charme pervers.
ALEXANDRE joue avec LORENZO comme le chat avec la souris, et pourtant c’est lui tombera le premier sous les coups de son faux ami.
La pièce se passe à Florence du temps de François Ier, mais son propos est de tous les temps et la mise en scène de Claudia STAVISKY fait l’amalgame avec finesse.  Le texte intégral est respecté.   Costumes contemporains, noirs pour les hommes, rouges ou blanc pour les femmes.  La   même flamme habite les protagonistes d’hier et les acteurs d’aujourd’hui.
On est saisis d’étonnement et d’admiration devant la fluidité de leur langage, pas un savonnage, pas un oubli dans des tirades qui font parfois plus de cinq minutes.  Les voix emplissent le chapiteau,   circulent entre les gradins, on est sur une place de Florence avec des assauts venant des ruelles, on se bat, on s’affronte, on est dans les banlieues, et puis soudain tout s’arrête et la musique de Chopin fait l’intermède.   Pourquoi CHOPIN ?   Est-ce pour rappeler  son point commun avec MUSSIET ?
Ce spectacle est un tour de force.   Un travail fou  sur la mémoire, sur la concentration, sur l’énergie.   Pas un seul comédien n’est en dessous.  Pas de demi-teinte, dans ces affrontements verbaux qui annoncent une fin tragique.
Et la sincérité VRAIE domine l’ensemble.
On se sent éperdu de tristesse à l’annonce de l’assasinat de LORENZO, pris pour cible par la foule  manipulée.
L’ovation finale, énorme,  sembla étonner  les dix-sept comédiens fourbus, et leur sourire s’illumina de reconnaissance.  La troupe et le public s’applaudirent de concert, dans un même élan de bonheur.


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DEUXIÈME SOUFFLE

Publié le par Miss Comédie

POUR  LE  TEXTE .....

 

Pendant le week-end j’ai travaillé dur.  Après le spectacle, pendant le pot rituel au bar du théâtre, Thierry et moi avons passé en revue les faiblesses  de la pièce et convenu des modifications à y apporter.

J’ai donc écrit une avant-dernière scène marquant le pas entre la scène des aveux de Marylou et la surprise finale, qui arrivait trop vite.Affiche-def-jpg

Ensuite j’ai repris le manuscrit et remis en place toutes les répliques supprimées qu’il me semblait devoir rétablir.

En ce moment ils ont déjà la scène sur leur Mac et  me donneront leur avis lors de notre prochaine réunion.

Il suffit de peu de choses.   Re-positionnée  après sa première représentation, la pièce va prendre un rythme solide et une dimension comique plus affirmative.     Son deuxième souffle.

 

 

…. ET POUR LES COMÉDIENS

 

Pour Célandine, pas trop de problème, on l’aura compris.  Pour mes deux phénomènes masculins, c’est autre chose.

thierry était mort de trac, ça se voyait, il avait  dans le collimateur : son rôle, la mise en scène, les accessoires, le timing.  Pas trop libre de chiader son personnage.   Mais il a une telle nature comique naturelle qu’elle reprendra très vite le dessus.  Je sais ce qu’il peut donner et le personnage de CHARLES a tout pour le faire déborder,  s’éclater.  J’ai hâte de le voir  jeudi prochain.

Clément, apparemment très à l’aise dans son rôle de médiateur, se contente d’utiliser sa belle voix et sa dégaine mais il n’a pas encore pris la mesure de l’importance de son rôle.   Je le veux plus concerné, plus impérieux dans ses arguments,  moins passif dans l’écoute des confidences de l’un et de l’autre, et plus démonstratif.  Qu’il charge !   qu’ils chargent tous les deux, je  suis sûre  qu’ils sont capables de « charger » sans vulgarité et les répliques porteraient mieux.

Tout cela serait probablement venu avec le temps.  Mais justement, nous n’avons pas beaucoup de temps !   Seulement douze représentations et ensuite… mystère, selon son succès et les hasards de spectateurs influents…

Il y aura probablement une captation filmée dans les dernières représentations et cela donnera peut-être à TENTATIVE D’ÉVASION une ouvertiure vers des opportunités inconnues…

 

 

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ECOLES DE STARS

Publié le par Miss Comédie

 

 

Oui, le métier du théâtre ça s’apprend.  Celui du cinéma aussi… Pour arriver à rivaliser avec les plus grands, Yvan ATTAL a fait ses classes aussi bien dans l’art de jouer la comédie que dans celui de faire des films.

Il faut saluer bien bas les guides éclairés qui, modestement, dans l’ombre, livrent leurs secrets de fabrication aux futures têtes d’affiche.

JEAN-LAURENT COCHET, LE GUIDE VERT  (OU PRESQUE)

 

Après ce que j’écrivais  dans un post récent  sur les comédiens qu’on n’entend pas au-delà du 3ème rang d’orchestre, ce cher J.L COCHET   apporte de l’eau à mon moulin.

« Il faut au moins cinquante ans pour apprendre son métier », écrit-il.  Là, il exagère, autant passer tout de suite à autre chose.

Mais lui qui fut l’élève de madame DUSSANE, attache beaucoup d’importance à l’ « apprentissage », comme pour n’importe quel métier.

Les plus grands acteurs actuels sont passés chez lui, à part égale avec le prestigieux cours SIMON, mais les jeunots préfèrent  aujourd’hui aller au cours FLORENT, ou mieux chez Francis HUSTER, même si ce n’est pas souvent lui qui donne le cours.

Moi j’aimais l’ambiiance conviviale du cours de Yves FURET.

Tous ces cours préparent au master class : le CONSERVATOIRE.  Et là, la sélection est sévère.  Mais on peut aussi sauter la case car il faut accepter de rentrer dans le moule et s’aliéner tous les chemins de traverse, cinéma, télévision, pour ne se consacrer qu’aux grands textes.  Beaucoup  s’en sont échappés prématurément, avides de liberté.

Ce cher COCHET vient d’écrire un livre, un guide, un bréviaire, qui porte un beau titre : L’ART ET LA TECHNIQUE DU COMÉDIEN, COMME UN SUPPLÉMENT D’ÂME.

Un supplément d’âme, oui.  Mais surtout un supplément de muscle.  Parce que l’âme, il faut la rendre perceptible au public et pour cela il y a des recettes. C’est un entraînement de sportif, ni plus ni moins.

Ca se lit facilement même si on n’est pas du métier,  car il y a plein d’anecdotes succulentes sur ces anciens élèves.

 

 

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MON DERNIER COUP DE COEUR

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ENNEAS -  NEUF,   UN SPECTACLE QUI A DU SOUFFLETheatreParisVillette.jpg

 

Frédéric CONSTANT est un jeune metteur en scène/acteur du CDN d’Orléans.  Inspiré par l’ENEIDE de Virgile, il a imaginé un spectacle retraçant le voyage d’Enée, survivant de la guerre de Troie.  Une succession de tableaux, autant de péripéties, d’anecdotes, Ennée est devenu Enneas,  champion de boxe, à la recherche d’une terre d’asile, de son père Anchise, d’un sens à sa vie.   Ses rencontres nous transportent d’une soirée de Gala à Carthage jusqu’à un café de Buenos-Aires en passant par le Latium.   Les comédiens changent d’ambiance avec la même énergie dévastatrice.  Ils occupent le plateau avec jouissance, ils sont dans leur monde, une dizaine, garons et filles aussi  habités, aussi talentueux.  

C’est plein de musiques, de tous horizons, de chansons, de pitreriesr et de larmes. C’est la vie, ce sont les temps de guerre et puis les temps d’après la guerre et d’avant la guerre, nous sommes les habitant d’une planète où doit régner la guerre.

Ce spectacle est un poème  épique, spectacle vivant s’il en est.

 

Je pensais que son auteur l’avait conçu dans le silence d’une retraite solitaire,  loin de la ville, dans la lecture approfondie des textes antiques, et ben non.

Frédéric CONSTANT, avec qui j’ai parlé à l’entracte, m’a détrompée : la pièce est une œuvre commune, le fruit de rencontres répétées, d’improvisations autour du thème, d’échanges et de confrontations fraternelles.

Il a ensuite  donné l’enchaînement, le bonheur du texte écrit, le rythme,  l’humour, à  toutes ces  étapes du voyage éternel de  l’homme à la recherche de son destin.

Le spectacle dure trois heures, mais on ne regarde jamais sa montre.

Grande-Halle-de-la-Villette-2003_photo2.jpgA la sortie, la grande Halle de la Villette se dresse devant nous, illuminée, gracieuse araignée de métal.  Le ciel est encore clair, la nuit est douce.  Ces édifices qui nous entourent sont  les témoins de notre é poque : des reconstitutions, des copies.  On brode sur l’héritage immense de nos ancêtres qui ont tout inventé.  Depuis les cathédrales, what else ?

 

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UN FESTIVAL SANS ECLAT

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LES FRANçAIS S’EN SORTENT BIEN1269873097 affiche-63e-festival-de-cannes 23

 

XAVIER BEAUVOIS remporte le GRAND PRIX DU FESTIVAL avec « DES HOMMES ET DES DIEUX », un très beau titre,  un film très beau aussi mais qui n’engendre pas la folle gaîté.  Décidément, ce  GRAND PRIX a la vocation, l’année dernière il avait été décerné au PROPHETE, de Jacques AUDIARD.

Le film raconte la fin tristement prévisible des  huit moines sisterciens  enlevés par un groupe islamiste en 1996.  Le film décrit leur vie monacale, leur entente paisible avec leurs homologues musulmans, et leur fin brutale.  Pas ou très peu de musique, des chants grégoriens, une ambiance spirituelle qui a dû embrûmer les esprits des Festivaliers.

 

MATTHIEU AMALRIC, prix de la Mise en Scène, c’est sûrement très mérité et cela remet un peu les choses à leur place.  Son film TOURNÉE a visiblement séduit par le rythme de cette histoire qui se passe dans le show-business avec ses folies, ses enthousiasmes et ses trahisons.   J’irai le voir, vite !

 

 

OLIVIER ASSAYAS a convaincu la critique mais pas le Jury, avec son film CARLOS qui dure cinq heures  et démonte tous les mécanismes politiques et autres qui démolissent toutes les idéologies et  font du terrorisme un mouvement sans justification.

 

TAVERNIER a imposé un film historique et très académique, habité de sa flamme habituelle et surtout porté par une Mélanie THIERRY qui a mis tout le monde en émoi.  « Un film magnifique »,  commentaire unanime, mais de ce fait interdit de Palme d’Or.

JULIETTE BINOCHE, ON DECROCHEjuliette-binoche

le film de  Abbas KIOROSTAMI  « COPIE CONFORME » : un sommet d’ennui.   Apparemment, une logorrhée soporifique. Tous les sujets y passent, l’art, l’amour, la famille, toutes les platitudes sont débitées  avec des mines graves. Voilà, c’est comme si je l’avais vu, Julette BINOCHE est toujours très grave.   Et c’est peut-être sa gravité qui a séduit les jurés endormis de ce Festival en lui décernant le Prix d’Interprétation féminine.

JEAN-LUC GODARD, A BOUT DE SOUFFLE

Bon,  le journaliste Eric NEUHOFF quand il n’aime pas un film, ne mâche pas ses mots. Là, il parle de « gâtisme en action », et regrette le temps du MEPRIS.  Mais il n’est pas le seul, tout le monde était d’ accord pour lapider ce pauvre vieux qui n’en peut plus et traiter son film « FILM SOCIALISME » de « sans film et sans socialisme », du n’importe quoi.  « Retire-toi, Auguste, et rentre en ton domaine. »

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GROS PLANS SUR LA CROISETTE

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  CEREMONIE D’OUVERTURE

 

Petit discours de l’anglo-francophone Kristin SCOTT THOMAS, présentation des membres du Jury et, en dernier, du Président Tim BURTON.  On le lève tous pour Tim BURTON.  Pot-pourri d’extraits de ses films.  Moment musical qui lui est dédié.  Il a enlevé ses lunettes bleues, on voit qu’il ne voit rien.

C’est un grand bonhomme, maintenant, il a franchi le pas du cinéaste un peu brindzingue  il est passé membre des happy few.

 

DES STARS, OUI MAIS DES PAS D’ICI

 

Je reviens sur ce que je disais l’autre jour, si, il y a des stars à Cannes.  La majorité n’est pas de chez nous, mais j’ai vu quelques têtes qui se sont faufilées sur le tapis rouge pour se faire tirer le portrait, alors qu’elles n’ont rien à présenter : Clotilde COURAU, la princesse qui a le blues, Elsa ZYLBERSTEIN elle est partout, Sandrine BONNAIRE, pour chercher le soleil de Satan ? Alain DELON main dans la main avec Claudia pour se refaire un guépard,  Anna MOUGLALIS  qui veut se redonner une chance, et encore je ne sais plus qui.

Cela fait toujours crépiter les flashes.

 

            AMALRIC  DIVERTIT, OLIVER STONE CAPTIVE

 

Son film TOURNEE n’a pas soulevé de polémique, il a mis tout le monde de bonne humeur avec sa clique de danseuses américaines déjantées et son personnage de producteur minable à la Ed Wood.  Mais a-t-il l’envergure pour rivaliser avec WALL STREET ?

