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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:15
   
Michel DRACH   (suite)

LE PASSE SIMPLE était l’histoire d’une femme qui a eu un accident de voiture et qui ne se souvient plus de rien.
Et moi, c’est tout ce dont je me souviens du film… Etonnant, non ?  Mais bon, j’avais beaucoup de choses à faire, tous les jours il y avait la feuille de service avec tous les participants et les accessoires du jour, les convocations, je ne sais plus combien de paperasses à taper et à apporter au studio ou sur le lieu de tournage.
Je m’entendais bien avec l’assistant Laurent, un grand type maigre et très lymphatique, mais quand il piquait une colère il fallait voir.  Il avait des petits sous-assistants qui me draguaient tous l’un après l’autre, ils essayaient de marquer mais avec aucun ça n’a marché, moi j’avais en tête Michel DRACH,  tout de suite après Pierre UYTTERHOEVEN, ensuite LAURENT.  C’était la vie rêvée, tous ces hommes autour de moi, barbus, chevelus et tous dans le cinoche.  Tout cela en tout bien tout honneur, naturellement, n’allez pas imaginer des choses, il faut être très naïve ou très néophyte pour tomber dans le panneau.
La secrétaire de production jouit d’un statut particulier, elle a toutes les cartes en mains, elle sait tout de chacun des gens de l’équipe technique ou artistique, les dates de naissance, tout, et les cachets, bien sûr, donc elle est assez respectée.
Moi on savait que j’étais amateur, mais comme je faisais bien mon boulot et que je n’étais pas chochote, on me laissait tranquille.   « ON » c’est-t-dire le noyau dur des techniciens : la script, le chef op, le premier assistant.  Ils m’aimaient bien.
J’aurais pu continuer à être secrétaire de production.  Mais moi mon but dans la vie c’était de jouer la comédie et j’enviais les acteurs que je regardais tourner.


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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:13

« Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien. »
(WOODY ALLEN)

C’est vrai que le monde ne tourne plus tellement rond.
Je ne vous dis pas à lundi, puisque Pâques il y a, et que
nous avons des cloches à sonner et des œufs à ramasser.
A mardi donc, épuisés et heureux.
Miss Comédie.


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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:47
Bonjour !  Heureuse de vous retrouver par ce matin radieux, Jeudi Saint précisément, Jésus n'était pas vraiment
radieux, lui, il se préparait des choses terribles derrière son dos.
Dans votre théâtre entre en scène un nouveau personnage assez cocasse, habitué de la salle d'attente.
Son allergie à lui, c'est le genre humain. Ca ne se guérit pas facilement.   
Eteignez vos portables, et bon spectacle !

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:44

La sale d’attente
ELLE, LE PETIT HOMME, puis LUI



Un petit homme chétif, l’air inquiet, s’avance à petits pas dans la pièce en  marmonnant un “bonjour” sans regarder autour de lui.
Il s’asseoit en soupirant.
ELLE
Bonjour, monsieur Hyde.
Elle le regarde d’un air amusé, on sent qu’elle l’a déjà vu souvent dans cette salle d’attente.  Il reste immobile, tassé sur sa chaise.
Au bout d’un instant de silence, il se lève et retire son manteau, un grand manteau noir qui descend jusqu’à ses chevilles.  Il le plie soigneusement et le pose sur la chaise à côté de lui. Il garde ses gants. A ce moment, leurs regard se croisent et il détourne les yeux pour fixer la table basse couverte de magazines.
Un temps.

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
Désordre...
Elle le fixe, semblant attendre la suite. Comme rien ne vient, elle se lève et va pour prendre un journal,  puis un second qu’elle tend au petit homme d’un air engageant.
ELLE
Vous voulez ?...
LE PETIT HOMME (comme choqué)
Moi ?  Non, oh non.  Dégoûtant.  Je ne touche pas à ces saletés....
ELLE
J’avais remarqué...Vous avez peur des microbes ?
LE PETIT HOMME (pousse un grognement)
Hon.
ELLE (fixant ses mains gantées)
Mais vous avez des gants  ...
LE PETIT HOMME
Oui... (après un temps) ... fragile rempart.  

Tout en parlant, il fixe le sol.  Il ne la regarde pas.
Elle va se rasseoir avec son journal.  Elle le feuillette avec une certaine réticence, tout à coup.

