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MON IMPRO RECIDIVE...

Publié le par Miss Comédie

Je n’en ai pas fini avec Johnny.  Personne n’en a fini avec lui.
Les journalistes sont sur les dents.  Pour ce concert, ils affûtent leurs opinels. 
Un exemple d’interview à la limite du supportable, je ne vous cite que les
premières questions :
« - Qu’avez-vous fait de votre 1e mai, Johnny  Hallyday ?
  -  Accordé des interviews.
  -  Vous n’avez pas eu envie de défiler avec les travailleurs en colère ? 
     A sa manière, votre patron Jean-Claude Camus vous exploite depuis des années, non ?
 -    Vous avez peut-être raison. D’ailleurs, je ne l’ai pas vu aujourd’hui. »

Et pan dans le citron, coco.  Johnny est peut-être simple d’esprit, mais on ne la lui fait pas.
Il est de bon ton quand on est journaliste, donc d’une espèce supérieure, de  traiter Johnny Hallyday comme un sous-développé.
Et lui, le Grand, l’Immense pourvoyeur de « papiers », de scoops, d’images volées, lui il encaisse calmement, impérialement.  Il ne s’en fout pas, non.  Sa chanson « MARIE », le plus gros succès de son répertoire, le dit clairement.  Mais il ne rend pas les coups.  Comment le pourrait-il ?  Les médias sont tout-puissants.
Pourquoi ce mec qui a attiré dans sa carrière 26 millions de spectateurs (chiffre officiel) accorde-t-il encore des interviews ?  Pourquoi ne s’enferme-t-il pas dans sa maison gardée, dans un caisson d’oxygène, ou dans sa caravane blindée,  pour n’apparaître qu’à ses fans, et à eux seuls, qui ont pour lui le même respect qu’il a pour eux ?
Johnny est un homme simple et bon. Regardez ce visage illuminé de bonheur à l’idée de remonter sur scène.  Pas l’ombre d’un orgueil, d’une arrogance ou d’un calcul dans son regard clair.
(photo F.Barson Wireimage.com)

...... LES MUSEES AUSSI !

Ce fut un succès l’an dernier, cette année ils remettent ça :
1060 musées en France resteront ouverts samedi prochain jusqu’à minuit et même davantage.  L’art n’est plus soporifique !   La fièvre du samedi soir passe aussi par le musée.   Les expositions fleurissent à tous les coins de rues et elles attirent un monde fou
Celle d’Andy WARHOL a déjà vu défiler 5 500 visiteurs depuis le 4 mars !
Et « UNE IMAGE PEUT EN CACHER UNE AUTRE », toujours au Grand Palais, 3 200 !
Si vous n’en êtes pas, vous avez bien fait d’attendre, car pour l’occasion la musique est de la partie.  Au Musée d’Art Moderne, à l’Orangerie et dans d’autres musées encore on se promènera entre les collections en écoutant Debussy, Ravel ou
Chausson.  (Je ne pense pas que cette initiative soit du goût de mon cher Pascal QUIGNARD…  qui lui, préfère peut-être se recueillir en silence devant une œuvre sublime.)
Mais ne soyons pas grincheux. C’est une idée merveilleuse, reprise dans chaque ville de province qui ouvrira  toutes grandes les portes de ses musées aux flâneurs de la nuit.






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LA REPLIQUE EXTRA-LUCIDE

Publié le par Miss Comédie

Il faudrait pouvoir montrer les tableaux qui sont sous les tableaux.
Pablo PICASSO

Parmi tous ces visiteurs de musées, il y en a bien deux ou trois qui
voient ça ?
A demain, mes très chers.
Miss Comédie


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Et de deux (ponts) !  Nous avons encore l'Ascension en perspective et le mois de Mai sera
presque expédié sans trop d'effort.
J'ai deux stars avec moi aujourd'hui, c'est tellement jubilatoire de parler de JOHNNY et de
l'un parce que tout le monde en parle, l'autre parce qu'on n'en parle pas assez.
Dans mon théâtre, vous retrouver l'Amoureux transi en train de se confesser à son fils, sans se doutque le petit
lui  réserve une surprise.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 20

Publié le par Miss Comédie

Le bureau de Maxime
MAXIME, THOMAS

UNE REVELATION DE THOMAS

LUI, très tendu
Depuis quand tu déjeûnes avec Sonia ?
THOMAS
C’est elle qui me l’a demandé.
LUI
Tiens donc.
THOMAS (éclatant de rire)
Mais ma parole, c’est qu’il est jaloux, le paternel !
LUI
Jaloux, moi ?  Et de toi ?  Mais ça va pas !
THOMAS
Oh, je t’en prie, ne me traite pas comme un demeuré.  Toujours est-il que j’ai appris des choses bien tristes, si tu veux savoir.
LUI
Oui, je veux savoir.  Quelles choses tristes ?
THOMAS
Sonia est en dépression nerveuse.
LUI
Ah bon, voilà autre chose.
THOMAS
A cause de toi.

LUI
De mieux en mieux.
THOMAS
Pourquoi tu refuses de la voir ?
LUI
Parce que j’ai besoin de réfléchir.
THOMAS
A ce que t’a dit ton connard de toubib ?
LUI
Oui... entre autres choses.  Mon connard de toubib, comme tu dis si joliment, m’a amené à me poser des questions.  Il est toujours bon de se poser des questions, à mon âge.
THOMAS
Il l’a amenée, elle aussi, à se poser des questions.  Et de questions en questions, on en perd le ciboulot.  Parce que tu crois, toi, que Sonia est la “cause” de ton allergie ?
LUI
Je ne le crois pas, je le refuse.  Mais je l’envisage.
THOMAS
Faut-il te rappeler que d’après ton connard de toubib, Sonia était la “cause” de MON allergie ?
LUI
Oui,  c’est vrai.
THOMAS
Et où elle en est, mon allergie ?  Il y a belle lurette que je suis guéri. Et Sonia est toujours dans les parages.
LUI
Oui... c’est vrai.
THOMAS
“Oui, c’est vrai”.... A ça, tu n’avais pas réfléchi, hein ?  Et maintenant je vais te faire réfléchir sur quelque chose de bien embêtant.  Tu as eu l’air tellement froid et distant au téléphone, chaque fois qu’elle t’appelait, qu’elle est maintenant persuadée que tu appliques le traitement de ton connard de toubib.  Et donc, qu’il faut qu’elle dégage.  Donc, elle va dégager.
LUI
Elle va dégager ?
THOMAS
Oui, c’est décidé, elle déménage le 24 et elle part s’installer en province, elle n’a pas voulu me dire où.  Elle se retire de ta vie, pour te laisser guérir en paix !  Voilà, tu es content ?

(A suivre)

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MON IMPRO S'ENVOLE ...

Publié le par Miss Comédie

… AU  ZENITH !

Vendredi 8 mai,  Saint-Etienne.  C’était à prévoir.  Le coup d’envoi du Tour 66 a fait un triomphe. 
Mais c’est dur d’ en parler quand on n’y était pas.  Moi, c’est prévu à Lyon le 24 juin, et d’ici là, je ne peux que lire et  écouter les commentaires qui sont tous convergents.  Il est là, il chante, et il irradie.  C’est pas nouveau, pour tous ses concerts c’est la même chose. On y va sans trop y croire et puis on ramasse.  Il a tous les pouvoirs.
Il n’en fait pas un catéchisme, il ne délivre pas de message.  Il est la voix de l’amour, de la solitude, du désespoir.  Il est chacun de nous à un moment de sa vie.
Il est beau.  Il nous aime, il n’y a pas deux chanteurs qui aiment leur public comme lui  Sans blabla, sans contorsions. Avec seulement quelques mots maladroits, il nous dit qu(‘il nous aime et on le croit, on le lui rend bien.
Jusqu’où ira-t-il ?  Mon Dieu, il est encore beau à 66 ans, mais ça ne peut pas durer, c’est clair !  tant qu’il nous montre ce visage-là, on est rassuré, on se dit que nous non plus, on ne vieillit pas.  Que se passera-t-il quand il disparaîtra ?  Tous les Français de sa génération deviendront de vieux croutons accrochés à radio Nostalgie.
Sur cette photo (du Figaro-Magazine)  il montre la tristesse éternelle du renoncement.
Il est plus beau que Clint Eastwood, presque plus beau que Paul Newman. Il fait partie du clan des vieux qui seront toujours glamour.



…  AU  PARADIS !

J’ai vu le nouveau spot  de CHANEL pour le parfum N°5.
Ca tombe à pic, avec le film…  qui ne fait pas l’unanimité.
A mon avis, le pot de Jean-Pierre JEUNET ne casse pas la baraque non plus.  La « petite » est comme d’habitude, lisse et sans expression, quoi qu’il en dise.  Il lit peut-être des choses très personnelles dans son regard ?
Le décor de la gare de l’Est, les images du super-train Orient-Exress hurlant dans la nuit très belles.
Elle est dans le couloir, très dénudée, il la frôle, la hume… hum c’est très convenu tout ça.   Le train arrive à Istanbul, belles images orientalistes, et pof ! ils se retrouvent.
Elle est debout, hiératique, il s’approche et de nouveau la hume. Elle aime ça.  Fin du spot sur le flacon de bonheur.
Moi je me souviens du spot pour le parfum COCO avec Vanessa PARADIS qui se balançait dans une cage d’oiseau, avec des éclairs partout, un univers féérique, le fantôme de CHANEL qui apparaissait à la fin pour déposer le flacon sur une table dans un geste inimitable…
C’était du Jean-Paul GOUDE. 
La Paradis avait un petit sourire je ne vous dis que ça…
D’accord, ce n’était pas pour le même parfum.  Mais l’esprit de
Chanel c’est toujours l’esprit de  Chanel, non ? 







