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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:11

J’arrivais tous les matins à neuf heures, il était déjà installé à son bureau et passait ses coups de fil.
Je m’asseyais en face de lui et je faisais mon boulot. Comédiens à convoquer, agents à contacter, contrats à taper sur les modèles qu’il me donnait, enfin il y a une foule de choses différentes à faire pour une préparation de film.
De temps en temps on voyait débouler Marie-José Nat, David et Aurélien qui passaient dire au revoir avant de sortir. Tirés à quatre épingles, les mouflets, ainsi que leur mère qui portait toujours un chapeau.  Très élégante, mademoiselle Nat. Elle embrassait son mari sur le front car il faut dire que la barbe de Michel faisait barrage.  Pourquoi portait-il une barbe ?  Il devait avoir un beau visage calme.  Mais je pense qu’il se cachait.  Il doutait de lui, Michel, et ses films sont le reflet de ses doutes. Il ne décidait jamais rien tout à fait, n’affirmait rien, et le flou s’installait.  Pour LES VIOLONS DU BAL, qui était le sujet qui lui tenait le plus à coeur, il n’a pas hésité. Ca lui est venu brutalement, comme une évidence qu’il faut flanquer aux yeux du public, et le film est une réussite.
(A suivre)


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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:09
Un matin où je suis arrivée au bureau avec la mine chiffonnée d’un lendemain de fête, Michel Drach m’a fait  « on dirait une escalope avec une perruque. »

J’étais très vexée mais j’ai trouvé ça si drôle que chaque fois que je me vois dans la glace avec cette mine-la, cette phrase me revient à l’esprit. 
A demain !
Miss Comédie

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:31
Bonjour !  Allez, go, ma deuxième pièce commence. Tout à fait autre chose que la première.
Moi j'aimais bien ROSE AUTOUR DE MINUIT.  Mais  LES AMOUREUX  DANS LA SALLE
D'ATTENTE, c'est pas mal non plus.  Surtout, c'est une comédie alors que ROSE donnait
dans le sentimental.  Si vous avez cinq minutes, vous me donnerez votre avis, non c'est
vrai, ça serait vertueux de votre part.

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:28

La salle d’attente d’un médecin.  Deux rangées de chaises se font
face. Entre les deux, une table basse couverte de magazines en désordre.
Un homme et une femme sont assis de part et d’autre de la table et lisent chacun une revue.
Elle est jeune, trente ans, jolie brune aux allures très libérées, vêtue à la façon androgyne des femmes d’aujourd’hui mais dans de belles matières bien coupées.
Lui a la cinquantaine encore séduisante, chevelure poivre et sel en  bataille, un peu corpulent, un  laissez-aller  assez “british” dans la tenue.
 Il tourne les pages bruyamment et regarde sa montre toutes les cinq minutes. De temps en temps il jette un regard sombre sur la jeune femme qui l’ignore totalement.



LUI
Excusez-moi, vous aviez rendez-vous à quelle heure ?

ELLE (lève la tête, le regarde comme si elle découvrait subitement sa présence)
Quatre heure et quart.   

LUI
J’avais rendez-vous à quatre heures moins le quart. Et il est quatre heure et quart.

ELLE
C’est toujours comme ça chez les médecins.

Elle se replonge dans son journal.
Il continue à la regarder, comme déçu par son indifférence.
Puis il se lève, pose son journal sur la table basse et commence à faire les cent pas. Passant près de la fenêtre sur la rue, il s’arrête et regarde au-dehors.

LUI  (comme pour lui-même)
Je vais avoir une prime. (un temps)  Jamais je n’aurais dû venir en voiture dans ce quartier.

Il se rassied,  sort un paquet de cigarettes de sa poche et au moment de l’allumer, regardant autour de lui, il y renonce. 

LUI
Vous êtes venue en voiture?

ELLE
Non.  J’habite en face.

LUI
Ah.  Alors vous devez savoir : est-ce qu’elles passent souvent ?

ELLE
Qui ?  Ah !... Je ne fais pas vraiment attention, comme j’ai un garage...
Il soupier  et se penche vers la table pour  reprendre un magazine qu’il fait semblant de feuilleter.

LUI
C’est un bon médecin ?


ELLE
C’est un très bon psychologue.

(A suivre)

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:21
.

....  faute d'actualité brûlante, je ne sais à qui dire bravo aujourd'hui.  Le monde est plein de champions toutes catégories, d'accord, mais sur ma petite planète théâtre je ne vois rien qui m'arrache à mon fauteuil.
Il ne vous est pas interdit de me donner des idées !  Ah, si vous n'étiez pas si avares de commentaires... je pourrais
vous dire bravo, à vous aussi !

