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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:12
 
…. à Claudia STAVISKY qui tire un beau parti des ressources immenses du théâtre des CELESTINS.  J’ai vu hier soir un HAMLET hallucinant monté par Claire LASNE-DARCUEIL. 
Cette femme, qui joue aussi Gertrude dans la pièce, possède une
énergie créatrice extraordinaire.  Ses inventions scéniques et sa poigne pour diriger les acteurs sont phénoménales.  Je ne la connaissais pas. Je ne sais pas d’où elle vient, ni ce qu’elle a fait avant.  Mais là, chapeau !  Sa mise en scène est vraiment « shakespearienne ».
Pour le reste, c’est-à-dire la distribution, et bien… je ne suis pas entièrement convaincue.  Parlons d’Hamlet : Patrick CATALIFO prend peu à peu possession du personnage en lui donnant une folie très inspirée, il a les secousses, les cris, l’ironie et le désespoir très convaincants.  Mais son physique ingrat m’a un peu gênée. C’est un gnome agile comme un singe, il n’a pas l’élégance et la stature d’un prince.  Autour de lui, une Ophélie très jeune, belle et qui maîtrise ce rôle difficile avec une étonnante maturité.   Pour ce qui est de Gertrude, la mère d’Hamlet, vraiment je pense que Claire LASNE-DARCUEIL aurait pu se dispenser de s’attribuer le rôle.  Les autres sont bien, sans plus. Pas de véritables natures pour encadrer la folie destructrice d’Hamlet.
Mais l’ensemble du spectacle est magistral,  magnifiquement installé dans un décor astucieux, d’impressionnants effets de lumière (aveuglante parfois) et sonorisation assourdissante, parfaitement gênante à certains moments, comme il est d’usage de nos jours sur les scènes de France et de Navarre.
La représentation dure quatre heures…. Mais la magie de Shakespeare opére et on ne voit pas passer le temps.

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:09
« Je me souviens »… qui disait ça aussi ?  C’est Georges PEREC avec ses 480 souvenirs numérotés de 1 à 480  et qu’il avait réunis depuis l’âge de 10 ans jusqu’à sa vingt-cinquième a, c’est lui qui le dit.
Dans son livre « JE ME SOUVIENS », paru en 1978, Georges PEREC  se souvenait de plein de petites choses de la vie, de Paris, du métro, de gens du spectacle.
Et Sami FREY pédalait, pédalait, sur la scène du théâtre du Port de la Lune à Bordeaux, en récitant ce texte drôle et mélancolique.  L’idée du petit vélo était de lui.
On demandait à Sami FREY « mais vous devez vous sentir bien seul, en scène, sur votre vélo, en disant les souvenirs de PEREC ? »
Il avait répondu simplement « comme dans la vie… »
Bon, ça n’est pas vraiment un événement de ma vie que je vous écris-là, mais il est toujours question de souvenirs…
Et ça m’a donné l’occasion de me rappeler cet écrivain atypique qui me fascine, depuis ses prouesses d’écriture (comment peut-on arriver à écrire  un roman de 300 pages sans utiliser une seule fois la lettre e ?") jusqu’à ses grilles de mots croisés ultra-dures mais  tellement humoristiques.
Après tout, nous sommes encore en Mars, le mois anniversaire de sa naissance et de sa mort.  Donc, je ne suis pas tout à fait hors sujet…


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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:07
Tout  portrait se situe au confluent d’un rêve et d’une réalité.
Georges PEREC  (La vie mode d’emploi)

Je n’aurais pu trouver mieux pour mettre un point final à cette pièce.
Merci à Georges Pérec, toujours bien inspiré.
Et au revoir à vous tous, pour une petite semaine qui sera très occupée :  je monte à Paris participer à la remise du Prix du Premier Roman en ligne des Editions Le MANUSCRIT, pour mon roman SA LENTE TRAVERSEE DU MOIS D’AOUT.
ET… je peaufine les premières scènes de ma prochaine pièce sur ce blog : LES AMOUREUX DANS LA SALLE D’ATTENTE.
A lundi 6 avril, ne m’oubliez pas !

Miss Comédie.

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:25
Bonjour !  Chers amis, ROSE AUTOUR DE MINUIT arrive à son dénouement.  Comme au tout début de la pièce,
YANN et CHRIS se retrouvent dans ce bar mais aujourd'hui la scène est vide. Ils ont tous les deux imaginé
une autre fin pour leur scénario... Fiction ou réalité ?
Dans la page d'aujourd'hui vous trouverez aussi un hommage à Laurent TERZIEFF qui est à l'affiche du
Théâtre Rive Gauche avec "l'HABILLEUR". 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:18


LE BAR
LE BARMAN, YANN puis CHRIS

Retour sur image.


YANN ne répond pas et regarde autour de lui le décor de ce bar désormais vidé de son sens.
Il hésite un peu puis va s’asseoir à la table qu’il occupe habituellement.
Comme s’ils avaient rendez-vous, entre CHRIS qui hésite, lui aussi, avant de se diriger vers la table de YANN.
Les deux hommes se dévisagent un instant puis YANN désigne le fauteuil en face de lui.

YANN
Tu as réfléchi ?
CHRIS
OuI.  Il m’est venu une idée.
YANN
Dis toujours…
CHRIS
Et bien…

Il hésite, puis sort quelques feuillets de son sac à dos.

