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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:39

La  sale d’attente.

LA DAME, LE PETIT HOMME, MAXIME

CHASSÉ-CROISÉ

MAXIME (entre ses dents)
Madame... m’sieur...  Pas là... Tiens.  Mince alors.
LA DAME
Vous êtes le monsieur de la dame ?
MAXIME
Vous l’avez vue ?
LA DAME
Il y avait là une jeune femme très belle en tailleur noir qui pleurait parce que son monsieur lui avait fait faux bond.
MAXIME
Ah vraiment.
LA DAME
Non, excusez-moi, ce n’est pas tout-à-fait ça.  Elle a dit qu’elle était allée  trop loin.
MAXIME
Qu’est-ce que c’est que ces salades. Expliquez-vous clairement, madame.
LA DAME
Vous voulez savoir quoi, au juste ?
MAXIME
Seulement si elle est venue, si elle a été reçue par le médecin, et si elle est déjà repartie.
LA DAME
Réponse : un, elle est venue.  Deux, elle n’a pas été reçue par le médecin, trois : elle est partie.
MAXIME
Avant d’avoir été reçue ?
LA DAME
Oui, parce qu’elle avait du chagrin et elle a dit que cela ne l’intéressait plus de se faire soigner.
MAXIME
Idiote.  Non, pas vous.  Bon, merci. Au revoir madame. (il va pour sortir et se ravisant, se tourne vers le petit homme)  au revoir monsieur.

LE PETIT HOMME l’attrapant par le pan de sa veste
L’espèce humaine est en danger ! Le mâle est phagocyté. La femelle a pactisé avec l’élément destructeur de toute vie, le MICROBE !

Maxime hausse les épaules et sort.

(A SUIVRE-

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:31
Qu’est devenu le groupe PROCOL HARUM ?  Ce Whiter Shade of Pale qui nous emportait vers des nirvanas tanguant, collés joue à joue, en sueur et les yeux clos, même pas besoin de marie-jeanne pour s’envoler, seulement cette mélodie et cette voix.
Ce morceau restera-t-il leur hymne définitif ?
Sur You Tube on les voit en concert, tout jeunes, le chanteur joue de l’orgue électrique et il doit avoir quoi, vingt ans ?
J’aurais dû en rester là.
 Mais comme Ruth je me suis retournée. Je n’ai pu m’empêcher d’aller voir sur Google.  Le site de PROCOL HARUM existe.  Il montre leur photo MAINTENANT.
Le petit jeune homme au visage  enfantin, avec sa frange et ses cheveux sagement mi-longs qui jouait de l’orgue, à les cheveux blancs.  On s’attendrait presque à ce qu’il ait le pli amer  de celui qui a conscience d’avoir vieilli, mais non !  Il arbore un sourire satisfait.  Il a l’air d’un conseiller fiscal. C’est Gary Brooker.  Le percussioniste, Geoff Dunn, est aussi atteint.  Les trois autres ont l’air plus jeunes mais pas de beaucoup.  Est-ce que ce sont les mêmes qu’à leurs débuts ?  Peut-être que non, peut-être que meme Gary le pianiste n’était pas le jeune homme qui joue sur la vidéo de leurs débuts.
On apprend qu’ils donnent encore des concerts, l’un en Norvège le 17 Juillet, et l’autre en Finlande le 23 juillet.  Les Nordiques ont toujours un temps de retard.
La vie est une bande vidéo qui prend une whiter shade of pale en arrivant vers la fin.

Mais la musique n’a pas de fin !  La musique reste intacte !
Dans trois cents ans, qui sait, de petits hommes auront dans les oreilles des iPods organiques qui diffuseront A whiter Shade of Pale.  Nous écoutons bien Mozart avec le même bonheur, davantage même peut-être, que ses contemporains.



Un scoop !  Il paraît qu’au métro ETOILE sur le quai de la ligne Nation-Etoile par Denfert, il y a un musicien exceptionnel qui joue du xylophone d’une façon prodigieuse, tellement que tout le monde s’arrête pour l’écouter et rate son métro, absolument subjugués par le talent de ce jeune homme.
Je suis loin de Paris, hélas, mais je me suis si souvent arrêtée, dans le passé, pour écouter longtemps un musicien dans le métro, ou dans la rue, que je sauterais bien dans le TGV pour aller vivre ces quelques minutes de bonheur.
Ce jeune musicien qui joue du Bach à Etoile ne mettra pas longtemps à devenir une star, il l'est déjà puisque l'on
parle de lui à la radio et dans les blogs...