Oliver STONE porte bien son nom. Avec Michaël DOUGLAS il fonce sur la Croisette comme un poids lourd  bien rodé.  La réplique de WALL STREET : « Quand tu arrêteras de dire des mensonges sur moi, j’arrêterai de dire la vérité sur toi. » Boum.…

Lequel des deux est à sa place à Cannes ? Un gouffre les sépare.

 

 

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LE FESTIVAL COMME SI J'Y ÉTAIS

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ROBIN DES BOIS  LE VRAIrussell-crowe-444x600

 

Non, ce n’est pas qu’un ROBIN DES BOIS de plus, c’est une renaissance à la RIDLEY SCOTT, le magicien de toutes les légendes.

Ecrasés, Errol FLYNN et Kevin COSTNER, pauvres fantoches sans consistance.  Russel CROWE surgit, massif mais délicat, pas bavard mais maniant la flèche comme personne, dans l’univers foisonnant et cruel d’un XIIIème siècle  parfaitement reconstitué.

La critique de TELERAMA est suffisamment argumentée pour qu’on lui prête foi.

S’il n’était pas présenté hors compétition, il faudrait lui donner la palme pour son côté rassembleur.

 

 

KEN   LOACH  S’INCRUSTE

 

C’est du favoritisme !  A deux jours de l’ouverture, Thierry FREMEAUX annonce un nouveau film dans la Sélection, celui de Ken LOACH dont c’est la dixième participation aui Festival !   Son titre : ROUTE IRISH, il sera projeté le 20 mai et il y aura peut-être ensuite distribution d’irish coffees.  (Moi je n’aime pas du tout Ken LOACH).

 

 

LES DEUX VIEUX SALES GOSSES

 

WOODY ALLEN ne veut pas faire partie de la compétition.  Mais il veut être à Cannes.  Alors il présente son YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER dans lequel ne tourne pas Carla BRUNI.

JEAN-LUC  GODARD à 80 balais continue de faire des excentricités. Son film FILM SOCIALISME (qu’est-ce que ça veut dire ?)

 

MAIS Où SONT NOS STARS ?

 

Pour autant que je sache, il y aura cette année à Cannes, capitale du cinéma, deux comédiennes françaises superstar :  Juliette BINOCHE et Charlotte GAINSBOURG.  C’est un peu fort de café.   Les aficionados qui campent déjà

au pied des marches n’auront à se mettre sous la dent que des belles américaines :  Cate BLANCHETT, ROBIN WRIGHT PENN,  Kirsten DNST (la  Marie-Antoinette de Sofia COPPOLA), Gemma ARTERTON (vedette du film de Stephen FREARS : Tamara Drewe, hors compétition.

Mais où sont Catherine DENEUVE,  Nathalie BAYE, Isabelle ADJANI, Fanny ARDANT, Sophie MARCEAU, Vanessa PARADIS, Emmanuelle BEART ?  Dieu sait qu’on en a, des belles, nous aussi et pourquoi on les fait pas tourner ?

Ce sont elles qui excitent les photographes, qui mettent le feu au tapis rouge en perdant leur bretelle de sous-tif.  Elles avaient succédé aux belles Italiennes qui mettaient la Croisette à feu et à sang.

 

CANNES, FINI DE RIRE

 

Les badauds ne s’accoudent plus à la balustrade de la Croisette pour mater les starlettes en bikini  dans leur numéro de bronzette.

Plus de starlettes sur la plage ou alors, ce sont des fausses.  Les vraies se planquent dans leur chambre d’hôtel jusqu’à l’heure du taxi-driving to the red carpet.  D’ailleurs, les starlettes ça n’existe plus.  On connaît les it girls, les top models ou les espoirs.  Et là déjà, elles réservent leurs charmes  à l’exercice de leur métier mais à la ville, elles se cachent.

 Sophia LOREN faisait une pause au milieu du tapis rouge et tournait lentement sur elle-même  en envoyant des baisers. Vous imaginez Julette BINOCHE faisant ça ?

 

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CA BOUGE SUR LA CROISETTE...

Publié le par Miss Comédie

 

UNE  STAR  SIGNE L’AFFICHE1269873097 affiche-63e-festival-de-cannes 23

Oui, la photographe Brigitte LACOMBE est une star.  La preuve, elle vit aux Etats-Unis.  Ses portraits d’actrices et  d’acteurs font  du bruit dans les expos.

Elle nous a donné entre autres,  des images sublimes de Catherine DENEUVE, qui est déjublime, c’est dire.

 Ici, Julette BINOCHE écrivant dans l’air le chiffre  de l’édition 2010 du Festival, silhouette noire sur fond bleu nuit,  c’est très austère  mais ça a de l’allure.

Julette BINOCHE est en compétition dans un film de la sélection officielle. Je trouve que l’avoir choisie pour l’affiche est un peu tendancieux. C’est comme si Gilles JACOB et consorts avaient déjà  donné leur avis, non ?

 

JULIETTE BINOCHE  DOUBLEMENT À L’AFFICHEjuliette-binoche.jpg

 

Elle joue du stylo magique sur l’affiche du Festival,  c’est une chose.

Mais elle joue aussi un rôle de femme  meurtrie mais courageuse (un rôle fait pour elle) dans COPIE CONFORME, un film de Abbas KIAROSTAMI qui médite ici sur la perception d’une œuvre d’art.

On la dit formidable dans ce rôle et donc candidate pour le prix d’interprétation. Alors qui sait si, à force de la voir sur l’affiche, le jury ne sera pas inconsciemment influencé ?

 

LE CHIFFRE 63  INSPIRE MARTIN SCORSESE.

 

le-guepard-affiche_50696_4499.jpgQuel film eut la Palme d’Or en 1963 ?  Ce fut LE GUÉPARD, de Luchino VISCONTI.  Un film culte mais qui comportait des longueurs pour notre société avide d’aller vite au but.

Martin SCORSESE  s’est attelé à la tâche, aidé par un subside faramineux, offert par la maison GUCCI : 900 000 $ à la FILM FONDATION  que dirige le grand réalisateur.

La nouvelle copie sera projetée en exclusivité mondiale le 14 mai à CANNES.

Y aura de quoi faire pâlir de jalousie tous les autres réalisateurs.

 

CHARLOTTE FOR EVER

 

Elle sera là encore cette année !  Avec un film peut-être moins traumatisant que son ANTECHRIST de l’an dernier, j’espère pour elle !

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Ce film,  THE TREE, signé Julie BERTUCELLI, sera projeté en clôture du Festival, le dimanche 23 mai.

Ce film onirique, tourné en Australie, raconte l’histoire d’une petite fille que la mort de son père a traumatisée.  Elle entend sa voix surgir des profondeurs du tronc d’un arbre que son père affectionnait.  Elle veut faire partager ce mystère à sa mère et ses frères qui  hésitent à la croire…

Encore un sujet douloureux, sombre et végétal pour notre Charlotte, mais elle n’aura à subir aucune violence sexuelle, d’après le synopsis.

De toute façon, le film de clôture n’est pas en compétition.

 

 

 

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QUAND LES ACTEURS RÉALISENT...

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JEAN ROCHEFORT ENFOURCHE SON CHEVAL DE BATAILLE235535-jean-rochefort-637x0-2.jpg

Il a mis le temps !  Mais c’était écrit dans son karma  : réaliser un film sur les chevaux, ses meilleurs compagnons, ses amis.

« Je fais mon premier film à 80 balais. J’en avais 30 quand je me suis vraiment mis à l’équitation….

CAVALIERS SEULS n’est pas exactement un documentaire, c’est une histoire sur l’Homo Sapiens, sur la nécessité des autres pour survivre, pour transmettre… »

Et quand on lui demande si lui aussi, comme le héros du film, a envie de transmettre, il répond «  Je  ne vois pas  ce que je pourrais bien transmettre. »

Là, point de cet humour acerbe qu’il a toujours pratiqué. C’est une affirmation sincère et sans chichis.

Comme lorsqu’il annonce son prochain projet, le rôle d’un vieux sculpteur dans un film espagnol de Fernando Trueba :  « ce sera mon dernier rôle. »

On ne s’apitoie pas, s’il vous plait.

 

 

JULIE DELPY,  HORS DES SENTIERS BATTUS

Là, je sacrifie àu buzz, car en ce moment elle est dans l’air.

Elle réalise des films  sans battre le rappel des medias.   Les gens de la rue ne la19309883.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20100316_031723.jpg connaissent pas,  les gens du métier la respectent.    Sa filmo est impressionnante, mais  on ne la voit pas souvent sur le tapis rouge, ce n’est pas qu’elle est mauvaise, c’est qu’elle fait des choix hors des sentiers tapis rouge.

Son visage de madone n’invite pas à la gaudriole,  sa beauté est très intérieure. 

Je me souviens d’elle dans TYKKO MOON, ce film-BD d’Enki BILAL, elle jouait un personnage d’humanoïde tout-à-fait conforme à sa morphologie.

Elle a tourné avec les plus grands : GODARD (DETECTIVE), Bertrand TAVERNIER (La PASSION BEATRICE),  KIESLOWSKI (TROIS COULEURS…), dans la série URGENCES, de Michael CRICHTON, .

Son prochain projet est un peu gonflé : SKYLAB est un film de science-fiction où elle réunit des gens comme  Aure ATIKA, Noémie LVOVSKY, Bernadette LAFONT,  et surtout, le tout beau tout bon Eric ELMOSNINO qui fut un éblouissant GAINSBOURG. (Quoi ? vous le trouvez pas beau ?  Allons…)

La petite Julie  s’attaque à un truc casse-gueule, une aventure dans l’espace, mais… elle est capable de nous mettre en orbite.

 

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NOUVELLES TÊTES

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TIM BURTON, UN PRESIDENT  FOU MAIS PAS TROPCANNES.jpg

Tim BURTON, on est pour, au départ.  Quand on consulte sa filmographie, on se dit qu’il ne peut pas faire de mauvais choix : il a la folie douce et non torturée.

 

EMMANUEL  CARRERE, UN JUREECLECTIQUE

Pas mal comme idée, c’est un touche à tout qui a une certaine hauteur de vues. L ‘ADVERSAIRE, UN ROMAN RUSSE,  LA CLASSE DE NEIGE, LA MOUSTACHE, il est l’auteur de ces romans qu’il a adaptés pour le cinéma.

 

BERTRAND TAVERNIER,  XAVIER BEAUV OIS, JACQUES AMALRIC  LES HEUREUX SELECTIONNES.

TAVERNIER pour LA PRINCESSE MONTPENSIER, BEAUVOIS pour DES HOMMES ET DES DIEUX, et AMALRIC pour  TOURNEE, tous ces films ne sont pas encore sortis en salle.

 

ET LES AUTRES ?

On ne connaît toujours pas le sort de SOCIALISME, de Jean-Luc GODARD.

Ni celui de CARLOS, d’Olivier ASSAYAS.

Ni celui de LE BRUIT DES GLAçONS, de Bertrand BLIER.

Trois vétérans  qui ne dépareraient pas dans le décor…

 

ET LES AMÉRICAINS ?

Apparemment, il n’y aura qu’un seul film pour représenter les US : FAIR GAMES, de DOUG LIMAN.

WOODY ALLEN,  puisqu’il a toujours refusé de venir à Cannes, sera seulement proposé hors compétition.

¨Pourtant, il y avait en piste  STEPHEN FREARS, et OLIVER STONE avec WALL STREET, qui marquait le retour de Michael DOUGLAS sur la Croisette après 18 ans d’absence !   Encore un vétéran laissé de côté.

Mais il n’ay a pas davantage de jeune garde  dans la Sélection, car tous les autres films étrangers sont signés de noms connus.

 

QUI FAIT L’OUVERTURE ?

ROBIN DES BOIS ET RUSSEL CROW, L’OUVERTURE en FANFARErussell-crowe-444x600.jpg

RIDLEY SCOTT est le réalisateur le mieux placé pour ouvrir le Festival, puisqu’il a deux films en compétition, dont ce magnifique ROBIN DES BOIS fdont on a déjà vu la bande-annonce, échevelante.   Encore un qui va battre des records d’audience.

 

ET LA CLOTURE ?

Encore un mystère.  CLINT EASTWOOD et MATT DAMON avec HEREAFTER ?

Terence MALICK et BRAD PITT avec TREE OF LIFE ?

Christopher NOLAN et Leonardo di CAPRIO avec INCEPTION ?

Trois géants du box-office vont seront tirés au sort…

 

Voilà les premièrs potins glanés ça et là, mais qui restent à confirmer. Une chose étonnante, c’est qu’à une semaine de l’ouverture, on ne sait vraiment pas grand-chose !!! Ca doit discutailler ferme dans leur comité.

 

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MES CROONERS EN OR MASSIF

Publié le par Miss Comédie

 

NAT  KING  COLE,   UNFORGETTABLE

C’est lui le plus grand crooner des années 50.   Ses parents, comme J.S BACH, ont eu treize enfants, et cinq seulement ont survécu, dont Nathaniel, dit NAT.   KING c’est venu plus tard, avec la gloire.

