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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 21:12
JOYEUX  NOËL... ?

JOYEUX  NOËL ... ?      

 

 Pas de point d'exclamation pour ce Noël qui ne sera pas joyeux pour tout le monde.

Je pense trop à ceux qui ne le fêteront pas.  Les uns parce qu'ils ont tiré leur révérence, les autres parce qu'ils pleurent des absences trop cruelles.

Alors, restons calmes.  Il y a encore des gens heureux qui vont célébrer cette fête sacrée dans la joie et le partage.

 

Ils auront sûrement une pensée pour tous ceux -  sacrément  nombreux ! -  qui ont fait leur dernier salut  avant que l'année s'achève.

 

Miss Comédie

 

 

 

JOYEUX  NOËL... ?

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 16:21

C'était hier

LE PARADIS SUR TERRE : JOHNNY ACTEUR DE THEÂTRE

 

Retour sur un spectacle étonnant : Johnny Hallyday acteur de

théâtre.

Hier, dans la profusion de témoignages, dans le délire de ses fans, dans les images de sa folle carrière, nulle part n'a été donnée à son unique expérience du théâtre, pourtant aussi  convaincante que certains de ses films.

C'était en octobre 2011 au  théâtre   Edouard VII à Paris.  La pièce, LE PARADIS SUR TERRE de Tennessee Williams, était mise en scène par Bernard Murat. 

La salle était bourrée, tous ses fans étaient là,. Il  nous a eus.

C'est ce qu'on appelle la Grâce.

Ci-dessous, écrit sur le vif, l'article posté le 22 octobre 2011.

 

A quoi on s’attend ?  A un Johnny chanteur qui a appris des répliques et qui arpente une scène de théâtre sans le grand tralala des concerts. Ca fait peur. On se dit, bon, il faut voir, mais ça n’est pas un acteur.

Et bien on se trompe.  On a devant soi un grand type qui s’appelle Chicken dans la pièce terrible de Tennessee Williams, le Paradis sur Terre.  Une pièce aussi malsaine, violente et glauque que les autres, toutes les pièces de Tennessee Williams.

Pourquoi a-t-il choisi cette pièce, Johnny ? 

Bien sûr, il y a ce prénom, Tennessee, qui est un prénom fétiche.

Et puis ça se passe dans l’Amérique profonde, un décor qui lui va bien.

Il n’aura pas à changer tellement de tenue.  Seulement un peu la couleur de ses cheveux, de sa peau, et ça ne le gêne pas outre mesure.

Un rôle d’homme solitaire et meurtri, comme lui. Peu de texte. Des phrases balancées comme des injures. Et puis une ultime note romantique.

Son âge, on l’oublie. Son aisance en scène, c’est pas nouveau. Mais la sincérité de son jeu, l’émotion sous-jacente de sa partition, ça lui est venu tout seul, c’était en lui.

Dommage qu’il ne soit pas mieux servi par une partenaire aussi peu  convaincante. Elle a beau en faire des tonnes, on ne voit  que lui.

                                    

Il a lancé ce défi, on l’attendait en souriant, en doutant. Il nous a eus.

On avait tort de douter. Qu'est-ce qu'un plateau de théâtre et quelques mots murmurés, comparés à ce qu'il  donne, à pleins poumons, seul au milieu d'un stade immense, noyé d'or et de lumières, devant quelques milliers d'adorateurs à qui il réserve  toutes les richesses de sa voix, toutes les émotions de ses chansons, et pour finir ses larmes  ?

 

 

Miss Comédie

 

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6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 18:50
JEAN D'ORMESSON... JOHNNY  HALLYDAY

Vous, le premier.

Vous disiez "Il y a toujours des larmes, mais il y a toujours l'espérance".

Quelle belle parole !

De vous je ne connaissais pas grand-chose, juste l'image médiatique et lumineuse d'un homme qui semblait avoir l'estime de tous, la gauche, la droite, fait rarissime.