Tu liras ça.  C’est la même histoire, mais…

YANN
… sans le pianiste ?
CHRIS
Oui.  Tu y as pensé aussi ?
YANN
Chris, tu vois ce bar.
CHRIS
Oui ?
YANN
Nous sommes bien jeudi.
CHRIS
Oui.
YANN
Et bien, tu vas t’apercevoir que l’orchestre ne jouera pas ce soir.
CHRIS, regardant autour de lui
Ah bon ?  Pourquoi ?
YANN
Parce que le pianiste est absent. Et du même coup, la chanteuse aussi. 

Au ton de la voix de YANN, CHRIS comprend qu’il s’est passé quelque chose.  A ce moment, s’approche le barman qui demande :

LE BARMAN
Est-ce que ces messieurs prendront quelque chose ?
YANN
Oui, donnez-nous comme d’habitude.  Deux scotchs et une bouteille de Perrier.



LE BARMAN
Bien messieurs.  (Il s’éloigne)

(A suivre)

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:15

…. à Philippe TESSON pour sa critique de l’HABILLEUR, dont je vous parlais hier.
Il dit : « Avec Laurent Terzieff on est toujours dans l’ineffable ».
Ce n’est pas souvent qu’un critique utilise ce genre de superlatif. Et ils ne sont pas nombreux ceux qui le méritent.
« C’est au coeur du sortilège théâtral que nous fait pénétrer la pièce de Ronald Harwood », écrit-il.
Je le cite encore : « On n’est pas près d’oublier certaines scènes de ce spectacle, celle notamment où Terzieff, après s’être grimé sous nos yeux, revêt les somptueux habits d’hermine du Roi Lear, sous les yeux attendris de l’habilleur.  (…) Celles de ses agonies, feintes ou réelles.  Quelle allure !   Quelle beauté !   Quel théâtre ! »
Voilà une critique comme on aimerait en lire plus souvent, vibrante, spontanée.  On sent bien que ça n’est pas du pipeau.
Mais aussi : quel spectacle cela doit être !
(La photo date de 1964 et elle est signée Thérèse Le Prat.)

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:07

Et puisqu’il est question de Laurent TERZIEFF, c’est un bonheur pour moi de lui offrir en forme d’hommage  le souvenir de cette soirée où je l’ai vu aux côtés de sa compagne disparue Pascale de BOYSSON, dans ces deux courtes pièces  de Murray SCHISGAL : LE TIGRE et LES DACTYLOS.
C’était en  1964 au petit Théâtre de Lutèce  et  la mise en scène était de Laurent TERZIEFF et Maurice GARREL.
Une franche rigolade.  TERZIEFF était d’un comique halluciant, tout en contorsions et en mimiques, la mèche en bataille, l’œil égrillard.
Quand on voit le personnage aujourd’hui on a peine à le croire.
La vie l’a  courbé, buriné, blanchi, son visage christique a pris les stigmates de toutes les douleurs, celles de ses personnages et les siennes propres.
Et sa voix…  Sa voix a pris la profondeur des abimes cosmiques.
Il est devenu Laurent-le-Magnifique.


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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 09:03
Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun joue son rôle.
William Shakespeare

A demain chers spectateurs pour le dernier épisode de ma pièce de théâtre.
Je vous en prépare une autre pour le 7 avril.
Love,
Miss Comédie

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:55
Bonjour !  C'est la Ste Annonciation.  Je vous annonce que ROSE AUTOUR DE MINUIT touche à sa fin.
Plus que deux scènes et le rideau tombera sur cette belle histoire triste.
Il y aura une semaine de relâche pour travaux (nouveau décor, nouveau casting) et je vous accueillerai
à nouveau pour une deuxième pièce, beaucoup moins triste.
En attendant, préparez vos mouchoirs...

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 08:39


LE BAR.
LE BARMAN, YANN

L'orchestre ne jouera pas ce soir.





Le bar de nuit.  Le barman est assis derrière le bar, un journal à la main.
Un couple de clients est assis à une table.
On entend la musique de Round Midnight jouée en sourdine.
Entre YANN.  Il regarde autour de lui.

YANN, au barman
« PAS DE CONCERT CE SOIR » ça veut dire quoi cet écriteau ?

LE BARMAN, sombre
Ca veut dire pas de concert ce soir.

YANN
Mais pour quelle raison ?



l qu’il est en train de lire.
YANN jette un coup d’œil et laisse tomber le journal, saisi.
Ils se regardent un long moment.

YANN
Quand ?

LE BARMAN
Hier matin. Il s’est fait renverser par une voiture.  Mort sur le coup.

YANN, effondré
Et Rose ?

LE BARMAN
Elle dort.

YANN
Comment, elle dort ?

LE BARMAN
Oui elle dort. Elle est pas encore au courant.
(brusquement agressif)
 Vous allez changer la fin du scénario, maintenant ?
Une belle fin !  Une fin très, très romantique, hein ?  Ca va faire un tabac, je vous le dis !

YANN
Qu’est-ce qui vous prend ?

LE BARMAN, id
Les jeux sont faits. Il n’y a plus rien à glaner ici.   Foutez le camp.

(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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