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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 08:32

La sale d’attente.
LA DAME, LE PETIT HOMME, LE MARI

ALERTE AUX MICROBES !


VOIX DE L’ASSISTANTE
Madame Dufour !
La dame se lève précipitamment  et passe dans le cabinet.  Le petit homme se retrouve seul.  Il se  lève et va ouvrir la fenêtre.  On entend les bruits de la rue. Il va se rasseoir sur sa chaise et au bout d’un moment, se déplace d’une chaise.

LE PETIT HOMME  marmonnant
Les miasmes de la rue vont bouffer ceux des femelles.  Ils ont l’avantage du nombre...

Il pousse un ricanement sardonique et se replonge dans l’immobilité et le silence.  Au bout d’un moment on entend la sonnette.  Bruit de porte, voix d’homme.
Entre un homme petit, trapu, le visage rond et jovial, qui salue à la ronde.  C’est le mari de la dame.

LE MARI, regardant autour de lui
Mais elle n’est pas là !
VOIX DE L’ASSISTANTE, par la porte restée entrouverte
Madame Dufour est reçue en ce moment par le docteur.
LE MARI
Ah, je comprends.  Je vais l’attendre.
Il s’assied, se déboutonne, regarde le petit homme avec curiosité, se penche vers la table basse, saisit un magazine.



LE PETIT HOMME
N’y touchez pas. Elles les ont contaminées et avant elles, des centaines d’autres femmes contagieuses.
LE MARI
Mais...  Quelle maladie...?
LE PETIT HOMME
Toutes !  Les vénériennes, les génétiques, les microbiennes ! Oxyde d’azote, dioxyde de soufre et de carbone…  Les microbes prolifèrent !... (il crie) Nous n’y échapperons pas ! Vous savez combien de maladies ils vont nous transmettre ? Entre 15 et 20 millions !...Les victimes ?  Surtout des hommes... 
(il s’essuie le front avec son mouchoir, reprend sa respiration)

LE MARI (l’air affolé)
Que faut-il faire ?
LE PETIT HOMME chuchotant
Il faut essayer de différer notre mort.  Prenez de très courtes aspirations...  Economisez vos mouvements...
Ne touchez à rien de suspect...Faites le mort.  Rentrez en vous-même.  Soyez sur vos gardes.  Constamment... constamment...(de plus en plus bas) Constam... const... (tout en parlant il se rasseoit et se tasse sur lui-même.
LE MARI, ratatiné sur sa chaise
Oui... d’accord... d’accord...
 
Le petit homme est retombé dans son mutisme.  Son menton repose sur sa poitrine comme s’il dormait. Le silence s’installe, aucun des deux ne fait un mouvement.

(A suivre)

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 08:25
Imaginons une scène (qui vient de m’arriver) qui pourrait se terminer de plusieurs façons selon le tempérament du personnage.
Une fille normale (ni un boudin ni une bombe) marche dans la rue.  Sur le trottoir est assis un mendiant look routard, bien crado, l’œil glauque,  avec en face de lui un acolyte  du même acabit mais debout.  Ils regardent passer les gens tout en causant et distribuent les commentaires selon qu’il y a piècette ou non.  Evidemment, vu l’allure du duo, personne ne donne. Au moment où la fille passe, le gars debout lance « t’as vu le cul ? » La fille reçoit ça sans broncher et à peine dépassé, le mec ajoute « elle a un string ! ».
Je pose la question : combien de réactions possibles ? (Donc, combien de chutes à la scène filmée ou jouée ?)  Je vous en propose quatre.
1 -  La fille, qui a du sang-froid,  passe raide, comme si elle avait rien entendu.  C’est la bonne réaction mais la scène n’est tombe à plat.
2 - La fille, qui a fait du karaté, se retourne et file une tarte au mec qui s’y attend pas.  Mais il se rebiffe illico et lui renvoie la tarte.   Elle se met à hurler, les passants s’arrêtent et prennent le parti de la fille.  Le mendiant assis se met à insulter la fille très grossièrement. Un type le menace de lui casser la gueule. Le mec debout sort un canif.   C’est la bagarre générale. Les flics débarquent et les mendiants se tirent ailleurs.
3 -  La fille, qui a de la répartie ne se retourne pas et lance très fort : « Tu sais même pas à quoi ça ressemble, un string ! »  Le mec a la chique coupée et l’autre se met à rigoler et gueule :  « Viens lui montrer, salope ! »  Ca tourne court mais la scène a du chien.
4 -  La fille, qui a un humour fou, s’arrête net,  et se met à fouiller dans son sac.  Les deux, saisis, s’imaginent qu’elle cherche de la monnaie.  Ils n’osent même plus respirer.  Ils attendent avec respect.  Et là, elle referme le sac et dit « Dommage, j’avais des pièces pour vous mais là… » et elle repart d’un pas léger.  Les deux sont comme deux ronds de flan. 
Moi je trouve la dernière la meilleure.  Mais, hélas, ce n’est pas celle que j’ai vécue, puisque peureuse comme je suis, j’ai choisi la première qui, en fait, n’est pas une réaction de sang-froid mais bien une preuve de lâcheté.   Votre avis ?

