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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 09:11
UNE DRAMATIQUE A L’ORTF.


Au début des seventies, à l’ORTF il y avait les dramatiques.
C’était une pièce de thâtre spécialement adaptée pour le petit écran et qui se jouait en direct, sans interruption. Le réalisateur disait « moteur » et les caméras filmaient sans arrêt jusqu’à la fin. Ca durait une heure et demie, deux heures…
Autant dire qu’il valait mieux savoir son texte au rasoir. C’était un exercice périlleux… autant que le plongeon, si vous vous souvenez.
.
Je me suis donc  retrouvée dans une salle de répétition de l’ORTF, rue des Alouettes, pour la lecture de « UN BOUTON DE ROSE », d’Emile Zola.
Le metteur en scène était François Gir (que faites-vous en ce moment, François ? )
Dans la distribution il y avait Pierre ARDITI, Yori BERTIN, qui vivait alors avec Jean LEFEBVRE, une fille très belle dont GIR était amoureux, mais il l’était aussi de ma pomme, il aimait toutes les femmes en fait.
C’était une pièce en costumes au texte précieux, et bavard, impossible à retenir. Une histoire  d’adultère forcé,  un dénouement téléphoné, du vieux théâtre, quoi. J’étais la soubrette Françoise, bien sûr, très joli costume, texte hyper nunuche et minauderies de rigueur, dans un décor d’une richesse inouïe.
Qui avait bien pu choisir LE BOUTON DE ROSE pour être diffusé en prime time sur la Une ?
Six jours de répétition, pas un de plus.
Le jour de l’enregistrement, tout le monde était sur les dents, nerveux à mort. François GIR était systématiquement opposé à toutes les indications du réalisateur  Claude Barma ou Claude Santelli ? je ne sais plus.
Mais au signal tout s’est mis en route et la pièce s’est déroulée sur un nuage sans  trou de mémoire ni savonnage.
Les dramatiques ont disparu du PAF.  Comme, du reste, le théâtre en général.
Dommage.  C’était pour les téléspectateurs, un peu comme regarder un numéro de haute voltige.  A tout moment, il pouvait y avoir la panne, le pied pris dans le tapis, la chaise qui tombe, le micro dans le champ… C’était rigolo et angoissant.
Mais au fond, c’était aller contre la nature même du théâtre, qui est éphémère envers et contre tout.

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 09:09
Un bienfait reproché tient toujours lieu d’offense.
(Racine  -    Iphigénie)

A demain les amis !

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 09:08
Hello, gens du mardi, bien réveillés (il est neuf heures) moi ça va.
Pour CHRIS et NAT, la conversation s'enlise, HRIS se barre, le rideau tombe.
Demain on fait la connaissance, enfin, de ROSE.  Cette fois, c'est le réalisateur
qui va tomber des nues, car de jour, ROSE est méconnaissable...

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 09:02



CHRIS
Vous manipuler, nous ?

NAT, s’arrêtant de jouer
Comment s’appelle ce que fait le marionnettiste avec ses marionnettes ?

CHRIS
Vous devriez être heureux et fiers d’inspirer des histoires, de donner naissance à des personnages de cinéma.

NAT
Trouvez-les où vous voulez, vos personnages, et laissez-nous vivre. Ne nous cuisinez pas pour écouter nos malheurs. Ca suffit ! (sa voix se brise)

CHRIS
Voilà ce qui me prouve que tout ce que vous m’avez confié était la vérité.

NAT, tête baissée, d’une voix étouffée
Mais  non !..

CHRIS s’éloigne vers le bar en allumant une cigarette. Derrière lui, NAT se redresse et son visage arbore un léger sourire alors qu’il attaque une Valse de Chopin frénétique.
CHRIS  se retourne et constatant le revirement, lui lance du fond de la scène CHRIS
Bien joué, l’artiste !  Nous sommes quitte, non ?

NAT ne répond pas et continue à jouer sur le même rythme.

CHRIS
Bon, je vous laisse, la conversation est bloquée. 
(Il s’apprête à sortir et de la porte :)
Comment s’appelle le café en bas de chez vous ?

NAT
Pourquoi ?

CHRIS
Parce que le nom des cafés, ça ne s’invente pas.

NAT
La Civette !
(Et au moment où le scénariste passe la porte il lui crie :)
C’est original, comme nom de café, vous ne trouvez pas ? 

FIN DE LA SCENE -  A SUIVRE



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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 08:58
… à LULU  SUR  LA COLLINE

Si l’on veut bien s’en donner la peine, il y a en province des spectacles réjouissants à voir, sans aller forcément aux Célestins applaudir les créations parisiennes.
Jeudi  soir, j’ai vu quatre phénomènes réunis dans une pièce jubilatoire écrite par l’un d’eux, « C’EST QUAND QU’ON M’AIME ».
LULU SUR LA COLLINE c’est le nom de la Compagnie et aussi celui du théâtre. Tout neuf tout beau, entièrement décoré par les comédiens-propriétaires.   C’est rouge vif, gris acier, poutrelles noires, le bar est ouvert dès 19h30 et on peut s’asseoir pour boire un verre avant le spectacle et même après, les comédiens sont crevés mais ils aiment recueillir les impressions à chaud.
La pièce est enlevée, absolument rocambolesque et les deux couples (célibataires)  s’entremêlent joyeusement tout en se balançant leurs vérités premières.  Chacun des quatre est une vraie nature et s’empare de son personnage sans  crise de conscience. C’est très physique, ça paraît complètement déjanté et pourtant c’est réglé au millimètre.
Il y a une guitare, une chanson d’amour, des répliques qui tuent et un public qui marche à fond.  Quelle ambiance !  Lyionnais, achetez Lyon-Poche pour connaître l’adresse et les dates et foncez-y  !


