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archives d'actualites

SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie



Ce soir a lieu la Cérémonie des Césars 2009. L’occasion de se souvenir de deux grands disparus :
 Georges CRAVENNE,  l’initiateur des Césars et de bien d’autres réjouissances, et  Claude BERRI, un  producteur comme il n’y en aura plus.  Pour JEAN DE FLORETTE, il avait fait pousser des milliers d’œillets rouges dans la campagne provençale et fait taire je ne sais plus par quel moyen, les cigales  dont la cacophonie brouillait les prises de son…Qui produira encore des films de cette envergure ?
Dans la grande parade de ce soir, les meilleurs films de l’anné vont défiler. Leurs qualités ne sont plus à comparer avec ceux que  nous avons tant aimés.  Les goûts changent, les techniques aussi, et le monde s’invente de nouveaux critères de jugement.
 Mes pronostics  ?  Je n’en fais pas.  Il y a des surprises si souvent. (voir SLUMDOG MILLIONNAIRE aux Oscars…) 
J’aimerais que Sylvie TESTUD soit élue meilleure actrice pour SAGAN.
Je pense quand même que Vincent CASSEL peut être élu meilleur acteur.
Et aussi je voudrais quelquechose pour l’angélique Guillaume DEPARDIEU, qui souffrait dans l’ombre . Que la lumière soit sur lui, enfin !
Et puis le reste… alea jacta est.


 

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

… aux directeurs de théâtre qui lisent les pièces que les jeunes auteurs leur envoient.
Oui parce que les directeurs de théâtre vous disent « on manque de jeunes auteur,  nous cherchons à promouvoir le théâtre contemporain… » tu parles Charles, ils ont la trouille de monter du théâtre contemporain.   Si, dans le théâtre public, on leur donne de quoi monter des auteurs inconnus et sans têtes d’afficher.  Si la pièce ne marche pas on passe à une autre.
Mais dans le privé ?   Qui viendra rembourser le cachet des vedettes, le prix des décors, le fonctionnement du théâtre si les fauteuils restent vides ?  Alors évidemment dans le privé on préfère la sécurité d’un bon auteur qui a fait ses preuves.  Il faut remplir, voyez-vous.
Pourtant je vais leur répondre, moi, qu’ils pourraient donner leur chance à un jeune auteur en faisant jouer sa pièce par des acteurs bankables, et le tour serait joué (aussi) !
Mais pour ça, il faudrait qu’ils lisent les pièces qu’on leur envoie.
J’ai écrit cinq pièces de théâtre, dont celle que vous lisez aujourd’hui, et j’ai envoyé le manuscrit à quelques directeurs de salle.  Un seul m’a répondu, c’est Frédéric Franck du théâtre de la Madeleine.  Mon manuscrit lui était recommandé par  Micheline Rozan, une amie commune.
Les autres ne m’ont même pas accusé réception.
Je dis bravo  à Frédéric Franck - même s’il n’a pas voulu de ma pièce.

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

(En fait c’est un souvenir parce que je l’ai beaucoup pratiqué, mais le rite est toujours et plus que jamais en vigueur au théâtre !)

Après une représentation, il faut passer par la case « félicitations dans les loges ».
C’est un calvaire aussi bien du côté des loges que du côté des spectateurs.
Deux cas de figure :  ou bien la pièce a été un succès, et il y a la queue à la porte de chaque comédien pour une surenchère de flatteries exagérées auxquelles l’acteur doit répondre par le même  merci avec sourire modeste répété  indéfiniment.
Ou bien c’est un four, et ceux qui ont eu le courage de monter ne savent plus quoi inventer pour transformer leur déception en éloges.  L’acteur, lui, n’est pas dupe et encaisse avec un « merci » sans sourire.
Conclusion, ces démonstrations qui sont devenues un passage obligé sous peine de grave lèse-protocole, sont comme les condoléances à un enterrement : un sommet d’ennui pour les deux camps.

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie


…. à  une voix angélique qui nous plonge dans le ravissement,  celle de Philippe JAROUSSKY.
Je suis sûre que vous êtes comme moi, yeux fermés et des frissons partout quand il chante cet aria de Vivaldi que nous ne connaissions pas.
Je le découvre comme un Invité claissique ordinaire dans l’émission de Olivier Belamy, et je l’entends parler des choses de la vie d’une voix virile et vibrante, je ne me doute pas de ce qu’il est, et puis on nous dit qu’il va chanter le prochain morceau programmé, et je m’attend à entendre un ténor et puis les premières notes s’élèvent et je suis scotchée dans mon fauteuil.
C’est un jeune homme comme vous et moi, plein d’humour et de malice, doté d’une culture musicale incroyable, et qui parle de lui-même comme d’un être binaire, aux deux facettes interchangeables dont l’une est un miracle de la nature qu’il a soigneusement cultivé pour nous rappeler les voix célestes.
Il chante avec une facilité et un plaisir qui enchantent l’auditoire, on ne sent pas l’effort, on monte avec lui à des hauteurs vertigineuses, on voit son visage inspiré et son corps de jeune homme en costume noir.
Pour moi,  c’est une révélation mais si vous allez l’écouter sur YOU TUBE, vous constaterez que depuis le 28 Février 2007 jour  des Victoires de la Musique  où il a été élu meilleur artiste lyrique de l’année, sa video a été regardée par 599605 fans …

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie


LE RANTOME DE LA LIBERTE   (suite et fin)

L’assistant est revenu avec un papier à la main. Il me l’a tendu.
« Voilà, Bunuel t’a écrit une dictée. Tu n’as même pas besoin de l’apprendre par coeur, tu la liras aux élèves.
Sur le papier, griffonné à la hâte, il y avait quelques lignes qui me parurent aussi belles qu’un poème de Rimbaud.
« Ce fleuve dont les eaux passent devant nos yeux le long des rives immobiles qui retiennent sa fuite, le verrons-nous revenir ? »
J’ai lu ce texte à haute voix devant mes trois partenaires.
Pascale Audret a soupiré sans mot dire, Agnès Capri a eu un sourire entendu.  Jean Rochefort m’a lancé « C’est de l’extra-dry ».
Inutile de dire que lorsqu’il s’est agi de jouer la scène, je n’ai pas mâché mes mots, je les ai distillés comme du nectar.
Si vous regardez le DVD vous n’en entendrez que la moitié, hélas. Ils ont une manie, au cinéma, c’est couper au

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

…..  à l’Institut LUMIERE à LYON, pour sa vocation de cinémathèque  qui nous invite à redécouvrir des chefs-d’œuvre oubliés ou jamais vus, dans une salle immense aux fauteuils confortables, chacun portant sa plaque de cuivre gravée du nom d’une star.
Ce soir j’ai vu LES TONTONS FLINGUEURS, de Georges LAUTNER, avec une brochette  d’acteurs uniques  : Lino VENTURA, Bernard  BLIER, Francis BLANCHE, Jean LEFEBVRE,  Paul MERCEY et j’en oublie.  Tous, absolument fantastiques dans la démonstration de leur pouvoir comique.   Ils ne font rien.  Ils ne jouent pas, ne grimacent pas, n’en rajoutent pas, ils ne sourient même pas, à peine, mais leur vue provoque le rire le plus fou qui soit.
Il y a une scène où ils dégustent un certain scotch hors d’âge, tous les quatre assis autour d’une table de cuisine, et la première gorgée de chacun est un morceau d’anthologie. Les dialogues d’Audiard sont la pincée de sel dans leur bouche : « c’est du brutal. »
Ou bien « Laisse tomber cent sacs pour le toubib ».
C’est du noir et blanc haut en couleurs, je vous le dis.  On sort de là tout guilleret, le sourire bloqué sur les lèvres, mais au fond un peu tristes qu’ils soient tous morts.


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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

LE FANTÔME DE LA LIBERTE   (suite)
Il m’a prise par le bras et m’a dit « On va àux costumes » et nous avons suivi un couloir qui menait à une immense salle parcourue par des rangée de cintres chargés de costumes.  Il y avait des panneaux (historique - années folles - musicals.  Certains costumes portaient une étiquette avec un nom d’acteur et le titre du film.
On m’a choisi une veste en tricot marquée « Bulle Ogier » et on m’a dit de garder ma jupe, elle était très bien mais il fallait une veste beige.
Incidemment, en allant ensuite au maquillage, j’ai demandé à l’assistant :
« Qu’est-ce que je dois jouer ?
Il m’a regardée :
-  Tu ne sais pas ?  La maîtresse d’école.  Tu es dans la classe et tu lis une dictée à des petites filles.
-  Ah. 
Je réfléchis.
-  Et la dictée ?
- Quoi la dictée ?
-  Et ben, où elle est ?
L’assistat s’est arrêté net de marcher.
-  Oui, bonne question.  Je vais voir don Luis.
La suite est un grand millésime... vous la lirez demain.