Et puis ce regard pétillant, ciel toujours bleu, reflet du bonheur , mais qui peut en être sûr ? 

Et puis ces quelques paroles gravées par quelques journalistes inspirés sur le marbre de la mémoire collective.

Je ne lisais pas vos livres, je craignais leur gravité, leur philosophie, leur étude minutieuse du monde actuel, politique et culturel. 

Comme Camus lorsque j'étais jeune, l'homme me séduisait beaucoup plus que son  oeuvre écrite.

 

Je vous ai entendu parler  de la mort avec Olivier Bellamy, c'était quelques heures après votre départ, une rediffusion.   Vous en parliez, de la mort,  comme si vous deviez toujours la voir de loin.      Votre voix était rieuse, moqueuse même. 

Cette nuit,  vous l'avez regardée en face, avec ce sourire  et ces yeux bleus à damner un saint.

Bien sûr il y a l'espérance en même temps que les larmes, mais il faut être très profondément croyant pour  seulement s'en souvenir.

Vous disiez aussi "Croire que Dieu existe, c'est peut-être simplement espérer qu'il existe."

 

Vous attachiez donc beaucoup d'importance à l'espérance .

C'est vrai que c'est  la seule solution pour finir ses jours sans trembler.

Vous quittez ce monde  vous aussi, il faut croire que les jours qui viennent ne nous promettent rien de bon...

Vos étoiles s'éteignent  et disparaissent du vide cosmique, nous laissant seuls avec  cette espérance insaisissable.

Adieu Jean d'Ormesson.

 

 

.

JEAN D'ORMESSON... JOHNNY  HALLYDAY

Johnny Halliday Smet. 

Toi que l'on croyait impérissable, toi l'immortel. Elle t'a eu, toi aussi. Avec toi cette faucheuse impitoyable emporte notre jeunesse, et ce bel élan d'amour fraternel  qui jaillissait de tes concerts.

Je regarde aujourd'hui les images de ces foules massées à tes pieds, unies dans un même AMOUR, amour de quoi ? De qui ? Un amour indéfinissable qui n'est que la meilleure partie de nous-mêmes.

Ce n'est pas la vision magique de cet homme-dieu sur scène, si beau, ce n'est pas l'envoûtement de sa voix, non, c'est lorsque la caméra se tourne vers le public que mes larmes coulent.

Tes concerts étaient comme des grand-messes pour ceux qui croyaient en toi.

 

Johnny, tes concerts nous rappelaient que nous sommes tous frères, qui peut prendre le relais aujourd'hui ?

 

Miss Comédie

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:04

L'instant théâtre

RAMSES II  aux Bouffes-Parisiens à Paris

 

Le titre de la pièce intrigue, on se souvient vaguement que le pharaon  Ramsès II  a  édifié  la grande Pyramide pour en faire son tombeau.  On oublie peut-être qu'une malédiction  a frappé par la suite  certains de ses visiteurs curieux de son mystère.

L'auteur a--t-il voulu nous la rappeler ?

 

On commence néanmoins  par rire un bon coup, on sait que la pièce est une comédie, on ne se méfie pas.

Trois personnages sont en scène,  Berléand et Elmosnino se connaissent bien, ils viennent de tourner un film ensemble, ça doit bien fonctionner entre eux.

L’excellente Evelyne Buyle leur donne la réplique et  leur dialogue  est d'une banalité rassurante.

 Le gendre de retour d’Egypte  rend visite à ses beaux-parents, avec un cadeau (empoisonné ?)  la réplique du masque mortuaire de Ramsès II. Son épouse, leur fille, est en retard .Très vite la conversation prend un tour bizarre.

Il faut expliquer ce retard et   Eric Elmosnino  paraît quand même un peu déjanté.

Au point qu’après un moment on se pince « qu’est-ce qu’il nous fait, là ? »

Elmosnino introduit le doûte.Il y a du mystère là-dessous.

