Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 18:45

EDOUARD BAER FAIT MIAM MIAMMiam-Miam_theatre_fiche_spectacle_une.jpg

 

Plateau garni pour un Restaurant sans queue ni tête, où les serveurs sont nés dans la rue et les cuistots sont plutôt doués pour la plonge.

Léa DRUCKER est croustillante face à un Edouard BAER  déjanté.

Il aligne les monologues comme des cavalcades,  on n’a même pas le temps de rire d’une phrase que la suivante est encore plus poilante, est-ce qu’il improvise ? Non non, il n’improvise pas, tout ça est écrit et ça tient la route, il ne se laisse pas déraper, c’est tenu en laisse courte, tout un art.

J’aime ce petit accent précieux qu’il a parfois, comme pour contrecarrer la possible vulgarité d’une réplique…

MIAM-MIAM c’est sans ambiguïté, le titre n’a pas été trouvé dans Le Discours de la Méthode,  et ça fonctionne comme prévu.   Bien sûr, il faut aimer Edouard BAER.   Certaines interviews ou  prestations un peu ratées l’ont fait prendre en grippe par des esprits chagrins.  Il a des côtés un peu m’as-tu-vu, c’est moi le plus fort » qui peuvent agacer. 

Mais le voir et l’entendre en scène, c’est pas l’homme, c’est l’acteur et il est génial.

 

YVES SAINT-LAURENT FAIT POIREAUTER DEHORSexposition-yves-saint-laurent-40-ans-de-creation-au-petit-p.jpg

 

Au Petit Palais, c’est rare qu’on ne poireaute pas, il y a toujours des expositions tendance qui font venir les foules.  Alors l’Expo SAINT-LAURENT, c’était fatal.   Heureusement il faisait beau et la Marie-Charlotte est un bon bateau.

J’étais avec une bonne copine, nous bavardions allègrement et n’avons pas vu passer le temps.  A l’intérieur il faut montrer le contenu de son sac, comme à Roissy, et ils font entrer les gens trente par trente.   C’est une grande expo.

Les modèles de SAINT-LAURENT sont magnifiquement mis en scène, époque par époque, thèmes par thèmes, dans une lumière éblouissante ----- non, hélas, dans une pénombre trouée ça et là de spots bien dirigés, mais à mon avis, tout ça est très nébuleux, sombre, à la mode, quoi.

Quel talent échelonné sur des décennies, quelle inventivité, quelle intuition de l’Elégance, quelle pureté d’intentions !  L’Elégance seule  était son but.  Pas l’esbroufe, pas le sex-appeal, pas le commerce.

Le voilà nu,  gigantesque, là-bas  sur le mur du fond,  toujours cette photo provocatrice qui est comme un démenti à cette pureté mais çà ce sont les organisateurs qui l’ont voulu, la photo en elle-même est un chef-d’œuvre de rigueur.

Sur la couverture de MATCH ils ont décidé de lui accoler la CASTA nue, et là ça devient carrément porno.  Je pense que Yves SAINT-LAURENT aurait vomi dans son plat d’argent s’il avait vu ce montage.   Lui qui n’aimait les femmes que pour les couvrir de parures qui les rendaient  plus lointaines…

 

YASMINA REZA REPASSE LE PLATyasmina-reza.jpg

 

Ce n’est pas vraiment du réchauffé puisqu’elle a changé le mode de cuisson,  mais  son film CHICAS qui vient de sortir est le remake de sa pièce UNE PIECE ESPAGNOLE, qui n’avait eu aucun succès en 2004 avec, pourtant, des noms prestigieux à l’affiche : Luc BONDY à la mise en scène, Bulle OGIER, la mère, Thierry FORTINEAU, Marianne DENICOURT, André MARCON, Dominique RAYMOND…

Têtue, Yasmina REZA ne s’avoue pas vaincue, elle passe au septième ART…

Avec toujours des noms prestigieux à l’affiche.

Il paraît que cette fois, la mayonnaise prend.  Ca marche.  Je vous donnerai mon avis quand je l’aurai vu.

 

 

Partager cet article
Repost0
8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 15:37

PATRICK  MODIANO,   UN  HORIZON  SANS LIMITESarton9-copie-1.jpg

 

Que Patrick MODIANO me pardonne !  C’est lui aui devrait être le Titre du Jour.

