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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 14:08
Bonjour !  Cinq jours pour arriver à poster un blog. Vous direz que je me répète mais je ne m'y fais pas. Je n'arrive pas à admettre que notre pays ne possède que quatre émetteurs ORANGE, un par point cardinal. La lenteur des opérations me terrasse. Mes vacances sont devenues un jeu de cache-cache avec OVERBLOG;
J'en arrive à attendre la rentrée avec impatience, c'est un comble. Autrement, il fait très beau, merci.
Lisez donc l'histoire de la mouette, et si vous êtes à la mer vous les regarderez avec moins d'indulgence. Bye bye, heureux surfeurs sur vagues et non sur web.

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 14:05

La  mouette

L’été, Julie laisse sa fenêtre grande ouverte la nuit pour être réveillée par le jour.  Ce matin pourtant, le lever du soleil n’aura pas lieu. Julie regarde les nuages lourds de pluie qui encombrent le ciel.  Les toits ont la brillance grise d’une aube pluvieuse et la ville semble prostrée dans un refus de s’éveiller.
De cette fenêtre au sommet de sa tour elle domine Paris. Parfois elle s’imagine que d’un geste, d’un regard, même, elle commande les mouvements de la ville.  Julie est heureuse au sommet de sa tour.

Julie descend de chez elle. La plaque “Place Corneille” apposée sur le mur à droite du porche de l’entrée lui semble aujourd’hui incongrue.
“Un oiseau de malheur”, pense-t-elle.  Et pourquoi, tout-à-coup, cette hésitation, ce pressentiment ?
Elle se souvient qu’elle a laissé sa fenêtre grande ouverte.
Elle leve la tête et regarde au-dessus d’elle, les rangées de baies vitrées de la tour Ouest , avec leurs stores bleus. Elle pense que même là-haut, tout peut arriver. Un orage, un vol de corneilles... Elle pourrait très bien ce soir retrouver son appartement saccagé.
Elle regarde sa montre.  Avec le métro, elle peut encore être  à l’heure au rendez-vous.  Elle fait demi-tour et se met à courir vers l’ascenseur.

Julie ouvre la porte de sa chambre et se fige. Quelque chose d’énorme bouge  sur la rembarde du balcon. Un oiseau monstrueux. Une mouette.
Elle est gigantesque, effrayante dans sa proximité. Ses  pattes roses et griffues s’aggrippent à la barre de fer.  La masse de son corps fumant, plumes hérissées, obscurcit la pièce comme une menace venue du ciel.  Son bec est entrouvert, comme prêt à saisir une proie. Son oeil rond est porteur de haine
Une peur subite s’empare de Julie. Les mouettes arrivent-elles jusqu’à Paris ? Les mouettes volent-elles à la hauteur d’un vingt-deuxième étage ?
Puis lle fait un geste du bras et l’oiseau s’envole pesamment, prend  de la hauteur et pousse son cri de désespoir avant de disparaître , grise sur le gris du ciel.

Julie met la main sur son coeur qui bat follement. Pourquoi cette peur ?  C’est ridicule. “Une mouette en vol, pense Julie, est une autre sorte d’oiseau. On aime la voir tournoyer, presque irréelle, comme un symbole  d’évasion, et son cri nous parle de l’immensité de la mer. La voilà posée sur mon balcon et elle est  menaçante, épaisse et prosaïque comme un pigeon géant.  Un oiseau de malheur.”

Julie pense à ce pressentiment qui l’a fait remonter en toute hâte. Depuis combien de temps la mouette était-elle en observation sur son balcon  ?
Ne s’était-elle pas engouffrée,  par l’ouverture, pour aller se poser, qui sait, sur sa couverture, sur sa table de  chevet, sur son bureau ?  Quel esprit maléfique habitait  ce corps répugnant ?  L’idée que l’oiseau eût pu frôler ses vêtements, déposé ses immondices dans quelque endroit de la chambre qu’elle ne découvrirait que plus tard, “à l’odeur”, lui donne la nausée.
Elle reste là, ne sachant quoi faire.  
“Elle va revenir.”  Cette certitude l’envahit de terreur.  Elle sait qu’elle ne pourra plus jamais regarder le lever de soleil avec la même quiétude. Maintenant elle saitu’elle doit quitter cet appartement.    Elle se sent soudain au centre d’une sinistre machination, obligée de fuir sur un ordre d’évacuation venu d’ailleurs.
Elle aurait dû se méfier de la plaque.  C’était ici la place des corneilles et autres oiseaux de malheur.
Julie se dirige vers la fenêtre avec repugnance et la ferme, au moment  où le premier coup de tonner fait trembler les vitres.   Elle s’allonge sur son lit. L’heure de son rendez-vous

