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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:36

REFLEXION SUR LA CRITIQUE

Aïe !  sujet dangereux.  Tout ce que vous allez lire n’engage que moi.


Depuis que je passe en revue les critiques de pièces des années 60-70,   je prends
conscience de leur aménité, de leur indulgence, par rapport aux critiques d’aujourd’hui.
On dirait que les critiques d’aujourd’hui  sont des chiens hargneux qui n’ont de plaisir qu’à mordre ceux qui font des choses.
Il y a aussi les critiques ironiques qui pratiquent l’humour  corrosif, histoire de montrer qu’ils ont tout compris mais que là, on ne la leur fait pas.
Ils s’attaquent presque toujours  à des spectacles qu’ils n’ont pas aimé.  Ne serait-ce pas plus drôle de parler des spectacles qu’ils ont adoré ?
C’est valable aussi pour le cinéma.   J’ai lu un jour une critique parfaitement inique,  venimeuse,  hors sujet, visant incontestablement à nuire et non pas à juger. 
Elle était signée d’un journaliste  du Monde.  Il s’attaquait à un très beau film qui a reçu un accueil excellent  dans les salles et derrière son propos un peu trop exalté pour être honnête, on sentait une animosité personnelle  contre le réalisateur.
Toujours ces histoires de clans.  On encense les gens qui font partie de son clan, on démolit ceux du clan opposé.  D’ailleurs, les créateurs eux-même ne se respectent pas entre eux.
On est revenu au temps de Versailles où les querelles de cour faisaient florès.
On pourrait gloser une nuit entière là-dessus, mais ça ne changera pas la face du monde.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:33
Plus l’offenseur m’est cher, plus je ressens l’injure.
RACINE   La thébaïde

Pour ma part, je ne connais pas LA THEBAÎDE, mais la réplique est à tomber.  A demain !
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:33

ROSE, entre la nuit et le jour

CHRIS
Ce n’est pas elle qui te fascine, mais  le trouble qu’elle provoque autour d’elle.  Elle n’est qu’un miroir qui vous renvoie vos propres fantasmes.

YANN
Tu dis “vous” comme si tu étais réfractaire à son charme.

CHRIS
Je ne la considère que comme un sujet de scénario.

YANN
Mais, misérable, comment peux-tu mener à bien une histoire si tu n’es pas fasciné  par tes personnages ?

CHRIS
C’est trop tôt...  Je ne la connais pas encore...  Il faut que je m’attache...

YANN
Là, tu me rassures.  Alors laisse-moi te dire comment je la vois, moi, cette histoire avec elle...
CHRIS, prenant des notes
Oui, allez, aide-moi un peu.

YANN, d’abord hésitant, est pris peu à peu par son sujet
L’histoire pourrait commencer par un hold-up.  Dans une grande banque.  Elle serait la secrétaire du Directeur et elle verrait toute la scène sur l’écran vidéo de son bureau. Elle resterait impassible...

CHRIS, ironique
... naturellement.

YANN
... Naturellement.  Mais elle a vu les trois malfrats, dont l’un opérait à visage découvert.  Une scène violente et très rapide.  Les mecs repartent avec un sac de fric.  Un employé de la banque a balancé une clef de coffre.

CHRIS
Un complice ?

YANN
On ne sait pas.  Peut-être la trouille...

CHRIS
Ca pourrait être le mari ?

(à suivre)

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:29
un peu de nostalgie...

Fernandel est assis à l’arrière de la Cadillac.  Tina, son habilleuse, est devant, près du chauffeur.  C’est une femme discrète, environ 50 ans, une Marseillaise de la campagne qui le suit depuis ses débuts.  Elle parle peu et ne se lie pas avec les membres de la troupe. Avec le chauffeur (je ne me souviens plus du nom du chauffeur) ils forment un couple soudé par une identique dévotion à leur maître.  Mais je n’ai jamais su s’ils étaient mariés ou non.

