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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 09:05
- L’Evangile dit : « Lorsqu’in te frappe sur une joue, il faut tendre l’autre ». Et vous savez pourquoi ?
- Non.
- Parce que le temps que votre adversaire s’approche pour la deuxième gifle, on peut lui faire un croche-pied !
(Robert Thomas  -  « Double jeu »)

C’est bien parce que c’est Robert Thomas !…
A lundi mes chéris parce que je pars pour un long week-end pour chercher l'inspiration...
_____________

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:19
Bonjour !   Vous remarquerez quelques petits changements de titres, c'est pour varier les plaisirs et élargir le débat.
Ce qui ne changera jamais c'est la pièce, ROSE AUTOUR DE MINUIT continue sur sa lancée et elle n'est pas près de s'arrêter.  J'espère que vous aimez suivre les cheminements de ces deux hommes en quête de personnages
pour leur prochain film ?  Vous n'êtes pas au bout de vos surprises.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:16

Où  l'on  avance  à tâtons dans un scénario  improbable...


yANN
Je voudrais une première scène très réaliste, où on la verrait dans un personnage de femme ordinaire, presque plouc, dans un intérieur modeste. Le téléphone sonne, elle décroche...

CHRIS
Quelqu’un lui donnerait des instructions...  

YANN
Elle ne dirait pas grand-chose, deux mots, le lieu et l’heure, elle raccrocherait très vite.

CHRIS
On la verrait marcher dans la rue, aller vers l’endroit du rendez-vous...

YANN
Un café dans une rue déserte... ou aucontraire, à un carrefour très animé...

CHRIS
Oui... On la verrait ensuite remettre des documents à un type.  A un moment il y aurait un coup de feu...  quelque chose... et...on la verrait courir dans la rue à toute allure... et...

YANN
Démarre le générique sur le pianiste en train de jouer du piano.  La caméra s’éloigne et on la voit, elle en combinaison derrière lui, qui lui met les deux mains sur les épaules.

CHRIS
Bon, et maintenant il faut coller les morceaux.

YANN
Voilà.

Ils se regardent.   Le barman est accoudé sur le bar et suit leur conversation, l’air extrêmement intéressé.

YANN, songeur, relisant le synopsis.
Il y a quelque chose de troublant là-dedans, c’est qu’on part  sur sa culpabilité à elle, son mystère à elle, mais ensuite ton synopsis s’étend sur  ses errances à lui, ses marches sans but à travers Paris, et petit à petit on va se demander si ce n’est pas plutôt lui, ou aussi lui, qui a quelque chose à cacher...

CHRIS, enflammé
Mais c’est justement ce que je trouve intéressant.  Sous ses airs d’amoureux transi, que dissimule-t-il ?  C’est un personnage ambigu.  Très ambiigu.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:05
....à Jean Echenoz, qui nous emmène dans une poursuite effrénée après Zatopek.
Vous dites « oh, Zatopek, d’accord, le coureur le plus rapide du monde, d’accord.  Mais est-ce que ça fait un roman ? »
Et ben oui, ça fait un roman, et  une fois qu’on l’a commencé, on ne le lâche plus.  Moi, le sport… et surtout la course à pieds, merci.
Je l’ai commencé parce que c’était Echenoz et que son Ravel j’avais adoré. 
Mais là, la performance est un record, si je puis dire.
Et attendez, il ne nous raconte pas la vie amoureuse de Zatopek !
Non, ce sont ses courses, son entraînement progressif, ses records, ses embûches, son pays asservi, sa douleur de courir, des choses infiniment rébarbatives, en temps normal.  Et bien… c’est aussi haletant, si je puis dire, qu’Autant en Emporte le Vent.
Alors ? 
Echenoz a le don du style.  On le lit comme on lit Gala, mais sa langue est inventive, sa grammaire impeccable, on a envie de lire le mot suivant, la phrase suivante, parce qu’à un moment, après une longue période classique, il vous balance un mot incongru comme il vous donnerait une tape dans le dos.
Il est élégant, Echenoz.  Il écrit sans effort, semble-t-il, et pas pour la galerie.
Sans avoir l’air d’y toucher, il vous renseigne très précisément sur les dessous de l’entraînement à la course, sur l’ambiance qui règnait à Prague ces années-là.
On a calculé que Zatopek, si on fait l’addition, a fait trois fois le tour de la terre en courant. Ca, Echenoz nous le confie sur le ton de la confidence, comme s’il signalait que Zatopek avait un grain de beauté sur la fesse gauche.
On finit par le connaître très bien, ce bonhomme.  On commence par le plaindre, car il n’est vraiment pas gâté par la vie ni par la nature, et puis on se met à l’admirer, et puis à l’aimer.  Jusqu’à ses grimaces horribles qu’il n’essaie même pas de déguiser en sourire, tant il souffre.  Zatopek aimait souffrir, c’est ce qu’on lit dans ce livre.  Moi, j ‘aime Echenoz.