(Qu’est-ce que je n’aurai pas fait pour provoquer un commentaire….)


`VOUS AVEZ DIT  COCO ?
Quel dommage d’avoir défiguré la mémoire de Coco Chanel !
Il faut entendre  Claude DELAY, sa biographe, sa confidente, qui a recueilli ses dernières paroles, qui l’a aimée et respectée, et qui porte le jugement sévère entre tous sur le film d’Anne Fontaine.   COCO AVANT CHANEL : " Un déploiement de vulgarité »…
On imagine.  La petite ?  « Elle n’a pas le format »… On s’en doutait.  Il ne suffit pas d’avoir le visage triangulaire et le regard dur.  L’âme est absente.


A entendre Claude DELAY, l'invitée de Olivier BELLAMY sur Radio Classique, hier soir, Coco CHANEL n’est pas facile à incarner… C’était une personnalité hors du commun, une femme comme on n’en fait plus.
Elle aurait choisi la 2ème fin pour ma scène de rue.  Ou peut-être la première ?   On imagine sa démarche et son dédain.
Ce ne serait pas la lâcheté, ni le sang-froid, ce serait l’indifférence.




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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 08:21

Personne n’est jeune après quarante ans mais on peut être irrésistible
à tout âge.
Coco CHANEL

Une affirmation très sympathique de sa part, et qui nous redonne l'espoir.
A demain, chers amis.
Miss Comédie

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:46
Bonjour !  Vous avez raté le début des AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE ?
Alors voilà : ils sont venus chez le médecin pour soigner chacun leur allergie. LUI, ELLE, LA DAME et
LE PETIT HOMME.  LUI et ELLE tombent amoureux.  Les autres ruminent leur idée fixe.
L'histoire d'amour va évoluer avec des hauts et des bas dans la salle d'attente.
A part la pièce, vous avez droit à mes élucubrations sur le sujet du jour.  Aujourd'hui, nostalgi
e...
Je repense aux années soixante, pourquoi ? Mystère.
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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:39

La  sale d’attente.

LA DAME, LE PETIT HOMME, MAXIME

CHASSÉ-CROISÉ

MAXIME (entre ses dents)
Madame... m’sieur...  Pas là... Tiens.  Mince alors.
LA DAME
Vous êtes le monsieur de la dame ?
MAXIME
Vous l’avez vue ?
LA DAME
Il y avait là une jeune femme très belle en tailleur noir qui pleurait parce que son monsieur lui avait fait faux bond.
MAXIME
Ah vraiment.
LA DAME
Non, excusez-moi, ce n’est pas tout-à-fait ça.  Elle a dit qu’elle était allée  trop loin.
MAXIME
Qu’est-ce que c’est que ces salades. Expliquez-vous clairement, madame.
LA DAME
Vous voulez savoir quoi, au juste ?
MAXIME
Seulement si elle est venue, si elle a été reçue par le médecin, et si elle est déjà repartie.
LA DAME
Réponse : un, elle est venue.  Deux, elle n’a pas été reçue par le médecin, trois : elle est partie.
MAXIME
Avant d’avoir été reçue ?
LA DAME
Oui, parce qu’elle avait du chagrin et elle a dit que cela ne l’intéressait plus de se faire soigner.
MAXIME
Idiote.  Non, pas vous.  Bon, merci. Au revoir madame. (il va pour sortir et se ravisant, se tourne vers le petit homme)  au revoir monsieur.

