RAMATUELLE : TOUS LES PLAISIRS A LA FOIS ! Celui-là, c’est un bijou de Festival, dans un des plus beaux villages de l’arrière-pays de St-Tropez, fréquenté par toutes sortes de demi-dieux et déesses avides de culture. Un Festival à l’image de BRIALY : brillant, ludique, épicurien.
Ca se passe où ? Dans le ravissant théâtre de verdure érigé « derrière le vieux figuier », sur un coteau autrefois planté d’arbres et de restanques, et d’où la vue s’étend jusqu’à la mer.
Depuis quand ? Depuis 1985, quand la Mairie de Ramatuelle représentée par Jacqueline FRANJOU, fit appel à Jean-Claude BRIALY pour Il a si bien réussi que d’année en année c’est devenu un site incontournable dans la ronde festivalière. Sa couverture méfdiatique est aussi importante que celle d’Avignon ou d’Orange et les plus grandes figures de l’art dramatique, choral ou musical sont au programme.
Avec qui ? Cette année, le Festival fête ses 25 ans et pour l’occasion, France 2 retransmettra en direct la pièce « PARLEZ-MOI D’AMOUR » avec Michel LEEB et Caroline SIHOL, dans une émission spéciale animée par Michel DRUCKER. Mais les stars à l’affiche se bousculent dans tous les genres : Molière côtoie Philippe Claudel, Guitry ou Labiche et les acteurs s’appellent Michel BOUQUET, Claire NADEAU, ou Michel GALABRU ou encore Claude et Alexandre BRASSEUR, ou Patrick CHESNAIS ! Côté vocalises, vous avez Patricia KAAS et Patrick BRUEL, excusez-moi du peu ! Michel BOUJENAH, le directeur artistique qui a pris la suite de Jean-Claude BRIALY, attire autour de lui un bouquet de sensibilités proches de l’esprit du grand disparu. Pas de prise de chou, tout est parfaitement compréhensible et le comique est perceptible à tous les degrés…
C’est quand ? Du 30 juillet au 11 août. Les jours les plus chauds de l'année !
AU BOUT DE MA JUMELLE… C’EST DÉJA LA RENTRÉE AU THEÂTRE DE L’ATELIER
« HIVER » de Jon FOSSE, mise en scène Jérémie LIPPMAN. Quel genre ? Tragi-comédie. Avec qui ? La grande Nathalie BAYE donne la réplique à Pascal BONGARD que l’on a vu au cinéma dans Les Destinées Sentimentales d’Olivier Assayas, Actrices, de Valeria Bruni-Tedschi, deux Werner Shroeter… Ca parle de quoi ? Le Norvégien Jon FOSSE expose un dédale de sentiments entre un Homme et une Femme qui n’arrivent pas à se décider. Ils se rencontrent, se perdent, se retrouvent, chaque fois dans des endroits différents et chaque fois dans un mood différent, entre liaison et rupture. Ca commence quand ? Le 15 octobre. Mon avis ? Tout le monde va y aller pour Nathalie BAYE, évidemment ; Mais elle a fait un bon choix de texte et à l’ATELIER, on a la main sûre. Ca marchera.
« Le théâtre et la vie peuvent souvent ne faire qu’un. » J.C. BRIALY (Le ruisseau des singes)
Oui bien sûr, quand on est un acteur comme lui, qui ne vit que pour jouer. Je me souviens de lui toujours souriant. Il cachait tout sous un sourire. L’ultime élégance. Il m’appelait « petite folle ». C’était pour moi un compliment énorme. Je l’aimais tendrement. A demain, peut-être… Miss Comédie
Bonjour ! Et voilà, nous sommes en été et les jours raccourcissent. Mais le soleil se couche encore très tard, pour le bonheur des festivaliers. Aujourd'hui le rideau se lève sur le Festival d'Anjou, dans un chateau de conte de fées, pour la NUIT DES ROIS. Et en même temps, on jette un oeil sur la prochaine rentrée théâtrale, très prometteuse, il semble. Ici même, dans le cabinet du médecin, suite de l'entretien où SONIA commence à perdre complètement les pédales.
LE MEDECIN Bien. Nous allons donc passer au stade thérapeuthique suivant : la recherche des causes psychopathologiques. ELLE Mais nous avons déjà passé en revue les causes possibles l’an dernier et on n’en a trouvé aucune ! LE MEDECIN C’est que nous n’avons pas poussé assez loin l’investigation... ou bien que certains paramètres ont changé... en un an, il s’en passe, des choses... Excusez ma question, mais... avez-vous opéré des changements dans votre vie depuis un an, madame Aufray ? ELLE (troublée) Non... c’est-à-dire oui..., un grand changement, mais pour être précis, ce chamboulement-là a commencé le jour de ma première visite, le 5 janvier de l’année dernière. LE MEDECIN Le 5 janvier ? ELLE Oui, le 5 janvier, c’était aussi le jour de la première visite de Maxime Sévère, et ... (elle marque un temps d’hésitation) c’est lui la cause du chamboulement. LE MEDECIN Vous m’en direz tant. Bien... bien... C’est curieux, ça... Donc, quand vous êtes venus tous les deux ensemble, le... voyons le 5 mars, vous ne vous connaissiez que depuis deux mois ? ELLE Depuis deux petits mois, oui. LE MEDECIN Vous veniez chacun pour des troubles différents, et à la suite de ces visites, vos troubles ont disparu... ELLE Momentanément, oui...
Avec LA NUIT DES ROIS, l’une des meilleures pièces de Shakespeare, la saison commence comme un feu d’artifice.
Ca se passe où ? Au château de Plessis-Macé, à 10km d’Angers, une forteresse datant du Moyen-Age et remaniée au début de la Renaissance.
Depuis quand ? Depuis 1950 l’année où René Rabaut monte ROMEO ET JULIETTE au château de Brissac, et sur sa lancée d’illustres visiteurs comme Albert Camus, Jean-Claude Brialy, Francis Perrin ont joué dans cette cour des grands. D’abord gratuit, le Festival devient payant cette année. Les 1 440 places se sont envolées.
Avec qui ? Une distribution éblouissante : Sara GIRAUDEAU, Chloé LAMBERT, Yves PIGNOT, Henri COURSAULT, Arié ELMALEH, thibaut LACOUR, Yannis BARABAN… Un directeur artistique passionné, Nicolas BRIANCON, qui a succédé à Jean-Claude BRIALY e qui est aussi metteur en scène et acteur. Jusqu’à quand ? Jusqu’au 4 juillet. Une soirée éblouissante entre rire et larmes, la quintessence de l’art théâtral.
AU BOUT DE MA JUMELLE : LA RENTRÉE THEÂTRALE ! Le tour d’horizon des Festivals n’est pas bouclé que déjà les théâtres proclament leurs projets de rentrée… Comme chaque année, il Y a pléthore. Comme chaque année, les auteurs et les stars se battent pour avoir le haut de l’affiche. Ensuite… Et comme chaque année, le public choisira. Très alléchant, l’aperçu ! Je vais donc me partager entre les Festivals à ne pas manquer et les pièces de théâtre les plus attendues. Entre nouveautés et reprises, on a de quoi réagir ! Honneur aux nouveautés.
AU THEATRE EDOUARD-VII « SENTIMENTS PROVISOIRES » de Gérarld AUBERT.
C’est quel genre ? Une comédie. Avec qui ? Pierre ARDITI, Sylvie TESTUD et François BERLEAND. Ils sont dirigés par Bernard MURAT. Ca parle de quoi ? De l’amour et de l’amitié. Avec un tel triplé, le sujet sera bien traité, c’est sûr. Ca commence quand ? Le 8 septembre Mon avis ? L’auteur est un habitué du succès. Le Voyage, Raisons de Famille ont attiré du monde. Mais c’est encore les acteurs qui feront des fauteuils. Le duo Arditi/Testud doit fonctionner à merveille. A voir, sûrement.
Demain je vous parlerai de la pièce que joue Nathalie Baye au Théâtre de l’Atelier.
« La folie, monsieur, fait le tour du monde comme le soleil. » W. SHAKESPEARE (La Nuit des Rois : Le Fou s’adressant à Viola déguisée en homme)
Oui, vraiment, la folie est dans les pièces de Shakespeare comme la trame d’un tissu chatoyant. J’aurais voulu revoir La Nuit des Rois dans cette mise en scène ! Ce sera à Paris cet hiver peut-être. A demain, mes amis du théâtre, portez-vous bien. Miss Comédie
Bonjour ! Tandis que j'écris, une petite Mia vole au-dessus de nous, c'est fou d'imaginer ça sans frissonner mais le miracle s'accomplit si souvent qu'il faut encore s'extasier sur l'intelligence de l'homme. Le rideau va se lever aujourd'hui sur une visite de SONIA à son médecin qui va probablement tourner au vinaigre... Et sur deux festivals grandioses qui font oublier les petits tracas de la vie quotidienne. Le Rêve a encore sa place, l'été, profitons-en !
Le cabinet du médecin. ELLE est assise en face du médecin.
ELLE JOUE AVEC LE FEU ?
