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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:00
-  Tu as de la chance, tu sais, d’avoir un mari aussi attentif. Il est un peu rustre, pas très cultivé, un peu beauf même, je dirais…
Mais vous allez tellement bien ensemble !
(Laurent RUQUIER   -  Grosse chaleur)
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A demain mes enfants !

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 11:03
Bonjour !  J’étais en train de me dire que peut-être, il faudrait que je vous fasse un petit résumé des scènes précédentes, vu que certains d’entre vous arrivent comme ça, ils tombent sur la scène avec CHRIS et NAT, et ils se demandent ce qui se passe et pourquoi et comment.
Donc voilà, je vous remets le résumé de la pièce et ça vous donnera envie de savoir tout de suite la fin, et ben non, vous aurez la fin après avoir lu les 52 s cènes, là.

Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver une fois par semaine pour travailler à leur prochain scénario, YANN et CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là, sur l’estrade des musiciens.
Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, entraînés chacun par leurs propres rêves.
Entre vérité et mensonge, chaque personnage donne de lui-même une image double et déroutante, celle de la nuit et celle du jour.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:51

Tout n'est pas "rose" dans la vie de NAT...

CHRIS
Votre femme c’est... la chanteuse ?  Rose ?

NAT
Rose, oui.  La secrétaire- chanteuse, comme moi le traducteur -pianiste.

CHRIS, se passe la main sur le front
Bon dieu...

(Le décor a sombré peu à peu dans la pénombre.  La porte s’ouvre et entre le barman.  Celui-ci salue à la cantonnade, passe derrière le bar et allume les lumières de la salle.  Le décor s’illumine brusquement.  Le scénariste se lève pour partir.)

Je reviendrai vous écouter, mon vieux.  Là, je dois partir.

(Il s’avance vers la porte et au moment de l’ouvrir, il lance :)

Vous êtes un artiste, n’oubliez pas ça.  Vous avez tous les droits.  Même celui de marcher dans Paris sans but.  Du moment que le soir, vous donnez du bonheur aux gens.  Hein ?  Allez... salut !

NAT, sans le regarder
Salut.

Le scénariste sort et NAT, quittant l’estrade, va vers le bar.  Il serre la main du barman.

NAT
Sers-moi un américano, tiens.  C’est lui ?  Le type dont tu m’avais parlé ?

LE BARMAN
C’est l’un des deux.

NAT
Je m’en doutais.  Je l’ai senti.

LE BARMAN
Il t’ inquiète ?

NAT, l’air songeur
Non.  Il ne me parait pas inquiétant. (Il réfléchit)  Quoique...   Il pose beaucoup de questions.

LE BARMAN
Sur quoi ?

NAT
Sur moi, sur ma vie. (Criant)  Je déteste qu’on s’occupe de mes affaires !

LE BARMAN
Tu as répondu à ses questions ?

NAT, bourré de tics
Oui !  J’ai répondu !  J’en ai trop dit ! Je suis un con.

LE BARMAN, crachant dans un verre avant de l’essuyer
Trop parler nuit.

NAT, éclatant de rire
Je m’en fous ! Je lui ai raconté des bobards.

LE BARMAN
Ben alors, tout va bien...   De toute façon, c’est pas lui qui s’intéresse à ROSE, c’est l’autre.

NAT
Il a qu’à venir me voir.  Je vais lui faire une coupe en règle.

LE BARMAN, tournant le dos
Il y loin de la coupe aux lèvres.
'
(À  suivre)





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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:49
Certains acteurs sont comme des médecins de campagne : anonymes mais super efficaces.
Dans la pièce de RUQUIER que j’ai vue jeudi au Théâtre Tête d’Or à Lyon « SI C’ÉTAIT A REFAIRE », les comédiens de la création à Paris ont cédé la place à d’autres, inconnus ou presque.  Je n’ai pas vu la pièce avec la distribution d’origine, mais là, j’ai été bluffée par un acteur épatant, Pascal Racan.  Il est parfait.  Il est crédible et en même temps désopilant.  Il ne charge pas, il s’impose.

