ALBERT CAMUS LA FOLIE THEÂTRE
ALBERT CAMUS : LA FOLIE DU TEHATRE
Il était assis à son bureau, le dos tourné à la fenêtre ouverte, on entendait les chants d’oiseaux, venant de la cour.
C’était un bel homme d’âge mûr, vêtu d’une veste marron hors d’âge , d’une chemise bleue à col boutonné et d’un étrange gilet en laine, tricoté à la main.
Son visage souriant m’invitait à entrer mais j’hésitais. Cet homme ne pouvait pas être l’écrivain célèbre que je recherchais .
Avant de me retirer je dis :
« Excusez-moi, je cherchais Monsieur Albert Camus. »
L’homme éclata de rire et s’exclama : « mais je suis Albert Camus, voyons ! entrez, donc ! "
Alors que je refermais la porte , ahurie , il continua :
« Je vous en prie, asseyez-vous. Vous êtes la secrétaire de Micheline ROZAN et vous m’apportez des documents concernant la pièce, les Possédés que je suis en train de monter c’est bien ça ? »
« Oui oui, c’est bien ça…voici le dossier. »
Il ouvrit le dossier et jeta un coup d’œil sur le contenu. Avec un soupir, il me dit.
« Vous n’imaginez pas à quel point cette pièce est un cauchemar pour moi. Je ne savais pas qu’il y aurait tant de problèmes à régler , tant de choses inconnues à débrouiller. Heureusement Micheline m’est d’un grand secours, elle m’aide beaucoup à me retrouver dans ce maquis théâtral. Vous devez en savoir quelque chose n’est-ce pas ? Comment vous appelez-vous ? «
« Barbara. Oui, Micheline, ROZAN est un agent littéraire extrêmement précieux, c’est ce que j’ai compris. Je suis très fière de travailler pour elle. »
Il me fixa avec une attention soutenue.
« Vous avez quel âge ? »
« 21 ans. »
« Et vous espérez faire une carrière dans le secrétariat ? «
Pourquoi me pose-t-il toutes ces questions ? Mais je réagis :
« Sûrement pas »
Il sourit .
Malgré moi, j’avouai :
« Je veux faire du théâtre. «
Il eut une réaction imprévue, comme si j’avais dit un gros mot.
« Vous êtes folle ! »
« Pourquoi folle ? »
« Mais parce que ce métier est un fléau ! Il peut vous détruire et vous enlevez tout ce qu’il y a de plus beau en vous . »
J’étais abasourdie . De quoi se mêle-t-il ?
« Je crois, au contraire, qu’il vous révèle ce qu’il y a de plus profond en vous… »
« Détrompez-vous le théâtre exige une volonté de fer , une soif de pouvoir et une dureté de cœur que vous n’avez surement pas . »
Je répondis sur un ton provocateur : « Cependant à la fin de l’année je vais m’inscrire à un cours d’art dramatique »
Il baissa les yeux et garda le silence tout en feuilletant les documents que je lui avais remis .
Il avait l’air contrarié . Est-ce que je lui avais manqué de respect ? Cette conversation avait pris une tournure désagréable. Pourquoi se soucie-t-il de mon avenir après tout ?
Mon cœur battait comme un fou. Je n’aurais jamais dû lui parler aussi ouvertement .
Comme il gardait le silence, je me levais pour partir, les larmes aux yeux.
« Barbara ? »
« Oui monsieur ? »
« Écoutez-moi. Je n’ai pas le droit de vous juger ni de vous influencer. Votre choix est peut-être le bon, celui qui vous apportera le bonheur . «
« J’ai signé les documents et je crois que ce sont les derniers que vous aurez à me soumettre . »
Nous ne nous reverrons probablement pas avant l’année prochaine . Mais promettez moi une chose : lorsque vous aurez commencé vos cours d’art dramatique je veux que vous me teniez au courant de vos progrès . C’est très important d’accord ? »
Je le regarde , incrédule , comment a-t-il pu saisir si vite ma folie sous le sérieux de la secrétaire ?
Avant de lui répondre je reprends le dossier et debout face à lui je prononce :
« je ferai cela avec joie monsieur Camus , et j’espère vous prouver que le théâtre fait éclore le talent chez le sage comme chez le fou . »
Il se leva, contourna le bureau et vint vers moi. J’étais debout, tremblante, mais il me sourit, et me prit le bras pour m’accompagner à la porte .
Là , nos regards se croisèrent avec émotion lorsque je tournais le dos pour reprendre le chemin de l’escalier.
Albert Camus devait disparaître brutalement le 4 janvier 1960 d’un tragique accident de voiture .
Nous ne devions plus jamais nous revoir.
Miss Comédie
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