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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:15
…..  à l’Institut LUMIERE à LYON, pour sa vocation de cinémathèque  qui nous invite à redécouvrir des chefs-d’œuvre oubliés ou jamais vus, dans une salle immense aux fauteuils confortables, chacun portant sa plaque de cuivre gravée du nom d’une star.
Ce soir j’ai vu LES TONTONS FLINGUEURS, de Georges LAUTNER, avec une brochette  d’acteurs uniques  : Lino VENTURA, Bernard  BLIER, Francis BLANCHE, Jean LEFEBVRE,  Paul MERCEY et j’en oublie.  Tous, absolument fantastiques dans la démonstration de leur pouvoir comique.   Ils ne font rien.  Ils ne jouent pas, ne grimacent pas, n’en rajoutent pas, ils ne sourient même pas, à peine, mais leur vue provoque le rire le plus fou qui soit.
Il y a une scène où ils dégustent un certain scotch hors d’âge, tous les quatre assis autour d’une table de cuisine, et la première gorgée de chacun est un morceau d’anthologie. Les dialogues d’Audiard sont la pincée de sel dans leur bouche : « c’est du brutal. »
Ou bien « Laisse tomber cent sacs pour le toubib ».
C’est du noir et blanc haut en couleurs, je vous le dis.  On sort de là tout guilleret, le sourire bloqué sur les lèvres, mais au fond un peu tristes qu’ils soient tous morts.


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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:10
LE FANTÔME DE LA LIBERTE   (suite)
Il m’a prise par le bras et m’a dit « On va àux costumes » et nous avons suivi un couloir qui menait à une immense salle parcourue par des rangée de cintres chargés de costumes.  Il y avait des panneaux (historique - années folles - musicals.  Certains costumes portaient une étiquette avec un nom d’acteur et le titre du film.
On m’a choisi une veste en tricot marquée « Bulle Ogier » et on m’a dit de garder ma jupe, elle était très bien mais il fallait une veste beige.
Incidemment, en allant ensuite au maquillage, j’ai demandé à l’assistant :
« Qu’est-ce que je dois jouer ?
Il m’a regardée :
-  Tu ne sais pas ?  La maîtresse d’école.  Tu es dans la classe et tu lis une dictée à des petites filles.
-  Ah. 
Je réfléchis.
-  Et la dictée ?
- Quoi la dictée ?
-  Et ben, où elle est ?
L’assistat s’est arrêté net de marcher.
-  Oui, bonne question.  Je vais voir don Luis.
La suite est un grand millésime... vous la lirez demain.


 

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:04
Toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien.
(Racine)

Et ce rien de la toile blanche, des gens comme Matisse en font des ponts d'or...
A demain, amoureux fidèles et infidèles du théâtre.
Miss Comédie

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:46
Bonjour !   Huit Oscars pour SLUMDOG MILLIONNAIRE, dont celui du meilleur film !  Comme quoi l'industrie cinématographique a ses mystères, toujours insondables.  Un film qui a failli ne pas être distribué ! Sans gros budget, sans vedettes, juste une histoire genre conte de fée dans un décor où la misère fait claquer des dents...
Les foules ont toujours adoré les extrêmes, il faut rêver mais en même temps avoir peur, et puis le succès d'un film tient aussi à quelque petit souffle d'air venu d'on ne sait où et qui fait exploser les statistiques...
Et bien, ça rassure, ce genre de surprise, on se dit que peut-être tout n'est pas arrangé d'avance, hein ?
Mais revenons au théâtre : dans cette scène de ROSE AUTOUR DE MINUIT, le  scénariste est mis en position de grande faiblesse face au  couple d'amoureux qu'il a surpris dans leurs épanchements...

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:43
Deux contre un…


CHRIS
Vous m’avez bien eu.  Cette deuxième version est meilleure que la première.  Quelle belle histoire !  Je me demande si j’aurais pu l’inventer.

NAT se précipite vers lui et le saisit par le col.

NAT
Salaud !  Casse-toi.  Sors d’ici ou je te bute.  Bon dieu, j’ai envie de te tuer.

ROSE, s’interposant
Laisse-le.  On va s’expliquer.

