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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 21:31
LIBRES SONT LES PAPILLONS au Théâtre Rive Gauche

LIBRES SONT LES PAPILLONS au Théâtre Rive Gauche

 

C’est une pièce dont on ne peut pas dévoiler l’intrigue.

Je pourrais d’ailleurs utiliser ce mystère pour vous inciter à aller la voir !

Mais il y a tout le reste.

D’abord ; c’est une histoire d’amour. Compliquée, mais justement, pas banale.  Les dialogues ont été peaufinés par Eric Emmanuel Schmidt – ce n’est pas n’importe qui – qui a déniché cette pièce d’un auteur new-yorkais, Leonard Gershe, écrite dans les années 70.  Vous verrez, rien n’a changé dans les comportements aujourd’hui.

 

La mise en scène est signée Jean-Luc Moreau.

 On reconnaît tout de suite les déplacements comme spontanés, le rythme qui colle à l’action,  et la subtilité du jeu des acteurs.

 

Les acteurs ne sont pas des stars mais quoi, ils sont parfaits. Avec ce mystérieux truc autour duquel tourne  la pièce, ils ont de quoi nourrir leurs personnages, chacun dans son élément.

 

Tout de suite on sent qu’il y a quelque chose qui cloche entre ces deux-là, et c’est un vrai problème mais je ne peux pas en dire plus.

A un moment, le problème n’en est plus un, on respire, l’amour est le plus fort, et puis… non, il y a maldonne, la mère s’en mêle,c’est un désastre... Mais quand le rideau tombe, le sourire est revenu et l’amour n’est plus aveugle.

Anouchka Delon est étourdissante.  Elle est belle, elle bouge bien, elle ne marmonne pas comme la plupart des juniors en scène, elle se régale à balancer ces répliques tellement calquées sur le vocabulaire ado..

Julien Dereims, le jeune homme mystérieux, entretient son mystère avec une sensibilité à fleur de peau. Diction impeccable dans la réserve ou la violence, il est très convaincant.

Enfin Nathalie Roussel, la mère, domine son cruel dilemme avec beaucoup de nuances.  Elle est à la fois infernale, drôle, émouvante…. Elle a du métier, et n’en rajoute pas. Du grand art.

 

LIBRES SONT LES PAPILLONS… joue les prolongations jusqu’au 29 mai, succès oblige !

THÉÂTRE RIVE GAUCHE, 6 rue de la Gaîté 750014 Paris   Tél. 01 43 35 32 31

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 19:25
LA  COLÈRE  DU  TIGRE aux Célestins Théâtre de Lyon

Je reviens au théâtre, après avoir passé sous silence Le Roi Lear défiguré par Olivier Py.

Aujourd’hui, parler de la pièce de Philippe Madral montée par Christophe Lidon est plus facile.

Il n’y a pas de surenchère dans l’avant-gardisme, la mise en scène est sans chichis,  elle se confond avec les dialogues percutants ou émouvants,et les déplacements des personnages qui suivent leurs impulsions.  Tout simplement.

Le décor, lui aussi, est sans artifice, celui d’une  modeste maison de campagne avec vue sur l’océan.

Seul, un grand panneau transparent aux couleurs des Nymphéas descend sur le devant de la scène lorsque Monet vient lire une de ses lettres à Clémenceau.

 

Après sa création à Paris au théâtre Montparnasse l’an dernier, la pièce revient aux Célestins de Lyon.

Claude Brasseur tient toujours le rôle de Clémenceau,Yves Pignot remplace Michel Aumont dans le rôle de Claude Monet.

Je n’ai pas vu Michel Aumont, mais Yves Pignot fait le poids face à l’écrasante présence de Claude Brasseur.   Il incarne un Monet meurtri, diminué par une vue défaillante, incapable de convaincre son ami de son incapacité à peindre. 

J’étais émue de le revoir après avoir été sa partenaire dans une lointaine production pour l’ORTF… Sa carrure  a suivi l’évolution  de sa carrière : imposante !

