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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:21

LE BAR.  YANN, ROSE, LE BARMAN

L’irréparable dialogue.



YANN
Vous avez raison. C'est mon film. Je m'appelle Kubrick. Je fais ce que je veux. Je vais déchirer le script et le réécrire moi-même. Je prends tous les risques, cela me donne tous les droits. N'ayez pas peur, Rose, vous allez enfin savoir ce que c'est que d'exister sur une pellicule.

ROSE
Je vais enfin savoir ce que c’est qu’exister le jour.

YANN
Exister le jour ?

ROSE
Oui, attendre le jour comme j’attendais la nuit.

YANN
Vous n’aimez pas le jour ?

ROSE
Oh non.  Vous savez, le jour il ne m’arrive rien.  Pourquoi ?  Parce que le jour je suis transparente. Je me lève, je traîne, je regarde passer les gens, j’attends le soir.  Le soir, voyez-vous, j’ai de l’estime pour moi-même.  Les gens m’admirent. Toute la nuit je peux croire que je suis quelqu’un de bien.  Dès que le jour se lève, je deviens grise et laide et plus personne ne fait attention à moi.  C’est le jour qui fait ça.  Si vous m’engagez pour ce rôle, le jour aura un sens pour moi.

YANN
Et Nat ?

ROSE
J’aime Nat.  Ce film ne changera rien.

YANN
Vous courez un danger.  Il faut que vous le sachiez.

ROSE
Un danger ?

YANN
Ce rôle, c’est la fin de votre histoire d’amour.  Lisez le scénario.

ROSE
Mais je ne suis pas la Rose du scénario !

YANN
Si, vous êtes la Rose du scénario.

(A suivre)

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:18

….. à Patrice LECONTE qui vient d’écrire un livre !  Ca n’est plus un secret puisque je l’ai entendu ce matin (hier, en fait) sur France Musique où il était interviewé par François Castang au Salon du Livre.
Le roman s’appelle LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTS et sera en librairie le 2 avril !
De quoi  il parle ?  On n’a pas pu savoir grand-chose, sauf que le héros n’aime que les femmes aux cheveux courts et qu’il ressemble au Petit Nicolas qui aurait grandi.
François Castang disait qu’il y avait une petite musique… ce qui est en général un compliment sur le style.  Mais quand on aime les films de Patrice LECONTE on ne se fait pas trop de souci.  Il a SON style, qui ne manque pas d’élégance.  L’humour, on s’en doute, sera de la partie. Il manquera les images, hélas. Il faudra imaginer.
On va encore dire que LECONTE n’en finit pas de toucher à tout. Il n’aura qu’à répondre qu’il vaut mieux être l’homme de mille plaisirs que l’homme d’un seul trait de génie (je n’ai pas trouvé mieux comme contraire de « mille plaisirs ».  Celui qui trouve mieux n’a qu’à me laisser un commentaire…
En tout cas, voilà un artiste qui sait encore nous surprendre. Ce dont on est sûr, en revanche, c’est qu’il ne nous servira jamais du sinistre, de la prise de tête ni du porno.  C’est pas dans sa nature, il préfère la légèreté à la lourdeur.  Nous allons nous précipiter sur LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTS.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:14

Un soir de janvier 1974, j’ai vu l’impensable : ensemble sur un plateau , cinq personnages mythiques.  Enfin, à l’époque ils étaient mythiques.
Jeanne MOREAU, Delphine SEYRIG, Gérard DEPARDIEU, Samy FREY et Michaël LONSDALE,  ensemble, c’est tout (bon, on peut encore écrire « ensemble c’est tout » sans tout de suite penser à.)
Réunis sur la scène de l’Espace Cardin  par Claude REGY (le sixième mythe) pour jouer une pièce énigmatique de Peter HANDKE : LA CHEVAUCHEE SUR LE LAC DE CONSTANCE.
On n’en croyait pas ses yeux :
Les deux actrices rivalisaient d
e beauté.
Je commence par Delphine SEYRIG parce qu’elle est morte et parce que c’est ma préférée.
Elle était maquillée à outrance, ses cheveux blonds étaient montés en dôme mousseux cerclé d’or et souligné d’un ruban de velours noir.
Sa robe était de mousseline couleur de lune, strassée, irisée, fluide et mouvante autour de son corps. Vous imaginez (enfin, ceux qui l’ont connue) ce qu’elle pouvait en faire.
Jeanne MOREAU était en noir.  Maquillée à outrance elle aussi, coiffée d’un haut diadème scintillant d’étoiles. Sa robe était de velours piqué de perles.
Gérard DEPARDIEU avait vingt ans !  Son visage juvénile était blanc, sa bouche d’un rouge violent. Il portait un smoking noir et une chemise à jabot, c’est bien la seule fois où je l’ai vu élégant.
Samy FREY était d’une beauté inouïe.  Il l’est resté, d’ailleurs. Mais là, il était si jeune !  Il jouait avec sa belle dans une chemise blanche rentrée dans un simple pantalon noir.
Et Michaël LONSDALE avait déjà la stature pontificale et le verbe rocailleux.
Voilà.  Aucun d’eux n’a quitté la scène pendant les deux heures de spectacle.  Le public n’a rien compris à la pièce, mais était bouche bée.  Jamais on ne reverra une chose pareille.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:11
La chance, c’est ce qu’on croit toujours qu’on n’a pas.
Patrice LECONTE  (dans le film La Fille sur le Pont)

Voilà un véritable optimiste !  Je vous dis à demain mes fidèles théâtreux et
avec un peu de chance, vous ne serez pas déçus...
BONNE FÊTE, PATRICE LECONTE !
Miss Comédie.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:43
Bonjour !   Le soleil brille mais Baschung n'est plus là pour le voir. Le chanteur rêveur s'en est allé, trop tôt...
Ses chansons troublantes, très underground, nous manqueront.  C'est la tristesse de ce lundi.
Dans mon Bloc Notes je vous parle encore de lui.
Dans mon théâtre on retrouve YANN découragé par le départ de CHRIS, à qui ROSE va insuffler une
nouvelle envie de continuer son film...