LE MEDECIN Madame Aufray, qu’est-ce qui vous ramène à mon cabinet ? Je vous ai vue, je crois... (il feuillette un dossier) le 5 novembre dernier... ELLE Tout d’abord, laissez-moi vous féliciter, docteur : je vous ai envoyé ma mère qui souffrait d’insomnies, et vous lui avez prescrit un traitement qui l’a complètement guérie. LE MEDECIN, modeste C’était un cas banal : allergie aux poils de chien. La santé de Madame votre mère est toujours bonne, j’espère ? ELLE La santé, oui. Le moral, c’est autre chose. Quant à moi, depuis ma dernière visite il y a un mois, je ne vais pas mieux. LE MEDECIN Vous aviez une bonne grippe. Je vous ai envoyée à mon confrère, le docteur Gabor. Je vous rappelle que je ne peux rien contre la grippe. ELLE Je sais, docteur. Je n’ai pas la grippe. LE MEDECIN Qu’avez-vous ? ELLE La même chose que l’année dernière à cette époque : une crise d’urticaire, ou d’éczéma, je sais pas, mais je me gratte. LE MEDECIN Voyons voyons... (il regarde son dossier) A l’époque vous aviez des éruptions eczémateuses sans cause psychosomatique apparente... (il marmonne) je vous ai ordonné un traitement local.... corticoïde...(nom de médicament incompréhensible)... Le 5 juillet vous êtes revenue me voir et apparemment les éruptions avaient disparu. ELLE Exact. LE MEDECIN Elles ont repris quand ? ELLE Dimanche dernier. LE MEDECIN Au même endroit ? ELLE Oui. (A suivre)
MONTE-CARLO : AU SPORTING, PLUIE D’ETOILES SUR PARTERRE TRÈS HYPE.
C’est l’endroit où tout-à-coup vous perdez le sens des réalités. Où suis-je ? Et la crise, elle est passée ? Il y a encore dans le monde des endroits comme ça où toutes les femmes sont des princesses et les hommes des Georges Clooney. `Depuis quand ? Le vieux complexe du SPORTING, déjà très luxueux du temps de la SBM des Grimaldi, a été entièrement rénové en 1974 pour créer plusieurs salles de spectacle, dont la « SALLE DES ETOILES » où se déroule le Festival. Où ça se passe ? Dans cette salle de 1000m2 qui peut accueillir jusqu’à 900 invités, où les tables se côtoient dans un chatoiement de vaisselle et d’argenterie, dont le toit ouvert sur la nuit étoilée laisse entrer quelques effluves maritimes. Avec qui ? Des superstars. Elles sont toutes passées par le Sporting. Le top du top. Cette année vous avez Johnny HALLYDAY, Grace JONES, Leonard COHEN, Lenny KRAVITZ, George BENSON etc. L’ambiance est cour de Versailles revue par Cecil B de Mille. On se sent un peu seul, mais on sait que ça ne se reproduira pas tous les jours. C’est quand ? Si votre anniversaire se situe dans cette période, c’est du 10 juillet au 23 août. Il sera inoubliable dans le genre grande frime.
A CANNES, UNE EXPLOSION FEERIQUE Après les feux de la rampe, vous pouvez vous donner des émotions avec un festival de feux d’artifices tirés sur la mer, face à la Croisette. Ca se passe où ? A CANNES, à deux pas de MONACO, donc vous pouvez enchaîner deux soirées inoubliables. Sur la Croisette, assis ou debout, le nez en l’air, vous ne pourrez pas vous empâcher de hurler de joie à chaque fusée lancée. Avec qui ? Chaque année, six artificiers représentant leur pays viennent s’affronter dans une débauche de couleurs et de formes fantasmagoriques. Ils rivalisent d’invention dans ce genre de spectacle qui a toujours fait le bonheur des grands et des petits. Devant l’éblouissement d’un feu d’artifice on retrouve son âme d’enfant. Ici, la musique accompagne les tirs d’un jaillissement sonore qui donne le frisson. Ils gagnent quoi, les artificiers ? D’abord la reconnaissance du public qui clame sa joie, mais aussi celle des professionnels de la pyrotechnie qui remettent chaque année au vainqueur la VESTALE D’ARGENT, statuette symbolisant la maîtrise du feu. C’est quand ? Les 14, 21 et 29 juillet et les 7, 15 et 24 août.
INTERROGATION... J’apprends qu’Audrey TAUTOU est pressentie, que dis-je, est engagée au Théâtre de la Madeleine pour jouer Nora dans MAISON DE POUPEE d’Ibsen. Elle arrive après quelques belles performances d’actrices, Dominique BLANC entre autres… Je doute fort qu’elle ait les épaules pour porter ce rôle plein d’ambiguïté et de force intérieure. C’est son année, pas de doute, elle a déjà été en haut de l’affiche avec COCO AVANT CHANEL, où elle a bien déçu. Le théâtre, c’est encore un autre défi. Il faut avoir le culot et l’envergure de Laetitia CASTA pour s’en sortir honorablement… Décidément, le Théâtre de la Madeleine fait de curieux castings… Avoir choisi Ludmilla MICHAËL pour jouer la meurtrière dans l’AMANTE ANGLAISE, c’était très farfelu aussi. Un rôle à contre-emploi pas facile à rendre crédible…
Bonjour ! Entre les Chorégies d'Orange et le Marsupilami, vous me direz il n'y a pas de rapport immédiat. Mais qui sait ? J'ai bien vu projeté sur le MUR un film de Luc Besson, il n'y a pas que le bel canto qui ait les honneurs d'un théâtre antique. Aujourd'hui dans mon théâtre contemporain, les envolées lyriques d'un ennemi du genre humain. Celui-là, le médecin n'est pas près de le guérir.
La salle d'attente. ELLE, LA DAME, LE PETIT HOMME.
L'ALLERGIE AU GENRE HUMAIN : INGUÉRISSABLE ?
Elle se lève et va éteindre le poste TV. Le petit homme s’ébroue.
LE PETIT HOMME Les livres. Contamination du cerveau humain par les livres. ELLE Les livres ? LE PETIT HOMME sans la regarder Comme l’eau des rivières est polluée, l’esprit des hommes est pollué... depuis des millénaires... L’humain s’est désolidarisé du Cosmos, sa seule chance de survie !... L’homme s’est cru Dieu et il l’a écrit dans les livres et Dieu l’a renié.. Plus d’espoir. ELLE Mais il y a plein de livres qui parlent d’espoir ! LE PETIT HOMME Ceux-là sont tournés en ridicule et vont bientôt disparaître. L’homme est subjugué par le Mal. Le héros incontesté de notre époque ? Le SERIAL KILLER ! A lui l’admiration des foules ! Les livres qui racontent les serial killers sont les plus lus dans le monde. ELLE Je croyais que la Bible était le livre le plus lu dans le monde. LE PETIT HOMME Faux ! Fausse information. Faux sondages. Faux espoir. La dame et Elle se regardent. ELLE Vous n’avez donc aucun livre chez vous, je suppose ? LE PETIT HOMME Un seul. Le manuel du Parfait Jardinier. Mais il va bientôt disparaître car je souffre toujours d’allergie. ELLE Que vous conseille le docteur ? LE PETIT HOMME La guérison par le vide. ELLE Peu à peu il vous dépouille de tout ? LE PETIT HOMME Oui. ELLE Et vous vous sentez mieux ? LE PETIT HOMME Non. LA DAME Mon garçon, je ne vois qu’une chose : changez de médecin. Celui-ci ne vous vaut rien. LE PETIT HOMME Non ! Je crois en lui. Il voit au fond des âmes. Il a su tout de suite pourquoi j’avais tué Mina.
Silence. Les deux femmes n’osent plus se regarder.
ELLE Qui était ... Mina ? LE PETIT HOMME se tasse sur son siège, se renfermant en lui-même, sans daigner répondre. La porte du cabinet s’ouvre et paraît le docteur. LE MEDECIN Madame Aufray ! (Pendant qu’elle ramasse ses vêtements et salue la dame, il remarque le poste éteint.) Vous avez éteint le poste ? Vous n’aimez pas ça ? ELLE passe devant lui et d’un ton détaché Je suis allergique à la télé. (A suivre)
LES CHOREGIES D’ORANGE : FACE AI MUR DU SON ! Ca c’est du grand spectacle. Il faut retenir un an à l’avance ou presque. Ici le public est féru d’art lyrique, et on ne la lui fait pas. Tout ça est un peu snob mais de haute volée. (Rien à voir pourtant avec AIX ! Le dessus du panier…) Seulement parfois, le spectacle est ruiné par le mistral contre lequel on ne peut rien et qui emporte les plus belles voix jusqu’aux Saintes-Marie !
Depuis quand ? Un Festival s’y déroulait chaque année depuis 1869 sous le nom de « Fêtes romaines » puis en 1902 prit le nom de « Chorégies ». Depuis 1971 dans sa forme actuelle. Ca se passe où ? Et bien au Théâtre antique, bien sûr. Edifié sous l’empereur Auguste, au 1er siècle de notre ère. Comme le théâtre de Vienne, d’ailleurs. C’est le théâtre romain le mieux conservé en Occident. Ce qui fait le prestige de ce monume,nt, c’est son mur de scène qui subsiste encore avec sa hauteur d’origine (103m par 37m de large !) Un mur impressionnant, énorme ! Louis XIV s’exclame en le voyant : « C’est le plus beau mur de mon royaume ! » et encore il n’a pas écouté LA CALLAS chanter CARMEN devant ce mur… Avec qui ? Cette année, trois opéras se partagent la programmation, chacun joués deux fois comme il est d’usage à Orange : LA TRAVIATA mise en scène Frédéric BELIER-GARCIA - CAVALERIA RUSTICANA de Mascagni ET PAILLASSE de Leoncavallo ces deux dernières étant dirigées au pupitre par Georges PRETRE et les rôles titres chantés par Béatrice URIA-MONZON et Roberto ALAGNA ! Gageons que les 10 000 places qui se sont vendues à prix d’or seront intégralement occupées par les fans qui savent qu’à Orange on ne vient pas sans coussin car les gradins sont durs et les opéras parfois très longs…
ALAIN CHABAT : LA BD FAIT SON CINEMA
DUJARDIN joue Lucky Luke, CHABAT adapte et tourne MARSUPILAMI. Il vient de tourner dans LA NUIT AU MUSEE 2 aux côtés de Ben Stiller, une expérience qui laisse des traces. Il a pris des notes et appliquera bientôt les principes militaires qui font les réussites des block-busters. Il est fort en bande dessinée. La preuve, on l’a balancé conseiller artistique sur l’adaptation du PETIT NICOLAS. Le film qu’il prépare, MARSUPILAMI, il l’a en tête depuis des années. Son souci : comme pour Dujardin, être crédible en Marsupilami et ne pas trahir la pensée de Frankin. Une chose me turlupine : comment un mec peut-il se transformer en animal à très longue queue ? Le nom de CHABAT sur un générique, c’est payant. (Je déteste le mot « bankable »). Alors, un doublé gagnant : DUJARDIN/LUCKY LUKE, CHABAT/MARSUPILAMI ?