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LA REPLIQUE BALEZE

Publié le par Miss Comédie

Nous sommes la  nostalgie de demain.
Michel SARDOU (dans son autobiographie "Et qu'on n'en parle plus"


Lui et Johnny, même combat.  Ils sont en train de se retirer sur la pointe des pieds. Ils sont la nostalgie d’aujourd’hui avant même celle de demain.
Bonne semaine à vous tous, souriez, vous êtes la nostalgie de demain, vous aussi !
Miss Comédie






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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour ! Aujourd'hui le rideau se lève sur un nouveau décor, le bureau de MAXIME et sur un
nouveau personnage, THOMAS son fils.  Il va y avoir un dialogue où celui qui mène le débat
n'est pas celui qu'on croit.   (Vous savez que vous pouvez revenir au début de la pièce en
cliquant sur le calendrier ci-dessous sur la date du 6 avril.)
Bon spectacle, bon week-end et que la météo soit avec vous !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 19

Publié le par Miss Comédie



CONVERSATION ENTRE PERE ET FILS

LUI, MAXIME -  Son fils, THOMAS

Le bureau de Maxime.  C’est la nuit. Il est assis dans son fauteuil, les pieds sur le bureau, et il fume, le regard absent, fixé sur le plafond.
Seule une lampe posée sur la table, éclaire de son faisceau les papiers épars.  Le reste de la pièce est dans l’ombre.
On frappe à la porte.  Il se fige mais ne répond pas. La porte s’entrouvre puis une silhouette se glisse doucement dans la pièce.

LUI
Ca va, fiston ?
THOMAS
Ca va.
LUI
Tu sors de ton cours ?
THOMAS
A cette heure-ci, quand même pas.  Tu sais quelle heure il est ?
LUI
Non.
THOMAS
Dix heures dix.  Tu travailles ?
LUI
Tu vois.
THOMAS
Qu’est-ce que tu fais ?
LUI
Je rumine.
THOMAS
J’étais à la maison.  Je t’attendais.
LUI
Mon fils.  Je ne sais plus où j’en suis.  Et même, je te délaisse. (Il se passe la main sur le front, éteint sa cigarette, reprend une position normale)  Qu’est-ce qui m’arrive ?  Ne m’en veux pas.
THOMAS
Je ne t’en veux pas.  J’ai l’impression que tu n’es pas heureux.
LUI
Je ne sais pas où est mon bonheur.
THOMAS
Et la faute à qui ?
LUI
La faute à qui...
THOMAS
A ce connard de toubib.
LUI
Qu’est-ce que tu racontes ?
THOMAS
Depuis que tu le vois, tu pédales dans la choucroute.  Et tu tousses toujours.
LUI
Bon, ça va.  Tu pars quand au ski ?
THOMAS
Quand les parents de Grégory auront libéré le chalet... samedi prochain, je crois. Vous viendrez passer le week-end à Megève ?
LUI
Je viendrai peut-être.
THOMAS
Seul ?
LUI
Oui, seul.  Mon destin est d’être seul.
THOMAS
Oh, arrête tes conneries.  C’est fini, ce numéro de grand incompris ? Tu deviens parano ou quoi ? 
(Brusquement) 
J’ai déjeûné avec Sonia aujourd’hui.

(A suivre)
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SCENE 20 -

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MON IMPRO DU JOUR

Publié le par Miss Comédie

 DE LA PLUIE ET DU BEAU TEMPS


Vous connaissez Catherine LABORDE, la miss Météo numéro 2 sur TF1.  Elle vous a peut-être agacée, comme moi, par son élocution frémissante et ses mines complices.
Et bien, il faut revoir votre opinion car cette femme n’est pas n’importe qui.  Elle a écrit plusieurs livres, (dont un porte le titre curieux de « La Douce joie d’être trompée »), elle est comédienne à ses heures, une rose porte son nom, oui ! et son dernier livre est  loin d’être une bluette : « MARIA DEL PILAR ».  Elle a patiemment reconstitué le puzzle de la vie de ses parents et cela donne un récit vraiment émouvant. Sa mère, Maria del Pilar, lui a donné l’image de l’amour brisé et inconsolé, d’une vie fracturée par la guerre.  Elle aimait son mari d’un amour d’amante, elle vivait avec lui dans la Résistance et ça s’est mal terminé pour eux. Arrêté, déporté, elle ne l’a jamais revu.  Quelle histoire désolante, encore une, engendrée par cette époque sinistre.  Et qu’il doit être difficile de rassembler les morceaux et de raconter !
Je ne regarderai plus Catherine Laborde avec un demi-sourire.  Elle nous raconte la météo avec dans sa tête d’autres pluies, d’autres larmes et d’autres étoiles disparues.

Y A D’LA JOIE
Il a raison, Jean-Louis Fournier. Il dit que Trenet est le plus grand poète de notre génération, qu’il écrit des phrases sublimes sans vouloir « faire joli ».  Ca sort du coeur et ça nous va droit au coeur.  Sa tristesse est notre tristesse.
 Sa joie provoque notre joie.  Tout ça, plein de gens l’ont dit avant moi. Mais Trenet est un champ infini d’exploration, de méditation.  Il est un mystère que beaucoup continuent à chercher à percer.

Une question, qui apparemment, n’a rien à voir : « Pourquoi les handicapés n’aiment pas qu’on les plaigne ? »
La réponse est dans le livre de Jean-Louis FOURNIER « OU ON VA, PAPA ? » qui a reçu le Prix Fémina pour son approche tendre et humoristique de ce sujet délicat.
D’ailleurs, comme l’ajoutait joliment Olivier BELLAMY, « nous sommes tous des anormaux. »

A propos de beau temps, j’espère que ce week-end il fera beau à Saint-Etienne…




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LA REPLIQUE QUI M'ENCHANTE

Publié le par Miss Comédie

« Papa dit qu’il a vu ça, lui. »
Charles TRENET   (dans Le Soleil a Rendez-vous avec la Lune.)

Les mots simples du poète.  Chacune de ses chansons contient une phrase comme celle-là.
Demain, Johnny débute sa tournée « M’arrêter là »
à Saint-Etienne, au nouveau Zénith. J’aimerais y être.
A Lundi pour en parler.

Miss Comédie


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Question actualité, pas grand-chose à me mettre sous la dent aujourd'hui.
Heureusement, il y a ma pièce et les démélés de SONIA avec son médecin puis avec
le DAME donneuse de conseils.  Mais où est donc MAXIME ?
Passez une journée zen.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 18

Publié le par Miss Comédie

UNE HISTOIRE DE DEFENSES !

La salle d’attente. 
La porte du cabinet s’ouvre et Sonia paraît, l’air hagard, son manteau sur le bras

.        VOIX DE L’ASSISTANTE
Monsieur Hyde !

Le petit homme sort précipitamment.

En scène SONIA, LA DAME

LA DAME
Vous avez l’air bouleversée !

ELLE, se laissant tomber sur une chaise
Je viens de comprendre beaucoup de choses.

LA DAME
Ah bon ?  Vous avez trouvé la cause de votre allergie ?

ELLE
Oui.

LA DAME
Et  c’est quoi ?

ELLE  (elle parle sur un ton monocorde)
Maxime Sévère.
LA DAME  (pouffant)
Allons donc.

ELLE
Il n’y a pas de quoi rire.  Ce bon docteur vient de briser notre couple.

LA DAME
Mais non !  Ce n’est pas possible... Qu’est-ce qu’il lui reproche, à monsieur Maxime ?

ELLE, toujours sur un ton monocorde
Ses défenses ne m’acceptent pas.

LA DAME
Ses défenses ?

ELLE  (explosant)
Oui !   Ces milliards de petits corpuscules qui régentent nos petits bobos !.... Qui prennent des décisions à notre place ! 
(Elle se lève)
“Ce type-là, il va pas, il est pas bon pour elle, allez paf !  on va lui mettre une alopécie... et tiens, lui,  on va dire qu’il en a marre de son chien... on va lui balancer l’herpès !...  Et tout comme ça !...  Vous, votre ex, comme vous dites, que vous aimez toujours, n’est-ce pas ? si, si !... qui c’est, à votre avis, qui a décidé qu’il fallait l’exterminer ?  Vos  défenses !...

LA DAME, très perturbée
Hon... Que...Vous.. Oui ?

ELLE (les yeux brillant de colère)
Et qui est-ce qui a inventé le truc des défenses ?  Le bon docteur.

LA DAME
Mais je suis guérie !

ELLE
Oui, vous avez cru à la bonne parole.  Comme devant Jésus, “lève-toi et marche”, la foi vous a sauvée.

LA DAME
Tiens, c’est justement ce qu’il dit, le petit homme.

ELLE
Qu’est-ce qu’il dit ?

LA DAME
Qu’il n’y a que la foi qui sauve, mais que malheureusement personne n’a plus la foi en Dieu, ni en personne.

