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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:43

LES FILLES SONT COMME CA
Il m’a effleuré la main.  C’est fou.  Ca me fait un effet, pourquoi ça
me fait cet effet-là ?  
Je me demande s’il l’a fait exprès.  Et pourquoi il aurait effleuré ma main ?
Et pourquoi pas ?
  Il a l’air complètement indifférent.  Est-ce qu’il est conscient que nos mains se sont effleurées ?  On dirait que non. Et pourtant, je sais pas, il aurait pu empêcher ça, il a laissé sa main toucher la mienne.
Ce qui est fou, c’est l’effet que ça me fait.  C’est parce qu’il y a longtemps que j’attend que quelque chose se passe, c’est ça.
Il me plait trop.  Il fait comme s’il ne s’en apercevait pas, ça me rend folle.
Mais il le sait, il sait parfaitement qu’il me plait.  Il fait celui qui ne s’en aperçoit pas.  Pourquoi ?  Parce qu’il s’en fout ?  Parce qu’il veut retarder le moment ?  Parce que moi, je ne lui plais pas ?
Alors pourquoi il a effleuré ma main ?
 C’était pas un geste anodin, involontaire, non. On sent ces choses-là.
Il marche devant, là, il ne voit même pas que j’ai ralenti, moi, parce que j’ai pris un coup au coeur. Il parle fort, trop fort même, je trouve, pour quelqu’un qui est eb dehors du coup…
S’il se retourne, je saurai qu’il a compris  qu’il s’est passé quelque chose, et qu’il veut voir comment je réagis.
Il ne se re tourne pas.
Il est très fort. Il va le faire durer longtemps, ce petit jeu ?
Mais pour lui il n’y a  pas de petit jeu, voilà. Il est innocent, tranquille, je suis juste une copine comme les autres, il ne me voit pas, il…
 - Alors, Julie, tu traînes ou quoi ?
Les autres, ils ont bien vu que j’étais derrière. Et lui… ah tiens, le voilà qui vient vers moi, l’abruti.  Qu’est-ce qu’il veut maintenant ?
-  Ca va, Julie ?  Tu en as marre ?
S’il savait comme j’en ai marre.
-  Non, non, je vous suis.
- Viens.
Il prend ma main et il m’entraîne, il ne lâche pas ma main. Ca y est, nous marchons main dans la main, maintenant.  Et ça veut dire quoi ?
Rien, ça veut rien dire, juste deux copains qui marchent ensemble. Je crois que je me suis fait du cinéma.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:31
Cet été si vous passez vos vacances en Charentes, vous ne passerez pas à côté d’Isabelle ADJANI, Benoit POELVOORDE, Sylvie TESTUD, Michel GALABRU, Julien DORE, Marina HANDS… Ils sont dans huit tournages différents, ainsi que DEPARDIEU qui, lui, cumule deux films en même temps.
Bon, ça ne garantit pas des journées totalement passionnantes, et ça vous prive de vos activités physiques préférées. Mais enfin, ça peut occuper un jour de pluie !

En paillettes, samedi au Théâtre Antique d’Orange, vous avez pu admirer Roberto ALAGNA dans un pari fou : chanter deux rôles de ténor écrasants dans la même soirée.
Il a chanté le rôle de Canio dans PAILLASSE pour commencer, un rôle de comédien ambulant fragile et lunaire, et il a enchaîné avec le Turidu de CAVALIERIA RUSTICANA, un macho violent et passionné.
D’après Georges PRETRE, son chef d’orchestre, il a la carrure, le talent et le charisme pour réussir ce défi. Et en plus, c’est « une bête de scène », ce qui est le qualificatif maximum pour les gens de théâtre…
 

CET  ETE JE RELIS
YEUX BLEUS, CHEVEUX NOIRS de MARGUERITE DURAS ;

