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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 09:21
Micheline ROZAN  (suite)

Dans l’Agence de Secrétariat d’Artistes CIMURA, Micheline ROZAN  s’occupait de quelques écrivains célèbres dont Jean-Paul Sartre et Albert Camus,  et de quelques stars, dont Jeanne Moreau.  Elle  représentait aussi des auteurs dramatiques américains, Tennessee Williams,  Arthur Miller,  et les aidait  à monter leurs pièces à Paris.
Elle avait un carnet d’adresses impressionnant.  Franco Zephirelli était l’un de ses meilleurs amis.  Je n’ai jamais su d’où lui venaient toutes ces relations à travers le monde.
Elle n’avait que trente ans, des yeux noirs au regard perçant, et
l’ironie facile.  Une intelligence fascinante, de celles dont on dit qu’elle est communicative et qui ne  dure qu’un instant.
Ce n’était pas toujours drôle d’être sa secrétaire. Elle se moquait de mon accent toulousain, de ma maigreur et de ma maladresse dans les affaires du bureau.
Mais c’est elle qui m’a appris le sens des priorités dans le métier du spectacle et dans la vie.  Elle me traitait d’amateur et  c’est évidemment ce que j’étais alors, bien que faisant tous mes efforts pour faire les choses le mieux possible.
Elle était respectée de ses associées sexagénaires qui régentaient les jeunes carrières de Belmondo, Marais, et quelques autres.
Elle était vénérée par ses poulains qui se seraient embarqués  pour la lune si elle le leur avait conseillé.
Pendant mon court bout de chemin avec elle, il y a eu l’aventure des POSSEDES avec Albert CAMUS.  Une aventure qui les a épuisés l’un et l’autre pour finalement ne leur apporter qu’un succès d’estime. C’est ce que je vous raconterai lundi.




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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 09:16
A partir du 18 mars, l’exposition « LE GRAND MONDE D’ANDY WARHOL » s’ouvrira au Galeries nationales du Grand  Palais.
Près de 150 œuvres parmi la réjouissante galerie des portraits réalisée par l’homme à la perruque blonde à réalisée des années 60 jusqu’à sa mort.
Une aubaine !   Et moi j’ai trouvé le moyen (ultra secret)  de me prendre en photo à la manière de….


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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 09:09
Micheline ROZAN (suite)

Il n’existe pas de photos de Micheline ROZAN.  Je n’ai que sa signature sur des petits mots qu’elle me laissait, mais où elle ne signait que « Micheline », et que je ne veux pas divulguer.  J’ai retrouvé ce carton d’inscription au stage de Lee STRASBERG à Paris, qu’elle avait organisé.
Ce stage qui devait former les comédiens français volontaires aux méthodes de Stanislavsky en matière d’art dramatique,  avait fait l’événement.  L’Actor’s Studio en déplacement à Paris, c’était à qui devait s’inscrire pour voir comment Elizabeth Taylor ou Marlon Brando avaient appris leur métier…
J’ai vu monter sur la scène des acteurs chevronnés, et contemplé leur déconfiture devant l’étrangeté de ces méthodes.
Lee Strasberg s’exprimait en Anglais, en plus, et Micheline Rozan traduisait.  Il parlait relaxation, respiration, décompression, il les faisait s’allonger par terre, se désarticuler,  s’immobiliser totalement pendant des minutes entières,  et pas un mot sur la technique vocale, sur la recherche du sentiment, même pas d’exercices d’improvisation qui pour nous est le comble de l’avant-garde, bref un ovni.
Inutile de dire que je n’ai pas essayé de me prêter à ce petit jeu qui vous transformait en pantin ridicule.  Dans la salle,  il y avait les rieurs, les perplexes, les intellos qui avait compris. Mais le stage fut un échec. 
A la fin, Micheline m’a gratifiée d’un commentaire ironique sur mon manque de professionnalisme, ça ne faisait que la cinquantième fois que j’y avais droit.  (A l'époque où je travaillais pour elle, je m'appelais Barbara Baudey).



