Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 20:24
DEMONS au Rond-Point : j'aime, moi non plus.

Avant de me lancer dans une analyse assez difficile (car qui suis-je pour juger une pièce  choisie par un metteur en scène aussi original et talentueux que Marcial di Fonzo Bo  et qui semble séduire un public très large ?)  je vous livre un extrait savoureux  de la critique du magazine ELLE : « pour mettre en bouche ces dialogues sèchement fouettés, un casting XXXL inédit. » Ouah !  Plus loin, on parle de la mise en scène : « infusé à Alfredo Arias, avant d’essorer son univers au contact de Claude Régy. »   J’ai apprécié le vocabulaire. C’est presque du Audiard (Michel). Il donne des complexes à qui veut écrire quelque chose de fort sur un spectacle. Mais enfin, pas trace de jugement de valeur, juste une description et je vais tenter d’aller plus loin.

 

Au début je me suis crue dans une pièce mineure  de Tennessee Williams. Un couple qui se livre à une sorte de combat rituel que l’on devine fréquent, provocations perverses, reproches lancés en rafale, bref la vraie scène de ménage vue et revue, pas un mot nouveau qui éveille l’attention, pas une réplique canon, mais on écoute et on regarde car les deux acteurs sont prodigieux, Romain Duris en Casanova élégant, Marina Foïs belle et féline, on pense à une Elisabeth Taylor de trente ans dans La Chatte sur un toit Brûlant. Plus la pièce avance, plus elle est  impressionnante.

Mais ça dure, ça dure. On s’ennuie. Tant de violence va mener où ?

Et bien justement, au bout d’une petite heure  arrive le couple de voisins du dessus (ou du dessous ?) également prodigieux dans des seconds rôles qu’ils vont vite survolter : Gaspard Ulliel, surprenant  en époux modèle d’une femme obsédée par sa maternité, une Anaïs Demoustier très mignonne.

Le face à face n’est pas tout de suite évident. L’entreprise de séduction est ardue. Un moment fort, Romain Duris en démon tentateur face à Gaspard Ulliel à peine réticent.  

Mais la scène ne vaut que par leur présence et leur talent.

Le texte est plat, démodé, sans surprise, mais les intentions sont là et les acteurs les font passer avec un naturel étonnant.  Ils sont habités, convaincants, menés par une direction d’acteur « infusée » à la Claude Regy.   Bref, ils sauvent la pièce.

C’est ce que j’ai ressenti, c’est ce qui rend difficile l’analyse : on est bluffé par le jeu des comédiens, on oublie la pièce.

 

Finalement, je me suis mouillée un peu plus que la journaliste de ELLE, quitte à me faire des détracteurs mais j’assume.

 

Miss Comédie

DEMONS, au théâtre du Rond-Point jusqu’au 11 octobre.

 

 

.

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 13:25
JEREMY  CHARBONNEL, LE RETOUR

 

l’HOMME MODERNE, c’est lui

 

Après un an, le revoilà dans sa ville natale. Il n’a pas changé heureusement !  Toujours joli garçon, sourire charmeur, cabot à mort mais sans se prendre au sérieux – si, c’est possible !

Son public l’attendait, à l’Espace Gerson plein à craquer.

Sa force,  on le savait, c’est d’avoir d’emblée trouvé son positionnement : le jeune homme bien élevé,   Quoi ? Pas marrant  comme type de personnage ?  Détrompez-vous !   On n’imagine pas ce qu’un jeune homme bien élevé peut receler comme turpitudes.

Il se moque de tout avec une élégante cruauté.   De caricature en caricature, il se transforme en « jeune » dépenaillé, en rom vautré, en blonde demeurée, en grand-père gaga, en DRH obsédée sexuelle, c’est inénarrable.

 

Ce qui frappe, c’est sa volonté de traiter le public en partenaire, d’en faire un complice.

A l’inverse de beaucoup de ses confrères qui font leur numéro en solitaires, centrés sur eux-mêmes, Jeremy Charbonnel ne nous quitte pas des yeux, nous prend à témoin, nous interpelle, et c’est un bonheur de lui donner la réplique avec quelques onomatopées sur lesquelles il rebondit allègrement.

A la fois très préparé et structuré, son one-man show  laisse la part belle à l’improvisation et souvent, c’est succulent , ces petites parenthèses entre deux tableaux prémédités.

Un spectacle mené à un train d’enfer. On le sent en pleine possession de ses moyens, sa voix va de la basse à l’alto au gré des vicissitudes de ses personnages.

Son jeu est libre, instinctif et en même temps parfaitement maîtrisé. Surtout, il aime son public et ça se voit.

.

Le public, lui,  en redemandait.  Il nous a offert en rappel quelques improvisations comme celle sur  Steve Jobs (très irrévérencieuse !)