 

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

…..aux acteurs qui dansent dans les films !   Vendredi je vous parlais de Patrick CHESNAY et Pierre ARDITI
dansant un rock endiablé dans le film « LE CODE A CHANGE » de Danielle THOMPSON.
Ca me rappelle d’autres morceaux de bravoure, des scènes dansées par des acteurs en plein délire, comma ça, sur une impulsion subite semble-t-il, mais d’une façon inoubliable.
C’est Jean Rochefort dansant sur une musique berbère dans LE MARI DE LA COIFFEUSE, de Patrice LECONTE.  Epoustouflant !
C’est Nathalie BAYE se lançant avec la frénésie du désespoir dans une improvisation échevelée, magnifique, dans le film de Noémie LVOVSKY  « LES SENTIMENTS ».
C’est Fabrice LUCHINI complètement décomplexé par l’amour, nous faisant  un numéro à la Fred Astaire de plus de trois minutes inouïes, dans « CONFIDENCES TROP INTIMES » de Patrice LECONTE.
Il y a aussi Emmanuelle SEIGNER, (tiens, elle est aussi dans LE CODE A CHANGE, elle est épatante) qui fait une danse des sept voiles dans LUNE DE FIEL de Roman  POLANSKI.
Je suis sûre qu’il y en a d’autres.  Mais ceux-là on est pas près de les oublier.

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Dans le film de Bunuel LE  FANTÔME DE LA LIBERTE, je l’ai dit, j’étais dans le sketch de La Petite Fille disparue.  On ne m’avait pas donné de brochure, je n’avais donc rien à dire. logiquement, mais dans ce film on ne disait rien à personne, aucune indication de jeu, rien. Bunuel surveillait les prises depuis son fauteuil roulant devant un videoscope et c’est l’assistant qui réglait les places.  Tout était une question de place. Il y avait des marques à la craie sur le sol pour chaque comédien, départ - fin- stop. Il faut pas croire, tourner avec Bunuel n’avait rien de glorifiant. Même des acteur connus comme Rochefort ou Pascale Audret étaient traités comme des figurants. Il ne savait pas nos noms. Il ne devait connaître aucun nom de comédien à part peut-être celui de Jeanne Moreau qui ne tournait pas dans ce film.  Il parlait aux stars, seulement aux stars. Les autres avaient à faire avec l’assistant.

Nous ne savions pas exactement  ce qui se passait dans cette  scène.  Rochefort devait avoir une idée, il avait un script avec ses répliques marquées en rouge.
Mais moi j’avais rien, je ne savais pas ce que j’allais jouer - et visiblement,  Pascale Audret et Agnès Capri non plus.  On attendait l’assistant.
A un moment il est apparu et nous a considérés l’un après l’autre.
« Vous, monsieur Rochefort, vous tournez avec votre costume, n’est-ce pas ?
- C’est ce qu’on m’a dit. Costume sombre.
- OK.  Vous deux, (Pascale Audret et Agnès Capri) ça va…   Mais vous, (moi) vous devez être neutre. Il faut du beige, là.  La jupe ça va, mais la veste non.
J’avais mis une veste rouge.  J’ai eu la trouille qu’il me vire mais non.  Je vous raconte demain la suite de l’histoire parce que ça fait long.

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

..... au duo ARDITI-CHESNAY  dans le film de DANIELE THOMPSON "LE CODE  A CHANGE".
Ca va de l'émotion la plus troublante, comme s'ils étaient en pleine improvisation, soudés par la constatation
d'un parcours achevé, d'une vieillesse ennemie, tout en écoutant l'un de leurs tubes de jeunesse, reflet absolu de la nostalgie universelle : LES PLATTERS.
Et ça tourne à la scène d'anthologie quand ils se lancent dans un rock effréné à deux toujours sur une musique des années 60, interrompu par l'arrivée de la fille de l'un qui est aussi la fiancée de l'autre...
Ils forment dans ce film un duo un peu à part, un peu absent, comme soustrait à l'ambiance survoltée qui règne dans ce diner puisqu'ils ont atteint un âge où l'idéal ne représente plus grand-chose.

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Il y a  quelque chose dans une pièce de théâtre qui compte autant que le décor, la lumière et le jeu des acteurs : ce sont les saluts.
Oui, les saluts !  Tous les metteurs en scène n’en font pas un morceau de bravoure, comme l’a fait Jean-Louis Thamin  pour Les Fourberies de Scapin on répétait les saluts comme  on répétait les scènes, au millimètre. 
Ca donnait un final  chorégraphié sur une musique sicilienne, ce devait être superbe à voir, nous formions  un défilé dansant qui faisait  halte devant le public puis repartait en coulisses pour revenir faire encore quelques figures et dans mon souvenir il n’y avait pas de distinction de rôles, chacun à  son tour se détachait du groupe et venait saluer seul, très rapidement, avant de reprendre sa place dans la ronde. C’était étudié pour durer le temps des applaudissements,  les figures se reproduisaient à l’infini.
Ce perfectionnisme m’a marquée.  Depuis, chaque fois que j’assiste à une pièce de théâtre, j’attends les saluts avec impatience.  Est-ce qu’ils signeront une œuvre parfaite ?  c’est souvent non, hélas. Les comédiens arrivent en trombe du fond du plateau, ils se mettent en ligne en se donnant la main,  ils respectent la préséance des rôles principaux à qui ils laissent les places du centre, et ils se cassent en deux en cadence, ils repartent en courant vers les coulisses, et ils ressortent dans un ordre différent, en riant et se poussant, c’est un beau désordre..
Les saluts les plus chiadés font revenir les comédiens deux par deux en commençant par les moins importants, pour laisser le triomphe aux deux derniers qui plongent en révérence avec plus ou moins de grâce mais toujours une vraie allégresse, même s’ils ont été médiocrement applaudis.  Ouf, la pièce est finie.

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MOI JE DIS BRAVO...

Publié le par Miss Comédie

--à qui je pourrais bien dire bravo zujourd’hui ?  On va dire que c'est un jour sans bravo.


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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Moi qui étais faite pour la comédie, j’ai quand même joué CINNA au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, mis en scène par Pierre Vielhescase.
Bon, c’était encore le rôle d’une confidente, les confidentes sont dans les tragédies ce que les soubrettes sont dans les comédies.
Je m’appelais Fulvie et j’essayais de faire entendre raison à cette exaltée d’ Emilie qui voulait à tout prix que CINNA tue AUGUSTE.
J’avais un texte d’une gravité  profonde, presque abyssale, et je me demande encore
par quel miracle le public n’a pas explosé de rire à chacune de mes interventions. 
Par exemple, je devais dire à Emilie, avec une mine de circonstance :
« …. Mais encore une fois, souffrez que je vous die
« Qu’une si juste ardeur devrait être attiédie ;
« Auguste chaque jour, à force de bienfaits,
« Semble assez réparer les maux qu’il vous a faits ;
« Sa faveur envers vous paraît si déclarée
« Que vous êtes chez lui la plus considérée
« Et que des courtisans parfois les plus heureux
« Vous pressent à genoux de lui parler pour eux."
C’est un rôle pour une confidente sexagénaire! !Heureusement le rôle de Fulvie se borne à une scène parlée, le reste du temps elle se contente de suivre Emilie sans mot dire.
Si j’avais eu une scène avec Cinna ou Maxime, qui étaient joués respectivement par Gérard Ortega et Alexandre Arcady, deux parfaits déconneurs, ça aurait tourné au fou rire chaque soir.
C’est drôle, je ne me souviens pas des autres :
qui jouait Emilie ? Mystère. Auguste ? Mystère.
Si : Jacqueline Jefford jouait l’impératrice Livie.
Avec elle comme avec le duo Ortega-Arcady, j’ai passé des moments  fugaces mais assez loufoques, hors théâtre.

