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LA REPLIQUE QUI VA DE SOI...

Publié le par Miss Comédie

Le silence est pour les oreilles ce que la nuit est pour les yeux.
Pascal QUIGNARD   (La Haine de la musique)

Apologie de l’alternance. Il faut le bruit pour apprécier le silence, il faut la nuit pour apprécier le jour, il faut le mal pour apprécier le bien.  Presque une La  Palissade...
A demain !
Miss Comédie.


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Je suis encore un peu embrumée par les agapes d'hier soir mais écrire un blog ça vous met
tout de suite sur le pied de guerre.  Déjà la lecture de la page d'accueil d'Orange vous met au parfum.
Là ils font la promo du film de TAVERNIER et je ne les approuve pas, mais alors pas du tout.
Venez plutôt vous installer devant LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE, qui est une peinture
de moeurs beaucoup plus euphorisante.
Et on se revoit lundi !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 8

Publié le par Miss Comédie

Un mois plus tard.

UNE ALLERGIE  INSOLITE
La sale d’attente.
ELLE, LA  DAME, LE PETIT HOMME
 ELLE  est assise, tout en noir, très élégante. Elle tient un magazine mais ne le regarde pas, elle semble tendue.  En face, le petit homme, tout au bout de la rangée de chaises.  A l’autre bout, une dame entre 30 et 40 ans, habillée avec recherche , chapeautée. Elle est en train de fouiller dans son sac fébrilement.

LA DAME, voyant qu’ELLE la regarde.
Excusez-moi, je m’agite, mais je crois que j’ai perdu mes clefs. Ah ! C’est affeux.  Les clés c’est déjà la tuile, mais surtout le porte-clefs Hermès.  (Elle marmonne) Un cadeau de mon ex.  Non... (elle sort tout le contenu de son sac) ... décidément non... Et bien, c’est un signe... mon ex n’a plus rien à faire dans mon sac et surtout accroché à mes clefs, c’est vrai çà m’apprendra... Mais enfin quelle tuile... comment je vais rentrer chez moi...
(Elle remet tous les objets dans le sac et tapote sur son portable)
Allo chéri ?  Je te dérange ?  Oui ?  Ah tu es en réunion... écoute, ça va pas être long, c’est pour te dire que je suis fermée dehors...
Non, pas dedans, (elle hausse les épaules) ... dedans ça serait pas un drame, non : dehors ! Dehors dans la rue, quoi, enfin là je suis chez le docteur tu sais bien mais tout-à-l’heure il faudra bien que je rentre, alors comment je vais faire ? ... Comment ?  Mais je les ai perdues, les clefs !  Non !  Nulle part !  Merci, c’est vraiment sympa de ta part ! “Démerde-toi” c’est une très sympathique réponse, ça, je devrais savoir que je ne peux AB-solument jamais compter sur toi, et surtout en cas de coup dur.... Personne...il n’y a personne, un mur d’égoïsme... et imaginons que je sois répandue sur un trottoir, perdant mon sang, qu’est-ce qui arriverait ?  Monsieur serait en réunion et sa femme décèderait dans la solitude anonyme d’un café dans l’attente d’un hypothéthique secours... Quoi ? Ton client s’impatiente ?  Oui les clients sont là pour s’impatienter, ils ne comprennent pas les problèmes, c’est connu.... Bon, d’accord, je te laisse, et bien tu veux que je te dise une bonne chose avant de te laisser ?  Ce soir tu ne trouveras personne à la maison, puisque je NE PEUX PAS RENTRER ! (elle hurle).  Bon.  Il a raccroché. 
(Elle range le portable dans son sac, pose le sac sur ses genoux et se tient raide sur sa chaise, les yeux droits devant elle.)
Le petit homme a relevé le col de son manteau sur ses oreilles et on n’aperçoit plus que ses yeux fermés et son front dégarni.
ELLE, assez secouée, prend sur elle.
Ca m’est déjà arrivé.  Vous appelez SOS clés et ils arrivent dans la demi-heure.
LA DAME
Et comment je trouve le numéro ? Mon Lady Dior est grand mais les Pages Jaunes ne rentrent pas.
ELLE
Vous pouvez téléphoner d’ici, je suppose qu’ils ont aussi un minitel...
LA DAME (boudeuse)
Je ne veux plus rentrer chez moi.
ELLE
Ah, ça... c’est une autre histoire. (Elle se plonge dans son journal).
LE PETIT HOMME (à peine audible)
Putréfaction.
LA DAME (après un bref regard dans sa direction)
Les hommes ne valent pas la peine qu’on se donne tant de mal pour eux.  Ce matin, je n’avais pas envie de m’habiller, rien.  Le ciel gris, le bruit...
LE PETIT HOMME, haineux
Incarnation du mal sortie de l’homme !
LA DAME (sans faire attention à lui)
... la routine infernale du quotidien...  J’allais enfiler un méchant petit pantalon noir Agnès B avec un tee-shirt Gap, et basta... Et puis je me suis dit “non”. Il faut faire un effort pour Lui. Il faut créer l’exception, le surnaturel. J’ai choisi dans ma garde-robe l’ensemble Lolita Lempicka le plus sexy, et je me suis botté les fesses pour aller lui acheter un panier pique-nique chez Fauchon, tout ce qu’il y avait de plus rare, du hors-saison, hors normes, hors de prix, hors tout, et je lui ai installé tout ça sur une nappe blanche de Porthault à même  la moquette du salon, pour que ce soit ludique, quoi,  la fête ! la surprise ! La pause-déjeûner transformée en festin chez le roi Pausole, en agapes romaines, en déjeûner sur l’herbe !... Et une femme appétissante, changeante, imprévisible... Une INCONNUE !
(Un temps.  ELLE boit ses paroles, fascinée. La Dame enchaîne sur
un ton détaché)
C’est une stratégie comme une autre pour les fidéliser... vous comprenez ?  Mais une stratégie diffi-ci-le !  Qui demande du doigté !  De la persévérance ! De l’imagination !  (Elle marque un temps, guette la réaction d’ELLE)  Et vous avez quoi en retour ?
(Elle se lève)  “DEMERDE-TOI” !   (Elle se rasseoit)  Voilà. On retombe sur terre, non ?
LE PETIT HOMME
Salmigondis.
LA DAME (le regarde)
Sale ami de qui ?  Oh, et puis je vous ennuie avec tout ça.  Je veux bien qu’on soit dans l’antichambre d’un illustre allergologue payé pour vous écouter... Mais vous... Excusez-moi.
ELLE
Non non... Je vous en prie. Je vous comprends très bien. Et même...
Je vous admire...

(A suivre)
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MON IMPRO D'AUJOURD'HUI : HYPE, HYPE, HYPE !

Publié le par Miss Comédie


Je parie que OSS 117 RIO NE REPOND PLUS va faire aussi bien que LES CHTIS.   Ou presque. 
 Parce que pour les   CHTIS il y a eu un effet de psychokinésie qui ne se vérifie qu’une fois tous les
       dix ans, un peu comme une éclipse de soleil.
C’est bien comme on l’attend, un DUJARDIN irrésistible, qui n’en peut plus d’être con,  qui rit comme FERNANDEL en plus séduisant, des cascades, des blondes et des brunes sexy, des Chinois fourbes, un américain grotesque (ah, la surenchère de rires dans la voiture !) et des petites phrases tous les deux plans.
ca se passe en 1967 et la société est encore intacte avec ses tics et ses tocs, vêtements, danses, autos, on pressent quand même Mai 68 avec la soirée hippie peace and love au clair de lune…
Et cette façon de filmer typique années 60.  Avec clin d’œil à HITCHCOK et VERTIGO dans la scène où ils se courent après au sommet de la statue de la vierge à Rio… et d’autres encore.
Salle pleine, hystérique, applaudissements à la fin, succès total. Un film qui fait du bien au moral.


Ma séance de dédicace s’est bien passée, il m’est resté plein de victuailles et pas du tout de vin, mes copines ont comparé leurs dédicaces pendant que leurs mecs comparaient leurs déboires financiers.  J’ai eu beaucoup de compliments sur mon livre.  Elles le trouvent très accaparant, « quand on l’a commencé on ne peut plus le lâcher » c’est une grande qualité pour un roman. 


