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archives d'actualites

MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Fernandel en tournée  (suite)

GENEVE, LE TRIOMPHE
Robert Thomas nous attendait à 14h pour la répétition au Grand Théâtre.  Il nous parut surexcité. :  les deux mille places étaient  louées.  On refusait  du monde. Il y aura ce soir le directeur d’un théâtre à Montréal qui est intéressé par la pièce.  Il a déjà invité la troupe à souper dans une brasserie, le Mövenpick, rue du Rhône.  Robert Thomas roule des yeux, la mèche en bataille, bourré de tics. Il nous exhorte : “il faut vous défoncer, les enfants.... Et vous les filles, faites-lui du charme après le spectacle, allez-y  à fond...” 






Les Genevois ont fait un triomphe à Freddy.  Les mains enlacées pour le salut, tous en ligne, nous ne pouvions faire un pas en arrière sans que la salle hurle, trépigne.

C’est un moment assez fou car c’est celui où chaque membre de la troupe se prend pour un dieu. Les petits rôles du cirque, la dompteuse, l’équilibriste, qui n’ont qu’une phrase à dire, et même les figurants qui  changent de costume pour le 3ème acte, simples silhouettes, ils reçoivent l’ovation, elle est pour eux seuls.  Qui les croira, lorsqu’ils raconteront plus tard, une fois devenus vieux et
oisifs, que deux mille personnes debout les ont acclamés au Grand Théâtre de Genève ?
Quand Fernandel lâcha ma main et celle de Patricia K., pour s’avancer, seul, sur le devant de la scène, il reçut des fleurs, des mouchoirs, des chapeaux et cela dura un temps infini.  Nous regardions  cette silhouette de dos, un peu tordue comme un arbre sec, plus si droite, plus si conquérante, mais qui faisait encore se lever une tempête d’amour.  Le rideau se fermait,  balayait son visage fatigué, puis s’écartait encore :  il se redressait, il saluait, toutes dents dehors, il absorbait l’énergie bienfaisante venue d’en bas. Il se nourrissait. Il puisait la force de continuer.

Enfin, quand le rideau une fois pour toutes l’enleve à son public, il se tourne vers nous et, le pouce levé : “Comme ça, les enfants !”.  Une bourrade à Rellys, le clown blanc qui le boit des yeux et il regagne sa loge.
De ville en ville, chaque soir, le même rituel.









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MES IMPRESSIONS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Certains acteurs sont comme des médecins de campagne : anonymes mais super efficaces.
Dans la pièce de RUQUIER que j’ai vue jeudi au Théâtre Tête d’Or à Lyon « SI C’ÉTAIT A REFAIRE », les comédiens de la création à Paris ont cédé la place à d’autres, inconnus ou presque.  Je n’ai pas vu la pièce avec la distribution d’origine, mais là, j’ai été bluffée par un acteur épatant, Pascal Racan.  Il est parfait.  Il est crédible et en même temps désopilant.  Il ne charge pas, il s’impose.

La pièce est écrite de telle façon que, sauf tempérament comique écrasant, on est obligé de charger pour que l’effet passe.  C’est du Feydau, vous comprenez.  Portes qui claquent, imbroglios, méprises, adultère et compagnie.
Sur un sujet très tendance, l’action est bien ficelée et la chute géniale.  Ca va à un train d’enfer, un peu trop du reste.
Je me suis demandé ce que ce texte donnerait, joué un ton au-dessous ?   Certaines répliques sont tellement surréalistes que l’on pense à Ionesco ou Beckett.
Mais ici le public était aux anges.  La pièce marchera très fort, c’est dans la poche.
De RUQUIER j’avais quand même préféré « GROSSE CHALEUR », dans la mise en scène hypertonique mais subtile de Patrice LECONTE.  Il tenait ses acteurs en laisse courte, ce qui ne les empêchait pas de faire mouche à chaque réplique.  C’était du boulevard pur et dur.

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MES SOUVENIRS DE THHEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Fernandel  en tournée  (suite)

GENEVE
La tournée remonte vers la grisaille et le froid. Nous devons arriver à Genève vers midi.  La route devient glissante, au pied des longues pentes couvertes de sapins blancs. Les villages de montagne sont endormis sous la neige, des fumées bleues s’élèvent dans le ciel pâle traversé d’oiseaux noirs.  Chambéry.   L’hiver est chez lui, ici, implanté, solennel. Ce n’est pas un incident de parcours, une joyeuse confusion, un badigeon blanc d’un jour.  Ici, point de bonhommes de neige dans la cour des fermes d’alpages. Là-haut, en altitude, tout est silence.
Genève. Le sommeil a gagné tous les occupants du car.  Il faut descendre pour les  vérifications des papiers. Un  vent glacial  s’engouffre sous les tôles des guérites.   Fernandel n’est pas sorti de la Cadillac, son chauffeur a montré les trois passeports.
Incident à la frontière : le camion qui transporte les décors n’est pas en règle.  Il est resté bloqué sur l’aire de stationnement.  Ca a donné un beau chahut à la réception de l’hôtel Bernina. Pourrons-nous jouer ce soir ?  Notre “tourneur”, Gilbert Caucanas, s’arrache les cheveux, lui qui n’en avait presque plus. Il parlemente au téléphone, crie et
tempête,  trépigne, accroché au desk. Fernandel ne s’en mêla pas. Royal, il prit le chemin de sa chambre.










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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie


Fernandel en tournée  (suite)

Monaco


Treize ans après, je me suis retrouvée à Monte-Carlo.
Mon père y habitait toujours.
La ville était inchangée, immuable comme une ville peuplée de fantômes qui gardent jalousement les vestiges du passé.
Hôtel Hermitage.
 Quatre chasseurs se sont emparés de nos bagages.  Il me fut alloué la chambre 462.  Durant l’année 1957, lorsque j’étais standardiste dans cet hôtel, je n’avais pas accès aux chambres.
Je croyais tout connaître de Monte-Carlo.  Il me restait à découvrir le théâtre du Casino et sa salle surchargée de dorures, sa loge princière, ses coulisses impeccables.
Mon père assistait au spectacle.  Je l’ai vu, au salut, debout dans sa loge, applaudir frénétiquement.  
La princesse Grace était venue seule. Belle et hiératique, elle applaudissait en souriant.  Fernandel reçut un bouquet de roses rouges lancé du troisième rang d’orchestre.
Moi, debout sous l’ovation, je gardais les yeux fixés sur ce vieil homme qui était fier de moi. Je me sentis soudain ridicule : mes larmes coulaient, comme si le public m’en donnait trop, comme font les stars lorsque le succès les bouleverse.

Le lendemain matin, une pluie fine donnait à la principauté un charme triste de ville autrichienne.  Le voyage fut long et lassant, rythmé par le bruit des essuie-glaces du car.  Chacun gardait le silence. 
Je m’éloignais de cette ville où quelques mois plus tard, mon père abandonnerait la partie.

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie


BOEING-BOEING  ___
de  Marc CAMOLETTI

Bien que la pièce ne date pas d’aujourd’hui, les amateurs de théâtre se souviendront sûrement de sa carrière  inscrite au livre des Records.
Créée le 10 décembre 1960 à la Comédie-Caumartin, elle fut jouée sans
interruption pendant 19 ans  soit 2000 représentations à Paris et en province…
Pas de doute, ce fut  ce qu’on appelle un succès.
Ce qui est intéressant, c’est de lire l’appréciation des critiques au moment de sa création, quand on ne savait encore rien de sa bonne fortune. Mais la place me manque et j’ai dû faire un choix.
C’est Max Favalelli qui se confesse :

« Voilà, j’ai ri. Oh, je sais qu’il y a quelque chose de honteux. Cependant que le rire me chatouillait sournoisement les amygdales, je me disais :
Voyons, il n’est pas question de la condition de l’Homme. Rien de social là-dedans. Quant aux problèmes métaphysiques, je n’en vois pas l’ombre d’un seul. Ce qui ne manquait pas de m’inquiéter.
J’ai ri.  Et je ferai acte de contrition en relisant quelques pages de Brecht. Mais j’ai ri.  Je m’en confesse. A l’abri de mon programme.
Certes, Boeing-Boeing n’est pas une de ces oeuvres qui bouleverse la littérature universelle. C’est une comédie qui amuse par les moyens les plus classiques, les plus francs, les plus simples. «
                            (Paris-Presse)

C’est curieux, je tenais Max Favalelli pour un homme érudit, maniant la langue française avec une subtilité d’expert, lui qui publie des grilles de mots croisés réservées aux fortiches. Et ben, sa prose, là, elle est vraiment bâclée.

