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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 09:16
… aux directeurs de théâtre qui lisent les pièces que les jeunes auteurs leur envoient.
Oui parce que les directeurs de théâtre vous disent « on manque de jeunes auteur,  nous cherchons à promouvoir le théâtre contemporain… » tu parles Charles, ils ont la trouille de monter du théâtre contemporain.   Si, dans le théâtre public, on leur donne de quoi monter des auteurs inconnus et sans têtes d’afficher.  Si la pièce ne marche pas on passe à une autre.
Mais dans le privé ?   Qui viendra rembourser le cachet des vedettes, le prix des décors, le fonctionnement du théâtre si les fauteuils restent vides ?  Alors évidemment dans le privé on préfère la sécurité d’un bon auteur qui a fait ses preuves.  Il faut remplir, voyez-vous.
Pourtant je vais leur répondre, moi, qu’ils pourraient donner leur chance à un jeune auteur en faisant jouer sa pièce par des acteurs bankables, et le tour serait joué (aussi) !
Mais pour ça, il faudrait qu’ils lisent les pièces qu’on leur envoie.
J’ai écrit cinq pièces de théâtre, dont celle que vous lisez aujourd’hui, et j’ai envoyé le manuscrit à quelques directeurs de salle.  Un seul m’a répondu, c’est Frédéric Franck du théâtre de la Madeleine.  Mon manuscrit lui était recommandé par  Micheline Rozan, une amie commune.
Les autres ne m’ont même pas accusé réception.
Je dis bravo  à Frédéric Franck - même s’il n’a pas voulu de ma pièce.

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 09:13
(En fait c’est un souvenir parce que je l’ai beaucoup pratiqué, mais le rite est toujours et plus que jamais en vigueur au théâtre !)

Après une représentation, il faut passer par la case « félicitations dans les loges ».
C’est un calvaire aussi bien du côté des loges que du côté des spectateurs.
Deux cas de figure :  ou bien la pièce a été un succès, et il y a la queue à la porte de chaque comédien pour une surenchère de flatteries exagérées auxquelles l’acteur doit répondre par le même  merci avec sourire modeste répété  indéfiniment.
Ou bien c’est un four, et ceux qui ont eu le courage de monter ne savent plus quoi inventer pour transformer leur déception en éloges.  L’acteur, lui, n’est pas dupe et encaisse avec un « merci » sans sourire.
Conclusion, ces démonstrations qui sont devenues un passage obligé sous peine de grave lèse-protocole, sont comme les condoléances à un enterrement : un sommet d’ennui pour les deux camps.

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 09:09
Le monde a soif d’amour, tu viendras l’apaiser.
Arthur Rimbaud

Oui, Vanessa, c'est ce que t'a dit Johnny  pour te convaincre, peut-être, et vous allez devenir les nouveaux archétypes du bonheur !   A demain les tourtereaux, lots of love.
Miss Comédie

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:58
Bonjour !  Vous saviez qu'il existait un saint Roméo?  Et bien c'est aujourd'hui. Il méritait bien sa canonisation, celui-là.
Vous voici de nouveau dans ce bar où YANN et CHRIS se retrouvent encore une fois pour confronter leurs idées de
scénario.  Aujourd'hui, YANN  a une idée lumineuse pour le rôle de ROSE et pour l'instant, CHRIS se montre très
coopératif.  Pour l'instant seulement...

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:55

Un  rôle en or.....

(Scène X  de la version originale)-
Résumé des épisodes précédents :
Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver une fois par semaine pour travailler à leur prochain scénario, YANN et CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là,  sur l’estrade des musiciens.
Mais leurs deux héros, ROSE  la chanteuse et NAT le pianiste, ne se laissent pas si facilement apprivoiser.
Tout en essayant de percer leur secret  ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, entraînés chacun par leurs propres rêves.
   
Le bar de jour. Le barman est déjà là et s’active derrière le bar.
YANN et CHRIS sont assis à leur table.


