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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 11:06
LA MAISON D'ESCHER

LA MAISON D'ESCHER, LA MAISON DE TOUS LES POSSIBLES

 

Accrochez-vous ! 

Vos yeux ont perdu l’équilibre,  vous fixez deux garçons qui montent ensemble le même escalier mais regardez bien, l’un monte les marches, l’autre les contremarches… dieu du ciel, ils n’ont pas la même force de gravitation… un autre escalier s’envole vers le vide, vous distinguez un mur qui est aussi un plancher, à première vue ce dessin ne représente que le chaos,  mais pour un mathématicien, tout est parfaitement normal. En attendant, pour s’y repérer, l’usage des petits cailloux est conseillé sinon vous ne trouverez jamais la sortie.

Et puis c’est fou, vous n’arrivez pas à vous décrocher de cette vision  dérangée et  dérangeante qui n’est pas une illusion d’optique, non plutôt  l’illusion de la perspective, de  la gravitation, mais tout cela cohabite, l’envers côtoie l’endroit, le haut  est aussi le bas, et l’on se dit finalement que c’est peut-être comme ça autour de nous et que l’on ne s’en aperçoit pas.

 

C’est à la fois fascinant et énervant. Ce vertige qui vous prend devant l’impensable, l’inexplicable, l’irrationnel. On pense « cette gravure est l’œuvre d’un fou. »

 

Il n’est pas fou, Escher, bien qu’il affirme lui-même que « ce que l’on voit là n’est rien, comparé à ce qu’il a dans la tête... »

C’est que notre monde est bourré de mystères que seuls des initiés  arrivent  à percer et  nous passons à côté de l’impensable sans nous en douter, à chaque seconde.  Nous sommes ici mais aussi peut être ailleurs, qui sait ?

 

La maison d’Escher est celle de tous les possibles géométriques et arithmétiques  mais elle est aussi traversée par des forces magnétiques qui s’installent  au fil des années.

 

L’œuvre d’Escher n’est pas métaphysique, ni même surréaliste, son  inspiration  est purement mathématique.

En 1922 au cours d’un voyage en Espagne,  il reste en arrêt devant la façade de l’Alhambra à Grenade et ses motifs répétitifs basés sur des formules arithmétiques.

 

Il suivit cette voie pour créer des les constructions impossibles,  des  motifs  en deux ou trois dimensions qui se transforment graduellement en leur contraire.

LA MAISON D'ESCHER

Le roi de l’illusion inspiré par les lois de l’arithmétique, c’est déjà un paradoxe.

La question est de savoir où est la véritable nature des choses qui nous entourent : dans quelle dimension sommes-nous pour les observer ?

 

Souvenez-vous de votre ancienne maison.

 

Des réminiscences vous reviennent images de bonheur omniprésentes mais fragiles, culbutés  par une présence intruse qui s’infiltre, tel  un scorpion surgi du néant sur le mur blanc.  Gardez vos larmes, ce sont les aléas de la vie.

Chaque maison est la maison de tous les possibles.

 

miss Comédie

 

 

 

 

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 14:47
LE THEATRE A BUREAUX FERMES

 

Le rideau rouge est tombé, il y a  bientôt  cent jours.

Les théâtres ont dû fermer leurs portes et les fauteuils repliés prennent la poussière.

Les spectateurs frustrés arpentent les rues, muselés, attendant la fin d’un supplice qui semble s’éterniser.

 

Bien sûr, - il  faut y croire -  les trois coups retentiront à nouveau,  le rideau  rouge se lèvera enfin  car  la magie du théâtre n’est pas près de s’éteindre.

Le théâtre est la survie de notre imaginaire, enfoui dans les dédales d’un jardin secret que la scène repeuple pour nous sans relâche.

LE THEATRE A BUREAUX FERMES

En ce temps là la Comédie Française affichait RELACHE le temps

de changer d’auteur, de décor, de comédiens, le temps de faire peau neuve en quelques jours et les Parisiens savaient qu’une nouvelle création les attendait au tournant, la date était fixée, pas de surprise.