ELLE
Si on pense à ça, on n’a plus qu’à rester chez soi enfermé... et encore...
LE PETIT HOMME
Comme vous dites : et encore !  Ca vient par les interstices des portes, des fenêtres, ça se glisse sous les tapis, dans les draps, ça imprègne la nourriture...
ELLE
Quoi, ça ?
LE PETIT HOMME
La vermine.  La saleté. Les particules de l’atmosphère polluée qui entoure la planète et que les hommes ont créée.
ELLE
Oui. (Elle se penche sur son magazine, l’air absorbé,  puis soudain :)
Vous êtes bien soigné, ici ?
Il la regarde l’air furibard.
LE PETIT HOMME
Ce médecin ne changera pas la face du monde. (A part ) Face immonde. (A voix haute)  Il fait ce qu’il peut.  (Elle attend la suite et il fait durer l’attente)

Le silence s’installe.
On entend des éclats de voix, et la porte du cabinet s’ouvre sur LUI, l’air furieux, suivi par la voix excédée du médecin.
LUI
Ce qui me plait, vous entendez ?  Ce qui me plait !
LA VOIX DU  MEDECIN
C’est ça, c’est ça, au revoir monsieur.  (Plus fort, s’adressant à ELLE)  Madame Aufray ?

Elle se lève, jette son journal sur la table, prend son manteau et s’apprête à le suivre mais se ravise et s’approchant de LUI :
ELLE
Vous étiez garé dans la rue ?
LUI
Oui, pourquoi ?
ELLE
Parce que vous ne l’êtes plus... Oui, votre voiture a été enlevée.
(A suivre)

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:38


…. à  PATRICE LECONTE pour son roman « LES FEMMES AUX CHEVEUX COURTS » dont je vous annonçais la sortie.
Oui,  certains vont dire que je suis une inconditionnelle, que j’en parle trop souvent, c’est pas de ma faute si ce gars fait des choses. Et dans le désert actuel…  Vous me direz il y a TAVERNIER qui vient d’avoir un prix pour son film « Dans la Brume Electrique », d’une violence inouïe, merci bien.
Bref, j’ai lu son livre est c’est extrêmement étonnant pour un premier roman.
Je peux en parler, puisque moi pour ce qui est d’un premier roman, je connais.
C’est un livre qui ressemble à ses films  : léger (vous savez bien que léger c’est le contraire de lourd), inattendu, sentimental et simplement écrit.
Quand on est entré dans l’histoire de ce jeune homme qui n’aime que les femmes à cheveux courts, on ne peut plus le lâcher !
Mais enfin,  les super top models avec leur tignasse jusqu’aux épaules vont prendre un coup au moral.
Vu la popularité de Patrice LECONTE, gageons que le livre fera le tour des plages et la fortune des coiffeurs…

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:18


MICHEL DRACH 
(suite)

Il passait beaucoup de gens, dans le bureau de Port-Royal Films, et je ne m’ennuyais jamais, même quand Michel était absent.
A midi, je descendais déjeûner toujours au même endroit, le bistro qui est à côté de Maxim’s, je ne sais pas au juste s’il existe encore. Et je commandais toujours la même chose : des œufs au plat sur une tranche de jambon.  Un régal. Je regardais passer les gens rue Royale, encore un exercice réjouissant.  Tout était réjouissant dans cette période de chômage qui aurait dû me terrasser d’ennui.
Parmi les gens qui passaient au bureau, il y en avait un qui me plaisait bien, et c’était réciproque donc nous sommes devenus amis.  C’était le scénariste Pierre UYTTERHOEVEN (c’est l’orthographe exacte).
Il avait co-écrit LE PASSE SIMPLE avec Michel et tous deux s’entendaient à merveille. Deux barbus,  barbe noire, barbe rousse.
Pendant la préparation il travaillait beaucoup sur le script avec Michel et en partant, il s’arrêtait pour me proposer de boire un café en bas. Nous avions de longs conciliabules  au café d’en face où nous ne parlions pas que du fiilm. 
 Michel adorait le prendre à témoin de mes maladresses.
Jusqu’au jour où je me suis rebiffée : « Bon, ça va, c’est pas mon vrai métier que je fais, je vous signale que je suis comédienne, hein ?  et que vous feriez mieux de m’écrire un  rôle au lieu de ricaner bêtement. »
Ils se sont regardés et le lendemain Michel m’a dit « Ca vous amuserait de jouer une infirmière ? »
« Ben oui, j’ai dit.
« Alors, vous serez l’infirmière dans la scène de l’hôpital.
Oh, c’était pas le rôle de ma vie !  Muet en plus.  Mais enfin, je figurais dans notre film pour l’éternité.
Demain je vous parlerai du tournage. 

