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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:31


L'AVENTURE COMMENCE.
...

Un mois plus tard.

La salle d’attente chez le même médecin.  Coup de sonnette.
Bruits de pas, de porte, de voix. 
La porte du fond s’ouvre.  Entrent Maxime et Sonia se tenant par la main.
Elle porte un manteau long à col de fourrure, des bottes.  Sa coiffure a changé.
Il est en veste de cuir sur des jeans noirs, chemise blanche, blazer de tweed sous sa veste, cheveux fous.  Son aspect est plus soigné qu’avant.
Ils restent un instant debout, à regarder la pièce, un vague sourire aux lèvres.

LUI
C’est un drôle d’endroit pour une rencontre, non ?

Il l’attire brusquement dans ses bras et l’embrasse fougueusement.  Elle se dégage.

ELLE
Arrête, pas ici, tu es fou...

LUI
Pourquoi ?

ELLE
C’est l’endroit où ne nous connaissons pas. 
Elle s’éloigne de lui et s’asseoit sur la chaise où elle était la première fois. Elle prend un magazine et commence à le feuilleter sans le regarder.

LUI
A quoi tu joues ?

ELLE
Tu m’avais demandé  l’heure.  Allez, recommence, c’est drôle, regarde, c’est le même endroit, nous étions seuls, tu ne me connaissais pas...

LUI
Justement.... C’est impossible aujourd’hui de te parler de la même façon.

ELLE
Essaie.

LUI, de mauvaise grâce.
Vous aviez rendez-vous à quelle heure ?

ELLE (jouant)
Quatre heures et quart. Pourquoi ? 

LUI, mollement
Parce qu’il est déjà quatre heure et... euh...

ELLE le coupe
Tu es mou.

LUI
Comment, je suis mou ?

ELLE
Oui...  Je t’assure que je n’aurais pas eu ce coup de foudre instantané si tu m’avais répondu sur ce ton-là... Tu étais nerveux, brutal, saturnien !

LUI
Saturnien ?

ELLE
C’est ce qui m’a plu, ce côté... sombre... infréquentable.



LUI
Pour quelqu’un d’infréquentable, je n’ai pas mis longtemps à tomber dans tes filets...

ELLE
C’est vrai... Il faut dire que l’histoire de la fourrière m’ a un peu aidée. Que pensais-tu de moi, toi, ce premier jour-là ?

LUI
Je t’ai d’abord trouvée belle... Rayonnante... l’image de la vie...
Et puis... plus tu parlais, plus je tombais sous le charme...
Ce côté... invulnérable qu’il y a chez toi...

ELLE
Invulnérable, je l’étais avant de te connaître !  Dès que tu es entré dans cette pièce j’ai commencé à avoir peur.

LUI
Et de quoi ?

ELLE
Que tu disparaisses à nouveau.  Avant toi je ne m’inquiétais pas de l’issue des choses.  Le mot “fin” n’avait pas de sens tragique... c’était toujours des fins  de cinéma...

LUI
Il y a des fins heureuses, libératrices.

ELLE
Je ne veux pas me libérer de toi.

LUI
Moi non plus.  Qui a parlé de fin ?

(A suivre)

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:22


Bon, on a trouvé tous les œufs cachés dans les massifs de lavande, on a écouté les cloches de la basilique de St Paul Trois Châteaux, mais pas que ça !

Il y a eu aussi la FERIA D’ARLES, moi je suis pas fan mais je connais des gens pour qui ça vaut Compostelle. Il faut dire que la ville est si belle et les  arènes si romanesques.  C’est à ARLES que j’ai emmené un jour mon fiancé voir une corrida. Il n’en avait jamais vu et son horreur  a été immédiate.  Il était sincèrement choqué et au moment de la mise à mort, qui a foiré trois fois, il a dit doucement « j’ai honte d’être un être humain ». 
Depuis je pense comme lui et je n’y vais plus.
                                                   .
Il n’y a pas qu’à Pâques qu’on se tape la cloche :  c’est toute l’année dans ce restaurant sensass installé où, je vous le donne en mille : dans les caves de la coopérative de BEAUMES-DE-VENISE,  vous voyez l’idée ?
On arrive par une pluie battante sur un immense terre-plein dominé par l’imposante bâtisse néo-classique, on se gare et quand on s’approche on découvre une terrasse en teck avec des tables et des chaises ruisselantes mais on imagine bien ce que ça doit être par une belle matinée de juin !  On entre, accueil tout sourire, petites jeunes filles accortes comme on dit, beau décor zen (sans lumières évidemment) et on s’asseoit.
Et là, la vraie surprise est dans l’assiette, un concentré de paradis que je n’essaie même pas de vous décrire, vous n’avez qu’à y aller, je sais de  Paris ça fait loin, mais ça vaut le plein d’essence, surtout que l’addition est  aussi légère que la nourriture.
Le jeune chef, petit faune de génie dans ce pays de vignobles bénis des dieux, surveille attentivement les dineurs durant tout le service  par l’ouverture entre la salle et les cuisines.  Il veut savoir si l’on est content.  Les jeunes serveuses sont chargées de lui rapporter les hommages et seulement les hommages, parce que des critiques je n’en vois pas, (à part l’éclairage, bien  sûr).
Ca s’appelle, je vous le redonne en mille : LE DOLIUM.
Et l’adresse : place BALMA VENITIA,  BEAUMES-DE-VENISE au temps des Romains.


