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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:18


LE BAR
LE BARMAN, YANN puis CHRIS

Retour sur image.


YANN ne répond pas et regarde autour de lui le décor de ce bar désormais vidé de son sens.
Il hésite un peu puis va s’asseoir à la table qu’il occupe habituellement.
Comme s’ils avaient rendez-vous, entre CHRIS qui hésite, lui aussi, avant de se diriger vers la table de YANN.
Les deux hommes se dévisagent un instant puis YANN désigne le fauteuil en face de lui.

YANN
Tu as réfléchi ?
CHRIS
OuI.  Il m’est venu une idée.
YANN
Dis toujours…
CHRIS
Et bien…

Il hésite, puis sort quelques feuillets de son sac à dos.

Tu liras ça.  C’est la même histoire, mais…

YANN
… sans le pianiste ?
CHRIS
Oui.  Tu y as pensé aussi ?
YANN
Chris, tu vois ce bar.
CHRIS
Oui ?
YANN
Nous sommes bien jeudi.
CHRIS
Oui.
YANN
Et bien, tu vas t’apercevoir que l’orchestre ne jouera pas ce soir.
CHRIS, regardant autour de lui
Ah bon ?  Pourquoi ?
YANN
Parce que le pianiste est absent. Et du même coup, la chanteuse aussi. 

Au ton de la voix de YANN, CHRIS comprend qu’il s’est passé quelque chose.  A ce moment, s’approche le barman qui demande :

LE BARMAN
Est-ce que ces messieurs prendront quelque chose ?
YANN
Oui, donnez-nous comme d’habitude.  Deux scotchs et une bouteille de Perrier.



LE BARMAN
Bien messieurs.  (Il s’éloigne)

(A suivre)

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:15

…. à Philippe TESSON pour sa critique de l’HABILLEUR, dont je vous parlais hier.
Il dit : « Avec Laurent Terzieff on est toujours dans l’ineffable ».
Ce n’est pas souvent qu’un critique utilise ce genre de superlatif. Et ils ne sont pas nombreux ceux qui le méritent.
« C’est au coeur du sortilège théâtral que nous fait pénétrer la pièce de Ronald Harwood », écrit-il.
Je le cite encore : « On n’est pas près d’oublier certaines scènes de ce spectacle, celle notamment où Terzieff, après s’être grimé sous nos yeux, revêt les somptueux habits d’hermine du Roi Lear, sous les yeux attendris de l’habilleur.  (…) Celles de ses agonies, feintes ou réelles.  Quelle allure !   Quelle beauté !   Quel théâtre ! »
Voilà une critique comme on aimerait en lire plus souvent, vibrante, spontanée.  On sent bien que ça n’est pas du pipeau.
Mais aussi : quel spectacle cela doit être !
(La photo date de 1964 et elle est signée Thérèse Le Prat.)
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:07

Et puisqu’il est question de Laurent TERZIEFF, c’est un bonheur pour moi de lui offrir en forme d’hommage  le souvenir de cette soirée où je l’ai vu aux côtés de sa compagne disparue Pascale de BOYSSON, dans ces deux courtes pièces  de Murray SCHISGAL : LE TIGRE et LES DACTYLOS.
C’était en  1964 au petit Théâtre de Lutèce  et  la mise en scène était de Laurent TERZIEFF et Maurice GARREL.
Une franche rigolade.  TERZIEFF était d’un comique halluciant, tout en contorsions et en mimiques, la mèche en bataille, l’œil égrillard.
Quand on voit le personnage aujourd’hui on a peine à le croire.
La vie l’a  courbé, buriné, blanchi, son visage christique a pris les stigmates de toutes les douleurs, celles de ses personnages et les siennes propres.
Et sa voix…  Sa voix a pris la profondeur des abimes cosmiques.
Il est devenu Laurent-le-Magnifique.


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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:03
Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun joue son rôle.
William Shakespeare

A demain chers spectateurs pour le dernier épisode de ma pièce de théâtre.
Je vous en prépare une autre pour le 7 avril.
Love,
Miss Comédie
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:55
Bonjour !  C'est la Ste Annonciation.  Je vous annonce que ROSE AUTOUR DE MINUIT touche à sa fin.
Plus que deux scènes et le rideau tombera sur cette belle histoire triste.
Il y aura une semaine de relâche pour travaux (nouveau décor, nouveau casting) et je vous accueillerai
à nouveau pour une deuxième pièce, beaucoup moins triste.
En attendant, préparez vos mouchoirs...
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:39


LE BAR.
LE BARMAN, YANN

L'orchestre ne jouera pas ce soir.





Le bar de nuit.  Le barman est assis derrière le bar, un journal à la main.
Un couple de clients est assis à une table.
On entend la musique de Round Midnight jouée en sourdine.
Entre YANN.  Il regarde autour de lui.