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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 09:45
Fernandel en tournée  (suite et fin)

GENEVE,   fin d'une merveilleuse aventure.

La tournée se termine à Genève. Trois soirs où le spectacle s’est déroulé sur un nuage.
Ce soir c’est la dernière.  Je suis là, en coulisses, attendant d’entrer en scène pour mon morceau de bravoure.
J’entendais les rires dans la salle, Fernandel est en grande forme.  Il fallait me concentrer.  Dans la scène suivante Eva de Berg allait révéler sa véritable nature et menacer tout le monde avec un revolver. Dans le genre casse-gueule, on fait pas mieux. 
  Une tirade grand-guignolesque où je devais passer aux aveux en sanglotant, devant les gens du cirque pétrifiés. Une scène terrible, un pari fou pour la comédienne.  Basculer ainsi du rire aux larmes et rester crédible, pathétique même, c’est plus difficile que de jouer Macbeth.
Robert Thomas ne l’avait probablement pas fait exprès, mais cette scène était un excellent exercice pour me préserver de l’automatisme.  Elle m’obligeait à chercher chaque soir au fond de moi la déroute, la panique et les larmes.  En même temps, il fallait rester dans les limites de ce que réclame la comédie. Pas de grandiloquence, pas de démonstrations incontrôlées,
attention, tout ça  finira  bien, il ne faut pas assombrir la bonne humeur du public, non tout ce qu’on vous demande c’est d’être crédible dans un moment charnière où l’action rebondit - seulement crédible.
Au moment d’entrer en scène, une phrase d’Antonin Artaud me traverse l’esprit  : “quand je vis, je ne me sens pas vivre.  Mais quand je joue, c’est là que je me sens exister.” 
Je fis les quelques pas qui me séparaient de l’ombre et de la lumière.  Le trac me quitta à cette minute, comme chaque soir.
Dernière ovation, et le lendemain matin le car reprend la route de Paris. Ses occupants pensifs, repliés contre la vitre, revivent chaque instant de ce périple comme on revit un rêve impossible.  Un an plus tard, Fernandel quittait la scène pour toujours. Son sourire généreux et son accent ensoleillé resteront longtemps dans les mémoires.










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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 09:39
Le silence, au théâtre, c’est encore ce qu’on réussit le plus facilement.
(Jean Anouilh  -  Le rendez-vous de Senlis-)

A demain spectateurs assidus !

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:28
Bonjour et bienvenue, welcome !
Une pensée et un coup de chapeau aux deux artistes qui nous ont quittés presque ensemble, Georges Cravenne et Claude Berri.  L'un avait inventé les Césars, l'autre en a remporté quelques-uns...
Ici, le scénariste et le réalisateur font ce qu'ils peuvent pour en mériter un.  Toujours pas de ROSE à l'horizon, mais ça ne saurait tarder.

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:22


C’est la scène IV de la pièce dans sa version intégrale.
Les deux compères se retrouvent pour continuer l’élaboration de leur scénario.
CHRIS soumet à YANN une ébauche de synopsis.


Le bar. YANN et CHRIS sont assis à une table près du bar et semblent soucieux.   Au fond, l’estrade est vide comme les soirs où l’orchestre ne joue pas.  Sur la table, deux verres pleins, une bouteille d’eau gazeuse, une soucoupe d’olives et un cendrier.  Le réalisateur a en mains un paquet de feuilles dactylographiées qu’il vient semble-t-il, de compulser.

YANN
Ca me semble  trop mélodramatique.  J’étais d’accord pour abandonner la comédie, mais là...

CHRIS, tassé sur lui-même
C’est juste un synopsis...

YANN
Remarque... Ca ne manque pas de charme.  L’histoire de la faute professionnelle est bien amenée.

CHRIS
Et ce couple problématique, lié par un intérêt commun mais aussi, de son côté à lui, par un amour fou qu’il ne lui a jamais avoué...

YANN
C’est là où le bât blesse. C’est déjà un couple en danger. Situation trop classique.  Il ne faut pas que l’inégalité soit visible dès le début.

CHRIS
Pourquoi attendre ?

