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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 09:23

YANN et CHRIS réfléchissent sur l’ambiguité du personnage de NAT le pianiste sous l’œil faussement détaché du barman.

LE BARMAN
C’est bizarre, quand vous êtes là, il n’y a soudain plus aucun client qui entre.

Les deux hommes regardent autour d’eux et se mettent à rire.

YANN
C’est un coup monté.  Nous avons affiché “COMPLET” sur la porte.  Mais vous savez, à minuit un soir d’hiver... dans ce quartier paumé... c’est un peu normal, non ?

LE BARMAN
J’ai vu plus de clients que ça, même en hiver à minuit.  Le champagne coulait à flots.  Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

CHRIS
Ils viennent surtout le jeudi, non ? Et d’après vous, ils viennent pour le pianiste ou pour la chanteuse   ?

LE BARMAN
Ma foi, monsieur, je ne me suis pas posé la question.

YANN
Ils viennent pour elle, c’est clair.
Mais tu n’es pas de cet avis. Je me trompe ?

CHRIS, calmement
Moi je trouve que NAT est plus intéressant.

YANN
Tu ne veux pas la trouver magique. Tu te voiles la face comme devant le démon.

CHRIS
Ecoute, plus j’y pense, plus j’ai du mal à lui construire un destin.   Sur scène elle est magnifique, mais elle est derrière une vitre, il ne peut rien lui arriver.  En revanche le jour, elle perd toute séduction, ça n’est plus la même femme.   Lui, m’inspire beaucoup d’intérêt, il est un et indivisible, le même lorsqu’il erre dans Paris que lorsqu’il joue un blues mélancolique.

`YANN
Et bien moi, ’est cette fracture qui m’attire chez elle.  Ce double qu’elle promène de la nuit au jour pour tromper son monde.

(à suivre)

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 09:21
à  Olivier Belamy, pour son émission L’invité classique   sur Radio Classique.
Depuis qu’elle existe j’ai déjà entendu quelques morceaux de bravoure, il reçoit des gens d’horizons très différents, ils aiment tous la musique classique mais certains n’y connaissent rien, simplement ils aiment,(ça existe aussi pour la peinture)
Les invités font leur programme. Alors on entend leurs morceaux préférés et ça vous renseigne drôlement sur leur moi profond. En plus, ils parlent, et Olivier Belamy, je ne sais pas comment il fait, mais on dirait qu’il les rend intelligents.  En tout cas il les rend sincères. Ils donnent des réflexions qui sortent du fond d’eux-mêmes, ils ne pensent pas à l’impression qu’ils donnent, ça n’est pas du tout du de l’esbrouffe, ils parlent vrai.
En face, si je puis dire, je n’ai pas été les voir en studio, il y a Olivier Belamy qui écoute.  Et jamais je n’ai entendu quelqu’un écouter si bien.  Parfois il fait « hmm » sur un ton pénétré, on sent qu’il est ému.   S’il y a un silence, il est lourd comme un sac de pièces d’or. Et si l’invité a une absence, il pose la question qui relance.
J’aidore sa voix.  C’est peut-être à cause de sa voix que je le préfère à François CASTANG qui présente le même type d’émission sur France Musique.   Il est super aussi, François CASTANG, aussi habile pour faire parler ses invités, aussi cultivé, mais moi j’ai un petit faible pour Olivier BELAMY.  Un nom pareil, avouez…



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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 09:11
Un souvenir rigolo, celui du Festival de Carpentras où j’ai joué une fée dans LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE, mis en scène par Michel de Ré.