C’est là qu’il est très fort, Elmosnino. Avec un rôle à la limite de la bouffonnerie, on ne se dit  pas « il est grotesque », on se dit « qu’est-ce qu’il nous prépare ? »

 

Les parents, visiblement,  pensent exactement comme nous : « quelque chose ne tourne pas rond dans son discours. Mais quoi ?

 

Voilà.

Il y aura plusieurs visites du gendre , toujours seul, et  plusieurs versions de plus en plus alarmantes du retard de sa femme, jusqu'à ce que celle-ci  réapparaisse , chaque fois plus étonnée des visages dévastés de ses parents.

La dernière visite sera la plus cruelle, je n'en dis pas plus sur ce dénouement hallucinant qui nous remet en mémoire ce masque de Ramsès II, cadeau porteur de maléfice.

On est en plein drame et on se demande si Ramsès a rendu le gendre fou ou si le gendre a voulu rendre son beau-père fou.

Toujours est-il que la fin n'est pas drôle du tout.

Croyez-vous que la salle en sortit  éplorée ?  Que nenni, dehors les visages étaient tout sourires.

 

 

A  voir sans arrière-pensée pour la performance des comédiens et pour savourer  un moment de pur divertissement,

qu théâtre des Bouffes-Parisiens jusqu'au 31 décembre.

 

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

Oui

 

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 19:20
NINO FERRER, UN SOIR DE FÊTE

NINO  FERRER,   UN SOIR DE FÊTE

 

  Mars 1965, rue du Dragon à Paris.  Chez des amis, Nino Ferrer fête le succès fracassant de MIRZA, son premier tube. Au milieu de tous ces gens euphoriques et déjà un peu partis, il est sombre, il n'a pas touché à sa coupe de champagne.Il a 31 ans, il est d’une beauté surnaturelle.

Je l’ai déjà vu souvent ici, il est le cousin de notre hôte, musicien de jazz.

 

Il vient vers moi et m'entraîne à l'écart.

"  Venez, tous ces gens sont répugnants.

" Mais enfin, ce sont vos amis…

"  Non, ils n'ont rien compris.

"  Comprendre quoi ?

Il me regarde intensément.

 

"  Vous savez bien, vous, que ce disque devait rester ignoré de tous. Son succès est une affreuse méprise.

 

Je ne dis rien.  Il est vrai que MIRZA est à des années-lumière de l’univers musical de Nino, qui n’aime que le jazz. C'est venu comme ça, un soir de fête entre copains.  Il a cédé ensuite aux avances d'Eddy  Barclay, instant d'égarement.

 

 

"  Grâce à ce succès, Nino, tu es célèbre. Tu vas pouvoir faire la musique que tu aimes. 

"  Ne me tutoyez pas.  Notre relation est au-dessus de la mêlée.

 

Je me peux m’empêcher de rire.  D'où lui vient ce côté vieille France et cette allure de dandy ?  C'est un gentilhomme égaré  chez les saltimbanques .

 

"  Ecoutez-moi. Vous savez ce qui est le plus absurde ?  C’est que personne ne sait que la musique de MIRZA  m’a été inspirée par un tube de Stevie Wonder.  Là-dessus, je mets des paroles idiotes, histoire de rigoler un peu, et paf !  ça fait un tabac…

 

Il me regarde encore, je vais me trouver mal tellement il est beau. Il me prend le bras et d'une voix sourde  :

Je viens d'écrire une chanson où j'ai mis toute mon âme, tout y est inspiré, la musique, les mots...

" De quoi parle-t-elle ?

" D'un pays qui n'existe pas.  Où règne la paix et la joie, où l'été n'a pas de fin...

"  Comme dans le sud ?

