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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 19:20
NINO FERRER, UN SOIR DE FÊTE

NINO  FERRER,   UN SOIR DE FÊTE

 

  Mars 1965, rue du Dragon à Paris.  Chez des amis, Nino Ferrer fête le succès fracassant de MIRZA, son premier tube. Au milieu de tous ces gens euphoriques et déjà un peu partis, il est sombre, il n'a pas touché à sa coupe de champagne.Il a 31 ans, il est d’une beauté surnaturelle.

Je l’ai déjà vu souvent ici, il est le cousin de notre hôte, musicien de jazz.

 

Il vient vers moi et m'entraîne à l'écart.

"  Venez, tous ces gens sont répugnants.

" Mais enfin, ce sont vos amis…

"  Non, ils n'ont rien compris.

"  Comprendre quoi ?

Il me regarde intensément.

 

"  Vous savez bien, vous, que ce disque devait rester ignoré de tous. Son succès est une affreuse méprise.

 

Je ne dis rien.  Il est vrai que MIRZA est à des années-lumière de l’univers musical de Nino, qui n’aime que le jazz. C'est venu comme ça, un soir de fête entre copains.  Il a cédé ensuite aux avances d'Eddy  Barclay, instant d'égarement.

 

 

"  Grâce à ce succès, Nino, tu es célèbre. Tu vas pouvoir faire la musique que tu aimes. 

"  Ne me tutoyez pas.  Notre relation est au-dessus de la mêlée.

 

Je me peux m’empêcher de rire.  D'où lui vient ce côté vieille France et cette allure de dandy ?  C'est un gentilhomme égaré  chez les saltimbanques .

 

"  Ecoutez-moi. Vous savez ce qui est le plus absurde ?  C’est que personne ne sait que la musique de MIRZA  m’a été inspirée par un tube de Stevie Wonder.  Là-dessus, je mets des paroles idiotes, histoire de rigoler un peu, et paf !  ça fait un tabac…

 

Il me regarde encore, je vais me trouver mal tellement il est beau. Il me prend le bras et d'une voix sourde  :

Je viens d'écrire une chanson où j'ai mis toute mon âme, tout y est inspiré, la musique, les mots...

" De quoi parle-t-elle ?

" D'un pays qui n'existe pas.  Où règne la paix et la joie, où l'été n'a pas de fin...

"  Comme dans le sud ?

" Oui,  on dirait  le sud....  Ma plus  belle chanson.... et voilà que j’ai signé avec Barclay pour  trois autres titres aussi stupides que MIRZA  : Les Cornichons, Oh Hé Hein Bon, Gaston ya’l téléfon qui sonne"’…  

" Ils auront le même succès que MIRZA !

-  Dieu du ciel, je ne veux pas de ce succès-là !  Je regrette le temps des Dixiecats...

 

Je me souviens.   Au Vieux-Colombier, ils faisaient le plein tous les soirs.  Nino  jouait de la contrebasse,  Bill Colem venait parfois faire une jam. 

"  Pourquoi avoir arrêté ?

"   Oh, je voulais faire mes chansons à moi. C’est toujours pareil, à 20 ans on croit qu’on peut tout avoir à la fois.

 

 

On l'appelle.  Nino !  Tu es où ?  On passe à table !

Assis près de moi, son teckel sur les genoux, il est au centre d'un feu croisé de questions. Quelqu'un prend une photo.

" Nino,  tu vas faire l'Olympia avec MIRZA ?

 

Ils comprennent vite que Nino n'a pas envie de plaisanter.

Ils vont continuer à parler et à rire ensemble sans insister sur le sujet et Nino se détend peu.

Une question jaillit :

" Nino, c'est qui la femme de ta vie ?

Pris de court, il  choisit l'esquive :

" Vous la connaissez tous, c'est Mounette.

 

Mounette, sa mère, son âme soeur.

" Oui, c'est elle la femme de ma vie.  Quand elle mourra, je mourrai.