Encore  un  dont le papa était pasteur et la maman chef des chœurs dans l’église de leur ville, et le petit Nat chante à la chorale et joue de l’orgue le dimanche, chapeauté par sa maman.

Louis ARMSTRONG  régnait sur la planète jazz et NAT était fasciné par sa musique.

Le NAT COLE TRIO devient le NAT KING COLE trio lorsque Nat a l’idée de chanter pour animer un peu le spectacle.  Good idea, la cote monte en flèche.

On l’invite  à Las VEGAS.    Mais en cette année 1946 les Noirs sont encore exclus du Casino où se produit Nat KING COLE et lorsqu’il l’apprend, il rompt son contrat et refuse d’y jouer.

Et puis c’est l’escalade.  Le premier album enregistré, avec la chanson I  LOVE YOU FOR SENTIMENTAL REASONS,  fait un tabac.  D’autres suivent sur la lancée.  1950 :  sortie de MONA LISA, une chanson que Nat n’aimait pas et qui se vend à plus de 3 millions d’exemplaires.

1951 : l’album UNFORGETTABLE YOU explose les ventes.

Tournée en Europe. En 1960, la reine ELISABETH l’invite à chanter au Palais Victoria.  Maintenant, on l’invite à « chanter », plus à jouer.  Cependant, il s’accompagne toujours au piano, ce qui ajoute à son charme…

Sa voix de velours nous donne encore le frisson…

Malgré sa popularité, il était Noir et ça cette épooque-là ça ne pardonnait pas. Lorsqu’il voulut s’installer à Los Angeles dans le quartier riche, habité exclusivement par des Blancs, il reçut une lettre signée de tout le voisinage lui indiquant que ce quartier était interdit aux «personnes indésirables », à quoi Nat répondit par une autre lettre, affirmant que s’il rencontrait un jour ce genre de personnes, il le leur ferait savoir.

NAT KING COLE est mort du cancer du poumon à 45 ans, après avoir enregistré son dernier album : L-O-V-E…..

 

 FRANK  SINATRA,   THE VOICE

Trois ans de plus que NAT KING COLE, il a mené sa carrière  à la même époque mais comme il était Blanc, il a eu la gloire plus rapide et plusfacile.

Et puis, il a fait du cinéma, et ça, surtout avec des réalisateurs siciliens comme lui, ça aide.

Quand même, ses disques se sont bien vendus : 150 millions au total !

Bref, carrière internationale et pluridisciplinaire, yeux bleus et morale absente, c’était un voyou mais de haute volée.

Qui peut dire s’il a trempé dans l’assassinat des KENNEDY ?

Depuis ses débuts en 1940 comme chanteur dans l’orchestre de Tommy Doorsey, chaque année a été marquée par un pas de plus dans la célébrité.

Cinéma et disques à part égale, avec des crêtes de vague comme en 1953 le mythique TANT QU’IL Y AURA DES HOMMES où on le voit dans une scène d’anthologie se rouler une pelle sur la plage avec              qui lui vaut un Oscar.

Comme en 1955, L’HOMME AU BRAS D’OR, avec Kim NOVAK,

Comme en 1956, la chanson I’VE GOT YOU UNDER MY SKIN.

J’en saute un max pour arriver à STRANGER IN THE NIGHT, en 1966, succès planétaire encore aujourd’hui.

Heureux en amour, il eut la chance d’avoir Ava GARDNER  légalement dans son lit,  après quoi il fit des choix plus discutables.

Et aussi : comment peut-on être à la fois ami avec la famille KENNEDY,  Grace KELLY et… Lucky LUCIANO et Willie MORETTI le big boss de la MAFIA ?

SINATRA avait plusieurs voix, la voix mauvais genre, la voix sexe, la voix jazzy, mais la seule qui le rendait aimable était sa voix blues, chargée  de nostalgie et de douceur.

Il est mort en décembre 1995.  Je ne sais pas comment ni pourquoi.

 

 

ADELE BLANC-SEC, TAMBOUR BATTANTlouise_bourgoin_reference.jpg

 

Au début, on trouve qu’il y a beaucoup de bruit et on comprends rien. Comme souvent, il faut un moment pour entrer dans le jeu.

Que dire de ce film ?  Un peu brouillon quand même, mais surtout, il y a LOUISE BOURGOIN, une nature !  Elle est belle mais pas nunuche, elle a du tempérament mais sans vulgarit,  et elle l’avait déjà montré dans LA FILLE DE MONACO.

Autour d’elle il y a quelques zombies assez drôles, mais elle occupe l’espace !

Elle chevauche un oiseau géant comme dans AVATAR, il y a quelques belles images (pas beaucoup) dont celles de la partie de tennis tragique mais je n’en dirai pas plus.   Bref, c’est pas mal,  mais c’est surtout la Bourgoinette qui vaut le détour.

 

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NOUVEAU DÉCOR POUR LES MOLIÈRES

Publié le par Miss Comédie

 

LA MAISON DES ARTS ET DE LA CULTURE DE CRÉTEILCreteil_MAC.jpg


Elle ne date pas d’hier.  Voulue par André MALRAUX, elle a été inaugurée en 1977.

 Les amoureux du théâtre la connaissent bien, il s’y donne régulièrement des spectacles subventionnés. 

Tout le monde disait : « les people n’iront pas à Créteil pour les Molières. »

Et bien les 1000 places de la grande salle étaient occupées.   Vous me direz, les habitants de CRETEIL ont dû recevoir des billets gratuits.  Peut-être, mais les people étaient là aussi : les gros plans ne trompent pas.

Même Madame la Présidente Line RENAUD, qui a perdu de son agilité, est venue déclarer ouverte la 24ème Cérémonie des MOLIERES. (avec S ou sans S ?)

Michel DRUCKER et sa nièce MARIE ont fait office de présentateurs dans la sobriété, sans essayer de faire leur numéro.  Le petit couac de l’enveloppe ne les a pas (trop) démontés, il faut dire que ça doit être déstabilisant, tout-à-coup, de chercher partout l’enveloppe contenant la gagnante des Espoirs Féminins…  Edouard BAER en aurait fait  un one man show...  Michel DRUCKER en a vu d’autres.  Ce qui est bien c’est qu’il les connaît tous, absolument tous, il les tutoie et même le Ministre ! Il lui donne du Frédéric, c’est tout juste s’il ne lui pète pas la bise.  Bref, pour ce qui est de la Grande Famille, pas de fausse note, à part celle du théâtre Public qui nous a tourné un compliment au vinaigre (Madame MNOUCHKINE avait refusé de figurer parmi les metteurs en scène mais elle n’a pas refusé la récompense, qui lui a permis d’envoyer un acteur au charbon.) 

Frédéric MITTERRAND a été exemplaire de dignité, sous les sifflets.

Pourquoi mélanger le théâtre et la politique ?  Ils n’ont rien à faire ensnemble. 

 

N OUVEAUX GALONS POUR LES CHEVRONNÉS

 

dominique-blanc.jpgBien sûr, Dominique BLANC a déjà été moultes fois récompensée. Bien sûr, Laurent TERZIEFF avait déjà reçu plusieurs MOLIÈRES.    Bien sûr, GALABRU…  Mais comme par  hasard, ce sont eux qui nous donnent le  plus de bonheur quand ils font leur petit speech.  Ils parlent d’or.  Ils ne la ramènent pas. Ils ne récriminent pas.  Ils sont auréolés de leur talent et de leur charisme.

interview_de_laurent_terzieff_pour_sa_reprise_de_hughie1_im.jpgLa phrase de Laurent TERZIEFF est à retenir : « le théâtre ce n’erst pas ceci ou bien cela, le théâtre c’est  ceci ET cela. »  Ovation.

Bien sûr, il manquait des gens à l’appel.  Mais on ne peut appeler tout le monde, le théâtre est de plus en plus prolifique.   Les productions de la province convergent vers Paris et ses cent cinquante salles de spectacle.

  LA NUIT DES ROIS de Nicolas BRIANCON, qui a cumulé les récompenses, a débuté sa carrière au Festival d’Anjou  l’été dernier et de succès en succès, s’est retrouvée dans la sélection.  Le talent récompensé. 

 

47226-eric-assous-637x0-1.jpgUN AUTEUR HEUREUX : ERIC ASSOUS

Heureux parce qu’il a eu la chance d’attirer l’attention de  Jean-Luc MOREAU (il l’a d’ailleurs bien remercié) au point de lui écrire trois (ou quatre ?) pièces d'affilée, toutes montées avec le même succès.

Heureux parce que sa pièce L’ILLUSION CONJUGALE se joue à guichets fermés depuis la rentrée et continue jusqu’en juillet, au théâtre Tristan BERNARD, et part ensuite en tournée.

Heureux parce que cette pièce est jouée par trois comédiens top : Jean-Luc MOREAU qui l’a mise en scène, Isabelle GELINAS et José PAUL.

Heureux enfin,  parcqu’il a été reconnu et récompensé du MOLIÈRE du meilleur auteur francophone, le veinard.  Il a ainsi rendu heureux Jean-Luc MOREAU qui a moins regretté de n’avoir pas eu le MOLIERE de la mise en scène.

  Eric ASSOUS  a une bonne tête de rat de bibliothèque, on l’imagine dans un désordre fou, rivé à son ordinateur, pianotant ses histoires de famille sans relâche, cherchant de nouvelles intrigues conjugales, il ne doit pas faire bon être sa compagne, il a trouvé mieux que le placard pour dissimuler l’amant de passage…

Bon j'arrête de lui lancer des fleurs, c'est un rival très dangereux celui-là.

 

 

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NOUVELLES IMPRESSIONS DE THÉÂTRE

Publié le par Miss Comédie

 

JE LISAIS, L’AUTEUR ÉCOUTAIT

 

Il m’est déjà arrivé de me trouver assise à une table, la brochure devant moi, les autres personnages en face, et le metteur en scène au bout.

Mais j’étais comédienne et je lisais un texte en attendant des instructions.

Je n’avais pas d’avis à donner sur la qualité de mes répliques, je devais

éviter de faire la  chipoteuse qui demande à « dire ça autrement », à étoffer mon rôle ou à couper dans un monologue assomant.

C’était le metteur en scène qui  me disait comment il voyait mon personnage,

et comment je devais l’interpréter.  Bien sûr, j’avais des propositions à faire

pour adapter le rôle à ma personnalité propre.  Soit elles étaient bonnes et

elles étaient adoptées, soit on passait.

L’auteur assistait rarement à ces répétitions, soit parce qu’il était mort, soit

parce que.

Le metteur en scène était maître à bord. C’était tout simple.

 

LES ACTEURS LISENT, JE LES ÉCOUTE.

 

Je les trouve sympas d’avoir demandé à ce que j’assiste aux répèt.  Pour la lecture d’aujourd’hui,  où l’on passait en revue le texte dans son intégralité,  on avait besoin de mon accord pour couper ou modifier certaines répliques, pour sabrer dans les longueurs.

Cela s’est passé tout naturellement, ça tombait sous le sens,  THIERRY suggérait, on coupait, on sabrait, on était tous d’accord.

Mais pour les prochaines répétitions, sur scène, brochure en mains, c’est une

affaire entre les acteurs et le metteur en scène.  J’irai quelquefois, me planquer dans l’obscurité de la salle, écouter et regarder, le coeur battant, ce que deviennent mes mots.

 

COMMENT Ça SE PASSE UNE PREMIERE LECTURE  ?

 

Donc j’avais le trac.  J’avais peur de la confrontation avec ces jeunes fous

du théâtre d’aujourd’hui, moi qui vit en loup solitaire depuis des années.

Peur de ne pas trouver l’attitude qu’il faut, les mots qu’il faut.

Ils sont arrivés face à moi dans l’allée de l’immeuble, et d’emblée j’ai su que le courant passait.

On s’est installés dans la salle  éclairée par quelques projos, devant la scène, chacun sur une petite table avec sa brochure et une tasse de café, on s’est regardés, on a ri un peu, et puis THIERRY a dit « on y va » et a déclenché le chronomètre.

 

CELANDINE JOUE MARYLOU

J’avais vu jouer CÉLANDINE à Paris dans une pièce montée par THIERRY à la GAITÉ MONTPARNASSE.  THIERRY jouait aussi, mais lui je connaissais depuis longtemps sa nature et son talent.   J’ai trouvé CELANDINE parfaite, mutine, drôle, fine.… une jolie brunette, hélas pour moi et pour mon personnage Marylou… et comme par hasard, je la retrouve aujourd’hui  en

ravissante blonde.  Premier signe de connivence !

 

CLEMENT  JOUE  LUC

Quant à CLÉMENT, qui joue le rôle de LUC, je l’avais rencontré au NOMBRIL il y a quelque temps, impression  neutre,  absence d’ions positifs ni négatifs.  L’alchimie s’est déclenchée aujourd’hui sans esbroufe, juste naturellement positive.  D’abord il est beau, très important, grand dégingandé  doté d’une voix magiquement belle et sonore. Que demander de plus ?