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:29
« Les années soixante  n’existent pas. Je le sais, je les ai vécues. »
Patrick MODIANO fait dire cette phrase à Jean-Marie PERIER dans sa préface au  très beau livre de celui-ci : MES ANNEES SOIXANTE.
Les PROCOL HARUM ne savaient pas qu’ils étaient les années soixante.
Aujourd’hui, ils ont beau dire, ils ne sont plus les années soixante.
A demain chers contemporains !
Miss Comédie

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:36
Bonjour !  Vous serez peut-être surpris par mon impro qui annonce la naissance d'une star dont vous
n'avez peut-être jamais entendu parler. Mais ça s'est passé samedi dernier et avec YOU TUBE j'ai
assisté à ce moment de pure folie, on ne voit ça que dans les films.
Dans la salle d'attente aujourd'hui il n'y a que la Dame (j'imagine Dominique LAVANANT) et le petit
Homme dans une scène de transition.  Les amoureux se courent après, ils vont se retrouver bientôt.
Bon spectacle !

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:30

La sale d’attente.
LA DAME, le PETIT HOMME puis MAXIME

DIALOGUE DE SOURDS

La dame a un coup d’oeil vers le petit homme, toujours immobile sur sa chaise.  La sonnerie du portable se fait entendre, elle sursaute et le porte à son oreille.
LA DAME
Allo ?  Chéri ?  Oh mon amour comme tu as été méchant, je ne voulais plus rentrer à la maison du tout, du tout, jamais, tu sais .?  Ton client est parti ?  Ouiiiii ?  Oh, mais c’est que je ne suis pas encore passée... Tu viens me chercher ?  Oh tu es un ange, je le savais bien que tu étais un ange.  Oui, je t’attends, mon amour. (Elle fait des bruits de baisers dans l’appareil puis raccroche.)

LE PETIT HOMME
Les détritus se ramassent à la pelle.

LA DAME (sans le regarder et chantonnant comme pour elle-même)
Les feuilles mortes... (Elle range le portable dans son sac et pousse un cri)
 Ah !  les voilà !  Dans la petite poche intérieure zippée elles étaient... Ca c’est  un raffinement que je n’ai pas encore tout-à-fait intégré dans mon Lady Dior... Chez Vuitton, les poches intérieures ne sont pas zippées, on voit bien ce qu’il y a dedans... Ah mon dieu, et  mon Hubert qui va venir me chercher... Il va être furieux. Je ne vais pas lui dire que je les ai retrouvées.

On entend la sonnette.  Bruit de porte. Voix d’homme.
Entre Maxime Sévère.  Il regarde dans la salle d’attente, semble désorienté.

(A suivre)

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:23
          SUSAN  BOYLE
Bon dieu, les contes de fée, ça n’existe pas que dans les livres pour enfants !   Voyez l’histoire de Susan BOYLE :  miracluleuse !
Je l’ai vue dans sa prestation pour GOT TALENTS, l’émission britannique  qui ressemble à NOUVELLE STAR.
 On y sélectionne des chanteurs et chanteuses de préférence sexy et dotés d’une belle voix.  Ils ont déjà le look des winners de podiums. Mais là tout d’un coup, les mecs du jury se tordent de rire : qu’es-ce qu’elle vient faire là, la maman ?  Ils lui posent des questions ironiques, elle répond simplement ils se marrent, en voilà une qui va pas mettre le feu.  Elle, toute tranquille, pas belle, rigolote, elle attend qu’on lui donne le la. Elle prend le micro.  Elle chante.  Et là, chair de poule !  C’est comme dans les films de Lubitsch, tout d’un coup le public s’allume. Elle chante vachement bien, elle émeut. Les groupies se mettent à crier. Elle sourit en chantant, elle y prend goût. elle met toute son âme.  La rumeur enfle, c’est le triomphe.
Gros plan sur les tronches des jurés.  Ils sont bluffés, ils s’en sortent avec des superlatifs. 
Susan BOYLE, elle va rendre sa carte de chômage.  Quatre maisons de disques la réclament en exclusivité. Elle est au top du top.  En quatre minutes de chanson, elle a changé sa vie.

Ca existe encore, ça.  Ca peut se faire.  Et pas seulement dans la chanson.
Il suffit d’avoir juste un peu de talent et surtout, de se trouver un beau jour  là où il faut.



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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 08:21

La célébrité c’est l’avantage d’être connu de ceux qui ne vous connaissent pas.
CHAMFORT. 

Finalement, c’est pas si  tentant que ça.  Il y a déjà trop de noms dans mon agenda.
A demain, chers inconnus !
Miss Comédie

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 08:46
Bonjour !  Ce Lundi démarre sur une note mélancolique.  LES AMOUREUX se courent après,
et mon impro a pris pour thème un écrivain pas spécialement drôle.
Mais tout ça est enthousismant parce que comme le suggère la réplique de Pascal QUIGNARD,
il faut du triste pour apprécier le gai. Les contrastes sont le piment de la vie.
Bon spectacle !