Ah, relire Duras !  C’est un ravissement, comme celui de Lol. Stein, on redécouvre les mystères de l’écriture, la vraie.  Celle qui invente    pas seulement une histoire, mais une musique, un envoûtement.
Je relis ce titre-là, qui raconte une histoire très trouble, très pénible, une histoire qui se traîne en longueur d’un homme qui ne peut pas aimer les femmes et d’une femme qui devient son objet, sa prisonnière, et les phrases qui racontent cette histoire sont des lambeaux de chair, des spasmes de folie. Elle donne aux mots un sens multiple, effrayant, aux mots familiers pourtant, on ne les reconnaît pas.  Jamais de vulgarité, jamais de facilité.  On sort de la prose pour aller dans un lyrisme épuré, absolument pas littéraire, seulement charnel, extatique.
Il faut bien qu’il y ait une magie, un envoûtement, pour continuer à lire cette histoire au-delà de cinq pages, dix pages, quand les deux personnages ne font que pleurer.  L’homme pleure abondamment. La femme le regarde et pleure avec lui.  Dans un café, ils pleurent ensemble. Lers paroles ne veulent rien dire, n’expliquent rien.  C’est plus loin qu’on comprendra leur douleur, leur détresse commune : ils sont tous deux à la recherche du même homme, et là on comprend qu'il est homosexuel et qu'il ne peut pas toucher une femme. N'empêche, il la séquestre et au bout de quelques nuits insupportables, il y arrive.
 Mais enfin, ça paraît grotesque, ces deux qui pleurent sans arrêt, et qui ne se touchent pas. Cest ça, Duras.   Mais dans ce livre, c’est peut-être encore plus difficile à admettre. Il y a une scène très dure, d’impuissance.
Personne, jamais, n’a pu ni ne pourra écrire :
„Elle est une femme. Elle dort. Elle a l’air de le faire. On ne sait pas. L’air d’être toute entière partie dans le sommeil, avec les yeux, les mains, l’esprit.“


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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:12
LUI, C'est Georges PEREC, dans son livre "JE ME SOUVIENS". « Je me souviens des disques du Modern Jazz Quartet que mon père écoutait le soir quand nous étions couchés. » Oui, aujourd’hui après trente ans, on les écoute encore et encore. Vous vous souvenez ?
Miss Comédie

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:12
LUI, C'est Georges PEREC, dans son livre "JE ME SOUVIENS". « Je me souviens des disques du Modern Jazz Quartet que mon père écoutait le soir quand nous étions couchés. » Oui, aujourd’hui après trene ans, on les écoute encore et encore. Vous vous souvenez ? Miss Comédie

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:01


   Bonjour !  Et voilà la dernière scène des AMOUREUX DE LA SALLE D’ATTENTE.  Avouez que j’ai bien calculé mon coup : 31 juillet, fe rideau tombe mais dans mon théâtre il n’y a pas de relâche, voyez. Un autre genre de divertissement vous attend pour le mois d’août, on s’habille  léger, on papillonne de ci-de là, alors je vous ai découpé des COURTS MÉTRAGES POUR L’ÉTÉ qui ne vous prendront pas la  tête, juste de petites scènes prises sur le vif que j’ai écrites  comme elles me venaient.  Une scène par jour, pas de changement dans l’esprit de Miss Comédie.

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 14:58



Le bureau de Maxime.
MAXIME, TTHOMAS, puis SONIA

HAPPY END;;;

THOMZD
Si tout d’un coup, là, elle débarquait, sans crier gare, parcequ’elle aurait oublié un bouquin, un gant, je sais pas moi, ou pour te dire au revoir, adieu, si elle débarquait sans crier gare, maintenant...
LUI
Allez, allez...
THOMAS
Qu’est-ce que tu ferais ?
LUI (se tenant la tête)
Oh ben je crois que je pourrais en pleurer, tiens.
THOMAS
Oui ?
LUI
Je la prendrais dans mes bras en pleurant.  Je crois que tout serait dit.
THOMAS
Elle est là.
LUI
Quoi ?
THOMAS
La voilà, je l’entends.
LUI
Tais-toi.

La porte s’ouvre sur SONIA.  

LUI
Thomas, tu es le diable.
THOMAS
Oui, papa.

ELLE  s’avance vers LUI dans la pénombre et  ils s’étreignent.

THOMAS, s’avançant vers le devant de la scène
Bon, lui sa toux c’est le tabac, on le sait.  Mais elle, ses boutons, si ça n’est pas lui, c’est quoi ?


                F  I  N







            



               

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 14:48
ENCORE UN BEST-SELLER