 

ET THIERRY EST CHARLES…

Parlons enfin de THIERRY, l’âme du projet.  Une belle âme, à vrai dire, une nature généreuse, ouverte au dialogue,  une facilité à faire rire autant qu’à faire pleurer  dont seuls les grands comiques ont le secret.

Il dirige LE NOMBRIL DU MONDE depuis plus de vingt ans, avec des spectacles qu’il écrit lui-même pour le café-théâtre, et des cours d’art dramatique qui font beaucoup d’adeptes.

Il est le metteur en scène de TENTATIVE D’ÉVASION,  la première pièce de théâtre qu’il va tester sur son public.  Je lui fais entièrement confiance.

 

 ET  LE  DÉCOR ?

Aujourd’hui se posent les questions.   La scène est vide, tout est à construire.  Doit-on jouer dans le réalisme d’un décor traditionnel ?  Ou s’échapper des contraintes pour amener le spectateur à s’étonner, à imaginer autant qu’écouter ?

Tout est ouvert.

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NOUVEAUX DÉBUTS DANS LE SHOW-BIZ

Publié le par Miss Comédie

 

MA  COMEDIE FRANCAISEcom-die-F-copie-1.jpg

Frédéric BEIGBEDER a bien écrit un Roman Français, moi c’est une Comédie Française, bien française puisqu’elle traite d’un sujet aussi excitant que la baguette :  la télévision.

Me voici donc dans un nouveau rôle, celui d’AUTEUR !

Mon métier de comédienne m’a donné de bonnes bases pour apprécier le travail des autres….  Les trois acteurs qui vont lire aujourd’hui pour la première fois mon texte, sont jeunes mais déjà bien rôdés, et  ils ont la pêche.

C’est de bon augure, non ?

 

ROBERTO ALAGNA  PASSE A LA RITOURNELLEalagna.jpg

Triomphe à Berlin dans CARMEN, bientôt triomphe à Vienne avec MANON. Mais entre les deux, triomphe partout avec le SICILIEN et ses airs populaires qui font fureur.  Du coup, Roberto ALAGNA  change de cap.   Il fait comme son modèle PAVAROTTI, il se met à la chansonnette.  Cet été, il chantera Luis MARIANO dans les Festivals !  Sa vocation :  juste utiliser sa voix pour donner du bonheur à tout le monde, c’est une vocation charismatique et non pas élitiste.

Pareil pour STING mais dans l’autre sens  !  Voilà qu’il part en tournée avec le Royal PHILARMONIC ORCHESTRA, pour chanter du BACH, du PURCELL, du SHUBERT !

Et Richard GALLIANO qui nous sort un sublime album intitulé BACH, c’est une reconversion qui semble aller de soi, une attirance naturelle  vers le sacré.

Tous ces nouveaux débuts, il paraît que c’est tendance, ça porte un nom : le cross-over. Voilà.  De l’art de rendre intello des mouvements très basiques, seulement naturels…

 

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MES IDOLES VINTAGE

Publié le par Miss Comédie

 

DALIDA,  L’IDOLE OUBLIÉE


Fut-elle ou ne fut-elle pas la maîtresse de MITTERRAND ?  Si oui, il l’a échappé belle car la grande majorité des amants de DALIDA se sont donné la mort, y compris Lucien MORISSE son Pygmalion et époux maintes fois trompé.

Des amants, on lui en connaît beaucoup, et on ne les connaît pas tous. Elle rayonnait d’une gloire qu’on n’imagine plus.  Elle fut tête d’affiche à l’OLYMPIA sept fois, de 1961 à 1981.  Ses disques se vendaient comme des petits pains dans le monde entier (plus de 120 millions de disques vendus) ; sa chanson BAMBINO vendue à 1/2 millions de 45 tours et N°1 au Hit Parade pendant 39 semaines en 1956…  En plus, elle était belle, avec une touche d’étrangeté qui e, attire plus d’un.

Mais qu’aurait été  IOLANDAGIGLIOTTI, la brune italienne née à Chypre, sans Lucien MORISSE,  fondateur d’Europe 1 ?   On n’en sait rien, mais c’est quand même lui qui chourava BAMBINO, une chanson créée pour Gloria LASSO, la fit enregistrer en une nuit par DALIDA, et la passa ensuite sur l’antenne toutes les heures pendant une semaine.  Résultat : un boom.   Après ça, il fallait suivre.  Ca suivit.  COME PRIMA,  LE GONDOLIER,  DIRLADADA, MAMAN LA PLUS BELLE DU MONDE, HAVA NAGUILA,  J’ATTENDRAI, BESAME MUCHO… il y en a plusieurs centaines  ! et toujours au top.

DALIDA  avait le mal de vivre.   Plus ses chansons donnaient envie de rire ou de danser, plus elle sombrait dans la dépression.

En 1987 elle n’est plus montée sur scène depuis trop longtemps, accaprée par le cinéma et des projet de théâtre.  Ellle n’est plus portée par l’amour de son public, elle se sent abandonnée, et dans la nuit du 2 au 3 mai, ce devait être une douce nuit annonciatrice du vrai printemps, avec le muguet et tout, et bien, elle a dit adieu.

On croit qu’elle est oubliée, mais il existe encore un club fervent de fans qui entretiennent sa mémoire et écoutent ses chansons, sans se lasser.

 

MARIANNE FAITHFULL,  l’IDOLE  FANTÔME


 

Fille d’officier, bien élevée dans la gentry à Londres, elle a  fini en  very bad girl, de cannabis en héro et drogues dures puis en cures de désintoxication, mais elle s’en est bien sortie.

Elle fait des débuts très glamour, chanteuse dans des bars, et c’est là qu’elle est remarquée par son futur Prince Charmant,  Mick JAGGER lui-même.  Elle avait déjà cette voix chevrotante, irrésistible.

 Coup de foudre réciproque, liaison durable.   Il l’emmène chanter dans  les stades.  Keith RICHARD lui écrit une chanson AS TEARS GO BY, qui lui va bien, elle monte en popularité.  C’était dans les années 1965-66.

Elle avait déjà divorcé d’un mec bien, dont elle avait  eu un fils, Nicolas Dunbar, qui ne l’a jamais quittée.

Ses disques ?  Moi je me souviens de SISTER MORPHINE, qu’on écoutait dans les soirées en se passant un   joint.  

Mais là où elle me terrasse, c’est dans la chanson du film de Patrice LECONTE, « LA FILLE SUR LE PONT »  dans une scène  pudiquement torride (oui oui) où sa voix  fait encore monter la fièvre.  Je ne sais pas comment s’appelle cette chanson.

C’est Mick JAGGER et sa bande qui l’ont initiée à la drogue.  Mais quand elle l’a quitté, c’était déjà trop tard.  Elle a doucement plongé … et puis elle est revenue à la surface, peut-être grâce à son fils.

Maintenant, à 64 ans, elle fume, elle boit, mais elle ne touche plus aux substances.  Elle a acquis un détachement  suprême.  Enfin, c’est ce qu’elle dit dans les interviews… on ne va pas voir à quoi elle passe ses soirées intimes.

Elle était belle,  et elle l’est encore, d’une beauté pas franche  qui dégageait un charme  malsain.  Elle a séduit GODARD, qui lui a fait jouer son propre rôle dans MADE IN USA.   Mais pour le cinéma, elle était trop  écrasante.  Il lui aurait fallu des rôles comme MACBETH, La FOLLE DE CHAILLOT ou PHEDRE…

Je me souviens de son petit rôle dans le MARIE-ANTOINETTE de Sofia COPPOLA…

Mais en fait : qu’est-ce au juste qui l’a rendue célèbre ?  Très peu de disques, presque pas de concerts, pas de films… Sa liaison avec Mick JAGGER ? 

Son disque le plus vendu   est STRANGE WEATHER, mais qui le connaît ?

En fait,  pour aimer Marianne FAITHFULL il faut avoir un  penchant pour l’underground.

 

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COMPLÈTEMENT SOUL

Publié le par Miss Comédie

 

ARETHA FRANKLIN, THE QUEEN


Impossible de résister à sa frénésie.  Prenez une piste de danse vide.   Suggérez au DJ de mettre  I SAY A LITTLE PRAYER… Effet  immédiat.  C’est l’affluence.

On oublie vraiment que son père était pasteur et qu’elle a commencé à chanter dans la chorale de l’église de Detroit avec ses sœurs…  ce qui ne l’empêcha pas de se dégourdir assez vite : elle avait 14 ans  quand est né son premier fils, 16 ans le second… voyez le genre.  

Quelle carrière !  Des tubes et des tubes, depuis RESPECT qui est un sommet mondial de la soul,  jusqu’à A ROSE IS STILL A ROSE, le monde entier a dansé sur ses disques.

Elle continue d’habiter Detroit, sa ville natale et ne prend jamais l’avion, c’est pour ça qu’on ne l’a jamais vue en concert. 

Suprême  honneur, le nouveau président des Etats-Unis Barak OBAMA lui a demandé de chanter lors de la crémonie d’investiture, le 20 janvier 2010,

 la chanson «My Country Tis of Thee » de Francis SMITH.

C’est  une star aux 18 Grammy Awards,   encore mieux que Ray CHARLES,

son frêre en soul music.

 

 

RAY  CHARLES, THE GENIUS


A 4 ans il assiste à la mort de son petit frère, noyé.

A  6 ans, il est atteint d’un glaucome qui le rend aveugle.

Mais sa bonne étoile lui donne le don de la composition, et une voix d’or.

Ray CHARLES a eu une carrière fabuleuse, parsemée de succès innombrables et planétaires.

GEORGIA est un hymne magnifique à son pays natal, comme O TOULOUSO celui de Claude NOUGARO (ben oui, quoi).

On aimait sa démarche hésitante d’homme ivre, on aimait le voir jouer,   assis au piano, se tortillant dans tous les sens tout en chantant désespérément.

Comme Aretha FRANKLIN il a chanté le gospel  et la soul, mais aussi le blues, le country, le R&B, et toujours en conquérant.

 

Aretha et lui, ils  auraient pu se marier, il n’avait que douze ans de plus qu’elle et à eux deux ils auraient eu 30 Grammy Awards.   

Il aurait pu chanter « I say a little prayer for you » et elle aurait pu chanter « Hit the Road Jack ».

Ray s’est fait avoir par la drogue, comme les autres. Elle l’a privé de quelques années de gloire… mais jamais au point de le mettre KO comme Miles DAVIS.  Après les triomphes et les récompenses, il a continué à chanter dans les piano-bars et a sorti un ultime album (GENIUS LOVES COMPANY) en 2004  où il chante en duo avec Nora JONES  et quelques autres.

Et puis il meurt d’une maladie de foie à 73 ans… presque le même jour que Ronald REAGAN, le 10 juin 2004.  Et se retrouve  privé de funérailles nationales.   En revanche en France, quel ramdam !  France-Info a diffusé pendant 24h toutes ses chansons et le quotidien Le Monde a même fait sa une avec Ray Charles est mort,  ce qui n’était jamais arrivé que pour des hommes politiques.

En 2005, je suis allée voir RAY, le film de Taylor Hackford,  où Ray CHARLES réapparait sous les traits de Jamie FOX et où l’on peut suivre le cours de sa géniale carrière ainsi que sa descente aux enfers en compagnie de sister héroïne.

 

 

THE MAMAS & THE PAPAS,   UN FEU DE PAILLE


En 1963, John et Michelle PHILLIPS ainsi que les autres membres du groupe vivaient à New-York.  Michelle avait le mal du pays, son pays, la Californie et cela lui inspira la chanson qui fut leur premier tube, CALIFORNIA DREAM.  Il y eut ensuite MONDA Y, MONDAY et leur carrière était lancée.

Mais voilà que Michelle tombe amoureuse de Gene CLARK, le leader des BYRDS, leur rival.  Du coup, elle est exclue du groupe et remplacée par une tocarde qui ne fait pas long feu.  Michelle est réintégrée et ils sortirent un super album DELIVER qui les remit au top des charts.  Mais tout ça avait chaviré l’esprit de leur pote DENNY qui sombra dans l’alcool  et ce fut la douce dégringolade.  LES MAMAS & THE PAPAS n’ont brillé que trois ans au firmament de la pop music… Mais quand on laisse des braises comme CALIFORNIA DREAM,  le feu n’est pas près de s’éteindre.

 

 

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MES GROUPES VINTAGE

Publié le par Miss Comédie

 

SURFING  WITH  THE  BEACH BOYS


Bien sûr, vous vous souvenez des BEACH BOY , le big groupe californien qui a inventé un style et inspiré les Beatles.  Rien que leur nom évoque déjà la plage de Malibu…   A cette époque, tous leurs titres commençaient par « surf ».

Le style californien est une vague déferlante qui les place au top avec une succession de tubes qui s’arrachent dans le monde entier.

1964 :  l’irruption des BEATLES aux USA change un peu la donne, ils leur volent la vedette jusqu’à ce que Brian WILSON se lie d’amitié, petit malin, avec Paul Mc CARTNEY et  le groupe boosté par la compétition, sort leur plus gros succès  « I Get Around »  fin 1964.   Un tsunami planétaire.