LE PETIT HOMME l’attrapant par le pan de sa veste
L’espèce humaine est en danger ! Le mâle est phagocyté. La femelle a pactisé avec l’élément destructeur de toute vie, le MICROBE !

Maxime hausse les épaules et sort.

(A SUIVRE-

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:31
Qu’est devenu le groupe PROCOL HARUM ?  Ce Whiter Shade of Pale qui nous emportait vers des nirvanas tanguant, collés joue à joue, en sueur et les yeux clos, même pas besoin de marie-jeanne pour s’envoler, seulement cette mélodie et cette voix.
Ce morceau restera-t-il leur hymne définitif ?
Sur You Tube on les voit en concert, tout jeunes, le chanteur joue de l’orgue électrique et il doit avoir quoi, vingt ans ?
J’aurais dû en rester là.
 Mais comme Ruth je me suis retournée. Je n’ai pu m’empêcher d’aller voir sur Google.  Le site de PROCOL HARUM existe.  Il montre leur photo MAINTENANT.
Le petit jeune homme au visage  enfantin, avec sa frange et ses cheveux sagement mi-longs qui jouait de l’orgue, à les cheveux blancs.  On s’attendrait presque à ce qu’il ait le pli amer  de celui qui a conscience d’avoir vieilli, mais non !  Il arbore un sourire satisfait.  Il a l’air d’un conseiller fiscal. C’est Gary Brooker.  Le percussioniste, Geoff Dunn, est aussi atteint.  Les trois autres ont l’air plus jeunes mais pas de beaucoup.  Est-ce que ce sont les mêmes qu’à leurs débuts ?  Peut-être que non, peut-être que meme Gary le pianiste n’était pas le jeune homme qui joue sur la vidéo de leurs débuts.
On apprend qu’ils donnent encore des concerts, l’un en Norvège le 17 Juillet, et l’autre en Finlande le 23 juillet.  Les Nordiques ont toujours un temps de retard.
La vie est une bande vidéo qui prend une whiter shade of pale en arrivant vers la fin.

Mais la musique n’a pas de fin !  La musique reste intacte !
Dans trois cents ans, qui sait, de petits hommes auront dans les oreilles des iPods organiques qui diffuseront A whiter Shade of Pale.  Nous écoutons bien Mozart avec le même bonheur, davantage même peut-être, que ses contemporains.



Un scoop !  Il paraît qu’au métro ETOILE sur le quai de la ligne Nation-Etoile par Denfert, il y a un musicien exceptionnel qui joue du xylophone d’une façon prodigieuse, tellement que tout le monde s’arrête pour l’écouter et rate son métro, absolument subjugués par le talent de ce jeune homme.
Je suis loin de Paris, hélas, mais je me suis si souvent arrêtée, dans le passé, pour écouter longtemps un musicien dans le métro, ou dans la rue, que je sauterais bien dans le TGV pour aller vivre ces quelques minutes de bonheur.
Ce jeune musicien qui joue du Bach à Etoile ne mettra pas longtemps à devenir une star, il l'est déjà puisque l'on
parle de lui à la radio et dans les blogs...
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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:29
« Les années soixante  n’existent pas. Je le sais, je les ai vécues. »
Patrick MODIANO fait dire cette phrase à Jean-Marie PERIER dans sa préface au  très beau livre de celui-ci : MES ANNEES SOIXANTE.
Les PROCOL HARUM ne savaient pas qu’ils étaient les années soixante.
Aujourd’hui, ils ont beau dire, ils ne sont plus les années soixante.
A demain chers contemporains !
Miss Comédie

