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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 10:17

« Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. »

Eugène IONESCO

 

Moi je suis d’accord.  D’ailleurs, quoi de plus émouvant qu’un comique qui joue la tragédie ?

Ionesco, éternel enfant, avait le sens des vérités inattendues.

Ses comédies laissent un goût plus amer que les tragédies de Tennessee Williams.

A bientôt, chers amis.

Miss Comédie

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 10:29

Bonjour les catherinettes !      Sujet du jour : deux thèmes de réflexion dans deux spectacles parisiens jubilatoires.

L'ILLUSION CONJUGALE : on ne croit pas une minute que JEAN-LUC MOREAU  n’a trompé sa femme que douze fois, vous comprendrez en allant voir sa pièce au théâtre de l’OEUVRE. (un régal !  voir ci-dessous)

DÉSIR, c’est le nom de la nouvelle revue du CRAZY HORSE signée Philippe DECOUFLÉ .   Tout le monde adore. Moi, j’ai des réserves.

Ma scène du jour est très tendance, avouez.


 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 10:26

Un quartier de Paris. Nadia et  Christine marchent chacune dans une rue différente, le portable à l’oreille.

 

-  Allo ?

-  Bonjour c’est Nadia.  Un message et je vous rappelle. A bientôt !

-  Oui, c’est Christine, je voulais te parler du dîner d’hier soir chez les Durand.   A propos du  petit incident  tu vois ce que je veux dire…… enfin  j’aimerais que tu me rappelles pour qu’on en parle ! A bientôt, ciao !.

- Allo ?

-  Bonjour c’est Christine. Vous pouvez me laisser un message, merci !

-  Oui, c’est Nadia, moi aussi je voulais t’en parler c’était affolant, non ?  Bernard qui se met à déblatérer sur le film de Yvan sans savoir qu’il était en face de lui !  J’en meurs de rire, rappelle-moi !

- Bonjour c’est Nadia, un message et je vous rappelle. A bientôt !

-  Allo Nadia, oui c’est encore moi, pour la gaffe de Bernard, c’était affreux,  la tête de Yvan ! Rappelle-moi, bye.

-  Allo ?

-  Bonjour c’est Christine. Vous pouvez me laisser un message, merci.

-  Allo, t’es où ?  Moi, ce qui me frappe, c’est la crétinerie des Durand, qui ne les ont même pas présentés !   C’est goujat, non ?  ça aurait pu mal tourner,  t’es d’acccord ?  Rappelle-moi, bon sang !

- Allo ?

-  Bonjour c’est Nadia,  un message et je vous rappelle.  A bientôt !

-  Nadia, t’es pas joignable, c’est un monde !   Je suis d’accord avec toi, les Durand sont responsables… Mais j’ai plus envie de parler de ça avec ton répondeur.   Si on prenait un café ensemble ? Je te propose demain 14h au Petit Zinc.  Ne me rappelle pas si t’es d’accord, OK ?

 

Christine referme son portable, le fourre dans sa poche et rentre chez elle.

On la voit s’engouffrer dans une porte cochère.

Nadia a aussi fermé son portable et s’engouffre dans une bouche de métro.

 

Les portables servent de plus en plus rarement à se parler. 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 10:22

LA PIECE QUI   MARCHE

 

C’est             L’ILLUSION CONJUGALE, d’Eric Assous, au théâtre de l’ŒUVRE.   Il faut dire qu’elle est jouée par trois comédiens délicieux qui nous parlent d’adultère pendant une heure  trente  avec une finesse extrême.

Je vais encore une fois chanter les louanges de mon copain Jean-Luc MOREAU qui joue et met en scène avec le même tempérament.

La pièce raconte les aveux réciproques d’un couple qui a décidé de tout se dire.  « Combien ? » demande-t-elle. « Douze ! » répond-il.   Et ça démarre.

Il est parfait, juste, drôle, émouvant sans forcer la note.  Du grand art.  Un grand pro, quoi.  On se régale.  Les dialogues d’Eric Assous sont incisifs, diaboliquement dosés dans la montée des soupçons.  Le mari et la femme se mesurent sans acrimonie, sans vulgarité, sans mesquinerie.

