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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 08:57

  Bonjour !  Pour LES AMOUREUX, c'est bientôt la fin.  ELLE est derrière la porte, mais il ne le sait pas. THOMAS, son fils, a tout manigancé mais à tout moment ça peut déraper. Ensuite, on parle encore de festivals, bien sûr, le théâtre quitte les salles pour s'installer dans la nature et ça lui va bien, quel succès !
Pour finir, j'inaugure un florilège de citations de Georges PEREC, tous ces souvenirs très brefs qu'il égrène dans son
livre "JE ME SOUVIENS", un régal. Un souvenir par jour pendant tout l'été, c'est cool.
(J'ai choisi cette image qui est un cliché de l'été
méditerranéen, mais je ne suis pas au bord de
la mer !)

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 08:54



Le bureau de Maxime.
MAXIME, THOMAS

ON DIRAIT QUE C'EST FOUTU...


LUI
C’est trop tard.  Elle m’a vu comme j’étais : un vieux con.  Elle a raison de partir.  Je lui aurais rendu la vie impossible.  Je l’oublierai.
THOMAS
Ah ah ah !  Ne me fait pas rire. Tu ne veux pas faire un petit geste ?
LUI
Quel geste ?  Pour qu’en plus de l’appellation “vieux con” elle m’ajoute “bêlant” et le compte est bon.  Un vieux con bêlant, on le fuit à toutes jambes et sans regret. Faire un geste... pfff.
THOMAS
Elle n’attend que ça.
LUI
Mais non, elle n’attend pas que ça !  Qu’est-ce que tu t’imagines ?  Elle est venue te pleurer dans le gilet parce qu’aujourd’hui elle n’avait pas de copine sous la main, et puis qui sait, elle a peut-être des vues sur toi ?
THOMAS
Papa.
LUI
Oui, non, excuse-moi mon vieux, j’en perds les pédales, je ne sais plus ce que je dis.  Je ne sais pas quoi faire...  mais quoi ! je ne vais pas aller me traîner à ses genoux pour lui expliquer que c’est une erreur médicale !   C’est grotesque !  Je suis dans le pétrin, c’est sûr.

(A suivre)

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 08:46
  REMONTÉES  MÉCANIQUES ET AUTRES RECORDS

Record de fréquentation  pour AIX et   quand on sait le prix des places les organisateurs doivent se frotter les mains.
Hier avait lieu la dernière production, LA FLUTE ENCHANTEE DE MOZART, au Grand Théâtre de Provence.  Après LE CRÉPUSCULE DES DIEUX IDOMENEE  et ORPHEE aux ENFERS, la programmation avait de quoi séduire, dans ce cadre historique et raffiné. Pas de remontées notoires pour l’instant, que je sache.
Pour Avignon, le IN a fait aussi bien que l’an dernier, 94% de remplissage.  Mais là, les remontées seront tangibles : la plupart des spectacles seront repris à la rentrée.
Par exemple, nous aurons droit à LYON à l’interminable LITTORAL, INCENDIES et FORETS du libano-Québecquoi Wajdi (je n’ai retenu que son prénom), aux Célestins ils prévoient déjà les sancwiches et les cafés pour les 11h de représentations.
La Cour d’Honneur a donc eu son public, curieux, lettré et insomniaque et c’est tant mieux.  Quand BAUDRILLET cèdera la place, épuisé par tant de beaux discours, nous aurons peut-être la chance d’y revenir, pour applaudir un RACINE, un MÉRIMÉE, un ANOUILH, un PIRANDELLO, un MARIVAUX ou un TCHEKOV, un VICTOR HUGO ou un SHAKESPEARE, auteurs venus d’horizons très différents.

Pour le OFF, les remontées sont tout aussi intéressantes, quelques spectacles se dégagent déjà du lot et seront eux aussi repris à Paris ou en province dans les deux ou trois ans qui viennent. Et oui, il faut du temps pour mettre tout le monde d’accord.
A FOURVIERE, Dominique Delorme se frotte les mains car c’est la meilleure année depuis 1946 ! Mazette.  Il faut dire que tous les ans pratiquement il pleut et il devait annuler un concert sur deux.  Bravo pour mes compatriotes.

_


FESTIVAL DE LIMOUX, LE THEÂTRE AU NATUREL.

