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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:46

Nous sommes lucides : nous avons remplacé le dialogue par le communiqué.
Albert CAMUS

Et maintenant nous sommes extra-lucides, nous avons décidé que communiquer était une forme de dialogue.
A demain !
Miss Comédie


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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:31
Bonjour !  Heureuse de vous retrouver, encore que je me sente un peu seule, vous ne me gratifiez d'aucun
commentaire, serait-ce le signe que vous êtes d'accord avec moi, rien à dire, tout va pour le mieux ?
Si c'est ça je m'en réjouis, mais j'aimerais de temps en temps un petit signe que vous existez !
Dans la scène d'aujourd'hui ROSE fait tout pour exister aux yeux du metteur en scène, son miroir aux
alouettes qui va bientôt être la cause d'un drame...

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:27

Même jour.  Le bar.  YANN, ROSE, le BARMAN.
Le numéro de claquettes de ROSE.

Elle va vers un sac à dos posé au pied du fauteuil, en sort une paire de chaussures. Elle se débarrasse l’une après l’autre de ses bottes et chausse les souliers de claquettes puis commence, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, un numéro de claquettes, en vrai professionnelle. Tout en dansant, elle a jeté son blouson au loin et semble s’amuser comme une folle.
YANN la regarde, médusé.  Lorsqu’elle s’arrête, essoufflée, elle va se jeter contre le bar où le barman lui tend un verre d’eau.
YANN  met un moment à lui adresser la parole.  Elle ne le regarde pas, ne quête aucun compliment.

YANN
Vous avez un réel talent.  Vous... vous êtes... une artiste complète. Oui, vraiment complète.

Il reste figé, la fixant avec  une expression de ravissement.  ROSE semble l'avoir oublié et boit son verre d'eau lentement, avec attention sous le regard du barman qui attend la suite.
YANN se reprend vite. Il sort une carte de sa poche, va vers ROSE et lui tend la carte.

YANN
Voilà.  C’est mon bureau.  Venez demain matin à 10 heures.  Nous parlerons sérieusement.

Et sans plus lui jeter un regard, il va s'asseoir à la table où sont posés son verre de scotch, la bouteille de Pérrier et son manuscrit, qu'il ouvre et commence à feuilleter.

LE BARMAN
Dépêche-toi, Rose, tu vas être en retard.  Dans vingt minutes, les musiciens arrivent.

ROSE
Donne-moi une coupe.

LE BARMAN, tout en lui servant la coupe
D’accord....  Mais il y a loin de la...

ROSE, lui posant un doigt sur les lèvres
Non !!

Elle boit sa coupe d'un trait, passe ramasser ses affaires sur la table qu'elle occupait au début de la scène, puis va sans se presser vers la porte des loges après avoir jeté à YANN un regard rapide où l'on sent pour la première fois de l'intérêt, presque de l'inquiétude.

LE BARMAN
Dommage !   Pour une fois que ma phrase tombait à pic !

(A suivre)

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:21

Comme je n’ai personne à m’extasier dessus aujourd’hui, je vais dire bravo à celui (il doit être mort) qui a inventé le jean.
On n’en parle plus jamais, mais c’est un prix Nobel qu’il méritait !
Le Prix Nobel de la Paix des fringues et c’est pas rien !
Aujourd’hui j’ai  acheté un nouveau jean, pas une petite affaire, hein, vous êtes tous d’accord, et bien chez Levi’s store, ils sont tellement pros que même un samedi crowded de minettes et de pingouins plus branchés que moi j’ai vu un grand blond me foncer dessus et me dire « vous me dites tout » ! Je lui ai tout dit « slim, taille haute surtout, couleur délavée mais pas trop, taille 29 » et là il a tout de suite trouvé l’objet, visé la cabine, m’installé dedans et calculé pile poil le temps que j’ai mis à me défroquer et à me refroquer, coup d’œil rapide « c’est le bon », mais il est trop long, j’ai dit, « non, pas trop long, après le premier lavage ils sera top, OK ? »  OK, j’ai dit, et j’ai pris le jean.
Maintenant, l’intérêt du jean, c’est que si vous avez cinq minutes pour décider ce que vous allez mettre ce soir pour le dîner chez Bocuse, et bien pas de problème, pas de crise : le jean ira très bien avec une veste noire  en lurex et rien dessous.  On chausse les sandales compensée et le tour est joué.
Bravo monsieur JEAN DE NIMES le monde entier marche avec vous !

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:18
Micheline Rozan  (suite)


Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris que j’avais assisté à un combat de fauves.
Camus le philosophe plongeait tout-à-coup dans l’univers polymorphe du théâtre.  Il avait écrit l’adaptation des POSSEDES et il s’était mis en tête de la monter et de la mettre en scène lui-même.  Un travail de Titan !  Mais plus difficile encore, bizarrement, fut la recherche d’un théâtre.  Oui !  Lui, l’écrivain célèbre adulé des milieux littéraires,  courtisé par les médias, ‘ précédé de la meilleure  démarcheuse de Paris, Micheline Rozan, s’est vu renvoyer son manuscrit par la plupart des directeurs de théâtre, exactement comme ils m’ont renvoyé les miens !
J’entendais Micheline Rozan batailler au téléphone,  essayant de séduire ces monarques qui étaient, pour la plupart, ses ami(e), et je ne comprenais pas bien les raisons ni les enjeux.
Certains exigeaient que Maria Casarès fût en tête de la distribution. Or, Camus en avait décidé autrement.
D’autres trouvaient la pièce trop longue (3h) et trop ardue.
Ce fut après des mois d’opiniâtreté que Micheline Rozan arriva à convaincre  Simone Berriau d’ouvrir son théâtre à ce monument.
Ce fut donc au Théâtre Antoine que les POSSEDES d’Albert CAMUS virent le jour, le 30 janvier 1959  avec une distribution pas piquée des hannetons : Pierre Blanchar, Pierre Vaneck, Michel Bouquet, Tania Balachova, Catherine Sellers, Charles DENNER dans le rôle de Liebiadkine ! et j’en passe,  ils étaient 33 !.
Pour les beaux yeux d’Albert CAMUS, Micheline ROZAN s’est défoncée, je l’ai vue, mais je comprenais son ardeur, car qui ne se serait pas défoncée pour cet homme si beau et si haut !
Ce fut son dernier effort pour lui, hélas.   Le 4 janvier 1960, faut-il le rappeler,  un dérapage malvenu nous priva de ce chevalier de l’absurde.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:14
Je dois m’occuper d’être heureux.
Albert CAMUS

