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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 10:07
Bonjour, J moins deux, Noël va prendre le devant de la scène mais vous aurez encore à lire
aujourd'hui et demain les divagations de Yann et de Chris autour du personnage de ROSE.
L'année prochaine vous ferez la connaissance de celle qui va donner quelques surprises
aux deux hommes.   Et chacun de vous lui prêtera un visage, une voix... Pour ma part, pas de doute,
ROSE c'est Vanessa... mais chut.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 10:04



ROSE, entre mirage et réalité.

YANN, changeant de ton
Il y aura très peu de rôles secondaires autour du pianiste et de la chanteuse.

CHRIS, sur le même ton
Des gens qui ont, eux, une seule vie.  Ils regardent nos deux héros comme des êtres venus d’ailleurs.

YANN
Sauf, à la fin, celle qui va  détourner le pianiste de sa femme.  Une fille sans le quart de la grâce d’elle, sans beauté, une dévergondée très bien dans sa peau, très malicieuse...  Elle va le faire basculer du côté de la vie réelle, la vie du jour.

CHRIS
Il abandonnera son piano.  Sa femme restera seule à chanter, et elle ne voudra plus quitter le monde de la nuit.

YANN
Elle deviendra célèbre à ce moment-là.  Mais elle aura perdu son âme.

CHRIS
Je vois bien, oui... Je te suis complètement.

Le réalisateur se laisse tomber sur son fauteuil et regarde le scénariste avec reconnaissance.

YANN
C’est plutôt moi, qui t’ai suivi...  Tu as raison, il faut une histoire de coeur, mais très simple, sans larmes, sans éclats de voix.  Une profondeur de sentiments qui passe par les regards, seulement les regards...

CHRIS
Tu dis qu’elle n’a pas de regard.

YANN
Elle, la chanteuse, le modèle... Mais je vais te trouver une comédienne qui aura un regard, crois-moi...

CHRIS
Pourquoi ne pas la faire tourner, Elle ?...

YANN
Non, non...  Elle restera un mirage.

(Ils se lèvent et vont lentement vers le bar.  Il se tourne vers le scénariste et lui prend le bras.)

Il faut qu’elle reste un mirage, n’est-ce pas ?  Elle n’est là que pour nous montrer le chemin.

(À suivre)

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:59
La tournée  (suite)

La Cadillac stoppe net sur un chemin de campagne, le car pile derrière et nous regardons  Fernandel descendre de sa voiture.
 “ Elle est pas belle, cette auberge, peuchère ?  Venez, on minge là !”
Fernandel s’asseoit au milieu  de la longue table dressée à la hâte. Il nous regarde avec un petit sourire  nous battre pour être le plus près de lui.  Il est heureux.
Des moments comme celui-là, il y en a eu beaucoup, beaucoup. Il se savait malade.  Il savourait ce qu’il aimait le plus dans la vie : la scène et la troupe.  Il voulait multiplier les occasions d’être heureux.
Parfois dans une ville, Frank son fils venait le voir.  Entre les deux hommes, une immense complicité.  Fernandel était fier de son fils.
Frank savait-il que son père allait bientôt disparaître ?  Parmi nous, personne, j’en suis sûre, pas même Robert Thomas, non, personne n’en a jamais parlé.   On le voyait appuyé au décor avant d’entrer en scène, son manteau sur les épaules dans les courants d’air, les yeux fermés comme s’il répétait son texte, mais non il prenait son élan, il cherchait en lui le dernier souffle de son bonheur de jouer.  Personne alors n’osait l’approcher.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:51
LA VISITE DE LA VIEILLE DAME_________

de Friedrich Durrenmatt
au théâtre de l’Ambigu  (reprise le 15 mai 1961
dans une mise en scène de Hubert Gignoux, avec
Valentine Tessier dans le rôle titre.)

Voici ce qu’en a pensé André CAMP, de RTF ( !)

Le texte français de J.P PORRET était excellent, le travail des acteurs en est simplifié.  Ainsi est-il efficace, direct, cohérant.  Sous la direction intelligente d’Hubert Gignoux les personnages vivent, s’agitent, chantent en choeurou déclament avec un bonheur constant.  Et puis, ils sont stimulés, entraînés par une présence, à leurs côtés,  exceptionnelle agissante : celle de Valentine Tessier, grande dame du théâtre qui incarne, ici, une « vieille dame » avec une autorité, une vigueur qui marquent ce rôle à jamais.
Et l’on dit qu’en juin la saison théâtrale est terminée à Paris ?
Ce n’est pas vrai quand la Comédie de l’Est s’y produit.
Décidément, il serait temps que l’on créât un centre de province permanent… à Paris !

La Pièce a été reprise en 1995 spécialement pour le Théâtre des Célestins à LYON avec Line Renauud  dans le rôle de
Claire Zahanassian,  dans une mise en scène de Régis SANTON.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 09:35
A ceux qui font sourire on ne dit pas merci.
Je sais, oui, ça ne fait rien. Sois ignoré.
Va donc, laisse la gloire à ceux qui font pleurer.