 C'est comme un pavé dans la mare mais ils savent que Nino  n'est pas spécialement un boute-en-train.  Et puis, ils ont bu, ils ont surtout envie de faire  la fête.  La soirée s'éternise dans la bonne humeur.  Et Nino,  distrait, s'immerge dans leur  amicale présence.

 

Plus tard,   L'ambiance retombe un peu. 

 il me prend la main.  Il rêve.

Il ne sait pas que cette chanson  encore  inachevée , il la lancera un jour dans l'air du temps et que LE SUD  fera le tour du monde. Elle effacera tout le reste et restera comme son testament prémonitoire.

 

"  Nino, vous vous souvenez des paroles de votre première chanson : « Ma Vie pour rien « ?

 « Moi j’ai voulu vivre ma vie- et j’ai perdu ma vie pour rien ».- Comment peut-on écrire ces mots-là, quand on a  toute la vie devant soi ?

"  Je ne sais pas."

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 18:33
LE MYSTÈRE D'ALEXIS MICHALIK

 

 

Bizarrement, ce n'est pas avec ce visage d'acteur shakespearien que MICHALIK a séduit tout Paris. Mais il écrit et met en scène des histoires aussi belles que lui.

 

Depuis septembre 2016  EDMOND fait le plein au théâtre du Palais-Royal, INTRA MUROS à la Pépinière, LE PORTEUR D’HISTOIRE au théâtre des Béliers… trois créations d’Alexis Michalik, trois succès simultanés, c’est rare.

         Toutes les bonnes fées se sont penchées sur son berceau pour lui donner beauté, talent et succès, amour aussi, j’espère mais n’en doutons pas.

Il a eu déjà la reconnaissance de la critique, l’adhésion du public et aujourd’hui encore, je lis un grand article sur lui dans le JDD – (très bien écrit par Barbara Théat...- nom prédestiné ?  sauf qu'elle  lui  octroie  trois Césars à la place de trois Molières… rectifions vite !)

 

Que de louanges ! Je sais, Alexis Michalik est conscient de sa chance et  garde les yeux ouverts sur la fragilité de l’avenir. 

Maintenant qu’il s’apprête à passer derrière la caméra pour diriger la version cinéma de sa pièce EDMOND,  on ne peut s’empêcher de trembler… et si le cercle magique n’opérait plus ?

 

Alexis Michalik a beaucoup voyagé, paraît-il.  Profitant de cet instant fugitif où le temps suspend son vol, entre deux projets, entre deux amours peut-être, il a parcouru l’Indonésie, le Mexique, la Grèce, le Portugal, s’immergeant dans   la culture  des territoires inconnus, en quête  de quelque histoire invraisemblable  pour nous étonner  encore.

 

Dans ses spectacles il n'y a pas de stars. Ses comédiens sont des inconnus magnifiques qui brûlent les planches.  On en oublie les têtes d'affiche, seul compte  l'histoire et les mots qui la racontent.

 

Son secret appartient à tout le monde : garder  un  regard d’enfant émerveillé par l’inconnu, le mystère, la fusion du vrai et du faux.

 Fermer les yeux, rêvasser et partir sur les sentiers de l’imaginaire vers des régions où tout est possible.

Ce secret,  il faut être un Michalik pour savoir le  formuler et il n'y a que le théâtre pour le rendre si proche et si magique à la fois.

 

 

 

 

 

 

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 11:13

Conversation imaginaire

EN  ATTENDANT LE  PARADIS

Mireille Darc et Jean Rochefort, assis sur la margelle d'un pont dominant le fleuve Styx, "fleuve des Morts" ,  regardent  Danielle Darrieux gravir les derniers mètres de la route escarpée qui mène vers l'Au-delà.

 

Elle est essoufflée et s'arrête un moment pour reprendre haleine.

 

"Il était temps de lever le camp, non ?   Ironise Rochefort.

Danielle Darrieux sourit et reprend sa marche.

