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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 09:56
HAROLD  PINTER
(L'Anniversaire)

Golddberg
Quel est ton métier ?

Stanley
Je joue du piano
.
Goldberg
Avec combien de doigts ?
Stanley
Sans les mains.


Alors, à demain !

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 10:01
Bonjour !  Les heures qui viennent vont marquer une trêve dans notre agitation inutile. Le temps s'arrête.
Noël est la Fête des enfants et de l'Amour.  C'est aussi une trêve pour les aventures de ROSE
qui reprendront le 5 janvier 2009.  Aujourd'hui il est question de donner un visage à ROSE  : le sien ou
celui d'une autre ? 

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 09:55

Questions sur un regard


Ils règlent l’addition et prennent congé du barman.  Au moment de sortir, le réalisateur se retourne vers le fond de la salle et fixe l’estrade vide.

YANN
Est-elle capable de souffrir ?  Et si ses yeux, quand elle souffre, gardaient toujours cette indifférence ?  L’indifférence, à l’écran, peut passer pour de la souffrance, non ? 

CHRIS
Dans un regard vide, le spectateur met ce qu’il veut.

YANN, soudain frappé par la justesse de la remarque
Ce serait la négation de l’acteur ?

CHRIS
De l’acteur qui surjoue, oui. Il vaut mieux encore qu’il n’exprime rien.

YANN
C’était la théorie de Bunuel.  Mais ce n’est pas la mienne.  L’acteur, derrière son regard indifférent, doit ressentir la douleur dans son âme.  Sinon, il ne touchera personne. 

LE BARMAN
Moi, je me souviens de Gabin, et bien Gabin, il avait toujours la même expression et tantôt elle faisait rire, tantôt elle faisait pleurer.  Comment vous expliquez ça, dans le métier ?

YANN
On ne l’explique pas, mon ami...  on ne l’explique pas. 

LE BARMAN, sentencieux
Ah, il y a loin de la coupe aux lèvres !

YANN, sans comprendre
Allez, au lit, le petit !   (au barman)  Bonsoir, buvez-en une dernière à  ma santé ! à jeudi !


Il donne une tape sur l’épaule du scénariste et ils sortent.
Le barman hausse les épaules et se sert une coupe de champagne.


(Le rideau tombe sur la fin de cette scène. A suivre.)











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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 09:52
La tournée, suite.

Le car roulait sur les routes mouillées du Nord et traversait des paysages sinistres. Villes d’usines, peuplées d’ouvriers.  Nous jouions pour eux seuls,
dans des cinémas de quartier trop exigus pour y planter nos décors. Pas de loges, un public bruyant qui faisait grincer les fauteuils et que nous n’arrivions pas vraiment à dérider.
C’est dans l’un de ces cinémas que nous avons vécu notre premier bide, Fernandel débitant son texte au pas de course,  son manteau sur les épaules à cause du froid qui envahissait le plateau, filets d’air glacé, odeur de pisse venue des lavabos tout proches,  Guy V.  se payant un trou de mémoire face à un Alain N. pétrifié,  Rellys tombant les quatre fers en l’air,  Ardisson sautant trois répliques d’un coup, tout y était, tout, et jusqu’aux maigres applaudissements qui accompagnèrent notre déroute.  Ce soir-là Fernandel s’est retiré dans sa chambre d’hôtel  sans dire un mot.

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 09:43
 UN LONG VOYAGE DANS LA NUIT
de Eugène O"’NEILL, adaptation de Pol QUENTIN

Créée au Théâtre Hebertot le 21 novembre 1959 dans
une mise en scène de Marcelle Tassencourt,  cette
 pièce sombre d’un auteur américain célèbre
obtint un grand succès aux Etats-Unis.  Elle révèle
 le mal secret dont l’auteur
a souffert toute sa vie et qui se résume en une phrase :
on ne guérit jamais de son enfance.
Pierre Vaneck, Jean Davy, Gaby Morlay, ont interprété
 ce texte très fort, adapté par Pol Quentin.
Gustave Joly, critique à l’Aurore,  nous en parle.

        « Scrupuleusement mis en scène par Marcelle Tassencourt,
 dans un cafardeux décor de Jacques Marillier,  la version
française de    Pol Quentin nous restitue fidèlement l’atroce et
morne climat  de l’original.
        Il serait vain de comparer les interprètes d’aujourd’hui à leurs
        calarades tankees d’il y a deux ans :  l’évanescente Florence
        Eldridge et l’impérieux Frederic March.    Gaby  Morlay, dont
        c’est la rentrée au théâtre, a su, dans un rôle qui lui est
        particulièrement propice, nous  ouvrir le paradis dérisoire de
        son héroïne, où l’oubli est fait de souvenir.
        Jean Davy est, avec autorité, un tyran domestique à l’inavouable
        ladrerie.
        Pierre Vaneck, Michel Ruhl, un Caïn et un Abel excellement typés.
        Christiane Muller, une soubrette effrontée qui lève le coude
        comme ses maîtres, avec une spontanéité très irlandaise. «
        (L’Aurore)

C’est bien, il ne s’étend pas sur le côté morbide du texte, et il cite tous les
comédiens.  Est-ce que ça donnait envie d’aller voir la pièce ?  Rien n’est moins sûr….


