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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:29
Bonjour !   Vendredi Saint. Observez une journée de mesure et d'amour du prochain.
Que cela ne vous empêche pas de venir assister à la scène où le petit homme dévoile
ses griefs contre l'Homme pollueur de sa planète.
Heureusement, la prise de conscience est faite et la réaction s'organise.
Prions ensemble.
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:26

La sale d’attente.
LUI, LE PETIT HOMME

LUI, l’air ahuri
Oui ?  Comment, enlevée ?  Ah ?  Fourrière ?... Bon dieu...
(Il se précipite  à la fenêtre pendant qu’ELLE sort)  Oui... c’est bien ça... Elle n’est plus là... Quelle merde...
Il se laisse tomber sur une chaise, regarde autour de lui. Il est seul avec le petit homme. 

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
L’homme a choisi sa mort... Dioxyde de carbone... Extermination totale par l’automobile...

Lui dresse l’oreille et son visage prend une expression hagarde, entre terreur et incrédulité. L’autre se replonge dans son mutisme, droit sur sa chaise, les yeux fixés au sol.
LUI 
Vous m’avez parlé ?
Pas de réponse.
LUI (on le sent sur le point d’exploser, les nerfs à fleur de peau)
Vous en avez contre l’automobile, on dirait ?  Vous allez certainement à pied, monsieur, pour en parler comme vous le faites. Le piéton est l’ennemi de l’automobiliste, c’est la loi de la nature, l’un est né pour emmerder l’autre et lycée de Versailles, et moi qui suis automobiliste, on vient de me piquer ma bagnole et je ne trouve pas ça drôle.
Il se carre dans sa chaise, rajuste son veston, et croise les jambes.

LE PETIT HOMME (toujours sans le regarder)
Ce n’est pas la peine de s’énerver. On ne peut rien contre les lois de la nature.
(Un temps.  Brusquement, il reprend en agitant le bras :)
En attendant si tout le monde allait à pied, la planète aurait encore une petite chance de s’en sortir !  ! Cela dit, meme à pieds l’homme salit tout ce qu’il touche, sa respîration même est toxique, du gaz carbonique, pensez...(il s’enflamme) des ordures naissent sous ses pas, les microbes se logent dans les plis de sa peau répugnante, mal lavée, jamais désinfectée, l’homme est l’ordure vivante la plus imbue d’elle même, la plus arrogante, une ordure qui pense et qui parle... (il s’essoufle, sort un mouchoir plié en quatre, l’ouvre, le respire) aaah.... l’éther, le pur éther...

LUI (estomaqué)
Pourquoi vous habitez en ville ?  Vous n’auriez pas ces pensées morbides si vous viviez à la montagne, dans l’air des sommets, je ne sais pas, moi... St-Véran, le plus haut village d’Europe...  non ?
(Il regarde le petit homme avec compassion).

LE PETIT HOMME (méprisant)
Le Mont Blanc est un tas d’immondices en regard de l’immense pureté du cosmos.  La planète est cernée.  Vouée à disparaître.  Seul le cosmos est pur.  Retourner au cosmos... Il faut attendre...
Lui se prend la tête dans les mains.
La porte du cabinet s’ouvre.
VOIX DU MEDECIN
Monsieur Hyde, s’il vous plait.

(A  suivre)

_______________________________

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:22

  
… à Olivier Py qui aligne au Théâtre de l’Odéon les productions les plus prestigieuses, les plus ambitieuses.
Après le cycle Howard Barker, après Gertrud (Le cri), voilà qu’il monte LE SOULIER DE SATIN dans sa version intégrale : onze heures de spectacle !
Dans sa présentation, il cite Claudel : « Si l’on demande beaucoup au public, pourquoi douter qu’il ne soit prêt à donner beaucoup ? »
Le Soulier de Satin n’est pas une pièce facile.  On dit que la location marche très fort.  Les spectateurs ont donc soif de beaux textes, ils y vont, ils sacrifient une soirée entière, ils préfèrent Jeanne BALIBAR à Laurence FERRARI, ils veulent découvrir CLAUDEL au lieu de Katherine PANCOL, ils ont soif d’extrême.
Ils vont s’installer là et se mettre à rêver avec dona Prouheze qui a perdu son soulier entre les bras de la Vierge.
Histoire incompréhensible, onirique, intemporelle, mélange de toutes les cultures, de toutes les légendes du fond des temps.
Onze heures, quatre heures puis cinq heures et encore deux heures… Je ne sais pas si j’aurais le courage. 




