Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 15:46
Changement d’humeur, et d’humoriste ! Voici les annotations perfides de Pierre DESPROGES sur son Almanach de l’année 1988 . Ouvrons-le à la semaine du 21 au 27 août, puisque nous y sommes. Il y a 7 rubriques. Prenons la première : « LE CON DE LA SEMAINE ». On lit ceci : « Léo Ferré, dont les anarchistes sincères fêteront jeudi le 73ème anniversaire, ne figure pas dans l’annuaire. Il est dans le Who is who. Un buste du chanteur sur un socle illustre le propos. Méchant, non ? Et bien c’est une des plus gentilles. L’Almanach est un ramassis de sarcasmes, quolibets et tirs à boulets rouges sur tous les personnages marquants de l’année. Lundi je vous en balancerai une pas piquée des vers sur l’un de nos plus sympathiques hommes d’Etat actuels. Hou, Desproges, qui se moquait aussi de lui-même : « Plus cancéreux que moi, tumeur. » Tout ça n'est pas très réjouissant. Mais vous êtes en vacances et l'humeur est encore au beau fixe, non ? Vous en rirez sûrement. A bientôt, Miss COMEDIE

Partager cet article

Repost0
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 13:30
Bonjour !  Il fait 40° à Montélimar.  Je vous recommande une pièce fraîche pour passer l'après-midinavec votre ordi.  Les pilotes doivent souffrir sur les circuits, dans leur COMBINAISON ROUGE...
Ou bien, vous pouvez vous installer à l'ombre dans le jardin, avec un bon bouquin. MODIANO  il y en a qui n'aiment pas, les pauvres.   Moi, je le  relis et je me délecte toujours autant.
J'aurais aimé mettre une photo de lui avec ses yeux empreints d' une inquiétude permanente, mais vfraiment   ici les photos sont trop longues à venir. Attendez la rentrée, vous allez
retrouver un blog étourdissant de beauté...

Partager cet article

Repost0
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 13:27

LA COMBINAISON ROUGE

.
Elle accompagne pour la première fois son mari pilote à un Grand Prix. Elle  s’est dérobée jusque là, elle n’a pas le goût de la vitesse ni d’attirance pour le milieu des circuits. Plutôt craintive, elle déteste le bruit et la violence des courses automobile.  Mais  un jour, il a bien fallu aller le voir courir.
Très vite il l’a abanndonnée pour aller se mêler aux autres pilotes. Il est dans sa bulle, hors du monde réel. Elle se souvient d’avoir éprouvé cette sensation-là,  elle comprend.
Elle attend, debout, un peu raide, dans le paddock où s’activent les mécaniciens autour des monoplaces. Elle revoit les plateaux de cinéma qu’elle fréquentait autrefois. Les habilleuses, maqueilleuses, coiffeuses qui s’affairaient autour des stars.
Ici les Formule Ford sont les stars.    Elles sont là, désarticulées, déshabillées, poussant parfois un cri rauque et prolongé, on les force à répéter ce cri qui sera tout à l’heure un feulement de bolide.
L’attente est longue comme au cinéma. Son mari fait de temps en temps une apparition, il lui demande si tout va bien. Elle dit oui, il a l’air rassuré. Il a rajeuni, il est gai. Puis il va vers sa voiture, la considère d’un œil pénétré, tourne autour, échange quelques mots avec le mécano. Il lui fait signe de venir, il lui présente son auto, sa maîtresse, elle l’admire.

L’heure du départ approche, les mouvements se font plus précis, les ordres brefs, l’air devient chargé de stress.
Les pilotes sont allés se changer.  Les autos sont rhabillées, rutilantes. Les moteurs hurlent. Elle a envie de fuir.  Soudain elle a le trac, le même que sur le plateau de cinéma, autrefois.
Elle se dit qu’elle n’a rien à faire là. Elle sort du paddock et elle voit ariver devant elle un pilote en combinaison rouge bardée de badges, ganté, son casque posé sur son bras, un héros de bande dessinée.  C’est son mari.
 