"D'accord, cent ans c'est long mais j'en aurais bien  aligné dix de plus.

Mireille Darc  se lève et lui tend la main, elle l'aide à s'asseoir près de Jean Rochefort.

"Bien sûr, vous étiez en pleine forme... Moi j'en avais ma claque  il était temps que ça s'arrête...

 Mon seul regret, c'est  de laisser mes proches dans la peine.

Rochefort sardonique :

" Oui vous n'avez pas honte,  le samouraï est  à terre.

 

Danielle Darrieux regarde autour d'elle.

"C'est ici le terminus ?

"Pas tout à fait, dit Rochefort en se levant  et sur un ton de tragédien, c'est,  le bureau de casting  de saint Pierre, on doit patienter ici  pendant qu'il  examine  notre dossier.  C'est là qu'on  se mord les doigts de  s'être laissé aller  à certaines pratiques  pas très   catholiques... Alors que ces pratiques,  vertudieu, étaient justement  paradisiaques! 

 

Derrière eux, une porte s'ouvre dans un grincement.

Un homme en robe blanche en sort et demande :

"Mademoiselle Darrieux !

" C'est moi !

"Bon, vous êtes là enfin, ne bougez pas jusqu'à ce que je vous appelle !

Il disparait à l'intérieur et referme la porte derrière lui.

 

"Et voilà !   s'indigne   Rochefort,  On nous prend pour des poneys de cirque !  Cela me rappelle un certain tournage où don Luis Bunuel m'avait relégué dans une loge sordide  avec deux actrices de second plan , avec l'ordre d'attendre que l'assistant m'appelle pour tourner ma scène ! J'ajoute que j'étais déjà une tête d'affiche   Une forte tête d'affiche ! Une telle désinvolture m'avait terrassé. Et voilà que ça recommence.

"Mais il va peut-être t'annoncer que tu vas au paradis ?   suggéra Mireille Dar de sa voix douce.

"Permets moi d'en douter, ma grande. Ma vie ne fut qu'un défilé  d'histoires  salaces, pas un brin de charité chrétienne !

" Tu es sévère, Jean... proteste Danielle Darrieux,  Tu étais capable de  tendresse...

'"Oui,   envers les chevaux, seules créatures dignes de respect sur terre...

Danielle Darrieux paraissait inquiète.

"Mais quels sont les critères de jugement ?  Il y entre peut-être le talent ?

Rochefort éclata de son rire inégalable.

"Ah ah ah !  Le talent !  Mais c'est un critère diabolique !  Un facteur d'inégalité condamné par nos sociologues bien pensants !

"Pourtant, le talent contribue à donner du bonheur aux gens !

"Ouais.  Mais c'est très subjectif, le talent. Plein de gens pensent que Bartabas a du talent.  Moi je pense que c'est une truffe.

Mireille Darc s'insurge  gentiment :

"C'est parce  que tu es jaloux de ses chevaux !

 

La porte s'ouvrit à nouveau.

"Mademoiselle Mireille Darc, veuillez entrer par ici, s'il vous plait. Vous êtes admise dans le cercle des élus pour partager la félicité éternelle .

Elle se tourna vers ses deux compagnons et leur envoya un baiser léger.

 "Peut-être à tout à l'heure !

Et la lourde porte se referma sur elle, laissant filtrer des chants mélodieux sur des musiques célestes.

 

Les deux grands acteurs se regardèrent,  pas rassurés.

"Vous, Danielle, vous allez la rejoindre.

Mais la porte s'ouvrit à nouveau :

"Monsieur Jean Rochefort ?  Venez par ici, votre amour des bêtes vous ouvre les portes du paradis. Votre admission s'est jouée à une voix près, celle de Bartabas, qui vous accuse d'égoïsme  car vous ne possédiez qu'un seul cheval.