" Oui,  on dirait  le sud....  Ma plus  belle chanson.... et voilà que j’ai signé avec Barclay pour  trois autres titres aussi stupides que MIRZA  : Les Cornichons, Oh Hé Hein Bon, Gaston ya’l téléfon qui sonne"’…  

" Ils auront le même succès que MIRZA !

-  Dieu du ciel, je ne veux pas de ce succès-là !  Je regrette le temps des Dixiecats...

 

Je me souviens.   Au Vieux-Colombier, ils faisaient le plein tous les soirs.  Nino  jouait de la contrebasse,  Bill Colem venait parfois faire une jam. 

"  Pourquoi avoir arrêté ?

"   Oh, je voulais faire mes chansons à moi. C’est toujours pareil, à 20 ans on croit qu’on peut tout avoir à la fois.

 

 

On l'appelle.  Nino !  Tu es où ?  On passe à table !

Assis près de moi, son teckel sur les genoux, il est au centre d'un feu croisé de questions. Quelqu'un prend une photo.

" Nino,  tu vas faire l'Olympia avec MIRZA ?

 

Ils comprennent vite que Nino n'a pas envie de plaisanter.

Ils vont continuer à parler et à rire ensemble sans insister sur le sujet et Nino se détend peu.

Une question jaillit :

" Nino, c'est qui la femme de ta vie ?

Pris de court, il  choisit l'esquive :

" Vous la connaissez tous, c'est Mounette.

 

Mounette, sa mère, son âme soeur.

" Oui, c'est elle la femme de ma vie.  Quand elle mourra, je mourrai.

 C'est comme un pavé dans la mare mais ils savent que Nino  n'est pas spécialement un boute-en-train.  Et puis, ils ont bu, ils ont surtout envie de faire  la fête.  La soirée s'éternise dans la bonne humeur.  Et Nino,  distrait, s'immerge dans leur  amicale présence.

 

Plus tard,   L'ambiance retombe un peu. 

 il me prend la main.  Il rêve.

Il ne sait pas que cette chanson  encore  inachevée , il la lancera un jour dans l'air du temps et que LE SUD  fera le tour du monde. Elle effacera tout le reste et restera comme son testament prémonitoire.

 

"  Nino, vous vous souvenez des paroles de votre première chanson : « Ma Vie pour rien « ?

 « Moi j’ai voulu vivre ma vie- et j’ai perdu ma vie pour rien ».- Comment peut-on écrire ces mots-là, quand on a  toute la vie devant soi ?

"  Je ne sais pas."

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 18:33
LE MYSTÈRE D'ALEXIS MICHALIK

 

 

Bizarrement, ce n'est pas avec ce visage d'acteur shakespearien que MICHALIK a séduit tout Paris. Mais il écrit et met en scène des histoires aussi belles que lui.

 

Depuis septembre 2016  EDMOND fait le plein au théâtre du Palais-Royal, INTRA MUROS à la Pépinière, LE PORTEUR D’HISTOIRE au théâtre des Béliers… trois créations d’Alexis Michalik, trois succès simultanés, c’est rare.

         Toutes les bonnes fées se sont penchées sur son berceau pour lui donner beauté, talent et succès, amour aussi, j’espère mais n’en doutons pas.

Il a eu déjà la reconnaissance de la critique, l’adhésion du public et aujourd’hui encore, je lis un grand article sur lui dans le JDD – (très bien écrit par Barbara Théat...- nom prédestiné ?  sauf qu'elle  lui  octroie  trois Césars à la place de trois Molières… rectifions vite !)

 

Que de louanges ! Je sais, Alexis Michalik est conscient de sa chance et  garde les yeux ouverts sur la fragilité de l’avenir. 

Maintenant qu’il s’apprête à passer derrière la caméra pour diriger la version cinéma de sa pièce EDMOND,  on ne peut s’empêcher de trembler… et si le cercle magique n’opérait plus ?