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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 09:20
…. À Micheline ROZAN qui se retire sur la pointe des pieds, au terme d’une vie professionnelle vouée au théâtre.
L’année 2009 sera la dernière qu’elle passera à la tête de son théâtre, les BOUFFES DU NORD, aux côtés de son ami de toujours, Peter Brook.
Je reparlerai de Micheline Rozan.  Je dois en reparler.  C’est auprès d’ elle que j’ai vécu les plus belles années d’une vie : celles des découvertes.  C’est auprès d’elle que j’ai découvert le Théâtre.
Quel exemple !  Combien de talents couronnés lui doivent leur célébrité !  Mais il ne faut pas lui dire adieu.  Elle a plus d’un tour dans son sac, Micheline.  Après les BOUFFES, quelle surprise nous réserve-t-elle encore ?
Mais peut-être aspire-t-elle simplement au repos, à la méditation et à la solitude ?  Elle l’a bien mérité.
Demain je vous en dirai plus sur mes souvenirs avec Micheline ROZAN.



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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 09:13
Quand on est en coulisse, attendant d’entrer en scène, on est secoué de tremblements, on a mal au ventre et on se dit « mais qu’est-ce que je fous là ? »
On se promet d’arrêter dès la fin de ce contrat en cours  et de mener une vie tranquille.
Naturellement, à la minute où l’on met le pied sur le plateau, ce foutu trac vous quitte et vous êtes sur un nuage.
Et puis un jour vous menez une vie tranquille et là, tandis que vous vous balancez dans un hamac, vous viennent
 les flashes  des moments de bonheur sur une scène et vous vous dites « tout plutôt que cette monotonie, tout plutôt que rester là sans texte à apprendre, sans répétitions émulsifiantes, sans saluts, sans bravos ! »
Lisez la réplique d’aujourd’hui, elle résume tout.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 08:06
…  à ce merveilleux Olivier  BELAMY qui rassemble  de plus en plus d’artistes passionnants à partager leur amour de la musique,  leurs souvenirs, leurs émotions secrètes, avec chaque fois un langage qui leur est propre.
Oui je sais, j’ai déjà dis bravo à Olivier BELAMY, pour certains de ses invités qui m’avaient émerveillée, mais là c’est lui, lui tout seul, qui mérite mon bravo.
Sa façon de questionner ses invités comme s’ils étaient seuls dans un bar devant leur coupe de champagne et la nuit devant eux , sa façon de rire, son élocution charmeuse, ses petits « hmm » quand il s’émeut, et comprend, et enfin l’ensemble de son comportement vis-à-vis de ses illustres visiteurs… Je l’adore.
Il sait s’attendrir quand il faut, ironiser quand il faut, passer de la pommade juste comme il faut, et annoncer la  pause publicité comme une confidence.
Dans le galimatias quotidien de pubs, de jingles, de  premiers mouvements et de contentement de soi de RADIO CLASSIQUE,  Olivier BELAMY fait figure de perle rare.
Moi j’ai trop envie d’être une star et d’être interviewée par lui !

   