 

Danielle Darrieux se retrouve  seule.  Elle   contemple le flot tumultueux du Styx en contrebas et  murmure :

 "Quand  même,  saint Pierre a fait entrer Rochefort au Paradis... Moi, avec mes  quatre mariages il va me jeter en enfer !   Mais peut-être se souviendra-t-il que j'étais la vedette du Bon Dieu sans confession ?"

 

Miss Comédie

.

v

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 14:16

L'instant théâtre

INTRA  MUROS  au théâtre de la P&pinière

Pour Télérama,  cette pièce n’est « pas du théâtre d’art, mais au moins  d’ excellent artisanat ».

Je sais bien que l’artisanat a acquis depuis longtemps ses lettres de noblesse, mais quand même, excusez-moi du peu, c’est drôlement  réducteur pour qualifier   INTRA MUROS.

Moi je dis qu’Alexis Michalik a l’Art de raconter  des histoires vraies en les nimbant d’imaginaire, qu’il a l’Art de plonger dans les tréfonds de l’âme humaine sans se prendre pour  Freud, l’Art de faire se côtoyer le réel et l’inventé, le vrai et le faux  sans que cela trahisse la moindre stratégie,  l’Art de nous faire  passer  du rire aux larmes en une réplique, l’Art de faire  oublier sa mise en scène , c’est la vie même qui se joue sur le plateau.

Bon, vous avez compris que j’ai aimé INTRA MUROS.

 

Après EDMOND, what else ?  Et bien, du Michalik pur jus.   Mais chaque fois la surprise.

 

Ce soir, on s'attend à tout.  Pas très ludique, le décor.  Une prison, mieux, une « centrale », le mot est bien carcéral.

Il existe des gens de théâtre à l’âme généreuse  qui se produisent dans les hôpitaux, les prisons.  Ils donnent du bonheur aux malheureux isolés du monde.

Ici, le metteur en scène se retrouve avec deux, seulement deux prisonniers intéressés par le truc théâtral. 

L’un est un anar extraverti fort en gueule, l’autre est muet.

On va les faire raconter leur vie, c’est une forme d’improvisation, exercice pratiqué par les apprentis comédiens pour apprendre à s’extérioriser.  Cela tourne souvent  au psycho-drame.

C’est ce qui va se passer devant nous.

Deux mondes vont surgir, deux destins aussi cruels l’un que l’autre.  Deux histoires qui n'ont qu'un point commun, la prison.

Sinistre ?  Pas du tout.  C'est haletant comme un polar. On les écoute.  On comprend que ces deux-là qui sont venus tâter du théâtre, ont improvisé sur le thème de leur vie ratée et que ça les soulage de se raconter.

 

Et voilà comment le théâtre peut devenir une thérapie quand  tout a été tenté et que rien n’a réussi.

Les deux acteurs sont follement réels dans leur détresse.

 

Voilà comment, avec un sujet pas vraiment folichon, un décor assez glauque et des comédiens inconnus qui  brûlent les planches, on peut faire un théâtre d’Art,  pétri d'humanité.

 

Miss Comédie

 

Au théâtre de la Pépinière à Paris jusqu'au 16 décembre 2017

 

 

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 20:36

9 ans ça en fait des articles !

J'ai un peu touché à tout , passant du théâtre au cinéma me payant quelques réflexions perso avec en coulisses l'équipe de Overblog toujours complice pour expédier mes articles sur la toile .

j'ai dépassé l'age de raison mais je suis encore loin de la majorité que j'espère atteindre un jour avec vous mes lecteurs all around the world !

A bientôt pour de nouvelles histoires réelles ou inventées toujours à la frontière entre rêve et réalité .

Miss comédie

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 14:26

L'instant théâtre

CONFIDENCES au Rive Gauche

Etre infidèle est un facteur génétique de la personne humaine. Après tout, nous ne sommes que la forme évoluée des grands chimpanzés qui pratiquaient allègrement les échanges sexuels sans le moindre sentiment de culpabilité .

 

Depuis, s’est instauré le dogme sacro-saint du Couple et là, c’était

fini la liberté, nous devions  rester fidèles.