 

Le duo fonctionne parfaitement, ils sont de stature égale, et dans le conflit qui les oppose ils montrent la même énergie dans leur entêtement, la même ferveur dans leur amitié.

Lequel des deux aura le dernier mot ? Ils ont de brefs affrontements, très violents, durant ce séjour du peintre chez son ami de toujours.  Mais ils reviennent vite à leur complicité, à leurs confidences, à leur amitié qui semble indestructible.

C’est tout ?  Vous dormez déjà ? 

Non, voilà qu’apparaît Sophie Broustal qui joue Marguerite, l’amie, la bien-aimée.

Dans sa correspondance publiée en  2008 Clémenceau révèle son amour platonique pour Marguerite Baldensperger, de 40 ans sa cadette, dont la fille vient de se suicider. « Je vous aiderai à vivre, vous m’aiderez à mourir », lui écrit-il.

 

Dans la pièce, Sophie Broustal incarne avec grâce  cette jeune femme éprise d’un tigre qui, pour elle, a rentré ses griffes.

Cette histoire d’amour improbable, on y croit.  C’est tout le talent de l’une et de l’autre : de l’émotion pure.

 

L’amitié et l’amour se mêlent donc dans cette ambiance équivoque entre la colère et les larmes du tigre, sous les yeux de la servante bretonne,  inénarrable.  Marie-Christine Danède est là pour détendre l’atmosphère et ça marche !

 

Je n’ai rien dit sur Claude Brasseur ?  Et bien, ma foi, il est sans surprise, égal à lui-même, grand professionnel,  surtout quand on sait qu’il y a quelques mois à peine il faisait  au cours du tournage de « L’étudiante et monsieur Henri », ,une chute qui l’immobilisa durant tout l’été...

 

Le spectacle a quitté le théâtre des Célestins le 112 déceùbre dernier

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 20:09

V

 

 

 

onnesementira461.jpgAffirmation gratuite, promesse non  tenue, le titre est trompeur, lui aussi !.

Si vous  décidez d’aller voir cette pièce pour passer un bon moment  de rigolade, vous faites fausse route.

Enfin, ça dépend… si vous êtes de ceux qui pleurez de rire devant un type qui glisse sur une peau de banane, alors vous pouvez y aller.   Mais attention : cette histoire-là peut un jour être la vôtre. .. si elle ne l’est pas déjà.

De toute façon vous passerez un moment intense, entre rire et larmes.

 

Le sujet, l’adultère (sujet favori de l’auteur) n’a rien de très original mais il est ici traité avec une intelligence, une finesse, une cruauté qui le rapprochent  d’ une tragédie d’Eschyle.

Mais que serait un tel texte sans ses interprètes ? Une conférence sur la problématique du mensonge.

Or, nous avons devant nous un duo d’acteurs étonnants, aussi percutants l’un que l’autre.  Ils  ne quittent pas le plateau durant 90 minutes, le temps de procéder à  une subtile recherche de la vérité au moyen d’un interrogatoire haletant.

Décrire ici le talent de l’un et de l’autre dans leur duel amoureux serait dévoiler les ressorts de l’intrigue.  Donc je m’abstiens.

Dommage,  j’aurais aimé vous détailler leur virtuosité, leur beauté, leur élégance… Bref, ils sont tous deux un régal à écouter et à voir se démener dans cette situation infernale…

Eric Assous ne donne pas dans le rabâchage sur ce thème éculé. Il nous invente un vrai suspense.

A la moitié de la pièce, on ne sait vraiment pas, du mari ou de la femme,  lequel est la victime, lequel est le bourreau.

 

Fanny Cottençon est tour à tour comique,  révoltante., touchante, frémissante, et en plus elle est belle.

Jean-Luc Moreau nous confond par l’attraction de sa seule présence,   la sobriété de son jeu tout intérieur, dans un personnage  dont on se demande si sa sérénité est feinte ou réelle, si son amour conjugal est sincère ou factice,  jusqu’à la révélation finale.