FLASH INFO THEATRE Ils ont fait un tabac à Lyon au café-théâtre LE NOMBRIL DU MONDE, les voilà à Paris à la Gaîté-Montparnasse. Thierry BUENAFUENTE et sa pièce bien nommée « PIECE DETACHEE » vont faire rire les Parisiens à partir de ce soir. C’est l’histoire d’amis qui se retrouvent pour fêter ensemble le 31 décembre. Or, ils ne se sont pas vus depuis deux ans… Surprise surprise… En même temps que son talent de comique déjà reconnu, Thierry BUENAFUENTE nous donne à découvrir son talent de plume… très efficace. Ca tombe bien, au moment où les autres font relâche, eux vont prende le relais tout l’été jusqu’à Noël, bien joué !
« Il vaut mieux être une bonne chanteuse populaire qu’une mauvaise chanteuse d’opéra. » Maria CALLAS
Il se cache sous cette réplique une bonne dose d’auto-satisfaction. Non ? Il vaut mieux être Patricia KAAS qu’essayer d’être Maria CALLAS, c’est ça ? Et l’humilité, bordel ! A demain, mes ténors. Miss Comédie
Bonjour ! Le choix des festivals est grand, mais il est dicté par la géographie. Moi, par exemple, j'ai vraimentregretté de ne pas être angevine, avant-hier soir, pour voir LA NUIT DES ROIS au Festival d'Anjou. Je me rattraperai à Vienne où souffle encore l'esprit de Miles DAVIS. Dans ma pièce, cette pauvre amoureuse se refuse elle aussi à croire que la cause de son allergie est l'homme qu'elle aime... Vont-ils enfin se réveiller et changer de médecin ?
ELLE Il... vous habite ? Signe de la tête de la Dame. Sonia semble perplexe. Elles se taisent un long moment. ELLE Mais pourtant vous disiez que le docteur vous avait guérie ? LA DAME Il m’a fait prendre conscience des choses. D’ailleurs c’est bien simple : je suis guérie puisque je n’ai plus de boutons. (un temps) Ce bon docteur... (un temps) Dommage qu’il ait commencé par me faire arracher les tentures murales, les double rideaux et la moquette... Il aurait pu commencer par le porte-clefs... Ca m’aurait coûté moins cher... (A Sonia) C’est drôle, que pour vous il n’arrive pas à trouver ? ELLE Peut-être que je ne lui donne pas tous les éléments... j’ai horreur de raconter ma vie. LA DAME Ah ça, il faut se déboutonner (elle pouffe de rire) c’’est le cas de le dire, ah ah ah ! Moi, j’ai laissé ma pudeur au vestiaire, voyez-vous, il faut bien coopérer. Comment voulez-vous savoir les choses... Il vous questionne ? ELLE Oui, mais je reste dans le vague... Ou bien je l’égare sur de fausses pistes... Je m’amuse. Il prend au sérieux des problèmes bidon. Comme de détester conduire, par exemple... Il y a réfléchi pendant des heures, pour aboutir à rien. LA DAME Mais alors, comment il vous soigne ? ELLE Avec un traitement local. Il cherche toujours la cause, la cause... Quand on voit dans quoi je vis : un appart nickel, totalement zen, sans rideaux, sans tapis... je dors sur un futon sans oreiller... Où mon allergie peut-elle bien se nicher ? LA DAME, apitoyée Oui, où ?
JAZZ A VIENNE, LES GRADINS ROMAINS POUR LE GRATIN DU JAZZ.
Depuis quand ? Depuis 1981 seulement… enfin, ça fait quand même 28 ans, mais je trouve pas ça énorme, je croyais plus. Ca se passe où ? Sur la scène du Théâtre antique pour les évènements majeurs, et dans d’autres lieux de la ville. Vienne est la seule ville avec Lyon à posséder un théâtre antique avec odéon mais il ne lui sert à rien, l’odéon, car on le visite pas. Le théâtre, lui, se visite et ses 46 gradins qui peuvent accueillir 8.000 spectateurs s’élèvent jusqu’au sommet de la colline qui domine toute la ville. C’est très beau comme cadre, et la musique de jazz dans ce décor devient complètement anachronique ! Avec qui, ? D’immenses musiciens de jazz s’y sont produit, de Miles Davis à Michel Petrucciani, Stan Getz etc. Cette année le thème du Festival est le métissage, on pourra écouter Barbara Hendricks, Mc Solaar, Youssouf n’Dioun et d’autres grandes figures moins connues de nous dans le gospel et la musique africaine. Finalement, cette année n’est pas follement excitante, les stars ne sont pas au rendez-vous… Il faut être très spécialisé dans les musiques du monde pour avoir envie d’y aller. C’est quand ? Du 27 juin au 10 juillet. C’est bientôt !
LUCKY LUKE : UN FESTIVAL DUJARDIN ! Pour ceux qui ont vu « Brice de Nice », le nom de JAMES HUTH n’est pas celui d’un réalisateur américain. DUJARDIN et lui c’est une paire de potes. Ils ont dû concevoir cette idée de faire un film sur Lucky Luke, comme on conçoit un canular. Et pourtant, tudieu, c’est carrément une superproduction ! tourné en Argentine, dans les conditions d’un vrai western à la Sergio Leone. Le défi pour DUJARDIN, c’est de ne pas faire de Lucky Luke un clown. Il dit que pour le rendre crédible, ils ont procédé comme au théâtre, en étudiant le personnage en amont : qui est Lucky Luke ? Pourquoi est-il si cool ? Pourquoi il arrive pas à tuer même les méchants ? Je me demande s’ils ont eu la réponse à ces questions. Pas facile de situer un mec qui n’existe pas. Mais quoiqu’il fasse de son personnage, on adorera DUJARDIN.
UNE PARENTHESE De sa voix un peu chevrotante, au micro de France Musique, Michel ROBIN vient de dire ceci : « Je n’aime pas les metteurs en scène. Au théâtre, l’important c’est le texte, et les acteurs. » Michel ROBIN est un très grand comédien du Français. Il a joué sous la direction des plus grands metteurs en scène et actuellement il joue UBU ROI dans la salle Richelieu de la vénérable Maison, mis en scène par Jean-Pierre VINCENT. Comment juger cette phrase ? Il a dit ensuite « Voilà, ce que je viens de vous confier va me coûter ma carrière. » Il était donc conscient de l’énormité de la chose. Il l’a dite pourtant, comme pour se délivrer d’un fardeau. Combien de fois a-t-il du se taire, ravaler ses larmes d’acteur qui, lui seul, sait ce que veut dire son personnage ? Bien sûr, il faut un chef d’orchestre sinon chaque musicien fait n’importe quoi. Un metteur en scène est un coordinateur. Mais est-ce qu’il ne sacrifie pas pour le bien de tous, le talent caché d’un seul ?
« La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence. » Miles DAVIS
Quelle merveilleuse philosophie. C’était un sage, Miles Davis. Il avait connu tous les silences. Je l’ai entendu jouer à Vienne, dans sa veste pailletée il était muré dans un silence intérieur et délivrait des notes déchirantes, dos au public. A demain pour un autre festival, mes très chers. Miss Comédie.
Bonjour ! Vous n'avez pas fini d'en entendre parler : la ronde des festivals de l'été va commencer. Il y en aura pour tous les goûts et pour tous les départements. Moi, j'en choisirai quelques-uns, ceux qui m'ont déjà charmée ou qui me font rêver, et je vous en parlerai. Ils vont meubler cette période de l'année où la réalité s'efface derrière les vacances, les transhumances et l'attente d'autre chose... Mes AMOUREUX se cherchent encore, dernières hésitations avant le grand saut.
La salle d’attente. ELLE, la Dame, le petit homme dans un coin. Le poste TV est en marche. On entend le son en sourdine. Au lever du rideau, ils regardent tous trois l’image sans parler, l’air absent.
ELLE sans lever les yeux du poste Je n’en reviens pas. Le porte-clef à peine jeté, vos boutons ont disparu ? LA DAME (idem) Mais oui. En fait, j’avais des boutons lorsque je portais les vêtements que m’avait offerts mon ex, du temps que nous étions ensemble... ELLE Et de jeter le porte-clef... LA DAME ... ce fut un geste de libération. Un geste courageux, croyez-le, comme un coup de bistouri dans une plaie purulente... ELLE Une plaie ? LA DAME (la regardant et articulant doucement, comme pour un enfant) Si je gardais secrètement ce porte-clefs... c’est que j’avais toujours mon ex dans la peau ... Vous ne voyez toujours pas ? C’est de la psychologie. ELLE Et de jeter le porte-clefs... LA DAME (avec patience) ... ça voulait dire que je renonçais à lui une fois pour toutes. Et ensuite, j’ai jeté tous les vêtements qu’il m’avait offerts. ELLE hoche la tête Et depuis, vous ne pensez plus du tout à lui ? LA DAME regardant Sonia intensément Si. Mais autrement. ELLE Vous pensez toujours à votre ex ? LA DAME regardant toujours Sonia J’y pense.... avec bonheur. ELLE Je ne comprends pas. La Dame se lève, fait quelques pas, visiblement émue. LA DAME Il m’habite.