Isabelle GELINAS est à la hauteur de Jean-Luc MOREAU.  Elle est jolie sans jouer la vamp, elle est fine, mutine et impériale.

Et le troisième larron, rôle ingrat de tradition, est lui aussi exactement

comme on veut qu’il soit. C’est Yvan PAUL, un habitué des planches parisiennes.

C’est une soirée qui  vous laisse euphorique, soulagé de voir la faiblesse humaine si joliment dépeinte qu’on a envie d’être faible, très faible.

Allez-y,  et je vous conseille la soirée du 31 décembre vous pourrez faire le bilan de l’année : un « état des lieux », comme dit le mari en lever de rideau, si vous acceptez de jouer au jeu de la vérité.

 

AU CRAZY  HORSE,  UNE ARMÉE NOMMÉE DÉSIR

 

Douze beautés d’égale hauteur, d’égale minceur, d’égal recto, d’égal verso.   Dans la revue de l’après-Bernardin, elles nous cueillaient (je dis bien nous, oui, nous les filles) par la grâce de leurs gestes lascifs, la lenteur de leur effeuillage, l’humour de la chorégraphie, le suspense du plateau noir entre les numéros, l’attente, le  solo ravageur, la précision des gestes, le minimalisme (si l’on peut dire…) de la mise en scène. Et l’impeccable rigueur de leur perruque noire coupée au carré.

Ici, c’est trépidant, ça s’enchaîne sans temps mort, les interludes sont occupés par des vidéos psychédéliques, les filles sont survoltées avec leur chevelure blonde qu’elles balancent de haut en bas,  leurs jambes qu’elles lancent avec violence et beaucoup de souplesse  dans le vide, tout ça est tout sauf érotique, enfin je trouve.  Dans l’ensemble PHILIPPE DECOUFLÉ met un peu trop leur derrière en avant, si je puis dire. Douze derrières en ligne ç’est un peu gâcher la marchandise.  On n’est pas vraiment sur le cul car y en a trop à regarder e, même temps.  A posteriori, on se souvient du deuxième à gauche, plus culotté que les autres, enfin plus coquin, c’est tout.

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 10:19

« Si les maris permettaient un ou deux amants à leurs femmes pour qu’elles puissent comparer, il y aurait beaucoup plus de femmes fidèles. »

Georges FEYDEAU

 

FEYDEAU était très bon en adultère, je ne sais pas dans la vie, mais dans ses vaudevilles on ne pensait qu’à ça.  Eric ASSOUS suit ses traces et ça lui réussit… aussi, comme Félicie.

A bientôt  mes fidèles amis qui, j’espère, ne sont pas solubles dans l’océan de l’oubli.

Miss Comédie

 

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 10:44

Bonjour !  Ca y est !  La déferlante Albert CAMUS  inonde les médias. J’y joins ma petite voix car Albert CAMUS est mon idole depuis… (lire plus bas). Mais j’y associe  Gérard PHILIPE qui, lui aussi, est  dans toutes les mémoires.

Panthéon ou pas panthéon, ils sont tous les deux immortels.

Ceux qui ont eu la chance de passer un moment d’éternité avec eux ne sont pas près de l’oublier.

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 10:38

Le taxi la déposa rue Sébastieh  Bottin. C’est une rue où l’on entend les oiseaux chanter.

Elle entra  chez Gallimard avec un sentiment d’exaltation. Elle avait rendez-vous avec Albert Camus, prix Nobel de littérature.

Il était 14 h, les couloirs étaient déserts. Les pièces qu’elle apercevait derrière les portes ouvertes étaient vides.

Où pouvait bien être le bureau de Camus ?  Elle prit l’escalier jusqu’au premier étage et frappa à la première porte.

 

-  Entrez !

L’homme qui est assis derrière une table encombrée de livres et de papiers, tournant le dos à la fenêtre ouverte, ne peut pas être Camus.