 

Le dernier livre de MODIANO est attendu comme  le passage d’une comète dans le ciel.  Chaque fois, c’est le même livre et chaque fois le même émerveillement.  Pour Patrick MODIANO la vie est un éternel recommencement, et   la  nostalgie du passé, la fascination pour le bizarre, sont  des sujets inépuisables.  Chacun de ses livres pourrait s’intituler « J’ai oublié de vous dire », comme celui de Jean-Claude BRIALY.

Il raconte chaque fois sa propre histoire mais il n’est plus sûr de rien. Les lieux se confondent, les gens sont flous, les hasards se multiplient.

Il y a toujours cette recherche, cette femme qu’il a perdue…

Chez lui, l’histoire ne compte plus.  Ce qu’on attend, c’est cette musique des mots, cette respiration que l’on perçoit à chaque ligne, cet univers qui se crée sous nos yeux.  Il nous fait perdre pied.  Tout le monde n’apprécie pas.

 

Pour moi, il y a aussi son attachement à Paris  dont il est l’inlassable promeneur.   Chaque  immeuble dans chaque rue, avec son numéro, sa station de métro, est le décor d’un pan de sa vie, de notre vie.

Je suis retournée souvent à l’endroit qu’il décrit, pour voir s’il y a toujours cette porte, cette plaque, ce couloir sombre et cet escalier dont il parle.  Parfois, il nous égare.  La rue de Condé, par exemple.  Il n’y a plus le café de la jeunesse perdue.  Je  l’ai connu pourtant, moi aussi, ce café.  Il ne l’a pas inventé.  Il n’existe plus.   Ou bien l’ai-je rêvé ? Comme lui l’a rêvé ?

 

Son visage change.  Quel choc, devant sa dernière photo.  Il vieillit.  Pas ses livres.  Heureux MODIANO, qui laissera après lui une image intacte.

Je parlerai encore de MODIANO.  Après avoir lu L’HORIZON.    Encore un titre infini.  Sept lettres qui disent tout.

 

 

PAUL  AUSTER, LE RETOURpaul_auster.jpg

 

C’est vrai  ?  On nous l’assure, mais on doute, après ces dernières déceptions.  J’adorais Paul AUSTER, je l’avais oublié.

A la description de son dernier roman, INVISIBLE, on pense à MODIANO.

Encore un qui se raconte indéfiniment, mais lui avec des tours et des détours dans l’immense Amérique, des égarements.    MODIANO, lui, a toujours gardé son cap.   

J’aime l’idée qu’il soit revenu à une vraie plume, sa plume authentique.  Mais… 300  pages, ça me rebute.

Et puis…  j’ai rencontré l’homme Paul AUSTER, un jour de signature à Lyon, et l’auteur de LEVIATHAN, de  La TRILOGIE NEWYORKAISE, de MOON PALACE, du VOYAGE D’ANNA BLUME, a  soudain disparu derrière un visage fermé, un regard dur, un geste d’impatience, et l’attitude hautaine de l’homme qui sait ce qu’il vaut.

Le charisme de MODIANO se lit dans son regard avant même qu’il ouvre la bouche ou qu’il écrive une ligne.

Ils ont tous les deux les mêmes racines mais si la fatalité originelle les rapproche, quelque chose fait qu’ils sont aux antipodes l’un de l’autre : l’un connaît son talent et son rayonnement international.  L’autre doute,  il a l’humilité des très grands.

 

Partager cet article
Repost0
3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 19:02

ABRAHAM,  PORTRAIT D’HOMME AVEC VIOLONSabraham.jpg

 

C’est à la Gaîté-Montparnasse, qui joue les prolongations de ce spectacle insolite et fascinant : Michel JONASZ seul en scène,  ressuscitant son grand-père ABRAHAM, qu’il n’a pas connu mais dont le destin pèse toujours sur lui

comme un fardeau.

Michel JONASZ est-il d’abord chanteur, ou d’abord comédien ?  Il a la densité, la profondeur, le métier, le talent enfin, d’un acteur comme Michel BOUQUET, avec la tendresse en plus.

Il nous a tenu en haleine pendant une heure vingt,  sans autre artifice qu’un banc de bois face au public  et quelques flocons de neige, et bien sûr, les violons tsiganes qui sont le fond sonore d’une vie trop tôt  brisée.

