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PAROLE DE DINOSAURE

Publié le par Miss Comédie

« Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. »

Eugène IONESCO

 

Moi je suis d’accord.  D’ailleurs, quoi de plus émouvant qu’un comique qui joue la tragédie ?

Ionesco, éternel enfant, avait le sens des vérités inattendues.

Ses comédies laissent un goût plus amer que les tragédies de Tennessee Williams.

A bientôt, chers amis.

Miss Comédie

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L'ILLUSION ET LE DÉSIR

Publié le par Miss Comédie

Bonjour les catherinettes !      Sujet du jour : deux thèmes de réflexion dans deux spectacles parisiens jubilatoires.

L'ILLUSION CONJUGALE : on ne croit pas une minute que JEAN-LUC MOREAU  n’a trompé sa femme que douze fois, vous comprendrez en allant voir sa pièce au théâtre de l’OEUVRE. (un régal !  voir ci-dessous)

DÉSIR, c’est le nom de la nouvelle revue du CRAZY HORSE signée Philippe DECOUFLÉ .   Tout le monde adore. Moi, j’ai des réserves.

Ma scène du jour est très tendance, avouez.


 

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ILLUSION DE CONVERSATION

Publié le par Miss Comédie

Un quartier de Paris. Nadia et  Christine marchent chacune dans une rue différente, le portable à l’oreille.

 

-  Allo ?

-  Bonjour c’est Nadia.  Un message et je vous rappelle. A bientôt !

-  Oui, c’est Christine, je voulais te parler du dîner d’hier soir chez les Durand.   A propos du  petit incident  tu vois ce que je veux dire…… enfin  j’aimerais que tu me rappelles pour qu’on en parle ! A bientôt, ciao !.

- Allo ?

-  Bonjour c’est Christine. Vous pouvez me laisser un message, merci !

-  Oui, c’est Nadia, moi aussi je voulais t’en parler c’était affolant, non ?  Bernard qui se met à déblatérer sur le film de Yvan sans savoir qu’il était en face de lui !  J’en meurs de rire, rappelle-moi !

- Bonjour c’est Nadia, un message et je vous rappelle. A bientôt !

-  Allo Nadia, oui c’est encore moi, pour la gaffe de Bernard, c’était affreux,  la tête de Yvan ! Rappelle-moi, bye.

-  Allo ?

-  Bonjour c’est Christine. Vous pouvez me laisser un message, merci.

-  Allo, t’es où ?  Moi, ce qui me frappe, c’est la crétinerie des Durand, qui ne les ont même pas présentés !   C’est goujat, non ?  ça aurait pu mal tourner,  t’es d’acccord ?  Rappelle-moi, bon sang !

- Allo ?

-  Bonjour c’est Nadia,  un message et je vous rappelle.  A bientôt !

-  Nadia, t’es pas joignable, c’est un monde !   Je suis d’accord avec toi, les Durand sont responsables… Mais j’ai plus envie de parler de ça avec ton répondeur.   Si on prenait un café ensemble ? Je te propose demain 14h au Petit Zinc.  Ne me rappelle pas si t’es d’accord, OK ?

 

Christine referme son portable, le fourre dans sa poche et rentre chez elle.

On la voit s’engouffrer dans une porte cochère.

Nadia a aussi fermé son portable et s’engouffre dans une bouche de métro.

 

Les portables servent de plus en plus rarement à se parler. 

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JEAN-LUC MOREAU DEVANT, PHILIPPE DECOUFLÉ DERRIÈRES

Publié le par Miss Comédie

LA PIECE QUI   MARCHE

 

C’est             L’ILLUSION CONJUGALE, d’Eric Assous, au théâtre de l’ŒUVRE.   Il faut dire qu’elle est jouée par trois comédiens délicieux qui nous parlent d’adultère pendant une heure  trente  avec une finesse extrême.

Je vais encore une fois chanter les louanges de mon copain Jean-Luc MOREAU qui joue et met en scène avec le même tempérament.

La pièce raconte les aveux réciproques d’un couple qui a décidé de tout se dire.  « Combien ? » demande-t-elle. « Douze ! » répond-il.   Et ça démarre.

Il est parfait, juste, drôle, émouvant sans forcer la note.  Du grand art.  Un grand pro, quoi.  On se régale.  Les dialogues d’Eric Assous sont incisifs, diaboliquement dosés dans la montée des soupçons.  Le mari et la femme se mesurent sans acrimonie, sans vulgarité, sans mesquinerie.

Isabelle GELINAS est à la hauteur de Jean-Luc MOREAU.  Elle est jolie sans jouer la vamp, elle est fine, mutine et impériale.

Et le troisième larron, rôle ingrat de tradition, est lui aussi exactement

comme on veut qu’il soit. C’est Yvan PAUL, un habitué des planches parisiennes.

C’est une soirée qui  vous laisse euphorique, soulagé de voir la faiblesse humaine si joliment dépeinte qu’on a envie d’être faible, très faible.

Allez-y,  et je vous conseille la soirée du 31 décembre vous pourrez faire le bilan de l’année : un « état des lieux », comme dit le mari en lever de rideau, si vous acceptez de jouer au jeu de la vérité.

 

AU CRAZY  HORSE,  UNE ARMÉE NOMMÉE DÉSIR

 

Douze beautés d’égale hauteur, d’égale minceur, d’égal recto, d’égal verso.   Dans la revue de l’après-Bernardin, elles nous cueillaient (je dis bien nous, oui, nous les filles) par la grâce de leurs gestes lascifs, la lenteur de leur effeuillage, l’humour de la chorégraphie, le suspense du plateau noir entre les numéros, l’attente, le  solo ravageur, la précision des gestes, le minimalisme (si l’on peut dire…) de la mise en scène. Et l’impeccable rigueur de leur perruque noire coupée au carré.

Ici, c’est trépidant, ça s’enchaîne sans temps mort, les interludes sont occupés par des vidéos psychédéliques, les filles sont survoltées avec leur chevelure blonde qu’elles balancent de haut en bas,  leurs jambes qu’elles lancent avec violence et beaucoup de souplesse  dans le vide, tout ça est tout sauf érotique, enfin je trouve.  Dans l’ensemble PHILIPPE DECOUFLÉ met un peu trop leur derrière en avant, si je puis dire. Douze derrières en ligne ç’est un peu gâcher la marchandise.  On n’est pas vraiment sur le cul car y en a trop à regarder e, même temps.  A posteriori, on se souvient du deuxième à gauche, plus culotté que les autres, enfin plus coquin, c’est tout.

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GONFLÉ !

Publié le par Miss Comédie

« Si les maris permettaient un ou deux amants à leurs femmes pour qu’elles puissent comparer, il y aurait beaucoup plus de femmes fidèles. »

Georges FEYDEAU

 

FEYDEAU était très bon en adultère, je ne sais pas dans la vie, mais dans ses vaudevilles on ne pensait qu’à ça.  Eric ASSOUS suit ses traces et ça lui réussit… aussi, comme Félicie.

A bientôt  mes fidèles amis qui, j’espère, ne sont pas solubles dans l’océan de l’oubli.

Miss Comédie

 

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LES IMMORTELS

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Ca y est !  La déferlante Albert CAMUS  inonde les médias. J’y joins ma petite voix car Albert CAMUS est mon idole depuis… (lire plus bas). Mais j’y associe  Gérard PHILIPE qui, lui aussi, est  dans toutes les mémoires.

Panthéon ou pas panthéon, ils sont tous les deux immortels.

Ceux qui ont eu la chance de passer un moment d’éternité avec eux ne sont pas près de l’oublier.

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LA JEUNE FILLE ET L'ÉCRIVAIN

Publié le par Miss Comédie

Le taxi la déposa rue Sébastieh  Bottin. C’est une rue où l’on entend les oiseaux chanter.

Elle entra  chez Gallimard avec un sentiment d’exaltation. Elle avait rendez-vous avec Albert Camus, prix Nobel de littérature.

Il était 14 h, les couloirs étaient déserts. Les pièces qu’elle apercevait derrière les portes ouvertes étaient vides.

Où pouvait bien être le bureau de Camus ?  Elle prit l’escalier jusqu’au premier étage et frappa à la première porte.

 

-  Entrez !

L’homme qui est assis derrière une table encombrée de livres et de papiers, tournant le dos à la fenêtre ouverte, ne peut pas être Camus.

-  Pardon monsieur, je cherche le bureau d’ Albert Camus…

-  C’est celui-ci, mademoiselle. Et donc, je suis Albert Camus.

La jeune fille resta muette.

-  Entrez donc, qu’est-ce qui se passe ?

Elle entre et bredouille :

-  Excusez-moi… c’est que je croyais… je vous imaginais plus âgé, plus…

Son rire éclata et elle eut la gorge serrée.   Mais voilà qu’il se lève, va vers elle, la guide vers le fauteuil.

-  Je sais. Vous devez être la secrétaire de mon agent et je dois vous remettre quelques feuillets. Mais pourquoi est-ce que je devrais être vieux ?

    Et  comme elle restait muette :

-  Bon, ma secrrétaire est en train de taper les dernieres pages.  Vous avez deux minutes ?

Elle a l’éternité devant elle.

Elle le regarde.  Il a 45 ans, elle le sait. Il est beau, son visage et ses mains sont bronzés, il revient de Grèce, elle le sait, elle sait tout de lui puisqu’elle est la secrétaire de son agent.

Il lui revient des bribes de potins qui courent au bureau, Camus bourreau des coieurs, un don juan… Elle ignorait ces bavardages, elle s’en foutait.

A cet  instant elle comprend tout. Il se dégage de lui quelque chose à la fois de très doux et de très animal.

Il peut avoir toutes les femmes.

 

Ils se regardent.   La chaleur de l’après-midi de juillet monte de la cour par la fenêtre ouverte. en même temps que les chants d’oiseaux.

Les phrases naissent peu à peu, questions banales, réponses banales. Il est curieux des êtres.  Elle est fascinée.

Plus tard elle reverra souvent dans son souvenir  ce face à face, essayant de reconstruire le dialogue, butant sur des mots, souvenir de la chaleur d’un regard, de ma surprise d’un sourire et tout s’effrite avec le temps. 

La jeune fille ne disait pas grand-chose.  Il aimait parler, d’une voix un peu éteinte, un léger accent pied-noir. Il commença à lui confier que l’adaptation des Possédés avait été - il chercha le mot, ne le trouva pas.

Il parle de l’été à Paris « un avant-goût du paradis », il souriait.  « Et vous, vous aimez Paris ? Vous y vivez depuis longtemps ? »

Quand il parlait, ses yeux qui se voulaient enjôleurs laissaient deviner autre chose de plus profond, une soif de comprendre, une quête de justice qui soudain donnèrent à la jeune fille une envie folle de le connaître. De partager avec lui d’autres moments plus intimes.

Elle se dit « c’est fini.  Ma mission va s’achever, je vais devoir partir, le quitter, et d’ailleurs il n’y a plus rien à dire.  Il m’oubliera. »

 

La secrétaire frappe à la porte. Elle entre et dépose son travail sur le bureau. Camus  a un mot gentil.

