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L' ANNIVERSAIRE

Publié le par Miss Comédie

 

Le bouquet de roses rouge est là, sur la table.  Un jardin, une forêt, un brasier, un ruissellement de rouge digne d’une loge de diva.

Et le bristol, comme un pense-bête sournois :  « Bon anniversaire, mon amour. Hugo. »

Isabelle est immobile, pétrifiée.   Elle est née un 1er juillet, Hugo le sait, et c’est aujourd’hui le 15 septembre.  Le bouquet ne lui est pas destiné.  Le livreur s’est trompé d’étage.  C’est sûrement pour elle, l’immonde, la bad girl du sixième, qui la nargue avec ses tenues de rock star, l’œil fardé, la mini affolante sur ses jambes de top model.  Elle sait très bien que Hugo est sous le charme.  Il lui a raconté qu’un jour ils s’étaient retrouvés dans l’ascenseur et qu’elle l’avait accompagné jusqu’à son garage. « Elle est marrante, plus futée qu’elle n’en a l’air… »  Son œil avait pris un reflet rêveur et lubrique.  L’alerte, alors, s’était estompée jour après jour.

Maintenant tous les doutes remontent à la surface.

Et s’ils se retrouvaient tous les jours, mais plus loin que le garage ?

Personne n’est à l’abri de ce genre de choses.  Les hommes peuvent très bien adorer leur femme et succomber aux harmes d’une autre. C’est même courant.

Isabelle est en proie à un tsunami intérieur.  La jalousie et la colère  se mêlent à la douleur et à la résignation.  Oui, hélas, demain il faudra partir. Quitter cet homme qui est son double, son unique amour . Elle ne le partagera avec aucune autre.  


Vingt heures.  Isabelle attend son mari.   Depuis le matin sa rage n’a pas faibli.  Ses mains tremblent tandis qu’elle ramasse le bouquet et se lève, car voilà la porte de l’ascenseur qui claque, tiens ce soir il rentre plus tôt que d’habitude, la clé dans la serrure, Hugo  est là, il reçoit le bouquet en pleine figure  et s’arrête net sur le pas de la porte.

 Isabelle hurle  « va porter ce bouquet à ta maîtresse ! Moi, mon anniversaire  c’est le 1er juillet ! »

Elle s’écroule en sanglotant sur le canapé.

Elle  entend  les pas d’Hugo, et puis sa voix calme :

« Je sais, ma chérie, mais toi, tu as oublié qu’aujourd’hui nous fêtons nos dix ans de mariage, non ? »

 

 

 

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MES FRENCH CANCANS

Publié le par Miss Comédie

     CANCANS DU  FIGARO MAGAZINE

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Giscard en danger

C’est tellement énorme d’avoir écrit ce livre qu’on le croit pas, c’est pas lui qui l’a écrit, qui peut l’avoir écrit sous son pseudo ?

C’est pourtant bien lui mais il ne va pas s’en glorifier longtemps, c’est hyper mal écrit, on dirait du Barbara Cartland en pire.  Le Figaro cite des extraits, c’est alarmant.

Eric Neuhoff dit qu’après avoir échappé à un attentat lors de son mandat, il n’est pas sûr qu’il sorte indemne de ce roman.

 

Sarko pâlot

j’ai eu un choc en voyant la photo pleine page de Sarkozy. Comment a-t-il pu prendre ce coup de vieux ?  En moins d’un an, il a pris des rides, des cheveux blancs et un air de bête traquée qui le fait presque ressembler à Miles Davis sur la photo P.89 du même magazine …

.Evidemment, il a quand même de sacrés dossiers sur le dos, absolument impossibles à résoudre. Comment renflouer le gouffre abyssal de la Sécu ?

En mécontentant tout le monde.  C’est pas rajeunissant.

 

     CANCANS DE L’EXPRESS

 

Des femmes qui comptent !

Ce qui me frappe dans ces portraits c’est qu’elles sont toutes belles.  A croire que la réussite fait effet de maquillage, surtout quand on s’appelle Aerin LAUDER, vice-présidente du groupe Estée Lauder, ou Lyse COSTA, directrice du marketing de MARIONNAUD.

 Qu’en est-il des présidentes de groupes industriels ou bancaires ?

 

Nouvelles Bardot ?  Oui, de dos  !

Ils disent qu’elle inspire à nouveau la mode et le cinéma.  Et pour preuve ils montrent Laetitia CASTA ( ?) Claudia SCHIFFER (mais c’est une has been !)  Ludivine SAGNER ( ?) bref, il faut vraiment ramer pour trouver un semblant de ressemblance.

 

     CANCANS DU NOUVEL OBS

 

Le top des films

Derrière LE PETIT NICOLAS, qui mène avec 998758 entrées, il y a quoi ?  FAME, L’AFFAIRE FAREWELL, LE SYNDROME DU TITANIC, DISTRICT 9…. ça vous dit quelque chose ?  Moi pas.

Après le déferlement de critiques pâmées, LE RUBAN BLANC va sûrement attirer les amateurs de films à thèse.

 

Le top des livres

Je vous parlais ces derniers jours du livre de Bruno de CESSOLE, « LE MOINS AIMÉ, qui raconte la vie du fils de la marquise de Sévigné.  Et bien il reste en lice avec deux autres romans pour le PRIX DE L’ACADÉMIE FRANçAISE.

OLÉ !

 

Et GARCiN, qu’est-ce qu’il aime ?

Le très redouté et respecté animateur du MASQUE ET LA PLUME  souligne la présence écrasante des femmes dans cette rentrée littéraire (une avalanche d’egos en librairie).

Il insiste sur le fait que ces écrits sont des « récits » et non des « romans » :  les uns sont des incursions dans sa vie personnelle, les autres sont des œuvres d’imagination.

Il a donc aimé le récit  de Gwenaelle AUBRY, celui de Anne WIAMESKY, celui de Lydie SALVAYRE.   Femmes, je vous aime !

Il dit que sur les 569 livres parus cet automne, il na pu en lire « vraiment » que 20.  C’est pourquoi, je pense, il n’a pas lu le mien. Je me console en pensant qu’il y en a 549 qui soupirent comme moi après sa critique…

 

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LA PETITE PHRASE EXPRESS

Publié le par Miss Comédie

« Ce n’est pas la peine d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième. »

Françoise GIROUD

 

C’est fracassant, comme vérité. Mais le lecteur qui ne dépasse pas la troisième ligne, c’est peut-être qu’il a perdu ses lunettes.

A bientôt, chers lecteurs qui êtes arrivés jusqu’ici !

Miss Comédie

 

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MES BOOK MAKERS

Publié le par Miss Comédie

 

 

Bonjour !  On est en plein dans la période des Prix Littéraires c’est toujours la bagarre, les petites intrigues, les titres s’envolent et tout le monde aime ça.

Mais allez donc vous y retrouver dans les palmarès des meilleures ventes  !  Chacun a le sien.

Et  puisqu’on parle livres, mon court-métrage d’aujourd’hui est un extrait de mon roman « Sa Lente Traversée du Mois d’Août ». Vous pouvez l'acheter en ligne !

Les livres, c’est toujours  du chaud business.


 

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FLAGRANT DÉLIT

Publié le par Miss Comédie

Ils sont sur le pas de la vieille porte en bois qu’il suffit de pousser pour ouvrir, sous la minuscule tonnelle de vigne muscate.

Ils entrent en même temps, un seul et même corps pressé de se laisser tomber dans l’amour, ils titubent encore en riant , ils vont entrer dans l’unique pièce où le lit attend, toujours défait.

 

Arnaud a laissé tomber le journal qu’il lisait et il les a considérés à travers sa mèche blonde.

A contrejour, leurs deux corps collés l’un à l’autre.

Suzanne a réalisé en quelques secondes. Arnaud était arrivé à savoir où elle était.  Il était venu la rejoindre, sans la prévenir, comme un grand enfant idiot qui ne se méfie de rien.

C’était un immense gâchis qu’elle entrevoyait déjà, avant même qu’un mot fût prononcé.   Les conséquences défilèrent à toute vitesse dans sa tête, imparables.

La minute était de celles qui font déraper une vie, imprévisible mais décisive.

 

Elle parla la première.  Elle entendit sa propre voix, ridiculement naturelle.

-  C’est toi ?

Il ne crut pas nécessaire de répondre.  Elle enchaîna :

-  Tu es arrivé quand ?

-  Par le bateau de dix heures.

-  Comment as-tu su...

Il eut un geste évasif.

-  Oh, tu sais, quand on veut vraiment savoir.... (Il se leva)  Je suis désolé, j’aurais dû prévenir… Je vais.... J’ai vu une auberge sur la place, j’attendrai le premier bateau demain matin et...

Elle eut un geste, un élan.

-  Non... oh, écoute, non... Ah, tu aurais dû me dire....(elle cacha son visage dans ses mains et puis très vite se redressa)  mais tu sais, ce n’est  rien, je t’expliquerai...

 

Elle sentit ce que ces mots avaient de trivial  et s’arrêta net. Elle redescendait de son nuage en chute libre, elle retrouvait brutalement le contact avec la terre. Elle se dit qu’elle était en train de vivre une situation de vaudeville, qu’ils étaient grotesques tous les trois, et en même temps elle avait la conscience de l’irréparable.  Elle essaya de réfléchir à une solution possible, entre mensonge et arrangement à l’amiable, mais rien ne vint.

Déjà l’homme de la plage avait fait un pas en arrière.

-  Salut, je vous laisse.  Tout ça n’est pas bien grave.

Et il sortit de la maison, les mains dans les poches.

 

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LITTÉRATURE EN QUESTIONS

Publié le par Miss Comédie

   LESQUELS ALLONS-NOUS  LIRE ?

 Les huit titres de la sélection du prix Goncourt du 6 octobre sont :

Sorj  Chalandon,  La Légende de  nos pères  (Grasset)

Jean-Michel Guenassia,  Le club des incorrigibles optimistes (Albin Michel)

Justine Levy ,  Mauvaise fille  (Stock)

Laurent Mauvignier,  Des Hommes  (Minuit)

Marie Ndiaye,  Trois femmes puissantes (Gallimard)

Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida  (L’Olivier)

Jean-Philippe Toussaint,  La vérité sur Marie (Minuit)

Delphine de Vigann,  Les heures souterraines (Lattès)

 

 LEQUEL VONT-ILS ÉLIRE  ?

Parmi les 659 romans français et étrangers parus à l’automne, et qui parlent surtout d’histoire et d’egos, comment la sélection a-t-elle pu se faire ?

Combien de lecteurs patentés ont dû faire le devoir d’élimination ?

Quand on découvre Justine LEVY parmi les candidats au GONCOURT, ceux

qui sont  tentés de faire la fine bouche doivent se rendre à l’évidence : ELLE VEND !  Première au classement du Nouvel Obs, devant Jean-Christophe GRANGE qui lui, est un habitué des hauts débits, et Dan Brown comme quoi les foules aiment les livres qui ont du mystère.