YANN
Pour que le spectateur se pose des questions.  Il faut qu’on les croit heureux, ces deux-là, amoureux, sur un nuage, pour que les gens se disent “attention il y a anguille sous roche, il va se passer quelque chose... c’est trop beau pour être vrai...”  Tu vois ?

CHRIS
Oui.  Tu crois que ROSE amoureuse de son pianiste, c’est crédible ?

YANN
Bien sûr, que c’est crédible !  Ca s’est déjà vu, non ?

CHRIS, rêveur
Je n’y crois pas.  Pas de la part de cette femme-là.  Elle joue la passion, mais elle ne l’éprouve pas.

YANN, réfléchissant
Tu as réfléchi à son passé ?

CHRIS
C’est une chanteuse de troisième zone, qui faisait les fêtes de village. Un jour, quelqu’un l’a entendue chanter et l’a emmenée à Paris.

YANN
Alors là, c’est du Carné...

CHRIS
En tous cas, avec son physique, son passé ne peut être que trouble.

YANN
Je suis bien d’accord.  


        "(à suivre)

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:20
A l’Odéon Théâtre de l’Europe, Olivier Py présente un cycle HOWARD BARKER.
Qui connaît Howard Barker ?  Né à Dulwich en Angleterre en 1946 , c’est un type qui accumule les fonctions : auteur dramaturge, peintre, théoricien du drame, metteur en scène, il écrit pour le théâtre, l’opéra, la télévision, la radio, le cnéma…
Il doit donc être très connu en Grande-Bretagne.  Nous allons le découvrir ici. 
Pour lui,  « Le théâtre n’est pas la vie décrite mais la vie imaginée, c’est l’ouverture d’un possible et non une reproduction à l’identique ».
Moi je dis bravo à Anne Alvaro qui se lance dans l’aventure de GERTRUD (Le cri) pièce aux accents shakespeariens et dans un rôle tout en outrances lyriques, celui de la mère de Hamlet…
La mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti est, paraît-il, fantastique et le spectacle magnifique de bout en bout.
Bien qu’aux antipodes du théâtre de Pinter,  je ne serai pas sectaire, j’irai voir.


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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 09:07
Fernandel en tournée  (suite)

GENEVE, LE TRIOMPHE
Robert Thomas nous attendait à 14h pour la répétition au Grand Théâtre.  Il nous parut surexcité. :  les deux mille places étaient  louées.  On refusait  du monde. Il y aura ce soir le directeur d’un théâtre à Montréal qui est intéressé par la pièce.  Il a déjà invité la troupe à souper dans une brasserie, le Mövenpick, rue du Rhône.  Robert Thomas roule des yeux, la mèche en bataille, bourré de tics. Il nous exhorte : “il faut vous défoncer, les enfants.... Et vous les filles, faites-lui du charme après le spectacle, allez-y  à fond...” 






Les Genevois ont fait un triomphe à Freddy.  Les mains enlacées pour le salut, tous en ligne, nous ne pouvions faire un pas en arrière sans que la salle hurle, trépigne.

C’est un moment assez fou car c’est celui où chaque membre de la troupe se prend pour un dieu. Les petits rôles du cirque, la dompteuse, l’équilibriste, qui n’ont qu’une phrase à dire, et même les figurants qui  changent de costume pour le 3ème acte, simples silhouettes, ils reçoivent l’ovation, elle est pour eux seuls.  Qui les croira, lorsqu’ils raconteront plus tard, une fois devenus vieux et
oisifs, que deux mille personnes debout les ont acclamés au Grand Théâtre de Genève ?
Quand Fernandel lâcha ma main et celle de Patricia K., pour s’avancer, seul, sur le devant de la scène, il reçut des fleurs, des mouchoirs, des chapeaux et cela dura un temps infini.  Nous regardions  cette silhouette de dos, un peu tordue comme un arbre sec, plus si droite, plus si conquérante, mais qui faisait encore se lever une tempête d’amour.  Le rideau se fermait,  balayait son visage fatigué, puis s’écartait encore :  il se redressait, il saluait, toutes dents dehors, il absorbait l’énergie bienfaisante venue d’en bas. Il se nourrissait. Il puisait la force de continuer.

Enfin, quand le rideau une fois pour toutes l’enleve à son public, il se tourne vers nous et, le pouce levé : “Comme ça, les enfants !”.  Une bourrade à Rellys, le clown blanc qui le boit des yeux et il regagne sa loge.
De ville en ville, chaque soir, le même rituel.









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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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