Et pour finir encore plus hype, j’ai en tête Isabelle HUPPERT, l’Eternelle, que l’on peut voir en ce moment sur les écrans dans VILLA AMALIA de Benoît JACQUOT.  
A l’origine, VILLA AMALIA est un roman de Pascal QUIGNARD.  Et là, nous avons un trio qui promet.
Moi, Pascal QUIGNARD, je me le distille de temps en temps, c’est un écrivain presque ésotérique.  Il faut s’attarder sur certaines phrases… Quand on a lu un de ses livres jusqu’au bout, on se sent au-dessus de la mêlée.
Tiens, plutôt qu’allonger indéfiniment cette impro, je décide que je vous parlerai spécialement de Pascal QUIGNARD  lundi.
Attention, c’est une mine !

 


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LA REPLIQUE QUI ME REND MUETTE...

Publié le par Miss Comédie

J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant.
Pascal QUIGNARD

Cette phrase le résume tout entier.  Cet homme se tait en permanence.  Mais son silence est assourdissant.
Je le vénère pour ça.  Je vous parlera de lui lundi et d'ici là je vous souhaite un très doux week-end.
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour ! Ce matin on se demande où est passé le printemps. C'est l'horreur, et moi qui doit préparer une
sauterie pour ce soir : je dédicace mon roman à tous mes copains. On est trente dans trente mètres carré.
Ils vont entasser les parapluies sur la moquette...
Voilà les aléas de la gloire.  Et pour LES AMOUREUX, c'est déjà la débâcle...  Heureusement, tout s'arrange
toujours : le temps comme les amours.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - Scène 7

Publié le par Miss Comédie


PREMIER CLASH

La  sale d’attente.
LUI, ELLE

ELLE
Nous n’aurions pas dû revenir.

LUI
Ecoute, tu as une allergie, moi aussi. Nous sommes chez notre mé-de-cin.Tu as envie de guérir oui ou non ?
ELLE
Je me fous de mon allergie, maintenant. J’ai seulement peur que tu disparaisses, de l’autre côté de la porte. Que cette pièce voit aussi la fin de notre histoire.

LUI
Nous passerons ensemble.  Comme ça tu ne me lâcheras pas.

Elle se lève et va s’asseoir sur la chaise voisine de la sienne.  Il l’attire contre lui.
Un moment se passe.  On entend les bruits de la ville par la fenêtre, un klaxon retentit, il sursaute et s’immobilise, brusquement tendu.

LUI
Je n’ai pas appelé Thomas pour lui dire de ne pas m’attendre.

ELLE, se sépare de lui
Il aura compris.

LUI, inquiet, se lève, va à la fenêtre
Je ne crois pas.... Je devais le prendre à la fac à 5 heures...

ELLE
Je ne savais pas...

LUI
Je ne te l’ai pas dit pour ne pas compliquer les choses... Tu as tellement insisté pour que je prenne ce rendez-vous, à la même heure que toi...  Je m’étais promis de l’appeler sans faute...
(Il se lève, visiblement contrarié)
Tu me fais perdre la tête.

ELLE
Tu m’en veux.  Tu m’en veux de te vouloir partout près de moi.
Bientôt tu trouveras que je t’aime trop, tu voudras te libérer, t’échapper et ce sera la fin.

LUI
Mais non, mais non...

ELLE, le regarde d’un air pénétré
C’est étrange...

LUI, inquiet
Quoi ?

ELLE, parlant comme sur une inspiration subite
Nous ne sommes plus du tout les mêmes, aujourd’hui.

LUI
Plus les mêmes ?

ELLE
Non...Tu vois... si nous nous étions rencontrés... aujourd’hui pour la première fois, nous ne serions pas tombés amoureux.

Il semble saisi par cette révélation.

ELLE, l’air toujours absent
Ecoute...  Nous avons encore une chance... Nous pouvons encore revenir en arrière...  Tout peut encore être comme avant...

Il la regarde avec inquiétude.
ELLE
Tu peux  aller chercher ton fils...  Il ne s’est encore rien passé entre nous...

LUI
Ecoute, c’est fou ton histoire mais...

ELLE
Je ne te connais pas.  Fais comme si tu ne me connaissais pas. Va !

LUI
Mais, bordel, on est en plein rêve !  Ce n’est pas parce que j’ai parlé de ce rendez-vous avec Thomas, que tout est remis en question, tu vas arrêter ce jeu stupide, oui ?

ELLE, comme revenue sur terre
Voilà que je te retrouve comme au premier jour.  Pour  moi, rien n’est changé, tu m’attires toujours autant.  Pour toi, c’est autre chose.

LUI
Comment çà, c’est autre chose ?

ELLE
Oui, je sens une réticence.

LUI
Tu sens une réticence ?
ELLE
J’ai eu tort de te demander de venir à ce rendez-vous.  Il vaudrait beaucoup mieux que tu ne changes rien à tes habitudes.

LUI
Je sais ce que j’ai à faire.

ELLE
Va chercher Thomas.

LUI qui s’exaspère
Tu insistes ?

ELLE, calme
J’insiste.

LUI, furieux, ramasse sa veste et va vers la porte
Tu l’auras voulu.  J’en ai par-dessus la tête.

Il sort.  Elle reste immobile sur sa chaise.

(A SUIVRE)


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MON IMPRO FASHION...

Publié le par Miss Comédie

Il faut pas louper le documentaire sur France 5 le 17 avril :
c’est AGNES B qui passe ! 
Moi, c’est mon icône indétronable depuis trente ans.  Je l’ai trompee avec DOROTHEE BIS, puis avec KENZO, avec SONIA évidemment, avec tous les créateurs, plus ou moins, mais toujours je reviens chez AGNES B et j’achète un truc ou deux.
Avec ce que je lui ai laissée, elle pourrait s’acheter un diamant gros comme le Ritz.
Eternelle jeune fille, AGNES B.   Blondinette, sourire détaché, silhouette fluette…  Mais j’ai entendu dire qu’elle n’était pas si rigolote que ça.  Elle se prend très au sérieux. Dommage.  Mais enfin, cela ne me regaaaarde pas. 
Elle ne fait jamais de pub.  Elle devrait se mettre avec le Comptoir des Cotonniers : ses vêtements plaisent aux mères et aux filles.  
Et vous saviez qu’elle avait habillé TRAVOLTA et UMA THURMAN dans le film PULP FICTION ?   Je le crois pas.


       TATI est à la mode.  Régulièrement on nous repasse son JOUR DE FÊTE, son ONCLE et son PLAYTIME. 
On crie au génie Moi qui l’ai connu sur un plateau, je suis moins attendrie.
C’était un dur.   Les artistes  n’ont pas toujours la beauté intérieure de leurs œuvres. La question est : un chef-d’œuvre est-il amoindri à nos yeux si son auteur est un criminel ?
Ce pourrait être une question de bac philo et je ne sais pas ce que je répondrais… Je crois pourtant qu’un homme juste est plus admirable  qu’un sale type créatif.  A méditer…

Demain je vous parlerai de OSS 117,  furieusement fashion en ce moment !






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LA REPLIQUE FASHION

Publié le par Miss Comédie

Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue.
Coco CHANEL

Et voilà la vérité vraie.  Elle avait tout compris sur la mode, et Karl
est son digne successeur. Pour ce qui est du film COCO AVANT CHANEL, je m’en tiendrai à la bande annonce.
A demain !
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonour !  Une pensée pour Maurice DRUON, immense écrivain et historien dont LES ROIS MAUDITS resteront à jamais
dans nos mémoires.  Il faudrait les lire et les relire pour avoir sur notre époque un regard indulgent : à côté de Charles X, notre président est l'image même de la zenitude !
LES AMOUREUX sont amoureux mais ça se passe pas dans la sérénité.  Les débuts sont toujours difficiles.
Après le spectacle, vous lirez mon impro sur Pâques et ses plaisirs cruels ou  gourmands...
Bonne journée !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 6

Publié le par Miss Comédie


L'AVENTURE COMMENCE.
...

Un mois plus tard.

La salle d’attente chez le même médecin.  Coup de sonnette.
Bruits de pas, de porte, de voix. 
La porte du fond s’ouvre.  Entrent Maxime et Sonia se tenant par la main.
Elle porte un manteau long à col de fourrure, des bottes.  Sa coiffure a changé.
Il est en veste de cuir sur des jeans noirs, chemise blanche, blazer de tweed sous sa veste, cheveux fous.  Son aspect est plus soigné qu’avant.
Ils restent un instant debout, à regarder la pièce, un vague sourire aux lèvres.

