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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:38


…. à  PATRICE LECONTE pour son roman « LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTS » dont je vous annonçais la sortie.
Oui,  certains vont dire que je suis une inconditionnelle, que j’en parle trop souvent, c’est pas de ma faute si ce gars fait des choses. Et dans le désert actuel…  Vous me direz il y a TAVERNIER qui vient d’avoir un prix pour son film « Dans la Brume Electrique », d’une violence inouïe, merci bien.
Bref, j’ai lu son livre est c’est extrêmement étonnant pour un premier roman.
Je peux en parler, puisque moi pour ce qui est d’un premier roman, je connais.
C’est un livre qui ressemble à ses films  : léger (vous savez bien que léger c’est le contraire de lourd), inattendu, sentimental et simplement écrit.
Quand on est entré dans l’histoire de ce jeune homme qui n’aime que les femmes à cheveux courts, on ne peut plus le lâcher !
Mais enfin,  les super top models avec leur tignasse jusqu’aux épaules vont prendre un coup au moral.
Vu la popularité de Patrice LECONTE, gageons que le livre fera le tour des plages et la fortune des coiffeurs…
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:18


MICHEL DRACH 
(suite)

Il passait beaucoup de gens, dans le bureau de Port-Royal Films, et je ne m’ennuyais jamais, même quand Michel était absent.
A midi, je descendais déjeûner toujours au même endroit, le bistro qui est à côté de Maxim’s, je ne sais pas au juste s’il existe encore. Et je commandais toujours la même chose : des œufs au plat sur une tranche de jambon.  Un régal. Je regardais passer les gens rue Royale, encore un exercice réjouissant.  Tout était réjouissant dans cette période de chômage qui aurait dû me terrasser d’ennui.
Parmi les gens qui passaient au bureau, il y en avait un qui me plaisait bien, et c’était réciproque donc nous sommes devenus amis.  C’était le scénariste Pierre UYTTERHOEVEN (c’est l’orthographe exacte).
Il avait co-écrit LE PASSE SIMPLE avec Michel et tous deux s’entendaient à merveille. Deux barbus,  barbe noire, barbe rousse.
Pendant la préparation il travaillait beaucoup sur le script avec Michel et en partant, il s’arrêtait pour me proposer de boire un café en bas. Nous avions de longs conciliabules  au café d’en face où nous ne parlions pas que du fiilm. 
 Michel adorait le prendre à témoin de mes maladresses.
Jusqu’au jour où je me suis rebiffée : « Bon, ça va, c’est pas mon vrai métier que je fais, je vous signale que je suis comédienne, hein ?  et que vous feriez mieux de m’écrire un  rôle au lieu de ricaner bêtement. »
Ils se sont regardés et le lendemain Michel m’a dit « Ca vous amuserait de jouer une infirmière ? »
« Ben oui, j’ai dit.
« Alors, vous serez l’infirmière dans la scène de l’hôpital.
Oh, c’était pas le rôle de ma vie !  Muet en plus.  Mais enfin, je figurais dans notre film pour l’éternité.
Demain je vous parlerai du tournage. 
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:13
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
Bernard GIRAUDEAU

On peut pas faire plus beau.  On pourrait en dire autant de la montagne.
L'homme voudrait se fondre avec la Nature mais elle le renvoie à sa condition animale.
A demain ! Soyez heureux, vous qui avez les pieds sur une terre qui ne tremble pas.
Miss Comédie
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:27
Bonjour !  Alors, ça vous plait ?  Enfin, après une scène vous ne pouvez trop vous rendre compte.
Attendez de connaître tous les personnages et dites-moi votre avis.
J'ai oublié de vous dire que ça se passe à Paris, avec ses bruits de rue et sa petite musique.
Installez-vous et que le rideau se lève.
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:24


La sale d’attente.
LUI, ELLE


LUI
Un bon psychologue… Mais je n’ai pas pris rendez-vous avec un psychologue, je viens voir un allergologue !

ELLE, l’air méprisant.
Oui.  C’est un allergologue... très psychologue.