Il parle avec son ami Yatze (je ne suis pas sûre de l’orthographe). Il est tour à tour ABRAHAM et YATZE, assis côte à côte sur le banc, le dialogue est hilarant, ou bien déchirant, les deux juifs sont authentiquement différents, l’un est un sage, l’autre un naïf, ils seront séparés par la guerre.

De temps en temps il chante, avec les violons.  C’est très beau.  On retrouve sa voix d’avant, la voix des Vacances au bord de la Mer, cette voix de « violon » comme dit Bellamy.  Oui, sa voix a les inflexions plaintives du violon tsigane.

Quel était le pourcentage de Juifs dans l’assistance ? Je ne saurais le dire, mais enfin, les autres, nous autres, nous sommes sentis aussi concernés,

aussi meurtris,  solidaires au-delà de tout.

Les bravos lancés par quelques  voix étouffées, les applaudissements prolongés, les rappels, étaient ceux d’une communauté, la communauté humaine.

 

 

NOUVEL AVATAR  POUR LES CESARS

 

Non, je ne parlerai pas de la Créméonie des Césars, puisqu’encore une fois elle a décu tout le monde.

Au point que la question a été posée : faut-il supprimer les Césars ?

 

Pourtant je me demande pourquoi cette désaffection du public, alors que les OSCARS   sont toujours aussi  populaires  aix  USA depuis 1929  ?

En 2009,  la cérémonie des CESARS  a été regarée par 2,2  millions de téléspectateurs.    <

En  2010 :  1,7 millions…

La cérrémonie des OSCARS 2009, elle, a été vue par… 36 millions d’Américains.  

Moi je crois savoir : il n’y a qu’à comparer les tenues vestimentaires de ,nos stars nationales, mal fagotées même dans des robes haute couture, avec celles des stars américaines, flamboyantes…

 

DANIELLE DARRIEUX   HIT GIRL FOR EVER157326-danielle-darrieux-637x0-2.jpg

 

Dans Vivement Dimanche, elle était éclatante, pétillante, belle.

La répartie au quart de tour, le sourire moqueur, se tortillant sur son fauteuil, elle était bluffante.    Quel âge ? 93.  

Moi, de la voir, j’ai soudain eu un coup de mistral sur le moral.   En ce moment en France, autour de moi, tout le monde est vieux, malade, lessivé, sur le flanc. Après 50, rien ne va plus.  On ne pense qu’à la retraite.  Ah, ils l’attendent tous, la retraite.   Pour quoi faire ?  Pour glander.  Pour disparaître.

Elle, la retraite, elle s’en tape.  Ce qu’elle veut, c’est jouer, voir des gens, continuer à exister.

Ses invités lui ressemblaient : Charles AZNAVOUR (hum, sa chanson « Fais-moi rêver » est un peu sénile) et surtout Paulette DUBOST.

Paulette DUBOST a 100 ans.  Oui, 100 ans, pomponnée, élégante, et son sempiternel nez retroussé qui n’a pas flanché non plus.    Sans bouger, impassible, elle a bien voulu admettre qu’elle avait 7 ans de plus que Danielle, et qu’elles avaient tourné ensemble dans le même film mais elle ne se souvenait pas lequel, elle a tourné dans plus de 160 films, sans compter les séries télé et les courts-métrages ! 

Michel DRUCKER lui demande « Vous qui avez tourné avec tant de partenaires masculins, lequel avez-vous préféré ? »  Elle répond avec gourmandise : « Tous ! » on devine qu’elle les a tous mis dans son lit.

« Un conseil à une jeune actrice débutante ? »

« Aimer l’amour ! »  (Elle n’a pas dit « faire l’amour », mais elle  le pensait, ça se voyait.)

Pas de doute,  le sexe  ça conserve.

 

Partager cet article
Repost0
25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 13:45

YVES SAINT-LAURENT SOUS TOUTES SES COUTURES

 

     yves_saint_laurent_1971.jpgJe vois cette photo de Jean-Loup SIEFF,  où il a osé poser nu, sachant que cette publicité ferait le tour du monde.  Elégant dans sa nudité, le geste gracieux et le regard lointain.   Pas racoleur pour deux sous, absent.

Et cette autre, plus ancienne, où il est en blouse blanche en train de rectifier un détail sur un mannequin, dans l’atelier de Christian Dior. « En blouse  blanche « !   Quand vous voyez un Tom FORD  étincelant dans son costume d’alpaga, conscient de sa grandeur !