 

L’humanité chrétienne s’est acquittée tant bien que mal de ce devoir,   et  les défaillances  ont  donné matière à une infinité de situations  cocasses, affligeantes, rocambolesques, sinistres ou  édifiantes qui ont  inspiré les écrivains et les auteurs dramatiques.

 

 L’auteur de CONFIDENCES, New-Yorkais pur jus, a trouvé le ton juste pour le  public américain qui  rejette toute forme de mensonge : le rire est l’arme fatale contre l’adultère.

   Sa pièce a fait un tabac à Broadway.

 

Eric-Emmanuel Schmidt  a adapté la pièce  avec les  subtilités d’écriture qui régalent  les spectateurs français : comique, d’accord, mais nous voulons aussi une part de drame pour créer l’émotion.

 

Alors, cette histoire d’un jeune père qui se détourne de sa femme devenue mère pour retrouver  l’érotisme dans les bras d’une prof de gym canon, c’est  le point de départ d’une situation banale qui va prendre du piquant lorsqu’il se confie à son père

 

 Là, on rit beaucoup. Le conflit des générations réjouit toujours petits et grands. Nous sommes encore dans la comédie mais chacun se sent concerné , on se dit « ça pourrait très bien m’arriver », à moins que cela ne soit un déjà-vécu, bref on attend que quelque chose se passe, un choc.

 

Cela ne tarde pas.  

Lorsque  la mère du jeune homme se met en tête de sauver le jeune couple du naufrage avec une révélation qui  fait l’effet d’une bombe, la pièce a basculé dans l’émotion.

 

  Jean-Luc Moreau coordonne tout cela avec une rigueur discrète :  pas d’ambigüité, dans sa mise en scène qui

 affiche d’emblée la couleur. Pas de faux-semblant, la situation est claire, les personnages endossent leur rôle sans détour ils nous épargnent les effets comiques ou les larmes. Tout est dans le texte.

 

Eric-Emmanuel Schmidt  a le génie  du coup de théâtre, on le sait. Ici, la révélation finale qui répond à la confidence, c’est encore un clin d’œil qui n’appartient qu’à lui.

 

Au théâtre Rive Gauche à Paris, jusqu'à fin octobre.

 

Miss Comédie

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 17:32

Conversation imaginaire

PEACE AND LOVE

Vous êtes nombreux à avoir reconnu Mark Zuckerberg sur la photo mystère.  Cela m’a donné  l’idée d’une conversation imaginaire entre lui, le fondateur de Facebook, et Bill Gates le père de Microsoft.

Cela pourrait se passer au cours d’une rencontre amicale au Golf  Club Mallone, l’un des meilleurs parcours de golf de  l’état  de New-York.

 

Les deux plus grosses fortunes de la planète  sont aussi mauvais joueurs l’un que l’autre, c’est pourquoi ils aiment jouer ensemble. Sur le green, au moins, tous les coups sont permis.

  L’aîné, Bill Gates, considère d’ailleurs le jeune Zuckerberg comme un sur-doué dont la réussite est un  coup du hasard et il le traite avec une affectueuse bonhomie.

Pas vraiment concentrés sur leur swing, ils parlent de tout et de rien en savourant  les charmes de la nature.

Mais soudain, alors que Bill Gates venait de frapper parfaitement sa balle avec son driver,le dialogue prend une autre tournure.

 

« Lorsque je serai président des Etats-Unis,  ça te plairait d’être président de la Cour Suprême ?

Zuckerberg aborde un  sujet qui sort des sentiers battus.

Il compte bien sur un effet tétanisant, une bombe !

 

Bill  Gates observait le trajet de sa balle qui filait vers le trou numéro 4 et mit quelques secondes avant de répondre calmement :

« Non, car ce sera moi, le nouveau  Président des Etats-Unis.

 

Un partout.  Zuckerberg est pris de court.

La balle finit sa trajectoire  et s’arrêta à dix centimètres du trou.