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MES IMPRESSIONS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Pour en finir avec Nathalie Sarraute et surtout avec sa pièce « POUR UN OUI OU POUR UN NON », pièce déroutante qui force notre admiration sans que l’on sache au juste pourquoi, je citerai Roland BARTHES qui est expert dans l’analyse de toutes les expressions humaines.
Sa vision de l’art, ici, est très rigolote car dans son apparente opacité elle dit bien exactement OU se situe la force de la pièce.
Je dis bien « rigoloe », parce que tout d’un coup, après avoir pensé « ce qu’il dit est incompréhensible », on a brusquement la lumière, on comprend vraiment ce qu’il veut dire, et ça donne envie de rire.

« On entend souvent dire que l’art a pour charge d’exprimer l’inexprimable : c’est le contraire qu’il faut dire (sans nulle intention de paradoxe) : toute la tâche de l’art est d’inexprimer l’exprimable,
d’enlever à la langue du monde, qui est la pauvre et puissante langue des passions, une parole autre, une parole exacte. »

(Roland Barthes,  Essais critiques).

Cet « inexprimer l’exprimable » est inouï, vous ne trouvez pas ?
C’est exactement ce que fait Nathalie SARRAUTE.

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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Fernandel en tournée  (suite)

NICE

Nous avons quitté Toulouse pour Carcassonne, puis Carcassonne pour Montpellier, et nous avons suivi la route interminable qui descend  vers la Côte et puis un matin, ce fut Nice et tout-à-coup le soleil.
Après la pluie, le soleil et après les hôtels minables, le Négresco.

Une meute de photographes attend Fernandel. Il se prête à eux avec son sourire déployé. Privé de photographes depuis des semaines, il renoue avec le panache de la star qu’il a toujours été.  Il exige une photo avec chacun d’entre nous, puis avec la troupe toute entière. Il retrouve ses gestes larges de comique troupier. Il voudrait jouer tout de suite, là, sur les marches de l’hôtel. Il exulte. Nous sommes tous ivres de bonheur.

Nous jouons au Palais de la Méditerrannée, et nous découvrons nos loges, petits salons tapissés de rose,  meubles laqués modern’style, moquette verte, cabinet de toilette attenant.
Nous jouons sur un nuage, un peu trop.
Et le public au diapason, dans une salle dont les effluves parfumées montaient jusqu’à nous, applaudit du bout des doigts.

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie

POUR UN OUI OU POUR UN NON
de Nathalie SARRAUTE   (suite et fin)

Douze ans après le succès de la création,  Jacques LASSALLE  donne sa vision personnelle de POUR UN OUI OU POUR UN NON et donne à H2 un caractère plus outrancier, rompant ainsi la parité initiale donnée aux deux personnages dans la version de BENMOUSSA.
Hugues QUESTER joue cet homme à la sensibilité exacerbée, face à Jean-Damien BARBIN, plus retenu.
La pièce reçoit de la presse un accueil tout aussi favorable qu’à sa création.   Le même Michel COURNOT écrit à nouveau dans Le Monde :
« La pièce POUR UN OUI OU POUR UN NON  est si miraculeuse qu’elle s’accommode presque de toute mise en scène.  Celle de J. Lassalle est au fil du rasoir, belle et nette  comme il fait souvent, du cristal dans l’air comme après la pluie. (….)
J.D. Barbin, acteur de souple finesse, nous fait bien toucher l’élégance du dehors et les noirs tréfonds de H.1.
H. Guester est poignant en H2, bien que le metteur en scène lui ait fait, si c’est lui, mettre trop l’accent sur l’aspect « gros balourd » qu’indique, juste en passant, l’auteur. »
(M. Cournot,  Le Monde   15 septembre 7998.)



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MES IMPRESSIONS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Je me suis toujours demandé comment Nathalie Sarraute avait pu faire un succès pareil avec 25 pages de dialectique sur un petit
malentendu verbal.
Je viens de relire la pièce et je me rends compte qu’il y a là-dedans beaucoup plus qu’un petit malentendu verbal.
C’est tout le problème des castes et des clans, du fossé qui’il y a entre les gens « arrivés » et … les autres.
S’il fallait donner le mot-clé de la pièce, je dirais « condescendance ». Tout tourne autour de ça.
Et autour du besoin de justification des deux antagonistes.`
Malgré leur désir de perpétuer une amitié tenace, la fracture causée par trois petits mots prononcés d’une certaine façon est irréparable parce qu’ils sont allés au bout de l’explication en puisant jusqu’au fond d’eux mêmes  pour retrouver des traces anciennes d’une
« diffférence » fondamentale. 
L’intelligence de Nathalie Sarraute a été  de leur éviter  les excès de langage,  de les pousser à essayer  de se comprendre, de tortiller et retortiller les mots pour en arriver au constat final  : ils n’appartiennent pas à la même espèce et ne peuvent continuer à se jouer la comédie de l’amitié.
Au boulevard, cela aurait fini en pugilat.  Là, on assiste à un duel au fleuret, silencieux et désabusé, plus attentif au style  que soucieux de la victoire.
Et l’on est muet devant cette fascinante maîtrise de la langue.
Nathalie Sarraute fait ce qu’elle veut avec les mots.
Je cède la parole aux critiques mais demain je vous parlerai encore de cette pièce et de sa carrière.

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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Fernandel en tournée (suite)

Toulouse, le théâtre du Capitole

J’ai frappé à la porte de la loge de Fernandel.  Je voulais voir cet espace clos, ce refuge, repaire des monstres sacrés. Caruso, Mario Lanza, Luis Mariano.  Ici l’idole s’était préparée, recueillie,  avait prié, fait des vocalises, parlé d’amour, fait l’amour.  J’ai vu le parquet sombre, la table encombrée de produits de maquillage, le canapé de velours rouge rapé, j’ai respiré l’odeur de poussière et de fards qui est l’odeur même du théâtre, poussière et fard, splendeur et misère.  La loge était restée immuable, telle que Mariano l’avait habitée. On ne refait pas les loges, chaque occupant la prend comme il la trouve, l’emplit d’une présence légère, le temps d’un dédoublement passager, y laisse l’empreinte de son corps dans les coussins d’un fauteuil,  une photo glissée dans l’encadrement de la glace, un parfum, rien de destructeur. Les loges sont comme des chapelles. Là où souffle l’esprit, le temps s’arrête.

Je me suis regardée dans la glace où Mariano avait guetté la ride d’un soir, le cerne de fatigue, l’approche de la fin.
J’ai vu dans ce miroir ses yeux noirs qui souriaient, ses dents éblouissantes, son charme mélancolique. Sa photo était  là, il habitait toujours sa loge.
Fernandel m’a regardée faire, sans parler.  Il comprenait. 

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie

POUR UN OUI OU POUR UN NON
de Nathalie Sarraute

Le 13 décembre 1981 la pièce  inaugure sa carrière  sur Radio-France dans une réalisation de René Farabet, avec les voix de Laurent Terzieff et Jean-Claude Jay.
Sa première apparition sur scène eut lieu le 17 février 1986 dabs la petite salle du ROND-POINT à Paris, avec Jean-François BALMER et Sami FREY, mis en scène par Simone BENMOUSSA.
Gros succès. Voici ce que dit de Nathalie SARRAUTE Michel COURNOT  dans Le MONDE :
« A côté d’elle, les autres écrivains sont sourds. Ils manipulent les paroles comme des trucs à jeter dès qu’on s’en est servi, ils sont efficaces et raisonnables.
Mais Nathalie Sarraute, non.  Chaque parole, si passagère soit-elle, elle en fait un drame. ( …)
Aucune oreille, chez nous, n’est aussi susceptible.
La pièce POUR UN OUI OU POUR UN NON est d’un comique gigantesque.  Et en  même temps c’est une tragédie affreuse. ( ….)
C’est un événemt  majeur. »

J’ai sauté des passages, il encense aussi les acteurs, la mise en scène … D’autres, comme Mathieu GALEY dans l’EXPRESS, sont tout aussi enthousiastes.
La carrière de la pièce est loin d’être terminée. Demain je vous parlerai des autres metteurs en scène inspirés par POUR UN OUI OU POUR UN NON.


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Mes impressions de théâtre

Publié le par Miss Comédie

J'ai envie de relire ce que je disais hier de cette pièce de Pinter qui fut, entre autres, un exemple de théâtre
absolument pas éphémère, je ne sais pas si vous êtes d'accord.