C’est ainsi que nous avons sillonné les routes, en France, en Belgique et et Suisse, pendant trois mois hors du temps, comme des saltimbanques. Je dirais que c’est pendant ces  longues heures passées dans le car à traverser ces villages dans l’anonymat le plus absolu, que j’ai perçu la réelle beauté d’un métier - le théâtre - dont l’essence même est de passer au travers du monde sans laisser de traces. Rien que des souvenirs qui s’estompent avec le temps...

Demain, c'est  promis, je serai plus rigolote.
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:17
LA  TETE  DES AUTRES    -  de Marcel Aymé
dans une mise en scène de André BARSACQ
décors de Jean-Denis MALCLES
avec MOULOUDJI  et Rosy VARTE

Ca c’est une affiche alléchante. En revanche, quand on lit la critique, on prend peur. 

Ce vaudeville noir reste, aussi bien, pendant les  premiers actes, une charge  à fond de train  contre la magistrature.
Le nouveau 4ème acte a le mérite (que n’avait pas l’ancien) de « rester dans le sujet ». Mais il était difficile de trouver des rebondissements, des développements supplémentaires. Les personnages semblent tourner en rond dans leur histoire  en cherchant comment en sortir.  Valorin   en sort, lui, les pieds devant.  « Unhappy ending ».L’innocence ne paie pas.

Paul GORDEAUX   (France-Soir)

Les autres critiques ne valent pas mieux.  Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir. Et puis : 4 actes !  On n’a plus le temps, aujourd'hui, de rester 3 heures au théâtre !

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:09
HORTENSIA
Vous jouez de nous comme des totons ! Vous lasserez bientôt notre patience.
LE COMTE
Tous les metteurs en scène de génie font ainsi. Encore heureux  que je ne hurle pas, que je ne déchire pas les brochures. Il n’y a pas de mise en scène de génie sans crise de nerfs.  L’insulte est la monnaie courante,  quelques très grands metteurs en scène vont jusqu’à la gifle.  Et ne croyez pas que cela soit gratuit. Cela se sent toujours, après, quand on écoute la pièce, si le maître a été vraiment viril.  Une pièce mise en scène par un homme poli, il est bien rare que cela sente le génie.  Enchaînez, Sylvia, encaînez.

LA RÉPÉTITION OU L’AMOUR PUNI  -   Jean Anouilh

A demain !

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 11:33

Qui est la vraie  ROSE ?

YANN
Bon.  Mais tu ne vas pas me faire croire qu’elle est fidèle. 

CHRIS
C’est là, où l’on peut se mettre à rêver.  Deux cas de figure : Elle le trompe, il le sait, et il ne dit rien parce qu’il aime ça.

YANN
Il aime ça ?

CHRIS
Oui, il aime l’idée que sa femme le trompe,  parceque tous les hommes la désirent mais elle n’appartient qu’à lui.  Orgueil.

YANN
Orgueil, oui.

CHRIS
Deuxième possibilité : elle le trompe et il ne dit rien parce qu’il a peur qu’elle le quitte s’il se montre trop jaloux.  Lâcheté.

YANN
Orgueil ou lâcheté.  Mais là, tu  fais intervenir le mari comme un personnage essentiel. 

CHRIS
Oui.  Il devient plus intéressant que la femme.

YANN
C’est dommage...

CHRIS
Je crois que tu lui prêtes un mystère qu’elle n’a pas. Elle est lisse et dure, fermée et fascinante quand elle est sur scène, négligée, faible et ordinaire lorsqu’elle sort du décor.  Si tu la rencontrais un matin revenant de faire ses courses, tu ne la reconnaîtrais pas.

YANN, rêveur
Elle me fascinerait encore. Elle me fascine en bloc.



