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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:36

CA  MORD ....

La sale d’attente.
ELLE, LUI

ELLE entre et tandis que le  petit homme se lève pour sortir à son tour, elle pose son manteau sur une chaise et se campe devant le miroir au-dessus de la cheminée pour arranger sa coiffure.

ELLE, lui tournant le dos et lui parlant dans la glace
Vous n’avez pas trouvé de solution ?

LUI, ton rogue
Figurez-vous que je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir, à cause d’un illuminé qui m’a mis la tête à l’envers...

ELLE
Oui, je vois... Un petit marrant, non ? 

LUI
Très drôle. (Il regarde sa montre). Je suis en pleine déroute. J’ai rendez-vous avec un client dans cinq minutes.

ELLE, se retournant pour prendre son manteau
Je peux vous avancer, si vous voulez...
Il la regarde.

LUI
Vous feriez ça ?

ELLE, distante, tout en enfilant son manteau
Je vous vois si...désemparé.  Ma voiture est au garage, l’immeuble,en face.  On y va.

Ils atteignent la porte du fond et s’arrêtent soudain face à face.

LUI, l’air pénétré
Vraiment, je...

ELLE  les yeux dans ses yeux
Je vous en prie.

ELLE passe devant lui et ils sortent.

(A suivre)






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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:20
Aujourd'hui mon impro commence par un flash-back surMichel DRACH :  le tournage du PASSE SIMPLE (suite)

Marie-Jolé NAT ne savait pas trop comment me traiter.  Elle était assez distante avec les techniciens, et elle devait se demander dans quelle case me placer.  Cela dans le cadre du bureau-appartement de la rue Royale, parce que sur le tournage elle était dans sa bulle et ne me voyait pas.
Entre les prises elle jouait aux cartes dans un coin du plateau avec Victor LANOUX.
Michel étudiait chaque plan avec une minutie scrupuleuse. C’était son quatrième film avec sa femme, ils avaient une complicité naturelle qui rendait les choses faciles.
Le jour où j’ai tourné la scène de l’hôpital, ils m’ont rendue méconnaissable : ma tignasse était rangée en chignon lisse et je portais des lunettes et une blouse blanche.  Je devais ouvrir la porte au médecin et ensuite aller m’asseoir devant la machine à écrire.  Je n’avais pas un mot à dire.
Mais ce qui était très drôle, c’est qu’aucun des membres de l’équipe ne m’avait reconnue.
Une panouille qui m’a juste donné envie de jouer la comédie à nouveau, avec un vrai rôle, même difficile, même périlleux, et ça, ça ne se trouvait pas tous les matins dans la boite aux lettres…
Je regardais Marie-José, la tête entourée de bandelettes, écouter les indications de Michel sur son lit d’hôpital et j’aurais tellement voulu être à sa place.  Surtout que le bel assistant ne la quittait pas des yeux…


  A part ça, pas grand-chose vu que le week-end de Pâques a fait  un break dans mon actu  : j'ai passé mon temps à regarder
pousser les feuilles à la cadence de un centimètre par heure,
sur les arbres de mon jardin. Les oiseaux poussaient leurs cris
de joie, les livres m'en tombaient des mains.
Dans mon transat, je me disais que la nature est plus disciplinée que nous, elle est au rendez-vous du printemps,
fidèle au poste, verdoyante et roucoulante, pas question
de grêve des transports amoureux ni de manifestations
anti-bourgeons, ni de crise du pouvoir des chats...
(facile)  bref :  j'étais béate et mon impro séchée.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:17
Le bien est plus intéressant que le mal parce qu’il est plus difficile.

Paul Claudel.

Il fallait y penser. Mais…  intéressant pour qui ? Et difficile pour qui ?
Vaste débat qui n’a pas sa place dans ce blog.  Pour nous, ce qui compte, c’est le théâtre et associés.
A demain !
Miss Comédie

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:29
Bonjour !   Vendredi Saint. Observez une journée de mesure et d'amour du prochain.
Que cela ne vous empêche pas de venir assister à la scène où le petit homme dévoile
ses griefs contre l'Homme pollueur de sa planète.
Heureusement, la prise de conscience est faite et la réaction s'organise.
Prions ensemble.

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:26

La sale d’attente.
LUI, LE PETIT HOMME

LUI, l’air ahuri
Oui ?  Comment, enlevée ?  Ah ?  Fourrière ?... Bon dieu...
(Il se précipite  à la fenêtre pendant qu’ELLE sort)  Oui... c’est bien ça... Elle n’est plus là... Quelle merde...
Il se laisse tomber sur une chaise, regarde autour de lui. Il est seul avec le petit homme. 

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
L’homme a choisi sa mort... Dioxyde de carbone... Extermination totale par l’automobile...