Je me souviens de sa pièce « C’ÉTAIT HIER », jouée au Théâtre Montparnasse en  1971, qui fut un spectacle enchanteur, destructeur, magique.
J’étais jeune à l’époque mais je naviguais déjà dans le théâtre et mon enchantement se mêla d’une sorte d’amertume .  Oui, c’est ce théâtre-là qui me convenait, j’aurais voulu jouer LA COLLECTION, L’AMANT plutôt que FREDDY ou  CINNA.  Mais je n’avais aucune chance !  Mon emploi n’était pas celui de Delphine Seyrig, et mon réseau n’avait pas l’ampleur voulue pour aborder ce genre de théâtre.  Il me restait l’espoir d’y arriver un jour…
Mais enfin, un spectacle pareil ne se reproduit pas tous les mois, ni toutes les saisons, c’est un événement cosmique comme une éclipse de lune ou la chute d’un météore.
Réunir une mise en scène férocement subtile, celle de Jorge LAVELLI, des acteurs fantasmagoriques comme Delphine SEYRIG, Francoise FABIAN et Jean ROCHEFORT, dans un décor au dépouillement fastueux, celui de PACE,  cela relève du défi.
ELLE bougeait, marchait, ondulait,  modulait sa voix de sirène dans un étourdissant numéro de star à la Garbo, il lui balançait ses doucereuses vacheries avec sa voix unique…  Ah, le pouvoir de leur voix.
Ces deux femmes exquises, dans des costumes de grand couturier, ce gentilhomme plus british que british, et ce texte acéré, affûté qui lançait les  répliques comme autant de pointes de couteau.  Un régal.
Irremplaçable.
Et voilà PINTER est mort.  La nuit de Noël. On ne va pas fêter ça.

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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Fernandel en tournée  (suite

Toulouse, ma ville natale.  Quelle étrange chose que d’y revenir comme une inconnue, après si longtemps.
La mort dans l’âme, j’avais laissé la troupe s’installer au Grand Hôtel de l’Opéra et j’avais pris le chemin de chez ma mère avec un curieux sentiment de trahisonL
 Sans savoir au juste qui je trahissais.  Ma troupe,  mon metteur en scène, Fernandel, ou... ma mère ? Oh bien sûr je trahissais ma mère, avec qui je ne pouvais pas partager ma passion. 
Comment lui dire : plus que toi, ma mère, plus que la rue de mon enfance, l’appartement où j’ai grandi, ma chambre de jeune fille,  ce que j’attends de retrouver ici, c’est le théâtre du Capitole ?  Le théâtre où mon père nous emmenait  ma soeur et moi lorsque nous étions enfants, écouter les opéras de Verdi, les opérettes de Francis Lopez, les comédies de Marcel Achard. Le Capitole, scène mythique ou je n’avais jamais osé rêver que je puisse y jouer un jour.
Cela s’est fait. Mes pieds sur ce plateau, c’était une chose aussi étonnante,  mais en même temps tout aussi normale, que les pieds de Christophe Colomb sur la terre d’Amérique.  La vie est faite de ces choses impossibles et pourtant accomplies.

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie

Mon petit éloge funèbre à Harold Pinter sera encore aujourd'hui une manière de se souvenir de lui.
Je n'ai pas envie de l'effacer tout de suite.  Relisons donc ensemble le raccourci de ce que fut un
grand homme de théâtre, juste une plume dans le vent.


Pas de critique aujourd’hui mais une apologie, celle du théâtre d’Harold Pinter qui vient de nous quitter.
Après avoir fait l’acteur, Pinter s’est mis à l’écriture et le succès est venu d’abord avec LE GARDIEN, qui a fait le tour du monde.
L’ANNIVERSAIRE a été créé à Londres en 1958 puis repris à Paris dans une mise en scène de Claude REGY (grand complice de Pinter) au Théâtre Antoine avec des acteurs indiscutablement « pinteriens » :  Claude PIEPLU, Jean-Pierre MARIELLE, Bernard FRESSON, Michel BOUQUET et Madeleine BARBULEE.
Le public et la critique ont été un peu éberlués par ce théâtre étrange, fait de faux-semblants et d’humour noir.
(Ca vous intéresse, ce que je vous raconte ?)
Selon le texte de présentation de Gallimard dans la collection du Manteau d’Arlequin, « avec l’ANNIVERSAIRE, Harold PINTER a créé  le modèle de ce qu’on a appelé le théâtre de la menace et qui a suscité de nombreux disciples. (…)
On y voit confrontés deux univers antinomiques : d’une part des personnages apparemment banals qui vivent tant bien que mal dans une sorte de cocon grisâtre, et d’autre part  des inconnus apparemment dangereux, qui font irruption dans ce sanctuaire pour s’emparer d’une victime terrorisée
et, étrangement, presque consentante.
Et pourtant, ce qui pourrait n’être qu’un drame macabre baigne dans un humour de tous les instants. »
Tout ça, beaucoup d’entre vous le savent déjà, mais ça fait  du bien de le rappeler comme une sorte d’éloge funèbre à la mémoire d’un gentleman disparu trop tôt.

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MES IMPRESSIONS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Goodbye, mister Pinter...

Je me souviens de sa pièce « C’ÉTAIT HIER », jouée au Théâtre Montparnasse en  1971, qui fut un spectacle enchanteur, destructeur, magique.
J’étais jeune à l’époque mais je naviguais déjà dans le théâtre et mon enchantement se mêla d’une sorte d’amertume .  Oui, c’est ce théâtre-là qui me convenait, j’aurais voulu jouer LA COLLECTION, L’AMANT plutôt que FREDDY ou  CINNA.  Mais je n’avais aucune chance !  Mon emploi n’était pas celui de Delphine Seyrig, et mon réseau n’avait pas l’ampleur voulue pour aborder ce genre de théâtre.  Il me restait l’espoir d’y arriver un jour…
Mais enfin, un spectacle pareil ne se reproduit pas tous les mois, ni toutes les saisons, c’est un événement cosmique comme une éclipse de lune ou la chute d’un météore.
Réunir une mise en scène férocement subtile, celle de Jorge LAVELLI, des acteurs fantasmagoriques comme Delphine SEYRIG, Francoise FABIAN et Jean ROCHEFORT, dans un décor au dépouillement fastueux, celui de PACE,  cela relève du défi.
ELLE bougeait, marchait, ondulait,  modulait sa voix de sirène dans un étourdissant numéro de star à la Garbo, il lui balançait ses doucereuses vacheries avec sa voix unique…  Ah, le pouvoir de leur voix.
Ces deux femmes exquises, dans des costumes de grand couturier, ce gentilhomme plus british que british, et ce texte acéré, affûté qui lançait les  répliques comme autant de pointes de couteau.  Un régal.
Irremplaçable.
Et voilà PINTER est mort.  La nuit de Noël. On ne va pas fêter ça.

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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Fernandel en tournée (suite)

Le théâtre est un enchaînement de secousses imprrévisibles.
 Dans certaines salles plane un esprit de révolte, un souffle de refus.
Pour Fernandel et moi dans la scène du baiser le miracle s’est reproduit chaque soir. Ils hurlaient de joie, ils applaudissaient.  Simplement le baiser devait durer plus ou moins longtemps.  Certains publics sont  plus gourmands que d’autres.

Les villes défilent dans mon souvenir. Bruxelles, Namur, Liège, Amiens. Les jours de relâche, nous retournions à Paris.
A Caen, la Maison de la Culture, pleine à craquer, était un gouffre à courants d’air. J’avais  eu un voile dans la gorge à la scène du tribunal. Mais le baiser avait très bien marché.
Guy et moi étions ressortis après souper, nous n’avions pas sommeil.  Nous avions marché une heure dans un Caen ruisselant de pluie, affrontant les bourrasques du vent venu de la mer.

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie

Pas de critique aujourd’hui mais une apologie, celle du théâtre d’Harold Pinter qui vient de nous quitter.
Après avoir fait l’acteur, Pinter s’est mis à l’écriture et le succès est venu d’abord avec LE GARDIEN, qui a fait le tour du monde.
L’ANNIVERSAIRE a été créé à Londres en 1958 puis repris à Paris dans une mise en scène de Claude REGY (grand complice de Pinter) au Théâtre Antoine avec des acteurs indiscutablement « pinteriens » :  Claude PIEPLU, Jean-Pierre MARIELLE, Bernard FRESSON, Michel BOUQUET et Madeleine BARBULEE.
Le public et la critique ont été un peu éberlués par ce théâtre étrange, fait de faux-semblants et d’humour noir.
(Ca vous intéresse, ce que je vous raconte ?)
Selon le texte de présentation de Gallimard dans la collection du Manteau d’Arlequin, « avec l’ANNIVERSAIRE, Harold PINTER a créé  le modèle de ce qu’on a appelé le théâtre de la menace et qui a suscité de nombreux disciples. (…)
On y voit confrontés deux univers antinomiques : d’une part des personnages apparemment banals qui vivent tant bien que mal dans une sorte de cocon grisâtre, et d’autre part  des inconnus apparemment dangereux, qui font irruption dans ce sanctuaire pour s’emparer d’une victime terrorisée
et, étrangement, presque consentante.
Et pourtant, ce qui pourrait n’être qu’un drame macabre baigne dans un humour de tous les instants. »
Tout ça, beaucoup d’entre vous le savent déjà, mais ça fait  du bien de le rappeler comme une sorte d’éloge funèbre à la mémoire d’un gentleman disparu trop tôt.

(Rassurez-vous, je ne ferai pas le prof souvent, mais là, pour Pinter, je ne dois d’en parler, de saluer son départ par
cet éloge un peu scolaire mais plein d’amour.)

