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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 08:59


Scène VIII  de la version originale.
Résumé des épisodes précédents :
Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver une fois
    par semaine pour travailler à leur prochain scénario, YANN et
    CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là,
    sur l’estrade des musiciens.
    Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du
pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, entraînés
 chacun par leurs propres rêves.



Le bar de jour.
Le scénariste est seul à une table, il écrit.  Des feuillets s’amoncellent autour de lui.  De temps en temps, il tire une bouffée de  cigarette. 
Le barman lit le journal derrière le bar.
Entre NAT. Il est vêtu de son costume noir sur une chemise blanche au col ouvert. Il s’arrête un moment au bar, serre la main du barman, ils échangent quelques mots à voix basse.  Ils regardent le scénariste plongé dans ses écritures.  NAT s’avance vers lui.

NAT
Vous avez l’habitude de travailler dans les bars ?

CHRIS, continuant à travailler, pour montrer qu’il n’est pas disposé à parler
J’aime bien celui-ci.

NAT
Vous voulez que je vous joue du Bach ?

CHRIS, même jeu
Non, merci, ça va.

NAT
Bien, je vais me jouer du Bach.

Il se dirige vers le piano, soulève le couvercle  et commence à faire des gammes. Le scénariste s’arrête d’écrire, l’air contrarié.  Dans le dialogue qui suit, les répliques seront dites entre deux phrases musicales, des improvisations du pianiste.

NAT, léger tic
Vous écrivez ce que je vous ai dit ?

CHRIS
Non.

NAT
Ma femme m’a dit que votre ami l’avait branchée.

CHRIS
Il ne l’a pas branchée.

NAT
Ah bon ?  Elle m’aurait menti...  Oh... elle en est capable...

(À suivre)

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 08:57
ax jeunes écervelés de TARTUFFE qui se chamaillent à coeur joie avant de se réconcilier sous la bénédiction de Dorine.
La scène est un miracle de modernité et Molière le plus intemporel des psychologues.
C’est une scène très longue, haletante, faite de rebuffades et de ripostes  que je ne puis transcrire ici. Mais les dernières répliques sont, à n’en pas douter, des mots d’amour  :

« MARIANNE
Je ne vous réponds pas des volontés d’un père,
Mais je ne serai point à d’autres qu’à Valère.
VALERE
Que vous me comblez d’aise !  Et quoi que puisse oser…
DORINE, la suivante
Ah !  jamais les amants ne sont las de jaser… »

MOLIERE  -   Tartuffe  (Acte II  scène 4)

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 08:53
Je me souviens, toujours dans ARLEQUIN VALET DE DEUX MAITRES, d’Anne ALVARO jouant Béatrice en costume d’homme, pourpoint  et culotte de velours noir et chemise à jabot.
Elle était impériale.  Elle se battait à l’épée comme un gentilhomme et sa grâce faisait oublier les imperfections d’un visage habité par la fougue de son rôle.
Jean-Louis THAMIN lui avait fait donné comme maître d’armes un homme de théâtre qui lui était proche : Denis LLORCA.
Il venait de monter TETE D’OR à l’Odéon. C’était  l’un de nos plus beaux metteurs en scène.
Nous assistions tous aux répétitions des combats.  Les voir s’affronter du regard et de l’épée, seuls sur un plateau désert, nous remplissait d’envie et de trouble.
Leur fougue n’était pas que théâtrale.
Qu’est devenu Denis LLORCA ?  Sa dernière production remonte, je crois, à 1999, c’était LES MISERABLES avec Odja LLORCA.
Depuis, le silence.
Anne ALVARO,  même si elle se fait rare, a toujours sa place au premier rang de nos grandes actrices françaises. On vient de la voir à l’ODEON THEATRE DE L’EUROPE dans GERTRUD (Le Cri) d’HOWARD BARKER.
 