Ils surgissent chaque année plus nombreux dans toutes les villes de France, les Festivals. Le théâtre, la danse, la musique, les lectures,le chant, le rock, le jazz investissent les moindres lieux historiques, les moindres arènes, les moindres patios, les moindres églises, la moindre colline, bref, partout où peuvent s’installer les publics les plus éclectiques. Et ces publics sont de plus en plus demandeurs. L’été est propice aux découvertes, saluons donc cette invasion de culture qui met la province à l’honneur…et qui est sans danger pour la planète.
FESTIVAL DE LA CORRESPONDANCE DE GRIGNAN
Depuis quand ? Depuis 1996, tricentenaire de la mort de la marquise de Sévigné. Sous l’impulsion de son mlaire, Bruno Durieux, Grignan inaugure dans la splendide Collégiale du Château une lecture de la correspondance de son illustre hôtesse à sa fille madame de Grignan. Le succès fut énorme, le genre était lancé. Depuis, l’art épistolaire est célébré à Grignan avec des auteurs de tous horizons, de toutes disciplines. Avec qui ? Des comédiens connus, sous la direction de metteurs en scène aussi connus, se prêtent au jeu indiscret de la découverte avec les correspondances parfois inédites d’auteurs inattendus, écrivains ou artistes de toutes inspirations. Cette année, par exemple, Carole BOUQUET lira la correspondance de Christina Campo, Claire CHAZAL celle de Marie d’Agoult, Sarah BIASINI lira « une nuit avec Casanova » dirigée par Didier LONG… Que du beau monde. Ca se passe où ? Dans le cadre prestigieux de la Collégiale du Château de Grignon, un des joyaux de notre Patrimoine national. Parfois sur le parvis ou dans la cour du Tricastin quand le temps le permet. C’est quand ? Du 1er au 5 juillet, c’est court mais intense ! L’ouverture du 14ème Festival a lieu le Mercredi 1er juillet place Sévigné à 19h, en présence de Claire CHAZAL et de Frédéric MITTERAND.
FESTIVAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY : LA PÊCHE AUX TALENTS FRANCAIS
Est-ce le rayonnement du FESTIVAL DE CANNES ? Les grands studios d’animation américains recrutent les talents français ! Réunis à ANNECY pour le Festival International du film d’animation qui est aussi important dans le monde que le Festival de Cannes, ils ont installé leur QG à l’Impérial Palace pour procéder au recrutement de jeunes élèves de l’ESMA, des Gobelins, de Supinfocom de Valenciennes qui sont pour eux parmi les meilleures écoles du monde. Il y a en ce moment 40 films d’animation en préparation à Hollywood ! Chez DREAMWORKS, Shelley Page recrute chaque année un minimum de cinq Français pour ses studios.. Pourquoi ? Parce qu’ils sont porteurs de la French Touch, de plus en plus cotée outre-Atlantique. » Carlo Vogele, sorti des Gobelins en juin dernier et aussitôt embauché chez PIXAR, participe au grand show destiné à promouvoir la culture PIXAR. D’après lui, un bon film d’animation doit pouvoir se passer de dialogues : "les émotions, dit-il, doivent passer d’abord par le corps ». Elémentaire, mon cher Watson !
« Une heure de conversation vaut mieux que cinquante lettres. » Madame de SEVIGNE (Lettre à sa fille.)
C’est vrai surtout entre mère et fille mais beaucoup moins entre deux amants, qui n’ont pas besoin de parler pour se comprendre… A demain, vous à qui je parle avec les mains !… Miss Comédie
Bonjour ! Pardonnez mon absence d'hier mais j'étais en maintenance, comme on dit. Au théâtre, ce serait inexcusable. Le rideau tombe aujourd'hui sur la prise de conscience définitive de L'AMOUREUX : son médecin est un charlatan et il ne suivra pas son conseil qui est de rompre avec sa bien-aimée sous prétexte qu'elle est la cause de son allergie ! Je vous parle ensuite d'un ras de marée : l'phone d'Apple. Ses pouvoirs sont moins surnaturels que ceux de Kung Fu, et moins néfastes que ceux des médias... A mon avis.
Maxime arpente la scène. LUI Putain de bordel de merde... LE MEDECIN Comment va-t-il, votre fils ? Toujours enrhumé, je présume ? (LUI ne répond pas) Le jour où son rhume s’arrêtera, vous comprendrez qu’il a enfin accepté l’intruse. Mais il se peut qu’il ne l’accepte jamais. LUI Il se peut aussi qu’il l’accepte, et moi pas, n’est-ce pas. Enfin, qu’il continue à la détester mais que ses défenses l’acceptent, et moi, que je continue à l’aimer pendant que mes défenses la refusent, c’est bien ça, docteur ? (Il se frappe le front) Non mais on est en plein délire, je deviens fou, moi !... (Il se rassied face au docteur) Arrêtons ce jeu stupide. Résumons : il faut supprimer la cause de l’allergie, il faut donc rompre avec Sonia. LE MEDECIN Vous faites ce que vous voulez. LUI Je préfère continuer à tousser. LE MEDECIN Très bien. Vous me devez 60 euross.
Maxime sort son carnet de chèques et commence à écrire.
LUI Je vous paie pour tout le mal que vous m’avez fait. LE MEDECIN Le mal que je vous ai fait ? LUI Oui, le mal, le mal ! Vous avez introduit en moi le virus de la méfiance, du soupçon vis-à-vis d’une femme qui m’aime et que j’aime. (Tout-à-coup il se fige) Et elle ? LE MEDECIN Quoi, elle ? LUI Vous lui avez tenu le même discours à vomir ? Quand elle vient vous consulter pour ses crises d’urticaire, vous lui dites comme à moi “il faut supprimer la cause, voyez du côté de Maxime Sévère “ ? LE MEDECIN Ca ne vous regarde pas. LUI Saligaud. (Il se lève, jette son chèque sur le bureau.) Monsieur, vous me voyez pour la dernière fois. Vous êtes un charlatan. Je vous quitte avant que votre traitement de merde n’ait accompli l’irréparable.
Il va vers la porte, qu’il ouvre, et avant de sortir :
Pour ce qui est de la publicité, vous allez voir de quoi je suis capable sans même avoir besoin de feutres, ni de colle !
Il sort en claquant la porte. Le médecin se lève, contourne son bureau, va vers la fenêtre qu’il ouvre.
LE MEDECIN Il pue le tabac. Tout compte fait, sa toux vient du tabac, il n’y a pas de doute.
Vous avez certainement vécu ça : vous êtes au milieu d’un groupe d’amis, vous discutez, et tout-à-coup l’un des mecs sort de sa poche un portable, se met à tapoter dessus et prend un air faussement détaché : « j’ai un mail ! ». Si personne ne réagit, il tapote encore et brandit son portable : « vous savez ce que je peux faire avec ça ? Tout, je peux tout faire. Regardez : je suis localisé, l’ PHONE affiche l’adresse d’ici. Et je ne lui ai rien dit ! Et regardez…. j’ai l’heure de Tokio. Vous voulez savoir quoi ? j’appelle Google » Le groupe s’extasie cinq minutes puis zappe alors il s’en prend à vous : « Regarde !! Je te prends en photo et tu vas la retrouver dans ta messagerie !… Tu as vu ? Et tu sais quoi ? Je reçois toutes les chaînes TV ! " » Un peu étourdie vous essayez de lui échapper mais il vous poursuit, son I’PHONE brandi comme un trophée. Tout le monde s’en fout, mais le possesseur d’un I’PHONE se voit investi de pouvoirs surnaturels, il a dépassé le stade des petits joueurs, il peut TOUT faire. Ils sont tous comme ça. Il faut leur pardonner, ils vivent le stade initial de la génération I’PHONE, bientôt tout le monde aura le sien et l’expérience sera banale. Le détail qui chiffonne un peu : doit-on prononcer i- phone ou aïe phone ? En tout cas, c’est un ras de marée. Depuis juillet dernier, +600 000 IPHONE ont été vendus aux Etats-Unis, 70 000 au Japon, 69 000 en Allemagne, 67 000 en France, 55 000 en Espagne, 29 000 au Royaume-Uni. La France quatrième pays demandeur d’I PHONE !
ILS NOUS MENENT PAR LE BOUT DU NEZ
Ils s’emparent d’un événement souvent mineur et décident de le rendre médiatique. Qui, ? Ben les journalistes. Là, ils ont noté la sortie en haute définition du film « OSCAR », en même temps que la sortie d’une biographie de Louis de FENES. Ils décident de mettre les projecteurs sur Louis DE FUNES. Vous allez voir, on va en parler partout. Pourquoi pas ? Moi je suis pas contre, j’adorais de Funès. Mais c’est toujours une sorte de dictature. Pendant des années on l’ignore, on le critique, on le traite de clown grotesque, et puis un beau jour, quand on estime que l’époque est propice à son retour, on balance qu’il est génial. Les journalistes ont le pouvoir des mots, donc ils s’en servent. Ils sont en général assez unanimes dans la corporation. Voyez la grippe, porcine, asiatique, espagnole, on va tous bientôt mourir de la grippe. On se souvient de la vache folle et on se marre, sauf quand on pense au nombre de pauvres vaches abattues pour la santé publique, et au nombre de bouchers qui ont dû fermer boutique. Et à plus grande échelle, et là c’est vraiment inquiétant, cette méga-frousse qu’ils veulent nous inoculer concernant la dégradation de la planète et non seulement ils nous foutent la trouille mais en plus, ils nous rendent responsables ! C’est nous les sales humains producteurs d’ordures ménagères et autres saletés qui menons notre belle terre à sa perte.. Voilà un exemple du pouvoir transformé en dictature. Parce que la terre, elle les a pas attendus pour se tranformer, se réchauffer, se refroidir, s’inonder et s’assécher au cours de son histoire.