CHRIS
Tu voulais me voir ?  Ca ne pouvait pas attendre ce soir ?

YANN
Non, parce que je pense sans arrêt à notre histoire. J’ai beaucoup aimé ce que tu as écrit depuis l’autre soir.  Le film prend forme. L’intrigue se déroule bien. Il  m’est venu une idée.

CHRIS
Je t’écoute.

YANN
La scène où Rose auditionne pour le patron du bar, à La Nouvelle Orléans.

CHRIS
Oui ?

YANN
Tu pourrais me la réécrire ?

CHRIS
Bien sûr, je peux tout réécrire.

YANN
Voilà.  Je voudrais que tout à coup, elle mette tout sur la table.

CHRIS
...

YANN
Oui, je m’explique.  Elle, que l’on croyait réservée, presque coincée, juste bonne à taper à la machine et à tâter de l’espionnage pour se faire du fric...

CHRIS
Oui ? C’est-à-dire pas vraiment nette, mais le contraire d’une exhibitionniste, c’est ça ?

YANN
C’est ça. Et bien lorsqu’il s’agit de décrocher ce contrat de chanteuse dans le bar,  on la découvre sous un autre jour.

CHRIS
Racoleuse ?

YANN
Non !  Pas racoleuse du tout !

CHRIS
Alors ?

YANN
L’étoffe d’une vraie bête de cabaret !

CHRIS
Elle se met à danser ?

YANN
Elle s’empare du micro et elle fait un véritable show.  Claquettes, tout !

CHRIS le regarde tout en réfléchissant.

YANN
Voilà.  Vas-y, fonce là-dessus, vieux.

CHRIS, tout en feuilletant le manuscrit
C’est ce qui va la mener à la gloire...

YANN
... et ce qui va mener le couple à sa perte.

(A  suivre)

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:50

…. à  une voix angélique qui nous plonge dans le ravissement,  celle de Philippe JAROUSSKY.
Je suis sûre que vous êtes comme moi, yeux fermés et des frissons partout quand il chante cet aria de Vivaldi que nous ne connaissions pas.
Je le découvre comme un Invité claissique ordinaire dans l’émission de Olivier Belamy, et je l’entends parler des choses de la vie d’une voix virile et vibrante, je ne me doute pas de ce qu’il est, et puis on nous dit qu’il va chanter le prochain morceau programmé, et je m’attend à entendre un ténor et puis les premières notes s’élèvent et je suis scotchée dans mon fauteuil.
C’est un jeune homme comme vous et moi, plein d’humour et de malice, doté d’une culture musicale incroyable, et qui parle de lui-même comme d’un être binaire, aux deux facettes interchangeables dont l’une est un miracle de la nature qu’il a soigneusement cultivé pour nous rappeler les voix célestes.
Il chante avec une facilité et un plaisir qui enchantent l’auditoire, on ne sent pas l’effort, on monte avec lui à des hauteurs vertigineuses, on voit son visage inspiré et son corps de jeune homme en costume noir.
Pour moi,  c’est une révélation mais si vous allez l’écouter sur YOU TUBE, vous constaterez que depuis le 28 Février 2007 jour  des Victoires de la Musique  où il a été élu meilleur artiste lyrique de l’année, sa video a été regardée par 599605 fans …

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:31

LE RANTOME DE LA LIBERTE   (suite et fin)

L’assistant est revenu avec un papier à la main. Il me l’a tendu.
« Voilà, Bunuel t’a écrit une dictée. Tu n’as même pas besoin de l’apprendre par coeur, tu la liras aux élèves.
Sur le papier, griffonné à la hâte, il y avait quelques lignes qui me parurent aussi belles qu’un poème de Rimbaud.
« Ce fleuve dont les eaux passent devant nos yeux le long des rives immobiles qui retiennent sa fuite, le verrons-nous revenir ? »
J’ai lu ce texte à haute voix devant mes trois partenaires.
Pascale Audret a soupiré sans mot dire, Agnès Capri a eu un sourire entendu.  Jean Rochefort m’a lancé « C’est de l’extra-dry ».
Inutile de dire que lorsqu’il s’est agi de jouer la scène, je n’ai pas mâché mes mots, je les ai distillés comme du nectar.
Si vous regardez le DVD vous n’en entendrez que la moitié, hélas. Ils ont une manie, au cinéma, c’est couper au

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:26
Et le désir s’accroit quand l’effet se recule
RACINE  (Polyeucte).