 

Je dois être honnète.  Cette pièce d’Assous m’a  d’abord agacée par son ambigüité. Que cherche-t’il ? A faire rire de cette situation cocasse ? A faire réfléchir tristement sur la duplicité des deux sexes ?   On  sort  de là  ébranlé  plutôt que réjoui. Mais comment ne pas être sensible à  la justesse de son analyse  et la richesse de son écriture ?    A eux trois, ils m’ont eue.

 

Miss Comédie

 

C’est au théâtre La Bruyère jusqu’au 30 avril

 

 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 16:36

 

 

  Souper 2Evidemment, on ne peut s’empêcher de penser à DIPLOMATIE, autre récente pièce à succès, autre moment  d’Histoire, autre suspense, celui-ci un peu moins haletant que le premier.

Toujours Niels Arestrup, aussi imposant, voix métallique, manières aristocratiques, assurance souveraine, c’est Talleyrand.

Face à lui, Patrick Chesnais, venu du boulevard comme pour illustrer la différence d’origine des deux personnages.  Mais il  n’est pas là pour nous faire rire. Cinglant, exalté, il est un Fouché très crédible.

L’histoire les a-t-ellle réellement réunis pour décider de l’avenir de la France ?  Fouché aurait-il accepté de partager un souper fin arrosé au champagne avec son ennemi juré ? Mais la scène est du gâteau pour un historien.  Après Waterloo, la France se contente d’un gouvernement provisoire, que préside Fouché. Mais ensuite ?L’un veut réinstaller la royauté, l’autre veut donner le pouvoir au peuple.  Vaste débat, éternel débat. On ne va pas juger ici si leur alliance fut bonne pour la France ou non.

Mais Chateaubriant décrit ainsi les deux personnages  venus rencontrer Louis XVIII pour lui  rendre le trône : « Le vice appuyé sur le bras du crime ».   On ne sait lequel des deux tirera le plus d’avantages de la situation.

 

Le texte  de Jean-Claude Brisville est puissant, éloquent, émaillé de pointes d’humour (aigre-doux) et entrecoupé  d’appréciations gustatives, comme on pose son arme entre deux assauts.

 

Les deux adversaires sont de force égale, même si Chesnais, avec sa voix sourde, son ironie défensive et quelques poussées d’humeur bruyante ne donne qu’une petite idée de la férocité de son personnage.   Niels Arestrup a la force tranquille de Talleyrand mais en a- t -il la finesse ? 

N’importe, le texte parle pour eux.  Chacun avec sa technique, ils s’imposent.

 On ne décroche pas une minute de leurs joutes verbales.  Ils ne quittent pas le plateau, allant et venant  autour de la table au rythme de leur querelle, dans un décor sobrement d’époque.

 

C’est une pièce drôle et grave à la fois.   Avec un texte de belle tenue et des comédiens inspirés. Comme j’aimerais qu’il s’en monte davantage dans le privé.   Du boulevard, oui, mais du grand boulevard !.

Le Souper est servi au théâtre de la Madeleine, jusqu’au 29 mars 2015.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 14:18

 

 

 

MONT-BLANC.jpgDans le hall mythique de l’hôtel Mont-Blanc à Megève, il y avait un monde fou.  L’événement : Astrid Maillet- Contoz, décoratrice attitrée  du Tout-Megève,  organisait l’exposition des  photos de son ami Jean-Marie Périer  sur les murs du salon et de la salle à manger baptisée  par Cocteau   Les Enfants Terribles.

Une expo pas ordinaire, car les photos avaient pris  des dimensions fantasmagoriques, ça allait   jusqu’à la photo-affiche  et quand on est devant une Françoise Hardy géante, miraculeuse de majesté, ou d’un Saint-Laurent vous souriant grandeur nature, assis sur un canapé avec Carla Bruni posant dans un de ses modèles, on est bluffé, on veut l’avoir chez soi, tout de suite !