-  Merci Suzanne.  Espérons que ces pages nous ouvriront des portes !

La secrétaire sortie, il reste encore un moment silencieux, feuilletant le manuscrit d’un air pensif.  Puis il prend  une grande enveloppe et le glisse dedans, après avoir griffonné quelques mots sur une feuille de papier à lettre à l’intention de son agent.

La jeune fille se leve.  Il a  un dernier regard sur elle, comme si tout n’avait pas été dit.  Il prend sur la table un exemplaire de LA CHUTE, son dernier roman paru.

Elle le voit écrire quelques lignes sur la page de garde et refermer le livre.

« Pour vous.  Lisez-le en pensant à moi.  Mais ne tombez pas dans le panneau : je ne suis pas Clamence ! »

Tout en parlant il s’est  levé, il contourne le bureau et vient poser sa main sur l’épaule de la jeune fille.

« Revenez me voir.  J’aime la compagnie des jeunes filles sages… »

Elle, c’était son vœu le  plus cher.  Mais lui, il n’eut pas le temps de lui donner un deuxième rendez-vous.

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ALBERT CAMUS, GÉRARD PHILIPE, âmes du théâtre

Publié le par Miss Comédie

 

ALBERT CAMUS, « C’EST  TROP JEUNE … »

Ce sont les mots qu’a prononcé la mère d’Albert CAMUS à l’annonce de sa mort.

Le livre qui vient de sortir, « Les Derniers Jours d’Albert Camus », de José LENZINI, donne beaucoup d’importance à sa relation avec sa mère.  Relation frustrée en permanence, puisqu’elle était sourde et aphone.

Mais que peut-on trouver de neuf à dire aujourd’hui sur cette mort brutale  ? Tout à été dit.  Et même, oui, que Camus rêvait d’être acteur, qu’il avait donné son accord pour être le partenaire de Jeanne MOREAU dans MODERATO CANTABILE de Marguerite DURAS, et que finalement Jean-Paul BELMONDO eut le rôle.

 

José LENZINI nous déniche quelques anecdotes dont on ne sait même pas si elles sont véridiques,   et pour meubler les 123 pages qui racontent le dernier voyage, nous donne un compte-rendu imaginaire et romancé des gestes, des  pensées, des souvenirs de Camus tout au long des heures qui ont précédé l’issue fatale.  Il insiste sur son mal de vivre. Il en fait une victime. Et dans ces pensées, pas un mot sur sa vie amoureuse. C’est mal le connaître…

 

Quand on a lu la biographie monumentale de Olivier TODD, argumentée, pavée de témoignages réels et d’extraits des notes de Camus, on se dit « ouais ».

Voilà un livre inutile publié par Actes Sud.

Plus intéressant est « LE DICTIONNAIRE ALBERT CCAMUS » où l’on retrouve l’homme à travers ses mots.  Chez Robert Laffont.

 

GERARD PHILIPE, LETTRES D’AMOUR

25 novembre 1959, il quittait ce monde. Comme un cadeau, parait en livrairie cette 

« CORRESPONDANC E » publiée par son ami Georges PERROS.

Il était discret,  cet ami-là, qui a correspondu  avec Gérard et Anne PHILIPE entre 1946 et 1978.

Jérôme GARCIN, qui a épousé Anne-Marie Philipe, la fille de Gérard, a préfacé avec recueillement  ce livre-souvenir.

Ces lettres contiennent toute l’émotion du monde,  il nous semble entendre  la voix de Gérard,  on imagine  les heures joyeuses de sa jeunesse au soleil, et on va comme ça jusqu’au bout de cette courte vie… jusqu’à la dernière lettre de l’ami, qui est comme un cri d’amour.

On se dit que Gérard PHILIPE était vraiment un extra-terrestre.   La photo  signée Lipnitzky  est hallucinante :  cette allure de chat sauvage, cette coiffure de punk, et ces yeux qui demandent pourquoi.  C’était en 1947, il avait encore  12 ans à vivre.  Cette semaine nous fêterons l’anniversaire de sa mort, en pleine gloire, après le tournage de LA FIEVRE MONTE A EL PAO de Luis BUNUEL.  Un mauvais film.

 

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SES MOTS D'AMOUR

Publié le par Miss Comédie

« Je ne connais qu’un seul devoir : aimer. »

Albert CAMUS (Carnet de notes.)

 

Oui, il a dit ça. Son charisme est enfin reconnu, quarante ans plus tard. Sera-t-il au Panthéon ?  Je le crois plus à l’aise dans le petit cimetière de Lourmarin, sous les buis et les lavandes qui l’embaument.

Le Panthéon ? « Absurde ! » je crois l’entendre.

A bientôt, chers amis du théâtre et de la vie.

Miss Comédie

 

 

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FÉES D'HIVER

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   Oui   l’hiver on a besoin de chaleur.  Ces deux-là n’en manquent pas.  SOPHIE MARCEAU ET NATHALIE BAYE  sont à l’affiche, l’une des salles de cinéma, l’autre d’une salle de théâtre.  Des milliers de gens paient pour les voir,  ce sont nos deux plus populaires égéries du chaud business  français.  Allons-y !

Mon court-métrage parle aussi de chaleur humaine, celle qui se dégage  d’une personne apparemment froide...  le feu sous la glace !

 

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LA RONDE DE NUIT

Publié le par Miss Comédie






INTERIEUR JOUR

 

La salle de peintures flamandes du musée du Louvre.

Assis à l’entrée, sur une chaise, un garde en uniforme défraîchi, le dos vouté, la mine revêche, est perdu dans ses pensées.

Entre une très jeune fille, une  brochure à la main. Elle hésite sur le seuil, jette un coup d’œil circulaire sur les murs de la salle, puis s’adresse au gardien :

 

                                    LA JEUNE FILLE

                                    Pardon, je cherche le tableau qui s’appelle

                                    LA RONDE DE NUIT… ?

                                    LE GARDIEN, sans lever la tête, ronchon :

                                    Bonjour.

                                    LA JEUNE FILLE

                                    Bonjour !  (Un peu agacée)   Bon, vous pouvez

                                             me dire ?

                                    LE GARDIEN

                                    C’est pas ici.

                                    LA JEUNE FILLE

                                    Comment c’est pas ici ?  C’est où ?

                                    LE GARDIEN

                                    C’est au Rikj Museum à Amsterdam.  (Furieux)

                                    vous devriez savoir ça !

 

         La jeune fille est un peu interloquée, regarde sa brochure puis le gardien.

                                    LA JEUNE FILLE

                                    Merci.

Elle s’avance dans la salle et commence à regarder les toiles de très grand format qui couvrent les murs.  Elle passe un long moment devant chacune d’elles.  Elle finit par s’asseoir sur le banc central pour examiner la dernière toile, un immense tableau de bataille dans des couleurs sourdes.

Le gardien la regarde faire, sortant de sa prostration, et ne la quitte pas des yeux jusqu’à ce qu’elle soit assise sur le banc. 

Au bout d’un moment il se lève et va vers elle en claudiquant. 

 

 

 

                                   LE GARDIEN

                                   Mademoiselle, si vovoulez je peux vous raconter l’histoire de

                                   tous ces tableaux.

       

                                   LA JEUNE FILLE

                                    Non, merci, je voulais seulement voir LA

                                    RONDE DE NUIT.  Ceux-là ne m’intéressent

                                    pas.

                                    LE GARDIEN

                                    J’étais gardien au Rikj il y a longtemps.  J’ai

                                    bien vu ce tableau, LA RONDE DE NUIT.   

                                    Du bidon.

                                    LA JEUNE FILLE

                                    Quoi ?

Le gardien, toujours debout devant elle, se balance d’un pied sur l’autre.

 

 

                                   LE GARDIEN, chuchotant

                                   C’est un tableau trafiqué.  Rembrant l’avait peint pour…

                                   Je peux vous raconter ça aussi.

                                   LA JEUNE FILLE

                                   Mais...


Le gardien avance  la main comme pour inviter la jeune fille à se lever et à le suivre. 

                                    LE GARDIEN

                                    Les jeunes filles ne connaissent pas la peinture.  J’aimerais…  vous

                                    avez l'air....

Il laisse retomber sa main.

                                    LA JEUNE FILLE

                                    j’ai l’air de quoi ?

                                    LE GARDIEN

                                    Il faudrait trop de temps… vous, les minettes,

                                    il faut d’abord vous séduire, et après  seulement vousécoutez ce 

                                    qu(on vous raconte...

Son regard s’éteint, il reprend sa posture voûtée, les mains derrière le dos, et il s’éloigne en soupirant.   il  reprend sa place sur la chaise à l’entrée de la salle et les coudes sur les genoux, replonge dans ses pensées.

La jeune fille l’a regardé partir avec une expression de curiosité attendrie.

Au bout d’un moment, elle se lève et s’approche de lui.  Il ne la voit pas arriver.

Elle lui pose une main sur l’épaule, il sursaute et  lève la tête.

                                     LA JEUNE FILLE

                                             j’aimerais tellement vous entendre raconter l’histoire de

                                             LA RONDE DE NUIT !

                        

FONDU ENCHAINE

EXTERIEUR JOUR

L’esplanade du Carrousel du  Louvre.  La place déserte est baignée de soleil.  Deux silhouettes de dos marchent côte à côte.

On reconnaît le gardien et la jeune fille.

C’est elle qui, à un moment, lui prend la main. Leurs silhouettes en s’éloignant, deviennent de plus en plus floues, nimbées de lumière.

 

 

 

 

 

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SOPHIE MARCEAU ET NATHALIE BAYE N'ONT PAS FROID AUX YEUX !

Publié le par Miss Comédie

SOPHIE MARCEAU  PREND DES RISQUES...

 

Elle est sur les écrans dans le premier long-métrage d’ Alain MONNE, « L’HOMME DE CHEVET ».

 

Elle partage l’affiche avec l’amour de sa vie, Christophe LAMBERT`

Tout ça c’est très bien, mais vous connaissez le pitch du film ?  C’est une belle

tétraplégique clouée sur son lit de douleur et qui se tape une histoire d’amour avec un alcoolo détraqué.   La tétraplégique c’est elle, l’alcoolo c’est Christophe LAMBERT.  Dans la vie ils sont amants, mais qu’importe ?  Le sujet est du genre à tenter Almodovar ou David Lyonch, alors le  risque est de taille : que cette  histoire ne soit pas crédible, et que le film soit un navet.

En attendant de le voir, on est subjugué par la beauté des photos de Dominique ISSERMAN dans Madame FIGARO  qui les a pris en duo d’amour au  Raphaël et Grand Véfour, elle est totalement divine et lui craquant comme pas deux.  Ils disent des choses très belles dans leur interview, c’est déjà un film dans le film, une belle histoire d’amour. Si le film marche, ce sera le plus beau cadeau de leur vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NATHALIE BAYE    BRÜLE LES PLANCHES

 

Avant de ccéder la place à Sami FREY, elle occupe la scène du théâtre de l’Ateloier avec une pièce de Jon FOSSE, intitulée à bon escient « L’HIVER ».