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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:20


Elle est de Maurice DRUON, qui vient de nous quitter :

Une tradition n’est jamais qu’un progrès qui a réussi.
M. DRUON  (Le Pouvoir)

Il en a une autre qui pourrait être de Boris Vian :

Le képi déforme la tête.

Je vous quitte sur cette réflexion pleine de bon sens et je
vous dis à demain, mes très chers amis.
Miss Comédie

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:47
Bonjour !  Petits changements de décor pour varier les plaisirs.  J'arrête de dire bravo à des demi-navets et mes
souvenirs referont surface sans crier gare.  J'improviserai au gré de mes humeurs, ça sera inattendu et tout y
passera : théâtre, cinéma, littérature, faits divers ou nostalgie, une impro, quoi.
Le printemps est là, les arbres font des nouvelles feuilles, mon blog aussi.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:36

CA  MORD ....

La sale d’attente.
ELLE, LUI

ELLE entre et tandis que le  petit homme se lève pour sortir à son tour, elle pose son manteau sur une chaise et se campe devant le miroir au-dessus de la cheminée pour arranger sa coiffure.

ELLE, lui tournant le dos et lui parlant dans la glace
Vous n’avez pas trouvé de solution ?

LUI, ton rogue
Figurez-vous que je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir, à cause d’un illuminé qui m’a mis la tête à l’envers...

ELLE
Oui, je vois... Un petit marrant, non ? 

LUI
Très drôle. (Il regarde sa montre). Je suis en pleine déroute. J’ai rendez-vous avec un client dans cinq minutes.

ELLE, se retournant pour prendre son manteau
Je peux vous avancer, si vous voulez...
Il la regarde.

LUI
Vous feriez ça ?

ELLE, distante, tout en enfilant son manteau
Je vous vois si...désemparé.  Ma voiture est au garage, l’immeuble,en face.  On y va.

Ils atteignent la porte du fond et s’arrêtent soudain face à face.

LUI, l’air pénétré
Vraiment, je...

ELLE  les yeux dans ses yeux
Je vous en prie.

ELLE passe devant lui et ils sortent.

(A suivre)






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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:20
Aujourd'hui mon impro commence par un flash-back surMichel DRACH :  le tournage du PASSE SIMPLE (suite)

Marie-Jolé NAT ne savait pas trop comment me traiter.  Elle était assez distante avec les techniciens, et elle devait se demander dans quelle case me placer.  Cela dans le cadre du bureau-appartement de la rue Royale, parce que sur le tournage elle était dans sa bulle et ne me voyait pas.
Entre les prises elle jouait aux cartes dans un coin du plateau avec Victor LANOUX.
Michel étudiait chaque plan avec une minutie scrupuleuse. C’était son quatrième film avec sa femme, ils avaient une complicité naturelle qui rendait les choses faciles.
Le jour où j’ai tourné la scène de l’hôpital, ils m’ont rendue méconnaissable : ma tignasse était rangée en chignon lisse et je portais des lunettes et une blouse blanche.  Je devais ouvrir la porte au médecin et ensuite aller m’asseoir devant la machine à écrire.  Je n’avais pas un mot à dire.
Mais ce qui était très drôle, c’est qu’aucun des membres de l’équipe ne m’avait reconnue.
Une panouille qui m’a juste donné envie de jouer la comédie à nouveau, avec un vrai rôle, même difficile, même périlleux, et ça, ça ne se trouvait pas tous les matins dans la boite aux lettres…
Je regardais Marie-José, la tête entourée de bandelettes, écouter les indications de Michel sur son lit d’hôpital et j’aurais tellement voulu être à sa place.  Surtout que le bel assistant ne la quittait pas des yeux…


  A part ça, pas grand-chose vu que le week-end de Pâques a fait  un break dans mon actu  : j'ai passé mon temps à regarder
pousser les feuilles à la cadence de un centimètre par heure,
sur les arbres de mon jardin. Les oiseaux poussaient leurs cris
de joie, les livres m'en tombaient des mains.
Dans mon transat, je me disais que la nature est plus disciplinée que nous, elle est au rendez-vous du printemps,
fidèle au poste, verdoyante et roucoulante, pas question
de grêve des transports amoureux ni de manifestations
anti-bourgeons, ni de crise du pouvoir des chats...
(facile)  bref :  j'étais béate et mon impro séchée.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 08:17
Le bien est plus intéressant que le mal parce qu’il est plus difficile.