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

…… du bout des lèvres au film de Maiween qui nous montre le vrai ( ?) visage de quelques actrices un peu connues.
Quel intérêt de savoir que ces filles qui peuvent être géniales dès qu’on leur donne un rôle, sont dans la « vraie vie » des chochottes capricieuses, jalouses et aigries dont l’ego est aussi gros que le Ritz (elles en ont plein la bouche de leur ego) ?
Les quelques minutes de vérité qui révèlent de vraies natures, ne sauvent pas le film de l’autodérision stérile. Il y a Charlotte Rampling, bien sûr, toujours impeccable mais pas très émouvante, il y a Romane Bohringer, oui d’accord, il y a surtout Muriel Robin qui a la vocation d’une tragédienne n’en déplaise à cet Auguste Jacques Weber (Auguste, c’est l’un des deux clowns, celui qui n’est pas blanc).
C’est ordurier comme langage, mais ça c’est la mode.  Ces jeunes filles ont l’injure au bord des lèvres entre deux castings.
Un docu  réservé aux professionnels qui se régalent de ce strip tease entre amis.  Moi j’ai pas aimé mais vous pouvez me donner des arguments pour me faire revoir ma copie.
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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Moi qui étais faite pour la comédie, j’ai quand même joué CINNA au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, mis en scène par Pierre Vielhescase.
Bon, c’était encore le rôle d’une confidente, les confidentes sont dans les tragédies ce que les soubrettes sont dans les comédies.
Je m’appelais Fulvie et j’essayais de faire entendre raison à cette exaltée d’ Emilie qui voulait à tout prix que CINNA tue AUGUSTE.
J’avais un texte d’une gravité  profonde, presque abyssale, et je me demande encore par quel miracle le public n’a pas explosé de rire à chacune de mes interventions. 
Par exemple, je devais dire à Emilie, avec une mine de circonstance :
« …. Mais encore une fois, souffrez que je vous die
« Qu’une si juste ardeur devrait être attiédie ;
« Auguste chaque jour, à force de bienfaits,
« Semble assez réparer les maux qu’il vous a faits ;
« Sa faveur envers vous paraît si déclarée
« Que vous êtes chez lui la plus considérée
« Et que des courtisans parfois les plus heureux
« Vous pressent à genoux de lui parler pour eux."
C’est un rôle pour une confidente sexagénaire !  Heureusement le rôle de Fulvie se borne à unescène parlée, le reste du temps elle se contente de suivre Emilie sans mot dire.  Si j’avais eu une scène avec Cinna ou Maxime, qui étaient joués respectivement par Gérard Ortega et  Alexandre Arcady, deux parfaits déconneurs, ça aurait tourné au fou rire chaque soir.
C’est drôle, je ne me souviens pas des autres : qui jouait Emilie ? Mystère. Auguste ? Mystère.  Si : Jacqueline Jefford jouait l’impératrice Livie.   Avec elle comme avec le duo Ortega-Arcady, j’ai passé des moments  fugaces mais assez loufoques,  hors théâtre.
 

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

….. à Philippe Bouvard qui répond à une question dans le Figaro Magazine : 
-  Quelle mode vous horripile en ce moment ?
-  Celle qui évoque en claquant des dents le réchauffement de la
  planète.

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Je me souviens d’avoir passé la main dans les cheveux de Jean-Pierre Aumont.
C’était pour un téléfilm qui s’appelait JOYEUX  CHAGRINS, tiré d ’une comédie de Noël Coward.
Il n’a pas apprécié du tout.
Il jouait mon vieux mari et le metteur en scène voulait que j’aie l’air amoureuse.
Evidemment, ses cheveux étaient clairsemés, et il les avait coiffés soigneusement de part et d’autre d’une raie sur le côté.
Il s’est levé du fauteuil où il était assis et m’a regardée, l’air furieux.
« Ne me touchez pas ! il a dit  à mi-voix, comme s’il voulait que la scène passe inaperçue du reste de l’équipe.
Le metteur en scène s’est approché de lui.
« C’est juste un jeu de scène…
« Oui, et bien trouvez autre chose.  Je ne veux pas qu’on touche à mes cheveux.
Pourtant, c’était bien les siens, j’aurais compris s’il s’était agi d’une moumoutte, mais là, il y en avait très peu, d’accord, mais…
J’ai perçu quelques rires étouffés.
« On reprend !  dit le metteur en scène.
Le grand, l’immense acteur qu’était Jean-Pierre AUMONT se rassit dans son fauteuil, l’air misérable.  Ses pommettes étaient rouges.
Je mis ma main sur son épaule.
Il tressaillit, mais enchaîna sur son texte.
On répéta la scène jusqu’au bout et la première prise fut la bonne. 
A peine entendit-il le mot « coupez ! » qu’il se leva comme un ressort et fila dans sa loge.
Je fus pleine de compassion pour lui, qui subissais son déclin sans résignation, avec la sale révolte qui amplifie le mal.

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MOI JE DIS BRAVO ....

Publié le par Miss Comédie



……à MICHEL FAGADAU  et à sa vision de l’ANNIVERSAIRE de Pinter.
Les Français ont du mal avec Pinter.  Ils ne savent pas très bien dans quelle catégorie le classer.  Ils croient que c’est un auteur comique.  Dès les premières répliques, j’entendais les rires fuser alors que c’était pas drôle du tout, comme pour montrer qu’ils avaient compris, eux, que c’était comique.
Par la suite ils se sont calmés et ont admis qu’il devait y avoir dans ce texte quelque chose de menaçant.  « Le théâtre de la menace », disait Pinter lui-même.
J’ai tout de suite adhéré au choix des acteurs.  Je ne vais pas en rajouter une louche sur Lorant Deutsch, qui est magnifique comme toujours, pour ne pas minimiser le talent des autres, Nicolas Vaude en particulier, ils sont parfaits.
Mais quand même, Lorant Deutsch, dans le rôle de Stanley !  Qui es-tu, Stanley ?  Je te croyais un sale gosse vainement rebelle, un peu perdu dans tes souvenirs mais… caches-tu quelques ombres louches dans ton passé ?  Ou bien es-tu seulement une victime ?  Un pantin dans les mains de deux malfrats ?  Rien n’est sûr, rien n’est dit, rien n’est clair et l’on s’enfonce dans la méprise de cette soirée d’anniversaire dingue.
Bravo pour cette mise en scène si alerte, à ces miroirs qui créent la confusion et accentuent le trouble, à ces petites notes de musique ironiques et grinçantes qui font monter la tension.
La pièce nous montre des apparences qui sont peut-être la réalité, avec des mots simples et drôles parfois, des mots qui ne veulent rien dire.  L’important c’est le ton.  Ce ton dénué de toute fioriture caractérielle, et qui flirte avec l’absurde.  C’est le ton Pinter.  C’est une musique un peu sophrologique pour le spectateur et qui l’entraîne vers le mystère.  Voilà.
(La photo qui montre Michel Fagadau donnant des indications à Lorant Deutsch  est de Pascal Victor).

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Publié le par Miss Comédie

Dans Le Fantôme de la Liberté de Bunuel, Jean Rochefort et moi
 faisions partie de la même histoire, celle de La petite fille  disparue,
avec Pascale Audret  et Agnès Capri.
Comme toujours, une fois maquillés, habillés, prêts à tourner,
on attendait.  
Nous étions tous les quatre, là, assis dans une loge étroite,
et personne ne venait.
Moi, je ne savais même pas ce que jallais devoir faire.
Je n’avais pas de brochure. Rochefort et Pascale Audret, si. 
Agnès Capri avait sorti son tricot et tricotait sans rien dire,
un sourire énigmatique aux lèvres.
Ca durait, ça durait.  Rochefort commençait à s’agiter.
Il ouvrait la porte de la loge, regardait à l’extérieur, revenait « personne, personne », murmurait-il.
A un moment il a éclaté « C’est insupportable à la fin !  Moi je vais quitter cet endroit, je vais partir ! Non ?  (il nous regarda l’une après l’autre, cherchant un encouragement, mais nous ne disions mot, un peu inquiètes)  On nous traite comme du bétail, ici !   Moi je suis mieux à la ferme, avec mes chevaux, je n’ai pas besoin de me faire traiter par-dessus la jambe par des … tout ça pour deux lignes de texte  ! »
Je traduis approximativement  son monologue, ce ne sont pas exactement ses mots, c’est loin tout ça mais enfin, il était de plus en plus remonté et c’est à ce moment-là que l’assistant est arrivé pour nous appeler sur le plateau.
Tout-à-coup, Rochefort s’est calmé.  Il a fait un sourire charmeur  à l’assistant qui l’avait appelé « monsieur Rochefort » et nous a précédées  impérial, comme attiré par la lumière et par la caméra.