ELLE
Et bien on a bien raison de perdre la foi aveugle et bête, qui vous fait obéir aux charlatans comme celui-là !

LA DAME
Mais expliquez-moi... Vous parlez des défenses et tout ça... Qu’est-ce qu’il vous a dit, au juste, ce... docteur, pour vous mettre dans cet état  ?

ELLE
Que je ferais bien de quitter Maxime si je ne veux pas passer ma vie à me gratter.

LA DAME
Non !  Quel rapport ?

ELLE
Le rapport, c’est justement les défenses !  Il a déréglé ma vie et actionné le signal d’alarme. Les défenses ont déclenché l’urticaire.

LA DAME
Oui, vu comme ça...

ELLE (rugit)
Et il lui dit la même chose, à lui !  Et vous voyez à quoi ça aboutit ?  A la rupture !  Et pour quel motif ?  Incompatibilité d’humeur ? Coups et blessures ?  Impuissance ?  Frigidité ?  NON !  Motif : cause directe psychopathologique de phénomènes allergiques chroniques !
(Soudain)
Bon, je pars.

LA DAME
Qu’est-ce que vous allez faire ?

ELLE
Je vais d’abord essayer de savoir si Maxime a la même envie que moi d’être sauvé.
(Elle sort).

(A suivre)




           















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MON IMPRO DU JOUR

Publié le par Miss Comédie

GOT TALENT :  LE CAS SUSAN BOYLE (suite)

Le conte de fée continue, bien évidemment, et petit à petit va se transformer en cauchemar pour cette lauréate inattendue.
Elle est déjà relookée, figurez-vous.  Mais pas trop, dit son agent, car son aspect anti-canon est une partie de son succès.
Bien sûr, il y a sa voix, très belle voix, d’accord, mais où serait le phénomène, si elle était grande, blonde, et bien foutue ?
Le phénomène a toujours été la chose la plus recherchée par tous les publics, plus que le talent, beaucoup plus que le talent.
Tout le monde s’arrache Susan BOYLE outre-atlantique, les stars de l’info sur toutes les chaînes veulent l’interviewer, car en plus, elle a de la répartie.   « I am a virgin, so what ? »
Elle se moque d’elle-même, ce qui est une grande qualité chez nos amis américains.  Ici on se moque plutôt des autres surtout quand ils ont réussi.
Ce que je ne savais pas, c’est que la performance qui a porté Susan BOYLE au pinacle n’était pas décisive !  Non ce n’était que la demi-finale, et la finale a lieu le mois prochain.
, Les finalistes doivent être dans leurs petits souliers.  Surtout le petit Shaheen, évidemment !


BACH FOR EVER

Il n’y a pas à dire, ils y reviennent tous.  Pas un invité d’Olivier Bellamy qui ne glisse, à un moment ou à un autre, un morceau de JJS Bach dans son programme.
Bach c’est l’esprit et la Foi.  Elle est enfouie au plus profond de chacun de nous.  Un jour ou l’autre, elle ressort et nous aide à vivre ou à mourir.



BACK TO TV

Grande nouvelle :  il y a de nouveau du théâtre à la télé.  Le 2 mai, France 2 a diffusé une pièce de Loleh Bellon, « L’ELOIGNEMENT », avec Carole BOUQUET et Pierre ARDITI, mise en scène par Bernard MURAT qui joue aussi un rôle dedans.  Hélas, je ne l’ai pas vue car moi, la télé c’est pas mon truc et quand je ne suis pas prévenue je n’y vais pas.
Mais maintenant, je vais lire les programmes car du théâtre à la télé, c’est à ne pas manquer avec l’été qui approche et la fermeture de beaucoup de salles.  Soyez attentifs !






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MA REPLIQUE COSMIQUE

Publié le par Miss Comédie

L’éternité c’est très long, surtout vers la fin.
Woody ALLEN

Je sais, l’actu était un peu maigre aujourd’hui.
Ce sont les aléas des lecteurs de blogs.  Il faut tomber sur une belle page, ça n’arrive pas tous les jours…
Demain, peut-être…  La semaine prochaine sûrement, avec le début d’une tournée historique….
Mais le mieux, c’est encore de me lire tous les jours !
A demain donc,
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  En ouvrant ma page d'accueil j'ai reçu en pleine figure un jingle pour je ne sais quelle
banque sans que j'aie rien fait pour.  Bientôt il faudra se glisser entre les onglets pour arriver à
exister sur le web. 
Ici au théâtre, bien tranquilles, vous assisterez à la fin de la visite tumultueuse de Sonia chez son
médecin.  Patience, bientôt LES AMOUREUX seront à nouveau réunis.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 17

Publié le par Miss Comédie

Le cabinet du médecin

ELLE, LE MEDECIN

FIN  DE  VISITE   AGITEE


LE MEDECIN
Et bien madame, si j’interprète vos réponses au premier degré, votre urticaire n’a aucune source psychosomatique.  C’est une banale irritation de l’épiderme.

ELLE
Et au deuxième degré ?

LE MEDECIN
Au 2ème degré, il pourrait s’agir d’un déséquilibre psychique provoqué par votre perception douloureuse du désarroi de votre partenaire.

ELLE  baisse la tête sans répondre.

LE MEDECIN
Le problème, c’est que je ne peux  vous soigner VOUS, pour un pathos qui se manifeste chez monsieur Sévère.

ELLE
Et lui, comment le soignez-vous ?

LE MEDECIN
Je regrette... Je ne puis répondre à cette question.

ELLE
Ah oui... le secret professionnel...  Mais je veux bien faire l’effort de deviner toute seule. 

 (Elle se lève et fait le tour du fauteuil)
Ca n’est pas très difficile, vous savez.

(Elle se passe la main sur le front.  On sent qu’elle a compris quelque chose d’important).
... mon Dieu, mais c’est bien sûr... Il faut supprimer la cause... Voilà ce que vous lui dites.   Non ?... Je me trompe ?
“Essayez de rompre avec Sonia Aufray... ce sera la fin de tous vos ennuis...”

(Elle se tourne vers le médecin et hausse le ton jusqu’à ce que sa voix se brise)
Et qu’est-ce qu’il vous répond, quand vous lui ordonnez ce traitement ?   Ca, vous pouvez me le dire, ça pourrait m’aider, moi aussi...

LE MEDECIN
Calmez-vous, madame.  Je ne suis que le révélateur de vos faiblesses.

ELLE (perdant tout contrôle)
Et vous êtes fier de vous, monsieur le révélateur ? Vous obtenez de bons résultats, en sabrant dans les histoires d’amour ? Combien d’urticaires avez-vous soigné par ce moyen radical ?

LE MEDECIN  (se lève)
Madame taisez-vous, je ne vous permets pas.  Vous parlez sans savoir !

ELLE
Je sais seulement que vous soignez les gens en exploitant leur naïveté...
(Ils sont maintenant face à face)
 Ma mère adorait son chien.  Vous l’avez obligée à le tuer et vous saviez que non seulement elle ne vous en voudrait pas mais qu’elle allait VOUS REMERCIER !  
(Elle se détourne et passe côté cour)
Voilà les bienfaits de la médecine.  Cinquante pour cent de guérisons spontanées due à l’illusion.

LE MEDECIN
Madame, la visite est terminée.  Je vous prie de sortir.  Vous me devez  soixante dix euros.

ELLE (le regarde)
Je vous les ferai parvenir par la poste.

Elle se lève lentement, ramasse son manteau et sort.

(A suivre)


           

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MON IMPRO DU JOUR

Publié le par Miss Comédie

  SACRES INSTRUMENTS…

L’histoire du QUATUOR MODIGLIANI est édifiante.  D’abord, ne pas confondre ce jeune quatuor qui monte avec le QUATUOR que tout le monde connaît, quatre pitres qui jouent bigrement bien du violon.
Le QUATUOR MODIGLIANI était inconnu il y a encore quelques mois, lorsqu’il est arrivé en finale ex-aequo avec le célèbre quatuor ALBAN BERG, lors d’un classement à l’aveugle dans l’émission de Radio Classique « la Tribune des Critiques de Disques ».
Depuis, fini l’anonymat. Bon, ça pourrait être une anecdote banale, mais ce qui rend leur aventure piquante, c’est l’histoire de leurs instruments :  issus du même bois et du même luthier, le célèbre Etienne VATELOT, ils ont été conçus pour être joués ensemble.   Ce n’est pas tout : ils portent chacun, gravés sur la table d’harmonie et sculptés sur le cordier, les noms des quatre Evangélistes, exactement comme l’a fait STRADIVARIUS pour son quatuor Le Messie.
C’est comme si Saint Mathieu et saint Marc jouaient de l’alto, saint Luc du Violoncelle, saint Jean de la contrebasse….
   
Ces quatre merveilles inséparables ont dormi pendant 35 ans dans l’atelier de Vatelot jusqu’à ce qu’il les vende à la SWISS ARTISTIC FOUNDATION contre la promesse qu’ils ne seraient jamais séparés.  C’est ainsi qu’ils furent confiés au QUATUOR MODIGLIANI pour en tirer des sons sublimes.
Ils ne sont pas propriétaires de leur instrument mais lorsqu’ils jouent, ils en sont les seuls maîtres et les sons qu’ils en tirent sont le signe du sacré.