LUI
C’est un drôle d’endroit pour une rencontre, non ?

Il l’attire brusquement dans ses bras et l’embrasse fougueusement.  Elle se dégage.

ELLE
Arrête, pas ici, tu es fou...

LUI
Pourquoi ?

ELLE
C’est l’endroit où ne nous connaissons pas. 
Elle s’éloigne de lui et s’asseoit sur la chaise où elle était la première fois. Elle prend un magazine et commence à le feuilleter sans le regarder.

LUI
A quoi tu joues ?

ELLE
Tu m’avais demandé  l’heure.  Allez, recommence, c’est drôle, regarde, c’est le même endroit, nous étions seuls, tu ne me connaissais pas...

LUI
Justement.... C’est impossible aujourd’hui de te parler de la même façon.

ELLE
Essaie.

LUI, de mauvaise grâce.
Vous aviez rendez-vous à quelle heure ?

ELLE (jouant)
Quatre heures et quart. Pourquoi ? 

LUI, mollement
Parce qu’il est déjà quatre heure et... euh...

ELLE le coupe
Tu es mou.

LUI
Comment, je suis mou ?

ELLE
Oui...  Je t’assure que je n’aurais pas eu ce coup de foudre instantané si tu m’avais répondu sur ce ton-là... Tu étais nerveux, brutal, saturnien !

LUI
Saturnien ?

ELLE
C’est ce qui m’a plu, ce côté... sombre... infréquentable.



LUI
Pour quelqu’un d’infréquentable, je n’ai pas mis longtemps à tomber dans tes filets...

ELLE
C’est vrai... Il faut dire que l’histoire de la fourrière m’ a un peu aidée. Que pensais-tu de moi, toi, ce premier jour-là ?

LUI
Je t’ai d’abord trouvée belle... Rayonnante... l’image de la vie...
Et puis... plus tu parlais, plus je tombais sous le charme...
Ce côté... invulnérable qu’il y a chez toi...

ELLE
Invulnérable, je l’étais avant de te connaître !  Dès que tu es entré dans cette pièce j’ai commencé à avoir peur.

LUI
Et de quoi ?

ELLE
Que tu disparaisses à nouveau.  Avant toi je ne m’inquiétais pas de l’issue des choses.  Le mot “fin” n’avait pas de sens tragique... c’était toujours des fins  de cinéma...

LUI
Il y a des fins heureuses, libératrices.

ELLE
Je ne veux pas me libérer de toi.

LUI
Moi non plus.  Qui a parlé de fin ?

(A suivre)

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MON IMPRO DU JOUR : PAS QUE PÂQUS !

Publié le par Miss Comédie



Bon, on a trouvé tous les œufs cachés dans les massifs de lavande, on a écouté les cloches de la basilique de St Paul Trois Châteaux, mais pas que ça !

Il y a eu aussi la FERIA D’ARLES, moi je suis pas fan mais je connais des gens pour qui ça vaut Compostelle. Il faut dire que la ville est si belle et les  arènes si romanesques.  C’est à ARLES que j’ai emmené un jour mon fiancé voir une corrida. Il n’en avait jamais vu et son horreur  a été immédiate.  Il était sincèrement choqué et au moment de la mise à mort, qui a foiré trois fois, il a dit doucement « j’ai honte d’être un être humain ». 
Depuis je pense comme lui et je n’y vais plus.
                                                   .
Il n’y a pas qu’à Pâques qu’on se tape la cloche :  c’est toute l’année dans ce restaurant sensass installé où, je vous le donne en mille : dans les caves de la coopérative de BEAUMES-DE-VENISE,  vous voyez l’idée ?
On arrive par une pluie battante sur un immense terre-plein dominé par l’imposante bâtisse néo-classique, on se gare et quand on s’approche on découvre une terrasse en teck avec des tables et des chaises ruisselantes mais on imagine bien ce que ça doit être par une belle matinée de juin !  On entre, accueil tout sourire, petites jeunes filles accortes comme on dit, beau décor zen (sans lumières évidemment) et on s’asseoit.
Et là, la vraie surprise est dans l’assiette, un concentré de paradis que je n’essaie même pas de vous décrire, vous n’avez qu’à y aller, je sais de  Paris ça fait loin, mais ça vaut le plein d’essence, surtout que l’addition est  aussi légère que la nourriture.
Le jeune chef, petit faune de génie dans ce pays de vignobles bénis des dieux, surveille attentivement les dineurs durant tout le service  par l’ouverture entre la salle et les cuisines.  Il veut savoir si l’on est content.  Les jeunes serveuses sont chargées de lui rapporter les hommages et seulement les hommages, parce que des critiques je n’en vois pas, (à part l’éclairage, bien  sûr).
Ca s’appelle, je vous le redonne en mille : LE DOLIUM.
Et l’adresse : place BALMA VENITIA,  BEAUMES-DE-VENISE au temps des Romains.


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LA REPLIQUE QUI ME FRAPPE

Publié le par Miss Comédie



Elle est de Maurice DRUON, qui vient de nous quitter :

Une tradition n’est jamais qu’un progrès qui a réussi.
M. DRUON  (Le Pouvoir)

Il en a une autre qui pourrait être de Boris Vian :

Le képi déforme la tête.

Je vous quitte sur cette réflexion pleine de bon sens et je
vous dis à demain, mes très chers amis.
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU tout beau, tout nouveau !

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Petits changements de décor pour varier les plaisirs.  J'arrête de dire bravo à des demi-navets et mes
souvenirs referont surface sans crier gare.  J'improviserai au gré de mes humeurs, ça sera inattendu et tout y
passera : théâtre, cinéma, littérature, faits divers ou nostalgie, une impro, quoi.
Le printemps est là, les arbres font des nouvelles feuilles, mon blog aussi.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 5

Publié le par Miss Comédie

CA  MORD ....

La sale d’attente.
ELLE, LUI

ELLE entre et tandis que le  petit homme se lève pour sortir à son tour, elle pose son manteau sur une chaise et se campe devant le miroir au-dessus de la cheminée pour arranger sa coiffure.

ELLE, lui tournant le dos et lui parlant dans la glace
Vous n’avez pas trouvé de solution ?

LUI, ton rogue
Figurez-vous que je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir, à cause d’un illuminé qui m’a mis la tête à l’envers...

ELLE
Oui, je vois... Un petit marrant, non ? 

LUI
Très drôle. (Il regarde sa montre). Je suis en pleine déroute. J’ai rendez-vous avec un client dans cinq minutes.

ELLE, se retournant pour prendre son manteau
Je peux vous avancer, si vous voulez...
Il la regarde.

LUI
Vous feriez ça ?

ELLE, distante, tout en enfilant son manteau
Je vous vois si...désemparé.  Ma voiture est au garage, l’immeuble,en face.  On y va.

Ils atteignent la porte du fond et s’arrêtent soudain face à face.

LUI, l’air pénétré
Vraiment, je...

ELLE  les yeux dans ses yeux
Je vous en prie.

ELLE passe devant lui et ils sortent.

