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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 09:21
à  Patrice LECONTE pour son film « LA GUERRE DES MISS ».
On attend les films de Patrice Leconte comme on attend les livres de MODIANO.  Toujours les mêmes et toujours différents, ils nous donnent  toujours ce qu’on attend. 
Pour « La Guerre des Miss », heureusement qu’il y a longtemps que je ne lis plus les critiques des films français, sachant que ce sont la plupart du temps des règlements de compte.
Le film de Leconte a été ratissé d’office, enlevant aux gens l’envie même de se faire une idée.
Ils ont eu tort.  LA GUERRE DES  MISS est un joyeux poème au monde rural.  Avec son élégance habituelle, Patrice LECONTE nous emmène dans un monde ringard, sur un thème hautement ringard, l’élection d’une Miss, habité par des personnages férocement ringards,  et cela donne un film surréaliste, poétique, rigolo, échevelé et pas le moins du monde ringard.
Pourquoi ?  Parce que Patrice LECONTE montre la ringardise comme une facette sympathique du genre humain, il ne la méprise pas, il l’ennoblit, il en fait un des derniers vestiges du naturel.   Voir « LES BRONZES »,  voir « LES GRANDS DUCS », ils nous font rire, mais on ne les plaint pas, ils sont comme nous finalement. 
Benoit Poelvoorde  est génial, au milieu de ces filles belles comme des fleurs des champs, pas chochottes, hypernature, filmées avec frénésie.  On attend la fin pour le suspense incroyable de ce combat
insensé, comme celui d’Aubry contre Royal… pourquoi l’une plutôt que l’autre ?  Ici,  entre la blonde travelo contre la brune rockeuse gothique, il n’y aura  une finale anthologique …
  Ce film est un vrai bonheur, on en fait plus des comme ça : l’art est en voie de disparition.  Il faut le voir vite.


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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 09:12
LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI (suite)

Deuxième spot Gervais Taille Fine :  les vélos.



Rendez-vous à 8h du matin dans un bled perdu en banlieue parisienne.  La production arrive avec le camion contenant les vélos et nous voilà partis à la recherche d’un certain chemin repéré par Tati, idéal pour son plan.
 L’assistant, Nicolas Ribowski, le retrouve illico et on déballe le matériel.
Il avait plu, le décor était sinistre, arbres rabougris,  flaques d’eau, ciel bas et gris.
Après les études préliminaires de la lumière, de l’angle de prise de vue, des costumes, des vélos, s’ensuit un conciliabule interminable avec l’équipe pendant lequel la grosse et moi nous nous caillions les miches au bord du chemin.  Nous comprenons que la grosse n’a droit qu’à une seule prise, son vélo étant fabriqué spécialement pour s’écrouler sous elle au premier tour de pédale.  C’est ce que lui explique Nicolas avec précaution, Tati étant visiblement très tendu. 
Effrayée mais docile, la voilà qui enfourche le vélo et… le spectacle fut atroce, la pauvre fille étalée au milieu de la flaque, son vélo autour d’elle. Un sadique, Tati.
Satisfait de la prise, il presse le mouvement « on enchaîne ! ».
On me tend mon vélo, je monte dessus en rongeant mon frein si je puis dire, écoeurée de ce que j’avais vu.
Je suis partie au galop, on a dû me crier de m’arrêter au porte-voix.  Tati était furieux, il fallut faire une deuxième prise plus calme mais toujours légère et gracieuse, même au milieu de la flaque qui devait m’éclabousser, c’était dans le script.
On remballe, même pas au revoir, le deuxième spot Gervais Taille Fine était dans la boîte.  Le troisième allait faire mal.




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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 09:06

Un sot  qui ne dit mot ne se distingue pas d’un savant qui se tait.
MOLIERE  -  Le dépir amoureux.

Un peu abscons.  Ca voudfrait dire qu'il ne faut pas juger les gens sur la mine mais sur la parole ?
Au revoir les amis, portez-vous bien.


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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 10:12
Bonjour chers lecteurs-spectateurs, je n'ai pas de photo à mettre sur le blog aujourd'hui, je suis désolée.
Evidemment, je pourrais coller une vue de ma fenêtre, ou une reproduction d'un bar de Hopper, dont l'ambiance évoque bien le bar de ROSE AUTOUR DE MINUIT, mais... Voulez-vous une petite musique ?  C'est pas mal non plus.
Allez, le rideau bouge, installez-vous.

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 10:09


Le bar, de jour.  CHRIS et NAT sont assis à une table dans des postures assez avachies, comme s’ils venaient de passer des heures à discuter et qu’ils se soient arrêtés de parler, épuisés physiquement et intellectuellement.  Le scénariste fume une cigarette.  NAT a les yeux fermés et la tête appuyée au mur derrière lui.

CHRIS, après une bouffée
Le piano vous a manqué parfois ?

NAT semble n’avoir pas entendu et puis au bout d’un moment il répond sans ouvrir les yeux mais le visage parcouru de tics :

NAT
J’ai passé des années sans piano. 

CHRIS
Ca vous manquait ?

NAT
Je n’y pensais pas.

CHRIS
Je comprends.

NAT, ouvrant les yeux et se redressant
C’est comme...  L’hiver, on ne se dit pas “j’aimerais entendre le cri des hirondelles, oh comme j’aimerais l’entendre, ce long cri, et les voir traverser le ciel comme des flèches noires et brillantes... “ Non, l’hiver il n’y a pas d’hirondelles, on le sait, on n’y pense même pas.

CHRIS
Oui.

NAT
Mais maintenant, le piano...





CHRIS
On ne pourrait plus vous l’enlever...
21
NAT
Et pourtant il faudra bien...