JOURS TRANQUILLES A AVIGNON


Samedi j’étais à Avignon, quelle ville délicieuse et calme, avec son côté Palais des Papes historoique, ses hôtels cachés dans des jardins secrets, et son souffle théâtral  qui habite les ruelles, et son côté Teinturiers avec ses échoppes transformées en théâtres, sa Sorgue qui serpente et ses Halles-coeur-de ville qui remettent les pieds sur terre.
L’été, Avignon se dévergonde. Elle s’ouvre aux étrangers comme une courtisane. Et ils saccagent tout.  Les étrangers, je veux  dire ceux qui ne sont pas du Vaucluse.
Les autres, les amateurs de théâtre,  Les vrais, ceux qui écument le « off » parce que le « in » on n’y comprend rien, ils sont à Avignon comme à la Foire de Paris. On leur pardonne.
Mais c’est vrai que parfois dans le « off », on tombe sur des perles qui vont être reprises à Paris.
Moi, quand j’ai joué dans le « off » notre pièce de Crébillon Fils, « LE SOFA », je n’ai pas repris la pièce à Paris.
D’année en année, le nombre des spectacles augmente. L’année dernière, plus de mille.  Vous vous rendez compte ?
Bientôt, la scène de la ménagère achetant son bifteck comptera pour un spectacle.
J’ai demandé le programme, bien   sûr il n’est pas encore au point.  Celui du « in » non plus. Juste une carte imprimée avec des ailes d’oiseaux, et un nombre de productions étrangères avec leur titre et le pays d’origine.
Le programme du « in » on dirait un prospectus pour l’UNESCO. Même les productions françaises sont signées par des étrangers.  Enfin, c’est toujours bon pour la planète.






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MA REPLIQUE UN PEU SUFFISANTE...

Publié le par Miss Comédie

Il s’agit donc de faire une société, après quoi nous ferons peut-être du bon théâtre.
Jean VILAR  (De la tradition théâtrale)

Ah, très bien.  Il pensait qu’il allait changer la société à son idée.
Moi je voudrais d’abord faire du bon théâtre, après quoi la société se fera une idée. 
J’admire Jean Vilar quand même, parce qu’il a fait du bon et du beau théâtre.
Mais il n'a pas changé grand-chose à la société.
Des mots, tout ça, des mots ! A demain, chers lecteurs-spectateurs.
Miss Comédie.

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Ouh, c'est dur de reprendre ses esprits après trois jours hors du circuit mondain et infoormatique,
bercée par le chant des oiseaux, les yeux écarquillés devant une nature dévergondée.
Ce qui me console, c'est de lever mon rideau sur une salle pleine... enfin j'espère !
SONIA est toujours dans le cabinet du médecin, et le ton monte, on dirait.
Demain vous aurez le diagnostic, pas très catholique...

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 16

Publié le par Miss Comédie


Le cabinet du médecin.
ELLE, LE MEDECIN;

DEUX  QUESTIONS-CLE


LE MEDECIN
Votre relation avec Maxime Sévère a-t-elle bouleversé votre vie quotidienne ?

ELLE
Si elle l’a bouleversée ?  Ah, ça oui, alors !

LE MEDECIN
Par oui ou par non.  Je ne vous en demande pas plus.

ELLE
Oui !

LE MEDECIN
Désiriez-vous ce changement ?

ELLE
Oui.

LE MEDECIN (contrarié)
Ah.

ELLE
C’est lui, qui ne le désirait pas.

LE MEDECIN (rassuré)
Ah !  Et comment le savez-vous ?

ELLE
Je le sais, parce que ça se voit !


LE MEDECIN
Il vous manifeste de l’hostilité ?

ELLE (haussant les épaules)
S’il me manifestait de l’hostilité, je cesserais de me poser des questions. Je partirais. Non, vous croyez que c’est si simple que ça ?  Sans aller jusqu’à l’hostilité, il y a mille nuances dans le comportement d’un homme amoureux que seule une femme peut déceler... Mille nuances...

LE MEDECIN
C’est quoi, par exemple ?

ELLE
Là vous allez trop loin.  J’ai répondu à vos deux questions, à vous de jouer, maintenant.

(A suivre)

__________________________________________


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TOUCHE PAS A MON PARIS !...

Publié le par Miss Comédie


Le Grand Paris !   Ah mon Dieu.  On va agrandir Paris.  Mais dans quel sens ?  Vers le Nord ?  On va raser les banlieues grises ?  Vers le Sud ?  On va passer par-dessus l’autoroute ?  Vers l’Est ?  On va  allonger le bois de Vincennes ?  Vers l’Ouest ?  On va doubler le bois de Boulogne ?
En tous cas, les banlieusards sont contre.  J’ai entendu des protestations variées de la part d’habitants bien tranquilles de la Vallée de Chevreuse :  ils ne veulent pas du tout devenir parisiens !  Le fait que Paris vienne englober leurs villages les indispose totalement !  Ils sont heureux à Chatou, ils veulent rester chatouilleux  !
Vous me direz : les Français sont contre le changement, une fois pour toutes !  C’est vrai, c’est vrai,  mais dans ce cas-là, est-ce qu’ils n’auraient pas raison ?
Paris ne s’est  pas bâti en un jour, mais aujourd’hui ça y est, il est bâti, on ne va pas revenir dessus… Ca va faire pièce rapportée, du neuf à c ôté du vieux, on a déjà la Pyramide au milieu du Louvre, on s’y est fait, mais à grande échelle ça risque de faire désordre.
Enfin, c’est mon avis.  Je ne connais pas le dossier.  Je réagis sur l’idée. Peut-être que le projet est somptueux, magnifique, et que Nicolas pourra donner des fêtes comme Louis XIV, dans les allées de son Grand Paris.



Ce qui n’est pas drôle à Paris, c’est que le parc de Vélib se dégrade au point que Jean-Claude DECAUX en abandonne la direction.  Impossible à gérer !  Trop de casse, trop de vols, trop d’abandons au bord du trottoir, aucun sens civique chez les emprunteurs.  C’est navrant, j’ai honte pour eux.
A Lyon, qui a inauguré cette belle aventure, le parc se porte plutôt bien.  Les Vélov’ prolifèrent, on se croirait à Amsterdam, mais en général les bornes sont approvisionnées et les vélos pas trop malmenés.
Quand je pense que bientôt ça sera le tour des autos….  Qui aura le courage de prendre la gérance de ce nouveau moyen de transport ouvert à tout le monde et n’importe qui ?

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LA REPLIQUE TRÈS ENCOURAGEANTE...

Publié le par Miss Comédie

Il y a deux tragédies dans la vie d’un homme, la première c’est de réaliser son rêve, la deuxième c’est de ne pas le réaliser.
Oscar WILDE

Sur cette perspective qui revient à bosser pour rien, je vous dis « don’t worry, be happy » et à demain !
Miss Comédie


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Ah mes amis,  le rideau ne se lèvera pas aujourd’hui.
Because  relâche(ment) du 1er mai, qui va nous gagner tous et même que vous ne viendrez peut-être  pas
voir ma pièce ?
Alors ne regrettons  rien,  je vous garde au chaud la scène 16 des AMOUREUX DE LA SALLE D’ATTENTE . 
Partez donc, fuyez la ville et les risques de contamination, comme dirait le PETIT  HOMME de ma pièce, il colle à l’actu  celui-là , et échappez-vous vers nos campagnes pour cueillir des brassées de muguet.
RENDEZ-VOUS  LUNDI  4  et passez un très bon week-end !
Miss Comédie


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Cest Philippe CAUBERE (voir plus bas) qui m'a donné l'idée de réécouter cette belle chanson
de Bob DYLAN, "LAY, LADY, LAY".  Tout ce qu'il a dit sur le théâtre et le temps qui passe était magnifique.
Il ne joue pas dans ma pièce, mais il pourrait être un superbe MAXIME ! 
Aujourd'hui SONIA se raconte à son médecin, comme tout le monde.
Bon spectacle !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 15

Publié le par Miss Comédie

Le cabinet du médecin.
ELLE, LE MEDECIN


QUESTIONS  INDISCRÈTES

LE MEDECIN
Vous m’en direz tant.  Bien... bien... C’est curieux, ça... Donc, quand vous êtes venus tous les deux ensemble, le... voyons le 5 mars, vous ne vous connaissiez que depuis deux mois ?

ELLE
Depuis deux petits mois, oui.

LE MEDECIN
Vous veniez chacun pour des troubles différents, et à la suite de ces visites, vos troubles ont disparu...

ELLE
Momentanément, oui...

LE MEDECIN
Momentanément, oui.... C’est bien ça.  Mais dans le cas de Monsieur Sévère, les troubles sont différents.  L’urticaire a disparu, et la toux prend le relais.  Hmm... humm...  En dehors de Monsieur Sévère, avez-vous entamé une relation ... amicale ou conflictuelle avec... une collègue de travail ?

ELLE
Non.

LE MEDECIN
Un membre de votre famille ?

ELLE
Non.
LE MEDECIN
Avez-vous adopté un animal ?

ELLE
Non.

LE MEDECIN
Utilisez-vous  des produits chimiques ?

ELLE
Non...  Je me passe parfois du vernis à ongle entre deux rendez-vous... Enfin, le reste est conforme à ce que je vous ai répondu il y a un an...

LE MEDECIN
Donc, monsieur Sévère me paraît être le seul élément nouveau dans votre vie.

