Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 10:06
Bonjour !   Vous allez me dire « encore un article sur Micheline Rozan ? »
 Ah oui, et même qui sait encore demain. C’est un monument, Micheline  Rozan et quand on a la chance d’avoir des souvenirs avec elle, et bien on se régale de les  partager avec ses amis internautes.
Ce qui est moins drôle, c'est le tour que prend le dialogue entre YANN et CHRIS. Il semble que le scénariste
éprouve un sentiment amer. La partie est-elle vraiment égale entre eux ? Et pendant qu'ils s'expliquent,
ROSE chante...

Partager cet article

Repost0
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:54

Scène XII de la version originale
Résumé des épisodes précédents
Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver  pour travailler à leur prochain scénario, YANN et
    CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là, sur l’estrade des musiciens.
    Mais la chanteuse et le pianiste ont leur propre histoire qu’ils essaient de garder secrète…
Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre,
entraînés chacun par leurs propres rêves.  Et l’histoire d’amour de ROSE et NAT est près devoler en éclats.

Scène 53
Un autre jour.
YANN,  CHRIS, LE BARMAN


Entre eux, on sent que le coeur n’y est plus.

Le bar de nuit.   Les musiciens  jouent ROSE est sur scène et chante You go to my head dans le micro. Sa voix distille une plainte mélodieuse et pleine de retenue qui charme par sa simplicité. Vêtue de sa robe de scène noire, elle est à nouveau hiératique, diaphane.
Quelques tables sont occupées. CHRIS et YANN sont assis sur le devant de la scène.  Pendant les dernières mesures de la chanson, ils semblent perdus dans la contemplation de ROSE, et ne se parlent pas.  Devant eux, sur la table, un manuscrit.

Le morceau terminé, ROSE salue l’assistance puis se tourne vers ses musiciens, qui se lèvent et saluent légèrement avant de se diriger vers les loges. L’estrade est plongée dans l’ombre tandis que la lumière se fait sur la table où Chris et YANN sont assis.

(Durant cette scène, les figurants des tables voisines vont sortir les uns après les autres du bar. Les musiciens quitteront la scène à leur tour et YANN restera seul avec le barman.)

CHRIS
Voilà.  J’ai réécrit la scène de Rose. Du coup, le pianiste fait vraiment figure de minable. Mais... c’est ce que tu voulais, je crois.  Je pense avoir emprisonné ta pensée dans ces pages.  Comme un papillon léger dont les ailes etc, etc...

YANN
Je ne vois pas pourquoi tu te moques.  Pourquoi sous-estimes-tu ton travail ? Sans toi, il n’y aurait pas de film.

CHRIS
Mais si.  On change de scénariste comme de scripte ou d’assistant. 

YANN
Tu te trompes. Il faut une  vraie communion d’esprit pour travailler avec un scénariste.  Tu es mon double !  Tu trouves les mots et je les transforme en images. La force ou la faiblesse d’un film, c’est son scénario.

CHRIS
OK, OK.  Et  maintenant, tu vas  relire mon script. Et il ne sera pas encore tout-à-fait comme tu voulais…

(A suivre)

Partager cet article

Repost0
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:52

C’est fou ce qu’on peut choper par hasard sur You Tube, on cherche un truc, je ne sais plus quoi, et on tombe sur un duo sublime de Johnny Halliday avec Carla Bruni !
Ils sont assis dans un jardin, ils ont chacun leur guitare, il commence à chanter Tennessee et intérieurement on se met à crier qu’on l’aime, et puis elle reprend la mélodie, doucement, timidement, son visage est cadré parfait, elle est belle et chante juste, et Lui il la regarde avec un air tendre, c’est trop !  On dirait un film de Luchino Visconti.
La chanson est magnifique et ils la chantent chacun à leur façon, lui avec toute son âme, comme d’habitude, et sa voix unique, et elle avec  retenue et émotion, quand même, elle a un sourire charmant mais pas aguicheur, pas du tout, alors qu’il lui tend la perche on dirait…
On se dit c’est pas possible, ils vont se tomber dans les bras à la fin, ils sont faits l’un pour l’autre ! m ais ça c’est parce qu’on est un peu midinette, et c’est très bête.
Il vaut beaucoup mieux qu’il lui dise ces mots très polis, très complimenteux juste ce qu’il faut, et  qu’elle le remercie avec sa distinction naturelle.  Et puis ils s’en vont chacun de leur côté.
C’était un moment magique.