La pièce est écrite de telle façon que, sauf tempérament comique écrasant, on est obligé de charger pour que l’effet passe.  C’est du Feydau, vous comprenez.  Portes qui claquent, imbroglios, méprises, adultère et compagnie.
Sur un sujet très tendance, l’action est bien ficelée et la chute géniale.  Ca va à un train d’enfer, un peu trop du reste.
Je me suis demandé ce que ce texte donnerait, joué un ton au-dessous ?   Certaines répliques sont tellement surréalistes que l’on pense à Ionesco ou Beckett.
Mais ici le public était aux anges.  La pièce marchera très fort, c’est dans la poche.
De RUQUIER j’avais quand même préféré « GROSSE CHALEUR », dans la mise en scène hypertonique mais subtile de Patrice LECONTE.  Il tenait ses acteurs en laisse courte, ce qui ne les empêchait pas de faire mouche à chaque réplique.  C’était du boulevard pur et dur.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:47
Fernandel  en tournée  (suite)

GENEVE
La tournée remonte vers la grisaille et le froid. Nous devons arriver à Genève vers midi.  La route devient glissante, au pied des longues pentes couvertes de sapins blancs. Les villages de montagne sont endormis sous la neige, des fumées bleues s’élèvent dans le ciel pâle traversé d’oiseaux noirs.  Chambéry.   L’hiver est chez lui, ici, implanté, solennel. Ce n’est pas un incident de parcours, une joyeuse confusion, un badigeon blanc d’un jour.  Ici, point de bonhommes de neige dans la cour des fermes d’alpages. Là-haut, en altitude, tout est silence.
Genève. Le sommeil a gagné tous les occupants du car.  Il faut descendre pour les  vérifications des papiers. Un  vent glacial  s’engouffre sous les tôles des guérites.   Fernandel n’est pas sorti de la Cadillac, son chauffeur a montré les trois passeports.
Incident à la frontière : le camion qui transporte les décors n’est pas en règle.  Il est resté bloqué sur l’aire de stationnement.  Ca a donné un beau chahut à la réception de l’hôtel Bernina. Pourrons-nous jouer ce soir ?  Notre “tourneur”, Gilbert Caucanas, s’arrache les cheveux, lui qui n’en avait presque plus. Il parlemente au téléphone, crie et
tempête,  trépigne, accroché au desk. Fernandel ne s’en mêla pas. Royal, il prit le chemin de sa chambre.










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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:42
-  Il faut renvoyer ta secrétaire, mon chéri.
- Mais pourquoi, voyons ?
- Elle est amoureuse de toi !
- Et alors, tu es bien amoureuse de moi, et je ne te renvoie pas !

(Laurent  RUQUIER   -  "Si c'étaot ) refaire")

Celle-là, elle doit marcher à tousles coups, tous les soirs !
Et ben au revoir, et à demain j'espère bien !

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 09:11
Bonjour !   J'espère que vous serez 1012 à venir me lire aujourd'hui...  Si vous avez des remarques, dites toujours, ça peut me servir, mon blog est perfectible comme les autres.
Bon, aujourd'hui, NAT va faire une révélation à CHRIS qui n'a rien de surprenant, finalement.
NAT et ROSE, le duo imaginaire du scénariste, est une réalité.  Etonnant, non ?

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 08:54

OU  CHRIS EN APPREND UNE BIEN BONNE.

CHRIS
Et alors ?

NAT, voyant qu’il s’empêtre
Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ?  Je ne vous connais pas.  Oubliez cette histoire de deal.  A Philadelphie j’ai retrouvé le goût du piano, je m’y suis remis à corps perdu, voilà.

CHRIS, dubitatif
Ecoutez, ça ne me regarde pas...Quand même... elle est bizarre, votre histoire.

NAT
Ouais, je sais, ça paraît bizarre.  N’empêche que c’est vrai.  Ca nous est vraiment arrivé.

CHRIS
Et vous êtes rentrés en France.

NAT
Il a bien fallu. Mais sans boulot. Après un an d’absence, on reprend pas les gens.

CHRIS
C’est clair.

Silence.

Qu’est ce que vous faites de vos journées ?
NAT
Je marche....  Oh, Paris est grand... (Un temps)
 mais quel gâchis.

Silence.

CHRIS
“Quel gâchis”... Ce n’est pas catastrophique.  Vous jouez du piano, non ?    Vous préféreriez taper à la machine que jouer du piano ?