ELLE
Eh, oui.

LE MEDECIN
Il y maintenant 2 questions à se poser, et je vous les pose.  Vous y répondrez par oui ou par non.

ELLE
Je vous écoute.

(A suivre)

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MON IMPRO SUR TOUS LES TONS

Publié le par Miss Comédie




SHAHEEN JAFARGHOLI  a battu  Susan BOYLE !  En fait non, il ne l’a pas battue, on ne peut comparer un gamin de douze ans à une femme de 47 ans !   Il a fait l’événement, lui aussi, car personne ne s’attend à ce qu’un enfant ait la voix aussi placée.
Dans le même contexte, c’est-dire dans l’émission britannique GOT TALENT, devant un public énorme, il a étonné tout le monde, y compris les juges.
Ah, la tête des juges !  Surtout un, celui qui a une longue figure impassible, le regard scrutateur, et pour finir, le sourire carnassier de celui qui a trouvé une proie à exploiter.
Ce visage me hante. Il a quelque chose de tout-puissant, il incarne le doigt de Dieu, il décide que lui, elle, va devenir une star.
Mais enfin, prodige pour prodige, je préférais Susan BOYLE. C’était  une vraie surprise, émouvante et humaine.
Ce gosse, là, il fait un peu singe savant.


Je sais pourquoi LES MOLIERES ont fait un tel bide : c’était un dimanche !  Quelle idée de faire ça un dimanche alors que tous les bons Français sont scotchés tels des ventouses dans leur fauteuil pour le film de 20h40 !… C’est du cinéma qu’ils veulent, pas du théâtre. Dimanche soir,  ils ont pu se régaler de bons sentiments avec ENSEMBLE C’EST TOUT, tiré du livre best-seller.  Audrey TAUTOU et Guillaume CANET à l’affiche, en plus… Deux qui ont le vent en poupe.
Alors que d’habitude, c’est le lundi, jour de relâche des théâtres, et pas grand-chose à se mettre sous la dent à la télé.  Dommage que les  études de marché n’aient pas prévu ça.



PHILIPPE CAUBERE  était hier  l’invité d’ Olivier Bellamy sur Radio Classique
. Il a cité une phrase de Pagnol dans la pièce qu’il joue actuellement avec GALABRU : « Il est fâcheux d’être fâché ».  Il dit que ça lui a soudain donné envie de se réconcilier avec Ariane MNOUCHKINE qu’il ne voyait plus depuis longtemps.   Merveilleux !  Magnifique ! 
Quelle preuve d’intelligence et d’humanité !  Mais ça ne m’étonne pas de ce grand et généreux comédien. 
J’ai eu aussi la surprise d’entendre qu’il avait  « très brutalement quitté ses trente ans » pour aborder aux rivages de la soixantaine.  Soixante ans, Philippe CAUBERE ?  Il a donc vieili, lui aussi ?  Son étonnement devant cette évidence, sa naïve tristesse, m’ont émue.  Et oui, il choisit encore, comme musique symbole de ses bonheurs passé, Bob Dylan et Jeff Bucklet… Il est de la même race qu’eux.



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LA REPLIQUE INATTENDUE

Publié le par Miss Comédie

Telle est la vie des hommes. Quelques joies vite effacées par
d’inoubliables chagrins.
Marcel PAGNOL  (Le château de ma mère)

L’auteur de MARIUS serait-il pessimiste ? 
N’aurait-il donc aucune volonté ?
Allez, il n’y a pas de vérité universelle, il n’y a que des vérités
très personnelles.
A demain !
Miss Comédie



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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Il parait que MOLIERE  alimente la polémique, au lendemain de la Cérémonie.
Il faut toujours qu'il y ait polémique.  C'est le mot qui revient le plus souvent en ce moment
dans les médias.  Il colle à l'actu comme une ventouse.  Moi, je crois en MOLIERE comme
seul et unique auteur de tous ses chefs-d'oeuvre. Voilà.
Aujourd'hui vous aassisterez dans mon théâtre à la visite de SONIA chez son médecin
et à son aveu (secret médical) sur sa rencontre avec MAXIME.
Tout ça est très BOURGEOIS GENTILHOMME.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 14

Publié le par Miss Comédie

L’AVEU


Le cabinet du médecin.   ELLE est assise en face du médecin.

LE MEDECIN
Madame Aufray, qu’est-ce qui vous ramène à mon cabinet ?  Je vous ai vue, je crois... (il feuillette un dossier)  le 5 novembre dernier...

ELLE
Tout d’abord, laissez-moi vous féliciter, docteur :  je vous ai envoyé ma mère qui souffrait d’insomnies, et vous lui avez prescrit un traitement qui l’a complètement guérie.

LE MEDECIN, modeste
C’était un cas banal : allergie aux poils de chien.  La santé de Madame votre mère est toujours bonne,  j’espère ?

ELLE
La santé, oui.  Le moral, c’est autre chose.  Quant à moi, depuis ma dernière visite il y a un mois, je ne vais pas mieux.

E MEDECIN
Vous aviez une bonne grippe.  Je vous ai envoyée à mon confrère, le docteur Gabor.  Je vous rappelle que je ne peux rien contre la grippe.

ELLE
Je sais, docteur.  Je n’ai pas la grippe.

LE MEDECIN
Qu’avez-vous ?
ELLE
La même chose que l’année dernière à cette époque : une crise d’urticaire, ou d’éczéma, je sais pas, mais je me gratte.

LE MEDECIN
Voyons voyons... (il regarde son dossier)  A l’époque vous aviez des éruptions eczémateuses sans cause psychosomatique apparente...
(il marmonne) je vous ai ordonné un traitement local.... corticoïde...(nom de médicament incompréhensible)... Le 5 juillet vous êtes revenue me voir et apparemment les éruptions avaient disparu.

ELLE
Exact.

LE MEDECIN
Elles ont repris quand ?

ELLE
Dimanche dernier.

LE MEDECIN
Au même endroit ?

ELLE
Oui.

LE MEDECIN
Bien. Nous allons donc passer au stade thérapeuthique suivant : la recherche des causes psychopathologiques.

ELLE
Mais nous avons déjà passé en revue les causes possibles l’an dernier et on n’en a trouvé aucune !

LE MEDECIN
C’est que nous n’avons pas poussé assez loin l’investigation... ou bien que certains paramètres ont changé... en un an, il s’en passe, des choses...  Excusez ma question, mais... avez-vous opéré des changements dans votre vie depuis un an, madame Aufray ?

ELLE (troublée)
Non... c’est-à-dire oui..., un grand changement, mais pour être précis,  ce chamboulement-là a commencé le jour de ma première visite, le 5 janvier de l’année dernière.

LE MEDECIN
Le 5 janvier ?

ELLE
Oui, le 5 janvier, c’était aussi le jour de la première visite de Maxime Sévère, et ... (elle marque un temps d’hésitation) c’est lui la cause du chamboulement.

(A suivre)

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... AND THE WINNER IS...

Publié le par Miss Comédie

Il a dédié son Molière à son fils disparu.  Dans la salle, sa fille pleurait. 
Patrick CHESNAIS a été très sobre et très émouvant hier soir. 
Pas un sourire sur son visage détruit.  En scène, il arrive à cacher ses blessures derrière les pitreries  de ses personnages. Il reste irrésistiblement drôle. Quel talent démultiplié !
Dans COCHON D’INDE il est irrésistiblement drôle pendant une heure et demie. On a l’impression qu’il s’amuse lui-même, qu’il oublie.  Le public l’adore, il a une ovation à sa première entrée en scène, et un triomphe à la dernière.
Un jour de l’hiver 1974 ou 75 il m’avait appelée pour que j’aille lui acheter des médicaments, il avait une mauvaise grippe et personne pour le soigner.  A l’époque, nous étions dans le même cercle d’amis.  Je l’avais trouvé grelottant, sans chauffage, dans une banlieue triste. J’étais restée un moment avec lui. C’était la même image que celle d’hier soir.  La détresse l’habite depuis toujours.  Il se sentait « différent », solitaire.  Je suppose que son mariage,  ses enfants ont dû lui donner un peu d’espoir, le sentiment d’être enfin comme tout le monde, un père.   Et puis…
Il faut le voir danser un rock frénétique avec Pierre     ARDITI dans LE CODE A CHANGE.  (voir mon blog du 20/02/09).
A-t-il éprouvé du bonheur en recevant ce Molière ?  Pas sûr. Il s’est sûrement détaché de tout, mais il y a encore dix ans, il ne se serait pas déplacé.  Il a acquis une sagesse qui lui fait respecter les rites et puis, il y avait sa fille dans la salle.

Anne ALVARO aussi, méritait cette récompense depuis longtemps.  Les jurés ont visé doublement juste.  Ce qu’elle a fait dans « GERTRUD, LE CRI » était magnifique, on n’imagine personne d’autre dans ce rôle écrasant de la mère d’Hamlet. Elle a la stature, la profondeur et le mystère de toutes ces grandes héroïnes (Voir mes blogs  des 13/01/09 et  10/02/09).

Hélas, ces deux récompenses si bienvenues ainsi que la plupart des autres dans cette 23ème édition des MOLIERES n’aura pas eu, elle, le succès mérité auprès du public. « Un échec » pour France 2, paraît-il, qui  a enregistre 500 000 téléspectateurs de moins que l’an dernier…  Comment expliquer ça  alors que la fréquentation des salles de théâtre ne cesse d’augmenter ?