Sacha  GUITRY   -   Debureau

Encore du Guitry, n'en déplaise à certains, elle est si belle que je la replacerai ! 
A demain pour la dernière scène de la semaine.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 10:03
Bonjour !  cette semaine sera courte, puisque jeudi se célèbre la divine naissance et que le monde entier, même s'il ne se met pas toujours à genoux, marque l'évènement en faisant "la Fête"...
Aujourd'hui, dans la scène 11 de ROSE AUTOUR DE MINUIT, le réalisateur et le scénariste reviennent sur les origines du jazz et du monde de la nuit.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:57

Méditation sur les gens de la nuit.

CHRIS
Les débuts du jazz ?  Oh, bien avant 1936...

YANN
Oui, bien avant.  Les speak-easy, on les appelait.  Ces bars de la Nouvelle-Orléans où jouaient des gens comme...  Duke Ellington, Big Bill Bronzy…. le blues, tout ça…Ce devait être dans les années vingt...
Dans ces bars venaient  tous ceux qui se sentaient trop seuls pour aller se coucher. Une nouvelle espèce humaine...  Les gens de la nuit...

CHRIS
Des gens de la nuit, il y en a toujours eu.

YANN
Oui, mais autrefois, ils allaient dans les tavernes sans autre but que d’apaiser leur soif d’alcool et de filles... Ceux-là perdaient vite conscience... Combien voyaient le jour se lever ?  L’ambiance des bouges avaient quelque chose d’avilissant. Depuis l’avènement du jazz, les gens de la nuit regardent filer les heures sans bouger, bercés par cette musique qui éveille tous les sens.

CHRIS
C’est vrai... Ils boivent autant, mais avec élégance...

YANN
Voilà !  Le jazz a la suprême élégance des musiques divines. Dans un bar, l’homme oublie d’où il vient et où il va...

Le piano de Bill Evans égrène les dernières notes du morceau, puis s’arrête. Les deux hommes semblent s’éveiller d’un rêve.

(à suivre)

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:55
La tournée  (suite)

Les villes s’offraient à nous.  On partait à la découverte.    Chacun de nous menait sa vie de son côté. Lorsque le jour commençait à tomber, le coeur  se serrait, l’estomac se nouait,  le trac entrait en nous. On se retrouvait pour la répétition, les mains glacées.   On pénétrait sur le plateau inconnu, on plaçait nos pas dans ceux des comédiens venus de la nuit des temps.  On mesurait l’impact de nos voix sur l’étendue noire et glacée de la salle vide. La peur nous vidait la tête de tout ce qui n’était pas la pièce.
Fernandel, lui, arrivait en maître des lieux, partout. Il respirait la poussière des cintres comme l’air des sommets. Il prenait possession de la scène avec jouissance. Il nous donnait sa confiance, son bonheur d’attendre le public, son désir de se donner à lui.  On l’admirait, on l’aimait.  Il nous aimait aussi, cela se voyait.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:45
DOUZE HOMMES EN COLERE
de Reginald Rose, version française de André Obey
au théâtre de la Gaîté-Montparnasse

Pour une fois, je laisse tomber les critiques, qui sont toutes élogieuses, pour reprendre le texte de présentation de l’Avant-Scène.  (1er novembre 1958)

Pour sa réouverture sous une nouvelle direction -celle de Michel Fagadau et de Michel Vitold -  la Gaîté-Montparnasse a réussi un coup de maître. Son premier spectacle, DOUZE HOMMES EN COLERE, a reçu un tel accueil de la part de la critique que sa saison paraît d’emblée assurée.
Il est réconfortant de constater que l’effort que représente la remise en état d’un théâtre (qui était glorieux, certes, mais vétuste) soit aussitôt récompensé.
Constatation également avec l’ensemble de la critique, la coïncidence entre la sortie à Paris du film de Sidney Lume tet Henry Fonda, et la présentation de la pièce d’André Obey tirées l’un comme l’autre de la même œuvre écrite pour la télévision  par Reginald Rose.
Avec DOUZE HOMMES EN COLERE,  la télévision inspire pour la première fois et en même temps, le thhéâtre et le cinéma.  Belle matière à comparaison. Si la version cinématographique américaine  a été, parfois, préférée pour certains à la version théâtrale française, nous adopterons, quant à nous, le verdict de Thierry Maulnier qui conclut par un prix d’excellence  ex-aequo.

Vous aimerez certainement connaître les noms des douze comédiens de la pièce :
Jean Carmet, Georges Atlas, Georges Géret, Robert Moor, Fulbert Janin,  Paul Mercey, Paul Bonifas, Jean-Marie Amato, Jean Michaud, Michel Vitold, Jean-François Calvé.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:40
Il vaut mieux encore être marié qu’être mort.
MOLIERE  -  Les Fourberies de Scapin


A  demain !


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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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