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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:15
   
Michel DRACH   (suite)

LE PASSE SIMPLE était l’histoire d’une femme qui a eu un accident de voiture et qui ne se souvient plus de rien.
Et moi, c’est tout ce dont je me souviens du film… Etonnant, non ?  Mais bon, j’avais beaucoup de choses à faire, tous les jours il y avait la feuille de service avec tous les participants et les accessoires du jour, les convocations, je ne sais plus combien de paperasses à taper et à apporter au studio ou sur le lieu de tournage.
Je m’entendais bien avec l’assistant Laurent, un grand type maigre et très lymphatique, mais quand il piquait une colère il fallait voir.  Il avait des petits sous-assistants qui me draguaient tous l’un après l’autre, ils essayaient de marquer mais avec aucun ça n’a marché, moi j’avais en tête Michel DRACH,  tout de suite après Pierre UYTTERHOEVEN, ensuite LAURENT.  C’était la vie rêvée, tous ces hommes autour de moi, barbus, chevelus et tous dans le cinoche.  Tout cela en tout bien tout honneur, naturellement, n’allez pas imaginer des choses, il faut être très naïve ou très néophyte pour tomber dans le panneau.
La secrétaire de production jouit d’un statut particulier, elle a toutes les cartes en mains, elle sait tout de chacun des gens de l’équipe technique ou artistique, les dates de naissance, tout, et les cachets, bien sûr, donc elle est assez respectée.
Moi on savait que j’étais amateur, mais comme je faisais bien mon boulot et que je n’étais pas chochote, on me laissait tranquille.   « ON » c’est-t-dire le noyau dur des techniciens : la script, le chef op, le premier assistant.  Ils m’aimaient bien.
J’aurais pu continuer à être secrétaire de production.  Mais moi mon but dans la vie c’était de jouer la comédie et j’enviais les acteurs que je regardais tourner.


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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:13

« Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien. »
(WOODY ALLEN)

C’est vrai que le monde ne tourne plus tellement rond.
Je ne vous dis pas à lundi, puisque Pâques il y a, et que
nous avons des cloches à sonner et des œufs à ramasser.
A mardi donc, épuisés et heureux.
Miss Comédie.


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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:47
Bonjour !  Heureuse de vous retrouver par ce matin radieux, Jeudi Saint précisément, Jésus n'était pas vraiment
radieux, lui, il se préparait des choses terribles derrière son dos.
Dans votre théâtre entre en scène un nouveau personnage assez cocasse, habitué de la salle d'attente.
Son allergie à lui, c'est le genre humain. Ca ne se guérit pas facilement.   
Eteignez vos portables, et bon spectacle !
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:44

La sale d’attente
ELLE, LE PETIT HOMME, puis LUI



Un petit homme chétif, l’air inquiet, s’avance à petits pas dans la pièce en  marmonnant un “bonjour” sans regarder autour de lui.
Il s’asseoit en soupirant.
ELLE
Bonjour, monsieur Hyde.
Elle le regarde d’un air amusé, on sent qu’elle l’a déjà vu souvent dans cette salle d’attente.  Il reste immobile, tassé sur sa chaise.
Au bout d’un instant de silence, il se lève et retire son manteau, un grand manteau noir qui descend jusqu’à ses chevilles.  Il le plie soigneusement et le pose sur la chaise à côté de lui. Il garde ses gants. A ce moment, leurs regard se croisent et il détourne les yeux pour fixer la table basse couverte de magazines.
Un temps.

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
Désordre...
Elle le fixe, semblant attendre la suite. Comme rien ne vient, elle se lève et va pour prendre un journal,  puis un second qu’elle tend au petit homme d’un air engageant.
ELLE
Vous voulez ?...
LE PETIT HOMME (comme choqué)
Moi ?  Non, oh non.  Dégoûtant.  Je ne touche pas à ces saletés....
ELLE
J’avais remarqué...Vous avez peur des microbes ?
LE PETIT HOMME (pousse un grognement)
Hon.
ELLE (fixant ses mains gantées)
Mais vous avez des gants  ...
LE PETIT HOMME
Oui... (après un temps) ... fragile rempart.  

Tout en parlant, il fixe le sol.  Il ne la regarde pas.
Elle va se rasseoir avec son journal.  Elle le feuillette avec une certaine réticence, tout à coup.