Sous les bravos, redevenu lui-même c’est-à-dire simplement séduisant, il prolongeait le spectacle à plaisir,  et quelques-unes des jeunes spectatrices se préparaient probablement à l’attendre la sortie pour lui proposer un dernier rappel en privé…

Beau, bien élevé et foldingue à la fois, c’est pas donné à tous les fils à papa  -  ni à tous les humoristes…

 

A L’Espace Gerson du 1er au 3 octobre et à suivre sur son site :

ww. jeremycharbonnel.com

 

Miss Comédie

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:44
ZOOM  SUR  LES  SCÈNES  QUE  J'AIME

L’AFFAIRE THOMAS CROWN : LA PARTIE D’ÉCHECS  

Changement de registre.

Après la partie de cartes drôlatique, voici la partie d’échecs érotique. Restons calme.

Le film,  réalisé par Norman Jewison est sorti en 1968.   En `France cette année-là on découvrait  sous les pavés  la plage.  Les spectateurs du film, eux, découvrent sous l’échiquier, l’orage.

Cet  échiquier est la plaque tournante du film, le « pré » où vont s’affronter un homme et une femme en combat singulier.

L’éternelle guerre des sexes, en somme.

Nous avons ici la victoire de l’homme dans une fin très machiste, c’est pourquoi une deuxième version a été tournée par un John Mc Tiernan qui inversait les rôles en 1999.

 

 

Les acteurs sont deux stars en pleine gloire :

Steve Mc Queen s’empare du rôle que Sean Connery venait de refuser. Il dira plus tard que ce fut son r ôle favori. Evidemment, une scène comme la partie d’échecs ne se retrouve pas souvent dans une carrière…   A la lecture du scénario, il a dû immédiatement flairer la scène d’anthologie, même s’il a sauté la partie elle-même pour ne s’intéresser qu’à la fin.

 Il avait 38 ans et  jouait son rôle de séducteur à la ville comme à l’écran.

Faye Dunaway, elle aussi, se vit offrir le rôle de Vicky Anderson après le refus d’ Anouk Aimée et de…  Brigitte Bardot.  Elle avait le vent en poupe après son succès dans Bonnie and clyde.

Cette année-là, elle débutait une love affair avec Marcello Mastroianni – double  échec pour Thomas Crown !

Regardons maintenant cette scène.

Les amateurs d’échecs, tout à l’observation de la stratégie de chacun des coups,   ne seront sûrement pas   insensibles à la  bouffée d’érotisme qui s’en dégage, et pourtant, à première vue il ne se passe rien. 

Ils sont dans la pénombre, leur visage est impassible.  Ils sont visiblement concentrés sur… l’issue de la partie.

Front plissé pour Thomas Crown, il  évalue, anticipe,  et joue.  Geste précis, regard froidement satisfait de son coup.

Elle, en fait un peu plus.  Elle réfléchit, cela se voit, mais tout en passant négligemment  la main sous le tissu de son décolleté,  geste innocent qui veut dire « voyez, je fais n’importe quoi, sans y penser vraiment » et elle jette un regard rapide sur l’adversaire, et elle prend une pièce noire et elle joue.

Attente. Non, il ne se passe rien, on se dit « mais non, c’est moi qui pense toujours au… » et la caméra tourne autour d’eux, fait des plans impossibles, on voit le feu de cheminée qui brûle, lui, ouvertement, on revient sur les deux adversaires qui se mesurent.

On entend deux mots, murmurés au sujet de la partie ? On ne comprend pas bien ce qu’ils disent.

Encore deux ou trois coups, les pièces avancent vers la fin.  La tension monte. (car après tout, le jeu est passionnant, et puis il faut gagner, ce n’est pas le moment de penser à autre chose…)

Le front de plus en plus plissé, beau à tomber, Thomas Crown a un regard féroce et elle l’ignore, avec un doigt  posé sur sa bouche, qui lisse la pulpe des lèvres. Elle est vraiment garce.  Surtout qu’elle prend son Roi et le place, échec et mat.

A  ce moment du film, la Femme est la plus forte. Mais…ça va changer.

Ils restent un moment immobiles.   Il se lève, fait le tour de la table, l’arrache à son siège et… fin de la bouffée d’érotisme.  On est dans l’acte enfin, et si longtemps retenu le désir est d’une douce violence.  Le baiser aussi restera dans la mémoire collective.

Dans ce genre de scène, la première prise est la bonne, ou alors on tombe dans le film porno.  On imagine donc Mr Jewison après avoir dit « coupez ! », s’avancer vers ses deux acteurs pour leur serrer la main. « Wonderful ! Thank you very much ! ».

C’est marrant, le métier d’acteur...

 

Miss Comédie

 

ZOOM  SUR  LES  SCÈNES  QUE  J'AIME
Partager cet article
Repost0
8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 15:03
ZOOM  SUR  LES  SCÈNES  QU'  ON  AIME

 

 En ces temps instables,  nous sommes tous à la recherche des valeurs sûres – au fait, c’est quoi  au juste, les valeurs sûres ?  des idées, des marques de voitures,  des denrées alimentaires, des personnages  célèbres ?  on peut  en tout cas trouver des valeurs sûres au théâtre et au cinéma. Et en particulier dans certaines scènes mythiques qu’on ne se lasse pas de revoir.