 

Alexis Michalik a beaucoup voyagé, paraît-il.  Profitant de cet instant fugitif où le temps suspend son vol, entre deux projets, entre deux amours peut-être, il a parcouru l’Indonésie, le Mexique, la Grèce, le Portugal, s’immergeant dans   la culture  des territoires inconnus, en quête  de quelque histoire invraisemblable  pour nous étonner  encore.

 

Dans ses spectacles il n'y a pas de stars. Ses comédiens sont des inconnus magnifiques qui brûlent les planches.  On en oublie les têtes d'affiche, seul compte  l'histoire et les mots qui la racontent.

 

Son secret appartient à tout le monde : garder  un  regard d’enfant émerveillé par l’inconnu, le mystère, la fusion du vrai et du faux.

 Fermer les yeux, rêvasser et partir sur les sentiers de l’imaginaire vers des régions où tout est possible.

Ce secret,  il faut être un Michalik pour savoir le  formuler et il n'y a que le théâtre pour le rendre si proche et si magique à la fois.

 

 

 

 

 

 

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 11:13

Conversation imaginaire

EN  ATTENDANT LE  PARADIS

Mireille Darc et Jean Rochefort, assis sur la margelle d'un pont dominant le fleuve Styx, "fleuve des Morts" ,  regardent  Danielle Darrieux gravir les derniers mètres de la route escarpée qui mène vers l'Au-delà.

 

Elle est essoufflée et s'arrête un moment pour reprendre haleine.

 

"Il était temps de lever le camp, non ?   Ironise Rochefort.

Danielle Darrieux sourit et reprend sa marche.

"D'accord, cent ans c'est long mais j'en aurais bien  aligné dix de plus.

Mireille Darc  se lève et lui tend la main, elle l'aide à s'asseoir près de Jean Rochefort.

"Bien sûr, vous étiez en pleine forme... Moi j'en avais ma claque  il était temps que ça s'arrête...

 Mon seul regret, c'est  de laisser mes proches dans la peine.

Rochefort sardonique :

" Oui vous n'avez pas honte,  le samouraï est  à terre.

 

Danielle Darrieux regarde autour d'elle.

"C'est ici le terminus ?

"Pas tout à fait, dit Rochefort en se levant  et sur un ton de tragédien, c'est,  le bureau de casting  de saint Pierre, on doit patienter ici  pendant qu'il  examine  notre dossier.  C'est là qu'on  se mord les doigts de  s'être laissé aller  à certaines pratiques  pas très   catholiques... Alors que ces pratiques,  vertudieu, étaient justement  paradisiaques! 

 

Derrière eux, une porte s'ouvre dans un grincement.

Un homme en robe blanche en sort et demande :

"Mademoiselle Darrieux !

" C'est moi !

"Bon, vous êtes là enfin, ne bougez pas jusqu'à ce que je vous appelle !

Il disparait à l'intérieur et referme la porte derrière lui.

 

"Et voilà !   s'indigne   Rochefort,  On nous prend pour des poneys de cirque !  Cela me rappelle un certain tournage où don Luis Bunuel m'avait relégué dans une loge sordide  avec deux actrices de second plan , avec l'ordre d'attendre que l'assistant m'appelle pour tourner ma scène ! J'ajoute que j'étais déjà une tête d'affiche   Une forte tête d'affiche ! Une telle désinvolture m'avait terrassé. Et voilà que ça recommence.

"Mais il va peut-être t'annoncer que tu vas au paradis ?   suggéra Mireille Dar de sa voix douce.

"Permets moi d'en douter, ma grande. Ma vie ne fut qu'un défilé  d'histoires  salaces, pas un brin de charité chrétienne !

" Tu es sévère, Jean... proteste Danielle Darrieux,  Tu étais capable de  tendresse...

'"Oui,   envers les chevaux, seules créatures dignes de respect sur terre...

Danielle Darrieux paraissait inquiète.

"Mais quels sont les critères de jugement ?  Il y entre peut-être le talent ?

