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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 08:39
- Excusez-moi, maître, mais j’ai tout de même trente-cinq ans de Comédie Française derrière moi !
-  C’est évidemment un handicap.
(Jean Anouilh     Cher Antoine)

Au revoir, bon week-end, ne cherchez pas :  l'article soldé de vos rêves n'existe pas ! Les soldes sont un leurre, une incitation à la dépense qui encombrera votre placard jusqu'àce que vous l'expédiez à l'Armée du Salut.
A lundi pour la suite des aventures de ROSE AUTOUR DE MINUIT.

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 10:06
Bonjour ! C’est la glaciation. La France est plongée dans le négatif .
Les effets du réchauffement de la planète sont fantasques.
Et Nat et Chris, ils en sont où, de leurs variations énigmatiques  ?  Et quand est-ce qu’on va faire la connaissance
de ROSE la chanteuse ?   bientôt, bientôt !


  d

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:44

NAT raconte, CHRIS écoute.

CHRIS
C’était intéressant ?

NAT
Oui, oui... très intéressant.  Ca traitait de pétrochimie, de choses comme ça.

Un temps. Le scénariste regarde attentivement NAT.

CHRIS
Et un beau jour, vous avez décidé de partir aux USA ?

NAT
Oh, ça ne s’est pas passe comme ça, sur un coup de tête, non...
(Il fixe quelque chose au loin et semble hésiter à raconter)
C’est venu d’elle... (Il regarde à nouveau le scénariste) Elle... la secrétaire.
Une boite américaine lui a proposé un deal... et elle a accepté.

Il s’arrête de parler et baisse la tête.

CHRIS
Un deal ?

NAT
Très gros coup.  Alors, on est parti.

CHRIS
Vous viviez ensemble ?

NAT
Nous nous sommes mariés pour obtenir le visa.  C’était plus simple. (sur un ton péremptoire)  De toute façon, elle ne pouvait pas partir sans moi :  elle ne parlait pas anglais.

CHRIS
Ah... oui... évidemment.  (un temps)  Mais... je ne comprends pas très bien : le deal, c’était dans la musique ?

NAT, se grattant la tête, un peu perdu
Non, pas tout de suite... enfin, si, parce que très vite, on a vu que le deal c’était dangereux.  (il semble chercher dans sa mémoire) Une histoire d’espionnage industriel , vous voyez ?  Vente de documents top secret à la concurrence, ou quelque chose... (il rêve)  Ouais, pas mal...
CHRIS
Quoi donc,?

(à suivre)



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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:41
Pour en finir avec Nathalie Sarraute et surtout avec sa pièce « POUR UN OUI OU POUR UN NON », pièce déroutante qui force notre admiration sans que l’on sache au juste pourquoi, je citerai Roland BARTHES qui est expert dans l’analyse de toutes les expressions humaines.
Sa vision de l’art, ici, est très rigolote car dans son apparente opacité elle dit bien exactement OU se situe la force de la pièce.
Je dis bien « rigoloe », parce que tout d’un coup, après avoir pensé « ce qu’il dit est incompréhensible », on a brusquement la lumière, on comprend vraiment ce qu’il veut dire, et ça donne envie de rire.

« On entend souvent dire que l’art a pour charge d’exprimer l’inexprimable : c’est le contraire qu’il faut dire (sans nulle intention de paradoxe) : toute la tâche de l’art est d’inexprimer l’exprimable,
d’enlever à la langue du monde, qui est la pauvre et puissante langue des passions, une parole autre, une parole exacte. »

(Roland Barthes,  Essais critiques).

Cet « inexprimer l’exprimable » est inouï, vous ne trouvez pas ?
C’est exactement ce que fait Nathalie SARRAUTE.

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:39
Fernandel en tournée  (suite)

NICE

Nous avons quitté Toulouse pour Carcassonne, puis Carcassonne pour Montpellier, et nous avons suivi la route interminable qui descend  vers la Côte et puis un matin, ce fut Nice et tout-à-coup le soleil.
Après la pluie, le soleil et après les hôtels minables, le Négresco.

Une meute de photographes attend Fernandel. Il se prête à eux avec son sourire déployé. Privé de photographes depuis des semaines, il renoue avec le panache de la star qu’il a toujours été.  Il exige une photo avec chacun d’entre nous, puis avec la troupe toute entière. Il retrouve ses gestes larges de comique troupier. Il voudrait jouer tout de suite, là, sur les marches de l’hôtel. Il exulte. Nous sommes tous ivres de bonheur.

Nous jouons au Palais de la Méditerrannée, et nous découvrons nos loges, petits salons tapissés de rose,  meubles laqués modern’style, moquette verte, cabinet de toilette attenant.
Nous jouons sur un nuage, un peu trop.
Et le public au diapason, dans une salle dont les effluves parfumées montaient jusqu’à nous, applaudit du bout des doigts.