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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

La tournée, suite.

Le car roulait sur les routes mouillées du Nord et traversait des paysages sinistres. Villes d’usines, peuplées d’ouvriers.  Nous jouions pour eux seuls,
dans des cinémas de quartier trop exigus pour y planter nos décors. Pas de loges, un public bruyant qui faisait grincer les fauteuils et que nous n’arrivions pas vraiment à dérider.
C’est dans l’un de ces cinémas que nous avons vécu notre premier bide, Fernandel débitant son texte au pas de course,  son manteau sur les épaules à cause du froid qui envahissait le plateau, filets d’air glacé, odeur de pisse venue des lavabos tout proches,  Guy V.  se payant un trou de mémoire face à un Alain N. pétrifié,  Rellys tombant les quatre fers en l’air,  Ardisson sautant trois répliques d’un coup, tout y était, tout, et jusqu’aux maigres applaudissements qui accompagnèrent notre déroute.  Ce soir-là Fernandel s’est retiré dans sa chambre d’hôtel  sans dire un mot.

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie

 UN LONG VOYAGE DANS LA NUIT
de Eugène O"’NEILL, adaptation de Pol QUENTIN

Créée au Théâtre Hebertot le 21 novembre 1959 dans
une mise en scène de Marcelle Tassencourt,  cette
 pièce sombre d’un auteur américain célèbre
obtint un grand succès aux Etats-Unis.  Elle révèle
 le mal secret dont l’auteur
a souffert toute sa vie et qui se résume en une phrase :
on ne guérit jamais de son enfance.
Pierre Vaneck, Jean Davy, Gaby Morlay, ont interprété
 ce texte très fort, adapté par Pol Quentin.
Gustave Joly, critique à l’Aurore,  nous en parle.

        « Scrupuleusement mis en scène par Marcelle Tassencourt,
 dans un cafardeux décor de Jacques Marillier,  la version
française de    Pol Quentin nous restitue fidèlement l’atroce et
morne climat  de l’original.
        Il serait vain de comparer les interprètes d’aujourd’hui à leurs
        calarades tankees d’il y a deux ans :  l’évanescente Florence
        Eldridge et l’impérieux Frederic March.    Gaby  Morlay, dont
        c’est la rentrée au théâtre, a su, dans un rôle qui lui est
        particulièrement propice, nous  ouvrir le paradis dérisoire de
        son héroïne, où l’oubli est fait de souvenir.
        Jean Davy est, avec autorité, un tyran domestique à l’inavouable
        ladrerie.
        Pierre Vaneck, Michel Ruhl, un Caïn et un Abel excellement typés.
        Christiane Muller, une soubrette effrontée qui lève le coude
        comme ses maîtres, avec une spontanéité très irlandaise. «
        (L’Aurore)

C’est bien, il ne s’étend pas sur le côté morbide du texte, et il cite tous les
comédiens.  Est-ce que ça donnait envie d’aller voir la pièce ?  Rien n’est moins sûr….


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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

La tournée  (suite)

La Cadillac stoppe net sur un chemin de campagne, le car pile derrière et nous regardons  Fernandel descendre de sa voiture.
 “ Elle est pas belle, cette auberge, peuchère ?  Venez, on minge là !”
Fernandel s’asseoit au milieu  de la longue table dressée à la hâte. Il nous regarde avec un petit sourire  nous battre pour être le plus près de lui.  Il est heureux.
Des moments comme celui-là, il y en a eu beaucoup, beaucoup. Il se savait malade.  Il savourait ce qu’il aimait le plus dans la vie : la scène et la troupe.  Il voulait multiplier les occasions d’être heureux.
Parfois dans une ville, Frank son fils venait le voir.  Entre les deux hommes, une immense complicité.  Fernandel était fier de son fils.
Frank savait-il que son père allait bientôt disparaître ?  Parmi nous, personne, j’en suis sûre, pas même Robert Thomas, non, personne n’en a jamais parlé.   On le voyait appuyé au décor avant d’entrer en scène, son manteau sur les épaules dans les courants d’air, les yeux fermés comme s’il répétait son texte, mais non il prenait son élan, il cherchait en lui le dernier souffle de son bonheur de jouer.  Personne alors n’osait l’approcher.

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LA VISITE DE LA VIEILLE DAME_________

de Friedrich Durrenmatt
au théâtre de l’Ambigu  (reprise le 15 mai 1961
dans une mise en scène de Hubert Gignoux, avec
Valentine Tessier dans le rôle titre.)

Voici ce qu’en a pensé André CAMP, de RTF ( !)

Le texte français de J.P PORRET était excellent, le travail des acteurs en est simplifié.  Ainsi est-il efficace, direct, cohérant.  Sous la direction intelligente d’Hubert Gignoux les personnages vivent, s’agitent, chantent en choeurou déclament avec un bonheur constant.  Et puis, ils sont stimulés, entraînés par une présence, à leurs côtés,  exceptionnelle agissante : celle de Valentine Tessier, grande dame du théâtre qui incarne, ici, une « vieille dame » avec une autorité, une vigueur qui marquent ce rôle à jamais.
Et l’on dit qu’en juin la saison théâtrale est terminée à Paris ?
Ce n’est pas vrai quand la Comédie de l’Est s’y produit.
Décidément, il serait temps que l’on créât un centre de province permanent… à Paris !

La Pièce a été reprise en 1995 spécialement pour le Théâtre des Célestins à LYON avec Line Renauud  dans le rôle de
Claire Zahanassian,  dans une mise en scène de Régis SANTON.

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La tournée  (suite)

Les villes s’offraient à nous.  On partait à la découverte.    Chacun de nous menait sa vie de son côté. Lorsque le jour commençait à tomber, le coeur  se serrait, l’estomac se nouait,  le trac entrait en nous. On se retrouvait pour la répétition, les mains glacées.   On pénétrait sur le plateau inconnu, on plaçait nos pas dans ceux des comédiens venus de la nuit des temps.  On mesurait l’impact de nos voix sur l’étendue noire et glacée de la salle vide. La peur nous vidait la tête de tout ce qui n’était pas la pièce.
Fernandel, lui, arrivait en maître des lieux, partout. Il respirait la poussière des cintres comme l’air des sommets. Il prenait possession de la scène avec jouissance. Il nous donnait sa confiance, son bonheur d’attendre le public, son désir de se donner à lui.  On l’admirait, on l’aimait.  Il nous aimait aussi, cela se voyait.

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DOUZE HOMMES EN COLERE
de Reginald Rose, version française de André Obey
au théâtre de la Gaîté-Montparnasse

Pour une fois, je laisse tomber les critiques, qui sont toutes élogieuses, pour reprendre le texte de présentation de l’Avant-Scène.  (1er novembre 1958)

Pour sa réouverture sous une nouvelle direction -celle de Michel Fagadau et de Michel Vitold -  la Gaîté-Montparnasse a réussi un coup de maître. Son premier spectacle, DOUZE HOMMES EN COLERE, a reçu un tel accueil de la part de la critique que sa saison paraît d’emblée assurée.
Il est réconfortant de constater que l’effort que représente la remise en état d’un théâtre (qui était glorieux, certes, mais vétuste) soit aussitôt récompensé.
Constatation également avec l’ensemble de la critique, la coïncidence entre la sortie à Paris du film de Sidney Lume tet Henry Fonda, et la présentation de la pièce d’André Obey tirées l’un comme l’autre de la même œuvre écrite pour la télévision  par Reginald Rose.
Avec DOUZE HOMMES EN COLERE,  la télévision inspire pour la première fois et en même temps, le thhéâtre et le cinéma.  Belle matière à comparaison. Si la version cinématographique américaine  a été, parfois, préférée pour certains à la version théâtrale française, nous adopterons, quant à nous, le verdict de Thierry Maulnier qui conclut par un prix d’excellence  ex-aequo.

Vous aimerez certainement connaître les noms des douze comédiens de la pièce :
Jean Carmet, Georges Atlas, Georges Géret, Robert Moor, Fulbert Janin,  Paul Mercey, Paul Bonifas, Jean-Marie Amato, Jean Michaud, Michel Vitold, Jean-François Calvé.

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Mon blog ne  s’adresse pas aux intellectuels.  Non pas que j’écrive pour une population d’abrutis, mais je ne prétends pas enseigner le théâtre, ni faire des révélations sur le sens caché d’un texte, ni analyser les motivations profondes d’un auteur, non mon blog est un blog de
divertissement, tout simplement.
D’ailleurs, mon répertoire de prédilection est surtout fait de comédies, plus ou moins légères   mais toujours écrites  avec un souci d’élégance,  mes modèles sont des gens comme Pinter,  Saunders, Reza,  Oscar Wilde  mais notre époque est en train de voir éclore des talents  très  prometteurs dans le genre.
J’adore ce répertoire-là en tant que spectatrice, mais  aussi en tant que chroniqueuse car je suis capable d’en parler.  D’autres pièces, plus graves et  inspirées par des idées métaphysiques ou politiques, me  donnent  à réfléchir, m’émerveillent parfois, et si l’interprétation est à la hauteur, me remplissent d’un bonheur enfantin.  J’en sors ébranlée, sous le charme, mais  je suis incapable d’analyser mes sentiments, à part de rares exceptions.
C’est pourquoi vous ne trouverez jamais dans cette rubrique mes impressions
sur une pièce de Brecht ou de Gorki.   Ce qui est normal pour un blog signé Miss Comédie, non ?