(A suivre)






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MON IMPRO DU JOUR, un flash-back

Publié le par Miss Comédie

Aujourd'hui mon impro commence par un flash-back surMichel DRACH :  le tournage du PASSE SIMPLE (suite)

Marie-Jolé NAT ne savait pas trop comment me traiter.  Elle était assez distante avec les techniciens, et elle devait se demander dans quelle case me placer.  Cela dans le cadre du bureau-appartement de la rue Royale, parce que sur le tournage elle était dans sa bulle et ne me voyait pas.
Entre les prises elle jouait aux cartes dans un coin du plateau avec Victor LANOUX.
Michel étudiait chaque plan avec une minutie scrupuleuse. C’était son quatrième film avec sa femme, ils avaient une complicité naturelle qui rendait les choses faciles.
Le jour où j’ai tourné la scène de l’hôpital, ils m’ont rendue méconnaissable : ma tignasse était rangée en chignon lisse et je portais des lunettes et une blouse blanche.  Je devais ouvrir la porte au médecin et ensuite aller m’asseoir devant la machine à écrire.  Je n’avais pas un mot à dire.
Mais ce qui était très drôle, c’est qu’aucun des membres de l’équipe ne m’avait reconnue.
Une panouille qui m’a juste donné envie de jouer la comédie à nouveau, avec un vrai rôle, même difficile, même périlleux, et ça, ça ne se trouvait pas tous les matins dans la boite aux lettres…
Je regardais Marie-José, la tête entourée de bandelettes, écouter les indications de Michel sur son lit d’hôpital et j’aurais tellement voulu être à sa place.  Surtout que le bel assistant ne la quittait pas des yeux…


  A part ça, pas grand-chose vu que le week-end de Pâques a fait  un break dans mon actu  : j'ai passé mon temps à regarder
pousser les feuilles à la cadence de un centimètre par heure,
sur les arbres de mon jardin. Les oiseaux poussaient leurs cris
de joie, les livres m'en tombaient des mains.
Dans mon transat, je me disais que la nature est plus disciplinée que nous, elle est au rendez-vous du printemps,
fidèle au poste, verdoyante et roucoulante, pas question
de grêve des transports amoureux ni de manifestations
anti-bourgeons, ni de crise du pouvoir des chats...
(facile)  bref :  j'étais béate et mon impro séchée.

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LA REPLIQUE QUI ME TROUBLE EST DE CLAUDEL

Publié le par Miss Comédie

Le bien est plus intéressant que le mal parce qu’il est plus difficile.

Paul Claudel.

Il fallait y penser. Mais…  intéressant pour qui ? Et difficile pour qui ?
Vaste débat qui n’a pas sa place dans ce blog.  Pour nous, ce qui compte, c’est le théâtre et associés.
A demain !
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   Vendredi Saint. Observez une journée de mesure et d'amour du prochain.
Que cela ne vous empêche pas de venir assister à la scène où le petit homme dévoile
ses griefs contre l'Homme pollueur de sa planète.
Heureusement, la prise de conscience est faite et la réaction s'organise.
Prions ensemble.

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LES AMOUREUX DANS LA SALLE D'ATTENTE - scène 4

Publié le par Miss Comédie

La sale d’attente.
LUI, LE PETIT HOMME

LUI, l’air ahuri
Oui ?  Comment, enlevée ?  Ah ?  Fourrière ?... Bon dieu...
(Il se précipite  à la fenêtre pendant qu’ELLE sort)  Oui... c’est bien ça... Elle n’est plus là... Quelle merde...
Il se laisse tomber sur une chaise, regarde autour de lui. Il est seul avec le petit homme. 

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
L’homme a choisi sa mort... Dioxyde de carbone... Extermination totale par l’automobile...

Lui dresse l’oreille et son visage prend une expression hagarde, entre terreur et incrédulité. L’autre se replonge dans son mutisme, droit sur sa chaise, les yeux fixés au sol.
LUI 
Vous m’avez parlé ?
Pas de réponse.
LUI (on le sent sur le point d’exploser, les nerfs à fleur de peau)
Vous en avez contre l’automobile, on dirait ?  Vous allez certainement à pied, monsieur, pour en parler comme vous le faites. Le piéton est l’ennemi de l’automobiliste, c’est la loi de la nature, l’un est né pour emmerder l’autre et lycée de Versailles, et moi qui suis automobiliste, on vient de me piquer ma bagnole et je ne trouve pas ça drôle.
Il se carre dans sa chaise, rajuste son veston, et croise les jambes.

LE PETIT HOMME (toujours sans le regarder)
Ce n’est pas la peine de s’énerver. On ne peut rien contre les lois de la nature.
(Un temps.  Brusquement, il reprend en agitant le bras :)
En attendant si tout le monde allait à pied, la planète aurait encore une petite chance de s’en sortir !  ! Cela dit, meme à pieds l’homme salit tout ce qu’il touche, sa respîration même est toxique, du gaz carbonique, pensez...(il s’enflamme) des ordures naissent sous ses pas, les microbes se logent dans les plis de sa peau répugnante, mal lavée, jamais désinfectée, l’homme est l’ordure vivante la plus imbue d’elle même, la plus arrogante, une ordure qui pense et qui parle... (il s’essoufle, sort un mouchoir plié en quatre, l’ouvre, le respire) aaah.... l’éther, le pur éther...

LUI (estomaqué)
Pourquoi vous habitez en ville ?  Vous n’auriez pas ces pensées morbides si vous viviez à la montagne, dans l’air des sommets, je ne sais pas, moi... St-Véran, le plus haut village d’Europe...  non ?
(Il regarde le petit homme avec compassion).

LE PETIT HOMME (méprisant)
Le Mont Blanc est un tas d’immondices en regard de l’immense pureté du cosmos.  La planète est cernée.  Vouée à disparaître.  Seul le cosmos est pur.  Retourner au cosmos... Il faut attendre...
Lui se prend la tête dans les mains.
La porte du cabinet s’ouvre.
VOIX DU MEDECIN
Monsieur Hyde, s’il vous plait.

(A  suivre)

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MOI JE DIS BRAVO.....

Publié le par Miss Comédie


  
… à Olivier Py qui aligne au Théâtre de l’Odéon les productions les plus prestigieuses, les plus ambitieuses.
Après le cycle Howard Barker, après Gertrud (Le cri), voilà qu’il monte LE SOULIER DE SATIN dans sa version intégrale : onze heures de spectacle !
Dans sa présentation, il cite Claudel : « Si l’on demande beaucoup au public, pourquoi douter qu’il ne soit prêt à donner beaucoup ? »
Le Soulier de Satin n’est pas une pièce facile.  On dit que la location marche très fort.  Les spectateurs ont donc soif de beaux textes, ils y vont, ils sacrifient une soirée entière, ils préfèrent Jeanne BALIBAR à Laurence FERRARI, ils veulent découvrir CLAUDEL au lieu de Katherine PANCOL, ils ont soif d’extrême.
Ils vont s’installer là et se mettre à rêver avec dona Prouheze qui a perdu son soulier entre les bras de la Vierge.
Histoire incompréhensible, onirique, intemporelle, mélange de toutes les cultures, de toutes les légendes du fond des temps.
Onze heures, quatre heures puis cinq heures et encore deux heures… Je ne sais pas si j’aurais le courage. 




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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

   
Michel DRACH   (suite)

LE PASSE SIMPLE était l’histoire d’une femme qui a eu un accident de voiture et qui ne se souvient plus de rien.
Et moi, c’est tout ce dont je me souviens du film… Etonnant, non ?  Mais bon, j’avais beaucoup de choses à faire, tous les jours il y avait la feuille de service avec tous les participants et les accessoires du jour, les convocations, je ne sais plus combien de paperasses à taper et à apporter au studio ou sur le lieu de tournage.
Je m’entendais bien avec l’assistant Laurent, un grand type maigre et très lymphatique, mais quand il piquait une colère il fallait voir.  Il avait des petits sous-assistants qui me draguaient tous l’un après l’autre, ils essayaient de marquer mais avec aucun ça n’a marché, moi j’avais en tête Michel DRACH,  tout de suite après Pierre UYTTERHOEVEN, ensuite LAURENT.  C’était la vie rêvée, tous ces hommes autour de moi, barbus, chevelus et tous dans le cinoche.  Tout cela en tout bien tout honneur, naturellement, n’allez pas imaginer des choses, il faut être très naïve ou très néophyte pour tomber dans le panneau.
La secrétaire de production jouit d’un statut particulier, elle a toutes les cartes en mains, elle sait tout de chacun des gens de l’équipe technique ou artistique, les dates de naissance, tout, et les cachets, bien sûr, donc elle est assez respectée.
Moi on savait que j’étais amateur, mais comme je faisais bien mon boulot et que je n’étais pas chochote, on me laissait tranquille.   « ON » c’est-t-dire le noyau dur des techniciens : la script, le chef op, le premier assistant.  Ils m’aimaient bien.
J’aurais pu continuer à être secrétaire de production.  Mais moi mon but dans la vie c’était de jouer la comédie et j’enviais les acteurs que je regardais tourner.


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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie


« Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien. »
(WOODY ALLEN)

C’est vrai que le monde ne tourne plus tellement rond.
Je ne vous dis pas à lundi, puisque Pâques il y a, et que
nous avons des cloches à sonner et des œufs à ramasser.
A mardi donc, épuisés et heureux.
Miss Comédie.