Je me rends compte que mon article sur la soirée des Molières se résume à deux éloges émus des deux meilleurs comédiens de l’année, et il se trouve qu’ils sont tous les deux dans mon souvenir.  J’ai donc un peu zappé le reste de la soirée et je vous demande de m’en excuser.

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LA REPLIQUE QUI FAIT MAL

Publié le par Miss Comédie

Tous les vices à la mode passent pour des vertus.
MOLIERE

Tout ça n’a pas bien changé. Les vices collent à l’humanité
comme des ventouses. 
(On va encore dire que je suis pessimiste mais cette réplique colle à l'actu !) 
A demain, chers spectateurs vertueux !

Miss Comédie



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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  J'attaque la semaine très optimiste avec la bonne nouvelle d'un grand talent
récompensé : mon très cher Patrick CHESNAIS  élu meilleur comédien hier soir, il le méritait
depuis longtemps.   Je vous parlerai demain de cette Cérémonie, le temps de rassembler
mes esprits ... et de trouver les mots... LE mot, ce mot si difficile à trouver autour des podiums,
pour la femme du pilote comme pour la femme du chef de tribu, personne ne trouve le mot.
Pour l'heure, en attendant les AMOUREUX  qui se courent après, lisez la courte scène où
le Petit Homme se mêle vraiment de ce qui ne le regarde pas...

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - Scène 13

Publié le par Miss Comédie

La sale d’attente
LE PETIT HOMME, LA DAME, LE MARI

CONSEIL  D’AMI

La porte du cabinet s’ouvre et la   dame en sort.    Son visage s’éclaire en voyant son mari et elle s’élance vers lui.
(Pendant qu’elle parle, le petit homme sort peu à peu de son immobilité pour prêter visiblement l’oreille à ses paroles. Bien qu’il ne la regarde pas, gardant les yeux fixés sur un point vague droit devant lui, son visage prend une expression haineuse.)

LA DAME
Tu es arrivé, mon chéri, mon sauveur !  Que je suis heureuse, tu sais je n’avais pas vraiment la tête à moi tout à l’heure, je n’aurais pas dû te déranger pour rien... enfin, pour si peu de choses, d’ailleurs le docteur  m’a grondée, vraiment il m’a dit, vous devez devenir adulte, madame Dufour, ne soyez plus la petite fille qui appelle au secours son papa, il faut vous assumer maintenant, et je vais vous aider à le faire.  Il va me débarrasser de mon allergie aux vieux vêtements, tu sais, chéri ?  Il me l’a promis.
LE MARI, déjà debout et pressé de partir
Bien.  On y va ?
LA DAME
Ce n’était pas une vraie consultation aujourd’hui, le docteur n’a pas voulu voir mes boutons parce que je n’avais pas été gentille avec toi.

Le petit homme s’avance alors vers le mari et l’entraîne par le bras en aparté.



LE PETIT HOMME d’une voix sourde
De la poigne.
LE MARI  interloqué
Hein ?
LE PETIT HOMME
Traitez-la durement.  Elle ne guérira pas autrement.  Plus un sou pour sa garde-robe.  C’est son allergie que vous entretenez.  Compris ?

(A suivre)

           


           

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LA PISTE AUX ETOILES

Publié le par Miss Comédie

Vous allez trouver aujourd’hui dans tous les medias les échos de
LA  23ème CEREMONIE DES MOLIERE d’hier soir.
Donc, la mienne, je vous la donnerai demain, elle sera moins noyée dans la masse.

Mais puisqu’il est question de gloire, je ne serai pas hors sujet en vous parlant d’une super star
qui refait surface avant de se lancer à nouveau dans les grands bains de foule.

MICHAEL JACKSON fait les boutiques de Beverly Hills pour trouver des bibelots pour sa maison.
C’est l’émeute !
L’arrivée dans sa limousine est hallucinante. Il n’est pas sorti de la voiture que les filles
 hurlent leur amour,  se bousculent, la foule s’amasse sur le trottoir, c’est pire que l’atterrissage d’Armstrong retour de la lune.
 D’ailleurs, n’est-il pas une créature d’outre-monde ?
Il a toujours autant d’allure.  Derrière son masque chirurgical il semble qu’il sourit.
Il porte une veste somptueuse. Sa démarche est féline, il a toujours vingt ans.
C’est un phénomène planétaire.  Je pense que cette sortie a été un test pour lui :
dans trois mois à Londres, il sera ovationné, en tout cas les concerts sont over-booked.
Mais comment va-t-il faire pour chanter avec son masque ?

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MA REPLIQUE PEOPLE

Publié le par Miss Comédie



La gloire est une incompréhension, peut-être la pire.
Jorge Luis BORGES

Qu’est-ce que ça veut dire au juste ?  Que les gens célèbres ne méritent pas leur gloire ?   Ou bien que la gloire n’est pas aussi plaisante qu’on croit ?
Je préfère celle-ci :

Ce qui d’abord est gloire à la fin est fardeau.
Victor HUGO.
Et en plus, c’est un alexandrin.
Chers anonymes, je vous souhaite une bonne semaine.
Miss Comédie

M


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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Les amoureux ne sont pas en scène aujourd'hui, seul le petit homme exprime son idée fixe
devant le mari de la Dame un peu abasourdi. 
Vous assisterez aussi à une autre scène de mon cru avec plusieurs fins possibles, à vous de juger.
Et puis la grande Coco trouve sa vérité profonde dans le livre de Claude DELAY "COCO SOLITAIRE" :
une femme secrète qui, d'après l'auteur, ne se retrouve pas dans le film d'Anne FONTAINE...
A vous de juger aussi.
Demain, mon théâtre fait relâche. Vous retrouverez lundi les avatars des AMOUREUX DE LA SALLE
D'ATTENTE.  Bon week-end !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 12

Publié le par Miss Comédie

La sale d’attente.
LA DAME, LE PETIT HOMME, LE MARI

ALERTE AUX MICROBES !


VOIX DE L’ASSISTANTE
Madame Dufour !
La dame se lève précipitamment  et passe dans le cabinet.  Le petit homme se retrouve seul.  Il se  lève et va ouvrir la fenêtre.  On entend les bruits de la rue. Il va se rasseoir sur sa chaise et au bout d’un moment, se déplace d’une chaise.

LE PETIT HOMME  marmonnant
Les miasmes de la rue vont bouffer ceux des femelles.  Ils ont l’avantage du nombre...

Il pousse un ricanement sardonique et se replonge dans l’immobilité et le silence.  Au bout d’un moment on entend la sonnette.  Bruit de porte, voix d’homme.
Entre un homme petit, trapu, le visage rond et jovial, qui salue à la ronde.  C’est le mari de la dame.

LE MARI, regardant autour de lui
Mais elle n’est pas là !
VOIX DE L’ASSISTANTE, par la porte restée entrouverte
Madame Dufour est reçue en ce moment par le docteur.
LE MARI
Ah, je comprends.  Je vais l’attendre.
Il s’assied, se déboutonne, regarde le petit homme avec curiosité, se penche vers la table basse, saisit un magazine.



LE PETIT HOMME
N’y touchez pas. Elles les ont contaminées et avant elles, des centaines d’autres femmes contagieuses.
LE MARI
Mais...  Quelle maladie...?
LE PETIT HOMME
Toutes !  Les vénériennes, les génétiques, les microbiennes ! Oxyde d’azote, dioxyde de soufre et de carbone…  Les microbes prolifèrent !... (il crie) Nous n’y échapperons pas ! Vous savez combien de maladies ils vont nous transmettre ? Entre 15 et 20 millions !...Les victimes ?  Surtout des hommes... 
(il s’essuie le front avec son mouchoir, reprend sa respiration)

LE MARI (l’air affolé)
Que faut-il faire ?
LE PETIT HOMME chuchotant
Il faut essayer de différer notre mort.  Prenez de très courtes aspirations...  Economisez vos mouvements...
Ne touchez à rien de suspect...Faites le mort.  Rentrez en vous-même.  Soyez sur vos gardes.  Constamment... constamment...(de plus en plus bas) Constam... const... (tout en parlant il se rasseoit et se tasse sur lui-même.
LE MARI, ratatiné sur sa chaise
Oui... d’accord... d’accord...
 
Le petit homme est retombé dans son mutisme.  Son menton repose sur sa poitrine comme s’il dormait. Le silence s’installe, aucun des deux ne fait un mouvement.