Moi je dirais plutôt "quand l'objet se recule", c'est la carotte, quoi, comme pour YANN qui rêve de ROSE
car elle paraît inaccessible.
A demain, mes très chers.
Miss  Comédie.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:21
Bonjour !   C'est Mardi Gras.  On va croiser des petites fées et des Zorro tout excités dans les rues, ça surprend quand on est pas très attentif au calendrier.  C'est aussi la période des carnavals par exemple celui de Dunkerque qui, je vous l'assure, est hallucinant.  J'ai vu des images du maire à son balcon, jetant des harengs à la foule qui se bat pour les attraper et les manger dans une atmosphère fantasmagorique. On se croit dans un film susr le Moyen-Age.
Bref.  Ce sont les bons vieux rites de notre beau pays.
Ici au théâtre, c'est beaucoup plus calme aujourd'hui, CHRIS est sous électrochoc. Il prend conscience de sa détresse
sous le regard indifférent des amoureux.  Sortez vos mouchoirs.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:18

Chris  KO...


CHRIS
Qu’est-ce que vous cherchez à faire ?

ROSE
A vous sauver.

Il y a un silence.  CHRIS se laisse tomber sur une chaise et semble soudain très las.  On sent que ROSE a visé juste.

CHRIS, en petits bouts de phrases débités comme à regret
Oh...  Pourquoi me dites-vous tout cela. Je me suis si souvent demandé... Ne croyez pas que je ne me sois jamais demandé... pourquoi je continuais... à me laisser dépouiller... J’aime écrire, voyez-vous.  Mais le pire, sachez-le, n’est pas de voir le succès attribué à un autre, non...  Le nom sur l’affiche, c’est pure vanité, vous savez... Non... Le pire... C’est de voir ma feuille raturée, mes mots bafoués, rayés, remplacés par des mots médiocres, mes personnages trahis, compromis...  et ensuite, devoir signer de mon nom une oeuvre qui n’est plus la mienne...
(Il relève la tête et les regarde, et soudain son attitude change, il devient combatif et se lève)
Mais tout cela peut changer.  Laissez-moi écrire un scénario en béton, du genre que les producteurs s’arrachent, vous savez pas ça, vous n’êtes pas initiés, vous ne savez pas qu’il existe des scénaristes illustrissimes, mais oui, devant qui les réalisateurs se traînent à genoux pour qu’ils leur écrive une belle histoire, ça existe, ça, vous savez ?  Et l’ultime gloire d’un scénariste, c’est qu’on ne parle pas de lui dans les potins mondains ! 
(Pointant le doigt vers ROSE)
Avant de faire étalage de vos idées reçues vous devriez vous renseigner sur les réalités de notre métier, espèce de...

Entre le barman.  Il allume les lumières et considère les trois personnages avec curiosité.  Mais il ne dit rien et passe derrière le bar.  On entend les premières notes de Billie Holliday chantant “My solitude”, en sourdine.

ROSE
Bon, écoutez, vos réalités nous on s’en fout.
(Elle va vers NAT et lui met les bras autour du cou.)  On va se détendre, dans les loges  ?

NAT, fondant
Tu es fatiguée ?

ROSE
Un peu...

Ils sortent enlacés, par le fond, côté estrade.  CHRIS se lève et d’un pas lourd va vers le bar.

CHRIS, au barman
Ils s’aiment.  Donnez-moi un double scotch.

LE BARMAN, sobre
Tout de suite, monsieur. Mais  il y a loin de la coupe aux lèvres...

(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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