NAT, hors de lui
Il n’a rien à expliquer.  C’est une ordure. Un bouffeur de vie privée, un paparazzi, un débile du cerveau, incapable d’écrire une histoire à lui, un prédateur, un monstre !

CHRIS
Je vous ai déjà dit que vous n’avez rien à voir avec notre film.  Rien...

NAT, id
Essaie un peu de parler de nous dans ton film.  Les dommages et intérêts, tu vas savoir ce que c’est  !  Et mon poing sur la gueule en supplément !  Ah tu croyais pouvoir te servir de nous, comme ça....

ROSE
Arrête, c’est un pauvre pigeon comme nous.

La phrase tombe comme une pierre et les deux hommes se figent, attendant la suite.

ROSE, calmement
Mais oui, c’est un scénariste. (voyant qu’ils ne réagissaient pas) Un scé-na-riste !  La profession pigeon par excellence ! 

CHRIS
Bon. Alors là, je ne vous permets pas.  Je vous ai agressée, moi ?

ROSE
Je ne vous agresse pas, je vous plains.  Je suis sincère.  A quoi servira votre histoire, si vous arrivez à l’écrire ?

CHRIS
A faire le sujet d’un film.

ROSE, éclate de rire
Ah oui ?   Le sujet du film, c’est le metteur en scène qui le trouve et qui le filme.  Accessoirement, il vous appelle pour la syntaxe.  Et au final, qui est-ce qui gagne le gros lot ?  Le metteur en scène.  Qui est-ce qu’on voit dans les journaux, sur les affiches, dans les critiques ?  Le réalisateur.  (Mutine :) C’est le même.  (A Nat)  Tu peux me citer un nom de scénariste ?

NAT
....
ROSE
Vous voyez... Rien.  Vous n’êtes rien.  Vous êtes un larbin.  Nous, encore, nous sommes des êtres de fiction, il nous suffit d’exister, nous n’avons rien à faire d’autre.  C’est noble.  Vous, vous êtes une ombre laborieuse, rien de plus.
(à suivre)

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:26
…..aux acteurs qui dansent dans les films !   Vendredi je vous parlais de Patrick CHESNAY et Pierre ARDITI
dansant un rock endiablé dans le film « LE CODE A CHANGE » de Danielle THOMPSON.
Ca me rappelle d’autres morceaux de bravoure, des scènes dansées par des acteurs en plein délire, comma ça, sur une impulsion subite semble-t-il, mais d’une façon inoubliable.
C’est Jean Rochefort dansant sur une musique berbère dans LE MARI DE LA COIFFEUSE, de Patrice LECONTE.  Epoustouflant !
C’est Nathalie BAYE se lançant avec la frénésie du désespoir dans une improvisation échevelée, magnifique, dans le film de Noémie LVOVSKY  « LES SENTIMENTS ».
C’est Fabrice LUCHINI complètement décomplexé par l’amour, nous faisant  un numéro à la Fred Astaire de plus de trois minutes inouïes, dans « CONFIDENCES TROP INTIMES » de Patrice LECONTE.
Il y a aussi Emmanuelle SEIGNER, (tiens, elle est aussi dans LE CODE A CHANGE, elle est épatante) qui fait une danse des sept voiles dans LUNE DE FIEL de Roman  POLANSKI.
Je suis sûre qu’il y en a d’autres.  Mais ceux-là on est pas près de les oublier.

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:17
Dans le film de Bunuel LE  FANTÔME DE LA LIBERTE, je l’ai dit, j’étais dans le sketch de La Petite Fille disparue.  On ne m’avait pas donné de brochure, je n’avais donc rien à dire. logiquement, mais dans ce film on ne disait rien à personne, aucune indication de jeu, rien. Bunuel surveillait les prises depuis son fauteuil roulant devant un videoscope et c’est l’assistant qui réglait les places.  Tout était une question de place. Il y avait des marques à la craie sur le sol pour chaque comédien, départ - fin- stop. Il faut pas croire, tourner avec Bunuel n’avait rien de glorifiant. Même des acteur connus comme Rochefort ou Pascale Audret étaient traités comme des figurants. Il ne savait pas nos noms. Il ne devait connaître aucun nom de comédien à part peut-être celui de Jeanne Moreau qui ne tournait pas dans ce film.  Il parlait aux stars, seulement aux stars. Les autres avaient à faire avec l’assistant.