Et ça continue, de tube en tube.  Le mythique GOOD VIBRATIONS classé numéro 1 mondial de l’année 1966,  est un hymne à la génération hippie.

Tous leurs disques s’arrachent. Et puis…  Brian WILSON perd peu à peu la tête, devient parano, grossit… et quitte peu à peu la scène pour ne faire que composer.

Il y aura encore bien des retours au top, même après le départ définitif du leader. Les BEACH BOYS restent aujourd’hui le premier groupe américain sur le plan des ventes.

 

MES NUITS AVEC MOODY BLUES


Bien sûr, vous vous souvenez des MOODY BLUES  venus de Birmingham

bousculer les copains BEATLES.  En 1967, leur album « CAYS OF FUTURE PASSED »  avec  l’ ineffable  NIGHTS IN WHITE SATIN  débarque sur la planète  glam rock  pour  nous  faire  planer  des nuits entières.

Leur carrière est riche en rebondissements, leur discographie est impressionnante, avec des titres très singuliers, inspirés par le cosmos ou le spitituel.    Les puristes se souviennent sùrement de « Other Side of Life », « The Keys of the Kingdom »,  « A question of Balance ».   Ce sont des albums inspirés par la vague peace and love,  dont les BEATLES se sont faits eux aussi les hérauts.

 

 

 

MON NIRVANA AVEC PROCOL HARUM


Là, on décolle.  Groupe emblématique de l’époque, en plein délire psychédélique.

  Tout chez eux est d’un autre monde, à commencer par leur nom, qui pose la question : vient-il du  latin « au-delà des choses » ?  ou était-ce le nom du chat d’un de leurs amis ?

 Leur  premier single sorti en 1967  s’envola par-dessus les océans, couvrant la planète des accents envoûtants de « WHITE SHADE OF PALE ».   Une musique inspirée, il faut le savoir, de la cantate 140 et de l’aria de la 3ème suite pour orchestre de J.S BACH… Avec des paroles complètement déjantées du poéte Keith REID,  probablement stone ce jour-là.

Comme souvent, is vont être  stigmatisés par ce succès et ne pourront plus s’en dépétrer, au point qu’ils ne le chantaient plus en concert, mais rien n’y fit. Le single s’arrache encore.

 

et la liste est longue : the KINKS, the RUBETTES, the BEE GEES,  THE MAMAS & THE PAPAS,  mais aussi Aretha FRANKLIN, Ray CHARLES, OTIS REDDING,  et… à vous d’en trouver d’autres !

 

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MES CHANTEURS VINTAGE

Publié le par Miss Comédie

 

NINO  FERRER, VOUS VOUS SOUVENEZ ?

 

 

  Son idéal, à lui, c’était de faire de la musique de jazz.  Pourtant, ce n’est pas avec du jazz qu’il s’est fait connaître, c’est avec une chanson stupide, MIRZA, qui a enflammé les foules, allez savoir pourquoi.  Du coup, comme toujours, il a fallu enchaîner : LES CORNICHONS, LE TÉLÉ FON, etc.    Cela le rendait fou. 

Pourtant, MIRZA, ça venait d’une mélodie de Stevie WONDER qui s’appelait « Lalalala" que Nino adorait et sur laquelle il avait mis des paroles… Et voilà comment le succès attire le succès.

Mais il s’est passé beaucoup de temps avant que n’explose LE SUD.

Oui, s’il fallait se souvenir d’une seule chanson de Nino, ce serait LE SUD.  Un chef-d’œuvre, qu’on peut entendre vingt-cinq fois de suite et chaque fois, avoir les larmes aux yeux.  Et cet écho, dans le lointain, sa voix qui nous arrive d’outre-tombe…  Et ces images  du Sud, on pense à l’Italie, mais il évoque en réalité  la Virginie,  la Guerre de Sécession… Tous les Sud se ressemblent, il y a toujours le soleil qui embellit la vie.

Quand j’ai connu Nino il était beau comme Bowie, plus que Bowie, beaucoup plus !  D’ailleurs Hugo PRATT en avait fait son modèle pour le Capitaine Nino dans CORTO MALTESE EN SIBÉRIE…

C’était un grand romantique.  Il ne fut fidèle qu’à une seule femme, la seule qui eût compté dans sa vie, sa mère adorée.   Un mois exactement après sa disparition il a choisi un champ de blé pour se donner la mort, et la rejoindre dans l’éternité.

 

FRANK  ALAMO, VOUS VOUS SOUVENEZ ?

 

 

 

Le croiriez-vous ? Frank Alamo fut d’abord soliste aux Petits Chanteurs à la Croix de bois !   On l’imagine tout mignon, raie sur le côté, voix d’angelot.

Il est vite devenu  une « idole des jeunes »  avec Johnnty, Eddy,  Cloclo, Dick Rivers et les autres !…

Son tube à lui : « Biche ô ma biche »,  a été  compos par… Mort SHUMAN son ami inséparable.

  Ce  n’était pas vraiment un chanteur-poète.  Il a même fait dans la concession automobile Frank ALAMO  est toujours vivant mais malade, très malade.  Avec courage il continue à participer à Age Tendre et Tête de Bois, la tournée du souvenir.

 

 

MORT SHUMAN EST MORT

 

 

Avec son prénom, il courait le risque.      Il a été très aimé en France, lui qui vient d’Amérique où il composait des chansons pour Elvis PRESLEY.

Il adorait Paris.  Il était ami avec Jacques BREL et FRANK ALAMO.

Ses chansons sont toujours mélancoliques, surtout LE LAC MAJEUR, une très longue mélopée que tout le monde a fredonné un jour, les yeux dans le vague.

MORT SHUMAN  avait un certain charme, le charme de certains gros qui savent vous enjoler avec des mots tendres et des mains calines.

Personne ne se souvient de l’avoir vu sur scène.  Il était timide et la foule lui donnait le trac.

 

DAVE,  A L’OLYMPIA, COMME EN 77 !

 

 

Il n’a jamais vraiment disparu.  Il a fait un nombre incalculable de disques, tous des succès en France, complètement ignorés aux Pays-Bas, son pays natal.

Sa carrière débute à partir des années soixante-dix, avec des tubes comme Sugar Baby Love, Lettre à Hélène, Comment ne pas être amoureux de vous, et le grandiose Vanina, dont la mélodie reprend le dernier mouvement du concerto pour violon de Stravinsky… oui, oui.

Nous avons été un million à avoir acheté le 45 tours.

  Ce soir à l’Olympia il chantera VANINA, mais rien ne vaut la version enregistrée, avec les chœurs  qui font  « wouam » et puis « diwouah » et « toi ouah ouah » en reprenant les finales « loin ouin ouin » et cette cascade de « vanina »  mahtématiquement irréprochable,  que l’on essaie de suivre en chantant mais on n’y arrive pas, c’est trop  acrobatique.  Derrière sa voix on entend  le pianiste qui s’excite dans les aigus,   sur  un rythme paroxysmique.

Un monument de la variété française.

 

Il y en a d’autres, si l’on entre dans le juke-box on n’en finirait pas et chaque fois c’est renversant.  Aretha FRANKLIN, Ray CHARLES, Marianne FAITHFULL… Je me suis fait un festival ce week-end pascal, avec les cloches, bien entendu.

 

 

 

 

 

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NOUVELLE VISION DE LA TRAGÉDIE ANTIQUE

Publié le par Miss Comédie

 

SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER  AUX CÉLESTINS À LYONTh--tre_des_C-lestins.jpg

 

La pièce est dure, réduite à un huis clos familial autour d’une mort suspecte. Le suspense est entretenu longuement, jusqu’à la dernière phrase qui dévoile tout brusquement.  On en a le souffle coupé.

Il faut dire que la comédienne qui joue le personnage central est époustouflante.  On ne la connaît pas.  Elle s’appelle Marie DELMARÈS.

Moins convaincante est la mère qui n’arrive pas à ressentir son rôle, très difficile, de névrosée un peu déclamatoire - un rôle récurrent chez Tennessee WILLIAMS.   Pour l’actrice, c’est un jeu de balancier entre grand-guignol et mélopée qui demande une intériorité continue pour  rester crédible.

Comme le rappelle René LOYON, le metteur en scène, un film avait été tiré de cette pièce, SUDDENLY LAST SUMMER, avec dans les rôles principaux Elizabeth TAYLOR, KATARINE HEPBURN et Montgomery CLIFT…  réunis par le grand Joseph MANKIEVIZC… Tous émules de l’Actors Studio, des bêtes de scène, ce devait être terrassant.

Mais ici, le spectacle est juste ce qu’il faut : la mise en scène sans effets inutiles  laisse au spectateur tout loisir de déguster le texte  (quand on l’entend, car tout de même, disons-le, les acteurs manquent du souffle nécessaire pour porter leur voix au-delà du quatrième rang, c’est un grave défaut actuel)

Je dis « déguster » le texte, mais c’est plutôt « encaisser » le texte que je devrais dire, car tout cela parle de démesure, de violence contenue et de folie.

On est en même temps chez Racine (Phèdre) et chez Pasolini dont la mort ressemble à celle du héros disparu de la pièce.

Le dernier quart d’heure est haletant, on assiste  à un drame inimaginable raconté d’une voix étranglée, sanglotante, par la jeune Marie DELMARÈS qui reste juste  dans l’outrance de la situation.  Chapeau. On sort avec la boule dans la gorge.  Comment était Elizabeth TAYLOR ? 

Cette version de SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER a été créé à Paris à la CARTOUCHERIE de Vincennes en novembre 2009. 

J’ai cherché en vain une production précédente à Paris ou ailleurs, si vous avez une idée, laissez-moi un commentaire, j’aimerais  savoir si d’autres gens de théâtre ont eu envie de s’attaquer à ce chef-d’œuvre.

 

 

(Peut-être un petit mmalin a-t-il monté la pièce sous le titre « SOUDAIN » ?

Comme l’a fait  Krzysztof  WARLIKOWSKI  à l’ODÉON avec « UN TRAMWAY"

qu’il n’a pas voulu nommer désir !…)

 

 

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HEUREUX DÉPAYSEMENTS

Publié le par Miss Comédie

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES,  VITE !alice-in-wonderland-16284-26674123.jpg

 

  La bande-annonce est magique !  Les images sont d’un autre monde !  C’est AVATAR  en mieux !

Cette histoire est faite pour TIM BURTON, il plane dans l’étrange comme  Procol HARUM dans a whiter shade of pale,   il ouvre les portes et on s’engouffre dans son univers délirant, encore plus délirant que dans le livre de Lewis CAROLL.  Les personnages ont des visages de poupées vivantes, teint de cire, yeux saphir, bouche carmin.

Je veux voir comment il a fait voyager ALICE, comment JOHNNY DEPP est  hallucinant, comment La  Reine HELENA BONHAM CARTER   est cruellement belle, et comment le  Chat du Cheshire  a les yeux verts !

 

Vous allez dire « qu’est-ce qu’elle va dire après l’avoir vu ! » Non, parce que là, y aura plus de mots.

Il y a les chiffres par  contre ;  après seulement trois semines d’exploitation, le film en 3D a récolté 165 millions de dollars… Vous allez voir qu’il va titiller AVATAR.  Décidément,  sur la planète CINEMA, la fortune appartient aux superproductions…

 

TIM BURTON   A CANNES  :  WELCOME   MISTER PRESIDENT ! tim-burton-the-nightmare-before-christmas-3d-world-premiere.jpg

 

Tim BURTON (une question que je me pose : est-il le fils de Richard ?) est déjà venu à Cannes, en 1994, présenter ED WOOD.   Gilles Jacob a  jugé qu’il était temps de penser à lui  pour  présider le Jury du prochain FestIival.  S’il vient avec Johnny DEPP, je me paie le billet de train.  Il paraît qu’ il se réjouit de se replonger dans le bain de la profession, après deux ans de réclusion pour tourner ALICE.

Le moment est bien choisi.   Après  EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, ED WOOD, SLEEPY HOLLOW, BATMAN, BIG FISH, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, tous avec  JOHNNY DEPP le m            agnifique,  il nous gratifie d’un big bingo  avec ALICE,  il a le droit d’avoir une voix supplémentaire pour attribuer la Palme d’Or. 

 

 

 

creteil_les_choux2.jpgLES MOLIÈRES IRONT À CRÉTEIL.  TENUE DE CAMPAGNE DE RIGUEUR.

 

Un peu risqué, mais il faut louer ce bel effort  de rajeunissement !    Les MOLIÈRES c’est comme les CÉSARS, on en a marre.  Il faut ou les changer, ou les supprimer.   Donc, on change, pour voir.  On les transporte à CRÉTEIL. 

Mais est-ce que les people  iront là-bas ?   Remarquez, il y a les people du théâtre Public, et les people du théâtre Privé.  Les premiers, ça les dérange pas d’aller là-bas.  Les autres joueront le jeu pour ne pas  être ringards.

Il faudrait qu’ils arrivent de jour pour admirer le gracieux groupe des « choux », une curiosité à ne pas manquer.