 

 

 

Il y a d’abord sa biographie, signée Marie-Dominique LELIEVRE, « SAINT-LAURENT MAUVAIS GARçON », qui ne fait pas l’unanimité.   Déjà, pourquoi ce sous-titre ?  Saint-Laurent était tout sauf un mauvais garçon !  Décidément cette dame est nulle en sous-titre, son livre sur SAGAN s’appelait « « SAGAN A TOUTE ALLURE », oui bon.

Pour SAINT-LAURENT, il y a pire.  Les vestales  de la mode qui détiennent la clé de l’armoire aux souvenirs, disent que tout ce qui n’est pas faux est du rabaché.

Il faudrait lire le livre.  Mais il semble que l’auteur était vachement introduite, pour décrire en détails l’appartement de la rue de Babylone et certains points de vue de la vie intime du grand jeune homme timide.

 

Ensuite, il y a cet album étrange que lance Alain CHAMFORT, où il chante SAINT-LAURENT.   Mais ce n’est pas une chanson, c’est un récit en musique, on peut acheter l’album tout seul ou le livre-album en librairie.  Il faut avoir beaucoup admiré et étudié le couturier pour avoir l’envie de le ressusciter sous cette forme inédite.

Mais ce qui m’étonne, c’est que Pierre BERGÉ, qui aboie dès qu’on touche à sa chose, a donné son accord et sa protection à Alain CHAMFORT,  alors que Marie-Dominique LELIEVRE a eu maille à partir avec lui.

 Bref, tout ça ne me dit rien qui vaille.  Je pressens que la biographie ne fait pas dans la dentelle, je n’ai rien à faire des anecdotes croustillantes qu’elle paraît contenir.

Quant à l’album, c’est probablement très bien, mais y reconnaitrai-je Yves SAINT-LAURENT tel qu’il est resté dans mon souvenir ?  Rien n’est moins sûr.

 

ALEXANDRE DUMAS,  ES-TU LÀ   ?

 

   C’aurait pu02711778-photo-affiche-l-autre-dumas être un très beau film.  Je vous en parlais l’autre jour, et j’avais hâte de me faire une opinion, j’étais prête à adorer ce film, et bien… bernique !   Pour moi c’est un nanar, sauvé bien évidemment par les deux comédiens unis dans ce couple infernal et qui, eux, sont à la hauteur du sujet.  Mais la mise en scène est d’un conventionnel éhonté, les dialogues indigents,  la musique désespérante, le  casting féminin à revoir.

Dommage, l’histoire est belle,  et DEPARDIEU visiblement aux anges dans la peau d’Alexandre Dumas.  Quant à POELVORDE, il dépasse DEPARDIEU dans la sensibilité et  la vraisemblance.

 

TOM  FORD PEUT-IL  MIEUX FAIRE ? 

     140300-affiche-a-single-man Il fallait s’y attendre : les premières critiques de A SINGLE MAN sont durailles.

Eric NEUHOFF du FIGARO ne se prive pas d’ironiser en décrivant la succession de plans à  la Gatsby  qui, d’après lui, recouvrent le vide.

Bon,  mais peut-être ce film plaira-t-il à des esthètes ?  Après tout les images de James Ivory sont, elles aussi, très Gatsby.   Seulement, il y a quelque chose derrière.    Chez Tom FORD, ce quelque chose est peut-être trop bien caché…

 

 


Partager cet article
Repost0
22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 18:22

A SINGLE MAN,  POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS...140300-affiche-a-single-man

 

 

ll avait disparu de la planète mode, et il ne manquait ni à la mode ni à la planète.  Mais lui, la célébrité lui manquait.  Il a choisi le cinéma pour refaire surface, un truc assez casse-gueule quand on n’est pas né dans le sérail, mais qui peut rapporter gros !

Tom FORD n’a peur de rien.  Rappelez-vous.

Sa recette  pour relancer GUCCI : une mode agressivement  sexy, le comble du show off.   Ca marchait très bien dans les années 90.

Ses créations, je ne les ai jamais trouvées très belles, d’ailleurs à l’époque il ne poursuivait pas un but esthétique, c’était surtout la provoc qu’il cherchait, dans un but purement commercial, il le dit lui-même.

