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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:27
....à Philippe Sollers.  Oh, ce n’est pas un homme sympathique mais qui a besoin
en littérature d’un homme sympathique ?
Il écrit comme un dieu et je révère sa littérature.
Il écrit  parfois des phrases qui vous font un coup au coeur, et qu’on relit en boucle
 jusqu’à ne plus les comprendre.
Il a l’élégance suprême.  Toutes les élégances.  Celle du style, bien sûr, celle du
 langage, de la démarche, si indolente,  d’un certain dédain pour le vulgaire
que plus personne n’ose plus afficher.
Et en plus, en plus, il aime Glenn GOULD.
Je viens de l'apprendre et du coup, je me sens d’autant plus proche de cet homme
 si lointain.  Il en parle comme j’aimerais en parler parce que pour moi, Gould,
c’est LE musicien, celui qu’on ne compare pas.
Je m’en vais de ce pas acheter son livre « Les Voyageurs du Temps »,
puisqu’il y parle de Gould.
On l’a dit libertin.  Il a dépassé l’âge, malheureusement.  Mais ça me plait,
qu’il fut libertin.   Le libertinage est encore une forme d’élégance. 

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:22
Pardon pour ce  souvenir récurrent, mais il répond tellement bien à l'hommage de Sollers à Glenn Gould !

Ma mère jouant du piano.  Ca la prenait un soir, comme ça, quand elle revenait du travail et qu’elle n’avait pas envie de parler, elle s’asseyait devant le piano,  soulevait le couvercle et restait quelques minutes immobile, comme cherchant dans sa tête la musique qui pouvait le mieux convenir à son état du moment.  Elle fouillait dans le tas de partitions, en choisissait une et la plaquait sur le pupitre.
Encore une minute de concentration, les yeux fixés sur les notes, et ses mains commençaient à courir sur le clavier.
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par son jeu comme l’oiseau devant le sifflement du serpent.
J’arrivais en catimini, j’avais sept ans, puis dix, puis quinze et toujours sa musique me prenait à la gorge. 
Je sais pourquoi maintenant.   Je sais maintenant que je recevais sa douleur. Après sa mort j’ai compris beaucoup de choses sur ma mère.  Je l’ai comprise trop tard, comme tout un chacun…
Quand elle jouait, c’était comme  d’autres entrent en méditation.
Leur esprit s’évade de leur corps et la sérénité  prend possession de tout leur être.
Je la voyais, habitée, les yeux fixés sur le papier ou bien fermés, son corps avait  des élans vite réprimés, des balancements, elle scandait, elle murmurait pour elle toute seule.
Son mal de vivre passait tout entier dans ses doigts et se mêlait au  mal de vivre de Chopin, de Liszt ou de Schuman.
Ma mère aurait été une comédienne hors pair.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:18

On est toujours moins seul qu’on ne le croit.
Philippe Sollers

Un moment d'optimisme pour ce grand désabusé.
Je vous quitte en vous souhaitant une semaine de soleil.
Miss Comédie

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:47
Bonjour !  C'est la saint Rodrigue.  Il a tué le père de sa fiancée et on le canonise. Il faut savoir pardonner.
CHRIS ne pardonne pas à YANN d'être celui qui corrige la copie.  Alors il jette l'éponge... Ce film est-il sur
le point de capoter ? Ah lala.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:41

LE BAR. 
 YANN,  CHRIS, le BARMAN, les musiciens

Une question d’ego.




YANN, abasourdi
Tu me laisses...

CHRIS
Je suis ton ami, YANN.  Je reste ton ami.

YANN
Il n’y a donc pas moyen de travailler en bonne intelligence ?

CHRIS
Je suis trop susceptible, voilà l’histoire.

YANN
Je crois que ton ego, comme tu l’appelles, est encore plus démesuré que le mien.

CHRIS
C’est bien possible.  Entre ton ego et le mien, ça ne peut pas coller.

YANN
Et bien... Il n’y a rien à ajouter.  Merci pour le scénario... (il le prend et le feuillette)  C’est un vrai cadeau que tu me fais. 
CHRIS
Fais comme si tu l’avais écrit toi-même.  D’ailleurs, c’est presque le cas.

YANN, toujours feuilletant
J'allais proposer le rôle à ROSE.

CHRIS
J'espère que tu ne vas pas changer d'avis.  Cest la meilleure solution.  Au fond, ROSE c'est elle, n'est-ce pas ?
(Il  se lève et se préparant à sortir il ajoute :)
Il y a  aussi quelque chose qui me gêne dans cette histoire... C’est un peu comme si l’on jouait les deus ex machina, tu sais... Ces deux êtres que l’on force à  sortir du temps...  Tu ne crois pas que leur bonheur est ici, dans ce bar, quand la nuit tombe ? 

(il se dirige lentement vers la sortie, puis se retourne encore pour une dernière réflexion, comme s’il venait de découvrir à l’instant ce détail :)  Le pianiste...  la nuit il joue du jazz, et le jour  il joue du classique.  C’est un signe, ça.
 
YANN, allant vers lui  et lui serrant la main`
Un signe de quoi ?

CHRIS
Il faut choisir.  C’est la nuit ou le jour.  Mais pas les deux à la fois.  Allez, salut.
Il s'arrête un moment sur le seuil, hausse les épaules et sort.
YANN retourne s’asseoir dans son fauteuil, l’air sombre.

Le noir se fait sur lui tandis que les silhouettes des musiciens sortant des loges se profilent jusqu’à la porte de sortie après un bref arrêt au bar pour saluer le barman.

