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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:35
A ceux qui font sourire on ne dit pas merci.
Je sais, oui, ça ne fait rien. Sois ignoré.
Va donc, laisse la gloire à ceux qui font pleurer.

Sacha  GUITRY   -   Debureau

Encore du Guitry, n'en déplaise à certains, elle est si belle que je la replacerai ! 
A demain pour la dernière scène de la semaine.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 10:03
Bonjour !  cette semaine sera courte, puisque jeudi se célèbre la divine naissance et que le monde entier, même s'il ne se met pas toujours à genoux, marque l'évènement en faisant "la Fête"...
Aujourd'hui, dans la scène 11 de ROSE AUTOUR DE MINUIT, le réalisateur et le scénariste reviennent sur les origines du jazz et du monde de la nuit.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:57

Méditation sur les gens de la nuit.

CHRIS
Les débuts du jazz ?  Oh, bien avant 1936...

YANN
Oui, bien avant.  Les speak-easy, on les appelait.  Ces bars de la Nouvelle-Orléans où jouaient des gens comme...  Duke Ellington, Big Bill Bronzy…. le blues, tout ça…Ce devait être dans les années vingt...
Dans ces bars venaient  tous ceux qui se sentaient trop seuls pour aller se coucher. Une nouvelle espèce humaine...  Les gens de la nuit...

CHRIS
Des gens de la nuit, il y en a toujours eu.

YANN
Oui, mais autrefois, ils allaient dans les tavernes sans autre but que d’apaiser leur soif d’alcool et de filles... Ceux-là perdaient vite conscience... Combien voyaient le jour se lever ?  L’ambiance des bouges avaient quelque chose d’avilissant. Depuis l’avènement du jazz, les gens de la nuit regardent filer les heures sans bouger, bercés par cette musique qui éveille tous les sens.

CHRIS
C’est vrai... Ils boivent autant, mais avec élégance...

YANN
Voilà !  Le jazz a la suprême élégance des musiques divines. Dans un bar, l’homme oublie d’où il vient et où il va...

Le piano de Bill Evans égrène les dernières notes du morceau, puis s’arrête. Les deux hommes semblent s’éveiller d’un rêve.

(à suivre)

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:55
La tournée  (suite)

Les villes s’offraient à nous.  On partait à la découverte.    Chacun de nous menait sa vie de son côté. Lorsque le jour commençait à tomber, le coeur  se serrait, l’estomac se nouait,  le trac entrait en nous. On se retrouvait pour la répétition, les mains glacées.   On pénétrait sur le plateau inconnu, on plaçait nos pas dans ceux des comédiens venus de la nuit des temps.  On mesurait l’impact de nos voix sur l’étendue noire et glacée de la salle vide. La peur nous vidait la tête de tout ce qui n’était pas la pièce.
Fernandel, lui, arrivait en maître des lieux, partout. Il respirait la poussière des cintres comme l’air des sommets. Il prenait possession de la scène avec jouissance. Il nous donnait sa confiance, son bonheur d’attendre le public, son désir de se donner à lui.  On l’admirait, on l’aimait.  Il nous aimait aussi, cela se voyait.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:45
DOUZE HOMMES EN COLERE
de Reginald Rose, version française de André Obey
au théâtre de la Gaîté-Montparnasse

Pour une fois, je laisse tomber les critiques, qui sont toutes élogieuses, pour reprendre le texte de présentation de l’Avant-Scène.  (1er novembre 1958)

Pour sa réouverture sous une nouvelle direction -celle de Michel Fagadau et de Michel Vitold -  la Gaîté-Montparnasse a réussi un coup de maître. Son premier spectacle, DOUZE HOMMES EN COLERE, a reçu un tel accueil de la part de la critique que sa saison paraît d’emblée assurée.
Il est réconfortant de constater que l’effort que représente la remise en état d’un théâtre (qui était glorieux, certes, mais vétuste) soit aussitôt récompensé.
Constatation également avec l’ensemble de la critique, la coïncidence entre la sortie à Paris du film de Sidney Lume tet Henry Fonda, et la présentation de la pièce d’André Obey tirées l’un comme l’autre de la même œuvre écrite pour la télévision  par Reginald Rose.
Avec DOUZE HOMMES EN COLERE,  la télévision inspire pour la première fois et en même temps, le thhéâtre et le cinéma.  Belle matière à comparaison. Si la version cinématographique américaine  a été, parfois, préférée pour certains à la version théâtrale française, nous adopterons, quant à nous, le verdict de Thierry Maulnier qui conclut par un prix d’excellence  ex-aequo.

