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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:24

 

SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER  AUX CÉLESTINS À LYONTh--tre_des_C-lestins.jpg

 

La pièce est dure, réduite à un huis clos familial autour d’une mort suspecte. Le suspense est entretenu longuement, jusqu’à la dernière phrase qui dévoile tout brusquement.  On en a le souffle coupé.

Il faut dire que la comédienne qui joue le personnage central est époustouflante.  On ne la connaît pas.  Elle s’appelle Marie DELMARÈS.

Moins convaincante est la mère qui n’arrive pas à ressentir son rôle, très difficile, de névrosée un peu déclamatoire - un rôle récurrent chez Tennessee WILLIAMS.   Pour l’actrice, c’est un jeu de balancier entre grand-guignol et mélopée qui demande une intériorité continue pour  rester crédible.

Comme le rappelle René LOYON, le metteur en scène, un film avait été tiré de cette pièce, SUDDENLY LAST SUMMER, avec dans les rôles principaux Elizabeth TAYLOR, KATARINE HEPBURN et Montgomery CLIFT…  réunis par le grand Joseph MANKIEVIZC… Tous émules de l’Actors Studio, des bêtes de scène, ce devait être terrassant.

Mais ici, le spectacle est juste ce qu’il faut : la mise en scène sans effets inutiles  laisse au spectateur tout loisir de déguster le texte  (quand on l’entend, car tout de même, disons-le, les acteurs manquent du souffle nécessaire pour porter leur voix au-delà du quatrième rang, c’est un grave défaut actuel)

Je dis « déguster » le texte, mais c’est plutôt « encaisser » le texte que je devrais dire, car tout cela parle de démesure, de violence contenue et de folie.

On est en même temps chez Racine (Phèdre) et chez Pasolini dont la mort ressemble à celle du héros disparu de la pièce.

Le dernier quart d’heure est haletant, on assiste  à un drame inimaginable raconté d’une voix étranglée, sanglotante, par la jeune Marie DELMARÈS qui reste juste  dans l’outrance de la situation.  Chapeau. On sort avec la boule dans la gorge.  Comment était Elizabeth TAYLOR ? 

Cette version de SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER a été créé à Paris à la CARTOUCHERIE de Vincennes en novembre 2009. 

J’ai cherché en vain une production précédente à Paris ou ailleurs, si vous avez une idée, laissez-moi un commentaire, j’aimerais  savoir si d’autres gens de théâtre ont eu envie de s’attaquer à ce chef-d’œuvre.

 

 

(Peut-être un petit mmalin a-t-il monté la pièce sous le titre « SOUDAIN » ?

Comme l’a fait  Krzysztof  WARLIKOWSKI  à l’ODÉON avec « UN TRAMWAY"

qu’il n’a pas voulu nommer désir !…)

 

 

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  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

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