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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:40

LE BAR.
ROSE,  le BARMAN

La fin d’un rêve.




Le barman ouvre la porte et pour la première fois la lumière du jour pénètre dans le bar.  NAT se détache dans l’encadrement de la porte, un instant nimbé de lumière, comme incandescent, puis il disparaît.

LE BARMAN
Le jour se lève !  On ferme !

ROSE,  s’approchant de la porte.
J’aime pas le jour.
 
LE BARMAN
NAT t’attend !

ROSE
Je crois que je l’ai perdu, tu sais.

LE BARMAN
Il t’aime.

ROSE
C’est tentant, un rôle au cinéma, tu sais ?

BARMAN
Oui, bien sûr mais il y a loin de la coupe aux lèvres !

ROSE
Tu crois que j’aurais dû refuser ?

LE BARMAN
Tu as fait selon ton coeur.

ROSE
Je n’irai pas au rendez-vous.

BARMAN
Ah non ?

ROSE
Je veux NAT.

LE BARMAN
Tu ne sais pas bien ce que tu veux, hein ?  Allez, on ferme. Viens, je t’accompagne jusqu’au bout de la rue.

Il éteint toutes les lumières et prenant le bras de ROSE, il l’entraîne dans la rue.

Ils sortent.

(A suivre)

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:38

…  à Marc LAMBRON.  Pourquoi ? En dehors d’être un écrivain reconnu  et un journaliste très tendance, il peut aussi transformer sa chronique hebdomadaire en message personnel émouvant.
C’est une belle idée qu’il a eu, de souhaiter longue vie à sa grand-mère qui vient d’avoir 100 ans, dans les pages du magazine Madame Figaro.  C’est gonflé, aussi.  Il faut qu’il ait toute crédit auprès de la rédaction pour diffuser cette lettre d’anniversaire où il brosse le portrait d’une dame qui en a vu de toutes les couleurs…   Inconnue, elle n’avait a priori aucune raison d’intéresser le lectorat de Madame Figaro.  Et pourtant, le papier est intéressant.  On le lit jusqu’au bout, on s’intéresse à cette dame qui est « seulement » la grand-mère de l’auteur.
En tout cas, elle doit être drôlement fière d’avoir inspiré une page de magazine.
Ca s’efface vite, une page de magazine. La semaine passe et il n’en reste rien.  C’est comme un blog.  La page d’hier ne vaut plus rien aujourd’hui.  N’empêche : il y a des mots qui restent gravés dans la mémoire, longtemps encore. Très longtemps peut-être.
 


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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:34
J’ai retrouvé un souvenir qui vaut de l’or.  Un très grand millésime, celui-là, et qui va demander deux jours pour vous le raconter en détails.

Le programme.

Le 3 mars 1961 a eu lieu le XXXIème GALA DE L’UNION DES ARTISTES au Cirque d’Hiver Bouglione, sous la présidence de Jean MARAIS.  Un héévènement !  Une méga-fête !  La Cérémonie des Césars, à côté, c’est la kermesse de fin d’année au lycée de Montargis.  Mais on ne compare même pas : les deux  époques sont à des antipodes, tout a changé, nous n’avons plus la même faculté d’émerveillement, il nous faut du sexe et de la violence pour nous faire lever les yeux.  Mais ne jugeons pas. J’avais juré de ne jamais vous faire grincer des dents.  Alors regardons plutôt cet événement surdimensionné.
Le programme est déjà du domaine de l’impensable aujourd’hui : un livre somptueux aux exemplaires numérotés.  Des pages publicitaires époustouflantes pour des annonceurs triés sur le volet, des dessins sur le thème du cirque signés par quinze grands peintres du moment dont Bernard Buffet, Foujita, Soulages, Cocteau…  et un programme à couper le souffle.
Les numéros de cirque exécutés par des artistes du théâtre, du cinéma ou de la chanson étaient réglés par les frères Bouglione, c’est dire si ça n’était pas de la frime.
Dans le programme figuraient les noms des personnages illustres qui occupaient les loges.  Ca allait de Suzy Volterra à Paul-Louis Weiller, en passant par des patrons de grosses boites, la SACEM, le BHV, Cino del Duca, Pierre Lazareff, et l’Agence CIMURA dont je faisais partie ce qui explique que je puisse vous raconter tout ça.
Moi j’écarquillais les yeux, je me pinçais.  L’orchestre Jacques HELIAN  accompagnait l’entrée des spectateurs d’une musique séraphique.  Les jeunes comédiennes du Conservatoire distribuaient ces précieux programmes accompagnés de cadeaux (écharpe en soie peinte, parfums…)  Elles portaient des robes de grands couturiers, étaient coiffées par… Dessange !
Je n’étais pas encore entrée dans la carrière mais ça commençait à me chatouiller grave.
Donc, demain je vous parlerai du spectacle. Préparez les jumelles.
(L'illustration est tirée du programme et signée CHAPELAIN-MIDY)


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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:29
La vraie séduction de l’acteur, c’est de faire admettre au public qu’il est vraiment le personnage.
Bernard GIRAUDEAU

...Même si ce personnage s'envoie en l'air sous un chapiteau !...
Le rideau tombe aujourd'hui sur l'une des dernières scènes de ma pièce.
J'avoue que tout ça est bien triste.  Mais patience, la prochaine sera plus gaie.
A demain mes très chers.
Miss Comédie
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:29
AH !  Nous revoilà ensemble.  J’aime bien me retrouver devant l’ordi et commencer à écrire pour des milliers d’inconnus.  Quoi ? Pas des milliers ?
Si, si, des milliers de gens lisent mon blog et s’assoient dans mon théâtre.
Aujourd’hui ils vont assister à la triste fin de l’histoire d’amour entre NAT et ROSE.  Plus que quelques scènes et le rideau tombera sur ROSE AUTOUR
DE MINUIT.  Préparez vos commentaires, vous n’allez pas me laisser sur ma fin…….
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:24

LE BAR.  
NAT, ROSE, le barman

ROSE a choisi.