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La troupe est une et indivisible.  En chacun de nous est le texte, morceau par morceau, et notre confrontation sur le plateau est le fin mot de l’histoire... 
La route est notre attente du mystère.  Comment serons-nous ce soir ?  Comment sera la salle, le public, quel esprit soufflera sur cet espace clos ?  Nous regardons le paysage défiler, les reliefs s changer.  Le soleil sèche les gouttes de pluie sur les vitres du car.  Nous reprenons espoir. Nous ne connaissons pas la routine. Chaque voyage qui commence est un autre voyage, une autre découverte.

Nous partions souvent tôt le matin, lorsque la distance à parcourir était longue. Les comédiens ont alors le visage pâle et les cheveux défaits, ils n’aiment pas  la lumière crue du matin.  Certains sont beaux dès le réveil.  Les autres les regardent à la dérobée, sous le charme malgré eux. Ils savent que la beauté attend son heure. Demain, elle sera sur eux.  J’ai vu souvent ces caprices de la nature.

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L'IDIOTE   de  Marcel Achard

Création le 22 septembre 1960 au Théâtre Antoine, avec Annie GIRARDOT
dans le rôle titre, mise en scène par Jean MEYER.

Jean AUDOUARD, du Canard Enchaîné, écrit :

« J’ai positivement adoré l’IDIOTE,  le nouveau triomphe de Marcel
ACHARD… Tant de mérites rassemblés en trois actes laissent
béat d’émerveillement. »

et Claude SARRAUTE, de France Observateur :
« Le personnage est dessiné de main de maître, fouillé jusque dans ses
moindres recoins.  Il bouge, il vit, il retient…

et encore Jacques LEMARCHAND, du Figaro :
« Voilà une admirable comédiennen , Annie GIRARDOT, retirée pour de longgs mois - des années peut-être,  on ne sait plus -  de la circulation. »

Ils étaient dans l’air du temps : ACHARD, GIRARDOT…  Comme le temps passe.


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La tournée est l’expression même de la fugacité du théâtre. Partir ensemble, emporter avec nous les artifices, les accessoires et les déguisements, tout l’arsenal du rêve et avec lui tous les secrets d’une alchimie mystérieuse entre le spectateur et son double, le comédien.
Nous sommes une famille avec ses clans et ses inimitiés masquées. Les rôles sont en nous et nous manipulent, on n’y peut rien.  Le jeune premier est  amoureux de la jeune première, comment éviter cela ?  Soyons juste, il y a aussi des révoltes contre ces sentences dictées par le texte.  Parfois les amants de la scène se mettent à se haïr et chaque instant du quotidien est un affrontement ou une fuite.  La famille calme le jeu, les entoure.  Mais qu’ils consomment leur passion ou qu’ils la refusent, ils sont à l’abri de toute intrusion étrangère.

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REFLEXION SUR LA CRITIQUE

Aïe !  sujet dangereux.  Tout ce que vous allez lire n’engage que moi.


Depuis que je passe en revue les critiques de pièces des années 60-70,   je prends
conscience de leur aménité, de leur indulgence, par rapport aux critiques d’aujourd’hui.
On dirait que les critiques d’aujourd’hui  sont des chiens hargneux qui n’ont de plaisir qu’à mordre ceux qui font des choses.
Il y a aussi les critiques ironiques qui pratiquent l’humour  corrosif, histoire de montrer qu’ils ont tout compris mais que là, on ne la leur fait pas.
Ils s’attaquent presque toujours  à des spectacles qu’ils n’ont pas aimé.  Ne serait-ce pas plus drôle de parler des spectacles qu’ils ont adoré ?
C’est valable aussi pour le cinéma.   J’ai lu un jour une critique parfaitement inique,  venimeuse,  hors sujet, visant incontestablement à nuire et non pas à juger. 
Elle était signée d’un journaliste  du Monde.  Il s’attaquait à un très beau film qui a reçu un accueil excellent  dans les salles et derrière son propos un peu trop exalté pour être honnête, on sentait une animosité personnelle  contre le réalisateur.
Toujours ces histoires de clans.  On encense les gens qui font partie de son clan, on démolit ceux du clan opposé.  D’ailleurs, les créateurs eux-même ne se respectent pas entre eux.
On est revenu au temps de Versailles où les querelles de cour faisaient florès.
On pourrait gloser une nuit entière là-dessus, mais ça ne changera pas la face du monde.

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un peu de nostalgie...

Fernandel est assis à l’arrière de la Cadillac.  Tina, son habilleuse, est devant, près du chauffeur.  C’est une femme discrète, environ 50 ans, une Marseillaise de la campagne qui le suit depuis ses débuts.  Elle parle peu et ne se lie pas avec les membres de la troupe. Avec le chauffeur (je ne me souviens plus du nom du chauffeur) ils forment un couple soudé par une identique dévotion à leur maître.  Mais je n’ai jamais su s’ils étaient mariés ou non.

C’est ainsi que nous avons sillonné les routes, en France, en Belgique et et Suisse, pendant trois mois hors du temps, comme des saltimbanques. Je dirais que c’est pendant ces  longues heures passées dans le car à traverser ces villages dans l’anonymat le plus absolu, que j’ai perçu la réelle beauté d’un métier - le théâtre - dont l’essence même est de passer au travers du monde sans laisser de traces. Rien que des souvenirs qui s’estompent avec le temps...

Demain, c'est  promis, je serai plus rigolote.

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LA  TETE  DES AUTRES    -  de Marcel Aymé
dans une mise en scène de André BARSACQ
décors de Jean-Denis MALCLES
avec MOULOUDJI  et Rosy VARTE

Ca c’est une affiche alléchante. En revanche, quand on lit la critique, on prend peur. 

Ce vaudeville noir reste, aussi bien, pendant les  premiers actes, une charge  à fond de train  contre la magistrature.
Le nouveau 4ème acte a le mérite (que n’avait pas l’ancien) de « rester dans le sujet ». Mais il était difficile de trouver des rebondissements, des développements supplémentaires. Les personnages semblent tourner en rond dans leur histoire  en cherchant comment en sortir.  Valorin   en sort, lui, les pieds devant.  « Unhappy ending ».L’innocence ne paie pas.

Paul GORDEAUX   (France-Soir)

Les autres critiques ne valent pas mieux.  Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir. Et puis : 4 actes !  On n’a plus le temps, aujourd'hui, de rester 3 heures au théâtre !

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Un baiser torride.
Assis côte à côte  face au public, le clown et l’Américaine faisaient connaissance sur un ton plutôt mondain quand soudain sans crier gare je devais lui  sauter au cou  et  lui rouler un patin.
Nous n’avions jamais répété ce passage, je vous l’ai dit.  Le soir de la première, avant d’entrer en scène il m’avait prévenue :: “Il faudra le faire durer, hein ?” et devant mon air affolé : “Quoi, je te dégoûte, peut-être ?” mais il avait ajouté sérieusement : “Je te ferai sentir quand il faudra s’arrêter.  Jusque-là, reste bien sur moi.”
Ce soir-là, je me jetai sur lui dans un état second, ignorant la suite. Il me maintint fermement contre lui.  Et je découvris son jeu de scène avec stupeur. Les yeux exorbités, agitant bras et jambes dans une tentative de fuite, faisant mine de tomber de sa chaise, la bouche collée à la mienne, il faisait du grand Fernandel.  Pris par surprise, le public réagissait exactement comme il l’avait prévu :  un immense éclat de rire, mêlé de cris et d’applaudissements frénétiques.  C’était Guignol.
Tétanisée,  je  réalisai  vite qu’il fallait jouer le jeu.  Nous comptions donc les secondes.  Je maintenais le contact. Peu à peu, les applaudissements s’espaçaient, les rires faiblissaient.  Je sentis l’étau se désserrer  autour de mon bras. C’était le signal.  Je m’écartai de lui prestement.
Je jouai la suite de la scène avec ivresse. Il m’avait communiqué un chromosome de son talent.

Le théâtre est un enchaînement de secousses comme celles-là : imprévisibles en apparence. En réalité,  parfaitement voulues par l’auteur. Le public fait ce qu’on lui dit. Le comédien doit rester maître de la situation. Ce n’est pas toujours facile : dans certaines salles plane un esprit de révolte, un souffle de refus.
Pour nous, le miracle s’est reproduit chaque soir.  Simplement, le baiser devait durer plus ou moins longtemps.  Certains publics sont  plus pudibonds que d’autres.