LUI
Vous voulez dire qu’il vous pose des questions indiscrètes ?   J’aime pas ça.  J’aime pas ça du tout.
Il se lève et marche de long en large.

ELLE a un sourire moqueur.

LUI
Ce n’est pas que j’ai des choses à cacher mais ce n’est pas ma façon de voir la médecine !  Vous avez mal où ?  Prenez ça !  C’est tout ce qu’on leur demande à ces vicieux, ces voyeurs, ces...



ELLE (le coupant)
Ecoutez, calmez-vous !

LUI
Excusez-moi. 
 
Un long silence, interrompu par une porte qui claque dans les coulisses. Il se lève, comme mu par un ressort et va ouvrir la porte du fond.

LUI
Mademoiselle !  Pouvez-vous me dire si le docteur en a pour longtemps ?  J’avais rendez-vous ce 5 janvier à quatre heures moins le quart et il est...
VOIX DE L’ASSISTANTE
Le docteur a eu une urgence et a dû partir pour sa clinique.  Son associé vous recevra dans un instant.

LUI, interloqué :
Ca c’est la meilleure.  Il est parti en nous laissant en plan.

ELLE
Son associé est très bien. Moins psychologue... il vous plaira.

LUI
Mais enfin, je dois suivre un traitement prolongé, je veux voir le même médecin à chaque fois, nom d’une pipe !

ELLE
Ils travaillent selon les mêmes méthodes.  Vous êtes... vraiment  nerveux.
LUI
C’est que je me sens comme un lion en cage.  Je ne supporte pas cette attente…
 (ELLE le considère avec inquiétude tandis qu’il fait les cent pas.)
Non...  Vous comprenez ?
Il se dirige vers la porte et appelle :

LUI
Mademoiselle !  Je ne peux plus attendre, je vais m’en aller !

ELLE, pour elle-même, posant son magazine pour en prendre un autre
S’il savait comme tout le monde s’en fout...

La porte s’ouvre,  et une voix appelle :
LA VOIX DE L’ASSISTANTE
Monsieur Maxime Sévère.

LUI
C’est moi...  Oui ?  (il se lève précipitamment)  J’arrive.
Il ramasse son manteau, pose son journal et s’incline galamment devant elle.

LUI
Mademoiselle... ou madame ?  Je suis  navré d’avoir à interrompre cette... (elle le coupe)

ELLE, sèchement, avec un signe de tête
Au revoir monsieur.

LUI
Au revoir...
Il sort. 

Elle se lève, s’étire, va à la fenêtre, regarde dans la rue.
ELLE
Tiens, elles sont là...  Les contraventions pleuvent... Et elles ne sont pas toutes seules... La dépanneuse  fait du nettoyage de voierie.  Le nerveux va se retrouver à pied.  (Elle se rasseoit).

On entend un coup de sonnette, des pas, des voix et la porte du fond s’ouvre sur un étrange personage.
(A suivre)


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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:17
 
… à Catherine DESTIVELLE, dont le film « AU)DELA DES CIMES » est sorti en salle la semaine dernière.
Ca n’est pas son premier, loin de là !  Cette grimpeuse invétérée s’est fait filmer en escalade plusieurs fois, en France, au Pakistan,  aux USA, au Népal, et aussi en train de faire l’ascension en solo et en hiver de la face Nord de l’EIGER, une folie ! elle avait 32 ans et c’était déjà une vétérane puisqu’à quinze ans elle avait épuisé les rochers les plus hauts de la forêt de Fontainebleau !…
Aujourd’hui à 49 ans elle est toujours aussi jolie et si vous tombez sur elle dans un aéroport avec votre cou bloqué, elle pourra vous faire quelques manipulations bénéfiques puisqu’elle est diplômée kiné !
La montagne c’est un univers aussi magique, ensorcelant et hypnotique que le théâtre.
Il faut aller voir son film !
(La photo représente la face Nord de l'Eiger. Impressionnant !)