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 13:49


 LA ROQUE D’ANTHERON
NUIT DU PIANO, HAYDN SOUS LES ETOILES

Dix sonates de Haydn et une de Mozart (pour la comparaison ?) interprétées en leur âme et conscience par trois pianistes de talent et d’horizon différent.
Les 62 sonates de Haydn vont crescendo dans la richesse et le brio de la forme musicale et les cinq dernières, composées à Londres, sont les plus émouvantes. Claire  CONVERT, qui ouvrait le concert, a joué justement la sonate n° 60 et l’a complètement baclée, à mon sens. D’ailleurs, l’ensemble de sa prestation m’a déçue par sa tiédeur.
Passons au deuxième pianiste, l’enthousiasmant Iddo BAR-SHAI. Ce jeune israélien au visage christique nous a interprété d’une manière inspirée,  vibrante et légère, la première sonate en sol majeur, petit bijou de jeunesse, puis la N°38 et N°39 dont les adagios donnent le frisson.
Gros succès, cris d’enthousiasme, rappel : il joue une valse de Chopin     avec la même expression douloureuse mais sans aucune singerie d’exécution, sobrement concentré. Une découverte pour moi, ce pianiste, un ravissement.
Après le deuxième entracte sous les platanes géants du parc, la coupe de champagne qui émoustille les sensations, arrive la troisième interprète, Claire-Marie LEGAY qui, venant après le podige, n’a pu nous convaincre.Soirée divine néammoins, douceur de la nuit, public respectueux, tout est toujours parfait à la ROQUE D’ANTHERON, depuis vingt-cinq ans.


VIDE-GRENIER CULTUREL
… Un concerto et une sonate de MOZART,  une pièce oubliée d’Edmond ROSTAND.  L’époque est au dépoussiérage.
Beau titre : « LE GANT ROUGE ».
La pièce avait été mise au rencart par les héritiers de l’auteur car il n’en était pas fier.  Sa première représentation sur scène avait provoqué un tollé de la part des critiques et du public.   A cause de certaines scènes où une actrice se produisait en jupon et corset certains spectateurs avaient quitté la salle, jugeant la pièce obscène.
C’était en 1888….
Neuf ans plus tard, ROSTAND mettait le feu à la Porte MaSt-Martin avec CYRANO DE BERGERAC.  Oublié, LE GANT ROUGE.
Le revoilà.  Pour l’instant, seulement réédité aux Editions N. Malais, mais une version scénique ne saurait tarder…

Mais je pose la question : pourquoi faut-il aller fouiller les poubelles pour produire du théâtre ?  Les auteurs d’aujourd’hui se morfondent, et leurs œuvres manuscrites s’empilent sur les bureaux des directeurs…



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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 13:36
Georges PEREC dans « Je me souviens ». En exergue, il y a une phrase qui dit qu’il s’est inspiré d’un certain Joe, et de son livre « I remember ». Qui était Joe ? « Je me souviens de Lester Young au Club Saint-Germain ; il portait un complet de soie bleue avec une doublure de soie rouge. » Ca me rappelle Miles Davis au Festival Jazz à Vienne ; il portait une veste de satin chamarré qui jetait mille feux. Les grands musiciens de jazz américains ont toujours eu un grand souci de l’élégance. Notre Johnny perpétue cette tradition…
Miss Comédie

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 18:30
   Bonjour !  Non, le rideau ne se lèvera pas sur une de mes pièces, mais sur de courtes scènes que j'écris spécialement pour le mois d'Août, on pourrait dire "Six pièces faciles " comme le titre d'un beau film de Bob RAFELSON;
C'est d'ailleurs un vrai miracle si vous lisez cette page comme je vous le disais récemment la techologie est très sous-développée en province, et lorsque vous prenez un abonnement INTERNET EVERYWHERE, on ne vous prévient pas que si vous êtes à plus de cent mètres de l'émetteur, vous allez  galérer comme un malade ! Merci ORANGE, et vous tous, prenez note !
Donc, pardonnez-moi si mon blog n'a plus la couleur, la fantaisie et la ponctualité que vous connaissiez... Tout àça  reviendra en Septembre, vous verrez.

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 18:23



SCENE DE MENAGE

« Mathilde  t’a vu, hier après-midi, dans la rue !
- Ah bon ?
- Tu n’étais pas seul.
- Ah bon ?
- Tu étais, paraît-il, avec une superbe blonde.
- Ah bon ?
- Vous marchiez sur le trottoir, enlacés…
- Ah bon ?
- Vous avez marché jusqu’à une terrasse de café, dans un quartier chic…
- Ah bon ?
- Vous vous êtes assis et vous avez commandé deux coupes de champagne…
- Ah bon ?
-  Et apparemment, vous avez passé un bon moment !
- Ah bon !
- Et c’est tout ce que tu trouves à dire : ah bon ?
- Ben oui.
- Ca te laisse un peu morveux, hein ?
- Ca me laisse rêveur.
- Pourquoi rêveur ?
- Et bien, parce que ce type-là, c’est le roi du monde !
- Donc, ce n’était pas toi
- Non, hélas …
- Mais enfin, tu aimerais tellement être à sa place ?
-  Oui, mais pas parce qu’il trompe sa femme, mais parce qu’il peut
   boire des coups à la terrasse d’un café à  4h de l’après-midi,
   alors que moi je rédige des plaidoieries jusqu’à 212h !…
- Mais… puisque ce n’était pas toi, comment sais-tu qu’il trompait  sa
   femme ?