-vernissage.jpgAu-dessus du bar s’étale  une  immense  photo de Stella McCartney  allongée sur un chesterfield, le regard énigmatique. C’est la photo qu’Astrid Maillet-Contoz a choisie pour son invitation au vernissage.

 

Jean-Marie-Perier-souvenirs-souvenirsIl était là, ébouriffé, jovial, un jeune homme de 75 ans qui n’en finit pas de célébrer ses années soixante qui sont les nôtres à tous, les plus belles du siècle  - et les visages  des stars légendaires qui nous fixaient, là,  en étaient la preuve.  Des talents éternellement vivants.

 

Jean-Marie Périer est l’image de cette pérennité avec dans le regard une curiosité, une gourmandise qui promet de beaux lendemains encore.

Assis pour quelques dédicaces, il ne tient pas longtemps en place. 

« Je vais conduire mon épouse  dans ses appartements », dit-il malicieusement.  Son épouse, c’est sa chienne,  complètement étourdie, vacillante  sous le bruit et la bousculade.

Il s’absente donc, pour revenir très vite reprendre le fil de ses souvenirs avec ses fans.    Il  reprend  ses dédicaces – son dernier ouvrage, « LOIN DE PARIS »  raconte sa nouvelle e expérience en Aveyron où il vit désormais et où il s’adonne à la poursuite des visages et des talents de la région pour en publier les portraits dans les colonnes du quotidien régional.  C’est la compilation de ces portraits, mêlés à ceux de ses stars favorites, que l’on retrouve dans ce  livre.

Pourquoi avoir quitté Paris ?  Les premières pages  nous l’expliquent clairement, il n’y a aucune aigreur mais aucun regret non plus dans ce départ.  Seulement une nostalgie du Paris de sa jeunesse.

.  Un besoin  de verdure, de silence sans pour autant  couper les ponts.  La preuve : il nous prépare un spectacle vivant, lui-même  sur  scène entouré de ses idoles… en photos.

Il est heureux dans sa maison près d’une ferme dont la vache est devenue sa copine.  Mais quand il parle de son projet de spectacle dans la capitale, on le sent aussi motivé qu’à trente ans.

Une soirée  légère et réjouissante où le champagne, les rires et l’élégance de ces icônes disparues nous faisaient remonter le temps. 

Félicitations,  Astrid !

 

Miss Comédie-janv.2015

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 19:40

 

 

MA PIECE COUP DE COEUR Affiche.jpg

 

 

C’est une pièce qui nous emporte loin du réel – et pourtant nous sommes dans la vie d’un homme et de deux femmes, mais…

Cet homme, qui va raconter son histoire à deux femmes intriguées, n’en finira pas de nous  perdre dans les dédales de l’Histoire, de la Littérature, pourquoi ? Pour arriver où ?  Il est question d’un mystérieux calice, de trois carnets manuscrits qui donnent peu à peu des clés, d’un Alexandre Dumas persécuté, paralysé, amoureux d’une Adélaïde de Saxe de Bourville dont le nom est tabou, d’un héritage fabuleux découvert dans une tombe au pied d’un arbre… mais pourquoi essayer de raconter cette histoire ?

Nous sommes dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue, dans Da Vinci Code, mais la poésie du texte nous charme avant tout, et aussi la flamme des acteurs qui nous entraînent avec eux dans le mystère.

 alexis-michalik-615_paul-lapierre.jpgDéconseillé aux cartésiens, à ceux qui cherchent la logique ou la gaudriole.    On ne comprend rien à cette pièce.  D’ailleurs, il n’y a rien à comprendre.   C’est un labyrinthe, quatre histoires qui n’en font qu’une, une histoire qui finit par une disparition, celle du début… La boucle est-elle bouclée ?  Peut-être.