Au théâtre, Gérard Philipe fut une valeur sûre, ô combien. Et puis pfffuit ! Disparu.  Personne ne peut plus revoir  Lorenzaccio avec lui dans le rôle titre, puisqu’il est mort.   Les scènes mythiques du théâtre  restent dans nos mémoires, c’est à chacun de restituer dans son souvenir la magie de ce que l’on ne reverra jamais.

Mais au cinéma, les valeurs sûres laissent des traces. Et certaines scènes  ont encore un succès d’enfer sur les grands et petits écrans.

Par quel miracle ?

J ai revu quelques-unes de ces scènes  et après mon instant d’extase j’ai eu envie d’en savoir plus sur leur histoire.   Et c’est  passionnant de voir à quel point l’impact de ces scènes  était imprévisible !  C’est juste le résultat d’une équation réussie entre le savoir-faire et le naturel, l’humeur fusionnelle des acteurs entre eux.

Au fond d’eux-mêmes ils  auraient dû le savoir, au moment où ils la tournaient, que la scène allait faire un tabac.  Mais on n’est sûr de rien et en tout cas le réalisateur, lui,  tout satisfait qu’il put être de la prise, ne se doutait pas qu’elle était plus que parfaite.

Voilà le mystère de ces scènes mythiques qui restent des valeurs sûres à travers le temps.

On  commence par la plus célèbre,  honneur aux anciens : depuis 1931 elle n’a pas pris une ride.

 

LA PARTIE DE CARTES  dans MARIUS

 

LE FILM

Réalisé par Alexandre Korda (1931) mais supervisé par Marcel Pagnol, MARIUS est le premier volet de la « Trilogie Marseillaise » de Pagnol, MARIUS, FANNY et CÉSAR.

Tourné en extérieurs sur le Vieux Port de Marseille, le film est une adaptation de la pièce de Pagnol qui fit un trimphe deux ans plus tôt

S au théâtre de Paris avec Raimu et Orane Demazis.

Sorti en 1931, c’est l’un des premiers films parlants où Raimu put se faire un nom grâce à sa voix tonitruante… et à son accent méridional.

LES ACTEURS

Qui joue quoi dans cette scène ?

César :   Raimu

Panisse :  Fernand Charpin

Escartefigue : Paul Dulac

Monsieur Brun : Robert Vattier 

LA SCENE 

Ils sont quatre autour de la table pour une partie de manille , dans ce  bar de la Marine que dirige César avec sa tonitruante hospitalité.

Ses partenaires, ce sont les habituels : Panisse, maître voilier dans le Vieux Port, Escartefigue, le Capitaine du ferry-boat, et monsieur Brun, l’œil des douanes, un lyonnais pur beurre qui parle pointu.

Ca commence calme, on galège juste comme il faut, mais il y a tout de suite quelque chose qui cloche, une petite malice qui pointe et qui va très vite dégénérer. 

 César  est un tricheur, c’est notoire.  Nous avons droit à un échange de mimiques  inénarrables entre lui et Escartefigue.  Après quelques passes d’armes bien envoyées, Panisse finit par quitter la table.

Les trois autres continuent à jouer en devisant.  Il est question maintenant de Marius et de sa mystérieuse  maîtresse.

Sujet scabreux s’il en est, dont César s’empare allègrement pour faire rebondir la scène qui faisait semblant de s’endormir !

Maintenant, après le « coup » du « Panisse coupe à cœur », on entend une vérité qui fait mal.  César, l’air de rien, balance  que « c’est dans la marine qu’il y a le plus de cocus… »

Escartefigue est marin, et fier de l’être.  Il est aussi cocu et tout le monde le sait… Touché au cœur, il quitte à son tour la table non sans avoir clôt la scène par un magistral « la Marine française te dit merde ! »

Tout cela est à pleurer de rire, on ne se lasse pas d’entendre cette truculence  marseillaise débitée avec un naturel phénoménal  par des acteurs grandioses.

A voir et revoir sur YouTube.

Et à bientôt pour une autre scène de folie.

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

AOOM

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 14:48
LE CLIN D'OEIL DE LA RENTRÉE avec HOPPER

AU BUREAU LA NUIT (Office at night, Edward Hopper 1940-)

 

«  Daisy, ne me quittez pas…

«  Mais monsieur, je vais me marier ! J’arrête de travailler !

«  Comment vais-je faire sans vous ?

«  Je ne peux pas me passer de vous !

«  Je vous ai trouvé une remplaçante qui a de bonnes références.

«  Ma préférence c’est vous, Daisy.

«  C’est la secrétaire parfaite sous toutes ses formes.