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

ax jeunes écervelés de TARTUFFE qui se chamaillent à coeur joie avant de se réconcilier sous la bénédiction de Dorine.
La scène est un miracle de modernité et Molière le plus intemporel des psychologues.
C’est une scène très longue, haletante, faite de rebuffades et de ripostes  que je ne puis transcrire ici. Mais les dernières répliques sont, à n’en pas douter, des mots d’amour  :

« MARIANNE
Je ne vous réponds pas des volontés d’un père,
Mais je ne serai point à d’autres qu’à Valère.
VALERE
Que vous me comblez d’aise !  Et quoi que puisse oser…
DORINE, la suivante
Ah !  jamais les amants ne sont las de jaser… »

MOLIERE  -   Tartuffe  (Acte II  scène 4)

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Publié le par Miss Comédie

Je me souviens, toujours dans ARLEQUIN VALET DE DEUX MAITRES, d’Anne ALVARO jouant Béatrice en costume d’homme, pourpoint  et culotte de velours noir et chemise à jabot.
Elle était impériale.  Elle se battait à l’épée comme un gentilhomme et sa grâce faisait oublier les imperfections d’un visage habité par la fougue de son rôle.
Jean-Louis THAMIN lui avait fait donné comme maître d’armes un homme de théâtre qui lui était proche : Denis LLORCA.
Il venait de monter TETE D’OR à l’Odéon. C’était  l’un de nos plus beaux metteurs en scène.
Nous assistions tous aux répétitions des combats.  Les voir s’affronter du regard et de l’épée, seuls sur un plateau désert, nous remplissait d’envie et de trouble.
Leur fougue n’était pas que théâtrale.
Qu’est devenu Denis LLORCA ?  Sa dernière production remonte, je crois, à 1999, c’était LES MISERABLES avec Odja LLORCA.
Depuis, le silence.
Anne ALVARO,  même si elle se fait rare, a toujours sa place au premier rang de nos grandes actrices françaises. On vient de la voir à l’ODEON THEATRE DE L’EUROPE dans GERTRUD (Le Cri) d’HOWARD BARKER.
 
Voilà, je ne vous dis pas à demain puisque des
 engagements m’appellent à la capitale jusqu’à
 samedi….
Je vous retrouve donc lundi 16, toujours avec
 le même plaisir, pour parler théâtre !

Miss  Comédie

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MOI JE DIS BRAVO...

Publié le par Miss Comédie




…  au génie de RACINE qui nous plonge dans des abîmes
de sensualité déraisonnable…   Phèdre aime Hyppolite, et
sa façon de le lui dire nous donne le vertige.
La plus belle Phèdre au théâtre ?  Maria Casarès, face à
Michel Piccoli, mise en scène par Jean Vilar en 1957.

« Ah ! cruel !  Tu m’as trop entendue !
Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Et bien, connais donc Phèdre et toute sa fureur :
J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux je m’approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes… »   
( Jean RACINE -  PHEDRE    acte ii  scène 5)

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Je ne me souviens pas comment m’est venue l’idée de ce roman.
J’ai dû m’asseoir un jour, devant mon Mac, l’esprit vide, et j’ai tapé une phrase.
Souvent, tout vient d’une phrase.
Les personnages sont venus tout seuls, avec leur prénom et leur envie de vivre cette histoire.
Je ne me souviens pas comment ce tableau s’est introduit dans l’histoire.  Et s’il n’était pas, au fond, le point de départ.  Oui, ce tableau existe.  Il était dans le salon de ma grand-mère  jusqu’à ce que ma mère le vende avec d’autres objets pour se faire un peu d’argent.
Un jour je l’ai revu, accroché chez un brocanteur de l’Isle-sur-Sorgues.  J’ai eu un coup au coeur, j’ai demandé le prix.  Il était bien trop cher pour moi, je l’ai laissé.
Et maintenant, il est quelque part, où ?
L’histoire d’amour, elle, je ne me souviens pas comment elle m’est venue.  Qunad je la relis je me sens triste comme si je l’avais vécue. 

Alors à demain, tous les amoureux !

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

… à    ce coquin de  DON JUAN  qui  se lance dans  une déclaration qui a tous les accents de l’amour :
« Don Juan  à  Charlotte
…le ciel m’a conduit ici tout exprès pour empêcher ce mariage et
rendre justice à vos charmes..  car enfin, belle Charlotte, je vous aime de tout mon coeur et il ne tiendra qu’à vous que je vous arrache de ce misérable lieu et que je vous mette dans l’état où
  vous méritez d’être.  Cet amour est bien prompt, sans doute, mais quoi, c’est un effet, Charlotte, de votre grande beauté ;  et l’on vous aime autant en un quart d’heure qu’on feroit une autre en six mois. »
(Molière -  Don Juan)

Mais après tout, pourquoi ne serait-il pas sincère ?  Le nombre des
amours n’altère en rien l’intensité de la flamme, à chaque fois renouvelée.

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SOUVENIRS MILLESIMES

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Je me souviens d’avoir joué la soubrette SMERALDINE dans ARLEQUIN VALET DE DEUX MAÎTRES, monté par Jean-Louis THAMIN.
Comme la DORINE de TARTUFFE, celle-ci a un rôle important. C’est un dragon mais aussi une défenseuse des faibles, en l’occurrence des femmes.
Elle a une tirade, peuchère, ultra féministe.
Cette tirade elle m’a donné du mal. Parce qu’en plus d’être enflammée par son indignation contre les hommes, ça c’est facile, elle doit rester comique et provoquer une explosion de rires à la dernière phrase.
Et ben, impossible de les faire rire.  A croire que je les avais bouleversés avec ma diatribe mais la dernière phrase tombait dans le vide.
Voyez plutôt ce qu’elle dit :
« Vous parlez comme si vous étiez semblables à nous !  Oui et je dirai comme le proverbe :  c’est nous autres qui gaulons les noix et  vous autres qui les mangez.  Les femmes ont la réputation d’être infidèles mais les infidélités ce sont les hommes qui les commettent tant qu’ils peuvent.  On parle toujours des femmes, mais des hommes on ne dit rien.  Nous autres, on nous critique, mais vous autres on vous passe tout.  Vous savez pourquoi ?   Parce que les lois, ce sont les hommes qui les ont faites. (…)
Si c’était moi qui commandais, j’ordonnerais que tous les hommes infidèles se promènent une branche d’arbre à la main et je suis sûre que, du coup, toutes les villes se transformeraient en forêt ! »

Voilà.  C’est drôle comme final, non ?  Et ben figurez-vous que pour provoquer le rire, il s’agit seulement d’une inflexion de voix.
ANNE ALVARO, qui jouait BEATRICE m’a donné le tuyau alors que je me lamentais : « tu finis en bas.  Essaie de finir en haut», elle me dit.
J’ai vaguement compris ce qu’elle voulait dire et le lendemain j’ai fini ma phrase, contrairement à toute logique, en montant  d’une note, comme si d’autres mots allaient suivre.  Ca a marché.  C’est tout.





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MOI JE DIS BRAVO....

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… à la déclaration de CHIMENE, qui emploie pudiquement des mots détournés, mais  RODRIGUE ne s’y trompe pas, et leur détresse est
commune.   Comment, elle ne le hait point ?  Lui, l’assassin de son père, elle ne le hait point ?  Peut-on être plus clair : si elle ne le hait point c’est qu’elle l’aime, évidemment.

CHIMENE               
Va, je ne te hais point.
DON RODRIGUE
Tu le dois !
CHIMENE
Je ne puis…
(CORNEILLE -  Le Cid)

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LES GUICHETS DU LOUVRE  (suite)

Ma scène se passait dans le métro à la station St François d’Assise.  Je jouais une juive sortant de la rame et voyant une des sorties du quai bloquée par une patrouille de la Gestapo occupée à des contrôles d’identité. 
Affolée, je devais me mettre  à courir comme une dératée vers l’autre sortie où, hélas, m’attendaient un autre groupe de la police allemande.
Mitrani m’avait dit « Ils vont t’arrêter. Il faut que tu sauves ta peau. Tu te mets à courir le plus vite que tu peux, courir, courir ! Tu vois ? »  Il était menaçant.
Bien sûr, je voyais. Je tremblais de peur. Au signal je me suis mise à courir, courir, vite, très vite, le plus vite que je pouvais.
« Coupez ! »   Mitrani était sur moi.  « Mais tu n’as pas compris ?  Ils vont t’arrêter ! C’est comme ça que tu cours, quand tu risques ta vie ? »
J’ai recommencé. Plusieurs fois.  De plus en plus vite. Mais ce n’était jamais assez vite. Hors d’haleine, j’essuyais la colère de Mitrani, le doux, l’affable.  Il avait pris le masque d’Ivan le Terrible et me hurlait dessus.
Terrorisée, j’ai mis le turbo et à la septième prise c’était bon pour lui.  Je m’écroulai sur les dalles et la Gestapo vint me secourir pendant qu’on changeait de décor.
J’ai vu les rushes et c’est vrai, je donnais bien l’impression de vouloir sauver ma peau.
Ils ont toujours raison d’être durs, les réalisateurs.

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MOI JE DIS BRAVO....

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    ...  et BIENVENUE A ST.VALENTIN, qui met un peu de douceur dans ce mois chagrin.