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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 08:01
Quand on voit certaines pièces de boulevard on se dit non,
c’est trop loufoque, ça n’a pas de sens, comment les comédiens
 arrivent-ils à jouer des inepties pareilles ?
Et bien moi qui ai joué UNE FOLIE de Sacha GUITRY, je peux
vous dire qu’on s’amuse comme des fous.
Evidemment, il faut que la pièce soit bien écrite, mais Guitry
c’est aussi classe que Feydau du point de vue du langage,
même si ça sonne terriblement rococo de nos jours.
Dans une FOLIE, il s’agit d’un médecin psychiatre, déjà pas
 mal dérangé, qui ne soigne que des gens un peu  zinzins,
qui   se lance dans une étude approfondie pour chercher
 ce qui rend les gens fous et qui découvre que ce sont les impôts.
Falsifier devient leur raison de vivre. Voler l’Etat qui les dépouille, un moteur d’action.
Une démarche qui paraît totalement justifiée de nos jours, et pas vraiment comique.
Mais les agités de Guitry sont soumis à des enchaînements de quiproquos que ne renierait pas Laurent Ruquier !  Et c’est hilarant.
Je jouais l’une de ces agitées, en fait la plus normale de tous, la jeune tapissière venue livrer des échantillons et que le Dr Flache prend pour une pute à la recherche d’un calmant.  On se marrait autant que le public !
Ma partenaire Sophie GANNEVAT ne pouvait pas croiser mon regard sans risquer le fou rire. 
Un petit millésime, mais un joli souvenir.
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 10:01
  ….aux gens qui s’habillent encore pour aller au théâtre.
Ca me met en rogne quand je vois des clampins en blouson
        crasseux s’asseoir dans les fauteuils en velours d’un théâtre à l’italienne.
Ah !  Je sais. Vous allez me dire « ouais, ils sortent dutravail, ils ont pas le temps de rentrer se changer, ce sont les spectateurs les plus méritants et peut-être aussi les plus avertis, etc... »
Sur cent spectateurs débraillés,  2O n’ont pas eu temps, les autres ont eu la flemme.
Pourquoi ce laisser-aller général ?  Pourquoi s’habiller est-il devenu un signe de ringardise absolue ?
Décider de passer une soirée au théâtre n’est pas décider d’aller au resto du coin…
C’est décider de s’extraire du quotidien, de la monotonie, du labeur pour passer un moment avec Richard III, avec Bérénice ou avec le Bourgeois gentilhomme… Et même si c’est pour attendre Godot  dans une poubelle, il faut se dire que l’invitation vient de très haut, de très loin, de poètes
immortels ou contemporains qui nous ouvrent les portes de leur imaginaire.
Cela vaut bien un costume, une robe, un collier et des souliers vernis…
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:51
J’ai parlé du baiser que je donne à Fernandel dans , mais j’ai passé sous silence celui que me donnait Nicolas, son fils dans la pièce. 
Guy Verda, mon partenaire, ne s’est pas privé de se poser en rival heureux de notre
star bien-aimée, sous prétexte que je le faisais durer, disait-il, plus longtemps.
Cela dit, ce baiser était finalement plus difficile pour moi car le misérable essayait chaque soir de le pousser plus loin, vous voyez ce que je veux dire.  Dents serrées, je résistais tant que je pouvais et Fernandel qui nous regardait faire, arborait un sourire narquois qui n’arrangeait pas les choses.
En coulisse, cela se passait parfois très mal car j’avais un soupirant dans la troupe qui supportait mal les comptes-rendus de Guy au sortir de la scène.
« Ah, ce soir, j’y suis presque arrivé i » disait--il en s’essuyant la bouche.
Un soir il a quand même dépassé les bornes en claironnant :  « Elle a craqué ! »
L’autre l’a attrapé par le col et ça a failli faire une bagarre derrière le décor.
On voit souvent les comédiens s’embrasser dans les pièces ou les films, mais
on n’imagine pas ce que cela peut avoir de difficile, voire de répugnant selon les cas…
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 09:13
….. je ne sais pas à qui !!!!  Je vous explique.  Il y a un spot de pub télé que j’adore, c’est celui qui montre un papa demandant à son adorable bambin blond de dire « papa », à quoi le joli bébé répond « maman » invariablement.
Le jeu des deux est époustouflant de justesse.  La papa est visiblement désespéré, j’adore sa mimique, l’enfant est trop chouette, on voit bien qu’il fait exprès de taquiner son père, jusqu’à ce qu’il lance son biberon par terre juste au moment  où la maman arrive pour constater les dégâts, qu’elle demande « Qui a fait ça ? » et que le trésor articule « papa » !  C’est à mourir.
Et alors, voilà, j’ai vu ce spot au moins six fois et JE NE SAIS PAS CE QU’IL VEND !   Je n’ai pas retenu le nom de la marque annonceur. Voilà un exemple du piratage d’un message marketing  par la créativité de son exécution  !
Je vous demande instamment à vous qui me lisez de me laisser un commentaire : QUELLE est la marque qui communique si bien ?

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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