(A suivre)

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SCENE DE RUE A LYON

Publié le par Miss Comédie

Imaginons une scène (qui vient de m’arriver) qui pourrait se terminer de plusieurs façons selon le tempérament du personnage.
Une fille normale (ni un boudin ni une bombe) marche dans la rue.  Sur le trottoir est assis un mendiant look routard, bien crado, l’œil glauque,  avec en face de lui un acolyte  du même acabit mais debout.  Ils regardent passer les gens tout en causant et distribuent les commentaires selon qu’il y a piècette ou non.  Evidemment, vu l’allure du duo, personne ne donne. Au moment où la fille passe, le gars debout lance « t’as vu le cul ? » La fille reçoit ça sans broncher et à peine dépassé, le mec ajoute « elle a un string ! ».
Je pose la question : combien de réactions possibles ? (Donc, combien de chutes à la scène filmée ou jouée ?)  Je vous en propose quatre.
1 -  La fille, qui a du sang-froid,  passe raide, comme si elle avait rien entendu.  C’est la bonne réaction mais la scène n’est tombe à plat.
2 - La fille, qui a fait du karaté, se retourne et file une tarte au mec qui s’y attend pas.  Mais il se rebiffe illico et lui renvoie la tarte.   Elle se met à hurler, les passants s’arrêtent et prennent le parti de la fille.  Le mendiant assis se met à insulter la fille très grossièrement. Un type le menace de lui casser la gueule. Le mec debout sort un canif.   C’est la bagarre générale. Les flics débarquent et les mendiants se tirent ailleurs.
3 -  La fille, qui a de la répartie ne se retourne pas et lance très fort : « Tu sais même pas à quoi ça ressemble, un string ! »  Le mec a la chique coupée et l’autre se met à rigoler et gueule :  « Viens lui montrer, salope ! »  Ca tourne court mais la scène a du chien.
4 -  La fille, qui a un humour fou, s’arrête net,  et se met à fouiller dans son sac.  Les deux, saisis, s’imaginent qu’elle cherche de la monnaie.  Ils n’osent même plus respirer.  Ils attendent avec respect.  Et là, elle referme le sac et dit « Dommage, j’avais des pièces pour vous mais là… » et elle repart d’un pas léger.  Les deux sont comme deux ronds de flan. 
Moi je trouve la dernière la meilleure.  Mais, hélas, ce n’est pas celle que j’ai vécue, puisque peureuse comme je suis, j’ai choisi la première qui, en fait, n’est pas une réaction de sang-froid mais bien une preuve de lâcheté.   Votre avis ?

(Qu’est-ce que je n’aurai pas fait pour provoquer un commentaire….)


`VOUS AVEZ DIT  COCO ?
Quel dommage d’avoir défiguré la mémoire de Coco Chanel !
Il faut entendre  Claude DELAY, sa biographe, sa confidente, qui a recueilli ses dernières paroles, qui l’a aimée et respectée, et qui porte le jugement sévère entre tous sur le film d’Anne Fontaine.   COCO AVANT CHANEL : " Un déploiement de vulgarité »…
On imagine.  La petite ?  « Elle n’a pas le format »… On s’en doutait.  Il ne suffit pas d’avoir le visage triangulaire et le regard dur.  L’âme est absente.


A entendre Claude DELAY, l'invitée de Olivier BELLAMY sur Radio Classique, hier soir, Coco CHANEL n’est pas facile à incarner… C’était une personnalité hors du commun, une femme comme on n’en fait plus.
Elle aurait choisi la 2ème fin pour ma scène de rue.  Ou peut-être la première ?   On imagine sa démarche et son dédain.
Ce ne serait pas la lâcheté, ni le sang-froid, ce serait l’indifférence.




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UNE REPLIQUE SO SMART !

Publié le par Miss Comédie


Personne n’est jeune après quarante ans mais on peut être irrésistible
à tout âge.
Coco CHANEL

Une affirmation très sympathique de sa part, et qui nous redonne l'espoir.
A demain, chers amis.
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Vous avez raté le début des AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE ?
Alors voilà : ils sont venus chez le médecin pour soigner chacun leur allergie. LUI, ELLE, LA DAME et
LE PETIT HOMME.  LUI et ELLE tombent amoureux.  Les autres ruminent leur idée fixe.
L'histoire d'amour va évoluer avec des hauts et des bas dans la salle d'attente.
A part la pièce, vous avez droit à mes élucubrations sur le sujet du jour.  Aujourd'hui, nostalgi
e...
Je repense aux années soixante, pourquoi ? Mystère.

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 11

Publié le par Miss Comédie

La  sale d’attente.

LA DAME, LE PETIT HOMME, MAXIME

CHASSÉ-CROISÉ

MAXIME (entre ses dents)
Madame... m’sieur...  Pas là... Tiens.  Mince alors.
LA DAME
Vous êtes le monsieur de la dame ?
MAXIME
Vous l’avez vue ?
LA DAME
Il y avait là une jeune femme très belle en tailleur noir qui pleurait parce que son monsieur lui avait fait faux bond.
MAXIME
Ah vraiment.
LA DAME
Non, excusez-moi, ce n’est pas tout-à-fait ça.  Elle a dit qu’elle était allée  trop loin.
MAXIME
Qu’est-ce que c’est que ces salades. Expliquez-vous clairement, madame.
LA DAME
Vous voulez savoir quoi, au juste ?
MAXIME
Seulement si elle est venue, si elle a été reçue par le médecin, et si elle est déjà repartie.
LA DAME
Réponse : un, elle est venue.  Deux, elle n’a pas été reçue par le médecin, trois : elle est partie.
MAXIME
Avant d’avoir été reçue ?
LA DAME
Oui, parce qu’elle avait du chagrin et elle a dit que cela ne l’intéressait plus de se faire soigner.
MAXIME
Idiote.  Non, pas vous.  Bon, merci. Au revoir madame. (il va pour sortir et se ravisant, se tourne vers le petit homme)  au revoir monsieur.

LE PETIT HOMME l’attrapant par le pan de sa veste
L’espèce humaine est en danger ! Le mâle est phagocyté. La femelle a pactisé avec l’élément destructeur de toute vie, le MICROBE !

Maxime hausse les épaules et sort.

(A SUIVRE-

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FAN DES SIXTIES

Publié le par Miss Comédie

Qu’est devenu le groupe PROCOL HARUM ?  Ce Whiter Shade of Pale qui nous emportait vers des nirvanas tanguant, collés joue à joue, en sueur et les yeux clos, même pas besoin de marie-jeanne pour s’envoler, seulement cette mélodie et cette voix.
Ce morceau restera-t-il leur hymne définitif ?
Sur You Tube on les voit en concert, tout jeunes, le chanteur joue de l’orgue électrique et il doit avoir quoi, vingt ans ?
J’aurais dû en rester là.
 Mais comme Ruth je me suis retournée. Je n’ai pu m’empêcher d’aller voir sur Google.  Le site de PROCOL HARUM existe.  Il montre leur photo MAINTENANT.
Le petit jeune homme au visage  enfantin, avec sa frange et ses cheveux sagement mi-longs qui jouait de l’orgue, à les cheveux blancs.  On s’attendrait presque à ce qu’il ait le pli amer  de celui qui a conscience d’avoir vieilli, mais non !  Il arbore un sourire satisfait.  Il a l’air d’un conseiller fiscal. C’est Gary Brooker.  Le percussioniste, Geoff Dunn, est aussi atteint.  Les trois autres ont l’air plus jeunes mais pas de beaucoup.  Est-ce que ce sont les mêmes qu’à leurs débuts ?  Peut-être que non, peut-être que meme Gary le pianiste n’était pas le jeune homme qui joue sur la vidéo de leurs débuts.
On apprend qu’ils donnent encore des concerts, l’un en Norvège le 17 Juillet, et l’autre en Finlande le 23 juillet.  Les Nordiques ont toujours un temps de retard.
La vie est une bande vidéo qui prend une whiter shade of pale en arrivant vers la fin.

Mais la musique n’a pas de fin !  La musique reste intacte !
Dans trois cents ans, qui sait, de petits hommes auront dans les oreilles des iPods organiques qui diffuseront A whiter Shade of Pale.  Nous écoutons bien Mozart avec le même bonheur, davantage même peut-être, que ses contemporains.



Un scoop !  Il paraît qu’au métro ETOILE sur le quai de la ligne Nation-Etoile par Denfert, il y a un musicien exceptionnel qui joue du xylophone d’une façon prodigieuse, tellement que tout le monde s’arrête pour l’écouter et rate son métro, absolument subjugués par le talent de ce jeune homme.
Je suis loin de Paris, hélas, mais je me suis si souvent arrêtée, dans le passé, pour écouter longtemps un musicien dans le métro, ou dans la rue, que je sauterais bien dans le TGV pour aller vivre ces quelques minutes de bonheur.
Ce jeune musicien qui joue du Bach à Etoile ne mettra pas longtemps à devenir une star, il l'est déjà puisque l'on
parle de lui à la radio et dans les blogs...

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MA REPLIQUE SIXTY

Publié le par Miss Comédie

« Les années soixante  n’existent pas. Je le sais, je les ai vécues. »
Patrick MODIANO fait dire cette phrase à Jean-Marie PERIER dans sa préface au  très beau livre de celui-ci : MES ANNEES SOIXANTE.
Les PROCOL HARUM ne savaient pas qu’ils étaient les années soixante.
Aujourd’hui, ils ont beau dire, ils ne sont plus les années soixante.
A demain chers contemporains !
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Vous serez peut-être surpris par mon impro qui annonce la naissance d'une star dont vous
n'avez peut-être jamais entendu parler. Mais ça s'est passé samedi dernier et avec YOU TUBE j'ai
assisté à ce moment de pure folie, on ne voit ça que dans les films.
Dans la salle d'attente aujourd'hui il n'y a que la Dame (j'imagine Dominique LAVANANT) et le petit
Homme dans une scène de transition.  Les amoureux se courent après, ils vont se retrouver bientôt.
Bon spectacle !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 10

Publié le par Miss Comédie

La sale d’attente.
LA DAME, le PETIT HOMME puis MAXIME

DIALOGUE DE SOURDS

La dame a un coup d’oeil vers le petit homme, toujours immobile sur sa chaise.  La sonnerie du portable se fait entendre, elle sursaute et le porte à son oreille.
LA DAME
Allo ?  Chéri ?  Oh mon amour comme tu as été méchant, je ne voulais plus rentrer à la maison du tout, du tout, jamais, tu sais .?  Ton client est parti ?  Ouiiiii ?  Oh, mais c’est que je ne suis pas encore passée... Tu viens me chercher ?  Oh tu es un ange, je le savais bien que tu étais un ange.  Oui, je t’attends, mon amour. (Elle fait des bruits de baisers dans l’appareil puis raccroche.)