Dans ce contexte de froidure extrême, elle se balade à l’aise aussi bien dans son accoutrement de mendigotte, ébouriffée, gros godillots, que dans sa tenue de séductrice, jupe de cuir rougte dévoilant ses jambes sublimes.

Quelle âge a-t-ellle ?  On ne veut pas savoir, tant elle est « encore » belle.

Côté performance, elle assure.  Elle sait prendre des risques, elle aussi.

Jusqu’à présent ça lui a toujours réussi. 

(Je pense  à la scène d’anthologie  dans quoi déjà ? où elle danse seule et avec désespoir sur une musique de rock, après avoir constaté que Jean-Pierre Bacri son mari la trompaie avec Isabelle Carré. Elle y était follement bonne.)

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LES BONS CONTES FONT LES BONS AMIS

Publié le par Miss Comédie

« Les diamants et les pistoles

Peuvent beaucoup sur les esprits,

Cependant les douces paroles

Ont encore plus de force et sont d’un plus grand prix. »

Charles PERRAULT  (Les Fées)

 

Les Fées, un conte que je ne connnaissais pas.  Très moral, à ce qu’il paraît,

mais on adhère.

Je vous laisse en compagnie des bonnes fées   pour une bonne semaine. Je vous rapporterai des échos de la capitale.

Laissez-vous en conter, mes amis.

Miss Comédie

 

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UN TRÉSOR, DES TRÉSORS

Publié le par Miss Comédie

`Bonjour !  Puisque c'est aujourd'hui jour de chance, on va parler trésors.

TRÉSOR, le film, est un souvenir de Claude BERRI. Les trésors de Pierre BERGÉ sont des souvenirs d’Yves SAINT-LAURENT.

L’un sort cette semaine             au cinéma, en même temps que le livre de Nathalie RHEIMS, « Claude » sort en librairie.

Les trésors de SAINT-LAURENT sont en vente au Théâtre Marigny.

 Et pour tous les deux ce sont les souvenirs d’une vie à deux aujourd’hui interrompue.

On commence par ma scène du jour, qui est, elle aussi, le  souvenir d’une époque disparue.

 

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SILVANA MANGANO, REINE DE LA NUIT

Publié le par Miss Comédie

Le Cap Ferrat.  Réception chez le producteur Dino de Laurentis et sa femme, l’actrice Silvana Mangano.  Je suis invitée par deux journalistes copains de mon père, à les accompagner.

 Un jardin aux terrasses ponctuées de cyprès, livrant aux   dernières dorures du couchant l’impeccable désordre de sa végétation et la surface limpide de ses pièces d’eau.

Une villa s’offrant aux regards avec indécence, toutes fenêtres ouvertes, débordant de lumières, contre le ciel mauve et les cyprès noirs.

Debout sur le perron, le couple accueille ses invités dans  une attitude souveraine.  J’eus un choc : la beauté de cette femme Silvana Mangano.  La grâce innée de chacun de ses gestes . Elle, la fille aux cuisses nues de « Riz Amer »,  portait une robe noire dont le  col très montant laissait ses épaules nues et dont la soie fluide glissait le long de sa minceur.  Un bijou scintillait à l’endroit de son coeur.  Un léger diadème en fleurs de jasmin éclairait la masse sombre de sa chevelure.

Queslques années plus tard on cla voyait dans « MORT A VENISE », toujours aussi belle. C’était pour elle qu’il fallait mourir.

Mes deux compagnons journalistes avaient disparu. Un instant, mon coeur se serra dans un souvenir imprécis. Une autre soirée, un autre cavalier fantôme... Mais Philippe R.  ne me quittait pas des yeux.  Entre deux interviews,  il revenait vers moi :

-  Ca vous plait ?  C’est merveilleux, n’est-ce pas ?

Il veillait à ce que j’ai toujours du champagne.  Son acolyte le photographe guettait, l’objectif à l’épaule.  Parfois un éclair de flash trouait la nuit.  Il y avait un instant de panique, une fuite, des voix protestaient.  Mais tout se calmait vite.  Les stars jouaient le jeu.

Je m’approchai de la villa.  Un flot de musique s’échappait de ses fenêtres ouvertes.  On dansait à l’intérieur.

Un homme en veste de smoking blanc d’une classe incroyable me croisa sur les marches et me sourit :

« Are you alone ?  Are you looking for someone ?

« No, no, I am just visiting, it is such a beautiful place…

« How old are you, honey  ?

« Eighteen.

« My goodness !  Help !  fit-il en descendant les dernières  marhces avec un grand rire.

Je me retourdnai, croyant avoir eu une vision.  Mais non, c’était lui, c’était  Dean Martin.

Ce soir-là, tout me paraissait normal.  Aujourd’hui, ce souvenir ne m’appartient plus.  Il est tombé dans un champ de prescription, comme un vieil autographe dont l’auteur n’a plus la cote.

 

 

 

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NATHALIE RHEIMS ET PIERRE BERGÉ : SOUVENIRS À VENDRE

Publié le par Miss Comédie

NATHALIE REIMS : SOUVENIRS D’AMOUR AVEC  CLAUDE BERRI

L’écrivaine à la chevelure de lionne,   (qu’elle vient de couper, paraît-il), belle spécialiste du dialogue avec les morts, nous raconte son Claude Berri.

Elle nous a parlé de Charles Denner, et puis de son frère disparu, après avoir écrit sa douleur d’avoir perdu son père, Maurice RHEIMS, grand amateur d’objets rares à qui il prêtait une âme.

Aujourd’hui elle revient sur sa vie avec Claude BERRI, décédé en janvier dernier, avec qui elle a vécu dix ans de bonheur et pour qui elle a quitté l’éditeur Leo Scheer, son époux depuis quinze ans…

L’histoire de leur rencontre  ferait un beau sujet de film… Son livre qui s’intitule « Claude », tout simplement, est édité aux Editions… Léo Scheer.

 



 

CLAUDE BERRI NOUS LÈGUE UN TRÉSOR     

C’est le film qu’il avait commencé à tourner juste avant sa mort et qui sort cette semaine.  « TRESOR » a été conduit jusqu’à son terme par François DUPEYRON, avec l’aide fervente des deux fils de Claude, Thomas LANGMANN et Darius.  Alain CHABAT y joue le rôle principal après le désistement d’Yvan ATTAL immobilisé par une chûte alors qu’il tournait RAPT.  Mathilde SEIGNER est sa partenaire dans cette comédie désopilante dont le héros est un chien un peu trop envahissant. 

 

 

YVES SAINT-LAURENT  JOUE JE TE QUITTE ET TU DOUBLES,

AU THÉÂTRE MARIGNY

YSL,  c’est un sujet de roman à lui tout seul, qu’auraient pu écrire Marcel Proust, Oscar Wilde ou  Paul Morand, un poète de la mode, un créateur de beauté.

 Pierre BERGÉ finit d’écouler les vestiges d’une vie à deux, cette fois ce sont les objets que l’on dit « intimes », c’est quoi, les objets intimes ?  Pour les vendre, il faut qu’ils aient été choisis avec un certain goût du luxe : miroirs biseautés, brosses à cheveux en écaille, flacons de toilette en cristal, chausse-pieds en ivoire, et des cintres en cèdre du Liban, et des ménagères en argent massif, et quoi encore ?

Bien sûr, il va doubler le prix.   La valeur ajoutée, c’est le NOM de la main illustre qui s’est servi de ces objets et les a partagés avec un homme d’affaires impénétrable. (en apparence !)

Après la « vente du siècle » au Grand Palais, qui avait vu s’enoler les prix de leur collection de tableaux, les objets intimes se disperseront au Théâtre Marigny, cela convient mieux à une collection plus prosaïque…

Et c’est quand ?  Du 17 au 20 novembre, pour tous ceux à qui il manque une pelle à tarte gravée  ou un vase XXL en porcelaine chinoise.

 


 

 

 

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MODIANO LE DIT SI BIEN

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« Pourquoi certaines choses du passé surgissent-elles avec une précision photographique ? »

Patrick MODIANO  (Rue des Boutiques Obscures)

 

Il vit dans le souvenir et il en parle mieux que personne.  Le souvenir est son

pain quotidien.

A bientôt, chers astronautes de la mémoire  !

Miss Comédie

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A L'EST, QUOI DE NOUVEAU ? ..... L'OUEST !

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  L'Ouest serait-il  le paradis ? En tout cas,  c’est là qu’ils ont choisi de vivre :

MIKHAIL  BARYSHNIKOV  et RADU MIHALEANU, ces deux exilés de la danse et du cinéma.   A Berlin on ne va pas les blâmer, puisque désormais, l’est et l’ouest ne sont qu’un seul point cardinal.

Les projecteurs sont sur eux, l'un à l'Opéra de Lyon, l'autre dans les salles de cinéma.


Mais tout de suite : la 2ème partie de mon court-métrage L’ABSENCE se termine sur un départ vers l’inconnu,  peut-être le paradis…

.

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L'ABSENCE

Publié le par Miss Comédie

(2ème partie et fin)

 

 

 

EXTERIEUR NUIT -  RUES DE PARIS

Scène 4

THERESE  marche dans une rue plongée dans l’obscurité.  Quelques passants  pressés. On entend  un klaxon au loin.  Elle  marche, les mains dans les poches de son imperméable.  On la suit un moment puis la caméra la précède et cadre son visage.   L’expression est neutre, indéchiffrable.

 

CUT

INTÉRIEUR NUIT

Scène 5

LE SALON DE THÉRESE

 

Perché sur le dossier d’un fauteuil, le chat est immobile devant la fenêtre, scrutant la nuit.

 

CUT

EXT. NUIT -  RUES DE PARIS

Scène 6

THERESE marche toujours dans Paris. Toujours au même pas, ni lent ni pressé, toujours les mains dans les poches, même visage impassible.

La rue, cette fois, est animée, les cafés sont encore ouverts, les gens de la nuit sont dehors.

 

 

FONDU ENCHAINÉ

EXT. NUIT -  RUES DE PARIS

Scène 7

THÉRESE marche maintenant dans une avenue très large, bordée d’arbres. Quelques voitures passent et  disparaissent au loin. L'une d'elle, surprise par la  silhouette prise dans les phares, donne un coup de klaxon qui se prolonge dans le lointain.

Thérèse  s’arrête soudain et semble désorientée.  Elle regarde autour d’elle,  hésite un moment immobile, puis reprend sa marche vers l’extrémité de cette avenue interminable, vers la nuit profonde.

 

CUT.

INTERIEUR JOUR.

Scène 8

Le hall de l’immeuble de THÉRESE.

La voisine et ses deux enfants partent pour l’école.

 La concierge est en train de rentrer les poubelles.

 

                                                LA VOISINE

                                                Le chat a miaulé toute la nuit…

                                                LA CONCIERGE

                                                Oui, elle n’est pas rentrée…  Elle ne m’a rien dit.

                                                LA VOISINE

                                                C’est étrange qu’elle  soit partie sans son chat…

                                                LA CONCIERGE

                                                Si, maintenant ça me revient…  Elle est descendue

                                                vers huit heures, j’allais fermer la porte cochère à clé

                                                elle m’a dit « je reviens, je vais jusqu’au tabac  j’ai

                                                encore oublié d’acheter des clopes… »

 

FIN.