 Il sourit. Il est singulièrement svelte, juvénile, tout-à-coup.  Et calme.
Ce n’est plus le même mari. Ce n’est même plus un homme. C’est une image, une abstraction. Elle revoit soudain  le grand Litri sortant de l’hôtel à Barcelone,  habillé en matador.  La même émotion devant l’image du Héros.
L’uniforme du danger est souvent rouge, ignifugé, armé, doublé, rembourré et accessoirement orné de dorures, de pampilles ou bien de noms de marques célèbres.  

Maintenant tout se précipite. Il y a des ordres lancés, les pilotes se regroupent.  Elle voit son mari glisser sa tête dans le casque et prendre soudain une apparence invulnérable.  Il lui fait un signe de la main et s’approche de sa voiture, se glisse dans le cokpit.  
On lui dit qu’elle peut accompagner son mari “en pré-grille”, juste avant le départ. Affolée, elle se perd dans la foule qui se presse devant les stands, dans le hurlement des haut-parleurs qui annoncent les gagnants de la course précédente.  Elle a l’impression d’un danger imminent, elle voudrait rentrer chez elle, retrouver son mari dans son fauteuil en train de lire Les Echos.

Elle est entraînée par le flot des amis et des parents des pilotes et se retrouve le long du couloir de départ, les autos sont à la q ueue leu leu, l’une derrière l’autre. Les moteurs sont silencieux.   Elle cherche son mari et soudain, elle l’aperçoit.

Elle n’ose s’approcher car elle ne connaît pas cet homme. Il a maintenant en tête le circuit, la moindre courbe, le bruit des pneus qui glissent, l’attente de la ligne droite pour tenter le dépassement, ou bien quoi d’autre ?  N’a-t-il pas trop serré le lacet de son chausson droit ?
Ce qu’il pense à cet instant, personne ne le saura. Il est seul.  C’est peut-être  là, à cette minute précise, juste avant le départ,  avant le risque, puisque même minime, malgré tout il y a toujours un risque, à cette minute plus qu’à tout autre instant dans sa vie, il comprend qu’il est seul et que personne ne peut rien pour lui sur cette terre.  Et tout-à-coup cette pensée le remplit d’un calme insensé, une indifférence à son propre sort, une confiance immense en lui-même.
Elle  torne les talons. Il ne faudrait pas qu’il l’aperçoive et perde soudain ce détachement suprême. _______________________________________________________________

Partager cet article

Repost0
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 13:21
L’ETE JE RELIS MODIANO ET SES DIMANCHES D’AOÜT

Pas seulement parce que le titre est comme fait exprès, mais c’est son livre le plus mystérieux.  C’est une succession de questions sans réponses.  Les personnages sont tous improbables, leurs relations sont des faux-semblants, chacun raconte son mensonge ou peut-être n’est-ce pas un mensonge ?  Le diamant volé qui porte le nom de la Croix du Sud est au centre d’un écheveau de rencontres et de hasards.
De La Varenne à Nice, c’est une fuite éperdue vers un dénouement qui n’arrivera jamais.
Une phrase  au hasard : « Non, je n’avais pas affaire au même homme que celui des bords de Marne. Peut être avait-il oublié des pans entiers du passé ou fini par se persuader que certains évènements, aux conséquences si lourdes pour nous tous, n’avaient jamais eu lieu. »

Tout Modiano est dans cette phrase.  C’est une alchimie tout-à-fait unique, qui assemble des mots et leur donne un sens surnaturel.
.

Partager cet article

Repost0
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 13:15
« Je me souviens des trois Evéchés, Metz, Toul et Verdun. » Comment ? Il n’y avait que trois évéchés à l’époque ? Et moi je me souviens que le département des Alpes de Haute Provence s’appelait les Basses-Alpes, et les Pyrénées Atlantique s’appelaient les Basses Pyrénées, on a changé les noms pour une question de susceptibilité. Georges PEREC me donne le « ça me revient » avec son « Je me souviens »… A bientôt, mes très chers et lointains amis, MISS COMEDIE