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:17


Michel DRACH   (suite)
Il y a pire comme petit boulot.  Surtout que Michel DRACH était une crème.
En fait de secrétaire, il m’a tout appris sur la préparation d’un film.
En échange, j’ai entrepris un énorme travail de déblaiement dans son bureau dont les dossiers s’amoncelaient dans tous les sens. Ca, c’était ma phobie du désordre qui m’empêche de faire quoi que ce soit de cohérent si tout n’est pas nickel autour de moi.
Il me regardait faire en souriant,  m’orientait dans mes classements, acceptait toutes mes directives, achetait des classeurs tout neufs, jetait sans discuter les vieilles chemises avec leur contenu, bref ensemble nous  avons fait table rase des  reliques d’un réalisateur bordélique pour entreprendre son nouveau film dans un espace vierge, clair et net.
Michel Drach avait sa propre maison de production, PORT-ROYAL FILMS, dont les bureaux étaient rue Royale, s’il vous plait, à côté de Lachaume.  L’adresse était prestigieuse mais les bureaux étaient d’anciennes chambres de bonne perchées sous les toits.  Un tout petit espace éclairé par des vélux.
sur le même palier, l’appartement où logeait sa femme Marie-José Nat et ses deux petits garçons.
Il avait bien organisé sa vie pour ne pas les quitter d’une semelle.  Hélas, la vie décide, et tout vole en éclat un beau jour…
Sur la photo,  ils sont l’image du bonheur.   Quelques mois plus tard Michel se retrouvait seul, ayant lui-même imaginé, construit et filmé le personnage qui allait lui prendre sa femme.
Mais j’anticipe.  Pour l’instant, l’ordre règne.  Dans le petit bureau et dans l’appartement, c’est encore le bonheur parfait et le film « LE PASSE SIMPLE » commence sa préparation.

Demain je continuerai à vous conter ce petit bout de chemin  avec Michel Drach.

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:14
Ne cherchez pas en vous ; en vous, il n’y a rien.  Cherchez dans l’autre qui est en face de vous.
stanislavski (Ma Vie dans l'Art)

Il en a de bonnes. Et si dans l'autre, il n'y a rien non plus ?  J'ai vu ça, moi.
Allez, cherchez en vous il y a toujours quelque chose, et retrouvez-moi demain, je vous attends !
Miss Comédie.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 09:22
Bonjour !   Je vous ai manqué ?  Me voilà de retour avec une nouvelle pièce dont vous dégusterez une scène chaque jour.  Aujourd'hui vous assisterez à sa présentation et vous ferez connaissance avec ses personnages.
Demain, ça commence !
Autour de la pièce vous aurez encore mes petites élucubrations du jour : une petite impression et un grand souvenir.
Vous pouvez aussi jeter un oeil sur le bloc-notes, mais sans insister.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 09:14

Dépôt SACD N°97898       


       
LE DECOR
L’action se passe dans la salle d’attente, puis dans le cabinet
du médecin et le bureau de Maxime pour les trois dernières
scènes. 


LES PERSONNAGES


LUI,        Maxime Sévère,  la cinquantaine, beau visage
        buriné, un homme nerveux et impatient.

ELLE    Sonia Aufray, trente cinq ans, jolie et dyna-
        mique

LE PETIT HOMME
        Monsieur Hyde, âge incertain, caractère
                     très secoué, chauve.

LA DAME
Madame Dufour,  la quarantaine,  allure chic des années soixante.

LA MERE DE SONIA
        Une dame de soixante ans très avenante.

THOMAS    le fils de Maxime, adolescent de 16-17 ans,
        blond ébouriffé, branché mais sensible.

LE  MEDECIN   un allergologue  sans imagination.


RESUME

Venus consulter pour leur allergie, c'est le coup de foudre.
Mais apparemment, tout les sépare, et d'abord leur allergie.
  De visite en visite leur relation fait des vagues et les caractères dévoilent peu à peu leurs secrètes féllures dans des scènes où les dialogues oscillent entre le rire et les larmes, l'ironie et  l'amertume.  Au moment où l'on croit l'affaire définitivement
coulée, le diagnostic du médecin fait le coup de théâtre.
 Entre le premier et le dernier tableau, une année jour pour jour se sera écoulée.

Demain, la scène 1.



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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 09:09
…plutôt mollement à ce COCO qui me semblait si prometteur.

On a tellement envie de le trouver drôle, qu’on rit presque mécaniquement à ces gesticulations.
Il a voulu trop donner, Gad ELMALEH, il est bourré de talent mais il ne sait pas le canaliser, et c’est normal, il ne fallait pas qu’il se dirige lui-même.
Trop échevelé, trop décousu, trop chargé, il aligne ses trouvailles parfois savoureuses,   mais pourquoi reste-t-on sur sa faim ?
Je ne sais pas, je ne suis pas critique.  En tout cas, j’ai trouvé la fin superbe et émouvante, très belle.
On sort de là un peu déçu, mais toujours aussi fan de Gad ELMALEH.  O

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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