 

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LES PARADIS DE BARYSHNIKOV ET DE RADU MIHALEANU

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BARYSHNIKOV MÈNE LA DANSE À LYON

 

Après Rudolf NOUREIEV, c’est le plus grand.  Immense star aux Etats-Unis, il a dansé sur toutes les scènes du monde, les plus grands ballets, les plus belles chorégraphies.   A 61 ans il continue à danser, mais différemment.  Il ne s’envole plus dans des sauts hallucinants, il a pris un rythme plus mesuré, plus moderne, il n’est plus en collant chair mais en pantalon et tee-shirt, mais son corps reste toujours aussi « musical ».

MISCHA est père et même grand-père, le paradis ça conserve !

 Lyon a le grand privilège de l’accueillir pour trois soirs seulement à l’Opéra de Lyon, du 10 au 13 novembre..

Il va danser une série de pièces créées pour lui par des amis chorégraphes russes ou américains, parfois en duo, parfois seul, des chorégraphies très

nouvelles dans un esprit contemporain où se mêlent effets sonores et vidéos.

 

RADU  MIHAILEANU DONNE  SON CONCERT DANS LES  SALLES

Lui, dont les parents furent persécutés par le régime Ceaucescu, pour qui

la place Rouge était le symbole de la dictature et de la terreur, a pu tourner

une scène de son film LE CONCERT sur cette place, réquisitionnée par la production rien que pour lui !

Une belle revanche de la vie comme il y en a quelque fois.

Le film raconte l’histoire d’un grand chef d’orchestre déchu, licencié par

Brejnev pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs.

C’est une comédie qui mèle le burlesque à l’émotion et où Mélanie LAURENT

s’est faufilée, pas folle la guêpe, elle fait les bons choix.

 

VANESSA PARADIS BELLE DE PUB

On ne peut pas parler de paradis sans penser à elle, LA Paradis, la délicieuse Fille sur le Pont.

Elle va être l’égérie de CHANEL pour son nouveau rouge à lèvres, après avoir été celle de son parfum Coco… Chouette, on va revoir le bout de son nez, maintenant qu’elle nous préfère les Américains…

 

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LE CHEMIN DU PARADIS

Publié le par Miss Comédie

 

« Quand la maison d’un homme est pleine de chiens sauvages, il lui faut aller chercher la paix ailleurs. »

Pearl BUCK 

 

Celle qui a écrit le super best-seller « Vent d’Est, vent d’Ouest » savait de quoi elle parlait.   C’est comme ça que tant de gens ont pris le chemin du paradis, le chemin de chez nous !

A bientôt, chers anges …

Miss Comédie

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AUJOURD'HUI C'EST L'ENFER !

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   Vous comprendrez pourquoi en lisant l'actu. (Mais en plus, la météo s'y met.)

Sans que cela soit dit, il est beaucoup question d’absence dans ces pages.

Le mois de novembre est responsable.   Triste ? Non, ce n'est pas si triste.

Pour savoir la fin du court-métrage d’aujourd’hui, il vous faudra revenir mercredi…

 

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L'ABSENCE

Publié le par Miss Comédie

(première partie)

SCÈNE 1

 

INTERIEUR JOUR.

Un salon meublé à l’ancienne, bourré de photos et de souvenirs.

Allongée dans une méridienne, une femme entre deux âges regarde la télé.

Posé sur le récepteur, un portrait d’homme en noir et blanc dans un cadre

de bois sombre.

A ses pieds, un chat noir et blanc dort, roulé en boule.

 

                                                THÉRESE

Quand est-ce que tu vas  te décider à mettre le cable ?

                                                On est obligé de se farcir ces crétineries alors qu’il

                                                existe des chaînes de théâtre, de littérature, de

                                                mode….  Tu devrais y penser, un jour…

 

Pas de réponse puisque Thérèse est seule dans la pièce.   Elle ne paraît pas s’en émouvoir.  Au bout d’un moment, elle remue ses pieds pour réveiller le chat.

                                                THERESE

                                                Voilà les infos.  Je vais te faire à manger.

 

Elle se lève et va vers la cuisine, le chat sur ses talons.  Elle commence à s’activer puis :

                                                THERESE

                                                Mince alors !  J’ai oublié ta boîte de Whiskas chez

                                                l’épicier.   J’y vais vite, il ferme à la demie.

 

Elle décroche un imperméable au porte-manteau de l’entrée.

                                                THÉRESE

                                                Tu bouges pas d’ici, hein ?  J’en ai pour une minute !

Elle claque la porte et on la suit dans l’escalier.  Elle descend son étage et dans le hall, croise une femme jeune avec deux enfants accrochés à ses basques.

                                                LA FEMME

                                                Bonjour madame vous sortez ?

                                                THÉRESE

                                                Oui, j’ai oublié quelque chose chez l’épicier…

                                                LA FEMME

                                                Vous avez de la visite ?

                                                THÉRESE

                                                Non, pourquoi ?

                                                LA FEMME

                                                Je vous ai entendue  parler à quelqu’un, en

descendant …

                                                THÉRESE

                                                Je devais parler à mon mar… à mon chat.  Au revoir !

Elle sort de l’immeuble et fonce chez l’épicier.

 

EXTERIEUR JOUR.

Scène 2

I’EPICERIE

                                                THÉRESE

                                                Re-bonjour !  Dites, j’ai oublié le Whiskas tout à `                                                           l’heure !

                                                L’ÉPICIER

                                                Mais non madame Boulle, je vous ai vue le mettre

                                                dans votre cabas !


                                              THERESE

                                                Ah ?

Une lueur de panique passe dans son regard.

                                                Bon, merci…

Elle sort de l’épicerie.

 

FONDU ENCHAINÉ

Scène 3

Dans la cuisine, elle ouvre la boîte de Whiskas devant son chat qui a sauté sur la  table.

                                                THÉRESE

Tu vois, ç’est arrivé encore une fois… il y a des choses qui m’échappent…  Je perd la mémoire…  Tu crois que c’est grave ?…  Ca m’inquiète…

Elle pose l’assiette pleine de nourriture sur le sol  et  s’assied à la table pour regarder manger son chat.

                                                THERESE

                                                Moi ?  Non mon chéri je n’ai pas faim.  Depuis que tu

                                                es parti je n’ai plus jamais faim…

Puis son regard va se poser sur la photo de son mari posée sur le buffet et elle reste plongée dans une sorte d’hébétude.

(À suivre : mercredi 11)

 

 

 

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DEUX STARS D'ENFER

Publié le par Miss Comédie

ROMY SCHNEIDER,  la douloureuse

 

Elle revit dans un documentaire sur le film  inachevé de Georges CLOUZOT, « L’ENFER ».  C’est drôle, ce titre nous dit quelque chose : n’a-t-on jamais vu ce film ?   Non, on a vu « L’ENFER » de CHABROL, avec Emmanuelle BEART.

Là, il s’agit de faire revivre une actrice mythique, Romy Schneider.

C’est fou ce qu’on a en réserve, de personnages mythiques qui refont surface au gré de nos envies. .

Ces mythes qui ont vécu ont gardé le don de nous mettre la larme à l’œil.

C’est comme pour des êtres chers : pourquoi ne sont-ils plus là ?

ROMY reste comme une figure de martyre, torturée par la vie, achevée par la presse à scandale.

« L’ENER », commencé en 1964, s’est interrompu avec la mort brutale de CLOUZOT.  La pellicule tournée contenait déjà des trésors.  Le scénario était intact.  On en a fait un documentaire  qui mêle le passé au présent.

Certaines scènes qui n’ont pas été filmées sont lues par Bérénice BEJO et Jacques GAMBLIN. Il y a des interviews de ROMY et les quelques scènes qu’elle a tournées, troublantes.

Un belle couronne à poser sur sa tombe.

 

SAMI  FREY,  le doux ténébreux

 

Lui au moins, est vivant ! C’est un acteur d’enfer. Il faut le regarder, l’écouter, le vénérer, c’est l’un des derniers mythes.

Sa beauté s’évanouit.  Il a vieilli. Ce n’est plus le  Ely, de  « Se Trouver », aux côtés de sa Delphine si belle en Donata Genzi.  Ca ne peut plus être, c’était en 1967 et le temps passe.   Elle a disparu… il est resté, pour notre bonheur.

Il est encore une fois seul en scène  avec un texte de Samuel BECKET peu connu « PREMIER AMOUR ».  Je pense que BECKET a volontairement piqué ce titre à TOURGUENIEV pour en donner sa version à lui.   Chez BECKET toute tentative de sentimentalité est vite détournée.

Sami FREY n’est que douceur.  Les mots qu’il va dire seront ses mots, n’en déplaise à l’auteur.  S’il a choisi ce texte, c’est bien qu’il y a trouvé  quelques « mots bleus »…

C’est au Théâtre de l’ATELIER, théâtre intime qui lui va si bien.

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LE PHILOSOPHE A DIT

Publié le par Miss Comédie

« Autrui, c’est les autres, c’est-à-dire le moi qui n’est pas moi. »

Jean-Paul SARTRE  (L’Etre et le Néant-)

 

Une façon très particulière de dire que l’enfer c’est les autres.

Bon, on termine avec l’ener, demain j’écris sur le paradis.

Bonne semaine, chers internaute et particulièrement à ma chère minette qui se reconnaîtras !

Miss Comédie

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LE PRIX DE LA PLUME

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Toutes ces plumes qui plument ! Tous ces écrits vains !  Bien sûr il en faut pour tous les goûts, et le choix rst grand.

Le GONCOURT  cette année, est attribué à une femme, et il est EDIFIANT. 

La 4ème de couverture est là pour vous prévenir, on ne le lira pas.

Le RENAUDOT est une surprise car BEGBEIDER n’est pas spécialement un chouchou des érudits, mais il est le bienvenu.  Enfin une brise rafraîchissante sur la littérature.

 Marisa BERENSON est pour moi un parangon de classe et de beauté. Elle ne peut pas avoir écrit une ineptie.   De la littérature non plus, mais certaines plumes ont un charme qui compense

.

 


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L'HOMME DU TRAIN

Publié le par Miss Comédie

Hélène a pris place dans le TGV qui l’emmène à Paris.  C’est une place isolée avec vis-à-vis et en face d’elle s’installe un homme en costume gris.  C’est un beau mec élégant,  cartable Hermès, souliers cirés.  Elle est assez cotente et s’apprète à croiser ses jambes de façon discrète mais glamour lorsque le monsieur sort son portable.  Aïe !   Patatras, le rêve s’effondre,  c’est un plouc.  Il ne se lève pas pour aller parler dans le sas, il tapote un numéro et commence une conversation dont pas un mot n’échappera à Hélène.

 

« Allo  Luc ?  Tiens, tu réponds ?

-       …

-       -  dans le TGV je monte à Paris signer un marché.  Dis donc, je voulais te

demander…  Je dîne ce soir chez les Sanders… tu connais les Sanders ?

 

Hélène sursaute.  Elle aussi connaît les Sanders.  Même qu’elle dîne chez eux ce soir, elle aussi. Elle dresse l’oreille.