Aujourd’hui on se doute que l’attente sera longue.

Il faudra bien un jour mettre bas les masques et crier nos bravos, debout, devant les fantômes ressuscités du théâtre vivant !  Mais quand ?

Moi je reste spectatrice  d’un monde qui a momentanément, j’espère, perdu ses repères et qui, lentement, reprend son souffle. 

A bientôt,

 

Miss Comédie

 

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 15:57
HOME CINEMA : what else ?

 

Aujourd’hui où tout être humain se méfie de son prochain et garde ses distances, les salles de cinéma ont fermé leurs portes.

C’est la désolation pour tous ceux qui venaient y oublier la vraie vie et partager une vie de rêve, au coude à coude, avec des inconnus.

 

Tout le monde sait que le cinéma est le seul endroit où l’on a rendez-vous avec soi-même, tel que l’on a été un jour, tel qu’on voudrait renaître un jour.

A la  rencontre de ces images  inattendues  qui vont éveiller en vous quelque désir  inavoué, quelque sanglot, quelque sursaut de révolte, ou l’écho d’une voix depuis longtemps éteinte qui vous bouleverse. Et puis quand la salle toute entière rit, cette libération partagée.

Au cinéma c’est vous qui dansez avec Fred Astaire, qui jouez aux échecs avec Steve Mc Queen, qui menez le char de Spartacus, qui hurlez avec les loups.

 

Allumez chez vous la lanterne magique et vivez toutes vos métamorphoses, indéfiniment confinée.

Avec un café, le home cinéma. Quoi d’autre ?

 

Miss Comédie

 

https://www.youtube.com/watch?v=qyYiO51peVc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 15:39
LOIN DE LA FOULE, SOUCHON CHANTE

 

Protège-toi Alain !

Ame des fifties, des sixties aussi,

Et même au-delà des nineties

Te riant des tempes grises,

Tu as chanté sans fin jusqu’à ce que

la vie t’impose un masque et que

ta voix  et ta musique arrivent jusqu’ici.

 

 

Vieil  ado mélancolique

Victoire de la musique

Pourquoi faire ?

Les  micros se sont tus…

 

 

Il a l’âge que l’on n’avoue jamais.

Il a la voix adolescente  des premiers flirts,  pour dire doucement le temps qui a passé, avec des mots usés, bribes de vocabulaire oublié, qui nous frappent au coeur.

Les mots  des fifties, aujourd’hui.

 

Ces prénoms qu’on ne donne plus aux enfants, ces voitures qui ne roulent plus vraiment, André Verchuren, le train Mistral, tout cela on a connu enfant ou même  plus grand, on ne regrette rien, ce que l’on regrette c’est tous ces bonheurs enfuis, comme ce dernier rendez-vous sous la marquise avec un verre de gin fizz et cette légère brise …

 

Tout l’album est comme ça, entre humour et tendresse, nostalgique et insolent.

Mais je reviens toujours en boucle à cette Ame des Fifties qui est un petit bijou baroque comme un adagio d’Albinoni.

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 14:25
QUAND LES ETOILES SE CONFIENT.....

23 ème jour de confinement. Le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint.

 

Dans l’immensité de la nuit étoilée, la grande ourse et la petite Ourse sont les constellations qui nous semblent les plus proches.  Plus brillantes que les autres, elles sont facilement reconnaissables visibles, hiver comme été.

Duo inséparable, elles passent leur temps à observer les allers et venues des navettes spatiales  ou  la valse lente des objets abandonnés dans l’espace qui ont l’éternité pour eux.

Quant aux planètes, seule la planète Terre offre quelques distractions : sur Mars, Venus, Uranus ou Jupiter, il ne se passe rien d’intéressant.

 

Cette nuit-là,  les sept  étoiles de la petite Ourse se sont mises à frémir  d’on ne sait quelle agitation.

 

 

«   Hé,  il se passe quelque chose sur la planète Terre ! Un grand silence règne sous la clarté de la Lune, et les rues sont vides dans les cités qui d’ordinaire fourmillent de noctambules !