Pourquoi Jean-Marie BESSET ne monte-t-il  pas ses spectacles  en Avignon ?  Je suppose que c’est parce qu’il préfère cent mille fois le cadre intimiste et prestigieux à la fois du petit théâtre de plein air créé par Jean DESCHAMPS, qui abrite son festival à lui, le NAVA (Nouveaux Auteurs en Vallée de l’Aude).
Le cadre est magnifique, l’amphitéâtre de pierre à l’ombre du château de Serres est depuis dix ans le rendez-vous des amoureux de beaux textes inédits.  Ils venaient surtout de la région, mais sont de plus en plus rejoints par les petits malins qui aiment le théâtre sans flons flons ni tam tam.
Jacques LASSALLE,  lui, est un fidèle depuis le début, lui qui a mis en scène l’un des premiers textes de Jean-Marie BESSET à Strasbourg, sa « Villa Luco ».
Cette année, on joue quoi, à la NAVA ?
Ici, on joue sans jouer. C’est un rite depuis la création de la NAVA, les pièces choisies par Jean-Marie BESSET sont interprétées brochure à la main, ce qui évite de nombreuses répétitions et donne au spectacle un caractère improvisé qui plait beaucoup au public.
Donc, cette année, on joue « UNE NUIT DE GRENADE » de François-Henri Soulié, avec Didier Sandre dans le rôle de Manuel de Falla, et c’est Jacques LASALLE justement, qui met la pièce en espace.  Un luxe ! Cet homme est l’un des metteurs en scène les plus demandés en Europe.
On jouera aussi une petite pièce d’Edward ALBEE, carrément, traduite et interprétée par BESSET lui-même avec Robert PLAGNOL et Blanche ELUEL.
On ne peut plus s’en passer : Sébastien THIERRY est là, il joue sa pièce « LE DEBUT DE LA FIN » avec Catherine SAMIE, s’il vous plait, mise en espace Gilbert DESVEAUX le complice de toujours.
Et puis encore un texte de Jean-Marie BESSET « JE NE VEUX PAS ME MARIER », avec  Chloé LAMBERT, une people s’il en est.
Un beau programme, et je crois que j’en oublie.
Ici pas de chichis, pas de barrières, de coulisses. La proximité avec les artistes est immédiate.  Les gens se parlent, ils commentent ces textes qu’ils viennent de découvrir.
Et puis il y a cet accent, cette langue d’oc, ce souffle de vent d’autan, on est en pays cathare, ce n’est pas rien.
Mais dépéchez-vous, ça s’arrête le 2 août !

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 08:42
Georges PEREC dans « JE ME SOUVIENS »

« Je me souviens des photos de Brigitte Bardot nue dans l’Express. »


Oui et à propos, qu’est-ce qu’elle devient, Brigitte Bardot, la bombe absolue
des années … 60 ?  Elle est comme Sonny Rollins, elle se tient à la barre de son passé. Mais lui, il joue encore…
A très bientôt mes chers amoureux du théâtre, pour la suite des souvenirs de ce candide trop tôt disparu.
Miss COMEDIE

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:43
                Bonjour !  trop de chaleur nuit.  Il vaut mieux nager que faire du jogging. Ou bien s'asseoir devant une pièce de théâtre, surtout quand elle est proche du dénouement.  Dans un instant les AMOUREUX vont... mais patience, encore deux scènes et vous saurez tout.
Aujourd'hui je vous livre mon dernier coup de coeur, immense. Il y a des êtres comme ça, qui existent en dehors de vous et qu'on aimerait tellement connaître de près...

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:40

Le bureau de Maxime.
MAXIME, THOMAS



MAXIME se  retourne vers son fils)
Elle a cru que j’étais assez bête pour me faire avoir... Mais pour qui me prend-elle, cette gourgandine ?  Je l’aime, je l’aime comme un fou, elle n’a jamais compris ça...
Et tu crois que je vais avoir le coeur à aller à Megève faire le clown sur les pistes, tout seul comme un con ?
Autrefois j’y allais pour toi, mon fils, mon Thomas, je t’emmenais à l’école de ski, et puis je te faisais faire la descente de Princesse, tout ému de te voir si petit sur tes petits skis, et nous n’en finissions pas de reprendre le tire-fesse l’un derrière l’autre, pour descendre cette petite pente qui te mettait en joie, tu riais au éclats, souviens-toi, quand tu tombais du haut de tes trois pommes sur ton derrière...
J’étais heureux, à l’époque, j’avais perdu ma femme mais j’avais un but : c’était toi, te rendre heureux, te rendre un homme.
Maintenant...
THOMAS
Maintenant je suis toujours là, papa.
           LUI
Les jours sont comptés.  Déjà tu t’échappes, Megève pour toi ce n’est plus le ski avec ton vieux père, c’est la planche avec tes copains.  C’est normal, j’aurais dû le voir venir....
THOMAS
Ta chance, c’est Sonia. Ne la laisse pas échapper.

(A suivre)

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:36
        DEUX OU TROIS CHOSES QUE JE SAIS DE LUI…