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Heureuse de vous retrouver par ce matin radieux, Jeudi Saint précisément, Jésus n'était pas vraiment
radieux, lui, il se préparait des choses terribles derrière son dos.
Dans votre théâtre entre en scène un nouveau personnage assez cocasse, habitué de la salle d'attente.
Son allergie à lui, c'est le genre humain. Ca ne se guérit pas facilement.   
Eteignez vos portables, et bon spectacle !

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LES AMOUREUX DANS LA SALLE D'ATTENTE - scène 3

Publié le par Miss Comédie

La sale d’attente
ELLE, LE PETIT HOMME, puis LUI



Un petit homme chétif, l’air inquiet, s’avance à petits pas dans la pièce en  marmonnant un “bonjour” sans regarder autour de lui.
Il s’asseoit en soupirant.
ELLE
Bonjour, monsieur Hyde.
Elle le regarde d’un air amusé, on sent qu’elle l’a déjà vu souvent dans cette salle d’attente.  Il reste immobile, tassé sur sa chaise.
Au bout d’un instant de silence, il se lève et retire son manteau, un grand manteau noir qui descend jusqu’à ses chevilles.  Il le plie soigneusement et le pose sur la chaise à côté de lui. Il garde ses gants. A ce moment, leurs regard se croisent et il détourne les yeux pour fixer la table basse couverte de magazines.
Un temps.

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
Désordre...
Elle le fixe, semblant attendre la suite. Comme rien ne vient, elle se lève et va pour prendre un journal,  puis un second qu’elle tend au petit homme d’un air engageant.
ELLE
Vous voulez ?...
LE PETIT HOMME (comme choqué)
Moi ?  Non, oh non.  Dégoûtant.  Je ne touche pas à ces saletés....
ELLE
J’avais remarqué...Vous avez peur des microbes ?
LE PETIT HOMME (pousse un grognement)
Hon.
ELLE (fixant ses mains gantées)
Mais vous avez des gants  ...
LE PETIT HOMME
Oui... (après un temps) ... fragile rempart.  

Tout en parlant, il fixe le sol.  Il ne la regarde pas.
Elle va se rasseoir avec son journal.  Elle le feuillette avec une certaine réticence, tout à coup.

ELLE
Si on pense à ça, on n’a plus qu’à rester chez soi enfermé... et encore...
LE PETIT HOMME
Comme vous dites : et encore !  Ca vient par les interstices des portes, des fenêtres, ça se glisse sous les tapis, dans les draps, ça imprègne la nourriture...
ELLE
Quoi, ça ?
LE PETIT HOMME
La vermine.  La saleté. Les particules de l’atmosphère polluée qui entoure la planète et que les hommes ont créée.
ELLE
Oui. (Elle se penche sur son magazine, l’air absorbé,  puis soudain :)
Vous êtes bien soigné, ici ?
Il la regarde l’air furibard.
LE PETIT HOMME
Ce médecin ne changera pas la face du monde. (A part ) Face immonde. (A voix haute)  Il fait ce qu’il peut.  (Elle attend la suite et il fait durer l’attente)

Le silence s’installe.
On entend des éclats de voix, et la porte du cabinet s’ouvre sur LUI, l’air furieux, suivi par la voix excédée du médecin.
LUI
Ce qui me plait, vous entendez ?  Ce qui me plait !
LA VOIX DU  MEDECIN
C’est ça, c’est ça, au revoir monsieur.  (Plus fort, s’adressant à ELLE)  Madame Aufray ?

Elle se lève, jette son journal sur la table, prend son manteau et s’apprête à le suivre mais se ravise et s’approchant de LUI :
ELLE
Vous étiez garé dans la rue ?
LUI
Oui, pourquoi ?
ELLE
Parce que vous ne l’êtes plus... Oui, votre voiture a été enlevée.
(A suivre)

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MOI JE DIS BRAVO....

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…. à  PATRICE LECONTE pour son roman « LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTS » dont je vous annonçais la sortie.
Oui,  certains vont dire que je suis une inconditionnelle, que j’en parle trop souvent, c’est pas de ma faute si ce gars fait des choses. Et dans le désert actuel…  Vous me direz il y a TAVERNIER qui vient d’avoir un prix pour son film « Dans la Brume Electrique », d’une violence inouïe, merci bien.
Bref, j’ai lu son livre est c’est extrêmement étonnant pour un premier roman.
Je peux en parler, puisque moi pour ce qui est d’un premier roman, je connais.
C’est un livre qui ressemble à ses films  : léger (vous savez bien que léger c’est le contraire de lourd), inattendu, sentimental et simplement écrit.
Quand on est entré dans l’histoire de ce jeune homme qui n’aime que les femmes à cheveux courts, on ne peut plus le lâcher !
Mais enfin,  les super top models avec leur tignasse jusqu’aux épaules vont prendre un coup au moral.
Vu la popularité de Patrice LECONTE, gageons que le livre fera le tour des plages et la fortune des coiffeurs…

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SOUVENIRS MILLESIMES

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MICHEL DRACH 
(suite)

Il passait beaucoup de gens, dans le bureau de Port-Royal Films, et je ne m’ennuyais jamais, même quand Michel était absent.
A midi, je descendais déjeûner toujours au même endroit, le bistro qui est à côté de Maxim’s, je ne sais pas au juste s’il existe encore. Et je commandais toujours la même chose : des œufs au plat sur une tranche de jambon.  Un régal. Je regardais passer les gens rue Royale, encore un exercice réjouissant.  Tout était réjouissant dans cette période de chômage qui aurait dû me terrasser d’ennui.
Parmi les gens qui passaient au bureau, il y en avait un qui me plaisait bien, et c’était réciproque donc nous sommes devenus amis.  C’était le scénariste Pierre UYTTERHOEVEN (c’est l’orthographe exacte).
Il avait co-écrit LE PASSE SIMPLE avec Michel et tous deux s’entendaient à merveille. Deux barbus,  barbe noire, barbe rousse.
Pendant la préparation il travaillait beaucoup sur le script avec Michel et en partant, il s’arrêtait pour me proposer de boire un café en bas. Nous avions de longs conciliabules  au café d’en face où nous ne parlions pas que du fiilm. 
 Michel adorait le prendre à témoin de mes maladresses.
Jusqu’au jour où je me suis rebiffée : « Bon, ça va, c’est pas mon vrai métier que je fais, je vous signale que je suis comédienne, hein ?  et que vous feriez mieux de m’écrire un  rôle au lieu de ricaner bêtement. »
Ils se sont regardés et le lendemain Michel m’a dit « Ca vous amuserait de jouer une infirmière ? »
« Ben oui, j’ai dit.
« Alors, vous serez l’infirmière dans la scène de l’hôpital.
Oh, c’était pas le rôle de ma vie !  Muet en plus.  Mais enfin, je figurais dans notre film pour l’éternité.
Demain je vous parlerai du tournage. 

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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie

La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
Bernard GIRAUDEAU

On peut pas faire plus beau.  On pourrait en dire autant de la montagne.
L'homme voudrait se fondre avec la Nature mais elle le renvoie à sa condition animale.
A demain ! Soyez heureux, vous qui avez les pieds sur une terre qui ne tremble pas.
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Alors, ça vous plait ?  Enfin, après une scène vous ne pouvez trop vous rendre compte.
Attendez de connaître tous les personnages et dites-moi votre avis.
J'ai oublié de vous dire que ça se passe à Paris, avec ses bruits de rue et sa petite musique.
Installez-vous et que le rideau se lève.

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LES AMOUREUX DANS LA SALLE D'ATTENTE - scène 2

Publié le par Miss Comédie


La sale d’attente.
LUI, ELLE


LUI
Un bon psychologue… Mais je n’ai pas pris rendez-vous avec un psychologue, je viens voir un allergologue !

ELLE, l’air méprisant.
Oui.  C’est un allergologue... très psychologue.

LUI
Vous voulez dire qu’il vous pose des questions indiscrètes ?   J’aime pas ça.  J’aime pas ça du tout.
Il se lève et marche de long en large.

ELLE a un sourire moqueur.

LUI
Ce n’est pas que j’ai des choses à cacher mais ce n’est pas ma façon de voir la médecine !  Vous avez mal où ?  Prenez ça !  C’est tout ce qu’on leur demande à ces vicieux, ces voyeurs, ces...