Rochefort éclata de son rire inégalable.

"Ah ah ah !  Le talent !  Mais c'est un critère diabolique !  Un facteur d'inégalité condamné par nos sociologues bien pensants !

"Pourtant, le talent contribue à donner du bonheur aux gens !

"Ouais.  Mais c'est très subjectif, le talent. Plein de gens pensent que Bartabas a du talent.  Moi je pense que c'est une truffe.

Mireille Darc s'insurge  gentiment :

"C'est parce  que tu es jaloux de ses chevaux !

 

La porte s'ouvrit à nouveau.

"Mademoiselle Mireille Darc, veuillez entrer par ici, s'il vous plait. Vous êtes admise dans le cercle des élus pour partager la félicité éternelle .

Elle se tourna vers ses deux compagnons et leur envoya un baiser léger.

 "Peut-être à tout à l'heure !

Et la lourde porte se referma sur elle, laissant filtrer des chants mélodieux sur des musiques célestes.

 

Les deux grands acteurs se regardèrent,  pas rassurés.

"Vous, Danielle, vous allez la rejoindre.

Mais la porte s'ouvrit à nouveau :

"Monsieur Jean Rochefort ?  Venez par ici, votre amour des bêtes vous ouvre les portes du paradis. Votre admission s'est jouée à une voix près, celle de Bartabas, qui vous accuse d'égoïsme  car vous ne possédiez qu'un seul cheval.

 

Danielle Darrieux se retrouve  seule.  Elle   contemple le flot tumultueux du Styx en contrebas et  murmure :

 "Quand  même,  saint Pierre a fait entrer Rochefort au Paradis... Moi, avec mes  quatre mariages il va me jeter en enfer !   Mais peut-être se souviendra-t-il que j'étais la vedette du Bon Dieu sans confession ?"

 

Miss Comédie

.

v

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 14:16

L'instant théâtre

INTRA  MUROS  au théâtre de la P&pinière

Pour Télérama,  cette pièce n’est « pas du théâtre d’art, mais au moins  d’ excellent artisanat ».

Je sais bien que l’artisanat a acquis depuis longtemps ses lettres de noblesse, mais quand même, excusez-moi du peu, c’est drôlement  réducteur pour qualifier   INTRA MUROS.

Moi je dis qu’Alexis Michalik a l’Art de raconter  des histoires vraies en les nimbant d’imaginaire, qu’il a l’Art de plonger dans les tréfonds de l’âme humaine sans se prendre pour  Freud, l’Art de faire se côtoyer le réel et l’inventé, le vrai et le faux  sans que cela trahisse la moindre stratégie,  l’Art de nous faire  passer  du rire aux larmes en une réplique, l’Art de faire  oublier sa mise en scène , c’est la vie même qui se joue sur le plateau.

Bon, vous avez compris que j’ai aimé INTRA MUROS.

 

Après EDMOND, what else ?  Et bien, du Michalik pur jus.   Mais chaque fois la surprise.

 

Ce soir, on s'attend à tout.  Pas très ludique, le décor.  Une prison, mieux, une « centrale », le mot est bien carcéral.

Il existe des gens de théâtre à l’âme généreuse  qui se produisent dans les hôpitaux, les prisons.  Ils donnent du bonheur aux malheureux isolés du monde.

Ici, le metteur en scène se retrouve avec deux, seulement deux prisonniers intéressés par le truc théâtral. 

L’un est un anar extraverti fort en gueule, l’autre est muet.

On va les faire raconter leur vie, c’est une forme d’improvisation, exercice pratiqué par les apprentis comédiens pour apprendre à s’extérioriser.  Cela tourne souvent  au psycho-drame.

C’est ce qui va se passer devant nous.

Deux mondes vont surgir, deux destins aussi cruels l’un que l’autre.  Deux histoires qui n'ont qu'un point commun, la prison.