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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 08:54
LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI

Troisième spot : LA PISCINE   (suite)

Tati rétabli mais très faible donna le signal pour la première victime, qui heureusement pour elle, n’avait droit qu’à une seule prise.
Le plongeoir cassa, elle tomba à l’eau en hurlant et coula à pic. On mit un temps fou à la repêcher.
Après ça il fallait aller vite, on avait perdu assez de temps.
Avec mes rudiments, je montai sur le troisième plongeoir, mes jambes tremblaient.
Je les voyais en bas, figés comme au cirque devant le trapéziste qui tente le saut de la mort.
J’ai fait six sauts, six plats. Chaque fois, le maître-nageur venait me repêcher et me remettre sur la terre ferme. Je repartais, résignée à mourir.
   
Au septième saut, j’implorai le ciel en joignant les mains au bout de mes bras tendus et j’entendis la voix du maître-nageur qui criait quelquechose.  Je voyais Christine Caron, j’étais Christine Carlon.  Je devins Christine Caron l’espace d’un saut dans le vide, et je fis le plongeon de ma vie. Non, sérieux, je me suis vue à l’image, impossible d’avoir fait ça sans une intervention divine.
J’eus droit à une ovation de l’équipe comme au cirque.
Mais ils avaient trois  épaves sur les bras.
Tati, la grosse et moi ne tenions plus sur nos jambes, il fallut nous évacuer d’urgence.
Le plus beau dans ce genre de tournage, c’est que lorsque vous voyez le film, vous avez une impression de détente, cool la fille qui fait craquer le plongeoir, qu’est-ce qu’ils ont dû rigoler ! Et l’autre, chapeau, c’est une nageuse professionnelle ?
Non, c’est Gervais Taille Fine, pardi.

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 08:50

-   Vous savez, vous, la différence qu’il y a entre un bon mot d’auteur et
     un mauvais ?
-    Oui, l’auteur…
Françoise Dorin  -   Comme au théâtre)

Bye bye, see you to-morrow.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 10:00
Bonjour !  Cinq jours sans mon ordi, ça fait une grande relâche pour mon théâtre et un petit relâchement pour
mon blog.... Allez, on reprend, comme on dit dans les filages.
Aujourd'hui le dialogue de CHRIS et NAT confirme le mystère.  Tout en jouant ses Gymnopédies, NAT se joue
de CHRIS, c'est flagrant. Et le barman est complice, on le verra demain.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 09:56

CHRIS
Comment ça vous me dites ce que vous voulez …

NAT
Votre histoire, c’est mon histoire, OK ?
(et il plaque un accord tonitruant sur le piano)

CHRIS
Attendez.  Vous voulez dire que dans ce que vous me racontez il y a du vrai et il y a du faux ?

NAT, avec un sourire
Quelle importance, puisque ça vous intéresse...

Le scénariste se lève et arpente la scène.  NAT joue de façon plus suivie une Gymnopédie d’Erik Satie.
 `
CHRIS
Depuis quand savez-vous qui je suis ?

NAT
Depuis le début.

CHRIS, entre ses dents
Sacré barman...

NAT
Vous pensiez peut-être qu’il était de votre côté ?

CHRIS
“De votre côté”... mais est-ce que nous sommes en guerre ?  Est-ce qu’il s’agit de savoir qui est le plus fort et qui va gagner ?

NAT
Vous voulez nous manipuler.

(à  suivre  )

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 09:52
LES TROIS SPOTS DE JACQUES TATI (suite)

Troisième spot :  la piscine.

Rendez-vous à la piscine de Clichy à 8h.
L’équipe est déjà là, les projo en place, Tati  complote avec son chef opérateur. Il fait un froid glacial.  Nicolas me désigne une cabine.  Un peu inquiète, je me mets en maillot une pièce noir, comme on me l’avait demandé.
Pourvu qu’on ne me fasse pas plonger. Je sais à peine nager alors plonger… Mais on ne m’a rien dit…  La grosse est assise au bord du bassin, en maillot froncé bleu ciel. Elle ne se ddoute pas de ce qui l’attend.
J’abrège :  en gros c’était la mort pour nous deux. Elle, devait s’avancer sur un plongeoir truqué qui se cassait en deux sous son poids.
Moi, il fallait que je plonge du plongeoir olympique, dix mètres.  Un plongeon impeccable,  hein ?  Quand Nicolas vint m’annoncer la chose je l’implorai : pas ça,  je n’ai jamais plongé de ma vie, je ne sais pas plonger.
Horrifié, Nicolas murmura seulement « C’est la cata. » Et il partit en courant.  Je le vis de loin face à Tati et je vis soudain, après une minute d’immobilité totale, l’homme tourner sur lui-même, hurler un début de phrase, s’étrangler et s’écrouler sur le sol.
Bon dieu, je me dis, c’est grave.
Nicolas revenait vers moi.
« Il faut que tu apprennes, me dit-il. On te donne une heure avec le maître-nageur. 
Pendant ce temps on fera une piqure à Tati.
- Qu’est-ce qu’il a ?
-  Une crise de coliques néphretiques.  C’est la cata. »
La suite est digne d’un film d’épouvante.

(Ce sera pour demain…
)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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