 

«  Je suis aussi intriguée  que toi, Polaris…  les humains semblent avoir déserté leur espace vital… mais où sont-ils ?

 

« J’aperçois des points lumineux qui scintillent dans les villes et quelques-uns aussi de par les étendues champêtres…

 

 

« Ils sont donc tous chez eux mais pourquoi ?   La finale d’un match de foot  international à la télé ?… Prête-moi tes jumelles, que j’examine de plus près, voyons… la France, par exemple, qui me semble bien calme, et Paris (elle s’exclame) c’est fou, les Champs-Elysées  sans âme qui vive, le crois-tu ?

elle tend les jumelles à la petite Ourse, qui observe à son tour :

 

La petite Ourse

Je vois le lion de Belfort qui porte un masque ! Et Jeanne d’Arc sur son  cheval en porte un aussi !  Et la tour Eiffel porte une chemise en crêpe noir  !

Pourquoi ils font ça ?

 

«  C’est dingue !   Et regarde aussi au Danemark, pour voir ?

 

 « J’y suis ! Et bien, la petite sirène, elle aussi porte un masque !

 

« Un grand danger menace donc l’Europe, mais l’Amérique est-elle aussi sur ses gardes ?

 

« Par Jupiter, à l’Ouest y a du nouveau, comme à l’Est, plus une âme dans les mégapoles et… stupéfaction, la statue de la Liberté…

« Quoi ?... écroulée ?

« Non : masquée ! le drapeau US lui couvre le visage jusqu’aux yeux !

«  Par Zeus, tu me fais marcher !

«  Tiens, prend les jumelles et regarde ! Je suis prise d’une grande frayeur, moi !

La grande Ourse saisit les jumelles et balaie le champ sidéral pour finir par bégayer :

« On touche le fond.  Venise a organisé un bal masqué sur la place St-Marc…

 

La petite Ourse s’affole :

«  Mais… il y a des morts !  Je viens de recevoir l’appel d’un numéro masqué… » »  De qui ?

«   C’est Jean-Larent Cochet le grand professeur de Théâtre,  qui vient de rejoindre le Paradis… Il m’a dit…

La grande Ourse, tremblant de toutes ses étoiles

Que t’a-t-il dit ?

« Quelques mots d’une pièce de Molière…

« Quels mots ?

« Le poumon… le poumon… »

 

Le jour se lève. Les constellations disparaissent peu à peu dans la clarté naissante du firmament.

La grande Ourse et la petite Ourse viennent de comprendre que le mal qui se répand sur la planète Terre n’est pas vraiment imaginaire .

 

Miss Comédie

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 15:47
ALIEN, LE CONFINEMENT

 

Le père

On est bien, non ?

La mère

Oui, on est bien, sans radio, sans télé, sans smartphone.…ça fait du bien.

La fille

On fait le vide…

Le fils

On n’a qu’un souci, c’est qu’on est confinés  depuis sacrément   longtemps !

Le gendre,  derrière son journal

CONFINES…  vous vous sentez vraiment confinés, ici ?  Devant un champ de blé ?

Le fils

Ben oui, le confinement fait de nous des confinés ! (il ricane).

Le gendre, hargneux

Absurde ! Le con fini c’est celui qui a lancé le mot confinement pour faire de nous des poulets d’élevage !

Le père

Allez, tu ergotes, là !

Le fils

Alors si on n’est pas confinés, on est quoi, d’après toi ?

Le gendre

On est tout simplement isolés, voilà.

La mère

Ah oui, j’aime mieux ça, le mot est plus élégant.

Le gendre

C’est surtout le mot JUSTE !

Le fils

Trop tard ! Le monde entier est confiné  jusqu’à… quand, au juste ?

La fille

Comment savoir ? on est coupés du monde !

La  mère

Seigneur ! cela fait combien de temps qu’on est là à regarder pousser le blé ?

 

Le père, pris de stupeur

Bon sang  la boulette !  On aurait pu garder la télé !

 

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 18:02
ALIEN,  L'ARME INVISIBLE

 

Bizarrement, la Nuit des Cesars, avec  ses remous tristement iconoclaste, marque symboliquement  la fin d’une époque.