«  Vos formes sont plus que parfaites, je n’en veux pas d’autres !

«   Elle tape à la machine  aussi vite que moi !

«  Vous, c’est dans l’œil que vous m’avez tapé c’est l’essentiel.

«  Elle parle trois langues !

«   La vôtre me suffit !  Bon, Daisy, je double votre salaire si vous restez.

«   Je vous ai dit que j’épousais un milliardaire !

«  Je vous emmènerai en voyage d’affaires à Paris.

« Monsieur vous me gênez, n’insistez pas, voyons !

«  Bon alors, je me vois obligé d’employer la manière forte.

«  Quoi, vous allez être brutal  ?

«  Non pas brutal, mais convaincant .   Vous n’aimeriez pas que votre futur époux sache à quoi vous occupez vos heures supplémentaires avec moi  ?

«  Monsieur…

«  Oui, je peux lui conseiller d’aller questionner le veilleur de nuit de l’hôtel Bijou, à deux pas d’ici.

«  C’est indigne de vous !

«  L’amour peut conduire à des extrémités regrettables !

«  Mais vous m’aimez  vraiment ?

«  Comme un fou, Daisy.  Alors,  je préfère passer pour un mufle que me passer de vous.

«  Ah oui ?  Et bien vous savez quoi ?   Je  ne me marie pas !

«  Ah, bien.  Je vois que mes arguments ont porté… je suis rav…

«  … non, à vrai dire, ces heures supplémentaires me font horreur.  je vais chercher un job sans heures supplémentaires.

 

Miss comédie

-        

 

 

Partager cet article
Repost0
21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:38
LA ROQUE D'ANTHERON, PIANO ROI 2

 

CONCERT DU 19 AOUT 2015 ;  ALEXANDRE LE BIEN-AIME

 

THARAUD est notre chouchou à tous.  Pas une place vide sur les gradins hier soir.  Ses adorateurs viennent l’écouter, avant même de connaître son programme. 

Mozart, pour commencer, avec une succession de sonates ingrates  puis cent mille fois entendues qui m’ont plongée dans l’ennui.  Tharaud joua les premières  sans entrain, pour reprendre un peu de nerf à la dernière, la trop célèbre Marche Turque.

Fin de la première partie.   

Je suis triste, Tharaud m’a déçue.  Pourquoi ce choix sans audace  qui semblait l’ennuyer lui-même ?

Le public applaudit cependant, je le trouve bienveillant.

Un public plus abondant chaque année, qui se répand dans le parc à l’entracte, se presse autour du bar pour la rituelle coupe de champagne. L’ambiance est toujours magique dans un mélange coloré d’accoutrements et de dégaines, des bourgeoises en tenue chic, aux artistes un peu débraillés et aux marginaux des concerts, habillés comme au marché.  Mais l’ensemble fait le bonheur des habitués qui viennent aussi pour les rangées de séquoïas et les 365 platanes qui bordent le parc.

 

Tharaud a-t-il lui aussi avalé sa petite gorgée pétillante en coulisses ?

 

Car  la suite me rassure vite.  Passant du classique au romantique, il réveille la flamme de son regard et l’éloquence ses doigts dans la sublime Fantaisie en fa mineur de Chopin. L’euphorie renaît dans le public. On entend enfin crier « bravo » au milieu des applaudissements.

Pour la fin il a choisi Ravel, dans lequel il excelle.  La belle suite « Miroirs », toute en contrastes, nous rappelle l’étendue du talent de l’artiste et de l’interprète. La violence succède à la douceur, les frémissements de l’eau calme puis l’agitation impatiente du vent dans les arbres, toute la folie douce de Ravel dans ces courtes pièces d’inspiration bucolique.

(Pardonnez le lyrisme…)

Oui, le talent de Tharaud est intact.

Il salue, tout frêle dans son smoking noir, son éternel sourire d’enfant sage  aux lèvres.

On le rappelle, il ne se fait pas prier.  Tharaud est généreux, les rappels ne lui font pas peur, quatre fois il est revenu avec des morceaux délicieux tirés de son répertoire éclectique : Scarlatti, Chopin, Rameau et… le voluptueux « The Man I Love » de Gershwin qu’il exécute avec le tempo d’un jazzman de carrière !

Belle soirée- à propos, il  fait toujours beau à La Roque d’Anthéron, je n’ai pas subi d’orage ni même de pluie en trente-cinq ans de concerts !

Belle fin d’été en musique, donc.  Plus de festivals, plus de concerts, plus de canicule, il va falloir affronter la jungle des villes avec au cœur ces souvenirs sans importance mais tellement  bienfaiteurs.