 

Par contre, le palmarès de LIRE est très différent : en première ligne vous trouvez Amélie NOTHOMB, ce qui paraît plus vraisemblable, puis Frédéric BEIGBEDER (je vous l’avais dit !)  puis Anne WIAZEMSKI, chose normale aussi, à mon avis.

 

Si vous prenez le palmarès de LIVRE HEBDO, nouvelle donne  : un inconnuu tient la tête, Harian Coben avec « Mauvaise Base », puis vient  « Le miroir de Cassandre » de Bernard Werber, puis  « Ce que le jour doit à la nuit » de Yasmina Khadra. Vous remarquez que pas un seul auteur ne figure dans les autres palmarès, ils ont chacun leurs auteurs.

C’est quand même bizarre.  Comment établir une échelle des valeurs ?

 

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L'APOSTROPHE QUI INTERPELLE

Publié le par Miss Comédie

       

 

« Il n’y a plus d’auteurs au théâtre, s’il y en avait ils seraient publiés. »

Bernard PIVOT

 

C’est si vrai que les édieurs ne lisent jamais les manuscrits des pièces qui n’ont pas été jouées. J’en sais quelque chose !  Comme quoi, le théâtre est aussi à la source de la culture littéraire.

A bientôt, mes amis du théâtre et du très chaud business !

Miss Comédie

 

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MA PISTE AUX ÉTOILES

Publié le par Miss Comédie

Bonjour ! Evidemment, j’ai fait un tri parmi les étoiles.

Deux d’entre elles ont cessé de briller, c’est pas pour ça qu’elles n’ont plus leur place au firmament.

Sur terre voilà la glaciation qui nous tombe dessus.

Brusquement  remettre manteau, écharpe et collants, ça me donnes  a  kind of blues…


 

 

 

 

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LE BAISER DE FERNANDEL

Publié le par Miss Comédie

   Dans FREDDY, je devais séduire FERNANDEL. 

Pendant toute la durée des répétitions  nous avions sauté la scène du baiser, qui devait être le clou du spectacle. Un baiser, ça ne se répète pas, ça se fait comme ça.  Je le redoutais un peu, mais   je  n’avais aucune idée de l’effet qu’il  allait produire.  Fernandel, lui, savait.   La veille de la première il m’a dit « Tu le feras durer jusqu’à ce que je te serre le bras. »  Il avait ajouté : « Il faudra le faire durer, hein ? » et devant mon air affolé, il avait croassé « quoi, je te dégôute, peut-être ? » toutes dents dehors.

Assis côte à côte  face au public, nous faisions connaissance sur un ton plutôt mondain avant le moment fatidique qui devait être totalement inattendu.

Le premièr soir, donc, suivant les indications du metteur en scène, je l’attrapai soudain  par le cou et lui plantai le fameux baiser.  J’étais dans un état second, ignorant la suite. Il me maintenait fermement par le bras. Et je découvris son jeu de scène avec stupeur. Les yeux exorbités, agitant bras et jambes dans une tentative de fuite, faisant mine de tomber de sa chaise, la bouche collée à la mienne, il faisait du grand Fernandel.  Pris par surprise, le public réagit exactement comme il l’avait prévu :  un immense éclat de rire, mêlé de cris et d’applaudissements frénétiques.  C’était Guignol.

Tétanisée,  je  réalisai  vite qu’il fallait jouer le jeu.  Nous comptions donc les secondes.  J’attendais le signal.  Peu à peu, l’hystérie s’est calmée dans la salle, les bravos faiblirent.  Je sentis l’étau se desserrer  autour de mon bras.   Je m’écartai de lui avec une expression angélique  tandis qu’il rajustait son gilet. 

Les répliques suivantes se sont perdues dans le brouhaha d’une salle en délire.

Après le spectacle, au bar du théâtre, Fernandel faisait le modeste : « une scène pareille ça ne peut se faire que devant un public. Ca marche à tous les coups. »

Effectivement, nous avons eu droit au même tabac chaque soir sans exception.


 

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AVATARS DE STARS

Publié le par Miss Comédie

 

UNE AUTRE MURIEL ROBIN

 

Sur la photo, on ne la reconnaît pas !  Ravissante, radieuse, plus du tout bouffie ni boudin.

Tout ça à cause d’un rôle.  Elle va jouer LES DIABLOGUES de Roland DUBILLARD à Marigny, s’il vous plait, et elle se débarrasse de sa  peau de comique comme d’un vieux jean.  Elle ne veut plus être  une « fantaisiste », elle veut jouer la comédie.

Elle a de la chance,  les gens de théâtre ont répondu à son appel.  Jean-Michel Ribes va la diriger dans Les DIABLOGUES, après l’avoir fait tourner dans son film « Musée Haut, Musée Bas ».  Et  Josée DAYAN l’a engagée dans « Mourir d’Aimer », qui sera diffusé sur France 2 en Novembre.

Elle nait à 54 ans et il y en a beaucoup qui envient sa facilité de reconversion…

 

 

PRINCE RESPIRE, LE ROI EST MORT !

Enfin il peut revendiquer le titre et ses fans l’ont porté en triomphe l’autre soir

au Grand Palais.

Moi je suis pas fana de Prince, je croyais qu’il était aux oubliettes. Et bien non, c’est un drôle de hasard, Michaël Jackson lui a cédé la place.

 

       ET MILES DAVIS  BACK FROM PARADISE


On lui consacre une « installation » (c’est comme ça qu’on dit maintenant) à la Cité de la Musique.   Ce qui caractérise une installation, c’est la diversité des supports sur lesquels l’expo est articulée. 

Là, l’idée géniale est déjà d’accueillir les visiteurs avec la voix de Miles, cette voix éraillée de fumeur détruit, qui donne immédiatement la chair de poule.  Ensuite, on circule entre des photos, des vidéos, on entre dans des cabines où l’on peut entendre des extraits de ses musiques, on visionne des films, on découvre une évocation de Gainsbourg puisqu’on les a souvent comparés.

Tout ça vous laisse dans la tête un son inimitable qui s’incruste comme une plainte venue des ténèbres.   Mais aucune révélation sur le personnage qui garde son mystère.

 

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PENSÉE ASTRONOMIQUE

Publié le par Miss Comédie

 

« Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence. »

William SHAKESPEARE  (dans Le Roi Lear)

 

Pas seulement les étoiles tout là-haut, celles d’ici-bas gouvernent aussi pas mal le monde… Le monde du chaud business, en tout cas.

Bon week-end mes amis !

Miss Comédie

 

 

 

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POUM POUM PIDOU...

Publié le par Miss Comédie

 

Bonjour !  La scène d’aujourd’hui se passe dans les années soixante, dominées par le règne du glamour.  Guy Bourdin était un maître de l’image glamour. Aujourd’hui le glamour est plus intellectuel, dirons-nous.  On a évolué. Mais heureusement, dans le chaud business,  il y en a pour tous les goûts.


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SHOOTING CHEZ GUY BOURDIN

Publié le par Miss Comédie

Nous sommes en 1966. Guy Bourdin est une icône de la photo de mode, on se l’arrache.  Pour les mannequins, travailler avec lui est un pic de carrière.

Ce jour-là, il y avait  un shooting pour une campagne de pub Charles Jourdan  dans un  appartement du boulevard Malesherbes.

Nous sommes quatre, envoyées par l’Agence Catherine Harlé. On nous a choisies pour la minceur de nos jambes.

Pas de séance maquillage, on ne verra pas nos visages. Pour les visages, Bourdin demande des tops.

On se présente, il nous regarde à peine et nous demande d’aller revêtir nos maillots de bain dans la pièce à côté.   Son assistant  japonais, visage hermétiquement fermé, nous montre des chaises pour déposer nos vêtements. 

Guy Bourdin s’active sur le plateau, une immense pièce nue qui devait être un salon et qui donne sur la rue.   On a voilé les fenêtres de tissu noir.  Des échafaudages vont d’un mur à l’autre comme si nous allions repeindre les murs.

L’assistant japonais vient nous faire signe de prendre place, au moment où une musique assourdissante envahit l’espace.  C’est un groupe anglais déchaîné et nous nous rappelons que Guy Bourdin   ne travaille que dans des ambiances sonores électrisées ou psychédéliques.  Ca évite la conversation.

Guy Bourdin est jeune, silouhette menue et visage calme, il est vêtu d’un pantalon de velours et d’un gilet noir sur une chemise blanche.  Clean.

Il s’approche et nous dévisage, ou plutôt dévisage nos jambes très attentivement, puis entreprend de nous diriger, l’une après l’autre, vers notre perchoir.  Nous allons passer quatre heures sur l’un des deux échafaudages, soit les jambes pendantes sur celui du haut, soit les jambes en l’air sur celui du bas, car l’idée est de faire croiser les modèles.

Une fois la pose prise, interdiction de bouger d’un millimètre.  Après chaque shoot, on change de souliers et de position.  Il y a cinquante paires d’escarpins à photographier. 

Nous sommes des mannequins de cire articulés.  S’il le pouvait, le maître manipulerait nos mollets à sa guise, mais il n’ose pas.  Simplement il prend l’air très las lorsqu’une fille n’arrive pas à dévisser sa cheville pour lui faire prendre un angle de 90°.   Et surtout, lorsqu’elle ne garde pas la pose : c’est impossible !  Il y a de la rébellion dans l’air.  L’ambiance est hyper-tendue.

On tient comme ça deux heures, une éternité.

Guy Bourdin appelle l’assistant et lui dit quelque chose en anglais. Puis il part dans le fond de l’appartement où il doit y avoir son « atelier ».  L’assistant nous fait signe qu’on peut descendre des perchoirs  et se détendre.  Il nous montre un distributeur de coca dans l’entrée et nous nous désaltérons en échangeant nos commentaires laconiques ou furibards.

La pause dure à peine un quart d’heure et Guy Bourdin réapparait avec un sourire poli, nous demande si ça va, si on veut bien reprendre le travail.

Et c’est reparti pour deux heures avec maintenant  la musique de Ravi Shankar. Malgré ça nous sommes à cran,  heureusement que nos visages sont hors champ.  Nous nous sentons comme des poupées désarticulées, des singes savants, des objets, humiliées, désincarnées, dépersonnalisées.

Et chacune de nous arrive au bout de cette expérience exaltante avec un sentiment de culpabilité.  Le comble !  Le soir dans nos lits, une petite voix se mit à résonner dans notre tête : tu l’as voulu ? Tu l’as eu !

 

 

 

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DES OH ! ET LES BAH ! SUR LES PLANCHES

Publié le par Miss Comédie

 

   

OH, L’IMMENSE ACTEUR

 

TERZIEFF    à l’ODEON Théâtre de l’Europe, un monument d’émotion.