N’empêche, en matière de mode,  un talent qui s’accompagne d’un zeste de provocation fait toujours recette.  Voir GALLIANO qui tutoie le vultaire avec  ses défilés délirants, ses modèles taillés pour faire le trottoir  et que les stars s’arrachent.   Mais GALLIANO  peut aussi faire de l’élégance pure.

Tom FORD ne dissociait pas la mode de l’argent.  La créativité il s’en moquait, ce qu’il voulait c’est faire du fric et c’est ce qui l’a perdu. 

 

Il dit qu’il a changé.  Pour réaliser son film, il s’est inspiré d’un roman qui l’avait marqué dans son adolescence, « A SINGLE MAN », de Christopher ISCHERWOOD.  L’histoire d’un homme qui a perdu son ami.

Nul doute que Tom FORD soit capable de souffrir, lui aussi, et peut-être a-t-il puisé au fond de lui-même les ingrédients de l’émotion pour les restituer dans son film.  C’est ça qui est difficile…

 

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 18:22

JE L'AIMAIS ?  ON  AIME !jelaimais-affiche.jpg


Anna GAVALDA avait écrit un petit livre : JE L’AIMAIS.    Le  titre était  beau et triste à la fois.  Le film qui est venu après le livre, de Zabou BREITMAN, était déjà une réussite, à mon avis.  AUTEUIL y était émouvant et crédible, comme toujours.

La pièce adaptée et mise en scène par Patrice LECONTE pour le  théâtre de l’Atelier,  va encore plus loin dans la ciselure de cette histoire banale et dramatique à la fois, comme il en arrive tous les jours.

Le rideau se lève. Tiens, un décor.  Oui, c’est vrai,  il n’y a plus de décors dans

les théâtres  aujourd’hui, en dehors de la Comédie Française ou de quelques

boulevards.  La mode est au zen, vous savez.  IPHIGÉNIE et ses comparses se

meuvent dans le drame antique  en robe mini et jeans grunge, au milieu de cubes peints dispersés sur un plateau noir.  J’aime pas ça du tout.

La, on est dans une maison de campagne, la nuit.  Beau désordre, murs couverts de livres, la grande table encombrée, les objets laissés là en partant. Les phares ont balayé les vitres des fenêtres à petits carreaux, avant que la porte s’ouvre et qu’entrent les deux personnages, le beau-père accueillant sa bru pour le week-end, histoire de  lui changer les idées.  Elle est anéantie de douleur après avoir été « plaquée » par son mari. Elle vomit ce mot « plaquée » plusieurs fois, et englobe dans sa haine ce pauvre   type qui n’y peut rien.  Mais c’est le père, donc l’initiateur de l’ignominie du fils.

La première partie de la pièce, découpée en brefs tableaux comme aime le faire  le cinéaste Patrice LECONTE, n’est que plaintes, récriminations et noms d’oiseaux lancés par Irène JACOB à Gérard DARMON, qui encaisse.

 

 C’est  au moment où l’on commence à comprendre pourquoi cette fille a été plaquée, que la pièce bascule dans l’émotion.

Le beau-père se laisse aller à la confidence et fait revivre, par le miracle  d’une mise en scène  très pensée, son ancienne histoire d’amour à lui.

Lui, à l’âge de son fils, a choisi la voie de la raison.  Lui, a préféré sacrifier son

amour à sa vie conjugale.  Lui, a préféré faire souffrir la maîtresse plutôt que la  femme.  Et lui, ne s’en est jamais  remis. 

On assiste par bribes à quelques moment forts de leur liaison, avec l’apparition de sa jeune maîtresse par la magie des lumières,  avec quelques

répliques qui parlent d’amour, de désir, de  double vie, de douleur puis de rupture.

L’émotion monte dans la salle, on n’entend pas un bruit.

Mais quand la dernière phrase arrive,  conclusion magistrale :  « Sommes-nous vraiment doués pour le bonheur ? »   c’est l’explosion, les bravos frénétiques.

  Cette phrase termine-t-elle le livre de Gavalda ?  Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu.

Je préfère avoir vu la pièce JE L’AIMAIS.

 

Partager cet article
Repost0
4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:27

 

UN TRAMWAY SANS DÉSIR MAIS AVEC HUPPERT

 

A l’époque où Tennessee WILLIAMS était beaucoup joué, ce qui n’était plus le cas dans la dernière décennie, on disait déjà « J’ai un rôle dans Le Tramway », comme on disait d’ailleurs « Je joue Badine pour On ne Badine pas avec l’Amour. Cela ne voulait pas dire que la pièce allait changer de titre à l’affiche.