KUNG-FU AVAIT TOUS LES POUVOIRS
Il survivait à toutes les galères, à tous les pièges, à tous les dangers. Il s’appelait Caine mais on lappelait Kung-Fu, du nom de la série qui nous fascinait dans les années soixante. De sales rumeurs courent autour de la mort de David CARRADINE. Il faut espérer qu’elles sont le fruit de l’imagination tordue de la presse thaïlandaise. L’agent de David CARRADINE a démenti le suicide accidentel lié à un acte sexuel. Dans KILL BILL il jouait le méchant. Mais ce film avait relancé sa carrière. Moi, je le revois, c’est très loin, en être invincible et pur, en ascète initié aux secrets du kung fu. Malgré le côté ésotérique de la série, elle nous passionnait, petits et grands. Les scénaristes inventaient chaque semaine desaventures complètement fantastiques dans des décors au charme exotique et un peu effrayant. J’aimerais bien revoir cette série, tout comme LES ROIS MAUDITS, le feuilleton le plus grandiose qu’ait jamais produit notre télévision.
« Cest l’affluence des hôtes qui détruit l’hospitalité ». J.J. ROUSSEAU (Emile ou de l’education)
… et c’est l’affluence des humains qui détruit la planète ? Il y a déjà affluence de poussettes sur les trottoirs, moi je vous le dis. J’espère qu’il y a aussi affluence sur mon blog ! Bon week-end, tout le monde. Miss Comédie
Bonjour ! Le rideau se lève sur un AMOUREUX qui commence à s'agacer des méthodes d'investigation de son médecin. On voudrait lui faire croire que la cause de son allergie est ... celle qu'il l'aime ? Après ce moment de théâtre, vous apprécierez la juste récompense du talent, ça arrive quelquefois ! Yasmina REZA triomphe à Broadway, Harold PINTER à Londres mais lui, il n'en a plus rien à secouer.
LE MEDECIN Il y a seulement deux questions à se poser et je vous les pose. Vous y répondrez par oui ou par non. LUI Allez-y. LE MEDECIN Un : votre vie quotidienne a-t-elle changé depuis que vous avez rencontré Sonia Aufray ? LUI Oui. LE MEDECIN Deux : désiriez-vous ce changement ? LUI Ah, mais ça n’est pas du jeu ! LE MEDECIN Oui ou non ? LUI Je ne le voulais pas parce que je ne l’imaginais même pas ! LE MEDECIN Oui ou non ? LUI J’avais pas de problème, mais quand on découvre qu’il y a mieux que de n’avoir pas de problème, on ne... LE MEDECIN Oui ou non, désiriez-vous ce changement ? LUI Non, je ne le désirais pas à l’époque, non... LE MEDECIN C’est clair. LUI Quoi : c’est clair ? LE MEDECIN Il y a eu ce jour-là un déséquilibre dans votre processus de défense. Tout votre processus s’est focalisé sur l’intrusion de l’élément étranger. Vous avez contracté une éruption réactive et nous avons mis cela sur le compte des crustacés. LUI Et maintenant, je tousse ! LE MEDECIN Oui, l’élément étranger n’étant toujours pas évacué, votre système de défense cherche une autre forme de réponse. LUI L’élément étranger ? LE MEDECIN Sonia Aufray. LUI, se levant et pointant son index sur le médecin. Vous essayez de me dire que Sonia, avec ses yeux, son sourire, son amour, est en train de me détruire la santé ? LE MEDECIN, sans se démonter Oui, et je dirais même, celle de votre fils.
Voilà un talent que personne ne songe à contester. En France, elle règne en maître sur le petit peuple des auteurs dramatiques contemporains. Et à l’étranger, elle s’impose. YASMINA REZA vient de recevoir trois Tony AWARDS à Broadway pour sa pièce « Le Dieu du Carnage ». Une pièce formidable dont je vous parlais avec enthousiasme déjà dans mon blog, avec Isabelle HUPPERT en meneuse de jeu désopilante. La pièce n’est restée que peu de temps au Théâtre Antoine et peu de gens ont eu la chance de la voir. Mais on parie sur sa reprise prochaine ? A Broadway, les Tony Awards sont l’équivalent de nos Molière. « Le Dieu du Carnage », adapté par Christopher Hampton sous le titre « The God of Carnage » a décroché le Tony Award de la meilleure pièce de l’année, celui de la meilleure comédienne pour Marcia Gay Harden, et celui du meilleur metteur en scène pour Matthew Worchus. Donc, le succès de REZA rejaillit sur ceux qui servent son œuvre. Moi j’applaudis des deux mains, je suis une fan sans réserve de cet auteur dont j’aime toutes les formes d’écriture. Je l’ai vue sur You Tube recevoir son Award dans une robe courte très glamour, entourée de tous ces messieurs en smoking. Elle a répondu en Anglais, un peu gauchement mais avec un bon accent, elle a fait court et simple. En fait, elle n’est pas très belle. On ne peut pas tout avoir.
PINTER, L’HOMMAGE
Dimanche encore, au ROYAL NATIONAL THEATER avait lieu une CELEBRATION en hommage à Harold PINTER, disparu à Noël dernier. 25 comédiens parmi ses préférés ont lu des extraits de ses œuvres, dans des numéros d’acteurs éblouissants. Parmi eux, deux noms connus de nous : Jude LAW et Jeremy IRONS. La cérémonie avait été organisée par sa veuve, l’historienne Antonia Fraser et le grand metteur en scène Ian RICKSON. Assis en triangle sur la scène dénudée, les acteurs se levaient à tour de rôle et s’avançaient pour lire leur hommage. Derrière eux s’affichaient leur nom et le titre de l’extrait. Jeremy IRONS a lu le « Poem (to A) dédié à sa femme : c’était PINTER lui-même qui parlait…. « … Remember that when I am dead you are forever alive in my heart and my head » Tout le monde pleurait. Pour ramener la bonne humeur, une troupe de jeunes acteurs de la London Academy of Music and Arts a déboulé sur scène pour lire chacun un morceau du fameux discours de réception du Prix NOBEL que PINTER reçut en 2005. Discours violemment anti-américain et ainti-guerre qui fit presque scandale à l’époque. Là, dit par la jeune génération, il faisait figure d’hymne à la paix. Le rideau se baissa sur un portrait géant du dramaturge qui descendit des cintres, son sourire ironique aux lèvres comme pour un dernier adieu. Beau travail de mise en scène.
Bonjour ! Le talent est une notion assez floue, bien que quelquefois cela saute aux yeux, mais chacun a son idée du talent. On peut avoir du talent dans un domaine, et pas dans un autre. Mais certains ont aussi du talent dans tout ce qu'ils touchent, comme Iggy POP. D'autres croient avoir du talent mais ils se trompent, et je ne nomme personne. Dans ma pièce le médecin n'a aucun talent pour la psychologie et plonge mon AMOUREUX dans le plus profond désarroi. Jugez-en.
LUI Vous avez tout passé en revue ? LE MEDECIN Je crois... Enfin, tout... Tout ce que VOUS avez bien voulu me dire... Qu’est-ce qui a pu changer dans votre vie depuis un an pour provoquer un déséquilibre ? LUI Mais rien... Enfin, si... je suis tombé amoureux. LE MEDECIN C’est pas rien, ça. LUI D’ailleurs, vous le savez bien ! C’est ce jour-là que je suis venu vous voir pour la première fois... Un 5 janvier, un an jour pour jour, tiens... J’avais une allergie aux crustacés...(à part) soi-disant... LE MEDECIN Oui, aux crustacés, c’est exact... aux crustacés. LUI Et vous m’avez guéri ... momentanément... LE MEDECIN Oui, momentanément, c’est clair : les crustacés n’étaient qu’un transfert... LUI, se redresse, soudain agressif Un transfert de quoi ? LE MEDECIN D’une raison profonde à une raison superficielle. LUI Et la raison profonde, ce serait, d’après vous ? LE MEDECIN (évasif) Cherchez bien. LUI, furieux Je vois. Maintenant vous allez téléphoner au docteur Freud, votre précieux confrère, comme tous ceux qui sont à court d’explication.