Il joue Philoctète, le malheureux héros de Sophocle, la pièce est mise en scène par Christian SCHIARETTI,  c’est du costaud            .

Tant que TERZIEFF sera vivant, on aura encore une petite idée de ce qu’est le Théâtre, le vrai, celui qui vous emporte loin au-dessus de votre fauteuil, celui qui vous rend intelligent.

Mais évitez Terzieff si vous avez le bourdon, ce jour-là je vous conseille Bourdon à la Porte St-Martin, voir ci-dessous.

 

 

BAH,  C’EST TOUT ?

Quel dommage !  Voilà que LA CAGE AUX FOLLES ne tient pas ses promesses.  Voilà  qu’il y a une triste critique du Figaro que je serais tentée de croire, vu les arguments : les deux acteurs font leur show, la mise en scène complaisante en remet une louche, aucune finesse dans la nouvelle adaptation….

Il paraît que le public est ravi et qu’on rit beaucoup.  Mais oui ! C’est bien  sûr,   CLAVIER doit être grandiose, BOURDON doit être désopilant.  Mais ceux qui ont vu POIRET et SERRAULT  dans LA CAGE AUX FOLLES sont priés de rester chez eux.

 

Et Eric ASSOUS, IL FAIT DES SOUS  ?

L’intérêt des nouvelles pièces, c’est qu’on  s’attend pas à des miracles, donc on n’est pas déçu.  La pièce que joue et met en scène Jean-Luc MOREAU  au

théâtre de l’œuvre  ne doit  transporter personne, mais si elle marche, elle n’a pas besoin de moyen de transport.  Moi j’ai toujours envie de voir une pièce mise en scène par Jean-Luc MOREAU, parce que c’est toujours très drôle et pas vulgus.  A plus forte raison quand il joue dedans !  C’est un clown triste. Son talent comique est d’abord physique, le ton est en mode mineur, toujours un peu désolé… L’ILLUSION CONJUGALE, c’est pour lui que j’irai.

 

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LE BONHEUR EST DANS LE PRÉ

Publié le par Miss Comédie

« Est heureux qui sait qu’il est heureux. »

SOPHOCLE

 

C’est fou comme ces gens trouvent des formules qui tombent sous le sens.

Il suffit de les noter noir sur blanc et elles passent à la postérité.

Moi, là, est-ce que  je suis heureuse ?  J’en sais rien.  Donc, je ne suis pas heureuse. N’est-ce pas, Pythagore ?

A bientôt, chers amis du chaud business.

Miss Comédie.

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MA BANDE ANNONCE

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Alors pour la séance d’aujourd’hui vous dégusterez un court-métrage pas  triste sur les mésaventures d’une blonde, suivi d’un rapport enthousiaste sur une pièce de théâtre et qualques notes laconiques sur deux déceptions parisiens actuellement à l’affiche. 

Côté météo, ça se maintient superbe mais ça n’est pas l’été indien ! Pour cela il faudra attendre la saint-Martin puisque chez nous ça s’appelle comme ça.

 



 

 

 

 

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UNE SCÈNE QUI DÉCOIFFE

Publié le par Miss Comédie

C’est chez son coiffeur adoré, elle arrive toute essoufflée, en retard à son rendez-vous, elle passe au shampoing, commence à raconter son avatar de stationnement à la shampouineuse qui bavarde avec sa collègue du siège à côté tout en frottant énergiquement son cuir chevelu.  Elles éclatent  de rire au même moment mais pour des raisons différentes et quand Joss se lève elle est ravie d’avoir eu son petit succès.

On la dirige vers un siège devant un miroir, le coiffeur va s’occuper d’elle.

A ce moment arrive sa meilleure amie qui vient prendre rendez-vous et qui, apercevant Joss, vient lui faire la bise.    Elles devisent un moment et de fil en aiguille, l’amie prend un tabouret et s’assied près de Joss.

Le coiffeur arrive.  Congratulations, effusions.  « Aujourd’hui, on coupe ! » dit joyeusement Joss au jeune homme ravi.  Il commence à donner des mouvements à la chevelure, précisant la direction à prendre « pas de frange, juste une mèche en travers, hein ? »  Oui oui, c’est ça, opine Joss qui est en train de raconter son avatar à la copine.

« Moi j’étais engagée, tu comprends, lui il avait une marche arrière à faire,  mais la place était encore vide alors moi j’y fonce droit devant, hi hi hi !  (Elles pouffent toutes les deux) Alors il sort de sa voiture furibard et m’injurie, moi très calme je le regarde comme ça, mais je bouge pas. Il me traite de pétasse  alors je lui dis « et vous, gros lard, avec votre chariot de Ben Hur, vous rentrez même pas dans la place !

 Et tu sais ce qu’il me répond ?  « vous vous croyez tout permis parce que vous êtes blonde ?»  Là, je me fâche : « et alors ?  je dis…. »

Tous les détails de l’histoire y passent, avec commentaires atterrés ou réjouis de la copine, jusqu’à la déroute du monsieur qui remonte dans sa voiture et démarre en faisant hurler son moteur, Joss écroulée de rire, etc.

Le coiffeur s’est arrêté, ciseaux en l’air,  et  demande : « ça va ou vous voulez plus court ? »

Là-dessus Joss jette un coup d’œil au miroir et se fige soudain.

Elle ne se reconnaît même pas.  C’est la coupe hooligan, nuque rasée, poils hérissés de deux centimètres à peine.   Sa chevelure est répandue  sur le sol tout autour du siège.  La copine étouffe un fou rire, le coiffeur est un peu inquiet.

« Ca vous plait  ?

Joss se lève.  Qu’est-ce que vous feriez à sa place ?  Le court-métrage s’arrête là, plus de pellicule.  Elles sont toutes par terre. 

 

 

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LES UP AND DOWN DU CHAUD BUSINESS

Publié le par Miss Comédie

   SIX RAPPELS POUR LE MENTEUR !

Une soirée de bonheur au théâtre des Célestins.  Zéro faute pour le metteur en scène  Laurent PELLY.  Il a monté ça sans rien révolutionner, mais dans un esprit très actuel : les acteurs  très physiques, drôles, délurés, dans des costumes d’aujourd’hui.  La musique, superbe,  inspirée par Vivaldi  comme une respiration  discrète, sans tonitruer comme on aime trop souvent nous assourdir entre deux tableaux.

Le décor, Venise en demi-teinte, les canaux suggérés par des ondoiements de lumière sur les murs, les bâtisses pâles dont les murs cachent des manigances, la lumière immuablement en clair-obscur.

Les personnages s’appellent Lelio, Arlequin, Pantalon, Octave ou Béatrice comme dans le théâtre de Molière.

Ils sont tous parfaits, enthousiasmants.  Lelio, le menteur, est une sorte de godelureau qui ne doute de rien et qui sera pris à son propre pièce. Emouvant après avoir été irrésistible de drôlerie.  Il s’appelle Simon Abkarian, je ne le connaissais pas.  Alain PRALON,  s’est composé un personnage de père un peu  caricatural, un rire un peu trop fréquent et mécanique. 

Mais enfin dans ce spectacle, tout respire la fraîcheur, l’amour d’un texte jubilatoire, et pas d’esbrouffe inutile.  C’est simplement beau, la forme s’efface derrière le fond.

 

C’EST QUI LAURENT PELLY ?

C’est pas un bleu !  Il dirige actuellement le TNT, Théâtre National de Toulouse où il avait déjà monté LE MENTEUR, ainsi que plein d’autres pièces de théâtre ou lyriques. (Il a dirigé Nathalie DESSAY deux fois déjà dans des opéras.)

 

   CA VA PAS FORT POUR EUX

On déchante à la Michodière, Marie-Anne CHAZEL n’arrive pas à faire passer la pilule.  La  pièce de George Axelrod GOOD BYE CHARLIE est trop farfelue

pour nos goûts cartésiens.  Moi je l’ai vue à Lyon et j’avais trouvé ça imbittable, même si j’avais applaudi la performance de la comédienne. Elle fait ce qu’elle peut.  Mais à Paris, ça passe pas.

 

C’est comme QUI EST M. SCHMIDT à la Madeleine.  Les gens font la moue en sortant.   Sébastien THIERY n’arrive pas à renouveler le succès de COCHON D’INDE, où Patrick CHESNAIS avait fait merveille l’an dernier.

Bon, ça peut arriver.  Il en écrira d’autres.

 


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LA PERLE DU MENTEUR

Publié le par Miss Comédie

- Mais ètes-vous de Venise, ou bien étranger ?

 - Je suis gentilhomme napolitain.

 - Gentilhomme napolitain !  Deux mensonges d’un seul coup ! »

Carlo GOLDONI  (Le Menteur)

 

Il semble que Naples ne jouisse pas d’une excellente réputation, du moins au XVIIème siècle…

Amis du chaud business, je vous salue bien.

Miss Comédie

 

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ON AFFICHE COMPLET

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Un court-métrage pompé sur un long, c’est pas glorieux, mais j’ai quand même changé le but de la visite. Dans le film de Patrice LECONTE, (Confidences trop intimes), la fille se plaignait que son mari ne la touchait pas !  Ici c’est le contraire.  Donc, il n’y a pas de lézard.  Allez donc voir l’expo de Bardot, et lisez donc le livre de Beigbeder, c’est le conseil du jour.

 

 

 

 

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MALSAINE, MA SCÈNE ?

Publié le par Miss Comédie

 

CONSULTATION GRATUITE

La plaque  indiquait  « Raymond Acquaviva, psychologue diplômé, 3ème étage. »

Rosellyne appuya sur l’interphone et la porte s’ouvrit d’elle-même.

Le couloir était sombre, elle chercha la  minuterie d’abord, l’ascenseur ensuite.

Elle ne trouva ni l’un ni l’autre et entreprit de monter l’escalier de bois qui sentait l’encaustique.  Sur le palier du 3ème étage, la porte du milieu devait être  celle du docteur Acquaviva.  Les deux autres portaient des noms inconnus.

 Elle sonna et entendit « Entrez ! » prononcé par une voix masculine.

Elle tourna la poignée et poussa la porte qui donnait directement sur une pièce

qui devait être le cabinet du docteur.  Un grand bureau encombré de papiers, une bibliothèque derrière, et deux fauteuils devant.

Le  docteur était assis, visiblement il ne l’attendait pas.

« Bonjour, que puis-je pour vous ?

- Et bien j’avais rendez-vous à quatre heures…

- Ah bon ?  (Il feuilleta un agenda)  Non, pas trace de rendez-vous.

-  Pourtant… je suis sûre… et bien je reviendrai…

- Ecoutez puisque vous êtes là, asseyez-vous, expliquez-moi votre problème.

 Je verrai s’il est de mon ressort.

- Voilà, c’est que depuis quelque temps… je perds les pédales.

