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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:22


C’est la scène IV de la pièce dans sa version intégrale.
Les deux compères se retrouvent pour continuer l’élaboration de leur scénario.
CHRIS soumet à YANN une ébauche de synopsis.


Le bar. YANN et CHRIS sont assis à une table près du bar et semblent soucieux.   Au fond, l’estrade est vide comme les soirs où l’orchestre ne joue pas.  Sur la table, deux verres pleins, une bouteille d’eau gazeuse, une soucoupe d’olives et un cendrier.  Le réalisateur a en mains un paquet de feuilles dactylographiées qu’il vient semble-t-il, de compulser.

YANN
Ca me semble  trop mélodramatique.  J’étais d’accord pour abandonner la comédie, mais là...

CHRIS, tassé sur lui-même
C’est juste un synopsis...

YANN
Remarque... Ca ne manque pas de charme.  L’histoire de la faute professionnelle est bien amenée.

CHRIS
Et ce couple problématique, lié par un intérêt commun mais aussi, de son côté à lui, par un amour fou qu’il ne lui a jamais avoué...

YANN
C’est là où le bât blesse. C’est déjà un couple en danger. Situation trop classique.  Il ne faut pas que l’inégalité soit visible dès le début.

CHRIS
Pourquoi attendre ?

YANN
Pour que le spectateur se pose des questions.  Il faut qu’on les croit heureux, ces deux-là, amoureux, sur un nuage, pour que les gens se disent “attention il y a anguille sous roche, il va se passer quelque chose... c’est trop beau pour être vrai...”  Tu vois ?

CHRIS
Oui.  Tu crois que ROSE amoureuse de son pianiste, c’est crédible ?

YANN
Bien sûr, que c’est crédible !  Ca s’est déjà vu, non ?

CHRIS, rêveur
Je n’y crois pas.  Pas de la part de cette femme-là.  Elle joue la passion, mais elle ne l’éprouve pas.

YANN, réfléchissant
Tu as réfléchi à son passé ?

CHRIS
C’est une chanteuse de troisième zone, qui faisait les fêtes de village. Un jour, quelqu’un l’a entendue chanter et l’a emmenée à Paris.

YANN
Alors là, c’est du Carné...

CHRIS
En tous cas, avec son physique, son passé ne peut être que trouble.

YANN
Je suis bien d’accord.  


        "(à suivre)

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:20
A l’Odéon Théâtre de l’Europe, Olivier Py présente un cycle HOWARD BARKER.
Qui connaît Howard Barker ?  Né à Dulwich en Angleterre en 1946 , c’est un type qui accumule les fonctions : auteur dramaturge, peintre, théoricien du drame, metteur en scène, il écrit pour le théâtre, l’opéra, la télévision, la radio, le cnéma…
Il doit donc être très connu en Grande-Bretagne.  Nous allons le découvrir ici. 
Pour lui,  « Le théâtre n’est pas la vie décrite mais la vie imaginée, c’est l’ouverture d’un possible et non une reproduction à l’identique ».
Moi je dis bravo à Anne Alvaro qui se lance dans l’aventure de GERTRUD (Le cri) pièce aux accents shakespeariens et dans un rôle tout en outrances lyriques, celui de la mère de Hamlet…
La mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti est, paraît-il, fantastique et le spectacle magnifique de bout en bout.
Bien qu’aux antipodes du théâtre de Pinter,  je ne serai pas sectaire, j’irai voir.


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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:07
Fernandel en tournée  (suite)

GENEVE, LE TRIOMPHE
Robert Thomas nous attendait à 14h pour la répétition au Grand Théâtre.  Il nous parut surexcité. :  les deux mille places étaient  louées.  On refusait  du monde. Il y aura ce soir le directeur d’un théâtre à Montréal qui est intéressé par la pièce.  Il a déjà invité la troupe à souper dans une brasserie, le Mövenpick, rue du Rhône.  Robert Thomas roule des yeux, la mèche en bataille, bourré de tics. Il nous exhorte : “il faut vous défoncer, les enfants.... Et vous les filles, faites-lui du charme après le spectacle, allez-y  à fond...” 






Les Genevois ont fait un triomphe à Freddy.  Les mains enlacées pour le salut, tous en ligne, nous ne pouvions faire un pas en arrière sans que la salle hurle, trépigne.