A l’ODÉON THEÂTRE DE L’EUROPE, on a décidé de laisser de côté le désir, c’était pourtant beau comme titre, UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR, mais je suppose qu’ils sont tous d’accord, Olivier PY  le directeur, Krzyzstof WARLIKOVSKI  le metteur en scène (ça paraît imprononçable, mais il suffit de le dire une fois) et Isabelle HUPPERT, pour ne garder que le véhicule du désir.

Isabelle HUPPERT  joue BLANCHE, la belle dérangée, et je suppose qu’avec elle, le côté dérangé va prendre beaucoup de relief.  Elle s’y entend à merveille pour traduire les tendances psychopathologiques de metteurs en scène underground dont je ne nie pas le talent.

Ce nouveau TRAMWAY n’a pas gardé l’intégralité de sa version première. Krzyzstof

l’a rafraîchi en lui enlevant son côté bavard, les répliques sont comme on les aime aujourd’hui, concises, abruptes.  Je suppose que cela donne encore plus de force à l’intrigue.

Tout ça je le sais par l’interview qu’Isabelle HUPPERT a accordée au FIGARO, un long moment de confidences où elle parle très bien de son plaisir à plonger dans ce nouveau défi (non, ce n’est pas un défi, pour elle c’est la routine !)

Elle a pour partenaire dans le rôle de Stanley (Marlon Brando dans le film de Elia Kazan), un slave évidemment, Andrezej CHYRA (parle-t-il français ?) et cela fait un joli mélange de cultures.

 

Partager cet article
Repost0
1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 14:31

 

7cocteaujuin051.jpgJEAN COCTEAU  ET JEAN MARAIS EN PLEINE ASCENSION

 

Pour le genre de sport qu’ils pratiquaient, mieux valait l’hôtel MONT-BLANC

que le sommet du même nom.

Ce devait être la période du grand amour.  Jean MARAIS venait de gagner un pari fou : jouer la Bête dans la Belle et la Bête.  Paris en est fou.  COCTEAI lui écrit encore un super rôle : ORPHÉE et du coup, ils sont au sommet de la gloire. 

C’est dans ces années-là qu’ils venaient au Mont-Blanc.  Ils y étaient chez eux.

COCTEAU dessinait pour son ami des silhouettes graciles, des visages au

profil  grec. Il les laissait sur la table.  Aujourd’hui, ces dessins sont encadrés, ils décorent les murs du salon de thé que COCTEAU s’est amusé à décorer, il avait carte blanche.

A l’époque, les stars arrivaient en Rolls et s’installaient dans les fauteuils de velours.  Comme dans Feydeau, ils se croisaient dans les couloirs mais ils faisaient semblant de ne pas se reconnanître .

Aujourd’hui, la navette déverse des clampins de tous bords en tenue de ski qui claudiquent le long du couloir en direction de la réception.  Il y n’y a que 40 chambres  et on refuse du monde.  On les dirige vers les Fermes de Marie, du même propriétaire.  Ils  repartent déçus mais ils auront embrassé d’un seul coup d’œil rapide les vestiges d’une époque où l’on pouvait encore  fumer au salon.

On entre au restaurant Les Enfants Terribles : le décor n’a presque pas changé. Mais l’ambiance sonore a pris du relief : le déjeuner se passe dans les méandres voluptueux de la bande du Bouddha Bar, le dîner commence en douceur et finit dans les martèlements techno qui conviennent à une clientèle

très branchée.  Nous, les vieux jeu, on fuit.  Pourtant, les lumières tamisées, les effets de néons colorés  donnent à la salle une atmosphère  très planante.  Mais pas question de se dire deux mots !

A la carte figure un plat de viande qui porte le nom de Johnny Hallyday.

Décidément, ils laissent tous un souvenir en quittant le Mont-Blanc !

 

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 11:03

 

 

Gainsbourg JOAN SFAR N'A PAS TRAHI SON MODÈLE

Je ne voulais pas y aller.  Encore un biopic !  Et en plus, GAINSBOURG !