SEMPE est né à Bordeaux.  Son atelier est au 7ème étage d’un immeuble boulevard Monyparnasse, d’où il voit les toits de Paris.
SEMPE a une passion pour la musique. Il adore Ravel, il a un jour rencontré Count Basie à qui il a dédicacé son livre sur St Tropez. Cette rencontre est un événement majeur dans sa vie.
SEMPE parle lentement, ses mots sont simples, ses réponses aux questions lui viennet comme ça, sans réfléchir.
SEMPE n’aime pas trop parler du petit Nicolas. Pourquoi ? Parce que Goscinny est mort, son vieux copâin qui a fait la moitié du travail.
Lorsqu’il a entendu pour la première fois Gershwin, à la Libération, il a « éclaté de bonheur ».
Sa musique d’introduction a l’émission était « Jésus que ma joie demeure », de JS Bach.
Il aurait aimé être musicien.  Il demande le mouvement lent du concerto A l’empereur de Beethoven par Michelangeli.  Il a entendu ce morceau il y a très très longtemps et il a pleuré.  Il pleure à nouveau, là, à l’antenne.
C’est hallucinant.
A une question, il répond « je ne comprends pas très bien. »
Il dit aussi « il ne faut pas trop décrire. Il faut sentir, et puis voilà. »
Sa voix est traînante.  Je ne sais pas pourquoi il est si émouvant quand il parle.  On voit ses dessins, sa précision, sa foule de détails si minutieux … Chaque feuille des arbres est un poème qu’il a ciselé sans se presser.
« Ca été effroyable » il parle de ses débuts.  Très longs, très laborieux… « Je suis un tâcheron, j’ai travaillé très dur, ça a été terrible »… ah bon ?  Lui aussi. Il répète souvent « très dur, très dur… » on entend l’écho résonner en lui.
« Dans un dessin humoristique, il y a tant de contraintes… Il faut être concis. Il faut se renouveler sans cesse.  de temps en temps être drôle… (Rires)
Il s’appelle Jean-Jacques.  Il aurait aimé s’appeler Ludwig…

« Quand Glenn Gould est mort, je ne pouvais pas comprendre.
Comment cette mécanique peut-elle s’arrêter ?
La musique me rend fou.
Je suis piqué de musique. Bouleversé par certaines musiques.
Ca ne se voit pas…. mais la musique me rend fou.  Debussy, voyez, je le vénère cet homme, je le vénère… « .
Et tout ça avec sa voix traînante.
Il se fustige « j’ai dit ça, c’est ridicule… Oui, c’est tout ce que j’ai trouvé à dire et c’est ridicule.. »
Il dit, sur un ton un peu triste : « Je suis un malade… oui, il faut me traiter comme un malade… Je rêve trop, je rêve tout le temps… Je suis fou, voyez-vous. »

Il a soixante-dix sept ans.

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:22
« Ce que vous ne paraissez pas comprendre, c’est que le théâtre de demain c’est un théâtre d’idées !
-  Oui… Et bien moi, ce qui m’intéresse (…) c’est le théâtre d’aujourd’hui ! »
(Jean Anouilh -  Le Rendez-vous de Senlis)

Celle-ci je vous l’ai déjà citée, mais ça fait du bien de la relire !
Au revoir mes chéris, le mois d’août approche… mais je ne vous quitte pas.
Miss Comédie





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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 13:46

      Bonjour !  Plus que trois scènes et vous saurez si les AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE sont définitivement brouillés ou bien s'ils se tomberont dans les bras, pulvérisés par l'amour plus fort que l'allergie.
Vous serez contents de savoir aussi que la Haine engendre l'Amour, en tout cas pour ARDANT/DEPARDIEU, un couple vraiment glamour !  En littérature, les pavés tombent... et ils font mal.  Ce sera tout pour aujourd'hui. Installez-vous, mon théâtre est climatisé.

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 13:43

Le bureau de Maxime
MAXIME, THOMAS

THOMAS TIENT LE BON BOUT
LUI
Elle va dégager ?
THOMAS
Oui, c’est décidé, elle déménage le 24 et elle part s’installer en province, elle n’a pas voulu me dire où.  Elle se retire de ta vie, pour te laisser guérir en paix !  Voilà, tu es content ?  C’est tout réfléchi, non ?
LUI se lève, contourne son bureau, se plante devant son fils, les bras ballants.
Elle t’a dit ça ?
THOMAS
Oui.
LUI
Elle bluffe.
THOMAS
Arrête ton char, tu sais très bien qu’elle dit la vérité.  C’est d’ailleurs la seule chose à faire, dans sa situation.
LUI
Mais elle aurait pu m’en parler !
THOMAS
Tu ne voulais plus lui parler, rappelle-toi, rappelle-toi...
LUI
Ah, ça suffit !  (Il passe de l’autre côté de la scène, parlant au mur.)
Alors cette pauvre idiote a cru que je tenais absolument à guérir ma toux, comme un papy, une toux que je traîne depuis dix ans et qui vient du tabac, c’est notoire !  Je le vois bien, maintenant, qu’elle vient du tabac, ma toux, et je continuais à aller chez ce... conn... ce salaud de médecin pour faire comme elle, pour arpenter encore cette salle d’attente où je l’avais vue pour la première fois, et je ne pensais pas à mal, et inconsciemment j’étais en train de me faire manipuler et tout à mon amour pour elle je ne m’en souciais pas, je continuais à aligner mes chèques pour le seul plaisir de retourner m’asseoir dans cette pièce grise et sale, avec ce demi fou allergique aux microbes et cette allumée du sac à main...

A SUIVRE)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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