C’est un moment assez fou car c’est celui où chaque membre de la troupe se prend pour un dieu. Les petits rôles du cirque, la dompteuse, l’équilibriste, qui n’ont qu’une phrase à dire, et même les figurants qui  changent de costume pour le 3ème acte, simples silhouettes, ils reçoivent l’ovation, elle est pour eux seuls.  Qui les croira, lorsqu’ils raconteront plus tard, une fois devenus vieux et
oisifs, que deux mille personnes debout les ont acclamés au Grand Théâtre de Genève ?
Quand Fernandel lâcha ma main et celle de Patricia K., pour s’avancer, seul, sur le devant de la scène, il reçut des fleurs, des mouchoirs, des chapeaux et cela dura un temps infini.  Nous regardions  cette silhouette de dos, un peu tordue comme un arbre sec, plus si droite, plus si conquérante, mais qui faisait encore se lever une tempête d’amour.  Le rideau se fermait,  balayait son visage fatigué, puis s’écartait encore :  il se redressait, il saluait, toutes dents dehors, il absorbait l’énergie bienfaisante venue d’en bas. Il se nourrissait. Il puisait la force de continuer.

Enfin, quand le rideau une fois pour toutes l’enleve à son public, il se tourne vers nous et, le pouce levé : “Comme ça, les enfants !”.  Une bourrade à Rellys, le clown blanc qui le boit des yeux et il regagne sa loge.
De ville en ville, chaque soir, le même rituel.









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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:00
-  Tu as de la chance, tu sais, d’avoir un mari aussi attentif. Il est un peu rustre, pas très cultivé, un peu beauf même, je dirais…
Mais vous allez tellement bien ensemble !
(Laurent RUQUIER   -  Grosse chaleur)
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A demain mes enfants !
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 11:03
Bonjour !  J’étais en train de me dire que peut-être, il faudrait que je vous fasse un petit résumé des scènes précédentes, vu que certains d’entre vous arrivent comme ça, ils tombent sur la scène avec CHRIS et NAT, et ils se demandent ce qui se passe et pourquoi et comment.
Donc voilà, je vous remets le résumé de la pièce et ça vous donnera envie de savoir tout de suite la fin, et ben non, vous aurez la fin après avoir lu les 52 s cènes, là.

Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver une fois par semaine pour travailler à leur prochain scénario, YANN et CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là, sur l’estrade des musiciens.
Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, entraînés chacun par leurs propres rêves.
Entre vérité et mensonge, chaque personnage donne de lui-même une image double et déroutante, celle de la nuit et celle du jour.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:51

Tout n'est pas "rose" dans la vie de NAT...

CHRIS
Votre femme c’est... la chanteuse ?  Rose ?

NAT
Rose, oui.  La secrétaire- chanteuse, comme moi le traducteur -pianiste.

CHRIS, se passe la main sur le front
Bon dieu...

(Le décor a sombré peu à peu dans la pénombre.  La porte s’ouvre et entre le barman.  Celui-ci salue à la cantonnade, passe derrière le bar et allume les lumières de la salle.  Le décor s’illumine brusquement.  Le scénariste se lève pour partir.)

Je reviendrai vous écouter, mon vieux.  Là, je dois partir.

(Il s’avance vers la porte et au moment de l’ouvrir, il lance :)

Vous êtes un artiste, n’oubliez pas ça.  Vous avez tous les droits.  Même celui de marcher dans Paris sans but.  Du moment que le soir, vous donnez du bonheur aux gens.  Hein ?  Allez... salut !

NAT, sans le regarder
Salut.

Le scénariste sort et NAT, quittant l’estrade, va vers le bar.  Il serre la main du barman.

NAT
Sers-moi un américano, tiens.  C’est lui ?  Le type dont tu m’avais parlé ?

LE BARMAN
C’est l’un des deux.

NAT
Je m’en doutais.  Je l’ai senti.

LE BARMAN
Il t’ inquiète ?

NAT, l’air songeur
Non.  Il ne me parait pas inquiétant. (Il réfléchit)  Quoique...   Il pose beaucoup de questions.

LE BARMAN
Sur quoi ?

NAT
Sur moi, sur ma vie. (Criant)  Je déteste qu’on s’occupe de mes affaires !

LE BARMAN
Tu as répondu à ses questions ?

NAT, bourré de tics
Oui !  J’ai répondu !  J’en ai trop dit ! Je suis un con.