Sinistre ?  Pas du tout.  C'est haletant comme un polar. On les écoute.  On comprend que ces deux-là qui sont venus tâter du théâtre, ont improvisé sur le thème de leur vie ratée et que ça les soulage de se raconter.

 

Et voilà comment le théâtre peut devenir une thérapie quand  tout a été tenté et que rien n’a réussi.

Les deux acteurs sont follement réels dans leur détresse.

 

Voilà comment, avec un sujet pas vraiment folichon, un décor assez glauque et des comédiens inconnus qui  brûlent les planches, on peut faire un théâtre d’Art,  pétri d'humanité.

 

Miss Comédie

 

Au théâtre de la Pépinière à Paris jusqu'au 16 décembre 2017

 

 

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 20:36

9 ans ça en fait des articles !

J'ai un peu touché à tout , passant du théâtre au cinéma me payant quelques réflexions perso avec en coulisses l'équipe de Overblog toujours complice pour expédier mes articles sur la toile .

j'ai dépassé l'age de raison mais je suis encore loin de la majorité que j'espère atteindre un jour avec vous mes lecteurs all around the world !

A bientôt pour de nouvelles histoires réelles ou inventées toujours à la frontière entre rêve et réalité .

Miss comédie

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 14:26

L'instant théâtre

CONFIDENCES au Rive Gauche

Etre infidèle est un facteur génétique de la personne humaine. Après tout, nous ne sommes que la forme évoluée des grands chimpanzés qui pratiquaient allègrement les échanges sexuels sans le moindre sentiment de culpabilité .

 

Depuis, s’est instauré le dogme sacro-saint du Couple et là, c’était

fini la liberté, nous devions  rester fidèles.

 

L’humanité chrétienne s’est acquittée tant bien que mal de ce devoir,   et  les défaillances  ont  donné matière à une infinité de situations  cocasses, affligeantes, rocambolesques, sinistres ou  édifiantes qui ont  inspiré les écrivains et les auteurs dramatiques.

 

 L’auteur de CONFIDENCES, New-Yorkais pur jus, a trouvé le ton juste pour le  public américain qui  rejette toute forme de mensonge : le rire est l’arme fatale contre l’adultère.

   Sa pièce a fait un tabac à Broadway.

 

Eric-Emmanuel Schmidt  a adapté la pièce  avec les  subtilités d’écriture qui régalent  les spectateurs français : comique, d’accord, mais nous voulons aussi une part de drame pour créer l’émotion.

 

Alors, cette histoire d’un jeune père qui se détourne de sa femme devenue mère pour retrouver  l’érotisme dans les bras d’une prof de gym canon, c’est  le point de départ d’une situation banale qui va prendre du piquant lorsqu’il se confie à son père

 

 Là, on rit beaucoup. Le conflit des générations réjouit toujours petits et grands. Nous sommes encore dans la comédie mais chacun se sent concerné , on se dit « ça pourrait très bien m’arriver », à moins que cela ne soit un déjà-vécu, bref on attend que quelque chose se passe, un choc.

 

Cela ne tarde pas.  

Lorsque  la mère du jeune homme se met en tête de sauver le jeune couple du naufrage avec une révélation qui  fait l’effet d’une bombe, la pièce a basculé dans l’émotion.

 

  Jean-Luc Moreau coordonne tout cela avec une rigueur discrète :  pas d’ambigüité, dans sa mise en scène qui

 affiche d’emblée la couleur. Pas de faux-semblant, la situation est claire, les personnages endossent leur rôle sans détour ils nous épargnent les effets comiques ou les larmes. Tout est dans le texte.

 

Eric-Emmanuel Schmidt  a le génie  du coup de théâtre, on le sait. Ici, la révélation finale qui répond à la confidence, c’est encore un clin d’œil qui n’appartient qu’à lui.

 

Au théâtre Rive Gauche à Paris, jusqu'à fin octobre.

 

Miss Comédie

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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