Le livre qui va départager les deux pharaons dont je vous parlais la semaine dernière, RUSSO et Marc LEVY, nous vient des Etats-Unis et en France il tire déjà à 150 000 exemplaires.
Son éditrice, NIL, a eu le nez creux, un flair ahurissant puisqu’elle a acheté les droits en 2006 alors que le livre n’était pas encore terminé…
Les ingrédients du succès sont insondables. Ce livre a un titre qui se fout du monde - mais c’est peut-être justement l’un des ingrédients - « LE CERCLE LITTERAIRE DES AMATEURS D’ÉJPLUCHURES DE PATATE ». Sûr, ça interpelle.  Et après ? C’est une histoire qui se passe pendant l’Occupation allemande de 1940-45 dans l’île de Guernesey.  C’est écrit avec humour. Voilà.  Si, il y a aussi le soutien magistral d’Anna Gavalda qui le qualifie de « absolument délicieux ». Une analyse assez pointue, il faut le dire.
L’auteur ? Elles sont deux ou plutôt elles étaient deux, puisque l’une de ces deux Américaines inconnues qui se sont lancées dans l’écriture de cet ouvrage, est morte peu avant sa publication. Triste, triste, comme le destin de l’auteur des MILLENIUM, à croire que certains livres doivent leur succès à un talisman terrible, la mort de leur auteur…

AVIGNON, ON FERME, CAP FERRET, ON TOURNE
Bon, je ne vais pas passer en revue les hauts et les bas du in et du off, les coups de coeur et les coups de bambou, le festival est fini et les comptes sont clos.
Les spectacles que j’ai loupé, je les retrouverai bien quelque part à la rentrée.
Maintenant, après les festivals on va s’intéresser aux tournages.  Certains vont attirer autant de curieux que les tréteaux de théâtre ambulants.
Par exemple dans la baie d’Arcachon, sur la plage de Biscarosse et au cap Ferret,  vous pouvez faire un break bronzing pour aller jeter un œil sur le tournage du film de Guillaume CANET, son troisième, avec son amoureuse Marion COTILLARD mais pas seulement ! Jean DUJARDIN,  François CLUZET, Benoit MAGIMEL…. on croit rêver ?
Toujours sur cette côte d’Argent, un autre gros tournage : Fabien ONTENIENTE tourne son CAMPING 2…. Bienvenue aux badauds, ils feront de la figuration sans le savoir, aux côtés de Mathilde SEIGNER, Franck DUBOSC, Richard ANCONINA… Ca va tanguer.
Ca nous promet des files d’attente au cinoche l’an prochain, avec déjà deux bonnes affiches en perspective !


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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 14:45
Georges PEREC dans « Je me souviens »… « Je me souviens de Ringo Starr et de Barbara Bach dans un épouvantable film de science-fiction. » Oui, et quel était ce film ? Je vous le demande ? Ca doit pouvoir se trouver mais j’ai la flemme de chercher.
Bon farniente, mes amis, je vous dis à très bientôt,
Miss COMEDIE

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 08:57

  Bonjour !  Pour LES AMOUREUX, c'est bientôt la fin.  ELLE est derrière la porte, mais il ne le sait pas. THOMAS, son fils, a tout manigancé mais à tout moment ça peut déraper. Ensuite, on parle encore de festivals, bien sûr, le théâtre quitte les salles pour s'installer dans la nature et ça lui va bien, quel succès !
Pour finir, j'inaugure un florilège de citations de Georges PEREC, tous ces souvenirs très brefs qu'il égrène dans son
livre "JE ME SOUVIENS", un régal. Un souvenir par jour pendant tout l'été, c'est cool.
(J'ai choisi cette image qui est un cliché de l'été
méditerranéen, mais je ne suis pas au bord de
la mer !)

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 08:54



Le bureau de Maxime.
MAXIME, THOMAS

ON DIRAIT QUE C'EST FOUTU...


LUI
C’est trop tard.  Elle m’a vu comme j’étais : un vieux con.  Elle a raison de partir.  Je lui aurais rendu la vie impossible.  Je l’oublierai.
THOMAS
Ah ah ah !  Ne me fait pas rire. Tu ne veux pas faire un petit geste ?
LUI
Quel geste ?  Pour qu’en plus de l’appellation “vieux con” elle m’ajoute “bêlant” et le compte est bon.  Un vieux con bêlant, on le fuit à toutes jambes et sans regret. Faire un geste... pfff.
THOMAS
Elle n’attend que ça.
LUI
Mais non, elle n’attend pas que ça !  Qu’est-ce que tu t’imagines ?  Elle est venue te pleurer dans le gilet parce qu’aujourd’hui elle n’avait pas de copine sous la main, et puis qui sait, elle a peut-être des vues sur toi ?
THOMAS
Papa.
LUI
Oui, non, excuse-moi mon vieux, j’en perds les pédales, je ne sais plus ce que je dis.  Je ne sais pas quoi faire...  mais quoi ! je ne vais pas aller me traîner à ses genoux pour lui expliquer que c’est une erreur médicale !   C’est grotesque !  Je suis dans le pétrin, c’est sûr.

(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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