Partager cet article

Repost0
17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 13:15
« Je me souviens des trois Evéchés, Metz, Toul et Verdun. » Comment ? Il n’y avait que trois évéchés à l’époque ? Et moi je me souviens que le département des Alpes de Haute Provence s’appelait les Basses-Alpes, et les Pyrénées Atlantique s’appelaient les Basses Pyrénées, on a changé les noms pour une question de susceptibilité. Georges PEREC me donne le « ça me revient » avec son « Je me souviens »… A bientôt, mes très chers et lointains amis, MISS COMEDIE

Partager cet article

Repost0
13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 17:08
bonjour, vous êtes là ?  Et ben vous avez de la constance, je vous admire et vous remercie.
Mais c'est vrai que malgré les obstacles, je vous envoie de jolies petites choses. Le COURT METRAGE d'aujourd'hui a un petit côté Modianesque, sans me flatter (demain ou un jour prochain je vous parlerai de MODIANO dont je suis en train de lire Dimanches d'Août, une merveille.
Allez courage, bientôt la rentrée !
MISS COMEDIE

Partager cet article

Repost0
13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 17:01

LA PARFUMERIE DES ARTISTES ¨

La photo représente l’enseigne d’un vieux magasin dans une rue de Montmare. « La Parfumerie des Artistes. » L’enseigne est surmontée de deux fenêtres closes. Visiblement le photographe a voulu saisir le caractère naïf et touchant de l’inscription. Il a occulté la vitrine. . Or, les deux fenêtres closes éveillent l’attention et la photo prend soudain un caractère mystérieux. Ls rideaux, en tissu lourd et soyeux, sont trop soigneusement tirés. Les balcons sont fraîchement repeints. On en conclut que l’appartement qui se cache derrière ces fenêtres doit être confortable, sinon cossu. Bien sûr, ses dimensions doivent être modestes, si l’on considère la taille des fenêtres et leur position très basse, au-dessus du magasin. O note encore que la photo a été prise de jour. Si les rideaux sont tirés, c’est donc pour cacher quelque chose. La parfumerie est-elle un lieu de rendez-vous ? Cette pièce est-elle un studio photo ? Une chambre mortuaire, l’espace d’une journée ? L’occupant est-il parti précipitamment, en retard, sans prendre le temps d’aérer sa chambre ? Le local est-il fermé, à vendre, ainsi que l’habitation qui s’y rattache ? Le mystère devient tangible, les suppositions toutes aussi plausibles. L’imagination élabore un scénario. La femme qui habite là a choisi ce quartier populeux de Paris pour échapper à son passé. C’est une bourgeoise des belles rues de la rive gauche et quelques objets l’ont suivie, ces rideaux de velours, entre autres. Elle a bâti tant bien que mal sa nouvelle vie entre ces quatre murs, elle n’est pas complètement à l’aise, et puis il y a cette rupture, cette félure dans sa vie, qui l’empêche de s’endormir le soir. Ce qu’elle aime, c’est descendre l’escalier vermoulu qui mène à la parfumerie, et ouvrir la porte sur la rue, balayer le trottoir comme elle l’a vu faire aux boutiquiers voisins. Et respirer l’odeur des parfums mêlés, aligner les flacons, épousseter les présentoirs, se persuader qu’elle a trouvé là le but de sa vie. Elle parle avec ses clientes des progrès de la cosmétique, elle sait tout sur les nouveaux produits, les nouvelles techniques. Elle conseille avec tact, elle regarde attentivement les visages fanés qui cherchent la crème miracle, elle les aime, ces visages qui ont été beaux, ces joues flêtries qui ont été fraîches et rebondies, ces cous fripés qui ont été graciles. Elle est comme ces femmes. Personne n’échappe à la vieillesse. Elle n’a pas choisi le nom de sa parfumerie. Elle est tombée dessus par hasard, c’est la main de son ange gardien qui l’a uidée jusque dans cette rue, avec cet écriteau pendu à la vitre de la porte d’entrée : """Pas-de-porte à vendre”. La Parfumerie des Artistes était faite pour elle. Elle n’a même pas eu à la repeindre, les couleurs étaient encore fraîches. Elle aime ce quartier vivant, bruyant. A midi elle ferme sa porte et part marcher à l’aventure. Elle sait qu’elle ne rencontrera personne de son ancienne vie. C’est ce qu’elle voulait à tout prix, rester à Paris mais ne plus voir personne, tirer un trait. C’est fait. Personne ne viendra la reconnaître ici, dans ces rues sales et sans charme. Quelquefois elle a un coup au coeur, c’est plus fort qu’elle : un visage, un regard... C’est lui. Mais non. Ce ne peut être lui.
 Elle sait bien pourquoi cette parfumerie s’appelle ainsi. C’est à cause de la proximité du théâtre du Tertre. D’ailleurs elle a servi plusieurs fois des “artistes”, qui jouaient dans le spectacle et qui, avant de s’installer dans leur loge, cherchaient un produit qui leur manquait. De pauvres filles, sans éclat, sans rien de l’allure d’une vedette. Mais allez les voir sur scène, et vous serez surpris. Elles sont métamorphosées, sublimées. De vraies stars. Ah, la vie vous met de sales couleurs au visage. Le théâtre, il n’y a que ça de vrai. Le théâtre, il vous prend et puis il vous jette. Un jour, ça ne marche plus. Il n’y a plus aucun rôle pour vous, vous arrivez toujours trop tard, ou trop tôt... Le bureau du chômage devient votre refuge et ça, c’est mauvais signe. C’est la descente aux enfers. On en remonte rarement. Il vaut mieux rompre, vite, et chercher des parfumeries à vendre. Le soir, la femme n’a même pas à tirer les rideaux. Depuis qu’elle habite là, elle ne les a jamais ouverts. Un jour, peut-être, il lui viendra l’envie de faire entrer le soleil.