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:36
Bonjour !  Vous serez peut-être surpris par mon impro qui annonce la naissance d'une star dont vous
n'avez peut-être jamais entendu parler. Mais ça s'est passé samedi dernier et avec YOU TUBE j'ai
assisté à ce moment de pure folie, on ne voit ça que dans les films.
Dans la salle d'attente aujourd'hui il n'y a que la Dame (j'imagine Dominique LAVANANT) et le petit
Homme dans une scène de transition.  Les amoureux se courent après, ils vont se retrouver bientôt.
Bon spectacle !
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:30

La sale d’attente.
LA DAME, le PETIT HOMME puis MAXIME

DIALOGUE DE SOURDS

La dame a un coup d’oeil vers le petit homme, toujours immobile sur sa chaise.  La sonnerie du portable se fait entendre, elle sursaute et le porte à son oreille.
LA DAME
Allo ?  Chéri ?  Oh mon amour comme tu as été méchant, je ne voulais plus rentrer à la maison du tout, du tout, jamais, tu sais .?  Ton client est parti ?  Ouiiiii ?  Oh, mais c’est que je ne suis pas encore passée... Tu viens me chercher ?  Oh tu es un ange, je le savais bien que tu étais un ange.  Oui, je t’attends, mon amour. (Elle fait des bruits de baisers dans l’appareil puis raccroche.)

LE PETIT HOMME
Les détritus se ramassent à la pelle.

LA DAME (sans le regarder et chantonnant comme pour elle-même)
Les feuilles mortes... (Elle range le portable dans son sac et pousse un cri)
 Ah !  les voilà !  Dans la petite poche intérieure zippée elles étaient... Ca c’est  un raffinement que je n’ai pas encore tout-à-fait intégré dans mon Lady Dior... Chez Vuitton, les poches intérieures ne sont pas zippées, on voit bien ce qu’il y a dedans... Ah mon dieu, et  mon Hubert qui va venir me chercher... Il va être furieux. Je ne vais pas lui dire que je les ai retrouvées.

On entend la sonnette.  Bruit de porte. Voix d’homme.
Entre Maxime Sévère.  Il regarde dans la salle d’attente, semble désorienté.

(A suivre)

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:23
          SUSAN  BOYLE
Bon dieu, les contes de fée, ça n’existe pas que dans les livres pour enfants !   Voyez l’histoire de Susan BOYLE :  miracluleuse !
Je l’ai vue dans sa prestation pour GOT TALENTS, l’émission britannique  qui ressemble à NOUVELLE STAR.
 On y sélectionne des chanteurs et chanteuses de préférence sexy et dotés d’une belle voix.  Ils ont déjà le look des winners de podiums. Mais là tout d’un coup, les mecs du jury se tordent de rire : qu’es-ce qu’elle vient faire là, la maman ?  Ils lui posent des questions ironiques, elle répond simplement ils se marrent, en voilà une qui va pas mettre le feu.  Elle, toute tranquille, pas belle, rigolote, elle attend qu’on lui donne le la. Elle prend le micro.  Elle chante.  Et là, chair de poule !  C’est comme dans les films de Lubitsch, tout d’un coup le public s’allume. Elle chante vachement bien, elle émeut. Les groupies se mettent à crier. Elle sourit en chantant, elle y prend goût. elle met toute son âme.  La rumeur enfle, c’est le triomphe.
Gros plan sur les tronches des jurés.  Ils sont bluffés, ils s’en sortent avec des superlatifs. 
Susan BOYLE, elle va rendre sa carte de chômage.  Quatre maisons de disques la réclament en exclusivité. Elle est au top du top.  En quatre minutes de chanson, elle a changé sa vie.

Ca existe encore, ça.  Ca peut se faire.  Et pas seulement dans la chanson.
Il suffit d’avoir juste un peu de talent et surtout, de se trouver un beau jour  là où il faut.



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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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