NAT, lugubre
  Depuis que je n’ai plus de job sérieux, j’ai perdu l’amour de ma femme.

CHRIS, frappé
Allons...

NAT hausse les épaules, comme découragé par la bêtise humaine. Il se lance dans une série d’arpèges échevelés et continue d’une voix tonitruante :

NAT
Elle ne supporte pas... de me voir, dès que le jour se lève, transformé en plume au vent... (il joue “la plume au vent”)  Vous comprenez ?  Voilà comme je suis devenu, un fétu de paille sans importance aucune, un...

CHRIS, le coupant dans son délire
Elle n’a qu’à venir vous écouter, la nuit, quand vous emportez la salle au bout de vos doigts, quand on vous applaudit...

NAT, s’arrête brusquement de jouer et le regarde
Mais...  elle m’écoute !  Elle est bien obligée de m'écouter.

CHRIS
Pourquoi... bien obligée ?

NAT
C'est ma chanteuse.

(à suivre)

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 08:52

Fernandel en tournée  (suite)

Monaco


Treize ans après, je me suis retrouvée à Monte-Carlo.
Mon père y habitait toujours.
La ville était inchangée, immuable comme une ville peuplée de fantômes qui gardent jalousement les vestiges du passé.
Hôtel Hermitage.
 Quatre chasseurs se sont emparés de nos bagages.  Il me fut alloué la chambre 462.  Durant l’année 1957, lorsque j’étais standardiste dans cet hôtel, je n’avais pas accès aux chambres.
Je croyais tout connaître de Monte-Carlo.  Il me restait à découvrir le théâtre du Casino et sa salle surchargée de dorures, sa loge princière, ses coulisses impeccables.
Mon père assistait au spectacle.  Je l’ai vu, au salut, debout dans sa loge, applaudir frénétiquement.  
La princesse Grace était venue seule. Belle et hiératique, elle applaudissait en souriant.  Fernandel reçut un bouquet de roses rouges lancé du troisième rang d’orchestre.
Moi, debout sous l’ovation, je gardais les yeux fixés sur ce vieil homme qui était fier de moi. Je me sentis soudain ridicule : mes larmes coulaient, comme si le public m’en donnait trop, comme font les stars lorsque le succès les bouleverse.

Le lendemain matin, une pluie fine donnait à la principauté un charme triste de ville autrichienne.  Le voyage fut long et lassant, rythmé par le bruit des essuie-glaces du car.  Chacun gardait le silence. 
Je m’éloignais de cette ville où quelques mois plus tard, mon père abandonnerait la partie.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 08:47

BOEING-BOEING  ___
de  Marc CAMOLETTI

Bien que la pièce ne date pas d’aujourd’hui, les amateurs de théâtre se souviendront sûrement de sa carrière  inscrite au livre des Records.
Créée le 10 décembre 1960 à la Comédie-Caumartin, elle fut jouée sans
interruption pendant 19 ans  soit 2000 représentations à Paris et en province…
Pas de doute, ce fut  ce qu’on appelle un succès.
Ce qui est intéressant, c’est de lire l’appréciation des critiques au moment de sa création, quand on ne savait encore rien de sa bonne fortune. Mais la place me manque et j’ai dû faire un choix.
C’est Max Favalelli qui se confesse :

« Voilà, j’ai ri. Oh, je sais qu’il y a quelque chose de honteux. Cependant que le rire me chatouillait sournoisement les amygdales, je me disais :
Voyons, il n’est pas question de la condition de l’Homme. Rien de social là-dedans. Quant aux problèmes métaphysiques, je n’en vois pas l’ombre d’un seul. Ce qui ne manquait pas de m’inquiéter.
J’ai ri.  Et je ferai acte de contrition en relisant quelques pages de Brecht. Mais j’ai ri.  Je m’en confesse. A l’abri de mon programme.
Certes, Boeing-Boeing n’est pas une de ces oeuvres qui bouleverse la littérature universelle. C’est une comédie qui amuse par les moyens les plus classiques, les plus francs, les plus simples. «
                            (Paris-Presse)

C’est curieux, je tenais Max Favalelli pour un homme érudit, maniant la langue française avec une subtilité d’expert, lui qui publie des grilles de mots croisés réservées aux fortiches. Et ben, sa prose, là, elle est vraiment bâclée.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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