LEAVE HER ALONE ! Tout compte fait, la pièce de Bruno BAYEN « LAISSEZ MOI SEULE » n’a pas fait l’unanimité lors de sa création au Théâtre de la Colline. Il la reprend pourtant, du 6 au 26 juin au même théâtre de la Colline avec Eric BERGERE, Lily BLOO, Clotilde HESME, Dominique VALADIE… Visiblement, Bruno BAYEN est fasciné par son personnage. Dans son argumentaire on voit qu’il a épluché sa bio jusqu’au trognon. Il retrouve sa trace dans le film MULHOLLAND DRIVE. Il connaît tous les détails de sa vie intime avec Charles, la trajectoire de la Mercédes sous le tunnel de l’Alma, et le processus de ses obsèques. Ca a un côté voyeur assez malsain. On se demande si sa pièce arrive à dépasser ce niveau primaire ? Et sa comédienne ? Comment l’a-t-il choisie ? Pas un mot. C’est quand même important, non ? Incarner Lady Di ça ne se réduit pas à une voix et quelques gestes ! Elle doit entrer dans la peau de Diana mais rester discrète. L’important, c’est le texte qui parle de Diana et si Diana pouvait revenir jouer son propre rôle, ce serait l’idéal. Mais a-t-il le talent pour la faire revenir ? Je n’en sais rien, je ne connais pas son travail. Par ailleurs, il fait une double faute de vocabulaire en traduisant « Laissez-moi seule ». Il traduit « Let me alone »… Faux ! On dit « Leave me alone », ça veut dire « laissez-moi tranquille » et ce sont les derniers mots de la princesse avant de mourir. Bref, je ne fais pas grand cas de cette reprise.
QUI CHANTE HOUELLEBECQ ? C’est IGGY POP ! Il sort un nouvel album qui fait jaser la pesse parce qu’il est radicalement diffférent des autres. Et surtout, parce qu’il est chapeauté par Michel HOUELLEBECQ ! La presse adore associer deux people qui n’ont rien à voir ensemble. Or là, Il y a collision spectaculaire. Iggy POP s’est pris d’attirance pour la culture française sans en faire une pendule, et discrètement il lisait Camus et s’intéressait à la littérature de nos compatriotes. Quand on lui a demandé de composer une musique pour un documentaire sur HOULLEBECQ, il a foncé droit devant. Ca a donné « PRELIMINAIRES », dans lequel il nous susurre LES FEUILLES MORTES en français, que ça vous fait relire trois fois la pochette pour vous assurer que c’est bien Iggy POP qui chante ! Son talent protéiforme lui permet d’échapper au ridicule.
ECRIRE, CA NE SUFFIT PAS ? Ils disent qu’on ne peut pas tout dire dans un livre. Alors ils s’emparent d’une caméra et ils font des films. Mais le succès n’est pas assuré, loin de là. HOUELLEBECQ, par exemple. Il a adapté son roman « LA POSSIBILITE D’UNE ILE » mais il a raté son coup. Yann MOIX, lui, a fait un tabac d’emblée : « PODIUM » a réjoui tout le monde . Il récidive avec un deuxième, « CINEMAN », qui sort en octobre. Lui, c’est déjà un hybride, il fait du roman-film sans problème. Philippe CLAUDEL aussi, a réussi son coup d’essai : « IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME ». La critique a aimé et le public est venu. Pour Eric-Emmanuel SCHMITT, recalé une première fois avec « ODETTE TOULEMONDE », il récidive avec une adaptation de « OSCAR ET LA DAME EN ROSE » avec Michèle LAROQUE, qui est en montage et sort à la rentrée. La littérature et le cinéma sont-ils complémentaires ? Oui et non. Il y a de la littérature dans le cinéma mais pas l’inverse, et puis surtout, les techniques sont tellement différentes ! On fait un livre dans la solitude, on réalise un film en équipe. Et on ne s’improvise pas réalisateur, responsable d’un budget, d’un planning, de la technique et de l’interprétation. Marguerite DURAS faisait ses films dans l’intimité d’une équipe complice, en prenant son temps, et pour une minorité d’intellectuels.
Un best-seller ne fait pas forcément un film-culte. Le talent d’un écrivain ne se retrouve pas forcément dans son film. Le talent n’est même pas forcément à la base d’un succès. Le talent c’est un don, le succès c’est un hasard.
Bonjour ! C'est la saint Médard. S'il pleut aujourd'hui on sera saucés le 18 juillet. A moins que... etc. Je passerai sous silence les hauts faits de l'actualité que vous connaissez. Moi, c'est la fiction qui m'intéresse, au moins je la manipule comme je veux. La question du succès est un sujet qui nous échappe, c'est quand on ne l'attend plus qu'il nous tombe dessus... Si vous avez suivi le traitement de mes AMOUREUX depuis le début, vous allez voir qu'il aura un succès tout aussi aléatoire sur les deux patients.
LUI Non, pas du tout... j’adore cette odeur. LE MEDECIN Et la colle ? LUI Oh, la colle... Oui, c’est dur, l’odeur de colle. On la vaporise et il y a toujours des projections autour... Ca pique le nez... LE MEDECIN Bien. Il faudrait que vous vous isoliez de tout ça. LUI M’isoler ? LE MEDECIN Oui, dans un bureau à part. LUI Mais j’ai, un bureau à part ! Pour passer mes coups de fil, réfléchir à ma reco - ma recommandation, c’est.... Mais le gros du temps je dois être avec mes mecs... on bosse ensemble... la pub c’est un métier de groupe, vous savez... LE MEDECIN Oui oui, il paraît... Et bien ça n’est pas bon pour vous. Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que votre problème vient de là. LUI Alors comme ça, brutalement, je deviendrais allergique à la colle ? Depuis vingt ans que je m’y colle... LE MEDECIN Et oui. Un jour les défenses ne répondent plus.
Silence. Maxime se passe la main dans les cheveux.
Il y a une comparaison amusante à faire à l’Odéon, entre les deux spectacles présentés respectivement dans la grande salle et aux Ateliers Berthier. Dans la première, un vaudeville, genre on ne peut grand public, commercial, tout ce que vous voudrez. C’est LA DAME DE CHEZ MAXIM’S. Dans la seconde, un spectacle CULTUREL et on se concentre, s’il vous plait. C’est FAUST, d’après Goethe, adapté par un Lituanien. Son nom m’échappe. Le metteur en scène dont le nom est imprononçable, tout aussi Lituanien je crois, essaie pendant 3h50 de nous faire pénétrer dans la pensée de Goethe à travers la vision de ses compatriotes d’Europe de l’Est. Evidemment, le public affiche sa préférence pour le vaudeville, surtout que la distribution est formidable. La Môme Crevette la première, qui lance la fameuse réplique « Et allez donc, c’est pas mon pèère ! » casse-gueule de première, avec ce qu’il faut de culot et de gouaille pour bluffer son monde… Elle s’appelle NORA KRIEF, elle est inconnue mais pas débutante, loin de là. C’est une étoile de la galaxie SIVADIER, le metteur en scène strasbourgeois. De l’autre côté, une troupe sûrement très bien. D’ailleurs, la réflexion de l’adaptateur est certainement très intéressante. Mais on n’y comprend rien. Ca dure trois heure trente. Mais ça s’arrête le 6 juin, c’est déjà fini.
LA PERCEE D’UN AUTEUR
LADISLAS CHOLLAT, c’est le metteur en scène et l’auteur de « CHERE MATHILDE » qui fait un tabac au Théâtre MARIGNY. En même temps, il a monté MEDEE de Jean Anouilh, au Vingtième Théâtre. Et il va mettre en scène LE MARIAGE DE FIGARO à la Comédie de Picardie. Hier, il était inconnnu. C’est comme ça que ça vient. On a la chance d’intéresser un directeur de théâtre (en l’occurrence Pierre Lescure) qui accepte d’accueillir votre pièce dans son théâtre, avec dans le rôle-titre (autre chance) une tête d’affiche comme Line Renaud. Troisième chance, c’est un succès absolu. Conséquence, toutes les têtes se tournent vers vous. Ironie du sort, c’est lui qui offre un rôle dans MEDEE à Gildas Bourdet, son ex-patron, ex-directeur de salle, ex-metteur en scène, ex-distributeur de chances (il m’a refusé une pièce)… Il a 33 ans et son rêve est de diriger un théâtre. Gageons que ça ne saurait tarder ! Voilà la nouvelle génération qui monte.
LA MONTEE DE FOURVIERE
Sans qu’on s’en rende bien compte, nous les Lyonnais, LES NUITS DE FOURVIERE devenaient un événement incontournable dans la vie estivale. Un site renversant de beauté et chargé d’histoire, en plus, qui en fait l’égal du Palais des Papes d’Avignon, du théâtre antique d’Orange ou du théâtre romain de Vienne (Ardèche). Il faut d’abord un lieu qui fasse rêver. On s’installe sur des coussins, on regarde le soleil descendre lentement derrière la colline, et le spectacle commence. A FOURVIERE, tout est bon : le théâtre, le tour de chant, la danse… Le directeur, Dominique LABORDE, a le sens de ce qui va marcher. D’année en année, les places s’arrachent. C’est un peu dur pour nous, mais il faut maintenant s’y prendre bien à l’avance ! Au programme cette année il y a Julien CLERC, Marianne FAITHFUL, Sylvie GUILLEM, BRECHT, MOZART… Il faudrait tout voir.
« La comédie est bien plus près de la vie que le drame. » Henri BERGSON
Même si l’on est sceptique, il vaut mieux le croire. C’est comme la théorie du verre à moitié plein ou à moitié vide. Ca peut varier selon l’humeur du jour. Soyons bergsoniens cette semaine ! A demain mes très chers. Miss Comédie.
Bonjour ! Ah, je ne voulais pas aborder le sujet, mais je lis ce matin que les débris n'étaient pas les bons débris, alors là on arrive dans une problématique qui va intéresser les ufologues, une histoire digne d'HERGE : mais où est passé cet avion ? Enn attendant la suite, venez assister au face à face entre mon AMOUREUX et son médecin, pour essayer de résoudre un cas lui aussi très mystérieux.
Le cabinet du docteur .. Maxime est assis dans l’un des fauteuils.
