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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:55
Bonjour,
Nos deux compères se sont embarqués dans une discussion sur la nuit et le jazz qui les a un peu écartés du sujet de leur scénario : ROSE.  Mais ils y reviendront bientôt.  Après le week-end, c'est promis.
Miss COMEDIE, elle, donne ses impressions sur le théâtre, pour que l'on ne se fourvoie pas sur ses intentions...
Qui m'aime me suive, en quelque sorte...

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:53

Dialogue sur la nuit et la musique.



YANN
Tu veux dire quel décor ?  Une ville, des cafés, un bureau où elle travaille le jour, méconnaissable, des rues où il marche, lui, sans but, un peu paumé... Elle ne sait pas très bien ce qu’il fait de ses journées...  Ils se retrouvent le soir et ils s’aiment à nouveau en se regardant par-dessus le piano...  Une vraie double vie.

CHRIS
Oui...  Il faut presque qu’on s’imagine que ce sont des  personnages différents la nuit et le jour.

YANN se lève et arpente le bar
Regarde comme la nuit transforme les gens.  Imagine : un soir, un bar... Un homme qui rêve appuyé au bar... Son voisin de palier arrive par hasard, s’approche de lui, ils échangent quelques mots... Ils se trouvent sympathiques, ils vont boire ensemble une longue partie de la nuit.  Dans l’autre vie, la vie en plein jour, ils s'ignorent.  Ils ne se sont pas reconnus.

CHRIS
Moi je crois qu’ ils se sont reconnus.  Seulement là, ils se sont soudain trouvés différents.  La nuit leur a révélé à chacun un autre visage, plus ouvert, plus sincère.
YANN, rêveur
La nuit et la musique.

Ils se taisent un instant et le piano de Bill Evans devient plus présent, les notes s’écoulent doucement.

YANN
La musique de jazz a transformé l’ambiance des bars.  Ca date de quand...?  1936 ?

(à suivre)

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:51

Mon blog ne  s’adresse pas aux intellectuels.  Non pas que j’écrive pour une population d’abrutis, mais je ne prétends pas enseigner le théâtre, ni faire des révélations sur le sens caché d’un texte, ni analyser les motivations profondes d’un auteur, non mon blog est un blog de
divertissement, tout simplement.
D’ailleurs, mon répertoire de prédilection est surtout fait de comédies, plus ou moins légères   mais toujours écrites  avec un souci d’élégance,  mes modèles sont des gens comme Pinter,  Saunders, Reza,  Oscar Wilde  mais notre époque est en train de voir éclore des talents  très  prometteurs dans le genre.
J’adore ce répertoire-là en tant que spectatrice, mais  aussi en tant que chroniqueuse car je suis capable d’en parler.  D’autres pièces, plus graves et  inspirées par des idées métaphysiques ou politiques, me  donnent  à réfléchir, m’émerveillent parfois, et si l’interprétation est à la hauteur, me remplissent d’un bonheur enfantin.  J’en sors ébranlée, sous le charme, mais  je suis incapable d’analyser mes sentiments, à part de rares exceptions.
C’est pourquoi vous ne trouverez jamais dans cette rubrique mes impressions
sur une pièce de Brecht ou de Gorki.   Ce qui est normal pour un blog signé Miss Comédie, non ?

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:50
La troupe est une et indivisible.  En chacun de nous est le texte, morceau par morceau, et notre confrontation sur le plateau est le fin mot de l’histoire... 
La route est notre attente du mystère.  Comment serons-nous ce soir ?  Comment sera la salle, le public, quel esprit soufflera sur cet espace clos ?  Nous regardons le paysage défiler, les reliefs s changer.  Le soleil sèche les gouttes de pluie sur les vitres du car.  Nous reprenons espoir. Nous ne connaissons pas la routine. Chaque voyage qui commence est un autre voyage, une autre découverte.

Nous partions souvent tôt le matin, lorsque la distance à parcourir était longue. Les comédiens ont alors le visage pâle et les cheveux défaits, ils n’aiment pas  la lumière crue du matin.  Certains sont beaux dès le réveil.  Les autres les regardent à la dérobée, sous le charme malgré eux. Ils savent que la beauté attend son heure. Demain, elle sera sur eux.  J’ai vu souvent ces caprices de la nature.

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:41
L'IDIOTE   de  Marcel Achard

Création le 22 septembre 1960 au Théâtre Antoine, avec Annie GIRARDOT
dans le rôle titre, mise en scène par Jean MEYER.

Jean AUDOUARD, du Canard Enchaîné, écrit :

« J’ai positivement adoré l’IDIOTE,  le nouveau triomphe de Marcel
ACHARD… Tant de mérites rassemblés en trois actes laissent
béat d’émerveillement. »

et Claude SARRAUTE, de France Observateur :
« Le personnage est dessiné de main de maître, fouillé jusque dans ses
moindres recoins.  Il bouge, il vit, il retient…

et encore Jacques LEMARCHAND, du Figaro :
« Voilà une admirable comédiennen , Annie GIRARDOT, retirée pour de longgs mois - des années peut-être,  on ne sait plus -  de la circulation. »

Ils étaient dans l’air du temps : ACHARD, GIRARDOT…  Comme le temps passe.