 

Miss Comédie

Partager cet article
Repost0
15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 15:13
LA ROQUE D'ANTHERON, PIANO ROI

 

 

CONCERT DU 9 aout 2015  . LA SYMPHONIE TESTAMENT

 

ll y a eu  d’abord ce premier choc pianistique, à 18h, avec la toute jeune et frêle Béatrice Rana qui nous a  nous a entraînés dans un récital en forme de crescendo avec une dextérité et une technique infaillibles :   une partita de Bach délicatement allègre suivie d’ une sonate de Chopin où se mêlent   la fougue et la mélancolie, pour finir avec une valse de Ravel étourdissante – les trois temps d’une démonstration de virtuosité qui laissa le public pantois.  Ovation, rappels, on est là devant une  future grande concertiste.

 

 

 Beau début de soirée avant de saluer le talent confirmé d’Anne  Quéffelec, qui partage le plateau avec l’orchestre Sinfonia Varsovia.

Un concerto de Mozart, pas le plus envoûtant, mais la magie de Mozart opère toujours.  Un concerto de Beethoven, le sublime n°4 – comme un défi à Mozart

 

Et puis, Anne Quéffelec s’est retirée après trois rappels très jolis.

Et l’orchestre est resté pour cette Symphonie N° 2 de Beethoven.

Je n’aime pas les symphonies, pas plus celles de Beethoven que les autres.  Mais celle-ci était annoncée dans le programme comme étant la « symphonie- testament » du compositeur.

Comme preuve, un document rare était joint au programme, une lettre de Beethoven à ses frères, formulée comme un testament.  Déchirante.  L’ultime sanglot d’un être privé de son sens le plus précieux depuis déjà de longues années.

Après avoir lu cette lettre, on est prêt à entrer dans cette symphonie avec émotion.  On imagine Beethoven devant sa partition, écrivant chaque note avec le souvenir de cette note, sans pouvoir l ‘ entendre sur le clavier. Comment est-ce possible ?  Il  faut se laisser guider par l’instinct de la Musique, sa main guidée par une force mystérieuse comme l’ écriture automatique des médiums.

Bizarrement, je n’ai pas trouvé poignante l’écoute de cette symphonie. Au contraire, elle contient de nombreux passages empreints d’allégresse au point que l’on se demande si l’écriture du Testament de Helligenstaadt,adressé à ses frères, ne l’a pas  soulagé d’un poids trop longtemps contenu et  ne lui a pas inspiré une œuvre pleine d’espoir.

 

Comme dans un nouvel élan, Beethoven écrivit encore huit symphonies et ce n’est que 25 ans après sa lettre-testament qu’il rendit le dernier soupir, à l’âge de 56 ans.

 

 

 

Il écrit  : « Après ma mort, ne m’oubliez pas… » et il ne se doutait pas que 125 ans  plus tard son œuvre allai lui survivre et résonner sous les séquoIas du Parc de Florans à La Roque d’Anthéron.

 

 

 

 

 

LA ROQUE D'ANTHERON, PIANO ROI
Partager cet article
Repost0
16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 16:28
FEYDEAU  A  GRIGNAN vu par la petite classe

Je vais avoir neuf  ans ce mois-ci et mes parents m ‘ont emmenée au théâtre en plein air à Grignan voir un spectacle de Feydeau.

C’était magique, quand on s’est installés sur les gradins, il faisait encore jour et nous avions en face de nous l’immense façade du château où la marquise de Sévigné passait ses vacances, paraît-il, il y a très longtemps.

C’était impressionnant,  toutes ces fenêtres fermées et cette grande cour vide où les comédiens allaient jouer.

Je m’attendais à voir des dames en crinoline et des messieurs en culottes de velours se faire des révérences, j’avais hâte que ça commence.

Il y a eu tout d’un coup un coup de canon et une grosse fumée est sortie d’un monticule en bois posé par terre, et j’ai cru qu’un incendie s’était déclaré et qu’on ne verrait pas la pièce.

Mais un homme en noir est venu  annoncer quelque chose, on m’a dit que c’était le Diable et j’ai compris que c’était lui qui avait fait de la fumée  pour nous intriguer.

Le spectacle a commencé  et je me suis crue revenue au jardin du Luxembourg à Paris, devant le théâtre de Guignol, mais avec de vrais gens.

Et puis là, il se passait  des choses qui intéressent surtout les grandes personnes, la femme se tenait le ventre et criait de douleur, le mari essayait de la calmer mais elle le traitait de tous les noms et finalement elle lui a ordonné de se mettre un pot de chambre sur la tête et il l’a fait.   C’était horrible. Ensuite  les parents de la dame sont venus et ils se sont moqués de lui, et puis un homme déguisé en  femme  est arrivée, il faisait le docteur et il a envoyé la dame dans sa chambre, le mari est resté avec son pot de chambre sur la tête et à la fin il l’a planté sur la tête du papa de la dame, exactement comme à Guignol, sauf qu’à Guignol je comprends bien tout ce qui se passe, là non.

J’ai pas trop aimé cette pièce.. Les gens ont applaudi, ils avaient l’air très contents. J’ai regardé mes parents, ils faisaient une tête  d’ enterrement. Je pense qu’ils n’ont pas compris non plus cette histoire de pot de chambre.