Nous ne savions pas exactement  ce qui se passait dans cette  scène.  Rochefort devait avoir une idée, il avait un script avec ses répliques marquées en rouge.
Mais moi j’avais rien, je ne savais pas ce que j’allais jouer - et visiblement,  Pascale Audret et Agnès Capri non plus.  On attendait l’assistant.
A un moment il est apparu et nous a considérés l’un après l’autre.
« Vous, monsieur Rochefort, vous tournez avec votre costume, n’est-ce pas ?
- C’est ce qu’on m’a dit. Costume sombre.
- OK.  Vous deux, (Pascale Audret et Agnès Capri) ça va…   Mais vous, (moi) vous devez être neutre. Il faut du beige, là.  La jupe ça va, mais la veste non.
J’avais mis une veste rouge.  J’ai eu la trouille qu’il me vire mais non.  Je vous raconte demain la suite de l’histoire parce que ça fait long.

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:13
Dans l'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON :
Benjamin
M’aimeras-tu encore quand tu devras changer mes couches ?
Daisy
Tu sais, nous porterons tous à nouveau des couches !

En attendant ce jour funeste, je vous dis à demain, et ne vous inquiétez pas si je vous parle beaucoup de cinéma en ce moment, je reviendrai bientôt au théâtre, c'est ma vie !
Miss Comédie

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:49
Bonjour les amoureux !   C'est aujourd'hui qu'enfin ils vont se déclarer. ROSE et NAT arrêtent leur petit jeu de faux-fuyants et se tombent dans les bras.  Vous croyez que c'est une fin heureuse ?  Ah s'il n'y avait pas
  ces faiseurs d'histoires qui veulent à tout prix en faire des héros de cinéma... Leur amour est en danger, vous
verrez.

Bon, à part ça, l'anti-cyclone est toujours au-dessus de nous et ça donne des envies de printemps...

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:47


Love, love, love…


ROSE
La vie, oui, d’un mari et d’une femme -  ou même d’un couple comme ça, vivant ensemble continuellement…
(elle a une expression de dégoût)
jour et nuit, nuit et jour....  Où est la magie ?

NAT, soudain intéressé
La magie ? ...

ROSE va se placer derrière lui et pose ses mains sur ses épaules.

A ce moment, entre CHRIS qui, apercevant les deux personnages, reste en retrait dans un coin d’ombre et assiste à la suite du dialogue sans qu’ils le voient.

ROSE, d’une voix assourdie par l’émotion, soudain transformée, humaine
Je partage avec toi ce que j’ai de meilleur.

NAT
Avec moi !....Mais tu ne me connais pas.  Que suis-je pour toi...

ROSE
Tu es celui qui rend tout possible.

NAT
De loin ?

ROSE
Il faut être loin, pour avoir envie de se rapprocher.

(Ils restent un moment silencieux, immobiles.)

Depuis que le patron de ce bar m’a engagée pour être ta partenaire,  je vis pour ces quelques heures que nous passons ici, toi et moi, dans la musique.

I ROSE s’éloigne doucement de lui et se tient droite, les yeux fermés, lui tournant le dos.

ROSE
C’est une déclaration.  Mais autre chose que la tienne.

NAT se lève, va vers elle et l’oblige à le regarder en face. Ils se contemplent  pendant quelques secondes.  Puis il l’enlace et la serre contre lui. Il faut qu’on sente que c’est la première fois.

Le couple reste ainsi sans bouger et les répliques suivantes sont dites sans se regarder, par-dessus l’épaule de l’autre.

NAT
Moi, mon bonheur serait de tout partager, toi quelques heures te suffisent. 

ROSE
Autour de minuit, le temps s’arrête.  Ce sont les plus belles heures. Je t’épargne le pire, pour te donner le meilleur.

NAT
Il faut que je réfléchisse à ma chance.  Tu me donnes quelques jours ?

Elle rit et s’écarte de lui.

C’est à ce moment qu’ils découvrent CHRIS, qui est sorti de l’ombre et s’est avancé vers eux.  Ils restent figés
(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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