Dans la distribution il y avait sa femme, Martine SARCEY, et Greg GERMAIN et la jeune Diane KURYS qui jouait  Ariel.  Les autres, je ne m’en souviens pas.
On répétait l’après-midi par 40° en plein soleil. Il y a eu des malaises parmi les comédiens, dont Martine qui tomba de tout son long en plein milieu d’une tirade, on a cru qu’elle improvisait un jeu de scène.
La pièce a eu un grand succès, et pourtant question décors, c’était plutôt fait avec des bouts de ficelle…
mais nous avions joué  à l’arraché, dopés par le mistral, l’odeur de pastis et cette impression de liberté que l’on a lorsqu’on quitte ses repères.
Michel de Ré avait fait des coupes sombres dans les tunnels car comme toutes les pièces de Shakespeare, elle aurait  trois heures.
Dans le groupe des fées, il y avait une bonne entente. Moi j’étais  Graine de Moutarde, j’avais quelques répliques piquantes et je tricotais une écharpe.
Après le spectacle c’était cool, les gens restaient encore à boire des coups aux terrasses, on se mêlait à eux et ça durait jusqu’à ce que la lune devienne toute petite et très haut dans le ciel.
 J’ai eu une petite aventure avec un anglais, mais nous les saltimbanques on n’est jamais pris au pièce du « on se revoit quand ?», car on est juste des illusions de personnes, pas des vrais êtres humains. 
Nous avons fait ce songe-là durant trois soirs mais je n’ai pas rêvé, j’ai encore les photos.













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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 09:05
- L’Evangile dit : « Lorsqu’in te frappe sur une joue, il faut tendre l’autre ». Et vous savez pourquoi ?
- Non.
- Parce que le temps que votre adversaire s’approche pour la deuxième gifle, on peut lui faire un croche-pied !
(Robert Thomas  -  « Double jeu »)

C’est bien parce que c’est Robert Thomas !…
A lundi mes chéris parce que je pars pour un long week-end pour chercher l'inspiration...
_____________

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:19
Bonjour !   Vous remarquerez quelques petits changements de titres, c'est pour varier les plaisirs et élargir le débat.
Ce qui ne changera jamais c'est la pièce, ROSE AUTOUR DE MINUIT continue sur sa lancée et elle n'est pas près de s'arrêter.  J'espère que vous aimez suivre les cheminements de ces deux hommes en quête de personnages
pour leur prochain film ?  Vous n'êtes pas au bout de vos surprises.
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:16

Où  l'on  avance  à tâtons dans un scénario  improbable...


yANN
Je voudrais une première scène très réaliste, où on la verrait dans un personnage de femme ordinaire, presque plouc, dans un intérieur modeste. Le téléphone sonne, elle décroche...

CHRIS
Quelqu’un lui donnerait des instructions...  

YANN
Elle ne dirait pas grand-chose, deux mots, le lieu et l’heure, elle raccrocherait très vite.

CHRIS
On la verrait marcher dans la rue, aller vers l’endroit du rendez-vous...

YANN
Un café dans une rue déserte... ou aucontraire, à un carrefour très animé...

CHRIS
Oui... On la verrait ensuite remettre des documents à un type.  A un moment il y aurait un coup de feu...  quelque chose... et...on la verrait courir dans la rue à toute allure... et...

YANN
Démarre le générique sur le pianiste en train de jouer du piano.  La caméra s’éloigne et on la voit, elle en combinaison derrière lui, qui lui met les deux mains sur les épaules.

CHRIS
Bon, et maintenant il faut coller les morceaux.

YANN
Voilà.

Ils se regardent.   Le barman est accoudé sur le bar et suit leur conversation, l’air extrêmement intéressé.

YANN, songeur, relisant le synopsis.
Il y a quelque chose de troublant là-dedans, c’est qu’on part  sur sa culpabilité à elle, son mystère à elle, mais ensuite ton synopsis s’étend sur  ses errances à lui, ses marches sans but à travers Paris, et petit à petit on va se demander si ce n’est pas plutôt lui, ou aussi lui, qui a quelque chose à cacher...