LUI, LE MEDECIN
UN BILAN PAS TRES POSITIF
LE MEDECIN Alors comment ça va. LUI Pareil. Je tousse toujours comme un malade. LE MEDECIN (l’air sévère) Vous ETES malade. Vous avez pris ce que je vous ai ordonné ? LUI Oui. LE MEDECIN Bien. Maintenant il va falloir procéder à l’élimination des causes. LUI Oui ? LE MEDECIN Nous avons fait, souvenez-vous, un rapide recensement des éléments suspects de votre environnement. En numéro 1, je mets le tabac, bien entendu. LUI Pas question de me faire arrêter. LE MEDECIN Vous êtes libre. Deuxièmement, vous travaillez dans une agence de publicité comme directeur de la création. je n’ai pas une grande expérience de cette activité mais je crois savoir que ce que vous appelez les “créatifs” travaillent tous dans une même pièce, le “studio de création”, et que certains d’entre eux utilisent sans le savoir des produits toxiques pour dessiner, tracer, coller... Utilisez-vous vous-même des feutres indélébiles, par exemple, pour confectionner vos maquettes ? LUI (haussement d’épaules) Il y a longtemps que je travaille sur ordinateur. LE MEDECIN Et les autres ? LUI Les autres ? Ben, la plupart aussi... Il y a encore des gens qui font des maquettes au feutre, bien sûr...
Bon, Christian LACROIX ne fera plus de prêt-à-porter, ni peut-être même de haute couture, il est en cessation de paiement et attend le verdict des actionnaires. Ses repreneurs américains s’arrachent les cheveux : ses robes délirantes ne se vendent plus, ni à New York, ni à Las Vegas, deux villes frappées par la crise. Peut-on remonter encore la pente ? Peut-être, mais avec un plan de restructuration sévère qui impliquerait beaucoup de licenciements. Alors… Christian LACROIX, qui depuis presque 40 ans fait de la balançoire entre succès créatif et défaites financières, ne sait plus quoi faire de son talent. Mais il est plein de ressources ! Voilà qu’il va reprendre, avec deux compères, la comédie musicale créée en 1986 à Lyon, vous vous souvenez ? c’était à la Maison de la Danse : « ZOOPSIE COMEDI » (oui, sans e). Cera cet automne à SURESNE CITE DANSES, pour le Festival de la Danse. Ce fut un sphénomène de mode pour les néo zazous de l’lépoque et Christian LACROIX veut renouveler l’expérience. Il a repris ses croquis et retravaille les costumes pour leur donner un nouveau look. Il faut saluer sa persévérance et son optimisme, non ? (Ce merveilleux dessin est de lui.)
GALLIANO DANDY, NON ? On est tous étonnés qu’il soit encore en grâce, dans ce milieu où personne n’est plus éphémère qu’un designer, on en perd même le fil, qui dessine pour Lanvin ? et pour Givenchy ? On ne sait plus. Galliano, lui, a réussi son identification à la marque DIOR. Il n’est pas Français et il a repris l’esprit du maître mieux que personne. Avec un tantinet de provoc en plus, mais ça c’est un must à notre époque. La provoc est une partie du succès. C’est un vrai dandy, le raffinement suprême, dans les propos et dans le goût. Il parle des femmes avec un certain détachement, et encore, seulement des femmes qui l’entourent, qui ne sont pas vraiment des boudins. Les autres, il en parle comme d’une communauté acheteuse et sans visage. Il regarde les femmes comme le peintre regarde un bas-relief, comme un sujet d’inspiration mais sans y toucher. Son idole, c’est Marylin, comme tous les homosexuels, on se demande bien pourquoi. On le voit comme ça, très gentleman, demandant s’il peut quitter la veste, buvant de l’eau citronnée avec un regard absent, mais on le devine capable des pires turpitudes sexuelles. En tout cas, chez Dior, ça marche. Galliano dit qu’il ne prend pas la crise à la légère, qu’il a briefé son équipe pour qu’ils prennent en compte la récession dans leurs orientations créatives. Je me demande ce que ça peut vouloir dire. Il va enlever les bling-bling sur les sacs Lady Dior ? Il ne va plus doubler les jupes d’un lamé or ? En même temps, ses acheteuses, elles, se foutent de la crise comme de leur première chemise. Ca doit être compliqué pour lui.
DANS LA PEAU D’UNE BLONDE Cette blonde-là était à la mode dans les années 80. Lady Di faisait la une, dans le monde entier et son destin tragique en a fait un mythe. Une fille brune va l’incarner dans une pièce de théâtre à la rentrée. Le titre est très beau « LAISSEZ MOI SEULE » mais son sens est un peu équivoque. « LEAVE ME ALONE ». Ce serait les dernières paroles que Lady Di a prononcé dans ce monde. Mais leave me alone ne veut pas dire laissez-moi seule, mais : laissez-moi tranquille ! D’ailleurs elle s’adressait à un paparazzi. (A la place du paparazzi, je me serais reconverti en chauffeur de car). Bref, Clotilde Hesme, c’est la jeune comédienne qui a été choisie, sera Lady Di dans cette pièce écrite pour elle par Bruno BAYEN . Ce n’est pas un inconnu, loin de là. Auteur dramatique, romancier, metteur en scène, il a monté une multitude de pièces à Paris, dont - justement ! « UN CHAPEAU DE PAILLE D’Italie » d’Eugène LABICHE, à la Comédie-Française. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer une des répliques de la pièce, comme ça le triptyque sera au complet (FEYDEAU, COURTELINE, LABICHE).
« Je lui demande la main de sa fille. - - Qui êtes-vous ? - J’ai vingt et un francs de rentes… - Sortez ! -… par jour ! - Asseyez-vous donc ! » Eugène LABICHE (Un Chapeau de Paille d'Italie)
Comment on glisse doucement des phénomènes de mode au Vaudeville, encore et pour la dernière fois ! Décidément, ça donne envie d’aller au théâtre, non ? Alors à lundi, pour la suite des aventures de : Miss Comédie
Bonjour ! Je vous en ai rajouté une tartine sur le vaudeville, mais c'est un sujet passionnant et si j'avais la place je vous parlerais aussi de LABICHE, un très bon aussi dans le genre... L'actualité ? Non, je n'évoquerai pas l'histoire de l'Avion. Je préfère chercher des sujets plus flabelliformes pour demain. Installez-vous pour assister à la fin du dialogue de sourds entre l'AMOUREUX et LA DAME dans la salle d'attente. Très métaphysique, tout ça.
LA DAME, rêveuse On croit qu’il faut faire place nette, que le passé est bon à jeter aux orties, que le nouveau est plus beau que l’ancien, que tout ce qui vous était doux et familier n’est plus que vieille dépouille propre à vous donner des boutons.... LUI (pour lui-même) Le bonheur ça se reconnait du premier coup ! LA DAME (pour elle-même) On fait l’hypocrite avec son porte-clefs... LUI (de nouveau s’adressant à elle) Vous croyez que le bonheur peut rester là à vous attendre, pendant des jours, des mois ? LA DAME Oui, je sais j’ai attendu trop longtemps. Mais j’avais peur... LUI Peur, peur... Vous, les femmes, n’avez que ce mot à la bouche. Peur de gêner, peur de décevoir, peur de vous tromper... peur d’être allergique ! LA DAME Alors on reste là, et le bonheur s’en va plus loin. LUI Oui. Mais il est malheureux, lui aussi. LA DAME Vous croyez ? LUI Je le sais. LA DAME La solution serait de le retrouver, de repartir à zéro. LUI Tout simplement.
La dame semble abîmée dans un rêve merveilleux. LUI regarde l’écran. Si seulement les femmes étaient simples. LA DAME Qu’est-ce que cela changerait ? LUI J’arrêterais de fréquenter ce lieu sinistre. LA DAME Et votre allergie ? LUI J’aime mon allergie. Vous comprenez ? J’aime mon allergie.
VOIX DE L’ASSISTANTE Monsieur Maxime Sévère !
Il se lève, salue la dame et passe dans le cabinet.
C’est FEYDEAU qui parle : « Comment devient-on vaudevilliste ? Par paresse, tout simplement. Comment, ça vous étonne ? Vous ignorez donc que la paresse est la mère miraculeuse et féconde du travail. Je dis « miraculeuse », parce que le père est totalement inconnu. » Il dit ça mais quand on voit ses pièces on se gratte la tête : paresseux, l’auteur de cette machine réglée comme du papier à musique ? LA DAME DE CHEZ MAXIM’S est irracontable. Comme dit l’écrivain Henri Gidel, « c’est Le Soulier de Satin en vaudeville. » C’est l’histoire d’un chien dans un jeu de quilles. Malgré les apparences, un vaudeville est une mécanique de haute précision. Chez Feydeau, les intrigues sont d’une logique affolante. Les répliques d’une intelligence diabolique. L’ensemble contribue à maintenir la pression de l’atmosphère comique : pas de temps mort, pas de notes mineures, pas de silences, tout doit s’enchaîner avec une précision dont n’est même pas conscient le spectateur ! Le désordre inouï qui règne sur le plateau n’est que le résultat d’une accumulation de gestes réglés au millimètre de chacun des acteurs pour converger vers le tempo infernal de l’ensemble. C’est un match de foot où chaque coup de pied serait calculé à l’avance ! Le vaudeville est un genre qui ne supporte pas l’amateurisme. Pour atteindre cet équilibre dans le désordre, cette minutie dans les effets comiques, il faut énormément de sérieux et de maniaquerie. C’est le paradoxe du vaudeville. Il n’y a pas plus cartésien que ce genre de folie… `
EXERCICE TRES PHYSIQUE !