 

Après il y avait un lit sur la scène et une dame qui dormait était réveillée par son mari qui rentrait d’une fête déguisé en Roi Soleil. Ca, c’était drôle, elle l’engueulait, c’est normal, ils  ont discutaillé pendant des heures jusqu’à ce qu’il se couche et là, on a sonné et c’était  le Diable  qui venait annoncer que la maman de  la dame était morte.  La dame a fait  une crise et le mari s’est depéché d’écrire  à la Pompe Funèbre de préparer la tombe.  Je me doutais bien qu’il fallait attendre un peu et crac !  voilà qu’on apprend que la morte, c’était pas la maman de la dame mais sa voisine de palier.  Exactement comme à Guignol.

Ca, c’était plus drôle, j’aimais beaucoup le personnage du Diable (ils auraient dû lui mettre des cornes, comme à Guignol).

J’étais un peu inquiète parce que je voyais  mes parents, ils avaient l’air de s’embêter, ils ne riaient pas du tout.    Pourtant,  les acteurs gesticulaient bien et on entendait bien les mots quand ils criaient. 

 

 

La troisième pièce, j’ai vraiment détesté, c’était dégoûtant.  Soi-disant un bébé avait pas fait dans son pot  et la maman voulait le purger. Le père s’en fichait  complètement, vu qu’il essayait de vendre des  pots de chambre incassables à un client.   Là, il y a eu un truc très marrant, quand le père a lancé un pot de chambre à l’autre bout de la cour et qu’il s’est cassé !  La tête qu’ils ont fait, bon, c’était pas fin-fin, mais je riais comme à Guignol, ou à Astérix, mais j’avais un peu honte de rire puisque mes parents ne trouvaient pas ça drôle.

Alors le soi-disant bébé est arrivé,  et  j’ai reconnu le Diable déguisé en bébé  qui arrêtait pas de dire « j’veux pas me purger » et tous ils s’y mettaient pour lui faire avaler sa potion, ça n’en finissait plus. Finalement, il la leur a fait avaler à tous,  ils  sont tous partis en courant  et  le bébé-diable  est resté à rigoler.

Je me demandais ce que je dirais si je tombais sur Feydeau à l’interro de Français, je n’oserais pas citer les sujets de ses pièces.   Je dirais seulement que ce devait être très difficile à jouer pour des acteurs, et très fatigant.

 

C’est sûrement pour ça qu’ils ont été très applaudis,  même par mes parents qui n’ont pas ri du tout.  J’ai entendu ma mère dire à mon père en soupirant « il faut aimer Feydeau .. "       !  ».

J’ai cru comprendre qu’elle conseillait d’aimer Feydeau.  Je veux bien essayer, mais c’est vraiment pas un auteur pour les enfants.

 

Miss Comédie

PS    Bravo au travail des comédiens et de Didier Bezace, le metteur en scène qui, eux, aiment Feydeau et le prouvent !

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 14:32
LA BELLE  HELLÈNE

 

Que fait donc Zeus, sur son Olympe,  entouré de ses camarades les dieux et déesses nantis de pouvoirs extra-terrestres, à contempler l’effondrement de son domaine sans bouger le petit doigt ?

Zeus, on le sait,  s’amuse parfois à déclencher des guerres, même s’il ne prend pas parti.   Celle de Troie a duré dix ans mais au bout du compte, Ménélas a récupéré son épouse infidèle et le beau ténébreux Paris en est mort.

Peut-on trouver une similitude avec ce qui se passe aujourd’hui ?

C’est une belle histoire, celle de la belle Hélène, mais il serait fâcheux que la Grèce, cette belle Hellène que le monde entier admire, connaisse une nouvelle guerre, celle de l’Europe.

 

Hélène était la fille de Zeus et de Leda.  Fille illégitime, bien sûr car Zeus était un incorrigible dragueur, malgré la jalousie de sa femme Héra, qui était aussi sa sœur.

Pour séduire Leda, qui était mariée à Tyndare le roi de Sparte, il prit la forme d’un cygne comme chacun sait.

Leda mit donc au monde Hélène, qui fut  adoptée par Tyndare et sacrée plus belle femme du monde après Aphrodite.  .

 

(Dans la mythologie européenne, la Grèce, pays des dieux, est le plus beau pays du monde après la France. )

 

Lorsqu’elle fut en âge de se marier  Hélène ne manquait pas de prétendants…  mais son beau-père Tyndare lui choisit comme époux Ménélas, un prince riche mais sans attrait,  et fit signer un pacte à tous les prétendants évincés où ils s’engageaient à porter secours à  Hélène si elle se trouvait en danger.  Hélène se soumit à la décision paternelle, devenant ainsi reine de Sparte avec une garde rapprochée.