ELLE
Si on pense à ça, on n’a plus qu’à rester chez soi enfermé... et encore...
LE PETIT HOMME
Comme vous dites : et encore !  Ca vient par les interstices des portes, des fenêtres, ça se glisse sous les tapis, dans les draps, ça imprègne la nourriture...
ELLE
Quoi, ça ?
LE PETIT HOMME
La vermine.  La saleté. Les particules de l’atmosphère polluée qui entoure la planète et que les hommes ont créée.
ELLE
Oui. (Elle se penche sur son magazine, l’air absorbé,  puis soudain :)
Vous êtes bien soigné, ici ?
Il la regarde l’air furibard.
LE PETIT HOMME
Ce médecin ne changera pas la face du monde. (A part ) Face immonde. (A voix haute)  Il fait ce qu’il peut.  (Elle attend la suite et il fait durer l’attente)

Le silence s’installe.
On entend des éclats de voix, et la porte du cabinet s’ouvre sur LUI, l’air furieux, suivi par la voix excédée du médecin.
LUI
Ce qui me plait, vous entendez ?  Ce qui me plait !
LA VOIX DU  MEDECIN
C’est ça, c’est ça, au revoir monsieur.  (Plus fort, s’adressant à ELLE)  Madame Aufray ?

Elle se lève, jette son journal sur la table, prend son manteau et s’apprête à le suivre mais se ravise et s’approchant de LUI :
ELLE
Vous étiez garé dans la rue ?
LUI
Oui, pourquoi ?
ELLE
Parce que vous ne l’êtes plus... Oui, votre voiture a été enlevée.
(A suivre)

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:38


…. à  PATRICE LECONTE pour son roman « LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTS » dont je vous annonçais la sortie.
Oui,  certains vont dire que je suis une inconditionnelle, que j’en parle trop souvent, c’est pas de ma faute si ce gars fait des choses. Et dans le désert actuel…  Vous me direz il y a TAVERNIER qui vient d’avoir un prix pour son film « Dans la Brume Electrique », d’une violence inouïe, merci bien.
Bref, j’ai lu son livre est c’est extrêmement étonnant pour un premier roman.
Je peux en parler, puisque moi pour ce qui est d’un premier roman, je connais.
C’est un livre qui ressemble à ses films  : léger (vous savez bien que léger c’est le contraire de lourd), inattendu, sentimental et simplement écrit.
Quand on est entré dans l’histoire de ce jeune homme qui n’aime que les femmes à cheveux courts, on ne peut plus le lâcher !
Mais enfin,  les super top models avec leur tignasse jusqu’aux épaules vont prendre un coup au moral.
Vu la popularité de Patrice LECONTE, gageons que le livre fera le tour des plages et la fortune des coiffeurs…
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:18


MICHEL DRACH 
(suite)

Il passait beaucoup de gens, dans le bureau de Port-Royal Films, et je ne m’ennuyais jamais, même quand Michel était absent.
A midi, je descendais déjeûner toujours au même endroit, le bistro qui est à côté de Maxim’s, je ne sais pas au juste s’il existe encore. Et je commandais toujours la même chose : des œufs au plat sur une tranche de jambon.  Un régal. Je regardais passer les gens rue Royale, encore un exercice réjouissant.  Tout était réjouissant dans cette période de chômage qui aurait dû me terrasser d’ennui.
Parmi les gens qui passaient au bureau, il y en avait un qui me plaisait bien, et c’était réciproque donc nous sommes devenus amis.  C’était le scénariste Pierre UYTTERHOEVEN (c’est l’orthographe exacte).
Il avait co-écrit LE PASSE SIMPLE avec Michel et tous deux s’entendaient à merveille. Deux barbus,  barbe noire, barbe rousse.
Pendant la préparation il travaillait beaucoup sur le script avec Michel et en partant, il s’arrêtait pour me proposer de boire un café en bas. Nous avions de longs conciliabules  au café d’en face où nous ne parlions pas que du fiilm. 
 Michel adorait le prendre à témoin de mes maladresses.
Jusqu’au jour où je me suis rebiffée : « Bon, ça va, c’est pas mon vrai métier que je fais, je vous signale que je suis comédienne, hein ?  et que vous feriez mieux de m’écrire un  rôle au lieu de ricaner bêtement. »
Ils se sont regardés et le lendemain Michel m’a dit « Ca vous amuserait de jouer une infirmière ? »
« Ben oui, j’ai dit.
« Alors, vous serez l’infirmière dans la scène de l’hôpital.
Oh, c’était pas le rôle de ma vie !  Muet en plus.  Mais enfin, je figurais dans notre film pour l’éternité.
Demain je vous parlerai du tournage. 
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:13
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
Bernard GIRAUDEAU

On peut pas faire plus beau.  On pourrait en dire autant de la montagne.
L'homme voudrait se fondre avec la Nature mais elle le renvoie à sa condition animale.
A demain ! Soyez heureux, vous qui avez les pieds sur une terre qui ne tremble pas.
Miss Comédie
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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