- C’est un peu normal à notre époque, vous n’êtes pas la seule. Vous cherchez un moyen d’échapper à… 

  - Oui,  il en demande toujours plus, vous comprenez.

-  C’est vrai, ils sont de plus en plus gourmands… Vous êtes mariée ?

-  Oui mais  c’est pas une raison pour me sucer jusqu’à la moëlle !

- Vous êtes  à découvert  ?

-  Focément, il  faut  faire des acrobaties…

- Vous  pouvez vérifier  votre position sur Internet.

-  Oui mais c’est toujours pour me retrouver en-dessous !

-  Et bien, le mois suivant vous vous redressez ?

-   C’est pas tous les mois, c’est tous les jours !

-  Impôt quotidien ?   Ca m’étonne.   

-  Oh la plupart du temps  ça se passe sans avoir besoin d’un pot.

-  Vous n’êtes pas très claire. Et votre mari est impuissant à assumer ?

Roselyne fond en larmes.

-  Impuissant ? Il est pas impuissant, il me viole chaque soir !

Un blanc.

-  Attendez.  Vous me parlez de quoi, là ?

- De mon problème !  Vous êtes psychologue, je vous raconte mon problème

  de couple !

L’homme assis derrière le bureau se leva et  tendit la main à Roselyne :

- Madame je  me présente : Robert Joly, conseiller fiscal.  Vous vous êtes

  trompée d’étage.

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MES CHOUCHOUS DE LA SEMAINE

Publié le par Miss Comédie

JE ME RÉPÈTE MAIS JE LES AIME

 

  BARDOT, encore.   Les gens disent : « Elle est bébète ».  Elle n’est pas bébète, elle ne cherche pas à dépasser sa nature première avec des phrases toutes faites.  Elle dit les choses comme elle les voit, elle ne les interprète pas.

Les gens disent : « elle dit qu’elle a arrêté, et elle se montre partout ».  Elle se montre partout pour gagner de quoi faire vivre sa Fondation.  Elle a besoin d’argent pour continuer son action.  D’autres le font pour le Sida, elle c’est pour les animaux.  Chacun sa noble cause.

 

BEIGBEDER  (sans faute !)

:  j’ai fini son livre.  Ce ROMAN FRANÇAIS  est émouvant, drôle, athétique.

Désormais, on sait tout de lui.  Bon, il a découvert la face cachée de certaines misères, il a pris conscience de sa propre imperfection, il a rendu hommage à ses ascendants méconnus, il a cajolé ses souvenirs d’enfance, tout ça à cause de sa foutue garde à vue.  Mais ça n’est pas la conversion de saint Paul !  Il continuera à fréquenter le Baron et a pratiquer les plaisirs interdits.  Ouf, on respire.  Ce livre est bien foutu, bien écrit, il annonce un prochain écrivain  enfin respectable.

 

 

 

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MAIS QUI S'EN SOUVIENT ?

Publié le par Miss Comédie

… toujours dans l’Année du Tigre, mercredi 7 octobre 1998 :

 

« Jean-Luc Godard dans Libération :

- C’est important pour vous d’être publié chez Gallimard ?

- Après la Libération, Schérer (qui s’appelera Rohmer pour faire du cinéma) a publié son premier roman chez Gallimard.  Alexandre Astruc aussi. Moi j’étais en admiration, je les jalousais un peu.  Pendant longtemps, avant de savoir que pour moi c’était du cinéma, j’ai cherché à écrire un roman. J’ai vu que je ne savais pas, parce que je ne dépassais pas la première

   phrase.  Je me disais : « mais pourquoi celle-la ? »   J’ai commencé par :  « le ciel est noir » et après tout, est-il noir ?  Et puis, à un moment, le cinéma  m’a aidé en disant : « écoute, tu mets la caméra là, c’est elle qui te dira s’il

     est noir ou pas. Et ensuite, tu continueras. »

 Première phrase du PARC (1961) : « Le ciel au-dessus des longues avenues luisantes, est bleu sombre.  Le reste a suivi.

 Phulippe SOLLERS

La comparaison avec son propre livre  est tirée par les cheveux. Mais d’abord, quel est le roman que Godard a publié chez Gallimard ?  Ceux qui savent me laissent un commentaire.

A bientôt, amis du chaud-business.

Miss Comédie

 

 

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  On a souvent envie de tout laisser tomber, même quand la chance ou la gloire vous sourient.  Un choc, une déception, un éblouissement... Mon violoniste d'aujourd'hui a simplement aperçu son double  et il s'est identifié à lui, voulant  goûter son bonheur de jouer, si proche du sien.
BB, elle, a tout laissé tomber pour d'autres raisons.  Je crois qu'elle n'a jamais connu le bonheur.
Quant à Tarantino, la vie est devant lui.

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MON COURT-MÉTRAGE

Publié le par Miss Comédie

LES  DEUX  VIOLONS

 

Ce soir encore il fit un triomphe.  Son violon flottait  dans ses mains et l’archet s’envolait, tirant des sons archangéliques de l’instrument.

L’après-concert avait traîné  en longueur.   Les gens n’en finissaient plus de frapper à la porte de sa loge, à la fin la porte resta ouverte et ils venaient lui rendre hommage, le public, le chef et les musiciens de l’orchestre,

 ses élèves admiratifs, quelques belles actrices mélomanes.

Ce fut une belle soirée, oui il le sentait, il avait été inspiré, il y a des soirs comme ça    où la musique s’empare de votre corps tout entier et c’est ensuite si facile de la restituer aux autres, de déverser ce trop-plein de sons parfaitement agencés.

Il dit à son chauffeur de rentrer, il avait envie de marcher. La nuit était douce et  du Studio des Champs-Elysées il n’avait que l’avenue Marceau à remonter pour se retrouver dans sa petite rue tranquille.

Il était plein d’un épuisement bienfaisant, son esprit apaisé menait l’équipage de ses membres las.   Il marcha d’abord d’un pas rapide,  finissant d’écouler l’énergie accumulée pour le concert.  Peu à peu son allure prit un rythme plus lent. A chaque pas il laissait derrière lui le bruit, l’effort, la parade, le factice  de cette journée.  Il prit une longue inspiration et se sentit plus léger et aussi plus seul.  Les parures dont la société vous affuble  sont les rubans et les clochettes accrochées aux sapins de Noël.  Une illusion de gloire.

Je suis un sapin de Noël, pensa-t-il.  Mais alors   que faire de son talent ?

Il entendit un son diffus émerger de la nuit.   Trop loin pour être identifié. Des notes de musique.   Le son, intermittent, étouffé par  le passage d’une voiture, devient peu à peu perceptible.  C’est du violon.

L’artiste s’arrête, cherchant à localiser cette musique solitaire, il oriente ses pas dans sa direction.

L’homme est assis  sur le trottoir à l’entrée  d’une petite rue fréquentée par  les habitués d’un bar d’hôtel.

Il joue les yeux fermés une danse hongroise de Liszt. Personne ne l’écoute.

L’artiste s’approche et regarde le visage du musicien, une expression de profond bien-être.  Devant lui il y a une soucoupe avec quelques pièces.

Comment quantifier mon bonheur de jouer par rapport au  sien ?  C’est le même !  Le même bonheur.  Et moi j’ai droit aux bravos, aux articles de presse, et lui à une pièce jaune.  Moi je suis lié par contrat, mon emploi du temps est bouclé. Lui est libre d’aller jouer sur le  quai de la Tournelle, par beau temps, pour donner du bonheur aux amoureux fauchés.

L’artiste lança une pièce dans la soucoupe, le violoniste n’ouvrit pas les yeux.

Puis il tourna les talons.

Le lendemain, les premiers voyageurs de la ligne 1 qui s’engouffrèrent dans la station George V entendirent résonner dans les couloirs une musique divine.  Assis sur un pliant Hermès, un homme en manteau de cachemire jouait du violon, les yeux fermés. Devant lui, une soucoupe  avec quelques pièces jaunes.

Dans le hall du studio des Champs-Elysées, les affiches de son concert étaient barrées d’un panneau transversal « ANNULATION  POUR RAISON DE SANTE ».

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MES ETOILES

Publié le par Miss Comédie

   

BRIGITTE  BARDT  chez Olivier BELLAMY :

sa voix est plus rauque, plus basse, une voix de fumeuse (est-ce qu’elle fume ?) mais toujours, toujours, ces intonations uniques, inimitables, d’adolescente sale gosse qui nous cueillent à chaque phrase.

Toujours frondeuse, rebelle contre la société, susceptible à mort, et ferme sur ses positions : elle a choisi son camp, celui des bêtes contre celui des hommes.

Elle était une chatte, une belle chatte aux griffes acérées, à la démarche souple et dansante, son pelage était roux, peut-être une chatte siamoise ?

Et elle a dû souffrir de la cruauté d’un maître, ou d’une maîtresse.

Dans ses choix musicaux, elle est totalement primaire et n’en a aucun complexe.  Olivier Bellamy, attendri, la suivait dans ses commentaires enfantins sur Mozart, Bach et Schubert.  Pas de hardiesse dans son programme, oh non.   Toujours les mouvements lents, et les morceaux les plus rabachés (par Radio Classique ) mais les plus beaux, bien sûr.

Elle les trouve « extraordinaires, fantastiques, sublimes ou graves, profonds. Tout le monde est d’accord.

Mais elle est ELLE-MEME.  Elle ne cherche pas à épater par sa culture ou sa sensibilité.  Elle est comme elle est, elle n’y peut rien changer. On l’aime pour ça.  Quelle fraîcheur d’esprit !  Quelle cohérence !  Et surtout, quelle santé, après sa destruction lente par la foule, les photographes, sa traque inlassable qui la faisait vivre fenêtres fermées, volets clos, partout où elle allait ! 

Brigitte est une survivante, meurtrie à jamais par la gloire. Elle se cache derrière les animaux qu'elle protège.

Son expo à Boulogne nous la restitue intacte, sous toutes ses formes et quelles formes ! on la regrette, elle n’est pas remplacée.

 

 

    QUENTIN TARENTINO nous fait, film après film, des chefs d’œuvre d’humour et de violence.  Est-ce que l’humour fait passer la pilule de la violence ?  Oh, dans son INGLORIOUS BASTARDS, j’ai dû fermer les yeux souvent, mais il restait les borborygmes, les coups, les cris.  Pourtant, il reste l’impression d’une vaste dérision, une page d’histoire dédramatisée comme l’avait fait Charlie Chaplin avec LE DICTATEUR.  On aime  voir Hitler, Goebbels et tout l’aréopage des officiers nazis pris aux piège dans l’incendie d’un cinéma. Tout ça est très jubilatoire.

Mais il y a deux cerises sur le gâteau :  l’immense Brad PITT  en officier US, rappelle Marlon Brando dans Le Parrain.  Et l’officier allemand, joué par Christoph WALTZ,  qui fut récompensé à Cannes pour ce rôle repoussant et gratifiant à la fois.