LE BARMAN, crachant dans un verre avant de l’essuyer
Trop parler nuit.

NAT, éclatant de rire
Je m’en fous ! Je lui ai raconté des bobards.

LE BARMAN
Ben alors, tout va bien...   De toute façon, c’est pas lui qui s’intéresse à ROSE, c’est l’autre.

NAT
Il a qu’à venir me voir.  Je vais lui faire une coupe en règle.

LE BARMAN, tournant le dos
Il y loin de la coupe aux lèvres.
'
(À  suivre)





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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:49
Certains acteurs sont comme des médecins de campagne : anonymes mais super efficaces.
Dans la pièce de RUQUIER que j’ai vue jeudi au Théâtre Tête d’Or à Lyon « SI C’ÉTAIT A REFAIRE », les comédiens de la création à Paris ont cédé la place à d’autres, inconnus ou presque.  Je n’ai pas vu la pièce avec la distribution d’origine, mais là, j’ai été bluffée par un acteur épatant, Pascal Racan.  Il est parfait.  Il est crédible et en même temps désopilant.  Il ne charge pas, il s’impose.

La pièce est écrite de telle façon que, sauf tempérament comique écrasant, on est obligé de charger pour que l’effet passe.  C’est du Feydau, vous comprenez.  Portes qui claquent, imbroglios, méprises, adultère et compagnie.
Sur un sujet très tendance, l’action est bien ficelée et la chute géniale.  Ca va à un train d’enfer, un peu trop du reste.
Je me suis demandé ce que ce texte donnerait, joué un ton au-dessous ?   Certaines répliques sont tellement surréalistes que l’on pense à Ionesco ou Beckett.
Mais ici le public était aux anges.  La pièce marchera très fort, c’est dans la poche.
De RUQUIER j’avais quand même préféré « GROSSE CHALEUR », dans la mise en scène hypertonique mais subtile de Patrice LECONTE.  Il tenait ses acteurs en laisse courte, ce qui ne les empêchait pas de faire mouche à chaque réplique.  C’était du boulevard pur et dur.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:47
Fernandel  en tournée  (suite)

GENEVE
La tournée remonte vers la grisaille et le froid. Nous devons arriver à Genève vers midi.  La route devient glissante, au pied des longues pentes couvertes de sapins blancs. Les villages de montagne sont endormis sous la neige, des fumées bleues s’élèvent dans le ciel pâle traversé d’oiseaux noirs.  Chambéry.   L’hiver est chez lui, ici, implanté, solennel. Ce n’est pas un incident de parcours, une joyeuse confusion, un badigeon blanc d’un jour.  Ici, point de bonhommes de neige dans la cour des fermes d’alpages. Là-haut, en altitude, tout est silence.
Genève. Le sommeil a gagné tous les occupants du car.  Il faut descendre pour les  vérifications des papiers. Un  vent glacial  s’engouffre sous les tôles des guérites.   Fernandel n’est pas sorti de la Cadillac, son chauffeur a montré les trois passeports.
Incident à la frontière : le camion qui transporte les décors n’est pas en règle.  Il est resté bloqué sur l’aire de stationnement.  Ca a donné un beau chahut à la réception de l’hôtel Bernina. Pourrons-nous jouer ce soir ?  Notre “tourneur”, Gilbert Caucanas, s’arrache les cheveux, lui qui n’en avait presque plus. Il parlemente au téléphone, crie et
tempête,  trépigne, accroché au desk. Fernandel ne s’en mêla pas. Royal, il prit le chemin de sa chambre.










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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:42
-  Il faut renvoyer ta secrétaire, mon chéri.
- Mais pourquoi, voyons ?
- Elle est amoureuse de toi !
- Et alors, tu es bien amoureuse de moi, et je ne te renvoie pas !

(Laurent  RUQUIER   -  "Si c'étaot ) refaire")

Celle-là, elle doit marcher à tousles coups, tous les soirs !
Et ben au revoir, et à demain j'espère bien !
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 09:11
Bonjour !   J'espère que vous serez 1012 à venir me lire aujourd'hui...  Si vous avez des remarques, dites toujours, ça peut me servir, mon blog est perfectible comme les autres.
Bon, aujourd'hui, NAT va faire une révélation à CHRIS qui n'a rien de surprenant, finalement.
NAT et ROSE, le duo imaginaire du scénariste, est une réalité.  Etonnant, non ?
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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