«  Tu  sais qui ils ont ivité ?

-       …

-       Hélène Laurent, la nouvelle directrice littéraire de Charing Cross Books.

-       -…

-       - Oui, et qui a viré Joseph pour mettre  son mec à sa place.  Il paraît que c’est une tueuse.

 

Hélène croise ses jambes et les décroise mais il ne la regarde pas, il est  le nez à la vitre à regarder défiler le paysage pendant qu’il parle.

-       Si elle est belle ?  Ca je sais pas, je te dirai demain.  Mais le bruit court qu’elle les tombe tous.  Mais moi tu comprends, je m’en fous qu’elle soit belle, je veux seulement venger mon copain Joseph.  Donc, j’ai un plan.

 

-       -…

-       - Non, mieux que ça : je vais la draguer.  Je vais lui proposer de la raccompagner chez elle, je ferai une halte au bar du Raphéël et là, si ça marche, je demanderai une chambre.

-       - …

-       -  J’y vais fort ?  Ben oui, j’y vais fort, mais c’est tout ce qu’elle mérite, la garce !  Le coup du mépris !  Tu sais comment elle a viré Joseph ?  En lui faisant du gringue pour qu’il l’invite à dîner et là elle lui a annoncé qu’il était viré.  Joli !

 

Hélène rugit intérieurement.  Ce salaud de Joseph avait fait passer les ventes d’un jeune auteur sur le compte d’un de ses protégés, ni vu ni connu, il a fallu que je mette le nez dans les comptes pour le voir !

Il ne fallait pas qu’elle croise son regard.  Elle se plongea dans le magazine qu’elle avait acheté dans la gare.  Elle bouillait, à la fois de  dépit de se découvrir une image  si peu flatteuse, mais aussi d’impatience de se retrouver ce soir, chez les Sanders, face à face avec son futur dragueur.

Ah, il voulait la draguer ?  Il allait comprendre sa douleur.

Il y eut un éclat de rire et l’homme, apparemment très satisfait de son plan, éteignit son portable et ouvrit sa serviette pour y saisir un ordinateur qu’il déploya sur la tablette.  C’est à ce  moment-là qu’il s’aperçut de la présence d’Hélène, et qu’il manifesta un certain intérêt.  Un « pardon » en retirant son pied, un sourire charmeur réitéré chaque fois que leurs regard s se croisaient. Mais devant le visage fermé d’Hélène, il n’osa pas entamer le dialogue.

A la gare de Lyon, ils se  retrouvèrent dans la file des taxis.  Là,  il risqua le tout pour le tout.

-       Vous avez un plan pour ce soir ?  demanda-t-il comme s’il était guide touristique.

-       Non…  pas encore, répondit Hélène avec un regard accrocheur.

-       Ah… très bien, voulez-vous que l’on se retrouve quelque part ?

 

II n’osait croire à une victoire aussi rapide et eu un sourire ravageur alors qu’elle susurrait :

-       J’ai une envie folle d’aller voir le spectacle du Crazy…  Vous accepteriez de m’y emmener ?

-       Avec joie !  C’est une idée géniale !

-       - Le spectacle est à 2Oh 15,  retrouvons-nous chez Francis à 2O heures ?

-       D’accord,  j’y serai.    A ce soir….. ?

-       Hélène.   Et vous ?  

-       Edouard.

-       - Ciao, à ce soir !

Ils s’engoufrèrent chacun dans leur taxi, sans même échanger leurs numéros de téléphone.

Le soir, les Sanders eurent un coup de fil de défection d’Edouard.

A   vingt et une heure,chez Francis,  Edouard  but trois coupes de champagne  puis, résigné, demanda l’addition.  Puis il appela un taxi et à tout hasard,  fila chez les Sanders.

On lui remit son couvert.  En face de lui,   le sourire d’Hélène lui fit l’effet d’un soufflet.

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LE GONCOURT SINON RIEN

Publié le par Miss Comédie

 

Les Frères Goncourt étaient des personnages peu sympathiques.  Des monuments de misogynie, de suffisance et de pessimisme. Et voilà qu’ils sont devenus les fanions de la grande littérature.  Cette année, ils grincent des dents dans leur tombe car c’est une femme qui l’a eu.

 

MARIE N’DIAYE A  FAIT APPEL A « TROIS FEMMES PUISSANTES » 

ET CA A MARCHÉ !

Petit rappel des lauréats qui l’ont précédée :

2008 :  Atiq Rahimi, « Syngué sabour. Pierre de patience (Pol)

 

2007 : Gilles Leroy « Alabama Song » (Mercure de F.)

2006 : Jonathan Littell  « Les Bienveillants » Gallimard)

2005 : François Weyergans « Trois jours chez ma mère » (Grasset)

2004 : Laurent Gaudé « Le Soleil des Scorta »  (Actes Sud)

2003 : Jacques-Pierre Amette  « La Maîtresse de Brecht  (Albin Michel)

2002 : Pascal Quignard  « Les ombres errantes »  (Grasset)

2001 : Jean-Christophe Rufin  « Rouge Brésil »  (Gallimard)

2000 :  Jean-Jacques Schuhl  « Ingrid Caven »  (Gallimard)

 

Faites le compte : combien en avez-vous lu ? 

 

 

MARISA BERENSON  JOUE  AVEC SES SOUVENIRS

 

Son livre s’appelle « Moments Intimes » et je suppose qu’elle a dû trier !

Elle en parlait simplement  avec Olivier BELLAMY sur radio Classique.

Sa voix sublime parlant un Français impeccable racontait quelques  rencontres, quelques anecdotes de ses films.  C’est une femme qui a connu et fréquenté les plus grands de ce monde, aussi bien outre-Atlantique qu’en Europe.  Elle a malheusement soixante deux ans.  On pourrait dire que pour elle, c’est fini.  Mais non.  Elle est toujours belle, une beauté qui nous dépasse, nous les petites nanas « super-sexys », « super-mignonnes »,   elle a quelque chose de plus.

Son livre ? Et ben je l’ai pas lu mais ce qui m’intéresse, c’est pas son style, c’est elle.  Quitte à lire des romans sans style, autant lire le sien, car sa vie est un roman qu’on n’invente pas.

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DU BOUT DES LÈVRES...

Publié le par Miss Comédie

« Il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut encore se le faire pardonner. » et comme ils sont deux  :

« Un livre n’est jamais un chef-d’œuvre, il le devient. »

Edmond  et Jules de GONCOURT

Moi je dirais qu’il est beaucoup plus difficile de se faire pardonner son talent que d’écrire un livre.

C’est le miracle qu’a accompli Frédéric Begbeider  avec son ROMAN FRANÇAIS.  Il aurait tout aussi bien pu se faire écharper.  Mystère…

A bientôt, chers amis de la plume  … et du show-business !

Miss Comédie

 

*   Vous n’avez pas réagi à la petite erreur que je vous signalais lundi, c’est que vous n’êtes pas de vrais cinéphiles.  Je vais  donc vous la révéler.

La musique d’Ennio Morricone que vous avez pu écouter en lisant le blog était celle de « POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS »  et non celle de « POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » dont je vous donnai le compte-rendu.

 

 

 

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MES TONTONS FLINGUEURS

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   Dans les films de Sergio LEONE,  les chasseurs de prime sont vêtus de cuir et tirent sur tout ce qui bouge. Aujourd’hui ils sont en bleu marine et s’attaquent à tout ce qui roule. Mas passons. C’étaient des hommes glamour.  Leur univers, c’était les grands espaces et les chevaux.  Aujourd’hui, notre glamour boy Bruce WILLIS évolue dans un monde de clones…  Mais les flingues sont toujours là ! 

Des flingues il y en a même dans les boîtes à gants des Mercedes où l’on ne met plus ses gants depuis longtemps.  Bref, aujourd'hui ça rigole pas.


 

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BARCELONA

Publié le par Miss Comédie

Flash-back : nous roulons  dans une avenue bordée d’immeubles cossus, dont certains arborent des façades ouvragées, ornées d’incrustations de céramiques colorées, de balcons torturés.  L’architecture de Gaudi. Je le reconnais, c’est le paseo de Gracia.

Barcelone me parait immense et vide - ce n’est pas le souvenir que j’avais gardé de mon premier voyage.  Mes parents et moi avions arpenté les ramblas à l’heure du paseo, au milieu d’une foule  bigarrée.  Des odeurs d’épices et d’huile d’olive montaient des ruelles inquiétantes. La Sagrada Familia avait imprimé en moi l’image d’une cathédrale de cauchemar.


Hubert  ne parle toujours pas.  Où m’emmène-t-il ? Je commence  à éprouver quelque chose comme de la peur.  Il ne reste rien de notre complicité du premier jour.  Pourquoi m’a-t-il proposé ce voyage ?  Je  le connais à peine.   Des histoires d’enlèvement me reviennent en mémoire. Les filles disparaîssent, direction Marrakech et plus jamais on ne retrouve leur trace. J’écarte ces idées noires et attend la suite.

Nous nous engageons dans une rue étroite, puis une autre, et soudain nous sommes enveloppés d’une ombre bienfaisante. La Mercedes s’est glissée sous un porche en pierre et débouche dans une cour plantée d’un palmier miteux.  Hubert coupe le moteur et se tourne vers moi.

-  J’ai quelqu’un à voir ici, dit-il.  Ce ne sera pas long.  Peux-tu m’attendre dans la voiture ?

Le tutoiement m’agace.  Quelle sorte d’intimité avons-nous gagnée pendant ces deux heures ?

Il n’attend pas la réponse et sort prestement de l’auto, son blouson sur l’épaule.  Il disparait dans un couloir sombre encombré de poubelles.

Je suis descendue pour me dégourdir les jambes et je me suis approchée de ce couloir nauséabond au bout duquel un escalier en bois s’enfonçait dans le noir.  Sur la façade, une plaque en émail à moitié écaillé :  “Vicente Gonzalez, Import-Export.  Primero piso derecha.”  Mais peut-être Hubert était-il monté plus haut.

Je suis remontée m’asseoir dans la voiture de plus en plus  inquiète.

J’ouvre alors la boite à gants comme ça, pour chercher de quoi lire, un mouchoir, que sais-je ? et je tombe sur un revolver posé là, comme une vulgaire paire de jumelles.  Mon coeur fit un bond. Tout ce que j’avais imaginé me semble maintenant une réalité.

Je ne réfléchis pas longtemps. Je glissai de mon siège sur celui du conducteur, tournai la clé de contact, entamai une marche arrière pour me retrouver dans le bon sens et démarrai en trombe.  Je  devais quitter cet endroit où Hubert était en train de marchander ma petite personne.

Je refis en sens inverse le trajet que j’avais bien observé et me retrouvai dans Diagonal.  La ville commençait à s’animer. Je roulai vers le Nord et trouvai vite l’autoroute  qui menait à Gijona et puis la frontière. Je savais que ma fuite ne me délivrerait pas d’Hubert mais en France il ne pouvait rien.  Il serait furieux de ne pas retrouver sa voiture et risquait de venir m’attendre en bas de chez moi pour me demander des comptes. Je m’en foutais, tout plutôt que de rester à Barcelone,  pseudo capitale, ville de sangre y sol.