NAT sortant de l’ombre va vers son piano et plaque quelques accords qui font sursauter ROSE.



ROSE
Tu m’as fait peur.

NAT ne répond pas et enchaîne encore deux ou trois accords rageurs.

ROSE
Tu étais là ?  (toujours pas de réponse)
Alors tu devrais être content, non ?  J’ai bien dit qu’il n’était pas question que je te laisse tomber.

NAT, depuis le piano, d’une voix assourdie par la colère
J’avais dit « tu refuses. »

ROSE
J’avais rien promis.

NAT
Moi je crois bien que tu avais promis. Ou alors c’est que tu te fous de moi.

ROSE
Nat, réfléchis, ça ne change rien.

NAT
Ah ouais ?

Il claque le couvercle du piano et descend de l’estrade.  Il va vers elle d’un pas traînant.

NAT
Je vois que tu en as rien à foutre.  J’ai très bien entendu ce qu’il a dit, le mec.  La fin des histoires d’amour. T’en as rien à foutre, hein ?

ROSE
Mais moi, je tiendrai le coup !  Je t’aime, Nat ! 

Elle se pend à son cou.  Il se dégage brutalement.

NAT
Je vais te perdre, Rose. Tu as choisi, c’est clair.

ROSE, implorant
Non, Nat, aie confiance en moi !

NAT
Je tire un trait. Je me casse.

Il va vers la porte.

ROSE
Nat ! 

Il sort.

(A suivre)
___________________________

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:20

… à la bande-annonce de COCO, qui a fait l’effet d’un feu de brousse. Tout le monde avait envie de voir le film. Tout le monde disait « il en fait des tonnes, c’est gros, gros ! »et on se répétait déjà  les phrases hilarantes de la bande annonce et tout le monde avait envie de  voir le film.  Moi la première.  Je vais m’y précipiter demain. J’adore Gad Elmaleh, ça n’est pas très original, car depuis CHOUCHOU il l’est de tous les  Français.
Alors rendez-vous sur mon blog dès que j’aurai vu le film, pour vous dire ce qu’en pense, en fin de compte.  J’espère vraiment que ce ne sera pas un pétard mouillé, cette bande-annonce, et que le film est à la hauteur, parce que j’ai très envie de rire avec Gad Elmaleh, moi.


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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:18
Pas vraiment un millésime, mais des miettes de souvenirs des moments qui faisaient ma vie de comédienne. De bons souvenirs, malgré tout.


Du temps de l’ORTF les comédiens défilaient aux Buttes-Chaumont, plus précisément rue des Alouettes, pour décrocher un rôle dans les dramatiques.
Les bureaux affichaient sur la porte le nom de la production en cours de casting, et c’était excitant au possible.  Le bouche à oreille marchait mieux qu’Internet : »n’y va pas, ils cherchent des filles de moins de vingt ans ». ou : « apporte des photos en blonde, ça se passe en Suède ».
En général les rôles importants étaient déjà distribués. Mais dans ce métier, tout est bon à prendre, même la pub, quoi que…à l’époque beaucoup d’entre nous estimaient que faire de la pub c’était comme si Bjon Börg se mettait au ping-pong.
La rue des Alouettes était un miroir à mille facettes où l’on espérait entrevoir notre image.
Mais c’était aussi un lieu de rencontres inattendues, d’échanges de tuyaux, de connivences inespérées.  On pouvait y trouver un rôle, mais aussi un amoureux. On se serrait les coudes.  Comme aux Assedic, quand il fallait pointer rue Ballu et qu’on se retrouvait dans la même queue avec Jean Maris qu’on appelait Jeannot, Lino Ventura qui faisait la gueule et tous nos copains. On se marrait bien.  On était pourtant là parce qu’on n’avait pas de boulot.  Des intermittents du spectacle, on était… On n’en faisait pas une pendule.
C’était une époque facile et joyeuse.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:09
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne.
(Apollinaire)

Il en a qui supportent très bien le partage.  D'autres pas. NAT est de ceux-ci, adieu NAT...
ROSE AUTOUR DE MINUIT touche à sa fin, et je vous prépare une autre pièce, beaucoup plus
optimiste.
A demain !
Miss Comédie


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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 08:51
Bonjour !   Aujourd'hui hélas, pas de lever de rideau, pour des raisons personnelles mais pas graves.
Je vous retrouve lundi pour la suite des aventures de ROSE AUTOUR DE MINUIT et pour de nouvelles
élucubrations existentielles...
Bon week-end à tous !
Miss Comédie
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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