Lui dresse l’oreille et son visage prend une expression hagarde, entre terreur et incrédulité. L’autre se replonge dans son mutisme, droit sur sa chaise, les yeux fixés au sol.
LUI 
Vous m’avez parlé ?
Pas de réponse.
LUI (on le sent sur le point d’exploser, les nerfs à fleur de peau)
Vous en avez contre l’automobile, on dirait ?  Vous allez certainement à pied, monsieur, pour en parler comme vous le faites. Le piéton est l’ennemi de l’automobiliste, c’est la loi de la nature, l’un est né pour emmerder l’autre et lycée de Versailles, et moi qui suis automobiliste, on vient de me piquer ma bagnole et je ne trouve pas ça drôle.
Il se carre dans sa chaise, rajuste son veston, et croise les jambes.

LE PETIT HOMME (toujours sans le regarder)
Ce n’est pas la peine de s’énerver. On ne peut rien contre les lois de la nature.
(Un temps.  Brusquement, il reprend en agitant le bras :)
En attendant si tout le monde allait à pied, la planète aurait encore une petite chance de s’en sortir !  ! Cela dit, meme à pieds l’homme salit tout ce qu’il touche, sa respîration même est toxique, du gaz carbonique, pensez...(il s’enflamme) des ordures naissent sous ses pas, les microbes se logent dans les plis de sa peau répugnante, mal lavée, jamais désinfectée, l’homme est l’ordure vivante la plus imbue d’elle même, la plus arrogante, une ordure qui pense et qui parle... (il s’essoufle, sort un mouchoir plié en quatre, l’ouvre, le respire) aaah.... l’éther, le pur éther...

LUI (estomaqué)
Pourquoi vous habitez en ville ?  Vous n’auriez pas ces pensées morbides si vous viviez à la montagne, dans l’air des sommets, je ne sais pas, moi... St-Véran, le plus haut village d’Europe...  non ?
(Il regarde le petit homme avec compassion).

LE PETIT HOMME (méprisant)
Le Mont Blanc est un tas d’immondices en regard de l’immense pureté du cosmos.  La planète est cernée.  Vouée à disparaître.  Seul le cosmos est pur.  Retourner au cosmos... Il faut attendre...
Lui se prend la tête dans les mains.
La porte du cabinet s’ouvre.
VOIX DU MEDECIN
Monsieur Hyde, s’il vous plait.

(A  suivre)

_______________________________

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:22

  
… à Olivier Py qui aligne au Théâtre de l’Odéon les productions les plus prestigieuses, les plus ambitieuses.
Après le cycle Howard Barker, après Gertrud (Le cri), voilà qu’il monte LE SOULIER DE SATIN dans sa version intégrale : onze heures de spectacle !
Dans sa présentation, il cite Claudel : « Si l’on demande beaucoup au public, pourquoi douter qu’il ne soit prêt à donner beaucoup ? »
Le Soulier de Satin n’est pas une pièce facile.  On dit que la location marche très fort.  Les spectateurs ont donc soif de beaux textes, ils y vont, ils sacrifient une soirée entière, ils préfèrent Jeanne BALIBAR à Laurence FERRARI, ils veulent découvrir CLAUDEL au lieu de Katherine PANCOL, ils ont soif d’extrême.
Ils vont s’installer là et se mettre à rêver avec dona Prouheze qui a perdu son soulier entre les bras de la Vierge.
Histoire incompréhensible, onirique, intemporelle, mélange de toutes les cultures, de toutes les légendes du fond des temps.
Onze heures, quatre heures puis cinq heures et encore deux heures… Je ne sais pas si j’aurais le courage. 




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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:15
   
Michel DRACH   (suite)

LE PASSE SIMPLE était l’histoire d’une femme qui a eu un accident de voiture et qui ne se souvient plus de rien.
Et moi, c’est tout ce dont je me souviens du film… Etonnant, non ?  Mais bon, j’avais beaucoup de choses à faire, tous les jours il y avait la feuille de service avec tous les participants et les accessoires du jour, les convocations, je ne sais plus combien de paperasses à taper et à apporter au studio ou sur le lieu de tournage.
Je m’entendais bien avec l’assistant Laurent, un grand type maigre et très lymphatique, mais quand il piquait une colère il fallait voir.  Il avait des petits sous-assistants qui me draguaient tous l’un après l’autre, ils essayaient de marquer mais avec aucun ça n’a marché, moi j’avais en tête Michel DRACH,  tout de suite après Pierre UYTTERHOEVEN, ensuite LAURENT.  C’était la vie rêvée, tous ces hommes autour de moi, barbus, chevelus et tous dans le cinoche.  Tout cela en tout bien tout honneur, naturellement, n’allez pas imaginer des choses, il faut être très naïve ou très néophyte pour tomber dans le panneau.
La secrétaire de production jouit d’un statut particulier, elle a toutes les cartes en mains, elle sait tout de chacun des gens de l’équipe technique ou artistique, les dates de naissance, tout, et les cachets, bien sûr, donc elle est assez respectée.
Moi on savait que j’étais amateur, mais comme je faisais bien mon boulot et que je n’étais pas chochote, on me laissait tranquille.   « ON » c’est-t-dire le noyau dur des techniciens : la script, le chef op, le premier assistant.  Ils m’aimaient bien.
J’aurais pu continuer à être secrétaire de production.  Mais moi mon but dans la vie c’était de jouer la comédie et j’enviais les acteurs que je regardais tourner.