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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 09:41

Le scandale du monde est ce qui fait l’offense.
Et ce n’est pas pécher que pécher en silence.
MOLIERE  -   Tartuffe

C’est bien une réflexion de tartuffe, ça… Mais ce soir, tous les péhés seront pardonnés. Et moi, je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour la suite des aventures de ROSE, la chanteuse aux deux visages.
Passez de joyeuses Fêtes.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 10:07
Bonjour, J moins deux, Noël va prendre le devant de la scène mais vous aurez encore à lire
aujourd'hui et demain les divagations de Yann et de Chris autour du personnage de ROSE.
L'année prochaine vous ferez la connaissance de celle qui va donner quelques surprises
aux deux hommes.   Et chacun de vous lui prêtera un visage, une voix... Pour ma part, pas de doute,
ROSE c'est Vanessa... mais chut.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 10:04



ROSE, entre mirage et réalité.

YANN, changeant de ton
Il y aura très peu de rôles secondaires autour du pianiste et de la chanteuse.

CHRIS, sur le même ton
Des gens qui ont, eux, une seule vie.  Ils regardent nos deux héros comme des êtres venus d’ailleurs.

YANN
Sauf, à la fin, celle qui va  détourner le pianiste de sa femme.  Une fille sans le quart de la grâce d’elle, sans beauté, une dévergondée très bien dans sa peau, très malicieuse...  Elle va le faire basculer du côté de la vie réelle, la vie du jour.

CHRIS
Il abandonnera son piano.  Sa femme restera seule à chanter, et elle ne voudra plus quitter le monde de la nuit.

YANN
Elle deviendra célèbre à ce moment-là.  Mais elle aura perdu son âme.

CHRIS
Je vois bien, oui... Je te suis complètement.

Le réalisateur se laisse tomber sur son fauteuil et regarde le scénariste avec reconnaissance.

YANN
C’est plutôt moi, qui t’ai suivi...  Tu as raison, il faut une histoire de coeur, mais très simple, sans larmes, sans éclats de voix.  Une profondeur de sentiments qui passe par les regards, seulement les regards...

CHRIS
Tu dis qu’elle n’a pas de regard.

YANN
Elle, la chanteuse, le modèle... Mais je vais te trouver une comédienne qui aura un regard, crois-moi...

CHRIS
Pourquoi ne pas la faire tourner, Elle ?...

YANN
Non, non...  Elle restera un mirage.

(Ils se lèvent et vont lentement vers le bar.  Il se tourne vers le scénariste et lui prend le bras.)

Il faut qu’elle reste un mirage, n’est-ce pas ?  Elle n’est là que pour nous montrer le chemin.

(À suivre)

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:59
La tournée  (suite)

La Cadillac stoppe net sur un chemin de campagne, le car pile derrière et nous regardons  Fernandel descendre de sa voiture.
 “ Elle est pas belle, cette auberge, peuchère ?  Venez, on minge là !”
Fernandel s’asseoit au milieu  de la longue table dressée à la hâte. Il nous regarde avec un petit sourire  nous battre pour être le plus près de lui.  Il est heureux.
Des moments comme celui-là, il y en a eu beaucoup, beaucoup. Il se savait malade.  Il savourait ce qu’il aimait le plus dans la vie : la scène et la troupe.  Il voulait multiplier les occasions d’être heureux.
Parfois dans une ville, Frank son fils venait le voir.  Entre les deux hommes, une immense complicité.  Fernandel était fier de son fils.
Frank savait-il que son père allait bientôt disparaître ?  Parmi nous, personne, j’en suis sûre, pas même Robert Thomas, non, personne n’en a jamais parlé.   On le voyait appuyé au décor avant d’entrer en scène, son manteau sur les épaules dans les courants d’air, les yeux fermés comme s’il répétait son texte, mais non il prenait son élan, il cherchait en lui le dernier souffle de son bonheur de jouer.  Personne alors n’osait l’approcher.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:51
LA VISITE DE LA VIEILLE DAME_________

de Friedrich Durrenmatt
au théâtre de l’Ambigu  (reprise le 15 mai 1961
dans une mise en scène de Hubert Gignoux, avec
Valentine Tessier dans le rôle titre.)

Voici ce qu’en a pensé André CAMP, de RTF ( !)

Le texte français de J.P PORRET était excellent, le travail des acteurs en est simplifié.  Ainsi est-il efficace, direct, cohérant.  Sous la direction intelligente d’Hubert Gignoux les personnages vivent, s’agitent, chantent en choeurou déclament avec un bonheur constant.  Et puis, ils sont stimulés, entraînés par une présence, à leurs côtés,  exceptionnelle agissante : celle de Valentine Tessier, grande dame du théâtre qui incarne, ici, une « vieille dame » avec une autorité, une vigueur qui marquent ce rôle à jamais.
Et l’on dit qu’en juin la saison théâtrale est terminée à Paris ?
Ce n’est pas vrai quand la Comédie de l’Est s’y produit.
Décidément, il serait temps que l’on créât un centre de province permanent… à Paris !

La Pièce a été reprise en 1995 spécialement pour le Théâtre des Célestins à LYON avec Line Renauud  dans le rôle de
Claire Zahanassian,  dans une mise en scène de Régis SANTON.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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