CHRIS, enflammé
Mais c’est justement ce que je trouve intéressant.  Sous ses airs d’amoureux transi, que dissimule-t-il ?  C’est un personnage ambigu.  Très ambiigu.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:05
....à Jean Echenoz, qui nous emmène dans une poursuite effrénée après Zatopek.
Vous dites « oh, Zatopek, d’accord, le coureur le plus rapide du monde, d’accord.  Mais est-ce que ça fait un roman ? »
Et ben oui, ça fait un roman, et  une fois qu’on l’a commencé, on ne le lâche plus.  Moi, le sport… et surtout la course à pieds, merci.
Je l’ai commencé parce que c’était Echenoz et que son Ravel j’avais adoré. 
Mais là, la performance est un record, si je puis dire.
Et attendez, il ne nous raconte pas la vie amoureuse de Zatopek !
Non, ce sont ses courses, son entraînement progressif, ses records, ses embûches, son pays asservi, sa douleur de courir, des choses infiniment rébarbatives, en temps normal.  Et bien… c’est aussi haletant, si je puis dire, qu’Autant en Emporte le Vent.
Alors ? 
Echenoz a le don du style.  On le lit comme on lit Gala, mais sa langue est inventive, sa grammaire impeccable, on a envie de lire le mot suivant, la phrase suivante, parce qu’à un moment, après une longue période classique, il vous balance un mot incongru comme il vous donnerait une tape dans le dos.
Il est élégant, Echenoz.  Il écrit sans effort, semble-t-il, et pas pour la galerie.
Sans avoir l’air d’y toucher, il vous renseigne très précisément sur les dessous de l’entraînement à la course, sur l’ambiance qui règnait à Prague ces années-là.
On a calculé que Zatopek, si on fait l’addition, a fait trois fois le tour de la terre en courant. Ca, Echenoz nous le confie sur le ton de la confidence, comme s’il signalait que Zatopek avait un grain de beauté sur la fesse gauche.
On finit par le connaître très bien, ce bonhomme.  On commence par le plaindre, car il n’est vraiment pas gâté par la vie ni par la nature, et puis on se met à l’admirer, et puis à l’aimer.  Jusqu’à ses grimaces horribles qu’il n’essaie même pas de déguiser en sourire, tant il souffre.  Zatopek aimait souffrir, c’est ce qu’on lit dans ce livre.  Moi, j ‘aime Echenoz.



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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 09:45
Fernandel en tournée  (suite et fin)

GENEVE,   fin d'une merveilleuse aventure.

La tournée se termine à Genève. Trois soirs où le spectacle s’est déroulé sur un nuage.
Ce soir c’est la dernière.  Je suis là, en coulisses, attendant d’entrer en scène pour mon morceau de bravoure.
J’entendais les rires dans la salle, Fernandel est en grande forme.  Il fallait me concentrer.  Dans la scène suivante Eva de Berg allait révéler sa véritable nature et menacer tout le monde avec un revolver. Dans le genre casse-gueule, on fait pas mieux. 
  Une tirade grand-guignolesque où je devais passer aux aveux en sanglotant, devant les gens du cirque pétrifiés. Une scène terrible, un pari fou pour la comédienne.  Basculer ainsi du rire aux larmes et rester crédible, pathétique même, c’est plus difficile que de jouer Macbeth.
Robert Thomas ne l’avait probablement pas fait exprès, mais cette scène était un excellent exercice pour me préserver de l’automatisme.  Elle m’obligeait à chercher chaque soir au fond de moi la déroute, la panique et les larmes.  En même temps, il fallait rester dans les limites de ce que réclame la comédie. Pas de grandiloquence, pas de démonstrations incontrôlées,
attention, tout ça  finira  bien, il ne faut pas assombrir la bonne humeur du public, non tout ce qu’on vous demande c’est d’être crédible dans un moment charnière où l’action rebondit - seulement crédible.
Au moment d’entrer en scène, une phrase d’Antonin Artaud me traverse l’esprit  : “quand je vis, je ne me sens pas vivre.  Mais quand je joue, c’est là que je me sens exister.” 
Je fis les quelques pas qui me séparaient de l’ombre et de la lumière.  Le trac me quitta à cette minute, comme chaque soir.
Dernière ovation, et le lendemain matin le car reprend la route de Paris. Ses occupants pensifs, repliés contre la vitre, revivent chaque instant de ce périple comme on revit un rêve impossible.  Un an plus tard, Fernandel quittait la scène pour toujours. Son sourire généreux et son accent ensoleillé resteront longtemps dans les mémoires.










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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 09:39
Le silence, au théâtre, c’est encore ce qu’on réussit le plus facilement.
(Jean Anouilh  -  Le rendez-vous de Senlis-)

A demain spectateurs assidus !
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:28
Bonjour et bienvenue, welcome !
Une pensée et un coup de chapeau aux deux artistes qui nous ont quittés presque ensemble, Georges Cravenne et Claude Berri.  L'un avait inventé les Césars, l'autre en a remporté quelques-uns...
Ici, le scénariste et le réalisateur font ce qu'ils peuvent pour en mériter un.  Toujours pas de ROSE à l'horizon, mais ça ne saurait tarder.
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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