C’est une histoire qui se tient, oui tout à fait possible. Mais qui a bien pu prendre cette photo, et pourquoi seulement l’enseigne et les deux fenêtres aux rideaux tirés ?

Partager cet article

Repost0
13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 16:22
SOIE JOUE SUR DU VELOURS

 Ceux qui ont lu « SOIE » d’Alessandro BARRICO se partageront en deux camps : ceux qui ont tellement aimé le livre qu’ils n’iront sûrement pas voir le film et ceux qui ont tellement aimé le livre qu’ils se précipiteront pour voir le film. On ne sait jamais. J’avais pris le risque de voir LES VESTIGES DU JOUR au cinéma, j’avais adoré le livre. J’ai été subjuguée par la fidélité, la beauté du film. Mais c’est rare. Pour SOIE, on va à l’aveuglette : le réalisateur est Québecquois, pratiquement inconnu en France. Les acteurs inconnus, quoique Keira Knigthley soit au top 50 des glam girls. L’histoire est si belle, si émouvante, qu’il faut avoir une sensibilité de dentelle pour la raconter sans la trahir. François GIRARD a réalisé plusieurs films sur la musique, dont TRENTE DEUX FILMS BREFS SUR GLENN GOULD et un autre sur BACH, ce qui me ferait penser que sa sensibilité est assez éloignée de celle de SCORSESE. Il est probable que SOIE fasse un carton, le livre a été un best seller absolu. Mais… sa sortie au mois d’Août est peut-être un handicap. Je crois que j’ai envie de voir ce film, s’il est encore à l’affiche à mon retour à Lyon

Partager cet article

Repost0
13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 16:18
Toujours Georges PEREC dans « JE ME SOUVIENS » Je me souviens de Robert Mitchum quand il disait « children… » dans le film de Charles Laughton « La Nuit du Chasseur ». Comment le disait-il ? Je n’ai pas vu ce film mais peut-être que vous revoyez la scène ? S’il s’en souvient c’est que ça devait être frappant ? Je revois le visage de Mitchum, il était marrant, petits yeux rieurs, sourire ironique… J ‘en ai encore d’autres comme ça, pour aller jusqu’à fin Août. J’espère que ça vous amuse ? A bientôt, mes chers amis, bonnes vacances. Miss COMEDIE

Partager cet article

Repost0

  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

Recherche