Le décor est triste à mourir, les costumes à transformation sont de couleurs sourdes, rien n’est fait pour séduire l’œil, seul ce texte dense, vivant, drôle ou émouvant, nous charme par la voix d’une poignée d’acteurs formidables dont la passion est servie par une diction impeccable.

Les gens ont applaudi debout lors de la première, paraît-il, et hier soir la salle pleine à craquer leur a fait un bruyant hommage.

 

L’auteur et metteur en scène,  ce jeune          Alexis Michalik est un érudit qui ne se prend pas au sérieux.  C’est un conteur né qui nimbe ses récits d’une aura de mystère, nous donnant presque envie de ne pas savoir la fin de l’histoire.

Il signe une autre mise en scène à Paris, celle de sa deuxième pièce « Le Cercle des Illusionnistes » qui se joue actuellement au

Théâtre des Béliers Parisiens, dans le 18ème arrondissement.

 

Miss Comédie -

 

PS   Je n’ai pas résisté à l’envie d’ insérer la photo de l’auteur, on comprendra pourquoi…

 

Le Porteur d’histoires, au Studio des Champs-Elysées à Paris, jusqu’au 30 novembre et en tournée.

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 16:45

 

imagesLE SACRE D’UN PRINCE   DU PAVÉ DE PARI

 

Quand j’évoquais, il y a à peine quatre jours, la sortie du  nouveau roman de cet éternel promeneur,  j’avais hâte de replonger dans son univers étrange et familier mais je ne soupçonnais pas qu’il serait notre nouveau Nobel, après Camus, après Le Clézio…

Il l’a eu enfin !   J’ai déjà partagé ma joie avec ma libraire,  et une poignée de clients émus.

 

J’avais lu des pronostics : un écrivain africain était favori …..

Quelle voix clairvoyante s’est élevée pour rappeler aux membres du Comité que Modiano existait ?

Et depuis si longtemps, avec sa trentaine de romans, tous marqués par ce frémissement qui n’appartient qu’à lui, celui d’un homme à la poursuite de lui-même et de son passé, un passé qu’il ne cessa de réinventer, nous rendant chaque fois plus impatients de percer son mystère.

Peu à peu il nous a fait partager sa blessure secrète, celle que nous portons tous sans le savoir, juif ou non, depuis la nuit des temps.  Cette blessure, personne ne l’a évoquée avec autant de charme, sans pathos, juste des personnages qui échappent au temps et au bonheur.

Inutile de parler davantage de ce que représente Patrick Modiano pour ses lecteurs, chacun le porte dans son cœur comme un  parent  éloigné et si proche,  complice et tellement discret.

Ce magicien des mots qui fait surgir en nous des interrogations secrètes, aura soixante-dix ans dans neuf mois.

Que Dieu lui prête vie encore longtemps.

 

 

 


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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 14:30

 

 

  Modiano.jpgJe viens de lire dans le JDD d’aujourd’hui  un article magnifique.

Il est signé Marie-Laure Delorme et il parle du nouveau roman de Patrick Modiano, « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier ».

Quand on connaît, et qu’on aime ce romancier hors normes, lire cet article donne une émotion telle que l’on se croit déjà dans le livre.

C’est ce qu’on pourrait appeler  « une bonne  critique ».  Mais  le mot ne convient pas !  Pourquoi appeler « critique », un texte qui fait tout le contraire ?   C’est une apologie, une louange, une immersion totale dans l’œuvre choisie.

 

Ah, si je ne connaissais pas Modiano, avec quelle hâte j’irais acheter le livre pour retrouver au fil des lignes les sensations subtiles que Marie-Laure Delorme décrit avec un talent presque modianiesque !

Alors, si je ne connaissais pas Modiano, je saurais déjà avant de le lire  que j’allais adorer cet écrivain.  Au risque d’encourir les foudres de ceux qui jugent sur pièces, qui nient l’espèce de prémonition qui vous saisit devant  certains signes, commme une critique de ce genre.