Et la petite Mélanie LAURENT ? Je me demande comment elle a fait pour décrocher ce rôle. Toutes les jeunes actrices françaises doivent se poser la même question.

 

 

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LA PETITE PHRASE QUI NOUS RAPPELLE...

Publié le par Miss Comédie

 

.....  l’Année du Tigre, lundi 5 octobre 1998 :

« La procédure de destitution de Clinton est en cours.  Cette fois, plus personne ne rit. »

Philippe SOLLERS

C’est vrai que tout le monde s’en donnait à coeur joie pour se moquer des fredaines de ce pauvre Bill.  Et pourtant, même après ses aveux, ses excuses et son procès, il a quand même été  destitué.  C’est insensé cette histoire.

D’autres se sont suicidés pour moins que ça.

A bientôt, très chers.

Miss Comédie

 

 

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !   Mon court-métrage, si je vous dis que c’est une histoire vécue, vous ne me croirez pas, et pourtant…   Gardons le mystère.

Pas de mystère ensuite, ces deux endrois secrets n’ont de secret que pour les non-initiés, ils existent bel et bien dans notre capitale et valent bien un détour… quoique pour le premier, il vaut mieux être accompagné.

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MON COURT-MÉTRAGE

Publié le par Miss Comédie

UN DINER CHEZ  DALI

 

Un jeune  garçon vêtu de noir accueille Jean et Gloria et les dirige vers une allée blanche bordée de grenadiers.

Il y a beaucoup d’invités dans l’immense patio  à peine éclairé par des coupoles lumineuses et ouvert sur le ciel violet où s’allument déjà quelques étoiles.  

Tout de suite, Gloria perd la trace de Jean.    Happé par un groupe aux allures étranges, il ne s’intéresse plus à elle.  Des rires fusent dans l’ombre.  La galerie  entourant  le patio est peuplée de créatures de sexe indéterminé, arborant des tenues insensées.

Elle est en robe de percale blanche, chaussée de ballerines, personne ne remarque sa présence, elle est  transparente.

Un plateau chargé de coupes de champagne passe, Gloria en prend une et la vide instantanément.

Autour d’elle personne ne parle Français.  Elle ne comprend pas l’Espagnol.

 

Plus tard :  une longue table de bois chargée de plats froids et chauds, de vaisselle en terre cuite.  Deux énormes chandeliers en fer éclairent faiblement les convives, une dizaine d’hommes et de femmes placés au hasard.  Gloria se retrouve assise entre deux précieux en chemise de soie blanche qui lui jettent un bref coup d’oeil puis lui tournent le dos. 

Jean est face à elle, en discussion animée avec un homme aux cheveux noirs laqués.  

En bout de table,  ce personnage au turban c’est lui, Dali, en veste chamarrée,  moustaches dressées comme des bois de cerf.  Son regard foudroyant parcourt  l’assemblée, cherchant sa prochaine cible.

Chacun aura droit à son apostrophe, plus ou moins incisive, à laquelle il faudra répondre par un éclat de rire.

 Gloria cherche des yeux Gala.  Elle n’est pas là.

A l’instant où Dali fixe les yeux sur elle, Jean devance l’appel.

-  Amiga mia, dit-il seulement.

Dali lance sa flèche :

- Si c’est une fille, elle est d’une platitude sidérrrrale  mais... mais !... Si c’est un garçon elle est d’une beauté astrrrale !

 Toute la table éclate  de rire et tous les regards se portent sur l’absence de poitrine de Gloria.

 

Le diner s’éternise.  Les plats se succédent, les conversations deviennent assourdissantes,  avinées. Gloria surprend soudain  Dali dans un état de retirement troublant.  Ses yeux fixent  le vide avec une expression somnambulique. Il était absent, planant au-dessus d’eux dans une extase totalement égoïste. Elle eut alors  l’envie de partager sa solitude.

Mais cette  fuite ne dura qu’un instant. Il reprit possession de lui-même, il redevint tour à tour  provocateur, sybillin, théâtral.  Son regard ne croisa plus jamais celui de Gloria.

 

 

Maintenant elle  marche le long des couloirs, elle gravit des marches, elle  s’égare . Elle traverse des salons blancs et vides, sans un seul meuble.

Gloria cherche Dali. Elle a oublié Jean, elle ne cherche  pas Jean, elle cherche  Dali.

Elle entre dans une pièce vide en forme  d’oeuf, et soudain rencontre le regard de Gala fixé sur elle.  Un regard effrayant, magnétique.   La photo  est fixée au plafond et se balance, cadrant  les yeux noirs et rien d’autre. Pétrifiée, Gloria soutient ce regard car il est le seul, ce soir, à s’intéresser à elle.

Mais très vite, elle tourna le dos à Gala car il est tard, il faut trouver Dali et lui parler, l’approcher, subir encore une fois son regard. 

Gloria arpenta couloirs et galeries jusqu’au lever du  jour sans jamais rencontrer le Maître.

On la retrouva au petit matin, endormie   sur un banc de pierre de la Voie Lactée, l’allée blanche bordée de grenadiers.  La maison  de Port-Lligat était plongée dans le silence. Le jardinier  appela un taxi.

 

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MES DÉCORS INSOLITES

Publié le par Miss Comédie

*  LE BARON,  avenue Marceau, c’est un endroit de perdition.  Il attire tout ceux qui aiment  jouer avec le feu.  C’est  devant sa porte que Beigbeder s’est fait choper  en train de sniffer de la coke (aussi, quelle idée, lui dira le flic.)

  Cet endroit  branché entre tous, qui a détrôné et ringardisé Régine, va fêter le 14 octobre ses cinq ans d’existence.  Ca va être la fiesta. Les habitués (Mick Jagger, Kate Moss…) seront là.

  Je parie qu’il y aura ce soir-là une ronde  spéciale autour du quartier.

  L’initiateur de ce lieu de plaisir fut Sébastien Tellier qui jouait du piano

  entouré de quelques fêtards.  Maintenant c’est un top DJ qui mène tout

  ce beau monde : Greg Boust.  Il va pour l’occasion sortir un album que

  tous les bars du monde vont s’arracher et mettre en fond sonore.

LE BARON, je n’y ai jamais mis les pieds mais mon compagnon m’a dit qu’il avait vu là les plus belles créatures du monde, mais pas des pouffes, des super classe, et qu’il était vite parti « avant qu’il ne soit trop tard »…

 

 

*  Dans le quartier de l’Odéon, où j’ai vécu  une partie de ma vie, il y a une rue

  pleine de charme et que personne ne connaît.  Dites à n’importe qui «j’habite RUE  FEROU», il  dira ah oui en regardant ailleurs.

Je ne sais pas si je devrais la cafter au grand public mais je ne pense pas avoir une audience très grand public, alors je ne résiste pas au plaisir d’en parler.

On y  arrive de la rue Servandoni  par la minuscule rue Canivet, qui abrite quand même l’hôtel de Breteuil édifié en 1730.  La rue Férou a été percée au XVIème siècle sur le clos Férou, un espace vert appartenant à un monsieur Férou, habitant du quartier.  Quand  on remonte la rue de Vaugirard vers la rue

Monsieur-le-Prince, à la hauteur du Sénat, on risque de ne pas voir la rue Férou, sur sa gauche, tant l’artère est étroite et sombre.   Et on risque de louper, au n°6,  ce ravissant hôtel construit par l’un des architectes de l’Odéon pour une  jeune comédienne protégée de Talleyrand en 1765.

La rue serpente vers la place St-Sulpice, toute de guingois, et l’on devine que derrière ces façades  austères se cachent des histoires que l’on aimerait s’entendre raconter, celle de madame de Lafayette, qui habita le n°8, par exemple.  Qui occupe son hôtel aujourd’hui ?  Les Editions BELIN.  Et depuis quand ?  Depuis 1777 !  Encore en activité aujourd’hui, cette maison détient un autre record, celui d’avoir eu le plus fort tirage de la littérature française :

celui du Tour du Monde de Deux Enfants.

 

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LA PETITE PHRASE

Publié le par Miss Comédie

« Je  suis parti de rien pour arriver nulle part. »

Groucho MARX

 

Grand philosophe, il avait l’immense qualité de ne pas se prendre au sérieux.

Sa correspondance est inénarrable, on l’a vu au Festival de la Correspondance à Grignan l’an passé, dans une lecture de Jean-Pierre Marielle  mise en espace par Patrice Leconte.

Bon week-end d’été indien,

Miss comédie

 

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Un court-métrage en costumes, dans le décor de cet édifice dont seul le jardin est fréquenté par les flâneurs, les joggers et les étudiants,   ça fait pas de mal !

La scène est véridique, la brouille aussi, et ça nous rappelle que tout n’est pas rose dans la vie des princes d’hier et d’aujourd’hui.

Et toujours cet été indien…. Quel bonheur.

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

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MON COURT-MÉTRAGE

Publié le par Miss Comédie

    LE PALAIS DU LUXEMBOURG

 

Dans l’un des salons privés de son palais tout neuf, Marie de Médicis est en conversation avec son confident et ami, Concino Concini.

Concini se plaint à la Régente :

-       Madame, votre fils dépasse les bornes.

-        Qu’a-t-il fait encore ?

-         Il joue du clavecin en compagnie d’une troupe de baladins, dans le salon de musique contigu aux appartements de Galigaï, aux heures où celle-ci désire prendre du repos.

-       Mais enfin, Concini, vous êtes capable de lui faire savoir qu’il doit se tenir tranquille !

-       -  Nous l’avons tancé plusieurs fois et Monseigneur nous fait toujours la même réponse !

-       Quelle réponse, Concini ?

-       Il répond que Paris est assez grand pour aller se reposer ailleurs.

-       - L’impudent !

-       -  Oui Madame.  Il est difficile de faire entendre raison à un jeune homme de seize ans.

La Régente se lève et va à la haute fenêtre donnant sur la pièce d’eau. Elle ne répond pas tout de suite, mais Concini sait bien que la riposte sera dure et il savoure sa victoire.

-       Faites-le mander à l’instant.

Concini s’exécute.  Bientôt le jeune Louis XIII se présente devant sa mère et plonge dans une  profonde révérence.

-       Madame…

-       Louis, vous êtes dans une tenue débraillée qui ne convient pas à votre rang.

-       -  Quel rang, Madame ?

-         Le rang de  prince, fils du défunt roi Henri IV.

-       Vous vous trompez,  Madame, je suis roi de par la loi et la volonté de Dieu.  Il est grand temps que je revendique ce pouvoir, après des années de frustrations et de brimades à l’enfant que je ne suis plus.

-       -  Qu’est-ce à dire ?

-       Le visage de la Reine Mère s’empourpre de rage. Elle  marche vers son fils et va pour le souffleter, mais  Louis lui saisit le poignet et la repousse violemment.  Concini s’approche, sur la défensive, prêt à intervenir.