CHRIS
Votre contrat va jusqu’à quelle date ?

NAT
Notre contrat s’arrête le 30 juillet.  Ce jour-là, je perdrai le piano et ma femme.

Un silence.  Le scénariste écrase sa cigarette dans le cendrier et cherche visiblement une phrase de réconfort.  Ne la trouvant pas, il change de tactique.

CHRIS
Vous habitez loin d’ici ?

NAT, surpris, lève la tête et le regarde
Non, pourquoi ?

CHRIS
Pour rien.

NAT
Rue Vieille-du-Temple, au 6ème étage.  C’est délabré.... Il y a un bistrot au rez-de-chaussée, bourré de camés.  C’est pour ça que je n’y vais pas. Je préfère venir là l’après-midi... Et puis ici il y a le piano...

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 10:04
… à  Patrice LECONTE pour son film « LA GUERRE DES MISS ».
On attend les films de Patrice Leconte comme on attend les livres de MODIANO.  Toujours les mêmes et toujours différents, ils nous donnent  toujours ce qu’on attend. 
Pour « La Guerre des Miss », heureusement qu’il y a longtemps que je ne lis plus les critiques des films français, sachant que ce sont la plupart du temps des règlements de compte.
Le film de Leconte a été ratissé d’office, enlevant aux gens l’envie même de se faire une idée.
Ils ont eu tort.  LA GUERRE DES  MISS est un joyeux poème au monde rural.  Avec son élégance habituelle, Patrice LECONTE nous emmène dans un monde ringard, sur un thème hautement ringard, l’élection d’une Miss, habité par des personnages férocement ringards,  et cela donne un film surréaliste, poétique, rigolo, échevelé et pas le moins du monde ringard.
Pourquoi ?  Parce que Patrice LECONTE montre la ringardise comme une facette sympathique du genre humain, il ne la méprise pas, il l’ennoblit, il en fait un des derniers vestiges du naturel.   Voir « LES BRONZES »,  voir « LES GRANDS DUCS », ils nous font rire, mais on ne les plaint pas, ils sont comme nous finalement. 
Benoit Poelvoorde  est génial, au milieu de ces filles belles comme des fleurs des champs, pas chochottes, hypernature, filmées avec frénésie.  On attend la fin pour le suspense incroyable de ce combat
insensé, comme celui d’Aubry contre Royal… pourquoi l’une plutôt que l’autre ?  Ici,  entre la blonde travelo contre la brune rockeuse gothique, il n’y aura  une finale anthologique …
  Ce film est un vrai bonheur, on en fait plus des comme ça : l’art est en voie de disparition.  Il faut le voir vite.








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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 10:00
LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI
Premier spot :  l’ascenseur.
Ca, ce n’est pas du théâtre mais c’est de la comédie. Quel souvenir !
J’avais été à un casting pour un spot télé filmé par Jacques Tati pour Gervais Taille Fine.  On cherchait une fille maigre.
.  J’étais maigre et c’est pour ça que mon agent m’avait envoyée à ce casting.
On m’avait demandé si je savais faire du vélo, courir,  nager, plonger, faire du cheval et j’avais dit oui à tout.
Je ne me faisais aucune illusion, nous étions cent à passer avec notre book sous le bras devant les responsables du story-board.
Or, j’ai été prise.  Tati avait, paraît-il, flashé sur ma silhouette de brindille.
La joie immense que j’ai éprouvée le premier jour du premier spot allait bientôt se transformer en abomination.
Premier spot : l’ascenseur.  Je devais arriver devant un ascenseur plein à craquer, tout de suite après une très grosse fille qui peinait  pour y pénétrer, les portes refusaient de se fermer.  Moi je me faufilais à l’aise, sourire Colgate, silhouette Gervais Taille Fine.
La scène fut tournée dix fois.  Tati était un perfectionniste.  Les figurants qui occupaient l’ascenseur suffoquaient.  Ils furent autorisés à sortir pour une courte pause et là, l’un d’eux finaud, lance à Tati en passant : « c’est l’enfer là-dedans ! » avec un grand rire de beauf.
Tati le bloque avec son pied. « Vous avez dit ? » et sans attendre la réponse il  hèle son assistant : « Donnez-lui son cachet et qu’il aille prendre l’air ailleurs ».
C’était ça, aussi, Tati.  Demain, le deuxième spot : les vélos.

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 09:55
- Dieu condamne la violence.
- Dieu n’est pas marié, monsieur l’abbé  .
(Jacques Deval   « La Rose de Septembre »-


A demain les amis !


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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 10:30
Bonjour !   Aujourd'hui lundi, petit blog engourdi...  J'ai interverti deux articles et mis mon bravo avant la scène de ROSE.
On va croire que ma pièce se joue aux CELESTINS.... 
En attendant ce miracle (et pourquoi pas ?)  je vous invite à écouter (pardon, à lire) la suite du dialogue entre CHRIS et YANN qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur leurs personnages.  Le barman commence à s'inquiéter.
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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 09:58
...  À CLAUDIA  STAVISKY et PATRICK  PENOT  qui offrent à leurs abonnés et spectateurs en guise de programme un petit livre d'art.  Pour cette saison ils ont choisi pour l'illustrer CHLOE POIZAT, peintre de talent qui donne à chaque spectacle sa vision d'un monde imaginaire dans des pages saisissantes de beauté  qu'on a envie de détacher pour les encadrer...
Le THÉÂTRE DES CELESTINS est un théâtre magnifique, récemment restauré, qui méritait bien un outil de cette qualité.
Ce petit bouquin est une incitation pernicieuse à un abonnement total et sans restriction !

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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