(à suivre)

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 11:10
Un baiser torride.
Assis côte à côte  face au public, le clown et l’Américaine faisaient connaissance sur un ton plutôt mondain quand soudain sans crier gare je devais lui  sauter au cou  et  lui rouler un patin.
Nous n’avions jamais répété ce passage, je vous l’ai dit.  Le soir de la première, avant d’entrer en scène il m’avait prévenue :: “Il faudra le faire durer, hein ?” et devant mon air affolé : “Quoi, je te dégoûte, peut-être ?” mais il avait ajouté sérieusement : “Je te ferai sentir quand il faudra s’arrêter.  Jusque-là, reste bien sur moi.”
Ce soir-là, je me jetai sur lui dans un état second, ignorant la suite. Il me maintint fermement contre lui.  Et je découvris son jeu de scène avec stupeur. Les yeux exorbités, agitant bras et jambes dans une tentative de fuite, faisant mine de tomber de sa chaise, la bouche collée à la mienne, il faisait du grand Fernandel.  Pris par surprise, le public réagissait exactement comme il l’avait prévu :  un immense éclat de rire, mêlé de cris et d’applaudissements frénétiques.  C’était Guignol.
Tétanisée,  je  réalisai  vite qu’il fallait jouer le jeu.  Nous comptions donc les secondes.  Je maintenais le contact. Peu à peu, les applaudissements s’espaçaient, les rires faiblissaient.  Je sentis l’étau se désserrer  autour de mon bras. C’était le signal.  Je m’écartai de lui prestement.
Je jouai la suite de la scène avec ivresse. Il m’avait communiqué un chromosome de son talent.

Le théâtre est un enchaînement de secousses comme celles-là : imprévisibles en apparence. En réalité,  parfaitement voulues par l’auteur. Le public fait ce qu’on lui dit. Le comédien doit rester maître de la situation. Ce n’est pas toujours facile : dans certaines salles plane un esprit de révolte, un souffle de refus.
Pour nous, le miracle s’est reproduit chaque soir.  Simplement, le baiser devait durer plus ou moins longtemps.  Certains publics sont  plus pudibonds que d’autres.

Demain, il y aura un autre moment comme ça, en moins torride, de mon travail avec Fernandel.

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 11:07

BOEING-BOEING  ___
de  Marc CAMOLETTI

Bien que la pièce ne date pas d’aujourd’hui, les amateurs de théâtre se souviendront sûrement de sa carrière  inscrite au livre des Records.
Créée le 10 décembre 1960 à la Comédie-Caumartin, elle fut jouée sans
interruption pendant 19 ans  soit 2000 représentations à Paris et en province…
Pas de doute, ce fut  ce qu’on appelle un succès.
Ce qui est intéressant, c’est de lire l’appréciation des critiques au moment de sa création, quand on ne savait encore rien de sa bonne fortune. Mais la place me manque et j’ai dû faire un choix.
C’est Max Favalelli qui se confesse :

« Voilà, j’ai ri. Oh, je sais qu’il y a quelque chose de honteux. Cependant que le rire me chatouillait sournoisement les amygdales, je me disais :
Voyons, il n’est pas question de la condition de l’Homme. Rien de social là-dedans. Quant aux problèmes métaphysiques, je n’en vois pas l’ombre d’un seul. Ce qui ne manquait pas de m’inquiéter.
J’ai ri.  Et je ferai acte de contrition en relisant quelques pages de Brecht. Mais j’ai ri.  Je m’en confesse. A l’abri de mon programme.
Certes, Boeing-Boeing n’est pas une de ces oeuvres qui bouleverse la littérature universelle. C’est une comédie qui amuse par les moyens les plus classiques, les plus francs, les plus simples. «
                            (Paris-Presse)

C’est curieux, je tenais Max Favalelli pour un homme érudit, maniant la langue française avec une subtilité d’expert, lui qui publie des grilles de mots croisés réservées aux fortiches. Et ben, sa prose, là, elle est vraiment bâclée.

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 11:03
LULU
Voilà ce que vous avez fait. Vous avez assouvi votre soif immonde. Vous m’avez appris des choses qu’une jeune fille ne devrait pas  savoir avant d’ avoir été mariée au moins  trois fois !
GOLDBERG
Et bien ! Tu as pris de l’avance !  De quoi te plains-tu ?

L’Anniversaire  -   Harold Pinter


A demain, chers spectateurs.
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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