Voilà, je ne vous dis pas à demain puisque des
 engagements m’appellent à la capitale jusqu’à
 samedi….
Je vous retrouve donc lundi 16, toujours avec
 le même plaisir, pour parler théâtre !

Miss  Comédie

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 09:29


Bonjour tout le monde !  Aujourd'hui je vais commencer cette semaine dédiée à St-VALENTIN en vous parlant de MON
histoire d'amour à moi, celle que j'ai écrite dans le roman qui vient de sortir, "SA LENTE TRAVERSEE DU MOIS D'AOUT".  Pour en savoir plus, lisez mon bloc-notes !
Mais YANN et CHRIS sont au rendez-vous dans le bar, et leur dialogue est assez loin des mots d'amour...

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 09:23


(YANN et CHRIS  au bord de la crise.)


YANN, rêveur
Ce que j’ai envie de filmer ? C’est l’illusion, le mensonge des apparences.  Je voudrais filmer une histoire et son contraire en même temps, je voudrais montrer un couple qui s’aime et que les spectateurs comprennent qu’ils ne s’aiment pas... tu vois, ce que je veux dire?

CHRIS
S’ils font semblant de s’aimaient, c’est qu’ils se mentent.  S’ils se mentent,   ils ont une raison. Sinon...

YANN
Et pourquoi faudrait-il tout expliquer ?  Tu es trop cartésien. 
(le regardant avec méfiance) 
Je me demande si tu es bien le scénariste qu’il me faut pour cette histoire.

CHRIS, blessé
J’arrête demain, si tu veux.

YANN
En quoi est-ce que tu m’aides ?

Ils se regardent, face à face.

CHRIS
Qu’est-ce que tu veux ?  Que je mette en forme tes pensées, ou que je pense pour toi ?

YANN
On est deux, Chris.  Ne raisonne pas comme si j’étais la tête et toi l’outil.  Non, tu le sais bien : on est deux à inventer une histoire.  C’est TON histoire, autant que la mienne.

CHRIS, découragé
Au départ, c’est notre histoire.  A l’arrivée, ce sera ton histoire.

Silence. YANN regarde CHRIS avec tristesse.

YANN
Et entre les deux ?
CHRIS
Entre les deux...

YANN
Je suis seul. 

(Il se lève, fait quelques pas puis retourne se placer face à CHRIS)

Est-ce que tu connais le poids d’un film ?  C’est lourd, Chris.  Très lourd.

(Il se dirige lentement vers la porte.  Avant de l’atteindre, il se retourne et lance une dernière phrase.)
Si le film est un succès, je le partage avec beaucoup de gens.  Mais si c’est un bide..... qui montre-t-on du doigt ?  .... Je te le demande, Chris :  qui montre-t-on du doigt ?

Il sort en claquant la porte.
(à  suivre)

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 09:18



…  au génie de RACINE qui nous plonge dans des abîmes
de sensualité déraisonnable…   Phèdre aime Hyppolite, et
sa façon de le lui dire nous donne le vertige.
La plus belle Phèdre au théâtre ?  Maria Casarès, face à
Michel Piccoli, mise en scène par Jean Vilar en 1957.

« Ah ! cruel !  Tu m’as trop entendue !
Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Et bien, connais donc Phèdre et toute sa fureur :
J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux je m’approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes… »   
( Jean RACINE -  PHEDRE    acte ii  scène 5)

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 09:15
Je ne me souviens pas comment m’est venue l’idée de ce roman.
J’ai dû m’asseoir un jour, devant mon Mac, l’esprit vide, et j’ai tapé une phrase.
Souvent, tout vient d’une phrase.
Les personnages sont venus tout seuls, avec leur prénom et leur envie de vivre cette histoire.
Je ne me souviens pas comment ce tableau s’est introduit dans l’histoire.  Et s’il n’était pas, au fond, le point de départ.  Oui, ce tableau existe.  Il était dans le salon de ma grand-mère  jusqu’à ce que ma mère le vende avec d’autres objets pour se faire un peu d’argent.
Un jour je l’ai revu, accroché chez un brocanteur de l’Isle-sur-Sorgues.  J’ai eu un coup au coeur, j’ai demandé le prix.  Il était bien trop cher pour moi, je l’ai laissé.
Et maintenant, il est quelque part, où ?
L’histoire d’amour, elle, je ne me souviens pas comment elle m’est venue.  Qunad je la relis je me sens triste comme si je l’avais vécue. 