 J’ai eu de la chance, aucun carabinier ne m’a arrêtée avant la frontière, et au Perthus la file d’attente était bien trop longue pour s’éterniser dans les détails.  Je me suis retrouvée à Toulouse et dès le lendemain je   quittai mon studio pour retrourner chez ma mère.

 

J’avais laissé la Mercédes dans un parking de supermarché, avec le revolver dans la boite à gants.

Au bout d’une année de silence, j’ai conclu que j’avais eu raison de m’enfuir : si Hubert ne s’était plus jamais manifesté, c’était qu’il n’avait pas la conscience tranquille.

 

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ILS CAUSENT PAS, ILS TIRENT

Publié le par Miss Comédie

POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS : ON COURT !

 Là-dedans vous avez de quoi faire fantasmer une salle entière de nanas, même très bien accompagnées.  Les gros plans sur les visages burinés, chapeaux rabaissé sur les  regards qui tuent.  Et Clint Eastwood, la trentaine,  faisant tournoyer mollement son colt dans sa main en souriant, est à  tomber.

En face il a LEE VAN CLEEF, pas mal non plus : masque impassible,  regard mongol, froidement déterminé à tuer dans la plus parfaite légalité.

Et les bandits, dont GIAN MARIA VOLONTE était le chef torride,  rivalisaient de sensualité brutale, comme on aime.

 La msique irrésistible d’Ennio MORRICONE.

Et la petite musique de la montre vous vous en souvenez ?

Ces tontons)là ils font pas rire, mais on aimerait bien les avoir dans la famille. 

 Ils ont un mépris total de la caméra.  Ils font ce qu’ils ont à faire, point.

Et bien sûr, qu’ils n’ont pas du tout le mépris de la caméra.  Bien sûr qu’ils ont appris leur dialogue.  Bien sûr qu’ils jouent.   C’est ça qui est bluffant.

Ce film passait à la FONDATION  Lumière à Lyon,  c’est un festival Sergio Leone qui dure deux semaines.  Courez-y !

 

BRUCE WILLIS  CONTRE SON  CLONE

 

Bruce WILLIS en flic humain   est chauve, il a pris un drôle de coup de vieux.  Son clone est jeune, beau visage dur à la chevelure blonde.   A choisir, je prend le vieux flic humain.  Ila encore dans le regard cette lueur qui fait craquer les minettes.

Bruce WILLIS adore  tourner des films d’anticipation.  Voir LE CINQUIEME ÉLÉMENT,  SIXIEME SENS, INCASSABLE etc.  Là, le film CLONE, de  Jonathan Mostow  nous plonge dans un monde cybernétique qui arrive à grands pas, où chaque être humain possède son clone et lui fait faire ses corvées. Un tueur se met à assassiner des êtres humains et un flic est mis sur le coup.  Seulement, les flingues ne tuent pas les clones et il est bien perplexe.

La bande annonce ne montre que des explosions, des émeutes, des cris  dans des ville-fantômes.  Et pas assez Bruce WILLIS, son flingue à la main.

 

 

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IL ÉTAIT UNE FOIS...

Publié le par Miss Comédie

« Ce mot de western spathetti, c’est le mot le plus con que j’aie jamais entendu de ma vie. »

Sergio LEONE

 

Quand il sont sortis, ses films se sont fait massacrer par la critiique.  Heureusement, le public a eu son mot à dire...

Aujourd'hui, on les classe parmi les chefs d'oeuvre.  Comme quoi.

Miss Comédie

* si vous avez constaté une petite erreur dans l'animation de ce blog, vous pouvez me la signaler dans un commentaire, ça me prouvera que vous êtes un vrai cinéphile...

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VIVE LES MÉGALOS !

Publié le par Miss Comédie

Un monument de travail, de précision, de don de soi : les répétitions du  concert de Michaël JACKSON.  Epoustouflant !

Un méga-bouquin consacré au super mégalo Stanley KUBRICK et à son

projet avorté : un film sur le mégalo corse NAPOLEON…  Bluffant !

Et mon court-métrage, un adieu au grand mégalomane LUIS BUNUEL.

On tutoie les nuages…

 

 

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L'ADIEU À BUNUEL

Publié le par Miss Comédie

Pour en finir avec Bunuel, il faut quand même décrire ce face-à-face si fugitif que je pourrais croire que j’ai rêvé. Mais non, c’est bien noté dans mes carnets de bord de cette année-là. 

Et cette scène peut aussi être tournée seule, isolée de son contexte, comme un  portrait-souvenir.

Avec en voix-off, la narratrice.

 

Dans un tournage, Bunuel ne s’intéresse qu’à ses personnages. Entendons-nous : ses personnages ce ne sont pas les acteurs. Ce sont les êtres inventés qu’il a créés pour le film.  Il a mis dans chacun d’eux un zeste de sa folie.  Il les raconte comme des gens qu’il a connus, comme des êtres de chair et d’os.  Il ne parle jamais des comédiens qui les ont interprétés.

J’ai lu qu’il admirait plus que tout chez Jeanne Moreau sa façon de marcher.  Parlant de son rôle dans Le Journal d’une Femme de chambre, il dit  “C’est un régal de voir Jeanne Moreau marcher ainsi, la façon dont elle fléchit sensuellement la cheville... Mais il y avait déjà le film de Louis Malle Ascenseur pour l’Echafaud. Là aussi elle marchait très bien, et longtemps.”

De son talent, de la façon  dont elle a fixé pour l’éternité  son fantasme de fétichiste, rien. Non, il n’en a rien dit.

 

Lorsque je sortis du décor, toutes lumières éteintes, je le vis : assis dans son fauteuil roulant  dans un coin reculé du plateau,  grignotant son cigare, il attendait, lui aussi. Autour de lui tous s’agitaient.  Il était calme, il attendait.  Que l’on mette en place la scène suivante.  Que l’on règle les éclairages.  Que l’on appelle les acteurs.  Que sur l’écran video devant ses yeux apparaisse la reconstitution exacte de son monde intérieur, un monde absurde.

Sans réfléchir, je me suis dirigée vers lui et personne à cette minute ne s’interposa entre lui et moi, et ce fut comme prémédité, répété, même, ce bref salut plein de respect pendant que je murmurai “don Luis, je garderai ce poème toute ma vie”.   Luis Bunuel  m’a-t-il entendue  ? Il m’a regardée derrière ses lunettes fumées et a dit simplement  “je vous remercie mademoiselle” en roulant effroyablement les « r ».

“Ce fleuve, dont les eaux passent devant mes yeux le long des rives immobiles qui retiennent sa fuite, le verrai-je revenir ?”

Les eaux des fleuves, comme les minutes des moments comme celui-ia, ne reviennent jamais.

Je quittai les studios un peu après 18h. La lourde porte en fer refermée sur un monde qui n’existait pas,

 

 

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JACKSON/KUBRICK SUPER PROS

Publié le par Miss Comédie

THIS IS IT :   ON S’INCLINE

La première chose qui frappe, c’est l’énergie qui se dégage de l’Etre qu’on disait exsangue,  exténué, drogué, fini.

Quoi ?  Il a donc répété son concert à ce rythme-là ?  Avec cette frénésie, mais aussi cette minutie, cette rigueur, ce perfectionnisme ?

Tout est montré, les arrêts, les reprises, les chorégraphies, les solos endiablés, tout ça intercalé de commentaires de ses danseurs, pénétrés d’émotion et d’amour pour Lui.

Il donne une leçon de professionnalisme.  Le show allait être hallucinant.

De nouvelles chansons, mais aussi ses succès, Thriller, Billie Jean, revues dans des mises en scène ébouriffantes et une orchestration démultipliée.

J’ai écouté ce matin le CD de THRILLER qui date des années 80, ça paraît tout sage, tout calme à côté de ce que j’ai vu hier soir.

La salle était comble, le public muet, et les gens ont applaudi à la fin. Ca n’arrive pas souvent, surtout à Lyon.

 

STANLEY KUBRICK’S NAPOLEON : THE GREATEST MOVIE

NEVER MADE

« Le plus grand film jamais fait » et qui ne s’est jamais fait, ce sont les subtilités de certaines tournutres de phrase, aussi bien en Anglais qu’en Français…

Bref, on ne le savait pas, mais KUBRICK préparait un MEGA NAPOLEON en 1969  et il avait réuni pour ça un matériel impressionnant, à sa mesure !

17000 images d’époque, photos, documents historiques, témoignages, qui ont été retrouvés chez lui.

C’est lui qui disait que ce film serait le plus grand film historique jamais réalisé.  C’était un mégalo pur cachemire.  IL chiadait son truc à mort. Chaque personnage avait sa fiche où sa vie était consignée depuis sa naissance jusqu’à sa mort.  NAPOLEON devait être interprété par  David HEMMINGS.  Le scénario comptait 186 pages et les premières images montraient Napoléon à 4 ans en Corse, son ours en peluche dans les bras. Le même ourson était filmé dans la dernière image, dans les bras de Laetizia.

Finalement, comme toujours, c’est le fric qui a manqué. La MGM a renoncé et le projet a capoté.  Alors, KUBRICK a fait ORANGE MECANIQUE.

De toute façon, tout ce qu’il faisait était un méga-succès.

Les 88 boîtes contenant ce matériel colossal sont réunies dans un coffret somptueux sous le titre : « Kubrick’s Napoleon,  the greatest movie never  made » aux Editions Taschen.   Pour un méga-prix :  500 euros.

Réservé aux cinéphile, I presume.

 



 

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AU MEGAPHONE

Publié le par Miss Comédie

 

« Les grandes nations ont toujours agi en gangsters, les petites en prostituées. »

Stanley KUBRICK

 

La France est-elle une grande nation ou une petite ?

Je vous souhaite un méga-week-end, en tout cas.

Miss Comédie

 

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MOMENTS DE CINÉMA

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Il y a des grands et des petits moments de cinéma. Ici je fais un  mix des deux, comme ils viennent.  

L’un d’eux est surdimensionné, comme l’événement qu’il célèbre et prolonge : la disparition du roi de la pop.  C’est  comme la queue d’une comète qui a traversé notre siècle. MICHAEL JACKSON nous lègue son dernier concert en images, il aura (presque) honoré son contrat…

En même temps sortent deux films de même acabit qui vont  faire un petit suspense au box-office.

Mais tout de suite, mon court-métrage, flash-back sur un grand moment de cinéma.

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LA DICTÉE DE BUNUEL

Publié le par Miss Comédie

Brialy m’avait fait engager dans le film de Bunuel « Le Fantôme de la Liberté ».  Je devais jouer une maîtresse d’école en train de lire une dictée à ses élèves.  Je devais juste détacher les mots, comme une vraie maîtresse dicte en détachant les mots, très lentement.  Une panouille ! Mais c’était Bunuel. J’avais  peur.