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 08:42

La sale d’attente.
ELLE,  LA DAME puis LE PETIT HOMME

CONFIDENCES

LA DAME
Merci.  (Elle la considére avec attention).  Le noir vous va très bien. Excusez-moi mais... Grande marque, le tailleur ?   Armani ?  Sobre... Mais s’habiller de noir n’est jamais innocent... Vous avez l’humeur sombre aujourd’hui ... peut-être...?
ELLE (gênée)
Oui.  Sombre.  Inquiète, plutôt.
LA DAME d’un air désinvolte
Vous avez dépassé les bornes ?
ELLE (la regardant de travers)
Les bornes ? .. oh mais après tout oui, c’est ça, c’est justement ça : j’ai voulu voir jusqu’où ...  J’ai dépassé les bornes, oui...
LA DAME
Il reviendra.  Ca n’est jamais quand on va trop loin, qu’ils ne reviennent pas.
ELLE
Ah ?  C’est quand ?
LA DAME
Quand ils en trouvent une qui va encore plus loin.
(un temps)
 Vous avez une stratégie ?
ELLE
Moi ? Euh...
LA DAME
Vous le tenez par quoi.
LE PETIT HOMME se dresse
Miasmes infects, coupables de la chute de l’homme dans le néant !
LA DAME (enfin alertée)
Mais quoi, il vit, ce machin-là ?
ELLE
A peine.  Je le tiens par quoi ?  Par rien, je ne veux pas le TENIR, moi, je veux qu’il reste libre !
LA DAME
Vous n’avez rien compris.  Vous ne retiendrez jamais personne en le laissant libre.
ELLE
Je veux qu’il reste avec moi de son propre gré !  C’est ça l’amour !
LA DAME
Si on veut.  Mais le gré, il faut l’aider.  (Un temps) Donc, vous avez peur.
ELLE
Il m’avait dit qu’il viendrait avec moi à la visite d’aujourd’hui.
LA DAME
Il a peut-être été retenu.
ELLE
Par qui ?
LA DAME
Ah !
LE PETIT HOMME
L’homme n’est prisonnier que de lui-même et de ses vices.
La phrase tombe dans le silence.
LA DAME (regardant sa montre)
Ces retards commencent à m’exaspérer.  Pas vous ?
ELLE
Je pense que cela fait partie de la thérapie.
LA DAME (d’un ton pénétré)
Aaah. 
ELLE (regardant sa montre)
Il ne viendra plus. (Elle sort son mouchoir et se mouche, essuie une larme).  Je ne vois pas l’intérêt de me faire soigner.  Je m’en vais.
Voulez-vous venir avec moi pour téléphoner ?
LA DAME
Je ne veux pas perdre mon tour.... moi, je trouve un grand réconfort à me confier à ce médecin... (Elle aussi sort son mouchoir et se mouche)  C’est tout ce qu’il me reste...  Je préfère attendre.
ELLE, se levant
Comme vous voudrez.

Elle sort.

(A suivre)

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 08:27


J’ai découvert Pascal QUIGNARD avec TOUS LES MATINS DU MONDE.  Ce film époustouflant de pureté,  unique, avec ce scénario d’un ascétisme savant, et cette musique baroque qui, en 1991 était encore barbare, m’avait bluffée.
Ce film élitiste aurait dû passer inaperçu. Il a eu un succès inattendu et phénoménal;  Il ouvrait des portes sur un certain goût de la musique.
J’ai lu le livre de Pascal QUIGNARD,  « TOUS LES MATINS DU MONDE » qui devrait se prolonger par « … SONT SANS RETOUR » mais l’auteur a sans doute évité de dramatiser…
Depuis, cet écrivain étrange se trouve de loin en loin sur ma route par hasard avec un nouveau livre qui me terrasse.
Prenons par exemple, LA HAINE DE LA MUSIQUE.
Sur la 4 ème de couverture on lit :
« Quand la musique était rare, sa convocation était bouleversante ».
Qunad la convocation est incessante, la musique repousse.
Le silence est devenu le vertige moderne.  Son extase….. »
Personne ne peut douter aujourd’hui que ces quelques mots soient l’expression même d’une souffrance informulée, inconsciente.
J’exagère ?  Non, je suis même en dessous de la vérité.
Moi-même, je suis tombée dans le piège.  Pourquoi est-ce que j’éprouve le besoin de mettre un petit air de musique en lever de rideau ?  Ce besoin est devenu presque vital chez l’être humain civilisé. De la musique, il en veut partout.
Et ce livre raconte comment la musique peut devenir une arme redoutable d’endormissement, d’asservissement et de mort.
Il donne froid dans le dos.  Merveilleusement écrit, il s’insinue dans les replis de la mémoire.
A propos de terrasse, l’un de ces livre qui, et bien lisez donc TERRASSE A ROME,  du même Pascal QUIGNARD, que l’on peut résumer ainsi « Il y a un âge où l’on ne rencontre plus la vie, mais le temps. On cesse de voir l vie vivre.  On voit le temps qui est en train de dévorer la vie. »  C’est pas trop beau, ça ?  Oui, c’est triste, c’est clair, mais c’est beau.
Je vous quitte sur cette note amère mais il y a des jours comme ça…


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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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