Demain, il y aura un autre moment comme ça, en moins torride, de mon travail avec Fernandel.

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BOEING-BOEING  ___
de  Marc CAMOLETTI

Bien que la pièce ne date pas d’aujourd’hui, les amateurs de théâtre se souviendront sûrement de sa carrière  inscrite au livre des Records.
Créée le 10 décembre 1960 à la Comédie-Caumartin, elle fut jouée sans
interruption pendant 19 ans  soit 2000 représentations à Paris et en province…
Pas de doute, ce fut  ce qu’on appelle un succès.
Ce qui est intéressant, c’est de lire l’appréciation des critiques au moment de sa création, quand on ne savait encore rien de sa bonne fortune. Mais la place me manque et j’ai dû faire un choix.
C’est Max Favalelli qui se confesse :

« Voilà, j’ai ri. Oh, je sais qu’il y a quelque chose de honteux. Cependant que le rire me chatouillait sournoisement les amygdales, je me disais :
Voyons, il n’est pas question de la condition de l’Homme. Rien de social là-dedans. Quant aux problèmes métaphysiques, je n’en vois pas l’ombre d’un seul. Ce qui ne manquait pas de m’inquiéter.
J’ai ri.  Et je ferai acte de contrition en relisant quelques pages de Brecht. Mais j’ai ri.  Je m’en confesse. A l’abri de mon programme.
Certes, Boeing-Boeing n’est pas une de ces oeuvres qui bouleverse la littérature universelle. C’est une comédie qui amuse par les moyens les plus classiques, les plus francs, les plus simples. «
                            (Paris-Presse)

C’est curieux, je tenais Max Favalelli pour un homme érudit, maniant la langue française avec une subtilité d’expert, lui qui publie des grilles de mots croisés réservées aux fortiches. Et ben, sa prose, là, elle est vraiment bâclée.

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Folle d'amour...
J’ai assisté tout récemment à un  spectacle hors du commun au titre magnifique : LA DERAISON D’AMOUR.
Une production canadienne invitée par Claudia Stavisky au Théâtre des Célestins à LYON.
Il s’agit du journal intime de Marie de l’Incarnation, une religieuse française du milieu du 17ème siècle et de sa correspondance avec son fils qu’elle abandonna très jeune en France pour devenir missionnaire au Canada.
Un acte d’amour total pour Dieu, son « divin époux ».
Ces écrits, d’une sensualité extraordinaire, ont été rassemblés et mis en forme théâtrale  par Jean-Daniel LAFOND, un auteur québequois très actif
dans son pays.
Le rôle de Marie de l’Incarnation est tenue par une comédienne exceptionnelle, très connue au Canada, Marie Tifo.   Elle s’approprie ce personnage difficile de « folle de Dieu »  qui se confie à son fils avec une impudeur troublante,
sans jamais tomber dans la caricature,  toujours digne dans son mysticisme
exacerbé.
La mise en scène, inventive et délicate, mêlant éclairages savants et musiques évocatrice, était signée  Lorraine Pintal.
Le public, comme tétanisé, a ingurgité ce texte très spécial dans un silence…
religieux, sans une seule toux intempestive,  pour se déchaîner à la fin dans une ovation libératrice,  semblait-il, et très inhabituelle  pour un public lyonnais.
J’ai adoré   découvrir, comme souvent au théâtre, un texte  et une comédienne
qui donnent le frisson.  Texte audacieux écrit dans une langue superbe, dit   avec une ferveur communicative.


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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Passage délicat
Ah, ce baiser !   Quand j’ai été engagée, j’avais lu la pièce et je me disais « oh, on ne me demandera pas ça, il y aura une astuce pour oblitérer ce passage obscène, Fernandel refusera sûrement de s’afficher dans cet état de faiblesse qui n’est plus de son âge… »
Et puis commencèrent les répétitions, et voilà qu’on est tombé sur le passage du baiser, et à mon grand soulagement, Robert Thomas me sauva la mise en disant qu’on oublierait le baiser en répétition.
Sur quoi Fernandel avec un œil lubrique ajouta en me regardant avec l’index pointé : « mais à partir de la première, mon petit, il faudra y passer ! »
Toute la troupe se gargarisait.
La petite dompteuse, Alexandra Fouks, vint me dire qu’elle, à ma place,   rendrait le r ôle tant ça la dégoûtait.  « Tu te rends compte ?  Il va mettre la langue, tu peux être sûre, et tu ne pourras rien faire !   Et ça, tous les soirs ! »
Rendre le rôle, elle était bien bonne !   Un rôle pareil, avec une pointure pareille en face, non mais.
Les répétitions se passèrent sans encombre, Fernandel n’essaya jamais de  devancer l’appel.
Et arriva le jour redouté de la première, avec  un trac monstrueux au ventre, et l’idée du baiser qui me rendait malade.
On en parlera demain....

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

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CHER  MENTEUR, de jérôme Kilty

L'adaptation par Jean Cocteau de la correspondance amoureuse
de George Bernard Shaw avec Stella Campbell.
Cette pièce a été reprise maintes fois dans des mises en scène différentes
mais la critique que je vous livre aujourd’hui est celle de sa création à
Paris en 1960 au Théâtre de l’Athénée.
Ce fut l’événement de la saison, avec Maria Casarès et Pierre Brasseur face à face.

P
oirot-Delpech :
« Asseoir sur une scène déserte un couple en tenue de récital et lui
fairrelire deux heures durant le courrier d’un amour vécu, cela semblait
d’une démente prétention. On risquait l’ennui d’une conférence ; au
mieux, l’estime fragile accordée d’ordinaire aux performances
d’acteurs. L’Athénée a gagné son pari : Cher Menteur a la beauté
tremblante et douce d’un concert.    "
                        (Le Monde)

Un concert de louanges…  Celles du féroce PD valent leur pesant d’or.

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Mes impressions de théâtre

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Molière, le retour ?
Ceux qui ont eu la chance de voir Isabelle Huppert dans la pièce de Yasmina Reza LE DIEU DU CARNAGE, s’en souviennent encore.
Voilà comment d’un fait divers mineur, vraiment anodin,  et pas du tout traumatisant, on fait une pièce qui va au bout de l’exploration de l’âme humaine, ce qui pourrait être affligeant, mais qui nous fait rire d’un bout à l’autre avec jubilation.
Quatre personnages, pas plus, l’affrontement de deux couples qui commence dans les civilités et qui finit dans le carnage. 
La progression de la haine se fait très lentement, à coups de petites phrases qui en entraînent d’autre, et chaque personnage est dessiné comme une caricature de Daumier, à traits épais.
Mais Isabelle Huppert est la plus étonnante.  On la voit susurrer des mondanités en offrant des amuse-gueule,
on la voit lâcher quelques énormités avec distinction on la voit perdre peu à peu  sa retenue  puis balancer un plateau à la figure de son invitée.  Elle est juste partout.  Ca doit être que chez elle il y a tout ça à la fois ?.
En face d’elle, sur scène, il faut se tenir à carreau, il faut être à la hauteur !   Et bien ses partenaires sont parfaits.  L’invitée est inénarrable de drôlerie.  Au début, en la voyant arrivée, toute coincée, on ne s’attendrait pas à ce qu’elle va nous servir, au fil de la pièce,  comme  grossièretés.
Les dialogues de Yasmina Reza sont très forts.   Pas une facilité, pas une vulgarité.  Des mots de tous les jours,  et pourtant un texte qui restera comme une étude anthropologique de l’homo sapiens qui va très loin..
Ca vous fait penser à quelqu’un ?   A Molière, bien sûr.