Je ne me doutais pas que l’enchaînement de mes articles, inspirés par une actualité que je voulais ludique, serait soudain brisé net par un événement dramatique  qui s’abat sur la planète toute entière.

Comme tout le monde, je retiens ma respiration.  L’inspiration, elle, est tarie, il faut éviter d’être à bout de souffle.

La Bête s’attaque aux plus faibles – je sens qu’il vaut mieux qu’Elle m’oublie.

 

Nous voilà donc renvoyés chez nous jusqu’à nouvel ordre car la Bête tue tout ce qui bouge.

C’est le « va dans ta chambre » des enfants dont on n’arrive pas à venir à bout.

Déjà  la France a peu à peu changé de visage.

 

Ce nouveau territoire vidé de ses habitants et de ses véhicules a quelque chose d’hallucinant.   C’est comme un présage d’apocalypse, une vision de cauchemar.

 La nuit devient un prolongement du cosmos, muette interrogation sans réponse. 

Le silence a envahi l’espace des vivants, palpable comme un voile de brume.

Les jours ont perdu leur chronologie, les heures s’écoulent sans rime ni raison, les agendas restent vides de sens.

La question  est : « jusqu’à quand ? »

Il n’y a pas encore de réponse.

Mais la certitude qui se profile à l’échelle  planétaire : quelle que soit la durée de notre réclusion, quel que soit le nombre de survivants, quelle  que soit l’ampleur du désastre économique,  est  que rien ne sera plus comme avant.

 

Miss Comédie

 

 

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 13:45
AVE CESAR

 

La première Cérémonie des César, appelée aussi LA NUIT DES CESAR, eut lieu le 3 avril 1976 au Palais des Congrès à Paris.

Elle fut présidée par Jean Gabin, dont ce fut la dernière apparition publique sept mois avant sa mort.  Les images d’archives le montrent assis au premier rang, son visage éternellement impassible sous sa crinière blanche,  se levant péniblement à l’appel de son nom pour monter sur scène et proférer  d’un ton las, la phrase « je déclare ouverte la Première cérémonie des César ».

Il était déjà malade, mais il avait tenu son rôle avec grandeur, sous les yeux attentifs des deux maîtres de cérémonie, Pierre Tchernia et Jean-Claude Brialy.

 

J’imagine que planait sur cette première remise de prix un suspense sans précédent, comme l’entrée des gladiateurs dans l’arène, devant César.

 

 

Ce fut Jean Gabin accompagné de Michèle Morgan (« tu as de beaux yeux, tu sais... ») qui remit le César du meilleur film à Robert Enrico pour LE VIEUX FUSIL, sous les acclamations du public.  Adhésion totale, pas d’intermittents pour protester, pas de partisans du désarmement non plus.  Un choix qui donna au film une reconnaissance éternelle.

 

Derrière lui, trois concurrents malheureux mais d’égale stature :

Cousin Cousine, de J Ch Tacchella,

Que la fête commence de Bertrand Tavernier,

Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio.

 

Le meilleur réalisateur fut Bertrand Tavernier pour QUE LA FETE COMMENCE, suivi par François Truffaut pour Adèle H , Robert Enrico pour le Vieux Fusil,

Jean-Paul Rappeneau pour Le Sauvage.

On aurait pu les classer ex-aequos...

 

 

 Le César de la meilleure actrice posait un sacré problème d’ego…  Romy Schneider l’emporta  pour son rôle dans L’IMPORTANT EST D’AIMER, au grand dam d’Isabelle Adjani qui s’était levée avant même que le prix soit décerné, persuadée qu’elle était l’heureuse élue.

A côté d’elle, mais plus humbles,  des stars déjà confirmées : Catherine Deneuve pour Le Sauvage, Delphine Seyrig pour India Song…

Excusez moi du peu. Mais à l’époque, les écrans étaient peuplés de créatures divines bourrées de talent. Il n’y avait que l’embarras du choix .