ELLE (le coupant)
Ecoutez, calmez-vous !

LUI
Excusez-moi. 
 
Un long silence, interrompu par une porte qui claque dans les coulisses. Il se lève, comme mu par un ressort et va ouvrir la porte du fond.

LUI
Mademoiselle !  Pouvez-vous me dire si le docteur en a pour longtemps ?  J’avais rendez-vous ce 5 janvier à quatre heures moins le quart et il est...
VOIX DE L’ASSISTANTE
Le docteur a eu une urgence et a dû partir pour sa clinique.  Son associé vous recevra dans un instant.

LUI, interloqué :
Ca c’est la meilleure.  Il est parti en nous laissant en plan.

ELLE
Son associé est très bien. Moins psychologue... il vous plaira.

LUI
Mais enfin, je dois suivre un traitement prolongé, je veux voir le même médecin à chaque fois, nom d’une pipe !

ELLE
Ils travaillent selon les mêmes méthodes.  Vous êtes... vraiment  nerveux.
LUI
C’est que je me sens comme un lion en cage.  Je ne supporte pas cette attente…
 (ELLE le considère avec inquiétude tandis qu’il fait les cent pas.)
Non...  Vous comprenez ?
Il se dirige vers la porte et appelle :

LUI
Mademoiselle !  Je ne peux plus attendre, je vais m’en aller !

ELLE, pour elle-même, posant son magazine pour en prendre un autre
S’il savait comme tout le monde s’en fout...

La porte s’ouvre,  et une voix appelle :
LA VOIX DE L’ASSISTANTE
Monsieur Maxime Sévère.

LUI
C’est moi...  Oui ?  (il se lève précipitamment)  J’arrive.
Il ramasse son manteau, pose son journal et s’incline galamment devant elle.

LUI
Mademoiselle... ou madame ?  Je suis  navré d’avoir à interrompre cette... (elle le coupe)

ELLE, sèchement, avec un signe de tête
Au revoir monsieur.

LUI
Au revoir...
Il sort. 

Elle se lève, s’étire, va à la fenêtre, regarde dans la rue.
ELLE
Tiens, elles sont là...  Les contraventions pleuvent... Et elles ne sont pas toutes seules... La dépanneuse  fait du nettoyage de voierie.  Le nerveux va se retrouver à pied.  (Elle se rasseoit).

On entend un coup de sonnette, des pas, des voix et la porte du fond s’ouvre sur un étrange personage.
(A suivre)


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MOI JE DIS BRAVO.....

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… à Catherine DESTIVELLE, dont le film « AU)DELA DES CIMES » est sorti en salle la semaine dernière.
Ca n’est pas son premier, loin de là !  Cette grimpeuse invétérée s’est fait filmer en escalade plusieurs fois, en France, au Pakistan,  aux USA, au Népal, et aussi en train de faire l’ascension en solo et en hiver de la face Nord de l’EIGER, une folie ! elle avait 32 ans et c’était déjà une vétérane puisqu’à quinze ans elle avait épuisé les rochers les plus hauts de la forêt de Fontainebleau !…
Aujourd’hui à 49 ans elle est toujours aussi jolie et si vous tombez sur elle dans un aéroport avec votre cou bloqué, elle pourra vous faire quelques manipulations bénéfiques puisqu’elle est diplômée kiné !
La montagne c’est un univers aussi magique, ensorcelant et hypnotique que le théâtre.
Il faut aller voir son film !
(La photo représente la face Nord de l'Eiger. Impressionnant !)

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie


J’arrivais tous les matins à neuf heures, il était déjà installé à son bureau et passait ses coups de fil.
Je m’asseyais en face de lui et je faisais mon boulot. Comédiens à convoquer, agents à contacter, contrats à taper sur les modèles qu’il me donnait, enfin il y a une foule de choses différentes à faire pour une préparation de film.
De temps en temps on voyait débouler Marie-José Nat, David et Aurélien qui passaient dire au revoir avant de sortir. Tirés à quatre épingles, les mouflets, ainsi que leur mère qui portait toujours un chapeau.  Très élégante, mademoiselle Nat. Elle embrassait son mari sur le front car il faut dire que la barbe de Michel faisait barrage.  Pourquoi portait-il une barbe ?  Il devait avoir un beau visage calme.  Mais je pense qu’il se cachait.  Il doutait de lui, Michel, et ses films sont le reflet de ses doutes. Il ne décidait jamais rien tout à fait, n’affirmait rien, et le flou s’installait.  Pour LES VIOLONS DU BAL, qui était le sujet qui lui tenait le plus à coeur, il n’a pas hésité. Ca lui est venu brutalement, comme une évidence qu’il faut flanquer aux yeux du public, et le film est une réussite.
(A suivre)


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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie

Un matin où je suis arrivée au bureau avec la mine chiffonnée d’un lendemain de fête, Michel Drach m’a fait  « on dirait une escalope avec une perruque. »

J’étais très vexée mais j’ai trouvé ça si drôle que chaque fois que je me vois dans la glace avec cette mine-la, cette phrase me revient à l’esprit. 
A demain !
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Allez, go, ma deuxième pièce commence. Tout à fait autre chose que la première.
Moi j'aimais bien ROSE AUTOUR DE MINUIT.  Mais  LES AMOUREUX  DANS LA SALLE
D'ATTENTE, c'est pas mal non plus.  Surtout, c'est une comédie alors que ROSE donnait
dans le sentimental.  Si vous avez cinq minutes, vous me donnerez votre avis, non c'est
vrai, ça serait vertueux de votre part.

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LES AMOUREUX DANS LA SALLE D'ATTENTE - Scène 1

Publié le par Miss Comédie

La salle d’attente d’un médecin.  Deux rangées de chaises se font
face. Entre les deux, une table basse couverte de magazines en désordre.
Un homme et une femme sont assis de part et d’autre de la table et lisent chacun une revue.
Elle est jeune, trente ans, jolie brune aux allures très libérées, vêtue à la façon androgyne des femmes d’aujourd’hui mais dans de belles matières bien coupées.
Lui a la cinquantaine encore séduisante, chevelure poivre et sel en  bataille, un peu corpulent, un  laissez-aller  assez “british” dans la tenue.
 Il tourne les pages bruyamment et regarde sa montre toutes les cinq minutes. De temps en temps il jette un regard sombre sur la jeune femme qui l’ignore totalement.



LUI
Excusez-moi, vous aviez rendez-vous à quelle heure ?

ELLE (lève la tête, le regarde comme si elle découvrait subitement sa présence)
Quatre heure et quart.   

LUI
J’avais rendez-vous à quatre heures moins le quart. Et il est quatre heure et quart.

ELLE
C’est toujours comme ça chez les médecins.

Elle se replonge dans son journal.
Il continue à la regarder, comme déçu par son indifférence.
Puis il se lève, pose son journal sur la table basse et commence à faire les cent pas. Passant près de la fenêtre sur la rue, il s’arrête et regarde au-dehors.

LUI  (comme pour lui-même)
Je vais avoir une prime. (un temps)  Jamais je n’aurais dû venir en voiture dans ce quartier.

Il se rassied,  sort un paquet de cigarettes de sa poche et au moment de l’allumer, regardant autour de lui, il y renonce. 

LUI
Vous êtes venue en voiture?

ELLE
Non.  J’habite en face.

LUI
Ah.  Alors vous devez savoir : est-ce qu’elles passent souvent ?

ELLE
Qui ?  Ah !... Je ne fais pas vraiment attention, comme j’ai un garage...
Il soupier  et se penche vers la table pour  reprendre un magazine qu’il fait semblant de feuilleter.

LUI
C’est un bon médecin ?


ELLE
C’est un très bon psychologue.

(A suivre)

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie

.

....  faute d'actualité brûlante, je ne sais à qui dire bravo aujourd'hui.  Le monde est plein de champions toutes catégories, d'accord, mais sur ma petite planète théâtre je ne vois rien qui m'arrache à mon fauteuil.
Il ne vous est pas interdit de me donner des idées !  Ah, si vous n'étiez pas si avares de commentaires... je pourrais
vous dire bravo, à vous aussi !