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Mes souvenirs de théâtre

Publié le par Miss Comédie


Un autre grand souvenir de théâtre, c’est la pièce que j’ai jouée avec FERNANDEL.
C’était une comédie écrite par Robert THOMAS qui se passait dans le milieu du cirque, avec une histoire de crime pour donner du piment, et un  rôle en or pour le grand acteur, celui d’un clown accusé de meurtre.
Je jouais une jeune intrigante américaine qui tentait de le séduire pour noyer le poisson, car c’était elle la meurtrière.
La création eut lieu le 10 décembre 1968 au Théâtre des Variétés, et Robert Thomas assura la mise en scène.
Bon, je ne vous parlerai pas de l’accueil du public parisien qui fut tiède, rien à voir avec celui reçu dans les villes de province lors de la tournée, chaque fois triomphal.  FERNANDEL était vraiment adoré des Français.
Je veux surtout vous donner une idée de l’ambiance de la troupe, avec de petites anecdotes rigolotes.
Mais là, j’ai plus la place, donc à lundi pour apprendre comment une jeune comédienne affronte  un baiser prolongé avec le séducteur aux dents de cheval…

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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie


VU DU PONT  (Arthur Miller)

La pièce a fait un tabac lors de sa création à Paris, avec Raf Vallone dans le rôle principal.
La mise en scène était de Peter Brook, je crois même que c’était sa première mise en scène en France, c’était en 1958 au Théâtre Antoine.
La presse fut unanime.  Je prends une critique au hasard, celle de Robert Kemp dans Le Monde :

        « Une pièce qui nous met KO.
        Je prédis un long succès.  La pièce porte, elle a la taille et l’élan
        d’un bélier.Elle bouscule l’indifférence, elle bouscule l’esprit.
        Ce n’est pas une pièce fine, de psychologie souple et ténue.
        Sa brutalité rappelle le ring. 
        Et puis, quant à l’originalité d’un sujet, nous en reparlerons un
        autre jour, à la naissance d’une autre œuvre.
        Seulement, la main qui l’a pétrie est une main virile et résolue,
        une main qui se crispe en poing.  Et voilà, elle nous met KO.
        Arthur Miller, sans y songer, commence à la façon d’Euripide :
        un large monsieur en pardessus beige s’avance :  « Je suis Alfieri
        l’avocat.  J’ai assisté à l’affaire et connu le bonhomme.  Il est
        ceci, cela, et vous allez voir ! »
        Ma foi tant pis, va pour Euriipide, qui animait  les sujets les plus
        sanglants.   Celui-ci le sera. »
        (Le Monde)

Drôle de prose.  Et drôle de critique.  Pas un mot pour Vallone, qui le méritait.
D’autres critiques l’ont encensé.  
Pourrait-on dire que c’est une bonne critique ?  Il ne s’est pas mouillé.


Le rideau tombe sur la première semaine de mon blog.  Je vous retrouve
dès lundi pour de nouvelles aventures de ROSE et de Miss COMEDIE...
Bonne fin de semaine, chers spectateurs !

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Sur Molière

Publié le par Miss Comédie

Oui à la sortie de TARTUFFE j’étais pressée de rentrer  chez moi pour relire la pièce.
On oublie à quel point Molière avait du génie.  Il a balayé le champ entier de la faiblesse humaine. Il est descendu au plus profond de l’abîme de nos vices cachés. Rien ne lui a échappé. Et il nous a tendu le miroir, pour que l’on puisse en rire jusqu’à la fin des temps.
Avec tendresse, il a mené ses personnages jusqu’au bout de la déchéance sans jamais moraliser.
A travers ses vocables et ses tournures aujourd’hui disparus, nous comprenons tout et nous rions aux larmes.
   
 Il a su trouver les ressorts éternels du rire.   Le rire peut-il se démoder ?  De certaines pièces on dit « elle date
On ne rit plus trop des finesses de Guitry, encore moins de celles de Barillet et Grédy, plus du tout de celles de Marcel Achard, mais Molière ! Toujours aussi bidonnant.
En y réfléchissant, et toujours après avoir revu ou relu Molière, on se dit que c’est navrant.
Quoi, il n’y aurait plus d’auteur comique vivant ou mort, comparable à Molière ?  

J’entends d’ici la horde des défenseur des Pinter, Saunders, Beckett, Ionesco, Obaldia et même Tchékov,
Oscar Wilde, et j’en oublie plein.
Et je rajoute Yasmina Reza, que je tiens pour notre nouveau Molière avec deux pièces qui sont des sommets de comédie , une allégresse : ART et LE DIEU DU CARNAGE.
Oui, mais Molière…..

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Mes souvenirs de tjéâtre

Publié le par Miss Comédie

Les matinées classiques sont le cauchemar du comédien.  Il n’y a pas de public plus terrifiant que les enfants des écoles.
Une fois à Aubervilliers, nous jouions dans la salle des Fêtes devant une centaine d’ élèves de 6ème de la communale.  Au moment de commencer, impossible de les faire taire. Les profs étaient impuissants.
Nous avons joué les trois premières scènes dans le chahut.
Quand ce fut mon tour d’ entrer en scène  en riant, comme d’habitude,  tout de suite j’ai reçu le premier boulon sur le bas de ma robe.
J’ai ignoré, comme il se doit.  Mais un deuxième boulon a atterri sur le dos de Géronte qui a fait un bond en avant.
Là, mon rire n’arrivait pas à couvrir ceux de ces  chenapans en délire. Il pleut des boulons sur le plateau.
J’ai arrêté de rire.  Scapin a déboulé sur le devant de la scène. Il a frappé quelques coups sur le plancher avec le brigadier de service et dans le silence relatif qui a suivi, il a parlé.
« La troupe arrête de jouer.  Nous reprendrons le spectacle lorsque l’ordre et le silence seront revenus. »
Il les a regardés bien en face, alors qu’ils applaudissaient et sifflaient en chœur.
Puis il a tourné les talons et le rideau est tombé.
Nous n’avons pas repris le spectacle, car les profs ont fait sortir les élèves, comprenant bien qu’ils ne pourraient rien en tirer ce jour-là.

Cette mise en bouche théâtrale ne m’a pas découragée, bien au contraire. J’ai joué beaucoup de pièces par la suite, mais celle-ci est restée gravée dans ma mémoire avec la précision d’un coeur gravé dans l’écorce d’un arbre.

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Mes impressions de théâtre

Publié le par Miss Comédie

Le TARTUFFE qui s’est joué à la rentrée  à l’Odéon Théâtre de l’Europe est une production du Théâtre National de Strasbourg.
Stéphane Braunschweg, qui en est le Directeur, l’a créée en Avril dernier avec les comédiens de sa troupe.
Ici, dans ce cadre mythique, elle prend une dimension de « grand » spectacle.  Non, pas de grand spectacle, au  sens de grandiose, car , elle est montée avec une grande sobriété de décor et de costumes, la mise en scène est nette, précise et sans effets inutiles.
Simplement,  le texte admirable de Molière est magnifiquement interprété par des acteurs à la technique irréprochable.  Ils parlent la langue de tous les jours, en alexandrins.
Tout est réglé au petit poil.  Pas un flou, pas un doute sur la façon d’envoyer sa réplique.
Dire qu’ils sont habités serait un peu niais, car comment ne pas habiter un texte pareil ?
D’ailleurs, chaque soir, je dis bien chaque soir, Stéphane Braunschweg les attend à la sortie du plateau, les réunit au bar et leur fait un petit débriefing .  Chacun en prend pour son grade.  Il assiste à chaque   représentation et il voit tout.
C’est comme ça qu’on fait les « grands » spectacles.  C’est du béton. Ca ne bouge pas d’un soir à l’autre, ça ne tombe pas dans la routine.
Peu de metteurs en scène ont cette rigueur.

On peut lui contester sa vision de la pièce, toute dans l’oubli de Tartuffe pour se concentrer sur Orgon et ses motivations, pourquoi a-t-il pu se laisser embobiner de la sorte ?
Moi je trouvais le personnage de Tartuffe beaucoup plus intéressant.
Là, il est un peu falot, pas du tout inquiétant.
Orgon, par contre, est parfait.
Et les autres, aussi, parfaits.
Un grand spectacle.
D’ailleurs, demain je vous parlerai de mon impression en sortant du théâtre, cette impression de redécouvrir à chaque fois notre plus grand auteur dramatique.

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Mes souvenirs de tjéâtre

Publié le par Miss Comédie

Je dois dire qu’après la joie immense d’avoir décroché ce rôle, Zerbinette des Fourberies de Scapin, j’ai compris que jouer pouvait avoir un autre sens que celui des cours de récré.
Je savais rire, d’accord, mais mon metteur en scène estimait que tout restait à apprendre.
 Jean-Louis Thamin était un tortionnaire. Ce que nous faisions n’était jamais bien.
Il fallait toujours aller plus loin, chercher son personnage ailleurs qu’à la pointe de ses souliers..
Il nous disait que nous allions être des costumes vides.
Nous l’écoutions, navrés et honteux.  Nous partions à la découverte de nous-mêmes, toujours plus loin.

Je pense aujourd’hui  qu’il avait raison.  C’est ainsi qu’on arrive à trouver le deuxième souffle, celui de notre moi inconnu.
Je ne savais jamais quand j’atteignais le niveau d’excellence que demandait Jean-Louis.

  Quand je sortais de scène, la gorge sèche, je trouvais mon Scapin qui me tendait une bouteille d’eau avec un commentaire bref. Ca allait du »bravo », « gagné », « super », au « merdique », « en-dessous », « laborieux » ou « à chier » qu’il ne m’a dit qu’une fois, heureusement.

Nous avons joué au Théâtre de l’Ouest Parisien pendant un mois, les critiques étaient bonnes.
Ensuite nous sommes partis en tournée et ça c’était moins drôle, mais le pire, c’était  les matinées classiques.
J’ai un souvenir cuisant de l’une de ces matinées, et je vous le conterai demain, si vous le voulez bien.