Vous aimerez certainement connaître les noms des douze comédiens de la pièce :
Jean Carmet, Georges Atlas, Georges Géret, Robert Moor, Fulbert Janin,  Paul Mercey, Paul Bonifas, Jean-Marie Amato, Jean Michaud, Michel Vitold, Jean-François Calvé.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:40
Il vaut mieux encore être marié qu’être mort.
MOLIERE  -  Les Fourberies de Scapin


A  demain !


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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:55
Bonjour,
Nos deux compères se sont embarqués dans une discussion sur la nuit et le jazz qui les a un peu écartés du sujet de leur scénario : ROSE.  Mais ils y reviendront bientôt.  Après le week-end, c'est promis.
Miss COMEDIE, elle, donne ses impressions sur le théâtre, pour que l'on ne se fourvoie pas sur ses intentions...
Qui m'aime me suive, en quelque sorte...

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:53

Dialogue sur la nuit et la musique.



YANN
Tu veux dire quel décor ?  Une ville, des cafés, un bureau où elle travaille le jour, méconnaissable, des rues où il marche, lui, sans but, un peu paumé... Elle ne sait pas très bien ce qu’il fait de ses journées...  Ils se retrouvent le soir et ils s’aiment à nouveau en se regardant par-dessus le piano...  Une vraie double vie.

CHRIS
Oui...  Il faut presque qu’on s’imagine que ce sont des  personnages différents la nuit et le jour.

YANN se lève et arpente le bar
Regarde comme la nuit transforme les gens.  Imagine : un soir, un bar... Un homme qui rêve appuyé au bar... Son voisin de palier arrive par hasard, s’approche de lui, ils échangent quelques mots... Ils se trouvent sympathiques, ils vont boire ensemble une longue partie de la nuit.  Dans l’autre vie, la vie en plein jour, ils s'ignorent.  Ils ne se sont pas reconnus.

CHRIS
Moi je crois qu’ ils se sont reconnus.  Seulement là, ils se sont soudain trouvés différents.  La nuit leur a révélé à chacun un autre visage, plus ouvert, plus sincère.
YANN, rêveur
La nuit et la musique.

Ils se taisent un instant et le piano de Bill Evans devient plus présent, les notes s’écoulent doucement.

YANN
La musique de jazz a transformé l’ambiance des bars.  Ca date de quand...?  1936 ?

(à suivre)

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:51

Mon blog ne  s’adresse pas aux intellectuels.  Non pas que j’écrive pour une population d’abrutis, mais je ne prétends pas enseigner le théâtre, ni faire des révélations sur le sens caché d’un texte, ni analyser les motivations profondes d’un auteur, non mon blog est un blog de
divertissement, tout simplement.
D’ailleurs, mon répertoire de prédilection est surtout fait de comédies, plus ou moins légères   mais toujours écrites  avec un souci d’élégance,  mes modèles sont des gens comme Pinter,  Saunders, Reza,  Oscar Wilde  mais notre époque est en train de voir éclore des talents  très  prometteurs dans le genre.
J’adore ce répertoire-là en tant que spectatrice, mais  aussi en tant que chroniqueuse car je suis capable d’en parler.  D’autres pièces, plus graves et  inspirées par des idées métaphysiques ou politiques, me  donnent  à réfléchir, m’émerveillent parfois, et si l’interprétation est à la hauteur, me remplissent d’un bonheur enfantin.  J’en sors ébranlée, sous le charme, mais  je suis incapable d’analyser mes sentiments, à part de rares exceptions.
C’est pourquoi vous ne trouverez jamais dans cette rubrique mes impressions
sur une pièce de Brecht ou de Gorki.   Ce qui est normal pour un blog signé Miss Comédie, non ?

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:50
La troupe est une et indivisible.  En chacun de nous est le texte, morceau par morceau, et notre confrontation sur le plateau est le fin mot de l’histoire... 
La route est notre attente du mystère.  Comment serons-nous ce soir ?  Comment sera la salle, le public, quel esprit soufflera sur cet espace clos ?  Nous regardons le paysage défiler, les reliefs s changer.  Le soleil sèche les gouttes de pluie sur les vitres du car.  Nous reprenons espoir. Nous ne connaissons pas la routine. Chaque voyage qui commence est un autre voyage, une autre découverte.

Nous partions souvent tôt le matin, lorsque la distance à parcourir était longue. Les comédiens ont alors le visage pâle et les cheveux défaits, ils n’aiment pas  la lumière crue du matin.  Certains sont beaux dès le réveil.  Les autres les regardent à la dérobée, sous le charme malgré eux. Ils savent que la beauté attend son heure. Demain, elle sera sur eux.  J’ai vu souvent ces caprices de la nature.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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