-        Que dois-je faire, Madame ?

Louis répond avec fermeté :

-        Rien, monsieur Concini.  Vous avez assez dicté sa conduite à ma mère, pour le malheur de tous.

-       Louis XIII recule de trois pas et leur fait face.  Il prend un ton solennel et sans réplique pour asséner sa  première sentence royale :

-        Madame ma Mère, je vous enjoins de quitter ce jour ce Palais et le royaume de France.  J’ai prévenu ma garde de vous faire escorte jusqu’à la frontière de Belgique.  Vous avez jusqu’à la tombée du jour pour organiser votre départ.

 

Marie de Médicis sait bien qu’il n’y a pas de parade.  Elle a vu, à l’entrée du salon, une escouade de gens d’armes accompagner l’entrée du Roi.  Elle devine qu’elle a sous-estimé l’ascendant de son fils sur les fidèles sujets de son père défunt.  Et surtout qu’il a su profiter habilement de l’hostilité croissante du peuple contre Concini, homme cruel et vénal.

-       Louis XIII le lui confirme justement :

-       -  Quant à vous, Concini, je vous réserve une retraite moins glorieuse que l’exil.

Concini  fut fait prisonnier par les amis du roi menés par le duc de Luynes. Au cours de son arrestation, faisant mine de tirer son épée, il reçut la décharge d’un fusil en plein visage, puis  son corps fut lardé de coups d’épée.

Marie de Médicis tenta sans succès  de lever une armée contre son fils.

Ces deux êtres  si proches par le sang  vécurent de brouilles en réconciliations  jusqu’à l’humiliation suprême de la Reine-Mère qui quitta le pays et ne revit jamais son fils, ni la somptueuse demeure qu’elle avait fait édifier et où elle ne résida que cinq années, le Palais du Luxembourg.

 

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MES TÊTES D'AFFICHE INSOLITES

Publié le par Miss Comédie

Moins traquées  que Nothomb,  Grangé ou Beigbeder, mes têtes d’affiche

sont tout aussi percutantes.

 

En librairie  :

 

LE  CLEZIO, l’écrivain muet, qui refuse toute confidence aux médias, qui n’accepte que le strict minimum de promotion quand il sort un livre,  vient d’accorder une interview de quarante-sept minutes à une journaliste serbe.

Je suppose qu’il se croit ainsi à l’abri de toute déformation mal intentionnée.

Les Serbes ont d’autres soucis que d’arranger à leur façon les propos d’un prix Nobel.  De toute façon on ne pourra pas juger, car l’interview sera diffusée sur la chaîne RTS dans le décor du centre culturel français de Belgrade.

 

CHARLES DE SEVIGNE

Oui, c’est son fils.  La marquise était une mauvaise mère. On le savait déjà, après lecture de ses lettres dictatoriales à sa fille.  Mais ce pauvre Charles était le cadet de ses soucis.

  C’est ce que raconte Bruno de CESSOLE dans son livre « LE MOINS AIME ».  Il nous révèle un personnage super attachant dont personne n’a jamais parlé, même pas Eve Ruggieri.

A travers une correspondance (Sévigné oblige) imaginaire, Bruno de CESSOLE nous replonge dans ce siècle élégant et cruel dans une langue classique comme on en trouve encore en littérature.

 

FRANCOIS TAILLANDIER

Puisqu’on en parle, la langue française a encore des défenseurs acharnés.

Monsieur TAILLANDIER est écrivain et journaliste  à l‘esprit large  puisqu’il collabore à la fois au Figaro et à l’Humanité.

Il reprend l’idée de Joseph de MAISTRE selon laquelle  la dégradation d’ne langue est un signe annonciateur de la dégradation de son système social.

Comme toujours, il faut un juste milieu entre les avancées nécessaires des néologismes, et le respect du patrimoine linguistique.

Voilà ce que vous lirez dans son livre, « LA LANGUE FRANCAISE AU DEFI » 

C’est du sérieux, mais passionnant.

 

En kiosque :

 

Gonflé, le numéro de Madame FIGARO sur le luxe.  On voudrait nous faire oublier la crise ?

Mais tout ça n’est qu’un semblant de provocation car le contenu du magazine ne nous encourage pas à la dépense, mais à l’imagination.

C’est François-Henri PINAULT qui le dit : « Le moteur du luxe, c’est le rêve. »

Et dans son édito, Arielle DOMBASLE cite quelques luxes qui ne coûtent pas un rond.   « S’asseoir à une terrasse de café et laisser passer le temps… »

Il y a les portraits d’hommes de pub qui « cassent la crise » à coups de créations inventives, ils dirigent des agences qui ont le vent en poupe et qui font tout pour garder leurs clients.

Par contre, l’image rébarbative de Gong Li rafraîchit un peu l’enthousiasme.

Elle est belle, d’accord, mais sans une once de générosité. Pas un sourire.

Hiératique dans ses vêtements Louis Vuitton qui ne sont pas à la portée de tout le monde.  Eva Erzigova, elle, a la pêche, vous voyez ?

 

 

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LA PETITE PHRASE

Publié le par Miss Comédie

 

 

« Tout ce qui sort un peu de l’ordinaire est détestable pour l’Américain moyen ».

Ray Bradbury

Est-ce qu’on ne pourrait en dire autant du Français moyen ?  La peur de l’inconnu est viscérale chez l’être  humain.  Au revoir mes amis, au revoir

Septembre, tu finis en beauté.

Miss Comédie

 

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Ce début d’automne est à mourir, trop beau. L’histoire du petit Albert Camus doit être vraie, vous ne me direz pas qu’il n’y a pas en France quelques prénommés Albert avec le Nom après ? 

On pourrait s’amuser à recenser toutes les célébrités diisparues  qui circulent en ce moment à pied, en vélo ou en voiture…

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LE COURT-MÉTRAGE DE MISS COMÉDIE

Publié le par Miss Comédie

PRENOM  ALBERT

 

Le jour de la rentrée des classes, ils sont une trentaine, entre          douze et treize ans, et l’ambiance est chaude lorsque le professeur entre dans la classe et demande le silence. Il reste debout à côté du bureau, lance un regard circulaire sur l’ensemble de son troupeau et annonce : Bonjour, je suis Monsieur Lebrun,  votre professeur principal et nous allons passer une bonne moitié de l’année ensemble.  J’espère que nous nous entendrons bien. Vous êtes tous prêts à travailler dur ? (des « non » en majorité et des « oui » très clairsemés s’élèvent, ponctués de rires.)  Bon, ça commence bien.  Je vais faire l’appel. »

Les élèves se lèvent chacun à leur tour, rangée après rangée, et se présentent à l’appel du professeur.

Tout se passe bien jusqu’à l’avant-dernière rangée, premier élève.

-       Nom ?

-       Camus.

-       Prénom ?

-       Albert.

Eclat de rire général.

-       On ne plaisante pas, je vais me fâcher.  Prénom ?

-       Monsieur, je m’appelle Albert.

-       Albert Camus ?

Des rires fusent à nouveau, une voix crie « c’est qui déjà, Albert Camus ? » « C’est lui ! » crie une autre voix. « Non, c’est le patron de la salle des Fêtes »’ rigole un autre.

-       Silence !  Monsieur Albert Camus, voulez-vous me montrer votre bulletin d’inscription ?

-        Oui monsieur.

L’élève fouille dans son sac et sort son bulletin. Le prof l’examine et s’exclame :

-  Et ça tombe sur moi ! Un nommé Albert Camus dans la classe d’Albert Lebrun  ! Ils vont pas le croire, à l ‘Académie !…

Un doigt se lève.

-       Monsieur, c’est qui Albert Lebrun ?

-       Et bien donc, c’est moi, mais c’est aussi le nom d’un président de la 4ème République Française, que vous aurez à étudier cette année, ainsi que le prix Nobel de littérature 1958 Albert Camus !  Vous comprenez que ça fait beaucoup !

 

 

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NOUVELLE VAGUE SUR LES PLANCHES

Publié le par Miss Comédie

 

  Avec cette pièce dont je vous parlais l’autre jour mais qui n’était pas encore à l’affiche, « LE ROMAN D’UN TRADER » inspirée par  l’histoire tragiquement actuelle du jeune trader Jérôme Kerviel.

Dommage c’est à Nice, mais il y a des TGV, non ?  Il y a surtout Lorant DEUTSCH, le magnifique, l’inspiré, le brillantissime;  dirigé par Daniel BENOIN.

L’auteur  nous a, semble-t-il, fait une œuvre magistrale, féroce, belle et dévastatrice comme l’’argent.

Cet auteur serait-il l’alter ego  de mon idole Yasmina REZA, avec ce qu’il faut de brutalité  en plus ?

Ne serait-ce pas là l’EVENEMENT de la rentrée théâtrale ?

 

A côté de ça on remonte l’AVARE à la Comédie Française.  C’est trop !   Ca suffit !  Ils sont tous magnifiques les Harpagon, ils sont tous différents, on applaudit la performance, oui oui, l’un est époustouflant de férocité, l’autre est tout en sinuosités, l’un est vieux, l’autre jeune, bon, c’est bien de jouer l’AVARE mais ils pourraient jouer le même rôle dans une autre pièce, contemporaine celle-là, avec les mots d’aujourd’hui !

Enfin, c’est monté dans le temple de la comédie classique. Et puis Denis Podalydes joue le rôle. On ne peut s’empêcher d’avoir envie de voir.

 

`

Vous avez vu l’affiche de la nouvelle revue du CRAZY HORSE ?   Non, répond la France entière sauf les Parisiens. Encore un événement, ce spectacle signé Philippe DECOUFLÉ, qui dépoussière vigoureusement le genre.

Les filles sont toujours aussi belles je présume, mais elles ne font pas que de la chorégraphie, elles  font des clins d’œil à l’actualité. Crise oblige, l’un des tableaus a pour titre « Crisis, whhat crisis ? » et montre une chouette tradeuse

en  jupe droite, chemisier impeccable et mocassins plats envoyer balader tout ça pour se retrouver progressivement dans la tenue la plus dévergondée…  Il y a toujours eu de l’humour dans les revues de Bernardin,  et DECOUFLÉ embraye avec délices mais respecte les codes. Un jour je vous décrirai ces codes, c’est presque militaire, mais à poil !

La revue s’appelle DESIRS…. il fallait bien suggérer avant de montrer !

 


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LES PETITES PHRASES DES ÉLUS

Publié le par Miss Comédie

 

Celle de de Gaulle d’abord, que tout le monde connaît : à un mec qui criait à son passage « Mort aux cons ! » il réponde « Vaste programme ».   Superbe.

Edgar FAURE n’est pas en reste : à quelqu’un qui le traitait de girouette, il réplique « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. »  Joli.