Certes, je suis dans le camp de son auteur, je sais d’avance que le livre me passionnera comme les autres, et que l’univers de Modiano me rassure sur la nature humaine.  Mais la façon de s’y plonger, le choix des mots pour le décrire,  sont si convaincants qu’ils peuvent ¨« vendre » le livre aux lecteurs les plus indifférents.

 

Sur la photo qui accompagne l’article, Patrick Modiano est « tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change » :  auteur devenu éternel, il  subit malgré tout la lente métamorphose du temps.

Le regard seul atteste de la profondeur immuable de son âme.

Il ne sourit pas au photographe, il ne cherche pas à illustrer l’événement, il se prête simplement à la boulimie de notre  époque pour l’image de la star.

 

Le texte et l’image sont formidables. C’est tout.

Maintenant, après cette pub pour la journaliste du JDD, j'attends d'avoir lu le livre pour vous  dire... ce que j'en pense !

Miss Comédie  -  oct.14

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 15:54

 

 

 

 

 un-diner-d-adieu_1000x486.jpgComment mettre fin à une amitié de trente ans devenue encombrante ?  En l’invitant à un dernier dîner, sans qu’il soupçonne que c’est un dîner d’adieu.

C’est le sujet insolite de cette pièce de Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patelière, qui avaient déjà œuvré ensemble pour LE PRENOM.  Belle référence.

Ici l’on quitte, ouf, le boulevard du libre échange et des turpitudes conjugales pour naviguer dans les méandres nébuleuses  de l’amitié.

 Plus question de sexe mais toujours de  rupture et  ici, elle fait mal.  Vous allez me dire « ah, donc on ne rit pas. » (si on n'y rit pas on n’ira pas…)

Détrompez-vous.  Quand on a sur scène deux natures aussi diamétralement opposées que Eric Elmosnino et Guillaume de Tonquédec, (qui  sont de vrais copains de  théâtre) et bien non, on ne riit pas, on pleure.  Au milieu, la belle Audrey Fleurot joue l’épouse,   spectatrice faussement naïve de leur pugilat avec beaucoup de drôlerie.

Dès l’entrée en scène de cet ami invité pour la dernière fois, on sent que ce dîner d’adieu est une fausse bonne idée.

 

 32463_635453602696137259.jpgEntre ces deux-là, l’échange est exquis.  Ils sont de force égale, même si Elmosnino a la grâce et le métier d’une star.

Les auteurs de la pièce  ont la cruauté  de leur demander des jeux de scène insensés, de mener l’affaire sournoisement vers un dénouement imprévisible, de nous balancer des répliques  et des monologues de haute voltige, dont celui d’Elmosnino qui dure cinq minutes et où il se lance dans un show hallucinant.   Soudain seul au monde,  il murmure, il déclame, il soupire, il donne à ses effets une touche de retenue qui provoque l’explosion de rires.  Comment fait-il ? Les autres surjouent. Lui, il fredonne et ça percute, il  se permet   un certain détachement, un peu gainsbourien, peut-être ?.    L’efficacité est  jubilatoire.

La pièce s’offre parfois  des  délires  à la Ionesco, le texte mêle joliment les effets comiques et les envolées lyriques… la quadrature du cercle, quoi.

En sortant, dans ce délicieux square Sacha Guitry, on est heureux et confiant en l’amitié. Et surtout pas honteux d’avoir ri.

 

A voir d'urgence au théâtre Edouard VII, mise en scène Bernard Murat.