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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:13

« Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien. »
(WOODY ALLEN)

C’est vrai que le monde ne tourne plus tellement rond.
Je ne vous dis pas à lundi, puisque Pâques il y a, et que
nous avons des cloches à sonner et des œufs à ramasser.
A mardi donc, épuisés et heureux.
Miss Comédie.


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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:47
Bonjour !  Heureuse de vous retrouver par ce matin radieux, Jeudi Saint précisément, Jésus n'était pas vraiment
radieux, lui, il se préparait des choses terribles derrière son dos.
Dans votre théâtre entre en scène un nouveau personnage assez cocasse, habitué de la salle d'attente.
Son allergie à lui, c'est le genre humain. Ca ne se guérit pas facilement.   
Eteignez vos portables, et bon spectacle !

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:44

La sale d’attente
ELLE, LE PETIT HOMME, puis LUI



Un petit homme chétif, l’air inquiet, s’avance à petits pas dans la pièce en  marmonnant un “bonjour” sans regarder autour de lui.
Il s’asseoit en soupirant.
ELLE
Bonjour, monsieur Hyde.
Elle le regarde d’un air amusé, on sent qu’elle l’a déjà vu souvent dans cette salle d’attente.  Il reste immobile, tassé sur sa chaise.
Au bout d’un instant de silence, il se lève et retire son manteau, un grand manteau noir qui descend jusqu’à ses chevilles.  Il le plie soigneusement et le pose sur la chaise à côté de lui. Il garde ses gants. A ce moment, leurs regard se croisent et il détourne les yeux pour fixer la table basse couverte de magazines.
Un temps.

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
Désordre...
Elle le fixe, semblant attendre la suite. Comme rien ne vient, elle se lève et va pour prendre un journal,  puis un second qu’elle tend au petit homme d’un air engageant.
ELLE
Vous voulez ?...
LE PETIT HOMME (comme choqué)
Moi ?  Non, oh non.  Dégoûtant.  Je ne touche pas à ces saletés....
ELLE
J’avais remarqué...Vous avez peur des microbes ?
LE PETIT HOMME (pousse un grognement)
Hon.
ELLE (fixant ses mains gantées)
Mais vous avez des gants  ...
LE PETIT HOMME
Oui... (après un temps) ... fragile rempart.  

Tout en parlant, il fixe le sol.  Il ne la regarde pas.
Elle va se rasseoir avec son journal.  Elle le feuillette avec une certaine réticence, tout à coup.

ELLE
Si on pense à ça, on n’a plus qu’à rester chez soi enfermé... et encore...
LE PETIT HOMME
Comme vous dites : et encore !  Ca vient par les interstices des portes, des fenêtres, ça se glisse sous les tapis, dans les draps, ça imprègne la nourriture...
ELLE
Quoi, ça ?
LE PETIT HOMME
La vermine.  La saleté. Les particules de l’atmosphère polluée qui entoure la planète et que les hommes ont créée.
ELLE
Oui. (Elle se penche sur son magazine, l’air absorbé,  puis soudain :)
Vous êtes bien soigné, ici ?
Il la regarde l’air furibard.
LE PETIT HOMME
Ce médecin ne changera pas la face du monde. (A part ) Face immonde. (A voix haute)  Il fait ce qu’il peut.  (Elle attend la suite et il fait durer l’attente)

Le silence s’installe.
On entend des éclats de voix, et la porte du cabinet s’ouvre sur LUI, l’air furieux, suivi par la voix excédée du médecin.
LUI
Ce qui me plait, vous entendez ?  Ce qui me plait !
LA VOIX DU  MEDECIN
C’est ça, c’est ça, au revoir monsieur.  (Plus fort, s’adressant à ELLE)  Madame Aufray ?

Elle se lève, jette son journal sur la table, prend son manteau et s’apprête à le suivre mais se ravise et s’approchant de LUI :
ELLE
Vous étiez garé dans la rue ?
LUI
Oui, pourquoi ?
ELLE
Parce que vous ne l’êtes plus... Oui, votre voiture a été enlevée.
(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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