Aucun acteur au monde ne peut incarner GAINSBOURG !  Sa gueule !  Son œil  torve !  Son indolence !  Son élégance !  Ses blessures intimes…

Et  puis, qui c’est, ce SFAR ?  J’ai su avant de voir le film que c’était un génial dessinateur de BD.  Et j’ai compris alors l’inventivité des premières images, et aussi de certaines trouvailles poétiques.

Oui,  heureusement, j’y suis allée  et  j’ai passé deux heures de pur délice.

Si si, l’acteur existe.  C’est pas n’importe qui, même si son nom ne dit rien à personne, sauf aux professionnels du théâtre.  C’est même un grand acteur de théâtre, et ça se voit, mais ça ne suffisait pas pour incarner GAINSBOURG. Il fallait avoir la dégaine, et tout ce que j’ai cité plus haut.   Il a tout ça, ERIC ELMOSNINO.

Pourquoi Joann SFAR appelle-t-il son film « un conte » ?  C’est la réalité même, privée de la trivialité qu’affichait parfois ce poète maudit.  Il y a du Boris Vian dans sa première chanson.  Les Frères JACQUES sont parfaits,

excellent QUATUOR !

 L’apparition de Claude  CHABROL est succulente.

L’incarnation de Brigitte BARDOT par Laetitia CASTA est époustouflante.

Cette fille a la sensualité beaucoup plus exubérante que Brigitte, qui était finalement très réservée même dans ses scènes les plus torrides, question d’époque.

Toutes les autres femmes de la vie de GAINSBOURG sont ratées,  surtout France GALL, une caricature.

J’étais émue de voir la petite Lucy GORDON, dont je vous annonçais la mort dans un blog de l’année passée, mort affreuse et incompréhensible, elle avait l’avenir devant elle.    C’est Jane BIRKIN qui a dû avoir un choc,  comme si d’incarner son personnage avait porté malheur à la comédienne…

Enfin, tout le film est empreint de poésie, dans les images et dans les enchaînements musicaux, et j’ai trouvé géniale  l’idée  du « double » de GAUINSBOURG, son mauvais ou bon génie qui a quelque chose de shakespearien.

Mais le mot de la fin c’est quand même Eric ELMOSNINO.  Il a le charme trouble de GAINSBOURG, il a sa voix, il a  son insolence innée.

On nous a épargné sa mort, restant sur l’image d’un fumeur qui semble se demander s’il va enfin arrêter.

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 22:23

En ce moment, je remarque que certaines  têtes d’affiche se produisent en petit comité.

 

  zoom_affiche20091211124929.jpgPATRICE LECONTE  MET SA GRIFFE SUR GAVALDA

 

Au théâtre de l’Atelier, Patrice LECONTE dirige un homme  et une femme dans « JE L’AIMAIS », une pièce tirée d’un film que vous avez peut-être vu, lui-même tiré d’un livre que vous avez peut-être lu.

Lui, c’est Gérard DARMON, grand escogriffe aux mille ressources, capable de jouer sur le rire ou sur les larmes avec le même talent.   Il raconte, elle écoute et se plaint. Dans le film, la maîtresse a la part belle du récit.  Ici, c’est l’inverse : Irène JACOB est la femme délaissée qui cherche le réconfort auprès de son beau-père.

Je vous parlerai de la pièce lorsque je l’aurai vue, mais quel est mon souci ?  Juste ceci : Patrice LECONTE aura-t-il réussi à donner au texte la dimension qui manque à la prose de GAVALDA ?   Je vous fiche mon billet qu’il en est capable...

 

  image_paradis_gde.jpgRACHIDA BRAKNI  DOMPTE  ERIC CANTONA

 

Au théâtre Marigny, c’est    la belle et talentueuse comédienne Rachida BRAKNI qui prend le fouet et entre dans la cage aux lions pour la pièce de Nathalie SAUGEON que je ne connais pas : « FACE AU PARADIS ».

L’homme de sa vie, Eric CANTONA,  face au paradisiaque Lorànt DEUTSCH.

Moi, entre les deux, j’aurais pas pris le footballeur, mais chacun ses goûts.

C’est son premier rôle au théâtre à lui, et c’est sa ptremière mise en scène à elle.  Au milieu,  le  Lorànt DEUTSCH doit avoir les jetons.

De toute façon, lui, il tirera son épingle du jeu.

Mais quand même !  Marigny !  Y en a qui ont du bol.

 

Partager cet article
Repost0

  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

Recherche