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 16:23
En corsaire vous êtes descendu au tabac-presse et vous avez lu la nouvelle et vous en pensez quoi ?
Que la mort de Micaël JACKSON n’a pas fini de retomber, comme un feu d’artifice dont les millions d’étincelles allument des feux… dans les cerveaux des assureurs inquiets soudain.
Voilà qu’en plus, pas de chance, notre Johnny chûte sur un yacht (aurait-il perdu de son agilité ?) et se voit condamné au repos forcé à l’Hopital Américain et non pas à St-Barth, comme il l’avait prévu…
Les assureurs fondent les pombs. Ils demandent des examens de plus en plus sévères.
On les comprend ? Ben oui, si on veut, oui.
C’est vrai que si Johnny venait à défaillir avant la fin de son Tour 66, qui c’est qui rembourserait les billets ?
Bon, il a donné des résultats nickel pour l’instant, il est en pleine forme, y a qu’à revoir le concert de la Tour Eiffel, mais…
C’est son médecin personnel qui doit fouetter. Il prescrit à Johnny une dose de trop de Vitamine C   et le voilà soupçonné
de dopage mortel.
Je vous le dis : pas besoin d’aller au cinoche.  Les films sont encore en-dessous de la réalité.

ETOILE FILANTE
Vous lisez aussi dans le journal que Jean-Paul ROUSSILLON est mort, et si vous n’êtes pas accro au théâtre ça ne vous fait ni chaud ni froid. Pourtant, il faut le savoir, c’était lui aussi une icômme Roger PLANCHON  qui nous a quitté cet hiver.
On l’a vu dans « Un conte de Noël » en mari épris de sa Catherine DENEUVE, et dans « LA CERISAIE «  monté par Alain FRANçON… Après son cancer du poumon, sa voix avait perdu de sa force, mais il compensait par sa présence énorme…


CET ETE JE RELIS DURAS, ENCORE !

Après YEUX BLEUS CHEVEUX NOIRS, qui m’a un peu chavirée, j’ai repris DIX HEURES ET DEMI DU SOIR EN ETE, parce que c’est d’actualité, pardi !
Vous êtes sur les routes en Espagne ? Je ne vous souhaite pas de tomber dans le piège de Pierre et Maria, partis avec leur fille Judith.  Aussi, quelle idée d’accepter la compagnie de Claire, si belle que Maria aurait dû se méfier…
Et ensuite, tout ce qui arrive, cet orage qui les force à s’arrêter dans un village de Castille, orage   bienfaisant et libérateur, mais aussi annonciateur de drames.  
Chaleur, orage, pluie, terreur, crime,  adultère et rupture, larmes… Chez DURAS les passions sont déchaînées et elle les décrit avec des mots secs et des phrases courtes. Le sommet de l’art.  
En Chine, en Castille, en Italie, à Calcutta, les histoires de DURAS sont sordides ou ensorcelantes mais qu’on ne se trompe pas, ce ne sont pas les histoires qui comptent, ce sont les mots, ses mots assassins, improbables, détournés, abstraits, exagérés, embrasés, ses virguless absentes, ses dialogues de sourds, ses phrases bancales, son absence de rigueur, sa rigueur, son style unique.
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 16:15
Toujours Georges PEREC dans "Je me souviens" :
« Je me souviens qu’au Monopoly, l’avenue de Breteuil est verte, l’avenue Heni-Martin est rouge, l’avenue Mozart est orange. » Est-ce que c’est toujours le cas ? Je ne joue plus au Monopoly, mais le jeu existe encore dans les magasins de jouets… Et en ce moment, à quoi vous jouez petits fripons ?
Miss Comédie

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 16:15
Toujours Georges PEREC dans "Je me souviens" :
« Je me souviens qu’au Monopoly, l’avenue de Breteuil est verte, l’avenue Heni-Martin est rouge, l’avenue Mozart est orange. » Est-ce que c’est toujours le cas ? Je ne joue plus au Monopoly, mais le jeu existe encore dans les magasins de jouets… Et en ce moment, à quoi vous jouez petits fripons ?
Miss Comédie

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:51
    

 Bonjour !  Nous voilà au mois d’Août.  J’aurai peut-être du mal à vous faire part de mes impressions depuis mon poste avancé dans mon village reculé, mais même à des heures indues je vous retrouverai.
Pour le summer time, on choisira sa tenue selon l'évènement, plutôt mini que paillettes, je
!suppose, et sur la plage ou sous le tilleul on relira ses classiques, moi je viens de me  mettre la tête à l'envers avec DURAS...
Aujourd’hui première scène de mes COURTS METRAGES POUR L’ETE. Il y en aura huit, peut-être, jusqu’à ce que je vous accueille à nouveau dans mon théâtre pour ma troisième pièce de théâtre.  Pas avant Septembre.
Et vous retrouvez la petite musique de Georges PEREC...

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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