Et les comédiens ? Ils sont dans quel état après le spectacle ? Epuisés, bien sûr, mais pas autant que l’on croit s’ils ont l’expérience et la nature qui conviennent au vaudeville. Rares sont les têtes d’affiche qui tiennent la distance plus de trente représentation. Ils sont un petit nombre dans le spectacle qui se retrouvent dans la distribution de ces pièces très physiques. A l’Odéon, Nicolas BOUCHAUD et Cécile BOUILLOT dominent une troupe de quinze comédiens dont personne ne connaît le nom.
En 1996, Jean-Paul BELMONDO qui dirigeait alors le Theâtre des Variétés a monté LA PUCE A L’OREILLE avec un immense succès. Pensez : il a eu plus de 200 000 spectateurs depuis la création le 12 octobre 1996 jusqu’au 30 mars 1997 ! Bernard MURAT avait fait une superbe mise en scène (avec des décors de Nicolas Sire et des costumes de Dominique Borde (c’était pas du « dépouillé » !!) Autour de JP BELMONDO il y avait du beau monde : Christiana REALI, Sabine HAUDEPIN et Pierre VERNIER qui sont tous les trois des piliers du vaudeville…
FEYDEAU AU CINEMA ! Figurez-vous qu’il y a eu un HOTEL DU LIBRE ECHANGE au cinéma, réalisé par Marc ALLEGRET, avec des dialogues de Jacques PREVERT ! Et devinez qui faisait Boulot, le garçon d’étage ! Ca devait valoir son pesant de rire, autant qu’au théâtre ! Il y avait aussi Saturnin FABRE, Raymond CORDY, Pierre LARQUET, et la diva c’était Mona LYS !
ET COURTELINE, C’EST PAREIL ? COURTELINE est né un 25 juin et mort un 25 juin. Etonnant, non ? Il était le contemporain de Feydeau et de Labiche. Les trois donnèrent dans le vaudeville mais ils ne se ressemblent pas. Le Théâtre de Feydeau est virevoltant comme une robe à crinoline, dépeint la bourgeoisie riche et frivole et chez lui, on rit à gorge déployée. Chez Courteline, on est chez des petites gens, le comique est grinçant et dépouillé, pas de quiproquos galants, pas de rideaux qui bougent, pas d’intrigues machiavéliques. On rit de la bêtise humaine et de l’orgueil mal placé de gens modestes qui veulent paraître plus forts qu’ils ne sont. Mais on rit parce que ces personnages sont plus naïfs que méchants et que Courteline les aime. Courteline était d’une nature morose et passait le temps dans un café de Montmartre à jouer aux cartes et à boire un « précipité », qui est un mélange de Pernod et d’anisette, à houspiller ses camarades et à ronchonner. Mais ce qu’il écrivait avait du succès. BOUBOUROCHE est entré au répertoire de la Comédie Française en 1910 et il fut lui-même élu à l’Académie Française en 1926. Feydeau est un joyeux drille qui s’amuse à organiser le désordre, Courteline est un grincheux qui dépeint les mœurs en riant. Feydeau est mort de la syphilis, il avait perdu la raison. Courteline est mort de la gangrène, deux ans après son amputation de la jambe gauche. Quelles tristes fins pour deux hommes qui on mis le rire au centre de leur vie !
« On peut battre une femme quand il n’y a pas d’autre moyen de la faire taire. » Georges COURTELINE
C’est peut-être pour ça que le mec anglais a tué sa maîtresse au Bristol : elle criait encore trop fort… Brrr ça me donne le frisson. A demain, mes amis non-violents ! Miss Comédie
Bonjour ! Ah, enfin on reparle de théâtre. Le vaudeville est un genre bien spécial que certains détestent. Démodé, oui, outrancié, bruyant, mais quand c'est bien joué le rire l'emporte car le texte est ciselé pour ça. J'ai encore quelques petites choses à vous dire sur le vaudeville, ce sera pour demain. Ma pièce, elle, n'en est pas, du vaudeville, c'est une comédie grinçante comme on dit, mais certaines répliques DOIVENT vous faire rire. Aujourd'hui, propos sur le bonheur entre l'AMOUREUX et LA DAME...
LA DAME Oh, voyez-vous, des boutons sur tout le corps, ça ne me donne pas spécialement envie de rire. LUI (se tapant le front) Ah, vraiment, les femmes, non vraiment, les femmes !... LA DAME (le regardant férocement) Quoi les femmes.... Est-ce que je vous demande si votre allergie est typiquement masculine, moi ? LUI Non, excusez-moi, mais cette histoire de vieux vêtements, pour moi c’est... cousu de fil blanc... non ? LA DAME Je n’ai pas à m’expliquer de mon allergie avec vous. (A part) Les hommes n’y comprennent rien. LUI Rien. LA DAME Vous spécialement, vous n’avez pas l’air doué. Depuis le temps que je vous vois tourner autour de cette dame et que rien ne se passe... LUI Qu’est-ce que vous en savez ? LA DAME Je vous vois tous les deux, vous êtes sinistres. Vous n’irradiez pas le bonheur. LUI Le bonheur m’apparaît comme l’ennemi juré des femmes. Par tous les moyens elles cherchent à l’éviter. LA DAME C’est qu’il ne faut pas se tromper de bonheur... LUI Se tromper de bonheur... Mais le bonheur c’est tout simple, ça tombe sous le sens, c’est fulgurant, on ne peut pas se tromper, quand il est là il crève les yeux ! Et vous, vous restez là à douter, à vous demander ... “et si ça n’était pas ça le bonheur” et patati et patata..et pendant ce temps-là, le bonheur... il se taille !
En cette période un peu creuse côté théâtre, on reprend FEYDEAU à tout va. Dans l’impérial ODEON, on monte LA DAME DE CHEZ MAXIM’S, et dans le petit théâtre FUNAMBULE, on monte « MAIS N’TE PROMENE DONC PAS TOUTE NUE », une pièce désopilante suivie d’une autre de COURTELINE, "LES BOULINGRIN ». Il faut dire que si l’on veut faire rire à tout prix, on ne trouvera jamais mieux que ces deux « Georges », même s’ils forcent un peu la note. Sur le grand plateau de l’Odéon, la DAME DE CHEZ MAXIMS paraît un peu minable à première vue, car le metteur en scène Jean-François SIVADIER a voulu du « dépouillé ». Quelle idée ! Du dépouillé chez FEYDEAU, c’est comme si on enlevait les cuivres à une symphonie de Haydn. Les comédiens sont habillés de noir, et ils jouent avec des accessoires symboliques au milieu d’éléments hétéroclites. C’est agaçant ! Cette mode crétine qui consiste à enlever aux pièces classiques tous les attributs indissociables de l’intrigue, tout ce qui faisait la vie et les tribulations des personnages, sans lesquels les situations sont vides de sens ! Bref. Pourtant, le texte est ce qu’il est, les comédiens excellents et peu à peu on oublie la vacuité du décor pour rire aux larmes et c’est bien le but recherché. Au Funambule, je suppose que vu l’exiguité du lieu, le metteur en scène a û lui aussi gommer l’exubérance du décor et des costumes. Mais les comédiens, Amar MOSTEFAOUI qui assure aussi la mise en scène, et Béatrice DARMON, sont parfaits et le résultat est paraît-il, très réjouissant.
UBU-ROI COURONNE
La pièce d’Alfred JARRY entre au répertoire de la COMEDIE-FRANCAISE. Certes, elle a un côté vaudeville, mais quand même, le sujet fait grincer des dents et le personnage donne la nausée. Et puis, il s’agit d’un sujet délicat à traiter de nos jours : le pouvoir. La tyrannie. Les monstres dominateurs. Et puis, le texte grossier, ce « merdre » que UBU profère à tout bout de champ. Des versions expurgées ont été montées, par Peter Brook entre autres. Aujourd’hui, Jean-Pierre VINCENT a été choisi pour présenter sa version de la pièce. Elle sera entièrement fidèle à ce qu’avait voulu Alfred JARRY, y compris la fin qui ne coule pas de source… Le personnage de JARRY sera présent sur scène pour imprégner la pièce de sa personnalité ambiguë, suicidaire et détruite par l’absinthe. Le personnage d’UBU avait été inspiré à Alfred JARRY et ses amis par leur professeur de physique, qui devait être un tyran… UBU sera joué par Serge BAGDASSARIAN et Alfred JARRY représenté par Christian GONON.
ELLE N’EN FINIT PAS DE REVENIR…
C’est vaudevillesque !… Cette pauvre belle ADJANI me fait de la peine. Régulièrement elle s’efforce de se propulser sur le devant de la scène. La Dame aux Camélias, La Journée de la Jupe… Chaque fois elle obtient un succès honorable, et puis elle disparaît à nouveau. Elle se met à grossir… A Cannes, elle aurait voulu remettre la Palme d’Or mais Isabelle HUPPERT s’y est opposée tout net. Il y a un contentieux entre elles depuis Les Sœurs Brontë, et c’est pas d’hier. Du coup, on lui a seulement permis de remettre la Caméra d’Or. Pauvre Adjani. Il fut un temps où les photographes se battaient pour lui tirer le portrait. ls posaient leurs appareils par terre en signe de protestation quand elle se refusait à eux. Elle était au top et elle ne l’est plus. Mais pourquoi n’arrive-t-elle pas à faire un vrai come-back ?
«Certains maris ne sont bons qu’à être cocus mais encore faut-il que leur femme les aide. » Georges FEYDEAU
Une réplique comme celle-là fait exploser une salle entière sans exception. Encore faut-il avoir l’idée de l’écrire. S’il y en a une à la minute, on est dans le vaudeville. Miss Comédie