Brialy  m’avait dit :

“Ecoute, tu n’as rien à faire, ça se passera très bien.  Il faut juste que tu sois habillée de la bonne couleur,  placée à l’endroit précis qu’on t’indiquera, et que tu te déplaces exactement comme on te le demandera.  C’est tout.  Pas de talent, rien !  Laisse tout ça au vestiaire.  Avec Bunuel, pas besoin de talent.”

 

La bonne couleur, je le sus très vite, c’était l’absence de couleur.   L’assistant Pierre Lary m’emmena au magasin des costumes au sous-sol pour me choisir une tenue.  L’ambiance générale de la salle de classe était bleutée, les enfants avaient reçu la consigne d’être vêtues de couleurs pastel, seule la petite fille devait être en rouge.  Je devais être neutre, très neutre.

 Il me trouva un cardigan de laine  informe, qu’avait porté Bulle Ogier dans Le Charme Discret de la Bourgeoisie.  Couleur beige.  Je pouvais garder ma jupe en tweed gris.

-  Maintenant, tu peux aller déjeûner si tu veux, tu ne tournes que cet après-midi. Mais à partir de 14h tu dois rester dans les parages, on ne sait jamais.  Allez, ciao ! 

Quelque chose me tracassait.

- Hé !

-  Oui ?

-  C’est quoi, la dictée ?

Son regard s’est vidé de toute expression.  Il y eut cinq secondes de silence.

-  La dictée.  Bonne question.  Il te faut une dictée. Je vais en parler à don Luis.

 

J’étais là dans cette loge, avec en face de moi Jean Rochefort et Pascale Audret qui jouaient les parents, et Agnès Capri qui jouait la directrice.  Celle-ci, un peu à l’écart, était occupée à tricoter. Nous étions assis  dans une semi-pénombreet nous attendions. 

Jean Rochefort nous faisait part de son indignation.

-  Pas un mot sur nos rôles, pas une indication, rien...  Des objets, il nous traite comme des objets.

Nous opinions du bonnet, un peu inquiètes de cette attitude irrévérencieuse. Nous nous gardions bien d’apporter notre grain de sel.   Mais il n’en avait cure, de plus en plus nerveux :

-  Moi,  dans ma campagne, avec mes chevaux et mes chiens, je suis heureux.  Je n’ai pas besoin qu’un Bunuel vienne me faire poireauter sans un mot, pendant des heures.

Sa diction inénarrable me réjouissait. Pascale Audret, souriante, gardait son calme.  Agnès Capri, imperturbable, tricotait sans mot dire.

 

A quinze heure cinq, Pierre Lary vint me tendre un bout de papier sur lequel étaient griffonnées quelques lignes.

-  Voilà ta dictée.  Le maître  l’a écrite spécialement pour toi ... Tu tournes dans une demi-heure, on viendra te chercher.

Il était déjà reparti.  Les autres me regardaient, mon papier entre les doigts.  Je déchiffrai avec peine les mots écrits à la hâte d’une écriture fine et cahotique.

-  C’est de la belle prose, je présume ?  dit Jean Rochefort, goguenard.

Je lus à haute voix : Ce fleuve dont les eaux passent devant nos yeux le long des  rives immobiles qui retiennent sa fuite, le verrons-nous revenir ?”

Nous nous regardâmes sans mot dire.  Jean Rochefort eut un hochement de tête.

 

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A VOUS DE CHOISIR !

Publié le par Miss Comédie

DEUX  CONTRE UN

 

Bien sûr, le premier n’est pas vraiment du cinéma. Mais c’est un vrai poids loud. Au niveau des entrées, il va cartonner.  D’ailleurs, les deux autres font pâle figure à côté de ce documentaire-bombe atomique…

 

THIS IS IT :  LE DERNIER CONCERT.

Ca pourrait vouloir dire « C’est ça. » ou bien : « Et voilà. » ou encore, « C’est Lui » puisqu’il n’est plus qu’une entité sans nom.

Le titre est bon, très bien choisi.  KENNY  ORTEGA, le réalisateur, qui fut l’ami et le concepteur de ce spectacle, n’en était pas à son premier coup de maître. C’est avec lui que Michaël a mis  au point les chorégraphies de ses concerts « HISTORY » et « DANGEROUS ».

 En disparaissant, il lui a laissé de quoi se faire des couilles en or, comme on dit, mais on ne pouvait pas laisser ces images dans un coffre, n’est-ce pas ?  Les profits iront à la famille pour éponger les dettes, et à différentes associations de bienfaisance. (Enfin, c’est ce qui est dit dans le prologue.)

Après avoir rempli les salles du monde entier, le DVD  restera comme une relique de l’âge d’or de l’humanité.

 




MIC-MAC A TIRE LARIGOTJe parie que vous ne savez pas d’où vient l’expression.  Elle remonte au XVème siècle, oui oui, et  elle était associée à la boisson, puisque le larigot était une petite fiole  de petite contenance dont il fallait tirer souvent le vin. Seuls de vieux Parisiens l’emploient encore, que je sache.

Je vous parlerai du film car j’irai le voir mais sachez d’ores et déjà que Jean-Pierre JEUNET, qui ne fait pas l’unanimité, se prend quelques critiques

comme « la dictature de l’esthétique », dixit la journaliste du Figaro Madame, une manie qui sacrifie le récit aux effets de mise en scène.  C’est aussi l’avis e la critique de ELLE, qui termine « tout ça pour ça … »

 

   CINEMAN

Le film est dédié à Lucy Gordon, la jeune actrice anglaise qui s’est suicidée au printemps dernier, je vous en avais parlé. Jolie comme un coeur, elle incarne tour à tour toutes les héroïnes qui jalonnent ce film-calendrier. Yann MOIX  caracole au-devant du succès comme Luky Luke  face aux Dalton.   Pour aimer ce film il faut aimer le cinéma, il n’y a que ça là-dedans.  Frank DUBOSC fait un numéro d’imitation très réussi au fil de tous les films qui défilent, des chefs-d’œuvre aux nanars. C’est paraît-il réjouissant, l’accueil est plus favorable que pour MIC MAC.

 

 

 

 

 

 

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TOP SECRET

Publié le par Miss Comédie

« Un scènariste doit chaque jour tuer son père, violer sa mère et trahir sa patrie. »

Luis BUNUEL

 

C’est donc le secret d’un bon film. Bunuel ne s’en est pas privé, puisqu’il écrivait ses scénarios lui-même quand il ne travaillait pas avec Jean-Claude CARRIERE, qui est lui aussi un sacré chenapan.

Vous savez tout, vous pouvez essayer. 

Bye bye amis du showbiz, je vous retrouve bientôt.

Miss Comédie

 

 

 

 

 

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LYON CAPITALE LUMIERE

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   L’événement était de taille : samedi 17 octobre, les gens du showbiz se sont retrouvés à Lyon pour la première élection du tout nouveau Festival LUMIERE.  Vous ne le saviez pas ? Normal, on en a si peu parlé que c’est le seul Festival en France qui est passé inaperçu.  C’est un peu triste, mais voilà. Et pourtant, eux ils sont venus, les gens de la profession, élire leur senior Clint EASTWOOD dans la Ville LUMIERE. 

Aujourd’hui mon court-métrage se passe à Lyon, comme de juste.

 

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ITINERAIRE D'UNE ENFANT GÂTÉE

Publié le par Miss Comédie

Elle sort de chez elle et remonte le cours Franklin-Roosevelt en sens inverse des voitures, longe toutes ces vitrines qui tentent tour à tour la gourmandise, la coquetterie ou la curiosité, et arrive au métro Foch.  Là, elle hésite. Evidemment avec le métro, elle y serait en cinq minutes.  Mais c’est sous terre, elle louperait une partie de cette belle journée qui commence.

Donc, elle prend à gauche l’avenue de Saxe, où les vitrines continuent à la tenter, la mode s’étale un peu partout jusqu’à la place Edgard-Quinet.  Là, il y a deux cafés-annexes du lycée du même nom.  Ils sont tous dehors à la terrasse, ils fument…

Elle continue et ça devient moins drôle, jusqu’au cours Lafayette, une sorte d’autoroute où les voitures remontent en trombe vers La Part-Dieu.  Pour les éviter, elle coupe par la rue Molière et arrive au pont Lafayette, qu’elle va franchir.

Elle ne peut résister au plaisir de s’arrêter et se pencher au-dessus du parapet pour admirer la belle perspective des bas-ports, le paradis des cyclistes et des promeneurs qui sont les rois, ici, dans cette voie plantée d’arbres où l’on accède aux péniches par un ponton de bois.  Il faudra qu’elle y aille marcher un jour, bien que l’absence de vitrines lui paraisse un peu rebutant.

Arrivée sur le quai opposé, elle le traverse pour prendre la rue du Président Carnot qu’elle préfère à la rue de la Ré (publique) trop encombrée de glandeurs ou de distributeurs de flyers et de tracts.

La rue Carnot est vite franchie, toutes les vitrines sont occultées par des calicots A VENDRE. Il n’y a plus rien.  Quelqu’un a acheté tous les immeubles de la rue pour faire quoi ?  On ne sait pas encore.  En attendant,  l’une des plus belles artères de la ville est morte il s’agirait qu’il prennent une décision, l’enfoiré.           Elle débouche place de la République, ses fontaines, ses bancs, son kiosque de fleuriste, nous sommes dans l’oreillette gauche du cœur de la Presqu’Ile, la droite étant la place des Jacobins où justement la dirigent ses pas.

Ensuite, il n’y aura qu’à prendre à gauche l’étroite mais affolante rue Emile-Zola où se côtoient les enseignes les plus hit de la mode, et l’on arrive sur la bien nommée place Bellecour.  Un panorama mangifique. Elle se sent toujours émue en la traversant, la place est toujours plus ou moins déserte, les passants semblent pressés d’arriver comme si un vent violent allait soudain les emporter dans le vide.

Rue Auguste-Comte. La rue des antiquaires. On ne pousse pas souvent leur porte, les pièces présentées sont hors de prix.  Elle, c’est Agnès B. dont elle pousse la porte.  Elle va y passer une petite heure, tranquille, à examiner un à un chaque vêtement, sur chaque portant. Elle ne repartira pas les mains vides, jamais, il y a toujours quelque chose qui lui plait chez Agnès B.

Un homme, derrière elle, a refermé la porte du magasin. Il l’a suivie jusqu’au bout du premier portant et là il lui a adressé la parole : « Vous avez perdu quelque chose… » Elle le regarde, il a l’air d’un chanteur fatigué, il a à la main une écharpe en soie rouge, la sienne.

« Ah, soupire-t-elle, vous l’avez ramassée ?

-       Je vous la rendrai si vous refaites l’itinéraire en sens inverse, avec moi.

-       - Et pourquoi je ferais ça ?

-       - Pour écouter mon histoire.

-       - Vous pensez qu’elle peut m’intéresser ?

-       - Ah, oui !

Elle sortit de chez Agnès B. en compagnie de l’homme à l’écharpe. Il l’avait enroulée autour de son cou.

Le long de ce chemin très court et très long à la fois, il lui rappela leur histoire.  Une très courte et très longue histoire, très loin de Lyon, dans une autre vie.

A la fin il lui dit « peut-on refaire ce chemin-là ensemble ?