Je lui dédie les plus belles déclarations d’amour du répertoire. 
Et pour commencer, la plus belle de toutes :
Juliette
S’ils te voient ils te tueront…
ROMEO
Hélas, il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt
de leurs  épées…

Nos jeunes gens ont le langage plus fleuri mais c'est toujours d'amour qu'il s'agit !

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LES  GUICHETS  DU  LOUVRE
de Michel MITRANI
C’est un film magnifique et terrible.  Il raconte la grande rafle du Vélodrome d’hiver à Paris, où le quart des juifs français arrêtés ce jour-là furent exécutés à Auschwitz.
Une fois arrêtés on les faisait monter dans des autobus direction  le Vélodrome d’hiver et de là…
Du quartier St-Paul où la rafle était intense, il fallait essayer de franchir les guichets du Louvre et de âsser rive gauche. C’est ce que Jeanne,  la jeune fille juive  refusera de faire, pour ne pas laisser sa famille derrière elle.
 
Ca se passait le 16 juillet 1942 et il y a là-dedans, au-delà du fait divers, une histoire d’amour qui finit mal. Christian RIST et Christine PASCAL qui jouent les deux amoureux séparés par la fatalité, sont fascinants.
Je me souviens de la musique de Mort Shuman et de la beauté des images, vibrantes et bleues dans le Paris de juillet, lumière zébrée par les ombres lentes des autobus chargés de leurs victimes.
Je préfère vous raconter demain l’épisode assez comique de ma scène dans ce film dramatique.

J'espère que votre journée sera bonne et je vous retrouve demain, donc.
Miss Comédie.

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MOI JE DIS BRAVO...

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…. et merci à tous ceux et celles qui ont eu la curiosité de cliquer sur
MANUSCRIT.com  pour lire un extrait de mon roman « Sa Lente Traversée du mois d’Août »,  et  ensuite, de le commander…
La couverture est très belle, toute blanche et brillante, le contenu est une histoire comme celle des Feuilles Mortes,  celle d’un amour perdu dans un enchevêtrement de hasards.
Fin de ma petite promo perso,  mais ça me rappelle un souvenir…

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Lorsque j’étais comédienne et que je traversais de longues périodes de chômage, j’arrondissais mes fins de mois en co-écrivant des scénarios.
Je me souviens d’avoir aidé Michel MITRANI à mettre en forme ses « GUICHETS DU LOUVRE » et ensuite, à le taper.
J’allais tous les matins rue Mazarine et il me lisait les scènes qu’il avait écrites la veille, nous en parlions ensemble et quand il les jugeait abouties, je les tapais à la machine.
C’était un homme courtois et discret, on le croisait souvent à St-Germain-des-Prés dans son loden bleu marine, il hantait la librairie La Hune et rencontrait ses amis au fond de la salle des Deux Magots.
Pour me remercier de mon aide pourtant très minimaliste, en plus de ma rétribution il m’offrit les quatre ouvrages de Julien GRACQ publiés chez José Corti, parce que je lui avais dit que j’adorais cet auteur.
Surtout, il me proposa un petit rôle dans son film et là, après avoir connu l’homme affable et docile de l’écriture, je découvris le metteur en scène rigoureux et sûr de lui, exigeant jusqu’au cynisme sur un plateau.
Je raconterai plus tard la scène difficile que j’avais à tourner dans ce film magnifique :
LES GUICHETS DU LOUVRE.

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… à Jérôme GARCIN,  dont j’avais adoré le « THEÂTRE INTIME », et qui nous emmène dans l’intimité de quelques écrivains dont, en dehors de leurs œuvres, nous ne savions rien.
« LES LIVRES ONT UN VISAGE » bien  sûr, mais certains visages d’écrivains ne se livrent pas si facilement au grand public.
Jérôme GARCIN a  profité de ses relations privilégiées avec certains d’entre eux pour aller les retrouver au fond de leur retraite et nous dévoiler quelques bribes de leur vie intime.
Ce sont pour la plupart des gens qui fuient le monde et les medias.

J’apprend donc que le grand Julien Gracq dont les livres ont hanté ma jeunesse par leurs mystères, avait la vieillesse incrédule « Jamais je n’ai pensé que je deviendrais nonagénaire, j’ai tant fumé dans ma jeunesse… » et peu de foi dans l’avenir de la littérature.
Jérôme GARCIN  le décrit si bien dans sa robe de chambre à carreaux, avec toujours son air moqueur et son verbe sarcastique mais déjà atteint par la résignation de l’âge.  Il disparut peu de temps après leur dernière rencontre.
  La sensibilité et le don d’écoute de l’auteur  se lisent entre les lignes, comme aussi, dans le portrait  de Le Clézio, qui est l’écrivain le plus éloigné de notre paysage culturel people, le plus désincarné aussi. Jérôme Garcin fait tomber le masque, dévoile la fêlure.  Le Clézio n’est donc pas fait de la pierre des dolmens, il aime écrire face à la mer qu’il qualifie d" »immense terrain vague ».  Je n’irai pas jusqu’à penser qu’il a voulu le jeu de mots.
Il y en a 27  comme ça, certains inconnus de moi, d’autres dont j’ai aimé saisir la face cachée.
J’adore la façon tendre et fine dont Jérôme Garcin  dépeint ses pairs.






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Un jour j’ai joué un tout petit rôle dans une pièce, j’avais une phrase à dire mais pour moi c’était inouï !
C’était la première fois que je montais sur scène dans un grand théâtre,  avec une belle distribution et un grand metteur en scène.
Bref, j’étais hyper fière et j’ai convoqué le ban et l’arrière-ban de mes amis et de ma famille pour venir M’applaudir…
Le soir de la générale il y avait mes trois meilleures copines dans la salle et après le spectacle nous sommes allées ensemble boire un verre.  Dans le taxi,  n’y tenant plus, je me suis adressée à  celle dont l’avis me tenait le plus à coeur. « Alors, tu m’as trouvée comment ? ».
Elle m’a répondu simplement « Je ne t’ai pas vue. »
En effet.  Ca a jeté un froid mais j’ai compris la leçon.  Je l’ai maintes fois remarqué par la suite : les plus grands acteurs sont souvent  les plus humbles.
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MOI JE DIS BRAVO.....

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… à tous ceux qui ont utilisé la musique pour rendre les gens heureux.
Je précise : heureux, et non pas nostalgiques, rêveurs, tristes ou mélancoliques.  Car la musique peut rendre tout cela aussi, tout en restant un moyen d’extase.
Je dis bravo à ceux qui diffusent  la joie de vivre.
Il y a Bach, le premier, l’unique.  Il y a Bing Crosby et son « Singing in the rain » qui soudain vous donne des ailes.
Il y a Louis Armstrong et « What a wonderful world »… on sourit aux anges quand il chante ça, on est d’accord avec lui, mais ça ne dure pas, bien sûr.
Il y a Luis Mariano et son Fandango, son Mexico, sa Belle de Cadix.
Il y a Charles TRENET, évidemment, quel slogan publicitaire a jamais égalé son « Boum ! » ou son  « Y a d’la joie »   ? 
Bien sûr on aime aussi « Ne me quitte pas », « Il n’y a pas d’amour heureux » ou « My solitude » ou les Requiem, ou les Elégies de Fauré ou « La jeune fille et la mort », bien sûr tout ça est sublime.
Mais ça rend triste, si triste, ça nous rappelle nos petites misères et c’est pas bon.
Les musiques du bonheur nous font dire « quand même, je suis mieux dans ma peau que dans celle d’un animal transi, fuyant les prédateurs ou mené à l’abattoir. »

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MOI JE DIS BRAVO....

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  ET  BIS !   à LULU  SUR  LA COLLINE

Si l’on veut bien s’en donner la peine, il y a en province des spectacles réjouissants à voir, sans aller forcément aux Célestins applaudir les créations parisiennes.
Jeudi  soir, j’ai vu quatre phénomènes réunis dans une pièce jubilatoire écrite par l’un d’eux, « C’EST QUAND QU’ON M’AIME ».
LULU SUR LA COLLINE c’est le nom de la Compagnie et aussi celui du théâtre. Tout neuf tout beau, entièrement décoré par les comédiens-propriétaires.   C’est rouge vif, gris acier, poutrelles noires, le bar est ouvert dès 19h30 et on peut s’asseoir pour boire un verre avant le spectacle et même après, les comédiens sont crevés mais ils aiment recueillir les impressions à chaud.
La pièce est enlevée, absolument rocambolesque et les deux couples
qui ne sont pas en ménage,  s’entremêlent joyeusement tout en se balançant leurs vérités premières.  Chacun des quatre est une vraie nature et s’empare de son personnage sans  crise de conscience. C’est très physique, ça paraît complètement déjanté et pourtant c’est réglé au millimètre.
Il y a une guitare, une chanson d’amour, des répliques qui tuent et un public qui marche à fond.  Quelle ambiance !  Lyionnais, achetez Lyon-Poche pour connaître l’adresse et les dates et foncez-y  !