 

Aujourd’hui la Grèce, à qui la Commission Européenne  a imposé un mariage forcé avec l’Europe, a choisi de revenir au célibat -  perdant ainsi  l’appui de sa garde rapprochée, les pays d’Europe ayant pactisé avec l’Euro.  Bon, la belle Hellène a mené une vie de patachon, dissipant la fortune que l’Euro, son époux, lui dispensait sans compter.

Et voilà qu’elle crie famine, implorant sa garde rapprochée qui a d’autres chats à fouetter !

 

Pour Hélène, le destin prit la forme d’un des plus beaux princes troyens, Paris qui profita d’un voyage de Ménélas en Crète pour enlever Hélène sous le charme et l’emmener à Troie, allumant ainsi la violente jalousie de Ménélas qui  déclara ouverte la Guerre de Troie.

 

Ici s’arrête la similitude des mythologies, car l’avenir de la  belle Hélène reste un mystère.   Sera-t-elle sauvée par une puissance étrangère à l’Euro et déclenchera-t-elle alors une Guerre des Trois ?

 

Pourra-t-on encore  naviguer le long de ses côtes  et accéder à ses îles féériques ?  Les dieux  déserteront-ils ces rivages bleutés aux profondeurs mystérieuses ?  Les pêcheurs danseront-ils toujours le sirtaki aux terrasses des cafés au rythme des bouzoukis ?

 En disant non au mariage,  ils se sont coupés les vivres… mais si l’Olympe est toujours habité par les dieux, Hermès, le dieu des voyages, peut leur donner  une nouvelle chance  en faisant  affluer chez eux les humains à la recherche des mythologies perdues.

Mais les dieux ont peut-être changé de résidence ?  

L’Olympe est peut-être redevenue une simple montagne, la plus haute de la Grèce,  lieu de transhumance des troupeaux de chèvres menés par un  berger  du nom d’Euclide. …

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 
 
 
 

 

LA BELLE  HELLÈNE

Que fait donc Zeus, sur son Olympe,  entouré de ses camarades les dieux et déesses nantis de pouvoirs extra

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 15:08
LAURA ANTONELLI, L'ÉTOILE FILANTE

C’était il y a juste 39 ans.  Belmondo était amoureux d’elle, il l’avait emmenée voir un match de boxe, sa passion à lui.  Elle n’avait pas vraiment aimé ce spectacle.  Il s’en était amusé.   C’était à Monaco, le 26 juin 1976.

Ils s’étaient  rencontés en 1971 sur le tournage des Mariés de l’An II, de Jean-Paul Rappeneau et depuis c’était l’amour fou. Deux stars en pleine gloire.    L’année 1973 ils survolent ensemble l’univers  cinématographique : Laura Antonnelli enflamme les salles avec Malizia.  On la compare à Marlène Diétrich dans l’Ange Bleu, à Rita Hayworth dans Gilda, à Marilyn Monroe dans Sept ans de Réflexion…Tandis que Belmondo tourne Le Magnifique, sans commentaire, le titre dit tout…

 Sur  la photo elle fait toute jeunette, mais elle vient de tourner son  22ème film,  L’Innocent, avec le grand Visconti et ce sera son dernier film avant sa traversée du désert.  Elle a trente deux ans et elle  vit là  une de ses dernières années de bonheur. 

Leurs routes se sont séparées  en 1980 et tandis que Belmondo continuait à tourner succès sur succès, Laura commençait à mal tourner.  A croire qu’il était son porte-bonheur, et que la chance l’a quittée en même temps que lui.

Les ruptures brutales conduisent souvent à des cataclysmes. Le sort n’aime pas être contrarié. 

Que va faire Laura Antonelli des quarante ans qui lui restent à vivre ?     C’est long, quarante ans, mais pour elle tout   va s’ enchaîner  très vite.   Sa rupture avec Belmondo l’a-t-elle traumatisée au point qu’elle se soit réfugiée dans la drogue ?  Ou bien Jean-Paul l’a-t-il quittée parce qu’il désapprouvait sa dépendance ?  Toujours-est-il que dix ans plus tard elle est  condamnée à la prison pour trafic de drogue.  Elle sera réhabilitée plus tard et relaxée.  Mais le coup est donné, très dur pour son mental et pour sa carrière -  même si elle  connaissait déjà la terrible solitude des stars délaissées.

 

Comme une étoile filante dont  la traîne lumineuse perd peu à peu  de son éclat pour se perdre  dans le néant,  l’étoile de Laura s’éteint.

 

En 2000 le réalisateur de Malizia tente de lui redonner sa chance avec Malizia 2000.  Il l’encourage à se soumettre à une opération esthétique qui est un échec, comme le film.

Laura intente  un procès contre le chirurgien,  elle saura seulement treize ans plus tard qu’elle est déboutée.

Le chirurgien a fait valoir  que la substance injectée n’est pas responsable de l’allergie qui l’a défigurée.

Que faire lorsque le sort s’acharne contre vous ?

 

Laura est désormais vouée à la solitude et à l’obscurité.