Elle dit que non.  En sens inverse, on ne voit plus les choses sous le même angle.

 

Sur le pont Lafayette, ils se dirent adieu une seconde fois et il lui rendit son écharpe.   Puis il disparut  et  elle rentra chez elle.  Cette fois, l’itinéraire lui sembla terne et sans charme.  Bizarrement cette constatation lui procura un soulagement intense.

 

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LE FESTIVAL LUMIERE A LYON

Publié le par Miss Comédie

 

Pleins feux sur Clint EASTWOOD !

Ca paraît ridiculement cocardier de dire ça, mais pendant une semaine, LYON a bien été le point de mire de la profession avec la création du FESTIVAL LUMIERE.

Une idée lumineuse de Thierry FREMAUX et Bertrand TAVERNIER pour célébrer le berceau du 7ème art.

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Clint EASTWOOD en est le premier lauréat.  Il a reçu sont prix pour l’ensemble de sa carrière,  samedi dernier, dans l’immense salle du Palais des Congrès pleine à craquer.

Son beau visage auréolé de LUMIERE, il a remercié d’abord les Frères LUMIERE qui ont donné leur nom à notre ville – un nom prédestiné ! -  les bienfaiteurs du show-business, et le public qui l’a ovationné, debout.

Toute la semaine tout ce beau monde s’est baladé dans les rues entre les projections qui avaient lieu aux quatre coins de la ville, et se retrouvait le soir dans les LUMIERES tamisées du PASSAGE, le restaurant des artistes où ils découvraient le show du chef et la cave du boss  Vincent Carteron.

Pas étonnant que ça lui ait donné envie de rester, à Clint EASWOOD !

Il va tourner à LYON son prochain film qui raconte l’histoire d’une famille française touchée par le tsunami. (Ses films ont toujours un côté sombre alors que ses yeux bleus sont pleins de LUMIERE !)

 

Un film que tous les Lyonnais iront voir de préférence dans la belle salle des Frères LUMIERE, dont chaque fauteuil porte le nom d’une star du showbiz.

Sur son  écran surdimensionné et dans un confort absolu, on assiste  généralement  aux festivals projetant les grands classiques du cinéma international, d’hier et d’aujourd’hui.

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LE TRAIT DE LUMIERE

Publié le par Miss Comédie

 

 

« Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière. »

Michel AUDIARD

 

Vous l’attendiez de Louis Lumière, et bien non, celle-ci est bien plus rigolote.

A bientôt, chers Lyonnais et aussi les autres, amis du show-business.

Miss Comédie

 

 

 

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MES BÊTES DE SCÈNE

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  En scène  aujourd'hui, deux hommes de l’art, pas plus.  A eux deuxx  ils en valent des wagons entiers.  Leur genre c’est pas  la grosse artillerie, c’est la manière douce.  Quant à l’enfant de  mon court-métrage, il  n’est pas vraiment désarmant…

 


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UN CRIME PARFAIT

Publié le par Miss Comédie

     La pièce allait s’achever sur le meurtre de son rival.  Ils avaient échangé leurs répliques avec ce qu’il fallait de  froideur pour ménager l’effet de surprise.

C’était deux comédiens de talent, ils se mesuraient pour la première fois sur les planches.  Dans la vie aussi  ils étaient  rivaux puisque Mathieu avait épousé l’ex-femme  de Robert, lequel ne s’en était pas remis.

Pour l’instant, Robert pensait surtout qu’il devait être crédible dans cette scène du meurtre qui, au théâtre, devient facilement du Grand Guignol.

Sa haine devait être à la fois visible et invisible.   Un sentiment qui devait venir de l’intérieur, sans aucun effet de jeu.  La veille, il avait mal joué, déconcentré par la pensée de son petit garçon qui jouait dans sa loge.  Il emmenait Louis tous les mardi soir au théâtre car le lendemain il n’avait pas école.  Ce soir il se sentait parfaitement dans la peau de son personnage.

« Tu es foutu, Montgoméry.  J’ai  dans ma poche de quoi te faire coffrer. »

« Vraiment ? »

Robert (ou plutôt Montgomery) ouvrit le tiroir de son bureau et dans un seul geste, saisit le revolver et tira.

Mathieu s’écroula en même temps que le rideau tombait sur la fin du premier acte.

On entendit le brouhaha du public qui se levait pour l’entracte.

Derrière le rideau, c’était l’effervescence.  Mathieu ne se relevait pas et un filet de sang s’écoulait de sa poitrine.  Robert, interdit, assistait à la disparition de son rival sans faire un geste, le revolver encore à la main.

Les comédiens faisaient un cercle autour du corps allongé sur le sol.

  Le metteur en scène surgit.

« D’où vient ce revolver ?

- Du tiroir, articule Robert toujours immobile derrière son bureau.

-  Qui a pu remplacer l’arme factice par ça ? 

Le metteur en scène  arrache le revolver de la main de Robert.

« Mais c’est un revolver de femme !    il prend les autres à témoin : regardez la taille de l’arme  et la crosse en nacre…   Qu’est-ce que c’est que ce bordel… »

Le visage de Robert prit soudain une couleur de cire.   « C’est le revolver d’Irène… » pensa-t-il affolé.    Son ex-femme ne sortait jamais sans cet objet dans son sac.  Une manie qui le faisait sourire.  Tout son corps  se mit à trembler.  Il y eut un instant de silence.    Puis à nouveau le metteur en scène :

Il va y avoir une enquête…  C’est forcément un meurtre.  Mais qui est l’assassin, et pourquoi ?

Tous les yeux se tournent vers Robert.

« Je ne pouvais pas savoir que …

-  Naturellement, Robert, tu n’es pas en cause, c’est clair.

On entendait la sonnerie de fin de l’entracte.

-  Bon dieu, il faut faire une annonce !  Le spectacle ne reprendra pas.

Je reviens. 

Le metteur en scène écarta le rideau et prononça les mots qui firent courir un murmure de protestation

 dans la salle qui se vida lentement.

Il y eut les formalités, l’enlèvement du corps, la déclaration à la police, l’arrivée des enquêteurs.  Tout cela dura jusqu’au petit jour.

En rentrant chez lui,  Robert alla comme tous les soirs sur la pointe des pieds jusqu’à la chambre de son fils.  C’était son bonheur, contempler le sommeil de l’enfant de sept ans qui était désormais son seul compagnon.   Il en ferait un acteur comme lui, déjà le gamin était un habitué des coulisses, il apprenait des bouts de rôles de son père et les lui récitait comme des poésies.

Parfois Louis  pleurait dans son lit en appelant sa mère, c’est la nounou qui avait prévenu Robert, « ces soirs-là, on le sent tellement malheureux. »   Robert haïssait Mathieu doublement : il lui avait pris sa femme et la mère de son enfant.

Ce soir son trouble était si grand qu’il heurta le coffre à jouets. La lumière s’alluma dans la chambre de la nounou qui laissait la porte de communication ouverte.

« C’est vous, Robert ?

-  Oui, c’est moi,  souffla-t-il à mi-voix, vous pouvez éteindre.

Son fils bougea, émit une petite plainte, mais ne se réveilla pas.

Robert   se pencha pour caresser  son front moite.

« Dors, mon ange. Tout va bien. 

Il remonta la couverture sur laquelle était posé un objet noir et luisant, qu’il reconnut aussitôt.   C’était le revolver factice.  Louis avait dû le ramener du  théâtre hier soir après avoir mis  à sa place….. il ferma les yeux. L’enfer allait commencer.

 

 

 

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MON DUO D'AMOUR

Publié le par Miss Comédie

Lorànt Deutsch me botte

Pourquoi au juste ?  Impossible à dire, il a quelque chose de fragile et d’angélique, il n’est pas spécialement beau mais son visage est émouvant, et quand il joue on sent que ses ressources profondes sont immenses.

Si on lui demande quel est son premier geste en se réveillant le matin, il répond « regarder si ma femme est bien là. »  Trop mignon !

Lorànt DEUTSCH est passionné d’histoire et a même écrit un livre sur l’histoire de Paris dont il dit qu’il est très loin des vrais livres d’histoire : METRONOME.


   J’ai donc vu LE ROMAN D’UN TRADER où il joue le trader.    J’ai apprécié que l’auteur Jean-Louis Bauer ne se fasse pas un biopic de Jérôme Kerviel, mais qu’il intente sa propre histoire autour de ce fait divers.

Bien sûr Lorànt DEUTSCH est épatant de légèreté et de malice mais c’est tout ce que son rôle lui demande… Bernard-Pierre DONNADIEU, qui joue le DG de la Banque, en rajoute dans la gueulante et il est parfois grotesque.  Christiane COHENDY aussi. Mais c’est la faute à l’auteur,qui lui a écrit une scène de délire canin à mon avis hors de propos, qui n’apporte rien ni au personnage ni à l’action.  Ensuite, elle est très bien. 

On se demandait comment Daniel BENOIN,  le metteur en scène, allait se dépatouiller dans cet univers de bureaux de banque et d’ordinateurs ?

C’est dans un décor très ingénieux fait de projections et de videos que les personnages évoluent dans une ambiance très austère.   Tout cela manque un peu de poésie.  Le sujet était-il vraiment adapté à une scène de théâtre ? On se pose la question le lendemain, avec le recul.  Mais sur le moment on est pris par l’énergie qui se dégage du spectacle.  Les scènes s’enchaînent sur un tempo d’enfer, la tension monte très habilement vers un dénouement plus tragique, on l’espère, que celui qui attend  les protagonistes du fait divers !   C’est au moins un élément d’irrationnel qui donne au récit son  seul côté théâtral.

 

 

       Michel JONASZ  me fascine

Il est à l’affiche du Petit Montparnasse avec un spectacle comme une petite comédie musicale, où il parle, chante et  joue un ABRAHAM à pleurer.

Vous voyez Michel JONASZ ?  Cette dégaine touchante d’homme sans défense, ces yeux où il y a des abîmes.  Et sa voix, vous entendez sa voix ?

Elle vibre de toutes les douleurs du monde.

Sur scène il est seul dans son petit  costume, il ne fait rien, que parler de son grand-père ABRAHAM, et de temps en temps il chante.Le  critique du Figaro ne sait plus trouver les mots pour décrire cette émotion. 

 

 

 

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LA PHRASE REVOLVER

Publié le par Miss Comédie

« L’amour platonique est un revolver dont on fait semblant d’ignorer qu’il est chargé »

Somerset MAUGHAM

Puisqu’il est question de revolver… Il y a aussi les yeux revolver, qui font une mort plus douce.  Mais est-ce que les revolver de femme marchent à la poudre de riz ?

Allez, je ris.   Bon week-end, amis du showbiz.

Miss Comédie

 

 

 

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ECHOS DES SAVANES

Publié le par Miss Comédie

 

Bonjour !  Les savanes c’est un peu comme la jungle, la jungle des villes avec leurs canards qui barbotent dans la mare de l’actualité.  Mais que ferait-on sans les canards ?

Il faut en prendre et en laisser, comme on dit, et ne pas tirer de conclusions hâtives… comme dans ma scène (de ménage) d’aujourd’hui !

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