LE PETIT HOMME
Les détritus se ramassent à la pelle.

LA DAME (sans le regarder et chantonnant comme pour elle-même)
Les feuilles mortes... (Elle range le portable dans son sac et pousse un cri)
 Ah !  les voilà !  Dans la petite poche intérieure zippée elles étaient... Ca c’est  un raffinement que je n’ai pas encore tout-à-fait intégré dans mon Lady Dior... Chez Vuitton, les poches intérieures ne sont pas zippées, on voit bien ce qu’il y a dedans... Ah mon dieu, et  mon Hubert qui va venir me chercher... Il va être furieux. Je ne vais pas lui dire que je les ai retrouvées.

On entend la sonnette.  Bruit de porte. Voix d’homme.
Entre Maxime Sévère.  Il regarde dans la salle d’attente, semble désorienté.

(A suivre)

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A STAR IS BORN

Publié le par Miss Comédie

          SUSAN  BOYLE
Bon dieu, les contes de fée, ça n’existe pas que dans les livres pour enfants !   Voyez l’histoire de Susan BOYLE :  miracluleuse !
Je l’ai vue dans sa prestation pour GOT TALENTS, l’émission britannique  qui ressemble à NOUVELLE STAR.
 On y sélectionne des chanteurs et chanteuses de préférence sexy et dotés d’une belle voix.  Ils ont déjà le look des winners de podiums. Mais là tout d’un coup, les mecs du jury se tordent de rire : qu’es-ce qu’elle vient faire là, la maman ?  Ils lui posent des questions ironiques, elle répond simplement ils se marrent, en voilà une qui va pas mettre le feu.  Elle, toute tranquille, pas belle, rigolote, elle attend qu’on lui donne le la. Elle prend le micro.  Elle chante.  Et là, chair de poule !  C’est comme dans les films de Lubitsch, tout d’un coup le public s’allume. Elle chante vachement bien, elle émeut. Les groupies se mettent à crier. Elle sourit en chantant, elle y prend goût. elle met toute son âme.  La rumeur enfle, c’est le triomphe.
Gros plan sur les tronches des jurés.  Ils sont bluffés, ils s’en sortent avec des superlatifs. 
Susan BOYLE, elle va rendre sa carte de chômage.  Quatre maisons de disques la réclament en exclusivité. Elle est au top du top.  En quatre minutes de chanson, elle a changé sa vie.

Ca existe encore, ça.  Ca peut se faire.  Et pas seulement dans la chanson.
Il suffit d’avoir juste un peu de talent et surtout, de se trouver un beau jour  là où il faut.



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REPLIQUE DE STAR

Publié le par Miss Comédie


La célébrité c’est l’avantage d’être connu de ceux qui ne vous connaissent pas.
CHAMFORT. 

Finalement, c’est pas si  tentant que ça.  Il y a déjà trop de noms dans mon agenda.
A demain, chers inconnus !
Miss Comédie

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PETIT LEVER DE RIDEAU

Publié le par Miss Comédie

Bonjour !  Ce Lundi démarre sur une note mélancolique.  LES AMOUREUX se courent après,
et mon impro a pris pour thème un écrivain pas spécialement drôle.
Mais tout ça est enthousismant parce que comme le suggère la réplique de Pascal QUIGNARD,
il faut du triste pour apprécier le gai. Les contrastes sont le piment de la vie.
Bon spectacle !

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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 9

Publié le par Miss Comédie

La sale d’attente.
ELLE,  LA DAME puis LE PETIT HOMME

CONFIDENCES

LA DAME
Merci.  (Elle la considére avec attention).  Le noir vous va très bien. Excusez-moi mais... Grande marque, le tailleur ?   Armani ?  Sobre... Mais s’habiller de noir n’est jamais innocent... Vous avez l’humeur sombre aujourd’hui ... peut-être...?
ELLE (gênée)
Oui.  Sombre.  Inquiète, plutôt.
LA DAME d’un air désinvolte
Vous avez dépassé les bornes ?
ELLE (la regardant de travers)
Les bornes ? .. oh mais après tout oui, c’est ça, c’est justement ça : j’ai voulu voir jusqu’où ...  J’ai dépassé les bornes, oui...
LA DAME
Il reviendra.  Ca n’est jamais quand on va trop loin, qu’ils ne reviennent pas.
ELLE
Ah ?  C’est quand ?
LA DAME
Quand ils en trouvent une qui va encore plus loin.
(un temps)
 Vous avez une stratégie ?
ELLE
Moi ? Euh...
LA DAME
Vous le tenez par quoi.
LE PETIT HOMME se dresse
Miasmes infects, coupables de la chute de l’homme dans le néant !
LA DAME (enfin alertée)
Mais quoi, il vit, ce machin-là ?
ELLE
A peine.  Je le tiens par quoi ?  Par rien, je ne veux pas le TENIR, moi, je veux qu’il reste libre !
LA DAME
Vous n’avez rien compris.  Vous ne retiendrez jamais personne en le laissant libre.
ELLE
Je veux qu’il reste avec moi de son propre gré !  C’est ça l’amour !
LA DAME
Si on veut.  Mais le gré, il faut l’aider.  (Un temps) Donc, vous avez peur.
ELLE
Il m’avait dit qu’il viendrait avec moi à la visite d’aujourd’hui.
LA DAME
Il a peut-être été retenu.
ELLE
Par qui ?
LA DAME
Ah !
LE PETIT HOMME
L’homme n’est prisonnier que de lui-même et de ses vices.
La phrase tombe dans le silence.
LA DAME (regardant sa montre)
Ces retards commencent à m’exaspérer.  Pas vous ?
ELLE
Je pense que cela fait partie de la thérapie.
LA DAME (d’un ton pénétré)
Aaah. 
ELLE (regardant sa montre)
Il ne viendra plus. (Elle sort son mouchoir et se mouche, essuie une larme).  Je ne vois pas l’intérêt de me faire soigner.  Je m’en vais.
Voulez-vous venir avec moi pour téléphoner ?
LA DAME
Je ne veux pas perdre mon tour.... moi, je trouve un grand réconfort à me confier à ce médecin... (Elle aussi sort son mouchoir et se mouche)  C’est tout ce qu’il me reste...  Je préfère attendre.
ELLE, se levant
Comme vous voudrez.

Elle sort.

(A suivre)

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MON IMPRO EN SOL MINEUR

Publié le par Miss Comédie



J’ai découvert Pascal QUIGNARD avec TOUS LES MATINS DU MONDE.  Ce film époustouflant de pureté,  unique, avec ce scénario d’un ascétisme savant, et cette musique baroque qui, en 1991 était encore barbare, m’avait bluffée.
Ce film élitiste aurait dû passer inaperçu. Il a eu un succès inattendu et phénoménal;  Il ouvrait des portes sur un certain goût de la musique.
J’ai lu le livre de Pascal QUIGNARD,  « TOUS LES MATINS DU MONDE » qui devrait se prolonger par « … SONT SANS RETOUR » mais l’auteur a sans doute évité de dramatiser…
Depuis, cet écrivain étrange se trouve de loin en loin sur ma route par hasard avec un nouveau livre qui me terrasse.
Prenons par exemple, LA HAINE DE LA MUSIQUE.
Sur la 4 ème de couverture on lit :
« Quand la musique était rare, sa convocation était bouleversante ».
Qunad la convocation est incessante, la musique repousse.
Le silence est devenu le vertige moderne.  Son extase….. »
Personne ne peut douter aujourd’hui que ces quelques mots soient l’expression même d’une souffrance informulée, inconsciente.
J’exagère ?  Non, je suis même en dessous de la vérité.
Moi-même, je suis tombée dans le piège.  Pourquoi est-ce que j’éprouve le besoin de mettre un petit air de musique en lever de rideau ?  Ce besoin est devenu presque vital chez l’être humain civilisé. De la musique, il en veut partout.
Et ce livre raconte comment la musique peut devenir une arme redoutable d’endormissement, d’asservissement et de mort.
Il donne froid dans le dos.  Merveilleusement écrit, il s’insinue dans les replis de la mémoire.
A propos de terrasse, l’un de ces livre qui, et bien lisez donc TERRASSE A ROME,  du même Pascal QUIGNARD, que l’on peut résumer ainsi « Il y a un âge où l’on ne rencontre plus la vie, mais le temps. On cesse de voir l vie vivre.  On voit le temps qui est en train de dévorer la vie. »  C’est pas trop beau, ça ?  Oui, c’est triste, c’est clair, mais c’est beau.
Je vous quitte sur cette note amère mais il y a des jours comme ça…


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