-  Pardon monsieur, je cherche le bureau d’ Albert Camus…

-  C’est celui-ci, mademoiselle. Et donc, je suis Albert Camus.

La jeune fille resta muette.

-  Entrez donc, qu’est-ce qui se passe ?

Elle entre et bredouille :

-  Excusez-moi… c’est que je croyais… je vous imaginais plus âgé, plus…

Son rire éclata et elle eut la gorge serrée.   Mais voilà qu’il se lève, va vers elle, la guide vers le fauteuil.

-  Je sais. Vous devez être la secrétaire de mon agent et je dois vous remettre quelques feuillets. Mais pourquoi est-ce que je devrais être vieux ?

    Et  comme elle restait muette :

-  Bon, ma secrrétaire est en train de taper les dernieres pages.  Vous avez deux minutes ?

Elle a l’éternité devant elle.

Elle le regarde.  Il a 45 ans, elle le sait. Il est beau, son visage et ses mains sont bronzés, il revient de Grèce, elle le sait, elle sait tout de lui puisqu’elle est la secrétaire de son agent.

Il lui revient des bribes de potins qui courent au bureau, Camus bourreau des coieurs, un don juan… Elle ignorait ces bavardages, elle s’en foutait.

A cet  instant elle comprend tout. Il se dégage de lui quelque chose à la fois de très doux et de très animal.

Il peut avoir toutes les femmes.

 

Ils se regardent.   La chaleur de l’après-midi de juillet monte de la cour par la fenêtre ouverte. en même temps que les chants d’oiseaux.

Les phrases naissent peu à peu, questions banales, réponses banales. Il est curieux des êtres.  Elle est fascinée.

Plus tard elle reverra souvent dans son souvenir  ce face à face, essayant de reconstruire le dialogue, butant sur des mots, souvenir de la chaleur d’un regard, de ma surprise d’un sourire et tout s’effrite avec le temps. 

La jeune fille ne disait pas grand-chose.  Il aimait parler, d’une voix un peu éteinte, un léger accent pied-noir. Il commença à lui confier que l’adaptation des Possédés avait été - il chercha le mot, ne le trouva pas.

Il parle de l’été à Paris « un avant-goût du paradis », il souriait.  « Et vous, vous aimez Paris ? Vous y vivez depuis longtemps ? »

Quand il parlait, ses yeux qui se voulaient enjôleurs laissaient deviner autre chose de plus profond, une soif de comprendre, une quête de justice qui soudain donnèrent à la jeune fille une envie folle de le connaître. De partager avec lui d’autres moments plus intimes.

Elle se dit « c’est fini.  Ma mission va s’achever, je vais devoir partir, le quitter, et d’ailleurs il n’y a plus rien à dire.  Il m’oubliera. »

 

La secrétaire frappe à la porte. Elle entre et dépose son travail sur le bureau. Camus  a un mot gentil.

-  Merci Suzanne.  Espérons que ces pages nous ouvriront des portes !

La secrétaire sortie, il reste encore un moment silencieux, feuilletant le manuscrit d’un air pensif.  Puis il prend  une grande enveloppe et le glisse dedans, après avoir griffonné quelques mots sur une feuille de papier à lettre à l’intention de son agent.

La jeune fille se leve.  Il a  un dernier regard sur elle, comme si tout n’avait pas été dit.  Il prend sur la table un exemplaire de LA CHUTE, son dernier roman paru.

Elle le voit écrire quelques lignes sur la page de garde et refermer le livre.

« Pour vous.  Lisez-le en pensant à moi.  Mais ne tombez pas dans le panneau : je ne suis pas Clamence ! »

Tout en parlant il s’est  levé, il contourne le bureau et vient poser sa main sur l’épaule de la jeune fille.

« Revenez me voir.  J’aime la compagnie des jeunes filles sages… »

Elle, c’était son vœu le  plus cher.  Mais lui, il n’eut pas le temps de lui donner un deuxième rendez-vous.