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UNE DRAMATIQUE A L’ORTF.


Au début des seventies, à l’ORTF il y avait les dramatiques.
C’était une pièce de thâtre spécialement adaptée pour le petit écran et qui se jouait en direct, sans interruption. Le réalisateur disait « moteur » et les caméras filmaient sans arrêt jusqu’à la fin. Ca durait une heure et demie, deux heures…
Autant dire qu’il valait mieux savoir son texte au rasoir. C’était un exercice périlleux… autant que le plongeon, si vous vous souvenez.
.
Je me suis donc  retrouvée dans une salle de répétition de l’ORTF, rue des Alouettes, pour la lecture de « UN BOUTON DE ROSE », d’Emile Zola.
Le metteur en scène était François Gir (que faites-vous en ce moment, François ? )
Dans la distribution il y avait Pierre ARDITI, Yori BERTIN, qui vivait alors avec Jean LEFEBVRE, une fille très belle dont GIR était amoureux, mais il l’était aussi de ma pomme, il aimait toutes les femmes en fait.
C’était une pièce en costumes au texte précieux, et bavard, impossible à retenir. Une histoire  d’adultère forcé,  un dénouement téléphoné, du vieux théâtre, quoi. J’étais la soubrette Françoise, bien sûr, très joli costume, texte hyper nunuche et minauderies de rigueur, dans un décor d’une richesse inouïe.
Qui avait bien pu choisir LE BOUTON DE ROSE pour être diffusé en prime time sur la Une ?
Six jours de répétition, pas un de plus.
Le jour de l’enregistrement, tout le monde était sur les dents, nerveux à mort. François GIR était systématiquement opposé à toutes les indications du réalisateur  Claude Barma ou Claude Santelli ? je ne sais plus.
Mais au signal tout s’est mis en route et la pièce s’est déroulée sur un nuage sans  trou de mémoire ni savonnage.
Les dramatiques ont disparu du PAF.  Comme, du reste, le théâtre en général.
Dommage.  C’était pour les téléspectateurs, un peu comme regarder un numéro de haute voltige.  A tout moment, il pouvait y avoir la panne, le pied pris dans le tapis, la chaise qui tombe, le micro dans le champ… C’était rigolo et angoissant.
Mais au fond, c’était aller contre la nature même du théâtre, qui est éphémère envers et contre tout.

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… à LULU  SUR  LA COLLINE

Si l’on veut bien s’en donner la peine, il y a en province des spectacles réjouissants à voir, sans aller forcément aux Célestins applaudir les créations parisiennes.
Jeudi  soir, j’ai vu quatre phénomènes réunis dans une pièce jubilatoire écrite par l’un d’eux, « C’EST QUAND QU’ON M’AIME ».
LULU SUR LA COLLINE c’est le nom de la Compagnie et aussi celui du théâtre. Tout neuf tout beau, entièrement décoré par les comédiens-propriétaires.   C’est rouge vif, gris acier, poutrelles noires, le bar est ouvert dès 19h30 et on peut s’asseoir pour boire un verre avant le spectacle et même après, les comédiens sont crevés mais ils aiment recueillir les impressions à chaud.
La pièce est enlevée, absolument rocambolesque et les deux couples (célibataires)  s’entremêlent joyeusement tout en se balançant leurs vérités premières.  Chacun des quatre est une vraie nature et s’empare de son personnage sans  crise de conscience. C’est très physique, ça paraît complètement déjanté et pourtant c’est réglé au millimètre.
Il y a une guitare, une chanson d’amour, des répliques qui tuent et un public qui marche à fond.  Quelle ambiance !  Lyionnais, achetez Lyon-Poche pour connaître l’adresse et les dates et foncez-y  !


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LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI

Troisième spot : LA PISCINE   (suite)

Tati rétabli mais très faible donna le signal pour la première victime, qui heureusement pour elle, n’avait droit qu’à une seule prise.
Le plongeoir cassa, elle tomba à l’eau en hurlant et coula à pic. On mit un temps fou à la repêcher.
Après ça il fallait aller vite, on avait perdu assez de temps.
Avec mes rudiments, je montai sur le troisième plongeoir, mes jambes tremblaient.
Je les voyais en bas, figés comme au cirque devant le trapéziste qui tente le saut de la mort.
J’ai fait six sauts, six plats. Chaque fois, le maître-nageur venait me repêcher et me remettre sur la terre ferme. Je repartais, résignée à mourir.
   
Au septième saut, j’implorai le ciel en joignant les mains au bout de mes bras tendus et j’entendis la voix du maître-nageur qui criait quelquechose.  Je voyais Christine Caron, j’étais Christine Carlon.  Je devins Christine Caron l’espace d’un saut dans le vide, et je fis le plongeon de ma vie. Non, sérieux, je me suis vue à l’image, impossible d’avoir fait ça sans une intervention divine.
J’eus droit à une ovation de l’équipe comme au cirque.
Mais ils avaient trois  épaves sur les bras.
Tati, la grosse et moi ne tenions plus sur nos jambes, il fallut nous évacuer d’urgence.
Le plus beau dans ce genre de tournage, c’est que lorsque vous voyez le film, vous avez une impression de détente, cool la fille qui fait craquer le plongeoir, qu’est-ce qu’ils ont dû rigoler ! Et l’autre, chapeau, c’est une nageuse professionnelle ?
Non, c’est Gervais Taille Fine, pardi.

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LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI (suite)

Troisième spot :  la piscine.

Rendez-vous à la piscine de Clichy à 8h.
L’équipe est déjà là, les projo en place, Tati  complote avec son chef opérateur. Il fait un froid glacial.  Nicolas me désigne une cabine.  Un peu inquiète, je me mets en maillot une pièce noir, comme on me l’avait demandé.
Pourvu qu’on ne me fasse pas plonger. Je sais à peine nager alors plonger… Mais on ne m’a rien dit…  La grosse est assise au bord du bassin, en maillot froncé bleu ciel. Elle ne se ddoute pas de ce qui l’attend.
J’abrège :  en gros c’était la mort pour nous deux. Elle, devait s’avancer sur un plongeoir truqué qui se cassait en deux sous son poids.
Moi, il fallait que je plonge du plongeoir olympique, dix mètres.  Un plongeon impeccable,  hein ?  Quand Nicolas vint m’annoncer la chose je l’implorai : pas ça,  je n’ai jamais plongé de ma vie, je ne sais pas plonger.
Horrifié, Nicolas murmura seulement « C’est la cata. » Et il partit en courant.  Je le vis de loin face à Tati et je vis soudain, après une minute d’immobilité totale, l’homme tourner sur lui-même, hurler un début de phrase, s’étrangler et s’écrouler sur le sol.
Bon dieu, je me dis, c’est grave.
Nicolas revenait vers moi.
« Il faut que tu apprennes, me dit-il. On te donne une heure avec le maître-nageur. 
Pendant ce temps on fera une piqure à Tati.
- Qu’est-ce qu’il a ?
-  Une crise de coliques néphretiques.  C’est la cata. »
La suite est digne d’un film d’épouvante.

(Ce sera pour demain…
)

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à  Patrice LECONTE pour son film « LA GUERRE DES MISS ».
On attend les films de Patrice Leconte comme on attend les livres de MODIANO.  Toujours les mêmes et toujours différents, ils nous donnent  toujours ce qu’on attend. 
Pour « La Guerre des Miss », heureusement qu’il y a longtemps que je ne lis plus les critiques des films français, sachant que ce sont la plupart du temps des règlements de compte.
Le film de Leconte a été ratissé d’office, enlevant aux gens l’envie même de se faire une idée.
Ils ont eu tort.  LA GUERRE DES  MISS est un joyeux poème au monde rural.  Avec son élégance habituelle, Patrice LECONTE nous emmène dans un monde ringard, sur un thème hautement ringard, l’élection d’une Miss, habité par des personnages férocement ringards,  et cela donne un film surréaliste, poétique, rigolo, échevelé et pas le moins du monde ringard.
Pourquoi ?  Parce que Patrice LECONTE montre la ringardise comme une facette sympathique du genre humain, il ne la méprise pas, il l’ennoblit, il en fait un des derniers vestiges du naturel.   Voir « LES BRONZES »,  voir « LES GRANDS DUCS », ils nous font rire, mais on ne les plaint pas, ils sont comme nous finalement. 
Benoit Poelvoorde  est génial, au milieu de ces filles belles comme des fleurs des champs, pas chochottes, hypernature, filmées avec frénésie.  On attend la fin pour le suspense incroyable de ce combat
insensé, comme celui d’Aubry contre Royal… pourquoi l’une plutôt que l’autre ?  Ici,  entre la blonde travelo contre la brune rockeuse gothique, il n’y aura  une finale anthologique …
  Ce film est un vrai bonheur, on en fait plus des comme ça : l’art est en voie de disparition.  Il faut le voir vite.