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie



Michel DRACH   (suite)
Il y a pire comme petit boulot.  Surtout que Michel DRACH était une crème.
En fait de secrétaire, il m’a tout appris sur la préparation d’un film.
En échange, j’ai entrepris un énorme travail de déblaiement dans son bureau dont les dossiers s’amoncelaient dans tous les sens. Ca, c’était ma phobie du désordre qui m’empêche de faire quoi que ce soit de cohérent si tout n’est pas nickel autour de moi.
Il me regardait faire en souriant,  m’orientait dans mes classements, acceptait toutes mes directives, achetait des classeurs tout neufs, jetait sans discuter les vieilles chemises avec leur contenu, bref ensemble nous  avons fait table rase des  reliques d’un réalisateur bordélique pour entreprendre son nouveau film dans un espace vierge, clair et net.
Michel Drach avait sa propre maison de production, PORT-ROYAL FILMS, dont les bureaux étaient rue Royale, s’il vous plait, à côté de Lachaume.  L’adresse était prestigieuse mais les bureaux étaient d’anciennes chambres de bonne perchées sous les toits.  Un tout petit espace éclairé par des vélux.
sur le même palier, l’appartement où logeait sa femme Marie-José Nat et ses deux petits garçons.
Il avait bien organisé sa vie pour ne pas les quitter d’une semelle.  Hélas, la vie décide, et tout vole en éclat un beau jour…
Sur la photo,  ils sont l’image du bonheur.   Quelques mois plus tard Michel se retrouvait seul, ayant lui-même imaginé, construit et filmé le personnage qui allait lui prendre sa femme.
Mais j’anticipe.  Pour l’instant, l’ordre règne.  Dans le petit bureau et dans l’appartement, c’est encore le bonheur parfait et le film « LE PASSE SIMPLE » commence sa préparation.

Demain je continuerai à vous conter ce petit bout de chemin  avec Michel Drach.

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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie

Ne cherchez pas en vous ; en vous, il n’y a rien.  Cherchez dans l’autre qui est en face de vous.
stanislavski (Ma Vie dans l'Art)

Il en a de bonnes. Et si dans l'autre, il n'y a rien non plus ?  J'ai vu ça, moi.
Allez, cherchez en vous il y a toujours quelque chose, et retrouvez-moi demain, je vous attends !
Miss Comédie.

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   Je vous ai manqué ?  Me voilà de retour avec une nouvelle pièce dont vous dégusterez une scène chaque jour.  Aujourd'hui vous assisterez à sa présentation et vous ferez connaissance avec ses personnages.
Demain, ça commence !
Autour de la pièce vous aurez encore mes petites élucubrations du jour : une petite impression et un grand souvenir.
Vous pouvez aussi jeter un oeil sur le bloc-notes, mais sans insister.

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LES AMOUREUX DANS LA SALLE D'ATTENTE - Présentation

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Dépôt SACD N°97898       


       
LE DECOR
L’action se passe dans la salle d’attente, puis dans le cabinet
du médecin et le bureau de Maxime pour les trois dernières
scènes. 


LES PERSONNAGES


LUI,        Maxime Sévère,  la cinquantaine, beau visage
        buriné, un homme nerveux et impatient.

ELLE    Sonia Aufray, trente cinq ans, jolie et dyna-
        mique

LE PETIT HOMME
        Monsieur Hyde, âge incertain, caractère
                     très secoué, chauve.

LA DAME
Madame Dufour,  la quarantaine,  allure chic des années soixante.

LA MERE DE SONIA
        Une dame de soixante ans très avenante.

THOMAS    le fils de Maxime, adolescent de 16-17 ans,
        blond ébouriffé, branché mais sensible.

LE  MEDECIN   un allergologue  sans imagination.


RESUME

Venus consulter pour leur allergie, c'est le coup de foudre.
Mais apparemment, tout les sépare, et d'abord leur allergie.
  De visite en visite leur relation fait des vagues et les caractères dévoilent peu à peu leurs secrètes féllures dans des scènes où les dialogues oscillent entre le rire et les larmes, l'ironie et  l'amertume.  Au moment où l'on croit l'affaire définitivement
coulée, le diagnostic du médecin fait le coup de théâtre.
 Entre le premier et le dernier tableau, une année jour pour jour se sera écoulée.

Demain, la scène 1.



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MOI JE DIS BRAVO...

Publié le par Miss Comédie

…plutôt mollement à ce COCO qui me semblait si prometteur.

On a tellement envie de le trouver drôle, qu’on rit presque mécaniquement à ces gesticulations.
Il a voulu trop donner, Gad ELMALEH, il est bourré de talent mais il ne sait pas le canaliser, et c’est normal, il ne fallait pas qu’il se dirige lui-même.
Trop échevelé, trop décousu, trop chargé, il aligne ses trouvailles parfois savoureuses,   mais pourquoi reste-t-on sur sa faim ?
Je ne sais pas, je ne suis pas critique.  En tout cas, j’ai trouvé la fin superbe et émouvante, très belle.
On sort de là un peu déçu, mais toujours aussi fan de Gad ELMALEH.  O

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie




Je me  souviens de Michel DRACH.  Je l’ai rencontré un soir à la terrasse du Flore où Michel Mitrani m’avait invitée à boire un verre.  Nous sortions d’une séance de travail sur l’un de ses synopsis.   Michel DRACH passait par là, ils se sont tombés dans les bras.  Michel a invité Michel à s’asseoir un moment avec nous.  Nous avons parlé cinéma, bien sûr et Michel (MITRANI) a expliqué à Michel (DRACH- que j’étais comédienne et que je l’aidais à finaliser son script pour me faire de l’argent.
- Vous êtes au chômage en ce moment ? m’a-t-il demandé.
- Oui, et ça dure !… je soupirai.
Ils se sont regardés.
-  Vous accepteriez de  m’aider, moi aussi ? J’ai besoin d’une secrétaire pour préparer mon prochain film.
Evidemment j’aurais préféré qu’il me proposât un rôle dedans.
Mais qui sait, l’idée lui viendrait peut-être en bossant ensemble ?
Et voilà comment  de Michel MiRANI je suis passée à Michel DRACH qui avait besoin d’une secrétaire pour la préparation de son film LE PASSE SIMPLE.
Demain, je continuerai l’histoire. C’est un très joli souvenir.

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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie

"- Vous avez la carte Vitale ?
- J'ai la carte Vitale Gold."
Gad Elmaleh dans COCO.

Celle-là, elle restera, même si COCO s'en va dans les oubliettes.
Allez, c'est reparti, je vous dis à demain, mes jolis.
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

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Bonjour !  Et voilà.  C’est la dernière scène de ROSE AUTOUR DE MINUIT.
YANN et CHRIS se retrouvent assis devant l’estrade  des musiciens.  Cette femme qui s’avance pour chanter est-elle ROSE ou bien un mirage ?
Avant même qu’ils ne trouvent une fin à leur scénario, leurs personnages ont décidé qu’elle serait  sinistre.  La réalité a devancé la fiction.
Le rideau tombe sur cette note mélancolique mais après une semaine de relâche  il se lèvera à nouveau sur une comédie, une vraie, dont l’action se passe dans la salle d’attente d’un médecin allergologue.  Des allergies, il en existe des centaines, et chaque personnage aura la sienne.
Cocasserie et suspense assurés. J’espère que vous aimerez.  On se retrouve lundi 6 avril, ne m’oubliez pas !

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ROSE AUTOUR DE MINUIT - scène 64

Publié le par Miss Comédie

LE BAR
YANN, CHRIS, le BARMAN


Reflet dans un miroir brisé.



CHRIS
Il s’est passé quelque chose ?
YA
YANN
Nous avons changé la fin, c’est tout.

Ils restent silecieux un moment puis
CHRIS tend les feuillets à YANN.

CHRIS
Ma fin est plutôt pessimiste, tu verras.
YANN, prenant les feuillets et lisant
« NAT sort du bar en titubant, visiblement hors de son état normal. Il traverse la rue, fait quelques pas sur le trottoir puis, brusquement, fait demi-tour et fonce sur la chaussée en courant.  Les phares d’une voiture surgissent, il s’arrête et c’est le choc. »

YANN s’arrête de lire, regarde CHRIS sans rien dire un long moment.


CHRIS
Et ta fin à toi, elle est comment ?
YANN
C’est la même que la tienne.

Le barman  arrive avec les consommations qu’il pose sur la table.

LE BAMAN
Je dois vous prévenir, ce soir je fermerai plus tôt.  Ce n’est pas un soir comme les autres.