YANN, au barman
« PAS DE CONCERT CE SOIR » ça veut dire quoi cet écriteau ?

LE BARMAN, sombre
Ca veut dire pas de concert ce soir.

YANN
Mais pour quelle raison ?



l qu’il est en train de lire.
YANN jette un coup d’œil et laisse tomber le journal, saisi.
Ils se regardent un long moment.

YANN
Quand ?

LE BARMAN
Hier matin. Il s’est fait renverser par une voiture.  Mort sur le coup.

YANN, effondré
Et Rose ?

LE BARMAN
Elle dort.

YANN
Comment, elle dort ?

LE BARMAN
Oui elle dort. Elle est pas encore au courant.
(brusquement agressif)
 Vous allez changer la fin du scénario, maintenant ?
Une belle fin !  Une fin très, très romantique, hein ?  Ca va faire un tabac, je vous le dis !

YANN
Qu’est-ce qui vous prend ?

LE BARMAN, id
Les jeux sont faits. Il n’y a plus rien à glaner ici.   Foutez le camp.

(A suivre)

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:37

…..  à Laurent TERZIEFF, acteur sublime pour qui j’ai une tendresse particulière puisqu’il est toulousain comme moi, et qui monte une pièce magnifique de Ronaltd Harwood, « L’HABILLEUR ».
La très troublante histoire d’une troupe de théâtre qui joue envers et contre tout dans une petite ville anglaise sous les bombardements.
A sa tête, un  comédien chevronné qui incarne chaque soir le personnage du Roi Lear jusqu’au soir où, épuisé, il se sent incapable d’assurer la représentation.  C’est son fidèle habilleur  qui tente de lui redonner la confiance et l’énergie nécessaires pour affronter le public.
Dans mon souvenir, la pièce mêle étrangement la vie et le théâtre dans l’esprit de cet acteur qui ne sait plus très bien où est sa vérité.
Laurent TERZIEFF dans le rôle du vieux comédien usé :  qui d’autre ?
Ca se passe au Théâtre RIVE GAUCHE et je brûle d’envie de voir ce spectacle.
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:33
GALA DE L’UNION DES ARTISTES  -     mars 1961 (suite)

Le spectacle.

C’est du cirque, on est u cirque, ça commence comme au cirque, par les chevaux.  Les cavaliers en habit bleu menés par le chef de piste (Duvalles, mais qui se souvient de Duvalles ?) caracolent et parmi eux je reconnais Yves FURET, mon prof d’art dramatique, fière allure, et Claude PIEPLU, imperturbable.
Ils font des tours et filent en coulissent pour laisser la place au président qui fait un discours. C’est Jean MARAIS, superbe en smoking blanc, qui dit ce qu’il faut dire dans ces cas-là, avec une grand élégance.
Puis c’est l’entrée de monsieur LOYAL (Charles VANEL) qui nous fait quelques démonstrations de dressage avec son cheval, impeccable, puis c’est Suzanne FLON qui passe à travers un cerceau en feu tendu par Jean-Claude BRIALY, ouaah, c’est effrayant, elle s’en sort avec le sourire, puis Marie-José NAT nous en met plein les yeux avec un numéro de voltige aérienne comme si elle avait fait ça toute sa vie.  Prodigieux !
A côté de ça, Joséphibe BAKER sans prendre de risques, menait un groupe d’éléphants aussi enturbannés qu’elle au pas de sénateur, mais ça avait belle allure et elle en faisait des tonnes en se tortillant comme elle savait le faire.
Après l’entracte où l’on buvait  des coupes en savourant son anonymat, il y eut encore quelques prouesses comme le trapeze où BELMONDO s’est envolé vers la toile du chapiteau puis retombé juste où il fallait en rattrapant la barre, toujours souriant, le fou, quelle peur il nous a fait    Encore un tour de prestidigitation par une Maria PACOMe toute jeunette, et puis ce fut la fin.
L’explosion des bravos, le défilé de tous les artistes ovationnés chacun leur tour dans l’arène, une dernière cavalcade des pur-sangs de BOUGLIONE, et la magie s’est évanouie dans la nuit.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:28

Dès que nous naissons, nous pleurons d’être venus sur ce grand théâtre de fous.
William Shakespeare  (LE ROI LEAR)

Et pourtant, la vie est un cadeau, moi je vous le dis.
Cheer up, old folks, you'll soon be dead !
Je vous dis à demain.
Miss Comédie.
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:52
Bonjour !  Il pleut. Ca va bien avec cette scène où ROSE ne sait pas encore qu'elle a fait le mauvais choix.
Il n'y a rien à expliquer aux impulsions soudaines qui mènent au désastre.
Décidément, le jour ne va pas à ROSE...
Pour vous dérider, vous lirez ensuite un souvenir qui pétille de tous ses feux !
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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