Je ne peux pas dire que cette réplique m'enchante car elle était prémonitoire : il devait disparaître peu après.
Be happy, passez une beautiful week et à demain.
Miss Comédie

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 09:39
Bonjour !  La page d'aujourd'hui est consacrée à Micheline ROZAN, vous allez le voir.  Mais ce n'est pas une digression à ROSE AUTOUR DE MINUIT, le pièce dont vous lisez une scène chaque jour. Car Micheline ROZAN avait lu cette pièce et elle l'avait aimée.  C'est un peu un hommage que je lui rend aujourd'hui, sans grand espoir qu'elle en prenne connaissance...  Un blog est à la fois très divulgué et très ignoré...

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 09:34

Même jour. Le bar.  ROSE, YANN, le BARMAN.
ROSE tient YANN en haleine.  Le rôle est
à elle, c’est évident.


YANN, à part
C’est incroyable. Je suis en plein rêve.
(Tout haut, à la cantonnade) 
Je veux voir !

ROSE
Si c’est pour une audition, je vais regarder mon emploi du temps, mais ça peut se faire.  Si c’est pour mater, vous repasserez.  Il faut payer pour voir.

YANN, un peu scandalisé par son langage
Quel langage... En vous voyant, la toute première fois, si lumineuse, si pure, toute droite, le menton levé, le regard absent, et cette suprême élégance, jamais, vous m’entendez, jamais je n’aurais cru que vous soyez capable d’un langage aussi...

ROSE
... vulgaire ?

YANN
Je dirais... relâché.

ROSE, regardant le barman
Relâché.  C’est affreux, comme mot.

YANN
Oui, bon. Ecoutez-moi. (s’avisant que le barman écoute aussi :) ça vous ennuierait, de venir par là ? Je déteste les oreilles qui traînent.

ROSE descend de son tabouret et suit YANN vers le milieu de la scène.

ROSE
Et maintenant ?

YANN
Vous faites vraiment des claquettes ?

ROSE
Vous ne me croyez pas ?

YANN
Vous n’arrêtez pas de me raconter des mensonges.  Comment vous croire ?

ROSE
Et bien, regardez !

(A suivre)

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 09:23
…. À Micheline ROZAN qui se retire sur la pointe des pieds, au terme d’une vie professionnelle vouée au théâtre.
L’année 2009 sera la dernière qu’elle passera à la tête de son théâtre, les BOUFFES DU NORD, aux côtés de son ami de toujours, Peter Brook.
Je reparlerai de Micheline Rozan.  Je dois en reparler.  C’est auprès d’ elle que j’ai vécu les plus belles années d’une vie : celles des découvertes.  C’est auprès d’elle que j’ai découvert le Théâtre.
Quel exemple !  Combien de talents couronnés lui doivent leur célébrité !  Mais il ne faut pas lui dire adieu.  Elle a plus d’un tour dans son sac, Micheline.  Après les BOUFFES, quelle surprise nous réserve-t-elle encore ?
Mais peut-être aspire-t-elle simplement au repos, à la méditation et à la solitude ?  Elle l’a bien mérité.




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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 09:21
Micheline ROZAN  (suite)

Dans l’Agence de Secrétariat d’Artistes CIMURA, Micheline ROZAN  s’occupait de quelques écrivains célèbres dont Jean-Paul Sartre et Albert Camus,  et de quelques stars, dont Jeanne Moreau.  Elle  représentait aussi des auteurs dramatiques américains, Tennessee Williams,  Arthur Miller,  et les aidait  à monter leurs pièces à Paris.
Elle avait un carnet d’adresses impressionnant.  Franco Zephirelli était l’un de ses meilleurs amis.  Je n’ai jamais su d’où lui venaient toutes ces relations à travers le monde.
Elle n’avait que trente ans, des yeux noirs au regard perçant, et
l’ironie facile.  Une intelligence fascinante, de celles dont on dit qu’elle est communicative et qui ne  dure qu’un instant.
Ce n’était pas toujours drôle d’être sa secrétaire. Elle se moquait de mon accent toulousain, de ma maigreur et de ma maladresse dans les affaires du bureau.
Mais c’est elle qui m’a appris le sens des priorités dans le métier du spectacle et dans la vie.  Elle me traitait d’amateur et  c’est évidemment ce que j’étais alors, bien que faisant tous mes efforts pour faire les choses le mieux possible.
Elle était respectée de ses associées sexagénaires qui régentaient les jeunes carrières de Belmondo, Marais, et quelques autres.
Elle était vénérée par ses poulains qui se seraient embarqués  pour la lune si elle le leur avait conseillé.
Pendant mon court bout de chemin avec elle, il y a eu l’aventure des POSSEDES avec Albert CAMUS.  Une aventure qui les a épuisés l’un et l’autre pour finalement ne leur apporter qu’un succès d’estime. C’est ce que je vous raconterai lundi.




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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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