Et enfin Chirac nous gratifie de la plus virile : quand on lui rapporte une  certaine critique, il balance « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. »

Edifiant.

On ne citera pas celle de Sarkozy au Salon de l’Agriculture. Tout le monde peut se tromper.

Miss Comédie

 

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Après avoir lu le court-métrage d’aujourd’hui, vous enlèverez toujours vos CD du lecteur avant de vous coucher…

Et la nouvelle vague vous donnera envie de prendre un billet pour  Paris voir un super comédien sur scène.

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LE COURT-MÉTRAGE DE MISS COMÉDIE

Publié le par Miss Comédie

L’ESPRIT DE MOZART

 

Il est minuit.  Dans le salon de la grande maison, Dolorès laisse tomber son livre et s’étire longuement dans le canapé. Le CD qu’elle avait mis pour accompagner sa lecture vient de s’achever, les dernières notes d’un concerto de Mozart qu’elle ne se lasse pas d’écouter en boucle.  Dehors, le vent secoue les jalousies qu’elle laisse toujours  baissées. 

Elle se lève, va à la fenêtre, cherche à percer l’obscurité profonde de cette nuit de septembre.  Pas d’étoiles.  Le vent est annonciateur d’orage.  Des éclairs commencent à illuminer le ciel mais l’orage est encore loin.

Dolorès  n’enlève pas le CD de son socle mais elle éteint le lecteur.

Elle ramasse son livre, éteint les lumières du salon et monte dans sa chambre en baillant, elle est morte de fatigue.

Pour rien au monde elle ne serait allé à cette soirée où elle aurait pu rencontrer « plein de gens », où sa copine Mercédes voulait absolument la traîner.  Ce soir, non. La journée a été vraiment dure à l’atelier, le théâtre attendait les costumes pour la générale, il fallait  mettre les bouchées double.

Et puis cette maison, où elle vient d’aménager, qui est devenu son palais, qu’elle a achetée sur un coup de foudre.  En plein milieu du quartier Sol, à deux minutes de la Puerta del Sol et du kilometro cero  qui est le point de  départ de toutes les routes d’Espagne, et aussi le point de rencontre de tous les Madrilènes.

Le jardin qui entoure la demeure est mal entretenu et la maison n’est pas non plus dans un état parfait, mais les pièces gardent encore les vestiges d’un passé fastueux.   Dolorès est tombée amoureuse des frises peintes sur les murs, des grands miroirs baroques, des meubles et des tapis que les anciens propriétaires ont laissés là, depuis si longtemps.

Dolorès monte l’escalier et arrive dans sa chambre où le lit monumental surmonté d’un dais   est toujours ouvert.

Elle passe dans le cabinet de toilette vétuste, se déshabille promptement, fait une rapide toilette et saute avec délice dans ce lit  immense où elle a toutes ses aises.  Calée sur les oreillers, elle ouvre le livre commencé au salon et tente de poursuivre sa lecture.  Mais ses yeux se ferment, elle va s’endormir, elle s’endort

 

 

Dolorès dort depuis longtemps, deux heures ? Trois heures ?  Dans son sommeil, le concerto de Mozart  égrène les notes nostalgiques du mouvement lent.  Elle accueille ce rêve avec bonheur, d’abord, et puis lentement émerge du sommeil.  Ce n’est pas un rêve.  La musique est bien réelle, elle résonne entre les murs de la maison, elle vient du salon.

« Je suis sûre d’avoir éteint le lecteur… »

Dolorès saute hors du lit et dévale l’escalier. « Qui a pu entrer pendant mon sommeil ? »

Le salon est plongé dans l’obscurité. La petite lumière verte du lecteur est éclairée et la musique est au maximum, trop forte, mon dieu, trop forte ! 

Elle allume en tremblant  mais le salon est vide. 

 Aucune fenêtre n’a été fracturée, la porte est verrouillée.

Elle se précipite alors sur le lecteur de CD et l’arrête.

Comme une voix qui se tait, la musique s’évanouit.   


Un violent coup de tonnerre la fait sursauter.  Elle croit entendre le vent siffler quelques mots qui la remplissent de terreur  :  « l’esprit de Mozart ».

 

 

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NOUVELLE VAGUE DE RENTRÉE

Publié le par Miss Comédie

UNE STAR DU THÉÂTRE A LA RADIO

 

François CASTANG et son émission A PORTÉE DE MOTS sur France Musique à midi, a DISPARU !

Il est remplacé par Christian NEVE qui présente PARTAGE DE MIDE (une trouvaille) qui est exactement la même émission, avec un invité célèbre qui fait sa programmation.

On ne discutera pas sur les mérites de l’un et de l’autre.

Aujourd’hui, ce monsieur recevait (pour mon plus grand plaisir) mon ami Jean-Luc MOREAU.


  Ce mec-là est un courant d’air.  Il a mis en scène deux pièces actuellemùent à l’affiche à Paris, il joue un rôle dans l’une d’elles, il doit faire quelques synchros, et il trouve le temps de s’installer devant un micro pendant une heure.

Jean-Luc a les idées claires mais il cherche trop le mot juste, ce qui donne à ses commentaires un petit côté bafouille, pour moi très touchant mais finalement on comprend ce qu’il veut dire.

Il est le plus parfait type du signe des Gémeaux : partagé entre le jeu et la mise en scène, il mène les deux avec une aisance étonnante.

Il joue donc au théâtre de l’Oeuvre « L’ILLUSION CONJUGALE », une pièce à deux personnages d’Eric ASSOUS, son auteur chouchou.  Une histoire d’adultère, évidemment.  ASSOUS est intarissable sur le sujet.

L’autre pièce, celle qu’il met en scène au théâtre St-Georges, est aussi d’Eric Assous et s’appelle « LES HOMMES PREFERENT MENTIR », qui raconte probablement la même chose mais avec plusieurs personnages.

Tout ça doit être rondement mené, comme Jean-Luc sait le faire, mais j’irai voir la première car je l’adore en tant qu’acteur, il est prodigieux !

 

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LA PETITE PHRASE...

Publié le par Miss Comédie

 

...  C’est celle que vous auriez dû lire mercredi mais… l’homme qui

courait après son chien nous a menés trop loin… plus de place.

Donc, cette phrase, elle est de Valéry Giscard d’Estaing (tiens, pourquoi ?) et  frappe par son bon sens.

« Il n’y aurait pas tant de malaise s’il n’y avait autant d’amateurs de malaise. »

 

Si on met un « s » à malaise, ça change tout ! 

A lundi mes amis, une nouvelle page d’histoires. (Là, si on enlève le « s », ça devient très prétentieux !  Bye bye.

Miss Comédie

 

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Aujourd’hui le « COURT » est un peu long, mais c’est une longue poursuite, très imagée, il faut bien suivre le trajet de l’homme qui cherche son chien. Mais vouss n'aurez pas la "petite phrase", j'ai dépassé mon quota d'espace.

Et voilà,  l’automne est arrivé. La saison souveraine, toute en ors et en douceurs, les feuilles tombent, la nature s’assoupit un peu mais la création reprend du poil de la bête, c’est drôle, non ?



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LES COURTS MÉTRAGES DE MISS COMÉDIE

Publié le par Miss Comédie

L’HOMME ET SON CHIEN

 

C’est l’histoire d’un homme qui a perdu son chien.  Cet homme qui adorait son chien, part à sa recherche dans les rues de New-York. 

 

Il marche dans un froid terrible, grelottantdans son petit manteau. Il sait qu'il n'a pas beaucoup de chances d'apercevoir son chien dans la foule qui arpente les trottoirs, il se dit que s'il y avait une justice, ce serait son chien qui partirait à sa recherche, mais non, il se trouve que les rôles sont renversés et tout en marchant il se demande pourquoi son chien l'a quitté. Il cherche à se souvenir, mais qu'ai-je donc fait, quelle maladresse, quel mauvais traitement,  à ce petit animal qui n'était que douceur, fidélité et bonté. Pourquoi es-tu parti ? murmure-t-il, les larmes aux yeux.  Son chien était sa seule possession, son unique compagnon de solitude.  

Dans sa longue marche, il rencontre des chiens, certains accompagnant leur maître, d'autres lâchés en liberté, les narines frémissantes, peut-être en quête de nourriture, ils ne lui prêtent aucune attention.

Plus tard il est assis derrière la vitre d'un snack-bar, il mange un hot-dog. Il regarde dans la rue et il voit encore passer toutes sortes de chiens. La plupart sont grands, massifs, beaucoup plus impresionnants que son chien à lui, qui est frêle et craintif.  Il est pris de terreur à la pensée qu'un de ces molosses puisse s'attaquer à son petit chien.

Il reprend sa route et traverse des quartiers entiers, bientôt le jour baisse et le froid devient intense, il est maintenant très loin de chez lui.  La fatigue s'abat sur lui en même temps que le froid et il est pris de panique.  Quel fou je suis pense-t-il, je suis perdu.  Où suis-je ?  Il  distingue l'entrée d'une bouche de métro et s'y engouffre, reprend le chemin de chez lui, il lui faut changer plusieurs fois, les gens le regardent curieusement, il se demande pourquoi.

Enfin il arrive dans son quartier, dans sa rue. Il fait nuit noire. Il est affamé, transi, désespéré de n'avoir pas retrouvé son chien. Il n'aspire plus qu'à rentrer chez lui, se verser un verre de bourbon, se coucher et dormir. Ce sera sa première nuit sans son chien, absolument seul.

Il relève le col de son manteau et s'apprête à faire les cent dernièrs mètres entre le métro et la porte de son immeuble.

Soudain, il le voit.

Le chien court d'une foulée légère, droit devant lui, son poil  blanc étincelant par instant, lorsqu'il passe sous un réverbère. 

L'homme dévie sa trajectoire, file derrière l'animal qui ne l'a pas vu.  Où va-tu ?  Il s'empêche de siffler, il veut voir ce que poursuit son chien, quelle proie inaccessible, quel idéal de vie de chien, quel maître plus intelligent.

Le chien poursuit sa route d'une allure régulière. Il ne s'arrête ni pour flairer une trace, ni pour lever la patte, ni pour chercher son chemin. 

C'est lui, c'est bien lui, son collier de cuir rouge autour du cou, ses deux taches noires, l'une  en forme de béret sur la moitié du crâne et une oreille,  l'autre en forme de chaussette sur sa patte gauche.   L'homme doit courir pour garder la distance, mais il ne sent plus la fatigue, ni le froid.

Le chien ralentit enfin, et le voilà qui s'arrête devant la porte d'un hôtel. 

Cet hôtel, l'homme le connaît bien, il n'est pas à plus de cinq cents mètres de chez lui, il y a quelquefois rencontré des prostituées, et ces soirs-là il laissait son chien seul à la maison, la mort dans l'âme. Il savait que jusqu'à son retour le chien pleurerait, couché sur le seuil de la porte.