 

Pour  le César du meilleur acteur ils ont dû probablement tirer au sort pour désigner Philippe Noiret dans LE VIEUX FUSIL  alors que caracolait derrière lui Gérard Depardieu pour Sept Morts sur ordonnance, Victor Lanoux pour Cousin Cousine , Jean Pierre Marielle pour Les Galettes de Pont-Aven…

 

 

 

En lice pour cette première compétition, les films étrangers alignaient  quatre fleurons du 7ème art européen :

Parfum de Femme de Dino Risi, l’emportait sur Aguirre ou la Colère de Dieu de Werner Herzog , Nashville de Robert Altman, La Flûte enchantée d’Ingmar Bergman

 

... and the winner was : PARFUM DE FEMME, bien sûr, inoubliable Gassman.

 

Il y eut deux César d’honneur, un peu bizarres, pour Diana Ross, une chanteuse égarée au cinéma, et Ingrid Bergman.

Pour rafraîchir l’atmosphère, le spectacle comportait des moments de détente  où quelques figures connues de la chanson venaient se produire hors compétition.

 

Tout cela était encore bon enfant, plein d’humour et de tolérance, les gens étaient là pour se congratuler, non pour se critiquer.

C’était encore la grande famille du  cinéma, heureuse de se retrouver pour une nuit de consécration.

 

Quarante quatre ans plus tard, tout a changé.

Les films ont perdu cette frivolité qui faisait leur charme, le propos n’est plus de divertir mais de démontrer. 

Sous des images parfois insoutenables, la violence est devenue le piment des scénaristes qui délaissent l’imaginaire pour la réalité au premier degré.

Les acteurs ont droit à leur jour de gloire avant d’être oubliés, remplacés par de nouveaux talents.

Surtout, chaque compétition est devenue un combat d’idées, une lutte sournoisement politique.

On nous annonce que le grand favori des César 2020 est le film de Polanski, « J’accuse », ce qui promet une belle démonstration de force de la part des féministes.

Et pourquoi tout d’un coup, la Nuit des César ne donne sa chance qu’à des réalisateurs venus du Belouchistant ?

 

« OK, boomer ! »  me répond la jeune génération.

 

Miss Comédie

 

J’apprends à l’instant la démission collective des membres de l’Académie des César, à la demande d’un groupe de personnalités du cinéma (dont Bertrand Tavernier !!!!... ) Oui, tout change. Que va-t-il se passer le jour J ?

 

 

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 14:22
HERNANI, BATAILLE POUR UNE REFORME

 

  « La première d’Hernani » par Albert Besnard (1849-1934)

 

 

 

 

Depuis la nuit des temps, le monde est en perpétuel changement car l’immobilité c’est la mort.  Cela se fait tout naturellement, mais certains êtres humains participent, volontairement ou non, à ce changement , provoquant  ainsi  des réactions qui peuvent tourner au pugilat,  à la grève, voire à la violence.

 

Voyez la bataille d’Hernani.

Victor Hugo  en a eu marre d’être soumis aux codes imposés par Boileau dans  l’écriture dramaturgique.

Il  écrivit  une magnifique pièce de théâtre  qui avait tout pour rendre fous les gardiens de la tradition.

Comme on n’est jamais trop prudent, il  soumit la pièce  à la censure royale et Charles X du moment qu’on ne touchait pas à sa majesté, donna son accord pour la représenter au Théâtre Français.  Pour ce qui était de la censure littéraire, il laissait aux puristes le soin de se manifester.

 

 

La veille de la première, Victor Hugo convoqua chez lui son groupe d’amis intellectuels et artistes pour une lecture de la pièce.

Le bruit avait circulé que l’oeuvre  piétinait certains tabous,  mais lesquels, au juste ?

Tout émoustillés,  toujours prêts à renverser les vieilles idoles, la jeune garde fit bloc avec la réforme.

 

Elle était de taille, la réforme : finie les trois unités, les alexandrins, la tragédie se mêlait à la comédie et le tout finissait par un drame.