Paul Claudel.

Il fallait y penser. Mais…  intéressant pour qui ? Et difficile pour qui ?
Vaste débat qui n’a pas sa place dans ce blog.  Pour nous, ce qui compte, c’est le théâtre et associés.
A demain !
Miss Comédie

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:29
Bonjour !   Vendredi Saint. Observez une journée de mesure et d'amour du prochain.
Que cela ne vous empêche pas de venir assister à la scène où le petit homme dévoile
ses griefs contre l'Homme pollueur de sa planète.
Heureusement, la prise de conscience est faite et la réaction s'organise.
Prions ensemble.

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:26

La sale d’attente.
LUI, LE PETIT HOMME

LUI, l’air ahuri
Oui ?  Comment, enlevée ?  Ah ?  Fourrière ?... Bon dieu...
(Il se précipite  à la fenêtre pendant qu’ELLE sort)  Oui... c’est bien ça... Elle n’est plus là... Quelle merde...
Il se laisse tomber sur une chaise, regarde autour de lui. Il est seul avec le petit homme. 

LE PETIT HOMME (entre ses dents)
L’homme a choisi sa mort... Dioxyde de carbone... Extermination totale par l’automobile...

Lui dresse l’oreille et son visage prend une expression hagarde, entre terreur et incrédulité. L’autre se replonge dans son mutisme, droit sur sa chaise, les yeux fixés au sol.
LUI 
Vous m’avez parlé ?
Pas de réponse.
LUI (on le sent sur le point d’exploser, les nerfs à fleur de peau)
Vous en avez contre l’automobile, on dirait ?  Vous allez certainement à pied, monsieur, pour en parler comme vous le faites. Le piéton est l’ennemi de l’automobiliste, c’est la loi de la nature, l’un est né pour emmerder l’autre et lycée de Versailles, et moi qui suis automobiliste, on vient de me piquer ma bagnole et je ne trouve pas ça drôle.
Il se carre dans sa chaise, rajuste son veston, et croise les jambes.

LE PETIT HOMME (toujours sans le regarder)
Ce n’est pas la peine de s’énerver. On ne peut rien contre les lois de la nature.
(Un temps.  Brusquement, il reprend en agitant le bras :)
En attendant si tout le monde allait à pied, la planète aurait encore une petite chance de s’en sortir !  ! Cela dit, meme à pieds l’homme salit tout ce qu’il touche, sa respîration même est toxique, du gaz carbonique, pensez...(il s’enflamme) des ordures naissent sous ses pas, les microbes se logent dans les plis de sa peau répugnante, mal lavée, jamais désinfectée, l’homme est l’ordure vivante la plus imbue d’elle même, la plus arrogante, une ordure qui pense et qui parle... (il s’essoufle, sort un mouchoir plié en quatre, l’ouvre, le respire) aaah.... l’éther, le pur éther...

LUI (estomaqué)
Pourquoi vous habitez en ville ?  Vous n’auriez pas ces pensées morbides si vous viviez à la montagne, dans l’air des sommets, je ne sais pas, moi... St-Véran, le plus haut village d’Europe...  non ?
(Il regarde le petit homme avec compassion).

LE PETIT HOMME (méprisant)
Le Mont Blanc est un tas d’immondices en regard de l’immense pureté du cosmos.  La planète est cernée.  Vouée à disparaître.  Seul le cosmos est pur.  Retourner au cosmos... Il faut attendre...
Lui se prend la tête dans les mains.
La porte du cabinet s’ouvre.
VOIX DU MEDECIN
Monsieur Hyde, s’il vous plait.

(A  suivre)

_______________________________

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:22

  
… à Olivier Py qui aligne au Théâtre de l’Odéon les productions les plus prestigieuses, les plus ambitieuses.
Après le cycle Howard Barker, après Gertrud (Le cri), voilà qu’il monte LE SOULIER DE SATIN dans sa version intégrale : onze heures de spectacle !
Dans sa présentation, il cite Claudel : « Si l’on demande beaucoup au public, pourquoi douter qu’il ne soit prêt à donner beaucoup ? »
Le Soulier de Satin n’est pas une pièce facile.  On dit que la location marche très fort.  Les spectateurs ont donc soif de beaux textes, ils y vont, ils sacrifient une soirée entière, ils préfèrent Jeanne BALIBAR à Laurence FERRARI, ils veulent découvrir CLAUDEL au lieu de Katherine PANCOL, ils ont soif d’extrême.
Ils vont s’installer là et se mettre à rêver avec dona Prouheze qui a perdu son soulier entre les bras de la Vierge.
Histoire incompréhensible, onirique, intemporelle, mélange de toutes les cultures, de toutes les légendes du fond des temps.
Onze heures, quatre heures puis cinq heures et encore deux heures… Je ne sais pas si j’aurais le courage. 




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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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