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:13
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
Bernard GIRAUDEAU

On peut pas faire plus beau.  On pourrait en dire autant de la montagne.
L'homme voudrait se fondre avec la Nature mais elle le renvoie à sa condition animale.
A demain ! Soyez heureux, vous qui avez les pieds sur une terre qui ne tremble pas.
Miss Comédie

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:27
Bonjour !  Alors, ça vous plait ?  Enfin, après une scène vous ne pouvez trop vous rendre compte.
Attendez de connaître tous les personnages et dites-moi votre avis.
J'ai oublié de vous dire que ça se passe à Paris, avec ses bruits de rue et sa petite musique.
Installez-vous et que le rideau se lève.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:24


La sale d’attente.
LUI, ELLE


LUI
Un bon psychologue… Mais je n’ai pas pris rendez-vous avec un psychologue, je viens voir un allergologue !

ELLE, l’air méprisant.
Oui.  C’est un allergologue... très psychologue.

LUI
Vous voulez dire qu’il vous pose des questions indiscrètes ?   J’aime pas ça.  J’aime pas ça du tout.
Il se lève et marche de long en large.

ELLE a un sourire moqueur.

LUI
Ce n’est pas que j’ai des choses à cacher mais ce n’est pas ma façon de voir la médecine !  Vous avez mal où ?  Prenez ça !  C’est tout ce qu’on leur demande à ces vicieux, ces voyeurs, ces...



ELLE (le coupant)
Ecoutez, calmez-vous !

LUI
Excusez-moi. 
 
Un long silence, interrompu par une porte qui claque dans les coulisses. Il se lève, comme mu par un ressort et va ouvrir la porte du fond.

LUI
Mademoiselle !  Pouvez-vous me dire si le docteur en a pour longtemps ?  J’avais rendez-vous ce 5 janvier à quatre heures moins le quart et il est...
VOIX DE L’ASSISTANTE
Le docteur a eu une urgence et a dû partir pour sa clinique.  Son associé vous recevra dans un instant.

LUI, interloqué :
Ca c’est la meilleure.  Il est parti en nous laissant en plan.

ELLE
Son associé est très bien. Moins psychologue... il vous plaira.

LUI
Mais enfin, je dois suivre un traitement prolongé, je veux voir le même médecin à chaque fois, nom d’une pipe !

ELLE
Ils travaillent selon les mêmes méthodes.  Vous êtes... vraiment  nerveux.
LUI
C’est que je me sens comme un lion en cage.  Je ne supporte pas cette attente…
 (ELLE le considère avec inquiétude tandis qu’il fait les cent pas.)
Non...  Vous comprenez ?
Il se dirige vers la porte et appelle :

LUI
Mademoiselle !  Je ne peux plus attendre, je vais m’en aller !

ELLE, pour elle-même, posant son magazine pour en prendre un autre
S’il savait comme tout le monde s’en fout...

La porte s’ouvre,  et une voix appelle :
LA VOIX DE L’ASSISTANTE
Monsieur Maxime Sévère.

LUI
C’est moi...  Oui ?  (il se lève précipitamment)  J’arrive.
Il ramasse son manteau, pose son journal et s’incline galamment devant elle.

LUI
Mademoiselle... ou madame ?  Je suis  navré d’avoir à interrompre cette... (elle le coupe)

ELLE, sèchement, avec un signe de tête
Au revoir monsieur.

LUI
Au revoir...
Il sort. 

Elle se lève, s’étire, va à la fenêtre, regarde dans la rue.
ELLE
Tiens, elles sont là...  Les contraventions pleuvent... Et elles ne sont pas toutes seules... La dépanneuse  fait du nettoyage de voierie.  Le nerveux va se retrouver à pied.  (Elle se rasseoit).

On entend un coup de sonnette, des pas, des voix et la porte du fond s’ouvre sur un étrange personage.
(A suivre)


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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 08:17
 
… à Catherine DESTIVELLE, dont le film « AU)DELA DES CIMES » est sorti en salle la semaine dernière.
Ca n’est pas son premier, loin de là !  Cette grimpeuse invétérée s’est fait filmer en escalade plusieurs fois, en France, au Pakistan,  aux USA, au Népal, et aussi en train de faire l’ascension en solo et en hiver de la face Nord de l’EIGER, une folie ! elle avait 32 ans et c’était déjà une vétérane puisqu’à quinze ans elle avait épuisé les rochers les plus hauts de la forêt de Fontainebleau !…
Aujourd’hui à 49 ans elle est toujours aussi jolie et si vous tombez sur elle dans un aéroport avec votre cou bloqué, elle pourra vous faire quelques manipulations bénéfiques puisqu’elle est diplômée kiné !
La montagne c’est un univers aussi magique, ensorcelant et hypnotique que le théâtre.
Il faut aller voir son film !
(La photo représente la face Nord de l'Eiger. Impressionnant !)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

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- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

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