« Pas de chance ! soupira Bill Gates, à toi de jouer !

La balle de Zuckerberg était au milieu du rough. il se mit à l’adresse mais il n’était pas pressé de jouer, visiblement secoué.

« Tu as l’intention de te présenter à l’élection présidentielle ?

Bill Gates sourit.

« Evidemment !  Tu vois qui, pour succéder à Trump ?

Zuckerberg s’appuya sur son club comme pour amorcer une longue discussion.

« En tant que républicain ?

« Non, bien sûr, je reprend le flambeau des  démocrates….

Ils se regardent un moment sans rien dire.  Zuckerberg joue sa balle. Elle s’envole et oblique vers la lisière du bois.

« Raté.

Fair play, Bill Gates s’abstient de tout commentaire.

 

  Ils marchent  maintenant vers le trou 4, déçus l’un et l’autre par leur coup.  L’ambiance s’en ressent.

Zuckerberg  est sur les dents.

« OK.  Admettons que tu aies suffisamment de voix pour être candidat .  Je pense en avoir autant de mon côté.  Nous pourrions nous retrouver au coude à coude, toi démocrate, moi républicain.

Bill éclate  de rire. 

«    Trop drôle !   Mais impossible !

« Pourquoi impossible ?

« Parce que ce sera moi le finaliste, avec une majorité écrasante !

 

 

Ils sont arrivés  devant le trou 4. Bill Gates enlève prestement le drapeau  et d’un coup sec envoie sa balle à l’intérieur du trou.

Zuckerberg  ronge son frein.   Bill Gates, lui, est hilare.

Il remet le drapeau en place et ils avancent ensemble  vers le trou suivant en pressant le pas car ils ont pris du retard.  Un joueur les talonne de loin.

 

 « Je suis meilleur au bridge, avoue  Bill Gates, je joue très rarement au golf et je ne suis pas doué.

« Moi non plus, à vrai dire.  Je manque de temps, mais j’adore ces longues marches dans des parcours  tellement hygiéniques !  (Il affiche une gaîté factice.-)

« Respirons ! renchérit Bill – et comme deux enfants, ils prennent une longue bouffée de l’air frais du main.

 

Ils ont encore une centaine de mètres avant le départ du 5.  Bill Gates sifflote.  Soudain, Zuckerberg :

« Bill, je te connais bien, nous partageons les mêmes idées sur l’économie et les valeurs sociales.  D’accord, ta Fondation fait beaucoup pour ton image de bienfaiteur. Mais moi, je donne de moi-même et ça se sait.  Pourquoi crois tu que j’ai entrepris de visiter chacun des 50 états afin de constater par moi-même  leurs attentes et leurs espoirs ?  J’ai déjà passé des journées entières au Dakota, et dans les réserves indiennes du Montana et j’ai mis sur Facebook  mes réflexions avec photos à l’appui.

 

« C’est bien, ça ! approuve Bill Gates.  Et alors ?

« Alors, le monde entier  découvre  que j’ai un rôle à jouer dans la  nouvelle société américaine.  En plus, j’œuvre pour le rapprochement entre les peuples . Facebook est tout-puissant, tu le sais. J’ai toutes les chances d’être élu au premier tour.

 

Bill Gates sourit.  Il se baissa pour ramasser une balle perdue. Il la mit dans sa poche. Ils arrivaient au départ du  trou 5 et s’arrêtèrent.

« C’est à toi de commencer, dit-il à  Mark, tu as deux points d’avance.

Celui-ci ne bougea pas, il fixa son ami d’un regard investigateur.

«   Est-ce que tu  réalises ce que représente Facebook, le réseau social le plus puissant du monde ?  Les humains connectés à volonté tout autour de la planète ?

 

 

Bill regardait au loin, comme absorbé par la distance à parcourir d’un coup de son fer 7.  Il articula d’une voix douce :

« Mon ami pour se connecter, les hommes ont besoin d’internet et des fonctionnalités de leur smartphone.  Avec mes partenaires je gère le matériel, les logiciels et l’avenir du digital. – il fixa Zuckerberg -  Tu vois ce que je veux dire ?