Partager cet article

Repost0
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:49
Micheline ROZAN,  suite

J’étais une toute jeune fille et j’avais cru Albert Camus immortel.
Je l’avais rencontré plusieurs fois, à son bureau des Editions Gallimard ou bien à l’hôtel Montalembert  tout proche  (rassurez-vous, sur une table du restaurant, ça se faisait beaucoup à l’époque, Sartre c’était au Flore, Camus au Montalembert) et  j’en étais tombée raide dingue. Il aurait pu être mon père, mais quel père !
Du jour au lendemain, plus d’Albert Camus. Ca nous a fait un choc terrible, à Micheline Rozan et à moi, à elle beaucoup plus, bien sûr, ils étaient si proches.   Il y a eu une période de flottement,  et puis j’ai décidé à ce moment-là de me lancer dans le théâtre et de prendre des cours. J’ai quitté  CIMURA et Micheline Rozan.
Nous nous sommes perdues de vue  et lorsque j’ai fait mes premiers pas sur une scène, je ne l’ai pas mise au courant.   Elle n’est jamais venue me voir jouer et c’est tant mieux, car on ne peut pas prendre au sérieux sa secrétaire qui fait du théâtre.  Chaque chose à sa place, non ? C’est ce qu’elle aurait dit.  Et elle m’aurait traitée d’amateur, évidemment.
D’ailleurs, elle aussi avait quitté CIMURA et était devenue productrice.  Jusqu’au jour où elle découvrit  ce théâtre en ruines, les Bouffes du Nord, et où elle en fit  le grand œuvre de sa vie.

Partager cet article

Repost0
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:46

Nous sommes lucides : nous avons remplacé le dialogue par le communiqué.
Albert CAMUS

Et maintenant nous sommes extra-lucides, nous avons décidé que communiquer était une forme de dialogue.
A demain !
Miss Comédie


Partager cet article

Repost0
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:31
Bonjour !  Heureuse de vous retrouver, encore que je me sente un peu seule, vous ne me gratifiez d'aucun
commentaire, serait-ce le signe que vous êtes d'accord avec moi, rien à dire, tout va pour le mieux ?
Si c'est ça je m'en réjouis, mais j'aimerais de temps en temps un petit signe que vous existez !
Dans la scène d'aujourd'hui ROSE fait tout pour exister aux yeux du metteur en scène, son miroir aux
alouettes qui va bientôt être la cause d'un drame...

Partager cet article

Repost0
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:27

Même jour.  Le bar.  YANN, ROSE, le BARMAN.
Le numéro de claquettes de ROSE.

Elle va vers un sac à dos posé au pied du fauteuil, en sort une paire de chaussures. Elle se débarrasse l’une après l’autre de ses bottes et chausse les souliers de claquettes puis commence, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, un numéro de claquettes, en vrai professionnelle. Tout en dansant, elle a jeté son blouson au loin et semble s’amuser comme une folle.
YANN la regarde, médusé.  Lorsqu’elle s’arrête, essoufflée, elle va se jeter contre le bar où le barman lui tend un verre d’eau.
YANN  met un moment à lui adresser la parole.  Elle ne le regarde pas, ne quête aucun compliment.

YANN
Vous avez un réel talent.  Vous... vous êtes... une artiste complète. Oui, vraiment complète.

Il reste figé, la fixant avec  une expression de ravissement.  ROSE semble l'avoir oublié et boit son verre d'eau lentement, avec attention sous le regard du barman qui attend la suite.
YANN se reprend vite. Il sort une carte de sa poche, va vers ROSE et lui tend la carte.

YANN
Voilà.  C’est mon bureau.  Venez demain matin à 10 heures.  Nous parlerons sérieusement.

Et sans plus lui jeter un regard, il va s'asseoir à la table où sont posés son verre de scotch, la bouteille de Pérrier et son manuscrit, qu'il ouvre et commence à feuilleter.

LE BARMAN
Dépêche-toi, Rose, tu vas être en retard.  Dans vingt minutes, les musiciens arrivent.

ROSE
Donne-moi une coupe.

LE BARMAN, tout en lui servant la coupe
D’accord....  Mais il y a loin de la...

ROSE, lui posant un doigt sur les lèvres
Non !!