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Critiques d'hier et d'aujourd'hui

Publié le par Miss Comédie

Nous sommes en 1960. La décennie promet d’être riche enproduction
artistique en tous genres.  Mais au théâtre ?  La production était-elle à
la hauteur ? 
Voici ce que distille le critique André CAMP sur les pièces qu’il
qualifiait de « mélodrames »…  Ces pièces étaient des comédies,
 mais on riait alors surtout des malheurs d’autrui. Avec le boulevard,
 nous sommes devenus plus humains.  Nous rions  surtout  des histoires de cul.

    « La fin de l’année 1959 a été marquée, sur les théâtres parisiens,
    par une dangereuse offensive du mélodrame.  Cette offensive se
    poursuit, avec des fortunes diverses, en ce début de 1960.
    Evidemment, l’on ne dispose pas tous les jours d’une nouvelle pièce
    de Jean Anouilh (qui occupe déjà trois scènes à lui tout seul !) ,
    d’Eugène Ionesco, voire même de Marcel Achard .  Certaines salles
    sont difficiles à remplir et ne supportent pas l’intimité  (Sarah Bernhardt
    par exemple).
    Alors il faut bien se rabattre sur Victorien Sardou, ou sur son héritier
    le plus direct, Jacques Deval.  Ce qui n’est pas faire injure à ce
    dernier, le père Sardou savait fort bien ficeler une intrigue, et la
    débrouiller prestement.   Persuadé que le théâtre est avant tout
    de l’action, encore de l’action, toujours de l’action, il affectionnait
    les histoires compliquées.   Jacques Deval aussi.
    Il faut croire, cependant, que le mélodrame garde ses adeptes.
    Tout au moins parmi les directeurs de théâtre.  Sinon, comment
    expliquer que Victorien Sardou ait deux comédies (historiques)
    à l’affiche en ce moment à Paris ? »

On pourrait remplacer les noms d’Anouilh, Sardou, Deval ou Achard par
ceux de Yasmina Reza,  Florian Zeller,  Ray Conney, Eric Assous ou
Ruquier… Ce qui ne saurait faire  injure ni aux uns, ni aux autres…bien entendu.
   

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Mes impressions de théâtre

Publié le par Miss Comédie

Début de blog, début de saison théâtrale. Les deux pièces que j’ai vues pour démarrer cette rentrée sont aux antipodes l’une de l’autre.
A Lyin, « HAPPY ANOUKA » au Théâtre Tête d’Or.
A Paris,  TARTUFFE  à l’Odéon Théâtre de l’Europe.
Aujourd’hui je vais vous parler de la première, et ce ne sera pas long.
C’est bête, de commencer un blog sur le théâtre par une pièce que l’on n’a pas aimé, mais ce sont les hasards de l’actualité. 
D’ailleurs, je suis peut-être la seule à n’avoir pas aimé car dans la salle, tout le monde riait, chaque réplique déclenchait un déluge de rires.
Moi j étais venue pour la mise en scène de Jean-Luc Moreau qui est un vieux copain  que j’admire beaucoup. Là, je pense qu’il a dû y avoir un malentendu.  D’habitude, il choisit bien ses textes.
Si,  j’ai admiré la prestation de Maïke Janssen, dans un rôle à la Popesco qu’elle a joué avec maestria.
Tous les autres sont bien aussi, en tout cas ils sont très applaudis et la pièce marche bien.
Vous me direz, on ne va pas voir une pièce de boulevard pour se prendre la tête.  Non, non, j’adore rire au théâtre , d’ailleurs dans la même salle il y a deux ans, j’avais cru mourir de rire en voyant Galabru donner la réplique à son fils, un morceau de bravoure, à tous les deux, c’était grandiose, ils en faisaient des tonnes.
Mais c’était une bonne comédie.
Bon, demain je vous parlerai de la deuxième pièce, le TARTUFFE de Stéphane Braunchweg à l’Odéon.



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Mes souvenirs de théâtre

Publié le par Miss Comédie


Je fus donc engagée pour jouer Zerbinette des Fourberies de Scapin.
J’avais dû lire cette pièce pour pour la dernière en classe de 3ème et je n’en avais aucun souvenir.
Zerbinette ?  C’est la fille qui rit.  Elle rit à perdre haleine en racontant une histoire à dormir debout, une tirade interminable entrecoupée de rires.  Il faut que ces rires soient eux-mêmes hilarants,  pour entraîner une salle entière.
Devant elle sur le plateau il y a le vieux Géronte qui tempête, mais ça ne suffit pas pour déclencher le rire de Zerbinette.  Il faut qu’elle le trouve ailleurs, et qu’elle s’appuie sur une technique en béton.

Jean-Louis Thamin m’a pris rendez-vous avec Micheline Boudet, la tenancière du titre de Zerbinette d’Or, pour qu’elle me délivre une partie de ses secrets de fabrication.
Dans son salon Louis XV nous avons passé une heure à la regarder minauder et distiller de temps à  autre un petit rire de fauvette comme on donne aux enfant des miettes du gâteau de la veille.
En fait, elle était flattée mais elle ne se souvenait pas du tout de la manière dont elle s’y était prise pour donner sa Zerbinette.


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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie

La critique d'aujourd'hui est signée Bertrand POIROT-DELPECH, journaliste au MONDE, et date de 1967.
« LE REVIZOR » est, avec « LE MANTEAU », l’œuvre la plus connue en
France de Gogol.
 La Comédie de Saint-Etienne     a présenté pour la première fois cette pièce le 22 Novembre 1967 au Théâtre de l’Est  Parisien.
Jean Dasté tenait le rôle principal  à la tête de pas moins de 25 comédiens.

La critique de Poirot-Delpech titre :
"    « Un recueil de Daumier »
    « … Une petite ville de la Russie tsariste se traîne aux pieds d’un
    jeune voyageur parce qu’elle a cru reconnaître en lui un haut
    fonctionnaire incognito. C’est tout : pas même une escroquerie
    à rebondissements, rien que les marques d’un aveuglement et
    d’un avilissement volontaires.
    La mode étant aux exégèses, le programme invite à deviner, sous
    le gros ridicule des personnages, une solitude d’orphelins que la
    capitale abandonne et qui se trompent de dieu.
    Pourquoi pas ? Mais il s’agit d’abord d’une satire de mœurs.
    Gogol dénonce le régime de corruption à travers ses serviteurs
    abêtis. (…)
    La force du proocès en déshumanisation n’empêche que la pièce
    répète de bout en bout le même effet comique.
    A peu de choses près, le comportement des fonctionnaires et
les péripéties de l’inspection imaginaire renvoient à la même
    stupidité obséquieuse.
Pour donner l’impression de mouvement et de diversité, il faudrait
mener le jeu tambour battant….
Edmond Tamiz choisit au contraire de le conduire  posément,
comme il tournerait les pages d’un recueil de Daumier,
s’attardant sur des ensembles muets, ajoutant de la comedia
dell’arte…

(Le Monde)

L’homme connaît ses classiques… Sa critique est noble mais perfide, non ?



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MES SOUVENIRS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

Commencons par le commencement. . Je remonte au tout début de ma carrière, au cours d’art dramatique que je fréquentais alors, pour faire les choses comme il fallait.
 Entre autres choses, notre professeur nous apprenait à rire.
Faire rire est déjà difficile, mais rire en scène, aux éclats, je veux dire, et de manière prolongée, c’est un exploit.  Ca s’apprend.
Chaque élève qui montait sur l’estrade donnait sa démonstration personnelle de l’impuissance.
Evidemment, s’il n’y a pas la motivation du rire, il ne reste que toussotements piteux.
Le prof nous apprenant d’abord à respirer. Ca devait partir du ventre et non de la poitrine.
Il fallait ensuite projeter hors de notre ventre des « ha » sonoreset en cascade sur l’expiration.
Quand la mécanique était au point, on pouvait essayer de mettre « lh’umeur », en pensant à quelque chose de drôle.
J’ai trouvé le procédé amusant et j’ai très vite assimilé la méthode.  Je suis devenue la rieuse number one.

C’est comme ça que j’ai décroché mon premier rôle au théâtre. Un jour, un metteur en scène qui cherchait une Zerbinette vint assister à un cours et fut terrassé par ma démonstration de rire.
Je fus convoquée le lendemain pour répéter ma prestation devant l’acteur qui jouait Scapin.
Le metteur en scène s’appelait J.T et il montait « Les Fourberies de Scapin » avec Jean-Luc Moreau dans le rôle titre.
Demain je vous en dirai plus sur cette première expérience.
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CRITIQUES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

Publié le par Miss Comédie


Dans mon blog vous lirez surtout des critiques d’hier sur des pièce à succès d’hier.  Pourquoi ? Et bien les critiques d’aujourd’hui sont disponibles dans les kiosques, pardi !
J’ai retrouvé  certaines critiques de pièces qui ont été ou qui sont reprises de nos jours, c’est intéressant de voir comment chaque époque  voit midi à sa porte…




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