(A suivre)

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:14

 … à  Marie-Anne CHAZEL dans la pièce que j’ai vue hier soir au Théâtre Tête d’Or à Lyon : « Good Bye Charlie ».
Elle sauve le spectacle.  Grâce à elle, les spectateurs très mollassons au début (c’est une pièce comique) n’ont pu faire autrement que d’applaudir frénétiquement le travail de la comédienne. 
 Un sacré rôle dans une pièce tarabiscotée, entre la fable onirique et le boulevard burlesque, mais qui lui donne l’occasion de déployer tous ses talents.
Je ne l’avais jamais vue sur scène, toujours au cinéma où elle est un peu en retrait, drôle avec retenue, tout en finesse.  Je l’ai découverte se donnant à fond jusqu’à la charge, très physique, et donnant de l’émotion au moment où l’on s’y attend le moins.
C’est là qu’on retrouve la vraie, la grande  comédienne.
Là où une autre toupie simule les larmes à grand renfort de simagrées sonores, elle bascule soudain du rire au chagrin et on y croit.  Elle est  sincèrement triste.  Tout simplement.  Et l’on a la gorge serrée, cinq minutes après avoir rigolé à ses pitreries.
On sort de là heureux d’avoir encore une fois vérifié l’adage que je vous livre dans la réplique qui m’enchante ci-dessous.



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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:11

Ma mère jouant du piano.  Ca la prenait un soir, comme ça, quand elle revenait du travail et qu’elle n’avait pas envie de parler, elle s’asseyait devant le piano,  soulevait le couvercle et restait quelques minutes immobile, comme cherchant dans sa tête la musique qui pouvait le mieux convenir à son état du moment.  Elle fouillait dans le tas de partitions, en choisissait une et la plaquait sur le pupitre.
Encore une minute de concentration, les yeux fixés sur les notes, et ses mains commençaient à courir sur le clavier.
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par son jeu comme l’oiseau devant le sifflement du serpent.
J’arrivais en catimini, j’avais sept ans, puis dix, puis quinze et toujours sa musique me prenait à la gorge. 
Je sais pourquoi maintenant.   Je sais maintenant que je recevais sa douleur. Après sa mort j’ai compris beaucoup de choses sur ma mère.  Je l’ai comprise trop tard, comme tout un chacun…
Quand elle jouait, c’était comme  d’autres entrent en méditation.
Leur esprit s’évade de leur corps et la sérénité  prend possession de tout leur être.
Je la voyais, habitée, les yeux fixés sur le papier ou bien fermés, son corps avait  des élans vite réprimés, des balancements, elle scandait, elle murmurait pour elle toute seule.
Son mal de vivre passait tout entier dans ses doigts et se mêlait au  mal de vivre de Chopin, de Liszt ou de Schuman.
Ma mère aurait été une comédienne hors pair.


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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:07
Il n’y a pas de petits rôles, il n’y a que des petits acteurs.
Stanislavski

Mais on donne souvent les petits rôles aux petits acteurs, c'est un cercle vicieux.
Allez je vous retrouve lundi, passez un très bon week-end sous l'anti-cyclone et
surtout, à la montagne, restez bien sur les pistes à l'écart des avalanches...
Miss Comédie

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 09:12
Bonjour !  Voici une page dédiée à Bernard Giraudeau.   Il est dans mon souvenir,
avec la dernière pièce où je l’ai vu sur scène, et il est dans l’actualité avec le succès
 de son dernier livre et l’annonce d’un nouveau pour le mois de mai… 
Pour nos deux acolytes de ROSE AUTOUR DE MINUIT, et bien ça se gâte
vraiment.  CHRIS abandonne son script et YANN se retrouve seul.  Va-t-il
abandonner le film ?


 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 09:05

LE BAR.   YANN, CHRIS, le BARMAN, les
musiciens.

Le renoncement de CHRIS.

YANN
Je ne suis pas Kubrick !

CHRIS
Qu’importe !  Votre ego à tous est incommensurable.  Il lui disait : “Cette scène-là, tu peux la refaire ?”  Et Raphaël refaisait. Il faut savoir que plus tu réécris une scène , plus tu montres que tu es prêt à te vendre. C’est ça, descendre bas.   Abandonner tout respect de son propre talent.  Et le plus beau, c’est qu’à la fin, pris à son propre jeu, on en arrive à s’oublier soi-même pour ne plus vouloir que le bien du FILM.  La plus belle parole de RaphaËL, vers la fin, alors que son scénar n’était plus qu’un album de coloriages dans lequel Kubrick mettait ses couleurs, fut : “Tout ce que je veux c’est que tu fasses un grand film”.  Admirable !!!
YANN
Tu as pris de la drogue, quelque chose ?

CHRIS
Non, non. Ca va très bien.
(Il se passe la main dans les cheveux, comme s’il cherchait à se ressaisir.)

YANN
Je cherche à comprendre.  Tu as viré net. D’accord, tu n’étais pas un parangon d’optimisme, mais là...

CHRIS
Je suis simplement découragé.
(Il pousse le manuscrit vers YANN dans un geste désabusé)
Je sens qu’on n’y arrivera jamais.

YANN
Moi qui venais de te féliciter pour ton travail...

CHRIS
Trop aimable. Je rougis.

YANN
Je suis triste parce que je vois que tu m’abandonnes ton script sans un regard, comme un serveur vous apporte un hamburger... 
(Après un silence :)
J’avais très envie de travailler avec toi.

CHRIS
Je ne suis pas l’homme de la situation. Heureusement, nous nous en apercevons à temps. Prends le script, fais-en ce que bon te semble. Moi, je disparais.

YANN
Comment, tu disparais ?

CHRIS
Oui, je pars avec ma femme et ma gamine dans un bled de Normandie. Je vais enfin pouvoir écrire mon bouquin. Je vais redevenir écrivain.  Je suis écrivain, tu sais

(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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