Elle boit sa coupe d'un trait, passe ramasser ses affaires sur la table qu'elle occupait au début de la scène, puis va sans se presser vers la porte des loges après avoir jeté à YANN un regard rapide où l'on sent pour la première fois de l'intérêt, presque de l'inquiétude.

LE BARMAN
Dommage !   Pour une fois que ma phrase tombait à pic !

(A suivre)

Partager cet article

Repost0
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:21

Comme je n’ai personne à m’extasier dessus aujourd’hui, je vais dire bravo à celui (il doit être mort) qui a inventé le jean.
On n’en parle plus jamais, mais c’est un prix Nobel qu’il méritait !
Le Prix Nobel de la Paix des fringues et c’est pas rien !
Aujourd’hui j’ai  acheté un nouveau jean, pas une petite affaire, hein, vous êtes tous d’accord, et bien chez Levi’s store, ils sont tellement pros que même un samedi crowded de minettes et de pingouins plus branchés que moi j’ai vu un grand blond me foncer dessus et me dire « vous me dites tout » ! Je lui ai tout dit « slim, taille haute surtout, couleur délavée mais pas trop, taille 29 » et là il a tout de suite trouvé l’objet, visé la cabine, m’installé dedans et calculé pile poil le temps que j’ai mis à me défroquer et à me refroquer, coup d’œil rapide « c’est le bon », mais il est trop long, j’ai dit, « non, pas trop long, après le premier lavage ils sera top, OK ? »  OK, j’ai dit, et j’ai pris le jean.
Maintenant, l’intérêt du jean, c’est que si vous avez cinq minutes pour décider ce que vous allez mettre ce soir pour le dîner chez Bocuse, et bien pas de problème, pas de crise : le jean ira très bien avec une veste noire  en lurex et rien dessous.  On chausse les sandales compensée et le tour est joué.
Bravo monsieur JEAN DE NIMES le monde entier marche avec vous !

Partager cet article

Repost0
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:18
Micheline Rozan  (suite)


Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris que j’avais assisté à un combat de fauves.
Camus le philosophe plongeait tout-à-coup dans l’univers polymorphe du théâtre.  Il avait écrit l’adaptation des POSSEDES et il s’était mis en tête de la monter et de la mettre en scène lui-même.  Un travail de Titan !  Mais plus difficile encore, bizarrement, fut la recherche d’un théâtre.  Oui !  Lui, l’écrivain célèbre adulé des milieux littéraires,  courtisé par les médias, ‘ précédé de la meilleure  démarcheuse de Paris, Micheline Rozan, s’est vu renvoyer son manuscrit par la plupart des directeurs de théâtre, exactement comme ils m’ont renvoyé les miens !
J’entendais Micheline Rozan batailler au téléphone,  essayant de séduire ces monarques qui étaient, pour la plupart, ses ami(e), et je ne comprenais pas bien les raisons ni les enjeux.
Certains exigeaient que Maria Casarès fût en tête de la distribution. Or, Camus en avait décidé autrement.
D’autres trouvaient la pièce trop longue (3h) et trop ardue.
Ce fut après des mois d’opiniâtreté que Micheline Rozan arriva à convaincre  Simone Berriau d’ouvrir son théâtre à ce monument.
Ce fut donc au Théâtre Antoine que les POSSEDES d’Albert CAMUS virent le jour, le 30 janvier 1959  avec une distribution pas piquée des hannetons : Pierre Blanchar, Pierre Vaneck, Michel Bouquet, Tania Balachova, Catherine Sellers, Charles DENNER dans le rôle de Liebiadkine ! et j’en passe,  ils étaient 33 !.
Pour les beaux yeux d’Albert CAMUS, Micheline ROZAN s’est défoncée, je l’ai vue, mais je comprenais son ardeur, car qui ne se serait pas défoncée pour cet homme si beau et si haut !
Ce fut son dernier effort pour lui, hélas.   Le 4 janvier 1960, faut-il le rappeler,  un dérapage malvenu nous priva de ce chevalier de l’absurde.

Partager cet article

Repost0
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:14
Je dois m’occuper d’être heureux.
Albert CAMUS

Je ne peux pas dire que cette réplique m'enchante car elle était prémonitoire : il devait disparaître peu après.
Be happy, passez une beautiful week et à demain.
Miss Comédie

Partager cet article

Repost0

  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

Recherche