Il repart en direction du bar.
Le  couple de clients se lève et s’arrête devant le bar pour régler leurs consommations avant de sortir.

Le barman éteint quelques lumières. Seule, la table où YANN et CHRIS sont assis reste dans la lumière, devant l’estrade vide où l’on voit s’avancer ROSE, dans son apparence diaphane du premier soir, fourreau noir, visage hiératique.  Elle s’empare du micro et chante. 
Les deux hommes ne la regardent pas.  Ils continuent de se parler comme s’ils étaient seuls, on n’entend plus leur dialogue, seule la chanson de ROSE emplit l’espace tandis que le noir se fait.

      F  I  N



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MOI JE DIS BRAVO...

Publié le par Miss Comédie

 
…. à Claudia STAVISKY qui tire un beau parti des ressources immenses du théâtre des CELESTINS.  J’ai vu hier soir un HAMLET hallucinant monté par Claire LASNE-DARCUEIL. 
Cette femme, qui joue aussi Gertrude dans la pièce, possède une
énergie créatrice extraordinaire.  Ses inventions scéniques et sa poigne pour diriger les acteurs sont phénoménales.  Je ne la connaissais pas. Je ne sais pas d’où elle vient, ni ce qu’elle a fait avant.  Mais là, chapeau !  Sa mise en scène est vraiment « shakespearienne ».
Pour le reste, c’est-à-dire la distribution, et bien… je ne suis pas entièrement convaincue.  Parlons d’Hamlet : Patrick CATALIFO prend peu à peu possession du personnage en lui donnant une folie très inspirée, il a les secousses, les cris, l’ironie et le désespoir très convaincants.  Mais son physique ingrat m’a un peu gênée. C’est un gnome agile comme un singe, il n’a pas l’élégance et la stature d’un prince.  Autour de lui, une Ophélie très jeune, belle et qui maîtrise ce rôle difficile avec une étonnante maturité.   Pour ce qui est de Gertrude, la mère d’Hamlet, vraiment je pense que Claire LASNE-DARCUEIL aurait pu se dispenser de s’attribuer le rôle.  Les autres sont bien, sans plus. Pas de véritables natures pour encadrer la folie destructrice d’Hamlet.
Mais l’ensemble du spectacle est magistral,  magnifiquement installé dans un décor astucieux, d’impressionnants effets de lumière (aveuglante parfois) et sonorisation assourdissante, parfaitement gênante à certains moments, comme il est d’usage de nos jours sur les scènes de France et de Navarre.
La représentation dure quatre heures…. Mais la magie de Shakespeare opére et on ne voit pas passer le temps.

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SOUVENIRS MILLESIMES

Publié le par Miss Comédie

« Je me souviens »… qui disait ça aussi ?  C’est Georges PEREC avec ses 480 souvenirs numérotés de 1 à 480  et qu’il avait réunis depuis l’âge de 10 ans jusqu’à sa vingt-cinquième a, c’est lui qui le dit.
Dans son livre « JE ME SOUVIENS », paru en 1978, Georges PEREC  se souvenait de plein de petites choses de la vie, de Paris, du métro, de gens du spectacle.
Et Sami FREY pédalait, pédalait, sur la scène du théâtre du Port de la Lune à Bordeaux, en récitant ce texte drôle et mélancolique.  L’idée du petit vélo était de lui.
On demandait à Sami FREY « mais vous devez vous sentir bien seul, en scène, sur votre vélo, en disant les souvenirs de PEREC ? »
Il avait répondu simplement « comme dans la vie… »
Bon, ça n’est pas vraiment un événement de ma vie que je vous écris-là, mais il est toujours question de souvenirs…
Et ça m’a donné l’occasion de me rappeler cet écrivain atypique qui me fascine, depuis ses prouesses d’écriture (comment peut-on arriver à écrire  un roman de 300 pages sans utiliser une seule fois la lettre e ?") jusqu’à ses grilles de mots croisés ultra-dures mais  tellement humoristiques.
Après tout, nous sommes encore en Mars, le mois anniversaire de sa naissance et de sa mort.  Donc, je ne suis pas tout à fait hors sujet…


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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie

Tout  portrait se situe au confluent d’un rêve et d’une réalité.
Georges PEREC  (La vie mode d’emploi)

Je n’aurais pu trouver mieux pour mettre un point final à cette pièce.
Merci à Georges Pérec, toujours bien inspiré.
Et au revoir à vous tous, pour une petite semaine qui sera très occupée :  je monte à Paris participer à la remise du Prix du Premier Roman en ligne des Editions Le MANUSCRIT, pour mon roman SA LENTE TRAVERSEE DU MOIS D’AOUT.
ET… je peaufine les premières scènes de ma prochaine pièce sur ce blog : LES AMOUREUX DANS LA SALLE D’ATTENTE.
A lundi 6 avril, ne m’oubliez pas !

Miss Comédie.

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Chers amis, ROSE AUTOUR DE MINUIT arrive à son dénouement.  Comme au tout début de la pièce,
YANN et CHRIS se retrouvent dans ce bar mais aujourd'hui la scène est vide. Ils ont tous les deux imaginé
une autre fin pour leur scénario... Fiction ou réalité ?
Dans la page d'aujourd'hui vous trouverez aussi un hommage à Laurent TERZIEFF qui est à l'affiche du
Théâtre Rive Gauche avec "l'HABILLEUR". 

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ROSE AUTOUR DE MINUIT - scène 63

Publié le par Miss Comédie


LE BAR
LE BARMAN, YANN puis CHRIS

Retour sur image.


YANN ne répond pas et regarde autour de lui le décor de ce bar désormais vidé de son sens.
Il hésite un peu puis va s’asseoir à la table qu’il occupe habituellement.
Comme s’ils avaient rendez-vous, entre CHRIS qui hésite, lui aussi, avant de se diriger vers la table de YANN.
Les deux hommes se dévisagent un instant puis YANN désigne le fauteuil en face de lui.

YANN
Tu as réfléchi ?
CHRIS
OuI.  Il m’est venu une idée.
YANN
Dis toujours…
CHRIS
Et bien…

Il hésite, puis sort quelques feuillets de son sac à dos.

Tu liras ça.  C’est la même histoire, mais…

YANN
… sans le pianiste ?
CHRIS
Oui.  Tu y as pensé aussi ?
YANN
Chris, tu vois ce bar.
CHRIS
Oui ?
YANN
Nous sommes bien jeudi.
CHRIS
Oui.
YANN
Et bien, tu vas t’apercevoir que l’orchestre ne jouera pas ce soir.
CHRIS, regardant autour de lui
Ah bon ?  Pourquoi ?
YANN
Parce que le pianiste est absent. Et du même coup, la chanteuse aussi. 

Au ton de la voix de YANN, CHRIS comprend qu’il s’est passé quelque chose.  A ce moment, s’approche le barman qui demande :

LE BARMAN
Est-ce que ces messieurs prendront quelque chose ?
YANN
Oui, donnez-nous comme d’habitude.  Deux scotchs et une bouteille de Perrier.



LE BARMAN
Bien messieurs.  (Il s’éloigne)

(A suivre)

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MOI JE DIS BRAVO....

Publié le par Miss Comédie


…. à Philippe TESSON pour sa critique de l’HABILLEUR, dont je vous parlais hier.
Il dit : « Avec Laurent Terzieff on est toujours dans l’ineffable ».
Ce n’est pas souvent qu’un critique utilise ce genre de superlatif. Et ils ne sont pas nombreux ceux qui le méritent.
« C’est au coeur du sortilège théâtral que nous fait pénétrer la pièce de Ronald Harwood », écrit-il.
Je le cite encore : « On n’est pas près d’oublier certaines scènes de ce spectacle, celle notamment où Terzieff, après s’être grimé sous nos yeux, revêt les somptueux habits d’hermine du Roi Lear, sous les yeux attendris de l’habilleur.  (…) Celles de ses agonies, feintes ou réelles.  Quelle allure !   Quelle beauté !   Quel théâtre ! »
Voilà une critique comme on aimerait en lire plus souvent, vibrante, spontanée.  On sent bien que ça n’est pas du pipeau.
Mais aussi : quel spectacle cela doit être !
(La photo date de 1964 et elle est signée Thérèse Le Prat.)

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