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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:43
Bonjour !   Le soleil brille mais Baschung n'est plus là pour le voir. Le chanteur rêveur s'en est allé, trop tôt...
Ses chansons troublantes, très underground, nous manqueront.  C'est la tristesse de ce lundi.
Dans mon Bloc Notes je vous parle encore de lui.
Dans mon théâtre on retrouve YANN découragé par le départ de CHRIS, à qui ROSE va insuffler une
nouvelle envie de continuer son film...
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:35

Scène XIII  de la version originale
Résumé des épisodes précédents :

Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver  pour travailler à leur prochain scénario, YANN  et CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là, sur l’estrade des musiciens.
    Mais la chanteuse et le pianiste ont leur propre histoire qu’ils  essaient de garder secrète…
Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, tandis
que ROSE et NAT se déchirent à cause d’eux et de leur film.




Le bar, quelques minutes plus tard. La salle est presque totalement plongée dans la pénombre, seul le bar est éclairé et projette sa lueur sur la silhouette de YANN, toujours prostré dans son fauteuil.
Le barman essuie des verres, range des bouteilles, nettoie la surface du bar sans paraître se soucier de la présence de YANN.
La porte des loges s’ouvre doucement et ROSE s'avance sur l'estrade, son imperméable sur les épaules par-dessus sa robe de scène.  Elle s’approche de YANN, le considère un instant avant de parler.

ROSE
Vous n’avez pas l’air dans votre assiette.

YANN, sans la regarder
Pas très, non.

ROSE
C’est à cause de Chris qui vous laisse tomber ?

YANN , d'une voix mécanique
A cause de Chris ?.

ROSE
J'ai tout entendu.

YANN, la regarde
Et alors ?

ROSE, d'une voix tremblante
Vous ne faites plus le film ?.

YANN ne répond pas.

ROSE, suppliante
Dites : vous ne faites plus le film ?

YANN tourne la tête vers elle et semble la découvrir
Je tournerai ce film.  Je viens de décider cela à la minute.  En vous voyant.  Vous avez bien fait de revenir, Rose.

ROSE
Vous vouliez abandonner ?

YANN
Oui. 

ROSE
Vous n’aviez pas le droit de me faire ça.

YANN
Est-ce que j’ai le droit de continuer sans Chris ?
ROSE
Bien sûr, c'est votre film.

'A suivre)

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:27
....à Philippe Sollers.  Oh, ce n’est pas un homme sympathique mais qui a besoin
en littérature d’un homme sympathique ?
Il écrit comme un dieu et je révère sa littérature.
Il écrit  parfois des phrases qui vous font un coup au coeur, et qu’on relit en boucle
 jusqu’à ne plus les comprendre.
Il a l’élégance suprême.  Toutes les élégances.  Celle du style, bien sûr, celle du
 langage, de la démarche, si indolente,  d’un certain dédain pour le vulgaire
que plus personne n’ose plus afficher.
Et en plus, en plus, il aime Glenn GOULD.
Je viens de l'apprendre et du coup, je me sens d’autant plus proche de cet homme
 si lointain.  Il en parle comme j’aimerais en parler parce que pour moi, Gould,
c’est LE musicien, celui qu’on ne compare pas.
Je m’en vais de ce pas acheter son livre « Les Voyageurs du Temps »,
puisqu’il y parle de Gould.
On l’a dit libertin.  Il a dépassé l’âge, malheureusement.  Mais ça me plait,
qu’il fut libertin.   Le libertinage est encore une forme d’élégance. 

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:22
Pardon pour ce  souvenir récurrent, mais il répond tellement bien à l'hommage de Sollers à Glenn Gould !

Ma mère jouant du piano.  Ca la prenait un soir, comme ça, quand elle revenait du travail et qu’elle n’avait pas envie de parler, elle s’asseyait devant le piano,  soulevait le couvercle et restait quelques minutes immobile, comme cherchant dans sa tête la musique qui pouvait le mieux convenir à son état du moment.  Elle fouillait dans le tas de partitions, en choisissait une et la plaquait sur le pupitre.
Encore une minute de concentration, les yeux fixés sur les notes, et ses mains commençaient à courir sur le clavier.
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par son jeu comme l’oiseau devant le sifflement du serpent.
J’arrivais en catimini, j’avais sept ans, puis dix, puis quinze et toujours sa musique me prenait à la gorge. 
Je sais pourquoi maintenant.   Je sais maintenant que je recevais sa douleur. Après sa mort j’ai compris beaucoup de choses sur ma mère.  Je l’ai comprise trop tard, comme tout un chacun…
Quand elle jouait, c’était comme  d’autres entrent en méditation.
Leur esprit s’évade de leur corps et la sérénité  prend possession de tout leur être.
Je la voyais, habitée, les yeux fixés sur le papier ou bien fermés, son corps avait  des élans vite réprimés, des balancements, elle scandait, elle murmurait pour elle toute seule.
Son mal de vivre passait tout entier dans ses doigts et se mêlait au  mal de vivre de Chopin, de Liszt ou de Schuman.
Ma mère aurait été une comédienne hors pair.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:18

On est toujours moins seul qu’on ne le croit.
Philippe Sollers

Un moment d'optimisme pour ce grand désabusé.
Je vous quitte en vous souhaitant une semaine de soleil.
Miss Comédie
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:47
Bonjour !  C'est la saint Rodrigue.  Il a tué le père de sa fiancée et on le canonise. Il faut savoir pardonner.
CHRIS ne pardonne pas à YANN d'être celui qui corrige la copie.  Alors il jette l'éponge... Ce film est-il sur
le point de capoter ? Ah lala.
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:41

LE BAR. 
 YANN,  CHRIS, le BARMAN, les musiciens

Une question d’ego.




