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Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus :« Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux diners en ville car c’est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité, jouez la comédie. » Jean-Luc Godard :« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras :« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

LA PIÈCE DU JOUR

JE L'AIMAIS ?  ON  AIME !jelaimais-affiche.jpg


Anna GAVALDA avait écrit un petit livre : JE L’AIMAIS.    Le  titre était  beau et triste à la fois.  Le film qui est venu après le livre, de Zabou BREITMAN, était déjà une réussite, à mon avis.  AUTEUIL y était émouvant et crédible, comme toujours.

La pièce adaptée et mise en scène par Patrice LECONTE pour le  théâtre de l’Atelier,  va encore plus loin dans la ciselure de cette histoire banale et dramatique à la fois, comme il en arrive tous les jours.

Le rideau se lève. Tiens, un décor.  Oui, c’est vrai,  il n’y a plus de décors dans

les théâtres  aujourd’hui, en dehors de la Comédie Française ou de quelques

boulevards.  La mode est au zen, vous savez.  IPHIGÉNIE et ses comparses se

meuvent dans le drame antique  en robe mini et jeans grunge, au milieu de cubes peints dispersés sur un plateau noir.  J’aime pas ça du tout.

La, on est dans une maison de campagne, la nuit.  Beau désordre, murs couverts de livres, la grande table encombrée, les objets laissés là en partant. Les phares ont balayé les vitres des fenêtres à petits carreaux, avant que la porte s’ouvre et qu’entrent les deux personnages, le beau-père accueillant sa bru pour le week-end, histoire de  lui changer les idées.  Elle est anéantie de douleur après avoir été « plaquée » par son mari. Elle vomit ce mot « plaquée » plusieurs fois, et englobe dans sa haine ce pauvre   type qui n’y peut rien.  Mais c’est le père, donc l’initiateur de l’ignominie du fils.

La première partie de la pièce, découpée en brefs tableaux comme aime le faire  le cinéaste Patrice LECONTE, n’est que plaintes, récriminations et noms d’oiseaux lancés par Irène JACOB à Gérard DARMON, qui encaisse.

 

 C’est  au moment où l’on commence à comprendre pourquoi cette fille a été plaquée, que la pièce bascule dans l’émotion.

Le beau-père se laisse aller à la confidence et fait revivre, par le miracle  d’une mise en scène  très pensée, son ancienne histoire d’amour à lui.

Lui, à l’âge de son fils, a choisi la voie de la raison.  Lui, a préféré sacrifier son

amour à sa vie conjugale.  Lui, a préféré faire souffrir la maîtresse plutôt que la  femme.  Et lui, ne s’en est jamais  remis. 

On assiste par bribes à quelques moment forts de leur liaison, avec l’apparition de sa jeune maîtresse par la magie des lumières,  avec quelques

répliques qui parlent d’amour, de désir, de  double vie, de douleur puis de rupture.

L’émotion monte dans la salle, on n’entend pas un bruit.

Mais quand la dernière phrase arrive,  conclusion magistrale :  « Sommes-nous vraiment doués pour le bonheur ? »   c’est l’explosion, les bravos frénétiques.

  Cette phrase termine-t-elle le livre de Gavalda ?  Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu.

Je préfère avoir vu la pièce JE L’AIMAIS.

 

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