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:35
POUR UN OUI OU POUR UN NON
de Nathalie SARRAUTE   (suite et fin)

Douze ans après le succès de la création,  Jacques LASSALLE  donne sa vision personnelle de POUR UN OUI OU POUR UN NON et donne à H2 un caractère plus outrancier, rompant ainsi la parité initiale donnée aux deux personnages dans la version de BENMOUSSA.
Hugues QUESTER joue cet homme à la sensibilité exacerbée, face à Jean-Damien BARBIN, plus retenu.
La pièce reçoit de la presse un accueil tout aussi favorable qu’à sa création.   Le même Michel COURNOT écrit à nouveau dans Le Monde :
« La pièce POUR UN OUI OU POUR UN NON  est si miraculeuse qu’elle s’accommode presque de toute mise en scène.  Celle de J. Lassalle est au fil du rasoir, belle et nette  comme il fait souvent, du cristal dans l’air comme après la pluie. (….)
J.D. Barbin, acteur de souple finesse, nous fait bien toucher l’élégance du dehors et les noirs tréfonds de H.1.
H. Guester est poignant en H2, bien que le metteur en scène lui ait fait, si c’est lui, mettre trop l’accent sur l’aspect « gros balourd » qu’indique, juste en passant, l’auteur. »
(M. Cournot,  Le Monde   15 septembre 7998.)



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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:31
"Je considère que l’état normal d’un homme est d’être un original.'

Anton TCHEKOV

A demain !

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 10:06
Bonjour, restez chez vous, les soldes ont envahi la ville.  Lisez donc plutôt le dialoogue un peu loufoque entre le scénariste et le pianiste.  On voit bien que ça ne va pas être facile de bâtir une histoire sur ces deux-là, ROSE et NAT.
Et puis j’enfourche un nouveau cheval de bataille, une autre de mes idoles, Nathalie SARRAUTE et sa pièce atypique POUR UN OUI OU POUR UN NON .

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 09:59

Suite d'un dialogue de sourds...

CHRIS
Vous jouez, ce soir ?

NAT
Oui.

CHRIS
Et... les autres jours, vous faites quoi ? 
(Voyant que NAT ne répond pas et se met à  feuilleter des partitions)  Excusez-moi... je suis indiscret.  D’ailleurs... je dois m’en aller.  (Il se lève)

NAT
Vous pouvez rester, si vous voulez.

Il se met à plaquer quelques accords, à chercher un thème  dans le style de Chopin.  Le scénariste se rassied, allume une cigarette. Il y a un moment de silence.  Puis NAT s’arrête de jouer, et considère le scénariste qui ne le regarde pas.

NAT
Avant de partir en tournée aux Etats-Unis, j’avais un job. 

Le scénariste relève la tête pour l’écouter.

J’étais... (Brusquement :)  Je vous ennuie ?

CHRIS
Non, pas du tout.

.NAT, agité
J’avais un bon job.  J’allais travailler tous les jours et j’aimais ça.

CHRIS, attentif
Oui ?

NAT
Je traduisais des rapports.  Et puis je les tapais à la machine.

CHRIS
Des rapports ?

NAT
Oui, des rapports de production que la secrétaire  de la boite envoyait chaque semaine à la filiale américaine.

    CHRIS
Vous les traduisiez en anglais ?

NAT, légers tics
En anglais, oui.

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 09:57
Je me suis toujours demandé comment Nathalie Sarraute avait pu faire un succès pareil avec 25 pages de dialectique sur un petit
malentendu verbal.
Je viens de relire la pièce et je me rends compte qu’il y a là-dedans beaucoup plus qu’un petit malentendu verbal.
C’est tout le problème des castes et des clans, du fossé qui’il y a entre les gens « arrivés » et … les autres.
S’il fallait donner le mot-clé de la pièce, je dirais « condescendance ». Tout tourne autour de ça.
Et autour du besoin de justification des deux antagonistes.`
Malgré leur désir de perpétuer une amitié tenace, la fracture causée par trois petits mots prononcés d’une certaine façon est irréparable parce qu’ils sont allés au bout de l’explication en puisant jusqu’au fond d’eux mêmes  pour retrouver des traces anciennes d’une
« diffférence » fondamentale. 
L’intelligence de Nathalie Sarraute a été  de leur éviter  les excès de langage,  de les pousser à essayer  de se comprendre, de tortiller et retortiller les mots pour en arriver au constat final  : ils n’appartiennent pas à la même espèce et ne peuvent continuer à se jouer la comédie de l’amitié.
Au boulevard, cela aurait fini en pugilat.  Là, on assiste à un duel au fleuret, silencieux et désabusé, plus attentif au style  que soucieux de la victoire.
Et l’on est muet devant cette fascinante maîtrise de la langue.
Nathalie Sarraute fait ce qu’elle veut avec les mots.
Je cède la parole aux critiques mais demain je vous parlerai encore de cette pièce et de sa carrière.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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