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:35

Scène XIII  de la version originale
Résumé des épisodes précédents :

Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver  pour travailler à leur prochain scénario, YANN  et CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là, sur l’estrade des musiciens.
    Mais la chanteuse et le pianiste ont leur propre histoire qu’ils  essaient de garder secrète…
Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, tandis
que ROSE et NAT se déchirent à cause d’eux et de leur film.




Le bar, quelques minutes plus tard. La salle est presque totalement plongée dans la pénombre, seul le bar est éclairé et projette sa lueur sur la silhouette de YANN, toujours prostré dans son fauteuil.
Le barman essuie des verres, range des bouteilles, nettoie la surface du bar sans paraître se soucier de la présence de YANN.
La porte des loges s’ouvre doucement et ROSE s'avance sur l'estrade, son imperméable sur les épaules par-dessus sa robe de scène.  Elle s’approche de YANN, le considère un instant avant de parler.

ROSE
Vous n’avez pas l’air dans votre assiette.

YANN, sans la regarder
Pas très, non.

ROSE
C’est à cause de Chris qui vous laisse tomber ?

YANN , d'une voix mécanique
A cause de Chris ?.

ROSE
J'ai tout entendu.

YANN, la regarde
Et alors ?

ROSE, d'une voix tremblante
Vous ne faites plus le film ?.

YANN ne répond pas.

ROSE, suppliante
Dites : vous ne faites plus le film ?

YANN tourne la tête vers elle et semble la découvrir
Je tournerai ce film.  Je viens de décider cela à la minute.  En vous voyant.  Vous avez bien fait de revenir, Rose.

ROSE
Vous vouliez abandonner ?

YANN
Oui. 

ROSE
Vous n’aviez pas le droit de me faire ça.

YANN
Est-ce que j’ai le droit de continuer sans Chris ?
ROSE
Bien sûr, c'est votre film.

'A suivre)

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:27
....à Philippe Sollers.  Oh, ce n’est pas un homme sympathique mais qui a besoin
en littérature d’un homme sympathique ?
Il écrit comme un dieu et je révère sa littérature.
Il écrit  parfois des phrases qui vous font un coup au coeur, et qu’on relit en boucle
 jusqu’à ne plus les comprendre.
Il a l’élégance suprême.  Toutes les élégances.  Celle du style, bien sûr, celle du
 langage, de la démarche, si indolente,  d’un certain dédain pour le vulgaire
que plus personne n’ose plus afficher.
Et en plus, en plus, il aime Glenn GOULD.
Je viens de l'apprendre et du coup, je me sens d’autant plus proche de cet homme
 si lointain.  Il en parle comme j’aimerais en parler parce que pour moi, Gould,
c’est LE musicien, celui qu’on ne compare pas.
Je m’en vais de ce pas acheter son livre « Les Voyageurs du Temps »,
puisqu’il y parle de Gould.
On l’a dit libertin.  Il a dépassé l’âge, malheureusement.  Mais ça me plait,
qu’il fut libertin.   Le libertinage est encore une forme d’élégance. 

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:22
Pardon pour ce  souvenir récurrent, mais il répond tellement bien à l'hommage de Sollers à Glenn Gould !

Ma mère jouant du piano.  Ca la prenait un soir, comme ça, quand elle revenait du travail et qu’elle n’avait pas envie de parler, elle s’asseyait devant le piano,  soulevait le couvercle et restait quelques minutes immobile, comme cherchant dans sa tête la musique qui pouvait le mieux convenir à son état du moment.  Elle fouillait dans le tas de partitions, en choisissait une et la plaquait sur le pupitre.
Encore une minute de concentration, les yeux fixés sur les notes, et ses mains commençaient à courir sur le clavier.
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par son jeu comme l’oiseau devant le sifflement du serpent.
J’arrivais en catimini, j’avais sept ans, puis dix, puis quinze et toujours sa musique me prenait à la gorge. 
Je sais pourquoi maintenant.   Je sais maintenant que je recevais sa douleur. Après sa mort j’ai compris beaucoup de choses sur ma mère.  Je l’ai comprise trop tard, comme tout un chacun…
Quand elle jouait, c’était comme  d’autres entrent en méditation.
Leur esprit s’évade de leur corps et la sérénité  prend possession de tout leur être.
Je la voyais, habitée, les yeux fixés sur le papier ou bien fermés, son corps avait  des élans vite réprimés, des balancements, elle scandait, elle murmurait pour elle toute seule.
Son mal de vivre passait tout entier dans ses doigts et se mêlait au  mal de vivre de Chopin, de Liszt ou de Schuman.
Ma mère aurait été une comédienne hors pair.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:18

On est toujours moins seul qu’on ne le croit.
Philippe Sollers

Un moment d'optimisme pour ce grand désabusé.
Je vous quitte en vous souhaitant une semaine de soleil.
Miss Comédie

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:47
Bonjour !  C'est la saint Rodrigue.  Il a tué le père de sa fiancée et on le canonise. Il faut savoir pardonner.
CHRIS ne pardonne pas à YANN d'être celui qui corrige la copie.  Alors il jette l'éponge... Ce film est-il sur
le point de capoter ? Ah lala.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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