YANN, abasourdi
Tu me laisses...

CHRIS
Je suis ton ami, YANN.  Je reste ton ami.

YANN
Il n’y a donc pas moyen de travailler en bonne intelligence ?

CHRIS
Je suis trop susceptible, voilà l’histoire.

YANN
Je crois que ton ego, comme tu l’appelles, est encore plus démesuré que le mien.

CHRIS
C’est bien possible.  Entre ton ego et le mien, ça ne peut pas coller.

YANN
Et bien... Il n’y a rien à ajouter.  Merci pour le scénario... (il le prend et le feuillette)  C’est un vrai cadeau que tu me fais. 
CHRIS
Fais comme si tu l’avais écrit toi-même.  D’ailleurs, c’est presque le cas.

YANN, toujours feuilletant
J'allais proposer le rôle à ROSE.

CHRIS
J'espère que tu ne vas pas changer d'avis.  Cest la meilleure solution.  Au fond, ROSE c'est elle, n'est-ce pas ?
(Il  se lève et se préparant à sortir il ajoute :)
Il y a  aussi quelque chose qui me gêne dans cette histoire... C’est un peu comme si l’on jouait les deus ex machina, tu sais... Ces deux êtres que l’on force à  sortir du temps...  Tu ne crois pas que leur bonheur est ici, dans ce bar, quand la nuit tombe ? 

(il se dirige lentement vers la sortie, puis se retourne encore pour une dernière réflexion, comme s’il venait de découvrir à l’instant ce détail :)  Le pianiste...  la nuit il joue du jazz, et le jour  il joue du classique.  C’est un signe, ça.
 
YANN, allant vers lui  et lui serrant la main`
Un signe de quoi ?

CHRIS
Il faut choisir.  C’est la nuit ou le jour.  Mais pas les deux à la fois.  Allez, salut.
Il s'arrête un moment sur le seuil, hausse les épaules et sort.
YANN retourne s’asseoir dans son fauteuil, l’air sombre.

Le noir se fait sur lui tandis que les silhouettes des musiciens sortant des loges se profilent jusqu’à la porte de sortie après un bref arrêt au bar pour saluer le barman.

(A suivre)

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:14

 … à  Marie-Anne CHAZEL dans la pièce que j’ai vue hier soir au Théâtre Tête d’Or à Lyon : « Good Bye Charlie ».
Elle sauve le spectacle.  Grâce à elle, les spectateurs très mollassons au début (c’est une pièce comique) n’ont pu faire autrement que d’applaudir frénétiquement le travail de la comédienne. 
 Un sacré rôle dans une pièce tarabiscotée, entre la fable onirique et le boulevard burlesque, mais qui lui donne l’occasion de déployer tous ses talents.
Je ne l’avais jamais vue sur scène, toujours au cinéma où elle est un peu en retrait, drôle avec retenue, tout en finesse.  Je l’ai découverte se donnant à fond jusqu’à la charge, très physique, et donnant de l’émotion au moment où l’on s’y attend le moins.
C’est là qu’on retrouve la vraie, la grande  comédienne.
Là où une autre toupie simule les larmes à grand renfort de simagrées sonores, elle bascule soudain du rire au chagrin et on y croit.  Elle est  sincèrement triste.  Tout simplement.  Et l’on a la gorge serrée, cinq minutes après avoir rigolé à ses pitreries.
On sort de là heureux d’avoir encore une fois vérifié l’adage que je vous livre dans la réplique qui m’enchante ci-dessous.



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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:11

Ma mère jouant du piano.  Ca la prenait un soir, comme ça, quand elle revenait du travail et qu’elle n’avait pas envie de parler, elle s’asseyait devant le piano,  soulevait le couvercle et restait quelques minutes immobile, comme cherchant dans sa tête la musique qui pouvait le mieux convenir à son état du moment.  Elle fouillait dans le tas de partitions, en choisissait une et la plaquait sur le pupitre.
Encore une minute de concentration, les yeux fixés sur les notes, et ses mains commençaient à courir sur le clavier.
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par son jeu comme l’oiseau devant le sifflement du serpent.
J’arrivais en catimini, j’avais sept ans, puis dix, puis quinze et toujours sa musique me prenait à la gorge. 
Je sais pourquoi maintenant.   Je sais maintenant que je recevais sa douleur. Après sa mort j’ai compris beaucoup de choses sur ma mère.  Je l’ai comprise trop tard, comme tout un chacun…
Quand elle jouait, c’était comme  d’autres entrent en méditation.
Leur esprit s’évade de leur corps et la sérénité  prend possession de tout leur être.
Je la voyais, habitée, les yeux fixés sur le papier ou bien fermés, son corps avait  des élans vite réprimés, des balancements, elle scandait, elle murmurait pour elle toute seule.
Son mal de vivre passait tout entier dans ses doigts et se mêlait au  mal de vivre de Chopin, de Liszt ou de Schuman.
Ma mère aurait été une comédienne hors pair.


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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:07
Il n’y a pas de petits rôles, il n’y a que des petits acteurs.
Stanislavski

Mais on donne souvent les petits rôles aux petits acteurs, c'est un cercle vicieux.
Allez je vous retrouve lundi, passez un très bon week-end sous l'anti-cyclone et
surtout, à la montagne, restez bien sur les pistes à l'écart des avalanches...
Miss Comédie
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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