 

Il fallait s’attendre à une levée de boucliers, ce fut un combat à mains nues et lancer d’injures . L’évènement  resta  dans l’histoire sous  le nom définitif de « bataille d’Hernani ».

Le soir de la première  à la Comédie Française, le 25 février 1830,  la salle était pleine et l’ambiance  survoltée entre les deux camps .

Les classiques et les romantiques déchainés, devenus ennemis par le seul motif de la forme donnée à un divertissement,  donnant à ce prétexte la force d’un credo inaliénable.

 

Le peintre Albert Besnard réalisa une fresque de l’évènement.

 

Le tableau représente la salle Richelieu avant le lever du rideau. D’emblée on remarque l’agitation régnant dans un endroit où le calme et les mœurs policées dominent en temps normal ; « une rumeur d’orage grondait dans la salle », dira Théophile Gautier. Au premier plan, portant les cheveux longs et des vêtements excentriques en signe d’appartenance à la mouvance romantique, les partisans d’Hugo ne peuvent tenir en place. Plusieurs d’entre eux, la bouche ouverte, lancent insultes et quolibets à leurs adversaires. Sur la gauche du tableau, on reconnaît Théophile Gautier, bravant l’adversaire avec son torse bombé et son gilet rouge. L’un de ses alliés, monté sur la scène, semble vouloir singer les gestes et la pose d’un spectateur de l’autre camp. Entre ces deux personnages, tous les occupants des premiers rangs se regroupent en une cohorte informe, parcourue par l’effervescence de la joute oratoire qu’elle mène avec les autres spectateurs du balcon. Parmi les défenseurs de la pièce venus pour l’occasion, citons  Gérard de Nerval, Alfred de Musset. La plupart étaient déjà là à l’ouverture des portes du théâtre en début d’après-midi et se sont livrés pour passer le temps à un chahut où les chansons l’ont disputé aux cris d’animaux. Entre les « pro » et les « anti » Hernani, la salle compte d’autres éminents spectateurs venus par simple curiosité. Parmi eux citons en particulier Chateaubriand.
Dès les premiers vers, la querelle est engagée. « Il suffisait, écrit Théophile Gautier, de jeter les yeux sur ce public pour se convaincre  que deux systèmes, deux partis, deux armées, deux civilisations même, — ce n'est pas trop dire — étaient en présence, se haïssant cordialement, comme on se hait dans les haines littéraires, ne demandant que la bataille, et prêts à fondre l'un sur l'autre. »

 

(Michel Winock, dans L’HISTOIRE PAR L’IMAGE, juin 2012)

 

 

Le sujet de la pièce ? La mise en scène ? Les comédiens ?  Tout cela     n’était pas leur problème.

Les amours d’un proscrit avec la jeune infante dona Sol, les turbulences de la cour d’Espagne présentées avec le lyrisme et l’élégance de l’auteur des Misérables,  tout cela passait au second plan, derrière la Réforme.

 

 

 HERNANI fut un vrai succès, alimenté par le bruit de la bataille qui attisa la curiosité, et 39  représentations suivirent cette « première » mouvementée.

Victor Hugo avait 27 ans, il était déjà célèbre  et devint grâce à cette bataille la coqueluche des beatniks de l’époque férus d’art dramatique et poétique, menés par un Théophile Gautier au gilet rouge et un Gérard de Nerval déjanté – mais aussi, malgré son âge (62 ans) un Chateaubriant admiratif et désenchanté.

 

 

 

La réforme d’HERNANI, si elle déchaîna les passions, annonçait la fin de la dramaturgie classique. Depuis,  les alexandrins  sont passés de mode et les trois unités sont passées au rancart.

Ce qui n’empêche pas les foules de se pâmer devant LE CID de Corneille ou BERENICE de Racine, sans parler des éternelles merveilles linguistiques de notre cher Molière !

Il faut se rendre à l’évidence, ça ne sert à rien de lutter contre les réformes.

 

Miss Comédie

 

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 16:39

Elle a  déjà la meilleure note avant même d’avoir rendu sa copie.

 

 

LA PREMIERE

Ellle promet !

 

 

Miss  Comédie

 

 

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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