Alors à demain, tous les amoureux !

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 09:09




Bonjour !   St-VALENTIN moins 8, c'est le sujet du jour dans les medias (il faut sauver l'amour de la récession)
(au fait, Sarkozy en a-t-il parlé hier soir ?) 
M
Moi je continue à vous restituer quelques-unes des plus belles déclarations, le choix est difficile.
Dans ma pièce, vous lirez plus tard  la déclaration de ROSE à NAT.... mais zut je brûle les
étapes, vous ne devez rien savoir encore.  Pour le moment, le réalisateur YANN et le scénariste CHRIS,
censés écrire la même histoire, sont en train de doucement diverger...

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 09:04

Voyons voyons... vont-ils se mettre d'accord ?


CHRIS
Tragique ?

YANN
Quoi que tu en penses, cette dualité flagrante qu’il y a en elle la rend encore plus fascinante. Cela la rend capable de tout. Parce qu’il y a une constante : son regard.  Ce regard...  Et, tu vois... (il rassemble ses souvenirs) tout ce qu’elle m’a dit me semble maintenant suspect, inventé... Et même, quand elle m’a demandé de l’engager pour le rôle, ce petit chantage, là, je le vois maintenant, c’était un jeu.

CHRIS
C’est comme lui.  Cette histoire de boulot de traducteur, c’est du pipeau. J’en suis sûr.

Ils restent silencieux un moment. Le barman les regarde de derrière son bar, l’air indifférent.

YANN, rêveur
C’est la nuit et le jour...

CHRIS
Elle ?
YANN
Oui.  Comment pourrait-on supposer, en la voyant sur scène, qu’elle soit aussi...  aussi...

CHRIS
Vulgaire ?

YANN
Vulgaire... oui... et  racoleuse.

CHRIS
Tu le disais toi-même : la nuit transforme les gens.

Ils méditent sur cette évidence. Au bout d’un moment, YANN se lève et frappe du poing sur la table.

YANN
Oui, et bien !  Continuons, bordel, écrivons NOTRE histoire !

CHRIS
Oui, c’est ce que je dis. Ecrivons notre histoire.  (Un temps)
Alors, c’est quoi, ton histoire à toi ?  Tu as pensé à quoi ?

YANN, soudain maussade
Ecoute, c’est toi qui est censé écrire. 

CHRIS
Excuse-moi.  Mais le vrai sujet du film, qu’est-ce que c’est ?  Qu’est-ce que tu as envie de filmer ?

(à suivre)

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 08:58
… à    ce coquin de  DON JUAN  qui  se lance dans  une déclaration qui a tous les accents de l’amour :
« Don Juan  à  Charlotte
…le ciel m’a conduit ici tout exprès pour empêcher ce mariage et
rendre justice à vos charmes..  car enfin, belle Charlotte, je vous aime de tout mon coeur et il ne tiendra qu’à vous que je vous arrache de ce misérable lieu et que je vous mette dans l’état où
  vous méritez d’être.  Cet amour est bien prompt, sans doute, mais quoi, c’est un effet, Charlotte, de votre grande beauté ;  et l’on vous aime autant en un quart d’heure qu’on feroit une autre en six mois. »
(Molière -  Don Juan)

Mais après tout, pourquoi ne serait-il pas sincère ?  Le nombre des
amours n’altère en rien l’intensité de la flamme, à chaque fois renouvelée.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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