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:11

J’arrivais tous les matins à neuf heures, il était déjà installé à son bureau et passait ses coups de fil.
Je m’asseyais en face de lui et je faisais mon boulot. Comédiens à convoquer, agents à contacter, contrats à taper sur les modèles qu’il me donnait, enfin il y a une foule de choses différentes à faire pour une préparation de film.
De temps en temps on voyait débouler Marie-José Nat, David et Aurélien qui passaient dire au revoir avant de sortir. Tirés à quatre épingles, les mouflets, ainsi que leur mère qui portait toujours un chapeau.  Très élégante, mademoiselle Nat. Elle embrassait son mari sur le front car il faut dire que la barbe de Michel faisait barrage.  Pourquoi portait-il une barbe ?  Il devait avoir un beau visage calme.  Mais je pense qu’il se cachait.  Il doutait de lui, Michel, et ses films sont le reflet de ses doutes. Il ne décidait jamais rien tout à fait, n’affirmait rien, et le flou s’installait.  Pour LES VIOLONS DU BAL, qui était le sujet qui lui tenait le plus à coeur, il n’a pas hésité. Ca lui est venu brutalement, comme une évidence qu’il faut flanquer aux yeux du public, et le film est une réussite.
(A suivre)


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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:09
Un matin où je suis arrivée au bureau avec la mine chiffonnée d’un lendemain de fête, Michel Drach m’a fait  « on dirait une escalope avec une perruque. »

J’étais très vexée mais j’ai trouvé ça si drôle que chaque fois que je me vois dans la glace avec cette mine-la, cette phrase me revient à l’esprit. 
A demain !
Miss Comédie
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:31
Bonjour !  Allez, go, ma deuxième pièce commence. Tout à fait autre chose que la première.
Moi j'aimais bien ROSE AUTOUR DE MINUIT.  Mais  LES AMOUREUX  DANS LA SALLE
D'ATTENTE, c'est pas mal non plus.  Surtout, c'est une comédie alors que ROSE donnait
dans le sentimental.  Si vous avez cinq minutes, vous me donnerez votre avis, non c'est
vrai, ça serait vertueux de votre part.
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:28

La salle d’attente d’un médecin.  Deux rangées de chaises se font
face. Entre les deux, une table basse couverte de magazines en désordre.
Un homme et une femme sont assis de part et d’autre de la table et lisent chacun une revue.
Elle est jeune, trente ans, jolie brune aux allures très libérées, vêtue à la façon androgyne des femmes d’aujourd’hui mais dans de belles matières bien coupées.
Lui a la cinquantaine encore séduisante, chevelure poivre et sel en  bataille, un peu corpulent, un  laissez-aller  assez “british” dans la tenue.
 Il tourne les pages bruyamment et regarde sa montre toutes les cinq minutes. De temps en temps il jette un regard sombre sur la jeune femme qui l’ignore totalement.



LUI
Excusez-moi, vous aviez rendez-vous à quelle heure ?

ELLE (lève la tête, le regarde comme si elle découvrait subitement sa présence)
Quatre heure et quart.   

LUI
J’avais rendez-vous à quatre heures moins le quart. Et il est quatre heure et quart.

ELLE
C’est toujours comme ça chez les médecins.

Elle se replonge dans son journal.
Il continue à la regarder, comme déçu par son indifférence.
Puis il se lève, pose son journal sur la table basse et commence à faire les cent pas. Passant près de la fenêtre sur la rue, il s’arrête et regarde au-dehors.

LUI  (comme pour lui-même)
Je vais avoir une prime. (un temps)  Jamais je n’aurais dû venir en voiture dans ce quartier.

Il se rassied,  sort un paquet de cigarettes de sa poche et au moment de l’allumer, regardant autour de lui, il y renonce. 

LUI
Vous êtes venue en voiture?

ELLE
Non.  J’habite en face.

LUI
Ah.  Alors vous devez savoir : est-ce qu’elles passent souvent ?

ELLE
Qui ?  Ah !... Je ne fais pas vraiment attention, comme j’ai un garage...
Il soupier  et se penche vers la table pour  reprendre un magazine qu’il fait semblant de feuilleter.

LUI
C’est un bon médecin ?


ELLE
C’est un très bon psychologue.

(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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