Est-ce que les jeunes des banlieues aiment le théâtre ?  C’est l’occasion de leur montrer ce qu’est une grande famille composée et recomposée d’éléments tous horizons confondus.

Mais c’est pas tout !  Cette année, on fait preuve d’imagination.  Pour combler le grand vide de l’avant-distribution des prix, on remplace les pitreries des animateurs par une vraie pièce de théâtre, un FEYDEAU, s’il vous plait, « FEU LA MÈRE DE MADAME », mis en scène par le délicieux Jean-Luc MOREAU (mais hélas il ne joue pas)  avec Emmanuelle DEVOS, Patrick CHESNAIS et Sébastien THIERRY.  Bonne idée !  Ca va chauffer la salle pour les standing ovations.

 

 

 

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PAROLES ET MUSIQUE

Publié le par Miss Comédie

KAZUO   ISHIGURO  COMME CHOPIN.0_IshiguroKazuo1.jpg

Il nous a donné le plus beau roman d’amour du monde, aussi désespéré que ROMEO ET JULIETTE,  « LES VESTIGES DU JOUR ».   Le film était aussi beau que le livre. Les deux m’ont fait arroser mon paletot de larmes existentielles.  J’apprends qu’il vient de composer un opus musical par le titre,  pictural par le contenu, cinq histoires burlesques ou tristes, mais lui vous dirait « c’est pas triste, c’est seulement la vie ».

Ca s’appelle « NOCTURNES », et si la musique s’en mêle, alors, là, où allons-nous cacher nos larmes ?  Je cite une phrase qu’il a dite au sujet de ce livre,

« l’inconfortable vérité à laquelle mes personnages doivent faire face quand ils admettent, un peu tard, qu’ils ne seront jamais ce qu’ils avaient rêvé d’être ».

 



THE  DRUMS  AS GOOD  AS  THE  KINKS ?the-drums-summertime.jpg

 

Je dirais pas vraiment.  La grande rumeur qu’on appelle le buzz de la planète jazz les compare.  Ils n’ont pas écouté vraiment les KINKS… Leur SUMMER TIME est autrement enlevé, bien que les DRUMS fassent un grand tapage avec leurs instruments.   Question voix, ils n’en ont pas.  C’est dramatique.

Ecoutez donc les chanteurs des Moody Blues, des Procol Harum et consorts…  Non, on ne refera pas les sixties.

 




Stacey_Kent-402c1.jpgSTACEY  KENT  CHANTE LA  FRANCE

 

Avec sa petite voix acidulée, elle était l’idole de Fréfdéric CHARBOT, l’animateur de FREQUENCE JAZZ dans les années 90 (non, déjà ?).

J’avais tout de suite acheté le disque, mais sur la pochette elle avait un grand nez, ça gâchait un peu le côté lolita de sa voix.

Son dernier album est un hymne à la douce France et à la « langue de Molière » (quand est-ce qu’on se mettra au goût du jour ? La langue de Yasmina Reza serait plus adapté)

Cet album, « RACONTE-MOI », est une petite merveille.  Sa voix, aux inflexions « paradisiaques », module les dix titres avec émotion, douceur et simplicité.  Sa voix a la profondeur qu’il faut pour ne pas être mièvre, comme je ne citerai personne.  La chanson de BIOLAY f « JARDIN D’HIVER » est trop bien.  Et LES VACANCES AU BORD DE LA MER, de JONASZ, un petit conte de fées.

Mais pour moi, la plus belle, c’est LE JARDIN D’HIVER, de BIOLAY.

 

 

 

ARIELLE DOMBASLE  ENCHANTE LA CIGALEaffiche_la_cigale.jpg

 

Quand elle n’est pas au bar du Montalembert avec son amoureux  - Dieu qu’ils sont beaux ! -  elle fourbit ses armes de choc (guêpière, bas résille, make-up et  talons-tour-eiffel) car dans la vie, elle danse.

Du CRAZY HORSE  à la CIGALE, elle a époustouflé des salles entières, avec son corps de déesse et sa voix de sirène (« GLAMOUR À MORT ! » il faut oser)

Elle est adorable cette fille qui offre ses charmes sans lésiner, après tout si son mari lui permet, vu qu’ils s’adorent, qui va trouver à redire ?

Parfois je trouve qu’elle en fait un peu trop dans le maniérisme, mais l’instant d’après elle éclate de rire et tout va bien.  Elle sait exactement où elle est, et elle a le sens de l’humour.  La CIGALE, c’est pas le théâtre de la Madeleine, hein ?

Mais vite, dépêche-toi, Arielle, les années passent vite, vite…

 

 

MARGUERITE DURAS ET  L’AMANTE ANGLAISE SE REVOIENTAffiche-Amante-Anglaise-40x60-bis.jpg

 

C’est une pièce dure, très dure.  Et les mots de la DURAS ne sont pas faits pour adoucir les choses.

Sujet terrible, un fait-divers (DURAS aimait beaucoup les faits-divers) survenu en 1949  :  Claire, 51 ans,  tue sa cousine sourde et muette, la découpe en morceaux et les jette dans le wagon d’un train qui passe.   Souriant, non ?

La mise en scène de Nicolas PIGNON fait de l’interrogatoire initial un vrai huis clos avec le public.

On parle beaucoup de l’assassin avant qu’elle n’entre en scène.  Contrrairement aux précédentes interprétations, Elisabeth MACOCCO  joue l’élégance et la dignité avant de sombrer dans la folie.  Les autres arrivaient l’œil hagard, débraillées, elle est en robe noire très stricte, bijoux, maquillage.  A  la fin de l’interrogatoire  elle baisse pavillon.  C’est certainement très captivant, mais un peu lugubre tout de même.  C’est au Théâtre Artistic  Athévains,  Paris 11eme. Si vous avez un GPS c’est mieux.

Mais lire la pièce dans le texte, c’est encore mieux.

 

 

 

 

 

 

 

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BEAUTÉS ACTUELLES

Publié le par Miss Comédie

EMMANUELLE BEART  A TOUT JUSTEEmmanuelle-Beart_closer_star_large-copie-1.jpg

 

 

Une autre belle éternelle.  Mais un tout autre genre.  Elle, ne donne pas dans la fleurette. Depuis longtemps ses choix sont guidés par ses IDÉES, idéaux, idéologies.  De bons films provocants parfois mais qui posent des questions.  Moi, ils me posent  des problèmes, mais c’est que j’ai une cervelle d’oiseau.    Depuis JEAN DE FLORETTE et MANON DES SOURCES, elle a pris du poids, intellectuellement j’entends. 

Après douze ans d’absence, elle remonte sur les planches.  Mais c’est qu’elle a enfin trouvé le projet qui avait un sens, «pas un rôle de plus, mais quelque chose qui suppose un engagement sincère. »  Ah, voilà le mot.  Emmanuelle BEART est quelqu’un qui S’ENGAGE. 

Avec LES JUSTES d’Albert CAMUS, elle est servie.  Dora, son personnage, est au centre d’un groupe de terroristes qui croient en la légitimité de leur combat. 

Maria CASARES a créé le rôle en 1949, dirigée par CAMUS.  Ici, au Théâtre National de Bretagne à Rennes, c’est Stanislas NORDEY qui mène l’équipe.

A part son rôle, ce qui plait à Emmanuelle BEART dans cette aventure, c’est qu’en reprenant la pièce en avril au Théâtre de la Colline, elle ne changera pas de statut.  Elle sera toujours la vedette du spectacle, mais touchera le même cachet que le reste de la troupe. 

 

BELLE VICTOIRE POUR LES PINK FLOYDpink-floyd-2005-live-8.jpg

 

Ce sont des géants !  Ils sont juste derrière les BEATLES pour le nombre d’albums vendus dans le monde.   On a tous dans notre iPod un ou plusieurs de leurs albums inspirés, au minimum un morceau, MONEY ou LUCY IN THE SKY WITH DIAMONDS… ou THE WALL…

Oui et bien télécharger un morceau des PINK FLOYD est désormais interdit !

Les quatre compères anglais qui arborent aujourd’hui des sourires éclatants sous une chevelure neigeuse,  ont gagné leur procès contre leur maison de disques EMI.

Il faudra donc télécharger l’album entier.  Mais qui s’en plaindrait ?  Ca n’est que justice, puis que chaque morceau est partie intégrante d’une seule et même mélodie, d’un seul et même thème.

 

BELLE ÉPOQUE POUR LE BUS PALLADIUM

 

Christopher THOMPSON  nous offre un beau flash back sur la jeunesse du rock, avec son film BUS PALLADIUM.   Que des inconnus ou presque, c’est une histoire triste, celle de quatre copains qui dans les années 80 ont essayé de grimper à l’échelle de la gloire.  

Le film montre le BUS PALLADIUM tel qu’il est aujourd’hui, c’est à-dire pas très différent de celui des annéle-bus-palladium.jpges 60.

Qui a créé le BUS PALLADIUM ?  C’est un Anglais, James ARCHE, qui a eu l’idée d’aider les jeunes banlieusards à venir faire la fête à Paris, en créant un service de bus qui allait les chercher et les ramener à certains points des portes de Paris.   Et puis, il a décidé que la musique qu’il leur offrirait serait live, ce fut donc les débuts de  Long Chris, Johnny Hallyday, les Chaussettes Noires, etc…

 

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GOURMANDISES DE SAISON

Publié le par Miss Comédie

EDOUARD BAER FAIT MIAM MIAMMiam-Miam_theatre_fiche_spectacle_une.jpg

 

Plateau garni pour un Restaurant sans queue ni tête, où les serveurs sont nés dans la rue et les cuistots sont plutôt doués pour la plonge.

Léa DRUCKER est croustillante face à un Edouard BAER  déjanté.

Il aligne les monologues comme des cavalcades,  on n’a même pas le temps de rire d’une phrase que la suivante est encore plus poilante, est-ce qu’il improvise ? Non non, il n’improvise pas, tout ça est écrit et ça tient la route, il ne se laisse pas déraper, c’est tenu en laisse courte, tout un art.

J’aime ce petit accent précieux qu’il a parfois, comme pour contrecarrer la possible vulgarité d’une réplique…

MIAM-MIAM c’est sans ambiguïté, le titre n’a pas été trouvé dans Le Discours de la Méthode,  et ça fonctionne comme prévu.   Bien sûr, il faut aimer Edouard BAER.   Certaines interviews ou  prestations un peu ratées l’ont fait prendre en grippe par des esprits chagrins.  Il a des côtés un peu m’as-tu-vu, c’est moi le plus fort » qui peuvent agacer. 

Mais le voir et l’entendre en scène, c’est pas l’homme, c’est l’acteur et il est génial.

 

YVES SAINT-LAURENT FAIT POIREAUTER DEHORSexposition-yves-saint-laurent-40-ans-de-creation-au-petit-p.jpg

 

Au Petit Palais, c’est rare qu’on ne poireaute pas, il y a toujours des expositions tendance qui font venir les foules.  Alors l’Expo SAINT-LAURENT, c’était fatal.   Heureusement il faisait beau et la Marie-Charlotte est un bon bateau.

J’étais avec une bonne copine, nous bavardions allègrement et n’avons pas vu passer le temps.  A l’intérieur il faut montrer le contenu de son sac, comme à Roissy, et ils font entrer les gens trente par trente.   C’est une grande expo.

Les modèles de SAINT-LAURENT sont magnifiquement mis en scène, époque par époque, thèmes par thèmes, dans une lumière éblouissante ----- non, hélas, dans une pénombre trouée ça et là de spots bien dirigés, mais à mon avis, tout ça est très nébuleux, sombre, à la mode, quoi.

Quel talent échelonné sur des décennies, quelle inventivité, quelle intuition de l’Elégance, quelle pureté d’intentions !  L’Elégance seule  était son but.  Pas l’esbroufe, pas le sex-appeal, pas le commerce.

Le voilà nu,  gigantesque, là-bas  sur le mur du fond,  toujours cette photo provocatrice qui est comme un démenti à cette pureté mais çà ce sont les organisateurs qui l’ont voulu, la photo en elle-même est un chef-d’œuvre de rigueur.

Sur la couverture de MATCH ils ont décidé de lui accoler la CASTA nue, et là ça devient carrément porno.  Je pense que Yves SAINT-LAURENT aurait vomi dans son plat d’argent s’il avait vu ce montage.   Lui qui n’aimait les femmes que pour les couvrir de parures qui les rendaient  plus lointaines…

 

YASMINA REZA REPASSE LE PLATyasmina-reza.jpg

 

Ce n’est pas vraiment du réchauffé puisqu’elle a changé le mode de cuisson,  mais  son film CHICAS qui vient de sortir est le remake de sa pièce UNE PIECE ESPAGNOLE, qui n’avait eu aucun succès en 2004 avec, pourtant, des noms prestigieux à l’affiche : Luc BONDY à la mise en scène, Bulle OGIER, la mère, Thierry FORTINEAU, Marianne DENICOURT, André MARCON, Dominique RAYMOND…

Têtue, Yasmina REZA ne s’avoue pas vaincue, elle passe au septième ART…

Avec toujours des noms prestigieux à l’affiche.