Mark  resta immobile, attendant la suite.

« Sans Microsoft, Facebook n’est rien – il fit claquer deux doigts dans l’air -  peanuts.

 

Mark  tenta un dernier argument :

«  Crois-tu que les Américains soient impressionnés par ton empire ?   Ils choisiront un président à taille humaine qui privilégiera  l’homme à la machine.

Il y eut un silence, on entendit un merle siffler dans le bosquet voisin.

Alors  Bill s’avança vers Mark et lui tendit la main :

 

« Ce n’est pas à nous à décider. Tant de  choses peuvent changer d’ici 2020 !  Restons partenaires et amis, nous avons tout pour nous entendre et surtout… l’épatante médiocrité de notre jeu au golf !

Ils éclatèrent d’un rire tonitruant qui fit fuir le merle et leur poignée de mains sembla interminable au joueur solitaire qui les avait rejoint.

 

Miss Comédie

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 14:26
LA PHOTO MYSTÈRE

Cette photo date d’il y a trois ans.  L’homme est  infiniment sympathique.  Il est d’ailleurs à l’origine d’une immense empathie universelle.

C’est le mari idéal, le gendre idéal, le frère idéal, le fils idéal… le père idéal.    Ses enfants lui écrivent d’un bout à l’autre de la planète.

Il a choisi la couleur bleue  pour sa maison-mère, mais il n’est pas impossible qu’il  opte  bientôt pour  une maison blanche.

 

Qui est-ce ?

 

 

Réponse dans le prochain post.

 

 

Miss Comédie

           

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:54
AUTOUR DE LA PYRAMIDE (SUITE)

Pourquoi une pyramide ? Continuons à chercher.

Je ne veux pas remonter jusqu’à la nuit des temps mais imaginons cette cour Napoléon où se dresse aujourd’hui la pyramide de Pei,  quand elle n’était qu’une grande étendue vide – comme l’est encore la cour Carrée (photo).

Une belle page blanche pour un dessinateur en quête d’innovation architecturale.

Pei avait le champ libre pour donner libre cours à son inspiration.

Ce fut donc une pyramide et puisque  apparemment  Mitterrand n’était pas dans le coup, il faut continuer les recherches sur le pourquoi  de  la pyramide .

 

Une foule d’explications a été avancée, elles ont toutes des bases solides ,  un bien-fondé historique  ou symbolique - aussi je vais m’en tenir à celle qui me semble la plus logique,  la plus proche des motivations artistiques et professionnelles de l’architecte chinois.

« La pyramide est la forme la mieux apte à faire entrer la lumière »     Il fallait ajouter « de verre »… mais c’était si évident !   

  Cette profession de foi, il l’avait déjà formulée en proposant un projet en forme de pyramide pour la JF.Kennedy Presidential Library and Museum à Boston dans les années 70 mais le projet fut abandonné pour un autre.  Toujours est-il que  la pyramide lui trottait dans la tête !

 

La cour du Louvre était l’endroit idéal pour aller au bout de cette idée lumineuse, et ainsi naquit la pyramide. Pei lui donna même sa réplique intérieure avec la Pyramide inversée qui inonde de lumière le sous-sol .

 

Le hasard a voulu que dans cette cour Napoléon s’instaure un étonnant  face à face avec l’obélisque de la place de la Concorde,   à quelques encablures de là, comme un vœu de l’Empereur enfin accompli.

Le hasard ?  On me dit que le hasard n’existe pas.  Alors quoi ?

 

Le mystère reste entier, j’abandonne.

 

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 13:39
AUTOUR DE LA PYRAMIDE

Un de ces jours de canicule où l’on reste au frais dans l’ombre d’une chambre aux volets clos, à la recherche de quelque curiosité, je suis tombée  sur une photo représentant la cour  du Louvre, avant sa dernière rénovation.