L'homme s'est arrêté lui aussi, et regarde. C'est un petit hôtel très modeste, la porte est fermée la nuit, on distingue les lettres lumineuses de l'enseigne  "Hôtel Bijou".

Le chien, assis sur ses pattes de derrière, pousse un léger aboiement, puis un second, puis un troisième, pas plus.

La porte de l'hôtel s'entrouvre, on aperçoit un  fond de lumière.  Le chien s'élance à l'intérieur.  La porte se referme.

Lentement, l'homme rentre chez lui. Il sait qu'il ne reverra jamais son chien.

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NOUVELLE VAGUE DE RENTRÉE

Publié le par Miss Comédie

ON SE FAIT UNE TOILE ?

 On dit que cette rentrée est marquée par le retour en grâce des

films français dans les salles.

Bien sûr,  il y a « UNGLORIOUS BASTARDS », qui fait le carton. On ne battra jamais les productions américaines.

Mais à côté, il y a des petits longs métrages qui plaisent bien, et d’abord ce « NEUILLY TA MERE » dont je déteste le titre, mais qui ne désemplit pas depuis cet été.  Une surprise.

 Et puis « LE COACH », et puis « NON tu N’IRAS PAS DANSER »… mais enfin, tout ça ne remplira pas les cinémathèques de l’an 2050 .

 

   ON CHOISIT SA PIECE ?

 

On ne sait pas encore très bien  où sont les futurs succès de la saison parmi les pièces qui démarrent.  Quelques stars, quelques textes prometteurs.

Moi  à  votre place, j’essaierais le théâtre du Ranelagh.    Nicolas VAUDE, que j’adore,  reprend le rôle du NEVEU DE RAMEAU, pièce souvent brillamment montée et jouée, c’est un nouveau défi pour cette conversation philosophique ponctuée par le clavecin d’Olivier Beaumont.

Mais pour le fun, n’oubliez pas   cette fantaisie débridée où les acteurs mouillent vraiment leur chemise pour nous faire tordre de rire, PIECE DETACHÉE de Thierry BUENAFUENTE,  à la Gaîté Montparnasse.

 

 

ON  BOUQUINE  ?

 

Alors en 1984  il avait 58 ans et elle, tout juste  23 !!!  Vous me direz 58 ans c’est pas vieux de nos jours, mais enfin regardons la photo, il est déjà chauve.  On ne peut pas lui attribuer le charme du chef d’Etat subjuguant la midinette, ça ne pouvait pas jouer sur elle, princesse de Galles.  Non, alors quoi ?  On sous estime parfois le mystère de l’attraction sexuelle de certains êtres humains.

Il y avait peut-être de ça. 

Et puis, en tant qu’Anglaise, elle ne pouvait déceler l’extrême pédantisme de l’élocution giscardienne, qui rendait grotesque chacune de ses allocutions  à la télé, cette façon d’arrondir sa bouche en cul de poule qui moi, me faisait hoqueter de rire.

Cela dit, il a peut-être inventé tout ça ?  Ce serait très fort !  Un tel mépris du qu’en dira-t-on !    Car il a encore un rôle public à jouer, le bonhomme, il va rencontrer du monde, qui va se marrer sous le manteau, et puis sa famille… non, c’est gonflé.

La valeur littéraire de sa prose, tout le monde s’en tape mais savoir si ce qu’il raconte s’est réellement passé, ça c’est truculent.

Chirac va en verdir de jalousie, lui qui fait le beau devant les minettes (voir une certaine video)…

Bref,  Giscard il mise gros mais c’est le jackpot assuré.  Tout le monde va lire LA PRINCESSE ET LE PRESIDENT.  Un titre qui joue franc jeu.

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LA PETITE PHRASE... A SUIVRE

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie


Bonjour !   Me revoilà avec un nouveau blog, le même mais en mieux.  J’ai décidé de vous délivrer d’une longue pièce  découpée qui demandait une  lecture quotidienne pour suivre l’action scène après scène.   En plus, mes COURTS MÉTRAGES de cet été ont eu un succès inattendu, beaucoup d’entre vous m’ont demandé de les continuer… donc je continue !

Vous aurez donc toujours  une scène par jour,  chaque fois différente, rigolote ou nostalgique,  un dialogue ou un récit, et je les écrirai spécialement pour vous. 

On commence par une scène glamour avec une chute très morale…  Installez-vous.


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LES COURTS MÉTRAGES DE MISS COMÉDIE

Publié le par Miss Comédie

 

L’AMOUR CONJUGAL

 

L’ intérieur d’un café parisien.  Au fond de la salle, sur la banquette, une jeune femme lit un journal en buvant un café.  Elle est d’une beauté étrange, un peu slave, avec des yeux étirés aux paupières lourdes et de hautes pommettes pâles.  Ses cheveux d’un blond cendré, raides, sont tirés en arrière et attachés par un ruban.  Elle ne prête pas attention aux mouvements de la salle, au va-et-vient du serveur, aux clients assis autour d’elle.

Un homme vient s’asseoir sur la banquette, à la table voisine. Lui aussi a un journal à la main et commence à le déplier, tout en guettant le serveur pour lui commander un café et un cognac.

Il est grand et mince, brun aux tempes grisonnantes, son maintien révèle une aisance et une autorité d’homme du monde. Il porte une veste à chevrons sur une chemine blanche au col ouvert.

Ces deux personnages sont absorbés chacun dans leur lecture et sirotent leur café sans se presser, en gardant les yeux fixés sur leur journal.

Au bout de quelques minutes, l’homme dans son geste pour passer à la page suivante, bataille avec le grand format qui refuse de se plier, tente de discipliner les feuillets qui s’obstinent à lui échapper des mains, et dont l’un se détache pour faire un vol plané jusqu’à la table voisine où il atterrit sur la tasse de café.

Consternation, balbutiements, congratulations.   Chacun affiche la plus parfaite civilité, lui se confondant en excuses, elle affichant le plus gracieux des sourires.

LUI

Garçon, un autre café, s’il vous plait !

ELLE

Mais non, voyons, j’avais fini !

LUI

Et bien vous en boirez un deuxième et je vous accompagnerai, si vous le permettez !

Elle ne répond pas à cette invite mais baisse les yeux et re plie son journal.

LUI

Ah, vous lisez le Figaro Littéraire ? C’est drôle, je lisais le Monde Littéraire…

ELLE

Et oui, nous sommes jeudi…

Il se rassied à sa table et se débarrasse de son journal récalcitrant en le posant sur la table à côté.

Il la regarde.  Elle le sent, lève les yeux et lui sourit.

LUI

Vous êtes adorable.

Elle éclate de rire. Elle murmure « à ce point-là ? » et il rit à son tour.

Le client assis à la table contre la vitrine, près de la porte, et qui a assisté à la scène, ne les quitte plus des yeux.  Il voit deux étrangers soudain rapprochés par un incident infime se lancer dans une manœuvre de séduction qui le fascine.  Il n’a pas besoin d’entendre ce qu’ils se disent, il comprend qu’il la drague et qu’elle se laisse draguer. Les regards, les sourires, et maintenant leurs mains qui s’enlacent. Le client est ému à la pensée qu’il pourrait, lui aussi, vivre un instant pareil, il suffit de le vouloir, non ? Les jolies femmes ne manquent pas dans les cafés.  Le coup du journal, c’est un jeu d’enfant.

L’homme et la femme se lèvent, ils vont partir ensemble. Ils passent devant lui et il tend l’oreille.

ELLE

Et en partant ce matin, je parie que tu as laissé la fenêtre de la chambre des enfants ouverte ?

LUI

Raté, mon chéri. J’ai même acheté du pain pour ce soir.

 

 

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NOUVELLE VAGUE DE RENTRÉE

Publié le par Miss Comédie

TOUT DE SUITE, UNE PIECE À VOIR

 

C’est à Paris,  rue de la Gaîté,  une rue où tous les plaisirs sont sur le trottoir, toutes les bouffes du monde entier, du chic, du grunge, du chinetok, du grec, du breton, pour manger dehors ou dedans après le spectacle.

Car du spectacle, vous en avez, rue de la Gaîté, et entre autres, la PIECE DÉTACHÉE de Thierry BUENAFUENTE, qui fait se gondoler les fauteuils du théâtre de la Gaîté-Montparnasse.

Ils sont cinq, quatre garçons et une fille (et quelle fille ! une nature !) qui mènent un train d’enfer sans vous laisser le temps de respirer entre deux rires.

La pièce que vous croyez voir est en fait, une répétition que vient chambouler le metteur en scène (THIERRY BUENAFUENTE) qui trouve que ça ne va pas du tout, mais alors pas du tout.   Il intervertit les rôles, tout le monde râle, on reprend les scènes, tout foire, chacun fait sa crise, il ne sait plus où donner de la tête…. et en plus on attend un sixième acteur qui n’arrive jamais.  C’est du Marx Brothers  avec la tchatche  d’aujourd’hui.

Ecrite et mise en scène par un Lyonnais du sérail, (il dirige le café-théâtre phare de la ville « Le NOMBRIL DU MONDE »)  la pièce a déjà fait le bonheur des Lyonnais avec la même distribution  avant de monter à Paris où elle s’est jouée tout l’été et continue jusqu’au 31 décembre.   Si vous avez du souffle, « PIECE DÉTACHÉE » est pour vous, et si vous n’en avez pas, vous aurez mal au bide, je vous jure !

 

 

 

 

BIENTOT,  UN FILM     A   NE PAS  RATER

 

Un film est en train de se tourner à Paris qui éveille ma gourmandise.

Il s’agit de la version ciné de « L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE » de Douglas KENNEDY.

Les deux héros sont joués par Catherine DENEUVE et Romain DURIS.

Le réalisateur est Eric LARTIGAU.  Il a eu la chance de plaire au producteur associé de Luc BESSON, Pierre-Ange LE POGAM.

Avant il avait fait « Donne-moi ta main », un joli film avec Charlotte GAINSBOURG et Alain CHABAT.

S’il se loupe pasil tient le carton.  Tout le monde en France adore Douglas KENNEDY.  Les deux acteurs sont des top.  Alors…

 

 

 

UNE CHANSON    A RÉÉCOUTER 

J’ai entendu par hasard sur France Musique une chanson que l’on ne diffuse pas souvent, que je n’avais pas entendue depuis des années.

Un choc.  Cette chanson, écrite par Léo FERRÉ, est un petit chef-d’œuvre, un Simenon, un film noir à elle toute seule.

En trois minutes et demi se déroule un drame simple qui donne la chair de poule.  C’est ça, Simenon.  Une écriture simple qui donne la chair de poule.

Ah, oui, quelle chanson ?  « MONSIEUR  WILLIAMS ».  Je vais essayer de vous la passer par Deezer mais c’est pas sûr qu’ils l’aient en catalogue.  Une vieille chanson… pas au top 50…

 

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