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LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI (suite)

Deuxième spot Gervais Taille Fine :  les vélos.



Rendez-vous à 8h du matin dans un bled perdu en banlieue parisienne.  La production arrive avec le camion contenant les vélos et nous voilà partis à la recherche d’un certain chemin repéré par Tati, idéal pour son plan.
 L’assistant, Nicolas Ribowski, le retrouve illico et on déballe le matériel.
Il avait plu, le décor était sinistre, arbres rabougris,  flaques d’eau, ciel bas et gris.
Après les études préliminaires de la lumière, de l’angle de prise de vue, des costumes, des vélos, s’ensuit un conciliabule interminable avec l’équipe pendant lequel la grosse et moi nous nous caillions les miches au bord du chemin.  Nous comprenons que la grosse n’a droit qu’à une seule prise, son vélo étant fabriqué spécialement pour s’écrouler sous elle au premier tour de pédale.  C’est ce que lui explique Nicolas avec précaution, Tati étant visiblement très tendu. 
Effrayée mais docile, la voilà qui enfourche le vélo et… le spectacle fut atroce, la pauvre fille étalée au milieu de la flaque, son vélo autour d’elle. Un sadique, Tati.
Satisfait de la prise, il presse le mouvement « on enchaîne ! ».
On me tend mon vélo, je monte dessus en rongeant mon frein si je puis dire, écoeurée de ce que j’avais vu.
Je suis partie au galop, on a dû me crier de m’arrêter au porte-voix.  Tati était furieux, il fallut faire une deuxième prise plus calme mais toujours légère et gracieuse, même au milieu de la flaque qui devait m’éclabousser, c’était dans le script.
On remballe, même pas au revoir, le deuxième spot Gervais Taille Fine était dans la boîte.  Le troisième allait faire mal.




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MOI JE DIS BRAVO...

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… à  Patrice LECONTE pour son film « LA GUERRE DES MISS ».
On attend les films de Patrice Leconte comme on attend les livres de MODIANO.  Toujours les mêmes et toujours différents, ils nous donnent  toujours ce qu’on attend. 
Pour « La Guerre des Miss », heureusement qu’il y a longtemps que je ne lis plus les critiques des films français, sachant que ce sont la plupart du temps des règlements de compte.
Le film de Leconte a été ratissé d’office, enlevant aux gens l’envie même de se faire une idée.
Ils ont eu tort.  LA GUERRE DES  MISS est un joyeux poème au monde rural.  Avec son élégance habituelle, Patrice LECONTE nous emmène dans un monde ringard, sur un thème hautement ringard, l’élection d’une Miss, habité par des personnages férocement ringards,  et cela donne un film surréaliste, poétique, rigolo, échevelé et pas le moins du monde ringard.
Pourquoi ?  Parce que Patrice LECONTE montre la ringardise comme une facette sympathique du genre humain, il ne la méprise pas, il l’ennoblit, il en fait un des derniers vestiges du naturel.   Voir « LES BRONZES »,  voir « LES GRANDS DUCS », ils nous font rire, mais on ne les plaint pas, ils sont comme nous finalement. 
Benoit Poelvoorde  est génial, au milieu de ces filles belles comme des fleurs des champs, pas chochottes, hypernature, filmées avec frénésie.  On attend la fin pour le suspense incroyable de ce combat
insensé, comme celui d’Aubry contre Royal… pourquoi l’une plutôt que l’autre ?  Ici,  entre la blonde travelo contre la brune rockeuse gothique, il n’y aura  une finale anthologique …
  Ce film est un vrai bonheur, on en fait plus des comme ça : l’art est en voie de disparition.  Il faut le voir vite.








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LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI
Premier spot :  l’ascenseur.
Ca, ce n’est pas du théâtre mais c’est de la comédie. Quel souvenir !
J’avais été à un casting pour un spot télé filmé par Jacques Tati pour Gervais Taille Fine.  On cherchait une fille maigre.
.  J’étais maigre et c’est pour ça que mon agent m’avait envoyée à ce casting.
On m’avait demandé si je savais faire du vélo, courir,  nager, plonger, faire du cheval et j’avais dit oui à tout.
Je ne me faisais aucune illusion, nous étions cent à passer avec notre book sous le bras devant les responsables du story-board.
Or, j’ai été prise.  Tati avait, paraît-il, flashé sur ma silhouette de brindille.
La joie immense que j’ai éprouvée le premier jour du premier spot allait bientôt se transformer en abomination.
Premier spot : l’ascenseur.  Je devais arriver devant un ascenseur plein à craquer, tout de suite après une très grosse fille qui peinait  pour y pénétrer, les portes refusaient de se fermer.  Moi je me faufilais à l’aise, sourire Colgate, silhouette Gervais Taille Fine.
La scène fut tournée dix fois.  Tati était un perfectionniste.  Les figurants qui occupaient l’ascenseur suffoquaient.  Ils furent autorisés à sortir pour une courte pause et là, l’un d’eux finaud, lance à Tati en passant : « c’est l’enfer là-dedans ! » avec un grand rire de beauf.
Tati le bloque avec son pied. « Vous avez dit ? » et sans attendre la réponse il  hèle son assistant : « Donnez-lui son cachet et qu’il aille prendre l’air ailleurs ».
C’était ça, aussi, Tati.  Demain, le deuxième spot : les vélos.

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...  À CLAUDIA  STAVISKY et PATRICK  PENOT  qui offrent à leurs abonnés et spectateurs en guise de programme un petit livre d'art.  Pour cette saison ils ont choisi pour l'illustrer CHLOE POIZAT, peintre de talent qui donne à chaque spectacle sa vision d'un monde imaginaire dans des pages saisissantes de beauté  qu'on a envie de détacher pour les encadrer...
Le THÉÂTRE DES CELESTINS est un théâtre magnifique, récemment restauré, qui méritait bien un outil de cette qualité.
Ce petit bouquin est une incitation pernicieuse à un abonnement total et sans restriction !

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Un autre souvenir de Festival : celui d’Avignon.
Beaucoup moins drôle que Carpentras.   D’abord parce qu’on était une petite troupe de débutants, à l’époque, et qu’on avait pas d’argent.  On s’était cotisés pour la location de la salle et pour le reste on s’était débrouillés avec les moyens du bord, chacun avait confectionné son costume, et les décors étaient l’œuvre commune.
Nous logions à l’extérieur d’Avignon, dans un appartement vide prêté par un copain. Nous étions cinq, venus de Paris dans l’Ami 6 de Michel tapissée des affiches du spectacle.
Nous jouions « Le Sofa » de Crébillon Fils, une petite farce coquine en costumes d’époque (mais de quelle époque ? On n’aurait pu dire…)  et nous étions mis en scène par Robert Sireyjol qui avait bien voulu nous donner un peu de son temps
 Pendant les deux semaines du Festival chaque journée se passait à arpenter les rues d’Avignon en arborant des banderoles pour faire de la retape.
Il fallait aussi coller des affiches partout, et après le spectacle contrôler si elles n’avaient pas été recouvertes.  Dans ce cas, on en collait d’autres et on en profitait  pour recouvrir celles des copains.
C’était crevant. 
L’humeur s’en ressentit très vite.  Ca grinçait dans le dortoir où l’on réglait nos comptes, histoire de se défouler un peu, chacun s’endormant dans son coin en rongeant son frein.
On aurait pu croire que nous serions brouillés à vie, après cette expérience.  Et bien pas du tout, trenteans après nous sommes toujours en affection.   Ceux-ci sont restés dans mon coeur alors que bien d’autres partenaires  ne sont que des souvenirs brumeux.
Avignon en période festival est une ville-poubelle, je ne vous apprend rien, tout le monde le sait.
Et pourtant chaque année c’est la ruée.  Le Festival Off a volé la vedette au In, on peut encore y faire des découvertes et s’amuser un peu.
A l’époque on ne recensait que quelques centaine   de spectacles Off alors qu’aujourd’hui  on arrive au chiffre ahurissant de mille …
Dans des années-là  les festivaliers pouvaient  entrer, au son des trompettes qui leur donnait le frisson, dans la cour d’honneur du Palais des Papes  pour assister à quelques spectacles magiques où soufflait l'esprit de Jean VILAR.