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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:34
Le scandale du monde est ce qui fait l’offense.
Et ce n’est pas pécher que pécher en silence.
MOLIERE  -   Tartuffe
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Comme tous les vendredis, le rideau tombe pour le week-end.  Rendez-vous lundi pour retrouver Miss Comédie dans
l'amiance scintillante de l'approche de Noël.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:56

Début de piste ?

YANN, pensif
Oui...  pourquoi pas ? On les retrouverait tous les deux le soir dans leur bar... Employés modèles le jour, musiciens de troisième zone la nuit.  Mais le fil conducteur de tout ça ?

CHRIS
Telle que tu le démarres, c’est un sujet pour la Métro Goldwyn Mayer, avec de Niro et Kim Basinger.  Un thriller tourné à New York  avec un budget record.
(un temps)
Je voyais plutôt une histoire triste d’un type floué, un mec falot qui a une femme trop belle pour lui et qui finit par la perdre.

YANN
Trop sombre !  Je veux bien imaginer un mec falot qui a une femme trop belle pour lui...  Oui... Et le spectateur est persuadé qu’il va finir par la perdre, et tout prête à le croire et puis...

CHRIS
Elle reste avec lui ?

YANN
Mieux que ça :  c’est lui qui s’en va, et elle est inconsolable.

CHRIS, éclate de rire
Ah, tu m’as eu !  En effet, c’est beaucoup moins sombre !

YANN, riant à son tour
C’est aussi sombre, mais moins convenu !

Ils restent un moment à regarder cette idée flotter dans l’air.

CHRIS
C’est pas mal...

YANN
Hein ?

De nouveau ils restent pensifs et boivent quelques gorgées de whisky.
Le couple se lève et sort lentement du bar, en se tenant par la main.
Le barman lit le journal sur le bar.

CHRIS
Et qu’est-ce qu’on met, autour de ça ?

(à suivre)


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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:49
La tournée est l’expression même de la fugacité du théâtre. Partir ensemble, emporter avec nous les artifices, les accessoires et les déguisements, tout l’arsenal du rêve et avec lui tous les secrets d’une alchimie mystérieuse entre le spectateur et son double, le comédien.
Nous sommes une famille avec ses clans et ses inimitiés masquées. Les rôles sont en nous et nous manipulent, on n’y peut rien.  Le jeune premier est  amoureux de la jeune première, comment éviter cela ?  Soyons juste, il y a aussi des révoltes contre ces sentences dictées par le texte.  Parfois les amants de la scène se mettent à se haïr et chaque instant du quotidien est un affrontement ou une fuite.  La famille calme le jeu, les entoure.  Mais qu’ils consomment leur passion ou qu’ils la refusent, ils sont à l’abri de toute intrusion étrangère.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:36

REFLEXION SUR LA CRITIQUE

Aïe !  sujet dangereux.  Tout ce que vous allez lire n’engage que moi.


Depuis que je passe en revue les critiques de pièces des années 60-70,   je prends
conscience de leur aménité, de leur indulgence, par rapport aux critiques d’aujourd’hui.
On dirait que les critiques d’aujourd’hui  sont des chiens hargneux qui n’ont de plaisir qu’à mordre ceux qui font des choses.
Il y a aussi les critiques ironiques qui pratiquent l’humour  corrosif, histoire de montrer qu’ils ont tout compris mais que là, on ne la leur fait pas.
Ils s’attaquent presque toujours  à des spectacles qu’ils n’ont pas aimé.  Ne serait-ce pas plus drôle de parler des spectacles qu’ils ont adoré ?
C’est valable aussi pour le cinéma.   J’ai lu un jour une critique parfaitement inique,  venimeuse,  hors sujet, visant incontestablement à nuire et non pas à juger. 
Elle était signée d’un journaliste  du Monde.  Il s’attaquait à un très beau film qui a reçu un accueil excellent  dans les salles et derrière son propos un peu trop exalté pour être honnête, on sentait une animosité personnelle  contre le réalisateur.
Toujours ces histoires de clans.  On encense les gens qui font partie de son clan, on démolit ceux du clan opposé.  D’ailleurs, les créateurs eux-même ne se respectent pas entre eux.
On est revenu au temps de Versailles où les querelles de cour faisaient florès.
On pourrait gloser une nuit entière là-dessus, mais ça ne changera pas la face du monde.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:33
Plus l’offenseur m’est cher, plus je ressens l’injure.
RACINE   La thébaïde

Pour ma part, je ne connais pas LA THEBAÎDE, mais la réplique est à tomber.  A demain !

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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