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 10:27

 

ALBERT CAMUS, « C’EST  TROP JEUNE … »

Ce sont les mots qu’a prononcé la mère d’Albert CAMUS à l’annonce de sa mort.

Le livre qui vient de sortir, « Les Derniers Jours d’Albert Camus », de José LENZINI, donne beaucoup d’importance à sa relation avec sa mère.  Relation frustrée en permanence, puisqu’elle était sourde et aphone.

Mais que peut-on trouver de neuf à dire aujourd’hui sur cette mort brutale  ? Tout à été dit.  Et même, oui, que Camus rêvait d’être acteur, qu’il avait donné son accord pour être le partenaire de Jeanne MOREAU dans MODERATO CANTABILE de Marguerite DURAS, et que finalement Jean-Paul BELMONDO eut le rôle.

 

José LENZINI nous déniche quelques anecdotes dont on ne sait même pas si elles sont véridiques,   et pour meubler les 123 pages qui racontent le dernier voyage, nous donne un compte-rendu imaginaire et romancé des gestes, des  pensées, des souvenirs de Camus tout au long des heures qui ont précédé l’issue fatale.  Il insiste sur son mal de vivre. Il en fait une victime. Et dans ces pensées, pas un mot sur sa vie amoureuse. C’est mal le connaître…

 

Quand on a lu la biographie monumentale de Olivier TODD, argumentée, pavée de témoignages réels et d’extraits des notes de Camus, on se dit « ouais ».

Voilà un livre inutile publié par Actes Sud.

Plus intéressant est « LE DICTIONNAIRE ALBERT CCAMUS » où l’on retrouve l’homme à travers ses mots.  Chez Robert Laffont.

 

GERARD PHILIPE, LETTRES D’AMOUR

25 novembre 1959, il quittait ce monde. Comme un cadeau, parait en livrairie cette 

« CORRESPONDANC E » publiée par son ami Georges PERROS.

Il était discret,  cet ami-là, qui a correspondu  avec Gérard et Anne PHILIPE entre 1946 et 1978.

Jérôme GARCIN, qui a épousé Anne-Marie Philipe, la fille de Gérard, a préfacé avec recueillement  ce livre-souvenir.

Ces lettres contiennent toute l’émotion du monde,  il nous semble entendre  la voix de Gérard,  on imagine  les heures joyeuses de sa jeunesse au soleil, et on va comme ça jusqu’au bout de cette courte vie… jusqu’à la dernière lettre de l’ami, qui est comme un cri d’amour.

On se dit que Gérard PHILIPE était vraiment un extra-terrestre.   La photo  signée Lipnitzky  est hallucinante :  cette allure de chat sauvage, cette coiffure de punk, et ces yeux qui demandent pourquoi.  C’était en 1947, il avait encore  12 ans à vivre.  Cette semaine nous fêterons l’anniversaire de sa mort, en pleine gloire, après le tournage de LA FIEVRE MONTE A EL PAO de Luis BUNUEL.  Un mauvais film.

 

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 10:23

« Je ne connais qu’un seul devoir : aimer. »

Albert CAMUS (Carnet de notes.)

 

Oui, il a dit ça. Son charisme est enfin reconnu, quarante ans plus tard. Sera-t-il au Panthéon ?  Je le crois plus à l’aise dans le petit cimetière de Lourmarin, sous les buis et les lavandes qui l’embaument.

Le Panthéon ? « Absurde ! » je crois l’entendre.

A bientôt, chers amis du théâtre et de la vie.

Miss Comédie

 

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 14:23

Bonjour !   Oui   l’hiver on a besoin de chaleur.  Ces deux-là n’en manquent pas.  SOPHIE MARCEAU ET NATHALIE BAYE  sont à l’affiche, l’une des salles de cinéma, l’autre d’une salle de théâtre.  Des milliers de gens paient pour les voir,  ce sont nos deux plus populaires égéries du chaud business  français.  Allons-y !

Mon court-métrage parle aussi de chaleur humaine, celle qui se dégage  d’une personne apparemment froide...  le feu sous la glace !

 

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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