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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

à  Olivier Belamy, pour son émission L’invité classique   sur Radio Classique.
Depuis qu’elle existe j’ai déjà entendu quelques morceaux de bravoure, il reçoit des gens d’horizons très différents, ils aiment tous la musique classique mais certains n’y connaissent rien, simplement ils aiment,(ça existe aussi pour la peinture)
Les invités font leur programme. Alors on entend leurs morceaux préférés et ça vous renseigne drôlement sur leur moi profond. En plus, ils parlent, et Olivier Belamy, je ne sais pas comment il fait, mais on dirait qu’il les rend intelligents.  En tout cas il les rend sincères. Ils donnent des réflexions qui sortent du fond d’eux-mêmes, ils ne pensent pas à l’impression qu’ils donnent, ça n’est pas du tout du de l’esbrouffe, ils parlent vrai.
En face, si je puis dire, je n’ai pas été les voir en studio, il y a Olivier Belamy qui écoute.  Et jamais je n’ai entendu quelqu’un écouter si bien.  Parfois il fait « hmm » sur un ton pénétré, on sent qu’il est ému.   S’il y a un silence, il est lourd comme un sac de pièces d’or. Et si l’invité a une absence, il pose la question qui relance.
J’aidore sa voix.  C’est peut-être à cause de sa voix que je le préfère à François CASTANG qui présente le même type d’émission sur France Musique.   Il est super aussi, François CASTANG, aussi habile pour faire parler ses invités, aussi cultivé, mais moi j’ai un petit faible pour Olivier BELAMY.  Un nom pareil, avouez…



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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Un souvenir rigolo, celui du Festival de Carpentras où j’ai joué une fée dans LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE, mis en scène par Michel de Ré.

Dans la distribution il y avait sa femme, Martine SARCEY, et Greg GERMAIN et la jeune Diane KURYS qui jouait  Ariel.  Les autres, je ne m’en souviens pas.
On répétait l’après-midi par 40° en plein soleil. Il y a eu des malaises parmi les comédiens, dont Martine qui tomba de tout son long en plein milieu d’une tirade, on a cru qu’elle improvisait un jeu de scène.
La pièce a eu un grand succès, et pourtant question décors, c’était plutôt fait avec des bouts de ficelle…
mais nous avions joué  à l’arraché, dopés par le mistral, l’odeur de pastis et cette impression de liberté que l’on a lorsqu’on quitte ses repères.
Michel de Ré avait fait des coupes sombres dans les tunnels car comme toutes les pièces de Shakespeare, elle aurait  trois heures.
Dans le groupe des fées, il y avait une bonne entente. Moi j’étais  Graine de Moutarde, j’avais quelques répliques piquantes et je tricotais une écharpe.
Après le spectacle c’était cool, les gens restaient encore à boire des coups aux terrasses, on se mêlait à eux et ça durait jusqu’à ce que la lune devienne toute petite et très haut dans le ciel.
 J’ai eu une petite aventure avec un anglais, mais nous les saltimbanques on n’est jamais pris au pièce du « on se revoit quand ?», car on est juste des illusions de personnes, pas des vrais êtres humains. 
Nous avons fait ce songe-là durant trois soirs mais je n’ai pas rêvé, j’ai encore les photos.













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MOI JE DIS BRAVO...

Publié le par Miss Comédie

....à Jean Echenoz, qui nous emmène dans une poursuite effrénée après Zatopek.
Vous dites « oh, Zatopek, d’accord, le coureur le plus rapide du monde, d’accord.  Mais est-ce que ça fait un roman ? »
Et ben oui, ça fait un roman, et  une fois qu’on l’a commencé, on ne le lâche plus.  Moi, le sport… et surtout la course à pieds, merci.
Je l’ai commencé parce que c’était Echenoz et que son Ravel j’avais adoré. 
Mais là, la performance est un record, si je puis dire.
Et attendez, il ne nous raconte pas la vie amoureuse de Zatopek !
Non, ce sont ses courses, son entraînement progressif, ses records, ses embûches, son pays asservi, sa douleur de courir, des choses infiniment rébarbatives, en temps normal.  Et bien… c’est aussi haletant, si je puis dire, qu’Autant en Emporte le Vent.
Alors ? 
Echenoz a le don du style.  On le lit comme on lit Gala, mais sa langue est inventive, sa grammaire impeccable, on a envie de lire le mot suivant, la phrase suivante, parce qu’à un moment, après une longue période classique, il vous balance un mot incongru comme il vous donnerait une tape dans le dos.
Il est élégant, Echenoz.  Il écrit sans effort, semble-t-il, et pas pour la galerie.
Sans avoir l’air d’y toucher, il vous renseigne très précisément sur les dessous de l’entraînement à la course, sur l’ambiance qui règnait à Prague ces années-là.
On a calculé que Zatopek, si on fait l’addition, a fait trois fois le tour de la terre en courant. Ca, Echenoz nous le confie sur le ton de la confidence, comme s’il signalait que Zatopek avait un grain de beauté sur la fesse gauche.
On finit par le connaître très bien, ce bonhomme.  On commence par le plaindre, car il n’est vraiment pas gâté par la vie ni par la nature, et puis on se met à l’admirer, et puis à l’aimer.  Jusqu’à ses grimaces horribles qu’il n’essaie même pas de déguiser en sourire, tant il souffre.  Zatopek aimait souffrir, c’est ce qu’on lit dans ce livre.  Moi, j ‘aime Echenoz.



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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

Fernandel en tournée  (suite et fin)

GENEVE,   fin d'une merveilleuse aventure.

La tournée se termine à Genève. Trois soirs où le spectacle s’est déroulé sur un nuage.
Ce soir c’est la dernière.  Je suis là, en coulisses, attendant d’entrer en scène pour mon morceau de bravoure.
J’entendais les rires dans la salle, Fernandel est en grande forme.  Il fallait me concentrer.  Dans la scène suivante Eva de Berg allait révéler sa véritable nature et menacer tout le monde avec un revolver. Dans le genre casse-gueule, on fait pas mieux. 
  Une tirade grand-guignolesque où je devais passer aux aveux en sanglotant, devant les gens du cirque pétrifiés. Une scène terrible, un pari fou pour la comédienne.  Basculer ainsi du rire aux larmes et rester crédible, pathétique même, c’est plus difficile que de jouer Macbeth.
Robert Thomas ne l’avait probablement pas fait exprès, mais cette scène était un excellent exercice pour me préserver de l’automatisme.  Elle m’obligeait à chercher chaque soir au fond de moi la déroute, la panique et les larmes.  En même temps, il fallait rester dans les limites de ce que réclame la comédie. Pas de grandiloquence, pas de démonstrations incontrôlées,
attention, tout ça  finira  bien, il ne faut pas assombrir la bonne humeur du public, non tout ce qu’on vous demande c’est d’être crédible dans un moment charnière où l’action rebondit - seulement crédible.
Au moment d’entrer en scène, une phrase d’Antonin Artaud me traverse l’esprit  : “quand je vis, je ne me sens pas vivre.  Mais quand je joue, c’est là que je me sens exister.” 
Je fis les quelques pas qui me séparaient de l’ombre et de la lumière.  Le trac me quitta à cette minute, comme chaque soir.
Dernière ovation, et le lendemain matin le car reprend la route de Paris. Ses occupants pensifs, repliés contre la vitre, revivent chaque instant de ce périple comme on revit un rêve impossible.  Un an plus tard, Fernandel quittait la scène pour toujours. Son sourire généreux et son accent ensoleillé resteront longtemps dans les mémoires.










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MES IMPRESSIONS DE THEÂTRE

Publié le par Miss Comédie

A l’Odéon Théâtre de l’Europe, Olivier Py présente un cycle HOWARD BARKER.
Qui connaît Howard Barker ?  Né à Dulwich en Angleterre en 1946 , c’est un type qui accumule les fonctions : auteur dramaturge, peintre, théoricien du drame, metteur en scène, il écrit pour le théâtre, l’opéra, la télévision, la radio, le cnéma…
Il doit donc être très connu en Grande-Bretagne.  Nous allons le découvrir ici. 
Pour lui,  « Le théâtre n’est pas la vie décrite mais la vie imaginée, c’est l’ouverture d’un possible et non une reproduction à l’identique ».
Moi je dis bravo à Anne Alvaro qui se lance dans l’aventure de GERTRUD (Le cri) pièce aux accents shakespeariens et dans un rôle tout en outrances lyriques, celui de la mère de Hamlet…
La mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti est, paraît-il, fantastique et le spectacle magnifique de bout en bout.
Bien qu’aux antipodes du théâtre de Pinter,  je ne serai pas sectaire, j’irai voir.


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