Il paraît que cette fois, la mayonnaise prend.  Ca marche.  Je vous donnerai mon avis quand je l’aurai vu.

 

 

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PLUMES D'OR

Publié le par Miss Comédie

PATRICK  MODIANO,   UN  HORIZON  SANS LIMITESarton9-copie-1.jpg

 

Que Patrick MODIANO me pardonne !  C’est lui aui devrait être le Titre du Jour.

 

Le dernier livre de MODIANO est attendu comme  le passage d’une comète dans le ciel.  Chaque fois, c’est le même livre et chaque fois le même émerveillement.  Pour Patrick MODIANO la vie est un éternel recommencement, et   la  nostalgie du passé, la fascination pour le bizarre, sont  des sujets inépuisables.  Chacun de ses livres pourrait s’intituler « J’ai oublié de vous dire », comme celui de Jean-Claude BRIALY.

Il raconte chaque fois sa propre histoire mais il n’est plus sûr de rien. Les lieux se confondent, les gens sont flous, les hasards se multiplient.

Il y a toujours cette recherche, cette femme qu’il a perdue…

Chez lui, l’histoire ne compte plus.  Ce qu’on attend, c’est cette musique des mots, cette respiration que l’on perçoit à chaque ligne, cet univers qui se crée sous nos yeux.  Il nous fait perdre pied.  Tout le monde n’apprécie pas.

 

Pour moi, il y a aussi son attachement à Paris  dont il est l’inlassable promeneur.   Chaque  immeuble dans chaque rue, avec son numéro, sa station de métro, est le décor d’un pan de sa vie, de notre vie.

Je suis retournée souvent à l’endroit qu’il décrit, pour voir s’il y a toujours cette porte, cette plaque, ce couloir sombre et cet escalier dont il parle.  Parfois, il nous égare.  La rue de Condé, par exemple.  Il n’y a plus le café de la jeunesse perdue.  Je  l’ai connu pourtant, moi aussi, ce café.  Il ne l’a pas inventé.  Il n’existe plus.   Ou bien l’ai-je rêvé ? Comme lui l’a rêvé ?

 

Son visage change.  Quel choc, devant sa dernière photo.  Il vieillit.  Pas ses livres.  Heureux MODIANO, qui laissera après lui une image intacte.

Je parlerai encore de MODIANO.  Après avoir lu L’HORIZON.    Encore un titre infini.  Sept lettres qui disent tout.

 

 

PAUL  AUSTER, LE RETOURpaul_auster.jpg

 

C’est vrai  ?  On nous l’assure, mais on doute, après ces dernières déceptions.  J’adorais Paul AUSTER, je l’avais oublié.

A la description de son dernier roman, INVISIBLE, on pense à MODIANO.

Encore un qui se raconte indéfiniment, mais lui avec des tours et des détours dans l’immense Amérique, des égarements.    MODIANO, lui, a toujours gardé son cap.   

J’aime l’idée qu’il soit revenu à une vraie plume, sa plume authentique.  Mais… 300  pages, ça me rebute.

Et puis…  j’ai rencontré l’homme Paul AUSTER, un jour de signature à Lyon, et l’auteur de LEVIATHAN, de  La TRILOGIE NEWYORKAISE, de MOON PALACE, du VOYAGE D’ANNA BLUME, a  soudain disparu derrière un visage fermé, un regard dur, un geste d’impatience, et l’attitude hautaine de l’homme qui sait ce qu’il vaut.

Le charisme de MODIANO se lit dans son regard avant même qu’il ouvre la bouche ou qu’il écrive une ligne.

Ils ont tous les deux les mêmes racines mais si la fatalité originelle les rapproche, quelque chose fait qu’ils sont aux antipodes l’un de l’autre : l’un connaît son talent et son rayonnement international.  L’autre doute,  il a l’humilité des très grands.

 

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TAPIS ROUGE

Publié le par Miss Comédie

ABRAHAM,  PORTRAIT D’HOMME AVEC VIOLONSabraham.jpg

 

C’est à la Gaîté-Montparnasse, qui joue les prolongations de ce spectacle insolite et fascinant : Michel JONASZ seul en scène,  ressuscitant son grand-père ABRAHAM, qu’il n’a pas connu mais dont le destin pèse toujours sur lui

comme un fardeau.

Michel JONASZ est-il d’abord chanteur, ou d’abord comédien ?  Il a la densité, la profondeur, le métier, le talent enfin, d’un acteur comme Michel BOUQUET, avec la tendresse en plus.

Il nous a tenu en haleine pendant une heure vingt,  sans autre artifice qu’un banc de bois face au public  et quelques flocons de neige, et bien sûr, les violons tsiganes qui sont le fond sonore d’une vie trop tôt  brisée.

Il parle avec son ami Yatze (je ne suis pas sûre de l’orthographe). Il est tour à tour ABRAHAM et YATZE, assis côte à côte sur le banc, le dialogue est hilarant, ou bien déchirant, les deux juifs sont authentiquement différents, l’un est un sage, l’autre un naïf, ils seront séparés par la guerre.

De temps en temps il chante, avec les violons.  C’est très beau.  On retrouve sa voix d’avant, la voix des Vacances au bord de la Mer, cette voix de « violon » comme dit Bellamy.  Oui, sa voix a les inflexions plaintives du violon tsigane.

Quel était le pourcentage de Juifs dans l’assistance ? Je ne saurais le dire, mais enfin, les autres, nous autres, nous sommes sentis aussi concernés,

aussi meurtris,  solidaires au-delà de tout.

Les bravos lancés par quelques  voix étouffées, les applaudissements prolongés, les rappels, étaient ceux d’une communauté, la communauté humaine.

 

 

NOUVEL AVATAR  POUR LES CESARS

 

Non, je ne parlerai pas de la Créméonie des Césars, puisqu’encore une fois elle a décu tout le monde.

Au point que la question a été posée : faut-il supprimer les Césars ?

 

Pourtant je me demande pourquoi cette désaffection du public, alors que les OSCARS   sont toujours aussi  populaires  aix  USA depuis 1929  ?

En 2009,  la cérémonie des CESARS  a été regarée par 2,2  millions de téléspectateurs.    <

En  2010 :  1,7 millions…

La cérrémonie des OSCARS 2009, elle, a été vue par… 36 millions d’Américains.  

Moi je crois savoir : il n’y a qu’à comparer les tenues vestimentaires de ,nos stars nationales, mal fagotées même dans des robes haute couture, avec celles des stars américaines, flamboyantes…

 

DANIELLE DARRIEUX   HIT GIRL FOR EVER157326-danielle-darrieux-637x0-2.jpg

 

Dans Vivement Dimanche, elle était éclatante, pétillante, belle.

La répartie au quart de tour, le sourire moqueur, se tortillant sur son fauteuil, elle était bluffante.    Quel âge ? 93.  

Moi, de la voir, j’ai soudain eu un coup de mistral sur le moral.   En ce moment en France, autour de moi, tout le monde est vieux, malade, lessivé, sur le flanc. Après 50, rien ne va plus.  On ne pense qu’à la retraite.  Ah, ils l’attendent tous, la retraite.   Pour quoi faire ?  Pour glander.  Pour disparaître.

Elle, la retraite, elle s’en tape.  Ce qu’elle veut, c’est jouer, voir des gens, continuer à exister.

Ses invités lui ressemblaient : Charles AZNAVOUR (hum, sa chanson « Fais-moi rêver » est un peu sénile) et surtout Paulette DUBOST.

Paulette DUBOST a 100 ans.  Oui, 100 ans, pomponnée, élégante, et son sempiternel nez retroussé qui n’a pas flanché non plus.    Sans bouger, impassible, elle a bien voulu admettre qu’elle avait 7 ans de plus que Danielle, et qu’elles avaient tourné ensemble dans le même film mais elle ne se souvenait pas lequel, elle a tourné dans plus de 160 films, sans compter les séries télé et les courts-métrages ! 

Michel DRUCKER lui demande « Vous qui avez tourné avec tant de partenaires masculins, lequel avez-vous préféré ? »  Elle répond avec gourmandise : « Tous ! » on devine qu’elle les a tous mis dans son lit.

« Un conseil à une jeune actrice débutante ? »

« Aimer l’amour ! »  (Elle n’a pas dit « faire l’amour », mais elle  le pensait, ça se voyait.)

Pas de doute,  le sexe  ça conserve.

 

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SUJETS MALTRAITÉS

Publié le par Miss Comédie

YVES SAINT-LAURENT SOUS TOUTES SES COUTURES

 

     yves_saint_laurent_1971.jpgJe vois cette photo de Jean-Loup SIEFF,  où il a osé poser nu, sachant que cette publicité ferait le tour du monde.  Elégant dans sa nudité, le geste gracieux et le regard lointain.   Pas racoleur pour deux sous, absent.

Et cette autre, plus ancienne, où il est en blouse blanche en train de rectifier un détail sur un mannequin, dans l’atelier de Christian Dior. « En blouse  blanche « !   Quand vous voyez un Tom FORD  étincelant dans son costume d’alpaga, conscient de sa grandeur !

 

 

 

Il y a d’abord sa biographie, signée Marie-Dominique LELIEVRE, « SAINT-LAURENT MAUVAIS GARçON », qui ne fait pas l’unanimité.   Déjà, pourquoi ce sous-titre ?  Saint-Laurent était tout sauf un mauvais garçon !  Décidément cette dame est nulle en sous-titre, son livre sur SAGAN s’appelait « « SAGAN A TOUTE ALLURE », oui bon.

Pour SAINT-LAURENT, il y a pire.  Les vestales  de la mode qui détiennent la clé de l’armoire aux souvenirs, disent que tout ce qui n’est pas faux est du rabaché.

Il faudrait lire le livre.  Mais il semble que l’auteur était vachement introduite, pour décrire en détails l’appartement de la rue de Babylone et certains points de vue de la vie intime du grand jeune homme timide.

 

Ensuite, il y a cet album étrange que lance Alain CHAMFORT, où il chante SAINT-LAURENT.   Mais ce n’est pas une chanson, c’est un récit en musique, on peut acheter l’album tout seul ou le livre-album en librairie.  Il faut avoir beaucoup admiré et étudié le couturier pour avoir l’envie de le ressusciter sous cette forme inédite.

Mais ce qui m’étonne, c’est que Pierre BERGÉ, qui aboie dès qu’on touche à sa chose, a donné son accord et sa protection à Alain CHAMFORT,  alors que Marie-Dominique LELIEVRE a eu maille à partir avec lui.

 Bref, tout ça ne me dit rien qui vaille.  Je pressens que la biographie ne fait pas dans la dentelle, je n’ai rien à faire des anecdotes croustillantes qu’elle paraît contenir.

Quant à l’album, c’est probablement très bien, mais y reconnaitrai-je Yves SAINT-LAURENT tel qu’il est resté dans mon souvenir ?  Rien n’est moins sûr.

 

ALEXANDRE DUMAS,  ES-TU LÀ   ?

 

   C’aurait pu02711778-photo-affiche-l-autre-dumas être un très beau film.  Je vous en parlais l’autre jour, et j’avais hâte de me faire une opinion, j’étais prête à adorer ce film, et bien… bernique !   Pour moi c’est un nanar, sauvé bien évidemment par les deux comédiens unis dans ce couple infernal et qui, eux, sont à la hauteur du sujet.  Mais la mise en scène est d’un conventionnel éhonté, les dialogues indigents,  la musique désespérante, le  casting féminin à revoir.

Dommage, l’histoire est belle,  et DEPARDIEU visiblement aux anges dans la peau d’Alexandre Dumas.  Quant à POELVORDE, il dépasse DEPARDIEU dans la sensibilité et  la vraisemblance.

 

TOM  FORD PEUT-IL  MIEUX FAIRE ? 

     140300-affiche-a-single-man Il fallait s’y attendre : les premières critiques de A SINGLE MAN sont durailles.

Eric NEUHOFF du FIGARO ne se prive pas d’ironiser en décrivant la succession de plans à  la Gatsby  qui, d’après lui, recouvrent le vide.

Bon,  mais peut-être ce film plaira-t-il à des esthètes ?  Après tout les images de James Ivory sont, elles aussi, très Gatsby.   Seulement, il y a quelque chose derrière.    Chez Tom FORD, ce quelque chose est peut-être trop bien caché…

 

 


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NOUVELLE CHANCE POUR UN COUREUR DE FONDS

Publié le par Miss Comédie

A SINGLE MAN,  POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS...140300-affiche-a-single-man

 

 

ll avait disparu de la planète mode, et il ne manquait ni à la mode ni à la planète.  Mais lui, la célébrité lui manquait.  Il a choisi le cinéma pour refaire surface, un truc assez casse-gueule quand on n’est pas né dans le sérail, mais qui peut rapporter gros !

Tom FORD n’a peur de rien.  Rappelez-vous.

Sa recette  pour relancer GUCCI : une mode agressivement  sexy, le comble du show off.   Ca marchait très bien dans les années 90.

Ses créations, je ne les ai jamais trouvées très belles, d’ailleurs à l’époque il ne poursuivait pas un but esthétique, c’était surtout la provoc qu’il cherchait, dans un but purement commercial, il le dit lui-même.