Vide.  Un désert  entouré par les prestigieux bâtiments du Palais du Louvre.  Une immense piste aux étoiles.

Sur une photo plus ancienne, un bouquet d’arbres occupait le centre de ce désert.

L’ensemble semblait figé dans une éternelle solennité, comme le château de la belle au bois dormant avant le fameux baiser.

Le prince charmant qui réveilla ce décor endormi, ce fut François Mitterrand et la cour fut envahie de marteaux-piqueurs.

Un fameux chahut.

 

 

Maintenant que tout le monde s’accorde pour reconnaître que la pyramide du Louvre est un pur chef-d’œuvre, je me pose une question, qui me paraît fondamentale : pourquoi une  pyramide ?

 

Pourquoi pas  un cube, transparent ou pas, une sphère, un  octogone, un cheval ou un aquarium ?

Ce fut donc une pyramide et  tout de suite, tout le monde a pensé : bien sûr, ça rappelle la Grande Pyramide de  Kéops.  

Le parallèle s’impose :  quelques siècles seulement séparent  Kéops,  deuxième pharaon de la IV ème dynastie de l’Egypte antique,  concepteur de la Grande Pyramide  – et François Mitterrand, président de  Ia Vème république française,  commanditaire de la pyramide du Louvre.

Mitterrand aurait donc demandé à l’architecte Yeoh Ming Pei de lui édifier une pyramide ?  Pour rappeler à la postérité qu’il fut le pharaon des années quatre-vingt ?

 

Vraisemblable mais faux.

Le hasard a pourtant bien servi le président  lorsqu’il engagea Yeoh Ming Pei parmi les architectes les plus doués de l’époque pour orchestrer  la rénovation de la cour du Louvre.

L’architecte lui soumit alors le projet d’une pyramide de verre et là, peut-être bien que Mitterrand eut un battement de cœur : lui, grand amoureux de l’Egypte, allait pouvoir s’offrir une relique du monument le plus cher à son coeur.

Coup de chance.

AUTOUR DE LA PYRAMIDE

 

Voilà, le doute est levé pour ce qui est de François Mitterrand. Pas d’arrière-pensée pharaonique  dans son désir de  rénovation du musée du Louvre.

Mais si l’on se tourne vers l’architecte chinois, on  se pose la même question :   la pyramide de Kéops l’a-t-elle influencé pour concevoir une réplique,   transparente, d’accord, mais géométriquement symbolique ?

Et bien pas du tout.

Si l’on se plonge dans la biographie de l’architecte,  rien ne rappelle l’Egypte dans son parcours, pas un cycle d’études consacrées à l’art antique, pas un voyage au bord du Nil, pas même un penchant pour les fouilles archéologiques.

Et pas une seule réalisation sur le sol égyptien.

Superbement indifférent aux symboles et ornements de l’art antique, son œuvre ne compte que des édifices inspirés par le minimalisme et la modernité.

Chinois, oui, mais américain d’abord.  Fasciné par Frank Lloyd Wright après avoir été fan de Le Corbusier durant ses études à Boston.

Son idée de  la perfection dans l’architecture contemporaine :  rigueur et pureté des lignes..  Sa priorité : faire entrer la lumière à l’intérieur de l’espace habité.

 

« La pyramide est la forme la mieux apte à diffuser la lumière », disait-il.

Evident.  Surtout lorsque ses parois sont faites de losanges et de triangles de verre dont l’aspect vulnérable est trompeur : chaque élément est autonome.  Seule une bombe pourrait détruire l’ensemble, tout comme un édifice de pierre ou de béton.

 

Une œuvre « libre ».   Aucune influence, aucune école derrière cette abstraction très concrète.

Plus tard, peut-être s’est-il rendu compte que la pyramide engageait soudain le dialogue avec l’obélisque de la place de la Concorde, de l’autre côté des Tuileries…

Il s’est peut-être gratté la tête :  tiens, l’Egypte, décidément !

 

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

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