Miss Comédie - Septembre 2014

 

 

 

 

 

 

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 16:12

 

 

 

28fenetreslanuitUne fois n’est pas coutume.   Aujourd’hui je ne signe pas mon article.  Cette réponse à ma question « et vous, que voyez-vous ? » m’a cloué le bec. Alors, la voici :

 

LA VISION D’UN DE MES LECTEURS

 

«  …et bin c'que j'vois j'vais t'le dir:

L'immeuble représenté sur ce superbe tableau de Hopper est le même que celui de "fenêtre sur cour", célèbre film de Hitch. mais côté rue et non côté cour. Quelques années plus tôt en 1928 année de création de ce tableau «Night Window», il s'est passé un évènement particulièrement étrange, affreux, toujours non élucidé dans cet immeuble, en fait un hôtel, son nom le "Manhattan", c'est l'été, un été chaud comme NY peut en connaître, caniculaire. C'est la fin d'après midi à la limite de la tombée du jour, le genre de soirée où les esprits surchauffés ne savent plus à quel saint se vouer. Le rideau qui volette nous indique que toutes les fenêtres sont ouvertes, la moindre petite brise, le plus petit courant d'air sont recherchés, une jeune femme, Louise vient d'enlever sa robe tachée de sang, elle baigne dans le lavabo de la salle de bains avec du savon Pears'Soap. Elle n'est pas certaine Louise de faire disparaître toutes les taches de sang, si je n'y arrive pas, la première poubelle sera la bienvenue. Elle est calme Louise, ce n’est pas le genre de fille à s’affoler pour une peccadille. Louise est accroupie, elle boucle ses valises, une très grande et deux plus petites, elle a réservé au terminal Greyhound de la 8th Avenue une place pour un bled paumé de l’Ontario. Elle arrive au Toronto coach terminal au petit matin, après quelques recherches elle trouve un paysan dans son pick-up Trucks, qui accepte après de longues tractations, le physique de Louise n’y est pas pour rien de l’emmener avec ses bagages, dans ce bled paumé Cordova Mines où elle vécut de sept à dix sept ans hébergée par  ses grands parents. Elle retrouve facilement la maison depuis longtemps à l’abandon, sous la pierre de l’entrée, la clef rouillée est toujours là, tremblante elle s’approche de la porte la serrure rechigne un peu, mais c’est comme dans son souvenir, elle n’a jamais été très coopérative cette porte, son grand père piquait des colères mémorables, en général cela se terminait par un grand coup de pied dans le battant. Avec un petit sourire en coin, Louise osa le coup de pied et la porte s’ouvrit, heureuse d’être à nouveau sollicitée. L’intérieur de la maison n’a pas changé, elle rentre ses lourdes valises qu’elle dépose derrière dans le jardin. elle repart au drugstore faire quelques courses, sans oublier le quotidien du jour. En rentrant, Louise creuse un immense trou au fond du jardin, la terre est meuble et facile à travailler, la grosse valise emplie parfaitement l’espace creusé. Epuisée par ces travaux de terrassement et ce voyage pénible Louise sans ouvrir le journal s’endort dans le fauteuil défoncé et poussiéreux du grand père. Réveillée par la température un peu fraiche de la nuit, Louise se lève va chercher du bois, fait une flambée dans le vieux poêle, qui aussitôt enfume la copieusement pièce, elle retrouve les bonnes odeurs de son enfance, elle se fait cuire des œufs, boit un verre de lait et ouvre le journal, un vague article en troisième page sur une disparition inexpliquée à New-York, d’une jeune femme, la petite amie d’un escroc et dangereux personnage, truand notoire, qui dirigeait quelques Speakeasies et bordels de Chicago pour le compte de Capone. Plus personne n’entendit jamais parler de ce fameux Tony, ni de Louise.  "

Michel T.  Art director, Lyon

 

Pas mal, non ? Cette fenêtre  favorise les courants d'art.

Miss Comédie.

 

 

 

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  • Miss Comédie
  • Miss Comédie c’est moi, Barbara Laurent-Ogier. 
Mes initiales m’ont récemment fait bifurquer.  De comédienne- auteur dramatique,  je suis devenue  blogueuse, ça élargit considérablement la cible.
  • Miss Comédie c’est moi, Barbara Laurent-Ogier. Mes initiales m’ont récemment fait bifurquer. De comédienne- auteur dramatique, je suis devenue blogueuse, ça élargit considérablement la cible.

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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