N’empêche, en matière de mode,  un talent qui s’accompagne d’un zeste de provocation fait toujours recette.  Voir GALLIANO qui tutoie le vultaire avec  ses défilés délirants, ses modèles taillés pour faire le trottoir  et que les stars s’arrachent.   Mais GALLIANO  peut aussi faire de l’élégance pure.

Tom FORD ne dissociait pas la mode de l’argent.  La créativité il s’en moquait, ce qu’il voulait c’est faire du fric et c’est ce qui l’a perdu. 

 

Il dit qu’il a changé.  Pour réaliser son film, il s’est inspiré d’un roman qui l’avait marqué dans son adolescence, « A SINGLE MAN », de Christopher ISCHERWOOD.  L’histoire d’un homme qui a perdu son ami.

Nul doute que Tom FORD soit capable de souffrir, lui aussi, et peut-être a-t-il puisé au fond de lui-même les ingrédients de l’émotion pour les restituer dans son film.  C’est ça qui est difficile…

 

 

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LA PIÈCE DU JOUR

Publié le par Miss Comédie

JE L'AIMAIS ?  ON  AIME !jelaimais-affiche.jpg


Anna GAVALDA avait écrit un petit livre : JE L’AIMAIS.    Le  titre était  beau et triste à la fois.  Le film qui est venu après le livre, de Zabou BREITMAN, était déjà une réussite, à mon avis.  AUTEUIL y était émouvant et crédible, comme toujours.

La pièce adaptée et mise en scène par Patrice LECONTE pour le  théâtre de l’Atelier,  va encore plus loin dans la ciselure de cette histoire banale et dramatique à la fois, comme il en arrive tous les jours.

Le rideau se lève. Tiens, un décor.  Oui, c’est vrai,  il n’y a plus de décors dans

les théâtres  aujourd’hui, en dehors de la Comédie Française ou de quelques

boulevards.  La mode est au zen, vous savez.  IPHIGÉNIE et ses comparses se

meuvent dans le drame antique  en robe mini et jeans grunge, au milieu de cubes peints dispersés sur un plateau noir.  J’aime pas ça du tout.

La, on est dans une maison de campagne, la nuit.  Beau désordre, murs couverts de livres, la grande table encombrée, les objets laissés là en partant. Les phares ont balayé les vitres des fenêtres à petits carreaux, avant que la porte s’ouvre et qu’entrent les deux personnages, le beau-père accueillant sa bru pour le week-end, histoire de  lui changer les idées.  Elle est anéantie de douleur après avoir été « plaquée » par son mari. Elle vomit ce mot « plaquée » plusieurs fois, et englobe dans sa haine ce pauvre   type qui n’y peut rien.  Mais c’est le père, donc l’initiateur de l’ignominie du fils.

La première partie de la pièce, découpée en brefs tableaux comme aime le faire  le cinéaste Patrice LECONTE, n’est que plaintes, récriminations et noms d’oiseaux lancés par Irène JACOB à Gérard DARMON, qui encaisse.

 

 C’est  au moment où l’on commence à comprendre pourquoi cette fille a été plaquée, que la pièce bascule dans l’émotion.

Le beau-père se laisse aller à la confidence et fait revivre, par le miracle  d’une mise en scène  très pensée, son ancienne histoire d’amour à lui.

Lui, à l’âge de son fils, a choisi la voie de la raison.  Lui, a préféré sacrifier son

amour à sa vie conjugale.  Lui, a préféré faire souffrir la maîtresse plutôt que la  femme.  Et lui, ne s’en est jamais  remis. 

On assiste par bribes à quelques moment forts de leur liaison, avec l’apparition de sa jeune maîtresse par la magie des lumières,  avec quelques

répliques qui parlent d’amour, de désir, de  double vie, de douleur puis de rupture.

L’émotion monte dans la salle, on n’entend pas un bruit.

Mais quand la dernière phrase arrive,  conclusion magistrale :  « Sommes-nous vraiment doués pour le bonheur ? »   c’est l’explosion, les bravos frénétiques.

  Cette phrase termine-t-elle le livre de Gavalda ?  Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu.

Je préfère avoir vu la pièce JE L’AIMAIS.

 

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TENNESSEE WILLIAMS PREND UN COUP DE JEUNE

Publié le par Miss Comédie

 

UN TRAMWAY SANS DÉSIR MAIS AVEC HUPPERT

 

A l’époque où Tennessee WILLIAMS était beaucoup joué, ce qui n’était plus le cas dans la dernière décennie, on disait déjà « J’ai un rôle dans Le Tramway », comme on disait d’ailleurs « Je joue Badine pour On ne Badine pas avec l’Amour. Cela ne voulait pas dire que la pièce allait changer de titre à l’affiche.

A l’ODÉON THEÂTRE DE L’EUROPE, on a décidé de laisser de côté le désir, c’était pourtant beau comme titre, UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR, mais je suppose qu’ils sont tous d’accord, Olivier PY  le directeur, Krzyzstof WARLIKOVSKI  le metteur en scène (ça paraît imprononçable, mais il suffit de le dire une fois) et Isabelle HUPPERT, pour ne garder que le véhicule du désir.

Isabelle HUPPERT  joue BLANCHE, la belle dérangée, et je suppose qu’avec elle, le côté dérangé va prendre beaucoup de relief.  Elle s’y entend à merveille pour traduire les tendances psychopathologiques de metteurs en scène underground dont je ne nie pas le talent.

Ce nouveau TRAMWAY n’a pas gardé l’intégralité de sa version première. Krzyzstof

l’a rafraîchi en lui enlevant son côté bavard, les répliques sont comme on les aime aujourd’hui, concises, abruptes.  Je suppose que cela donne encore plus de force à l’intrigue.

Tout ça je le sais par l’interview qu’Isabelle HUPPERT a accordée au FIGARO, un long moment de confidences où elle parle très bien de son plaisir à plonger dans ce nouveau défi (non, ce n’est pas un défi, pour elle c’est la routine !)

Elle a pour partenaire dans le rôle de Stanley (Marlon Brando dans le film de Elia Kazan), un slave évidemment, Andrezej CHYRA (parle-t-il français ?) et cela fait un joli mélange de cultures.

 

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LE COUPLE DU JOUR

Publié le par Miss Comédie

 

7cocteaujuin051.jpgJEAN COCTEAU  ET JEAN MARAIS EN PLEINE ASCENSION

 

Pour le genre de sport qu’ils pratiquaient, mieux valait l’hôtel MONT-BLANC

que le sommet du même nom.

Ce devait être la période du grand amour.  Jean MARAIS venait de gagner un pari fou : jouer la Bête dans la Belle et la Bête.  Paris en est fou.  COCTEAI lui écrit encore un super rôle : ORPHÉE et du coup, ils sont au sommet de la gloire. 

C’est dans ces années-là qu’ils venaient au Mont-Blanc.  Ils y étaient chez eux.

COCTEAU dessinait pour son ami des silhouettes graciles, des visages au

profil  grec. Il les laissait sur la table.  Aujourd’hui, ces dessins sont encadrés, ils décorent les murs du salon de thé que COCTEAU s’est amusé à décorer, il avait carte blanche.

A l’époque, les stars arrivaient en Rolls et s’installaient dans les fauteuils de velours.  Comme dans Feydeau, ils se croisaient dans les couloirs mais ils faisaient semblant de ne pas se reconnanître .

Aujourd’hui, la navette déverse des clampins de tous bords en tenue de ski qui claudiquent le long du couloir en direction de la réception.  Il y n’y a que 40 chambres  et on refuse du monde.  On les dirige vers les Fermes de Marie, du même propriétaire.  Ils  repartent déçus mais ils auront embrassé d’un seul coup d’œil rapide les vestiges d’une époque où l’on pouvait encore  fumer au salon.

On entre au restaurant Les Enfants Terribles : le décor n’a presque pas changé. Mais l’ambiance sonore a pris du relief : le déjeuner se passe dans les méandres voluptueux de la bande du Bouddha Bar, le dîner commence en douceur et finit dans les martèlements techno qui conviennent à une clientèle

très branchée.  Nous, les vieux jeu, on fuit.  Pourtant, les lumières tamisées, les effets de néons colorés  donnent à la salle une atmosphère  très planante.  Mais pas question de se dire deux mots !

A la carte figure un plat de viande qui porte le nom de Johnny Hallyday.

Décidément, ils laissent tous un souvenir en quittant le Mont-Blanc !

 

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GAINSBOURG, HÉROS DE BD

Publié le par Miss Comédie

 

 

Gainsbourg JOAN SFAR N'A PAS TRAHI SON MODÈLE

Je ne voulais pas y aller.  Encore un biopic !  Et en plus, GAINSBOURG !

Aucun acteur au monde ne peut incarner GAINSBOURG !  Sa gueule !  Son œil  torve !  Son indolence !  Son élégance !  Ses blessures intimes…

Et  puis, qui c’est, ce SFAR ?  J’ai su avant de voir le film que c’était un génial dessinateur de BD.  Et j’ai compris alors l’inventivité des premières images, et aussi de certaines trouvailles poétiques.

Oui,  heureusement, j’y suis allée  et  j’ai passé deux heures de pur délice.

Si si, l’acteur existe.  C’est pas n’importe qui, même si son nom ne dit rien à personne, sauf aux professionnels du théâtre.  C’est même un grand acteur de théâtre, et ça se voit, mais ça ne suffisait pas pour incarner GAINSBOURG. Il fallait avoir la dégaine, et tout ce que j’ai cité plus haut.   Il a tout ça, ERIC ELMOSNINO.

Pourquoi Joann SFAR appelle-t-il son film « un conte » ?  C’est la réalité même, privée de la trivialité qu’affichait parfois ce poète maudit.  Il y a du Boris Vian dans sa première chanson.  Les Frères JACQUES sont parfaits,

excellent QUATUOR !

 L’apparition de Claude  CHABROL est succulente.

L’incarnation de Brigitte BARDOT par Laetitia CASTA est époustouflante.

Cette fille a la sensualité beaucoup plus exubérante que Brigitte, qui était finalement très réservée même dans ses scènes les plus torrides, question d’époque.

Toutes les autres femmes de la vie de GAINSBOURG sont ratées,  surtout France GALL, une caricature.

J’étais émue de voir la petite Lucy GORDON, dont je vous annonçais la mort dans un blog de l’année passée, mort affreuse et incompréhensible, elle avait l’avenir devant elle.    C’est Jane BIRKIN qui a dû avoir un choc,  comme si d’incarner son personnage avait porté malheur à la comédienne…

Enfin, tout le film est empreint de poésie, dans les images et dans les enchaînements musicaux, et j’ai trouvé géniale  l’idée  du « double » de GAUINSBOURG, son mauvais ou bon génie qui a quelque chose de shakespearien.

Mais le mot de la fin c’est quand même Eric ELMOSNINO.  Il a le charme trouble de GAINSBOURG, il a sa voix, il a  son insolence innée.

On nous a épargné sa mort, restant sur l’image d’un fumeur qui semble se demander s’il va enfin arrêter.

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DEUX TRIOS TENTANTS

Publié le par Miss Comédie

En ce moment, je remarque que certaines  têtes d’affiche se produisent en petit comité.

 

  zoom_affiche20091211124929.jpgPATRICE LECONTE  MET SA GRIFFE SUR GAVALDA

 

Au théâtre de l’Atelier, Patrice LECONTE dirige un homme  et une femme dans « JE L’AIMAIS », une pièce tirée d’un film que vous avez peut-être vu, lui-même tiré d’un livre que vous avez peut-être lu.

Lui, c’est Gérard DARMON, grand escogriffe aux mille ressources, capable de jouer sur le rire ou sur les larmes avec le même talent.   Il raconte, elle écoute et se plaint. Dans le film, la maîtresse a la part belle du récit.  Ici, c’est l’inverse : Irène JACOB est la femme délaissée qui cherche le réconfort auprès de son beau-père.

Je vous parlerai de la pièce lorsque je l’aurai vue, mais quel est mon souci ?  Juste ceci : Patrice LECONTE aura-t-il réussi à donner au texte la dimension qui manque à la prose de GAVALDA ?   Je vous fiche mon billet qu’il en est capable...

 

  image_paradis_gde.jpgRACHIDA BRAKNI  DOMPTE  ERIC CANTONA

 

Au théâtre Marigny, c’est    la belle et talentueuse comédienne Rachida BRAKNI qui prend le fouet et entre dans la cage aux lions pour la pièce de Nathalie SAUGEON que je ne connais pas : « FACE AU PARADIS ».

L’homme de sa vie, Eric CANTONA,  face au paradisiaque Lorànt DEUTSCH.

Moi, entre les deux, j’aurais pas pris le footballeur, mais chacun ses goûts.

C’est son premier rôle au théâtre à lui, et c’est sa ptremière mise en scène à elle.  Au milieu,  le  Lorànt DEUTSCH doit avoir les jetons.

De toute façon, lui, il tirera son épingle du jeu.

Mais quand même !  Marigny !  Y en a qui ont du bol.

 

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