   Elle  quitte Rome et s’installe dans une banlieue lointaine, à Ladispoli, se réfugie dans la prière.   Elle fréquente la Communauté religieuse de Ladispoli où elle  découvre les bienfaits de l’anonymat.

 

Le monde l’a oubliée. Mais un journaliste du Correre de la Sera tente un jour de l’interviewever par téléphone.  Elle répond :  « Laura Antonelli n’existe plus. » Et elle raccroche.

 

Laura Antonelli n’existe donc plus.  On l’oublie pour de bon.

 Et voilà qu’en ce lundi 22 juin, sa femme de ménage la trouve étendue dans la salle de bains de son modeste appartement.   Crise cardiaque ?  Elle avait 71 ans.  

Rangez vos mouchoirs. Si je vous raconte cette histoire si triste, c’est parce qu’en écoutant le flash d’information annonçant sa mort, j’ai soudain revu son beau visage si pur et j’ai eu envie de savoir à quoi avait ressemblé sa vie.  Et bien, j’étais servie.

Belmondo n’a pas une fin de vie plus belle. Ils n’auraient jamais dû se séparer.

 

Miss Comédie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils s’étaient  rencontés en 1971 sur le tournage des Mariés de l’An II, de Jean-Paul Rappeneau et depuis c’était l’amour fou. Deux stars en pleine gloire.    L’année 1973 ils survolent ensemble l’univers  cinématographique : Laura Antonnelli enflamme les salles avec

 

Malizia.  On la compare à Marlène Diétrich dans l’Ange Bleu, à Rita Hayworth dans Gilda, à Marilyn Monroe dans Sept ans de Réflexion…

Tandis que Belmondo tourne Le Magnifique, sans commentaire, le titre dit tout…

 Sur  la photo elle fait toute jeunette, mais elle vient de tourner son  22ème film,  L’Innocent, avec le grand Visconti et ce sera son dernier film avant sa traversée du désert.  Elle a trente deux ans et elle  vit là  une de ses dernières années de bonheur. 

 
 Leurs routes se sont séparées  en 1980 et tandis que Belmondo continuait à tourner succès sur succès, Laura commençait à mal tourner.  A croire qu’il était son porte-bonheur, et que la chance l’a quittée en même temps que lui.
Les ruptures brutales conduisent souvent à des cataclysmes. Le sort n’aime pas être contrarié. 
Que va faire Laura Antonelli des quarante ans qui lui restent à vivre ?     C’est long, quarante ans, mais pour elle tout   va s’ enchaîner  très vite.   Sa rupture avec Belmondo l’a-t-elle traumatisée au point qu’elle se soit réfugiée dans la drogue ?  Ou bien Jean-Paul l’a-t-il quittée parce qu’il désapprouvait sa dépendance ?  Toujours-est-il que dix ans plus tard elle est  condamnée à la prison pour trafic de drogue.  Elle sera réhabilitée plus tard et relaxée.  Mais le coup est donné, très dur pour son mental et pour sa carrière -  même si elle  connaissait déjà la terrible solitude des stars délaissées.

 

Comme une étoile filante dont  la traîne lumineuse perd peu à peu  de son éclat pour se perdre  dans le néant,  l’étoile de Laura s’éteint.

 

En 2000 le réalisateur de Malizia tente de lui redonner sa chance avec Malizia 2000.  Il l’encourage à se soumettre à une opération esthétique qui est un échec, comme le film.

Laura intente  un procès contre le chirurgien,  elle saura seulement treize ans plus tard qu’elle est déboutée.

Le chirurgien a fait valoir  que la substance injectée n’est pas responsable de l’allergie qui l’a défigurée.

Que faire lorsque le sort s’acharne contre vous ?

 

Laura est désormais vouée à la solitude et à l’obscurité.

   Elle  quitte Rome et s’installe dans une banlieue lointaine, à Ladispoli, se réfugie dans la prière.   Elle fréquente la Communauté religieuse de Ladispoli où elle  découvre les bienfaits de l’anonymat.

 

Le monde l’a oubliée. Mais un journaliste du Correre de la Sera tente un jour de l’interviewever par téléphone.  Elle répond :  « Laura Antonelli n’existe plus. » Et elle raccroche.

 

Laura Antonelli n’existe donc plus.  On l’oublie pour de bon.

 Et voilà qu’en ce lundi 22 juin, sa femme de ménage la trouve étendue dans la salle de bains de son modeste appartement.   Crise cardiaque ?  Elle avait 71 ans.  

Rangez vos mouchoirs. Si je vous raconte cette histoire si triste, c’est parce qu’en écoutant le flash d’information annonçant sa mort, j’ai soudain revu son beau visage si pur et j’ai eu envie de savoir à quoi avait ressemblé sa vie.  Et bien, j’étais servie.

Belmondo n’a pas une fin de vie plus belle. Ils n’auraient jamais dû se séparer.

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

Recherche