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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:42
LES GUICHETS DU LOUVRE  (suite)

Ma scène se passait dans le métro à la station St François d’Assise.  Je jouais une juive sortant de la rame et voyant une des sorties du quai bloquée par une patrouille de la Gestapo occupée à des contrôles d’identité. 
Affolée, je devais me mettre  à courir comme une dératée vers l’autre sortie où, hélas, m’attendaient un autre groupe de la police allemande.
Mitrani m’avait dit « Ils vont t’arrêter. Il faut que tu sauves ta peau. Tu te mets à courir le plus vite que tu peux, courir, courir ! Tu vois ? »  Il était menaçant.
Bien sûr, je voyais. Je tremblais de peur. Au signal je me suis mise à courir, courir, vite, très vite, le plus vite que je pouvais.
« Coupez ! »   Mitrani était sur moi.  « Mais tu n’as pas compris ?  Ils vont t’arrêter ! C’est comme ça que tu cours, quand tu risques ta vie ? »
J’ai recommencé. Plusieurs fois.  De plus en plus vite. Mais ce n’était jamais assez vite. Hors d’haleine, j’essuyais la colère de Mitrani, le doux, l’affable.  Il avait pris le masque d’Ivan le Terrible et me hurlait dessus.
Terrorisée, j’ai mis le turbo et à la septième prise c’était bon pour lui.  Je m’écroulai sur les dalles et la Gestapo vint me secourir pendant qu’on changeait de décor.
J’ai vu les rushes et c’est vrai, je donnais bien l’impression de vouloir sauver ma peau.
Ils ont toujours raison d’être durs, les réalisateurs.

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:45


Bonjour !  Ah, les images de Londres enseveli sous la neige... On se retrouve soudain dans un roman
de Walter Scott,  on regarde cette ville fantômatique brusquement coupée du monde comme
l'illustration même du splendide isolement de l'île tout entière...
Chez nous, on attend ST VALENTIN et on prépare la relance ... de tous les gadgets en forme de coeur.
Le chômage chez les amoureux, ça n'existe pas.

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:40


La  déception de YANN égaye le barman…

Après la sortie de ROSE, il y a un moment de flottement.  Le réalisateur va vers le bar, pose son verre vide dessus et s’asseoit sur un tabouret, l’air accablé.
Le barman se retourne et pose un CD sur le lecteur. On entend la musique qui a inspiré le nom du bar : Round Midnight.


YANN, pour lui-même
La nuit et le jour...

LE BARMAN, avec un sourire sarcastique
Ah, il y a loin de la coupe aux lèvres...
(un temps)
 Vous avez vérifié le nom, sur la boîte aux lettres ?

YANN, sortant de son rêve
Non, j’ai demandé à un type qui descendait.

LE BARMAN
Qu’est-ce que vous lui avez dit ?

YANN
“A quel étage habite Rose, la chanteuse ?”  Il  a dit “Ca doit être au sixième...”

LE BARMAN, sourire aux lèvres
Ah !   Et vous l’avez cru.  (un long silence)  Et  la fille en duffle-coat rouge....  vous êtes sûr que c’était elle ?

YANN, ignorant la question et plaquant un billet sur le bar
Tenez, payez-vous.
LE BARMAN
Vous ne restez pas pour l’écouter chanter ?
YANN, furieux
Mêlez-vous de vos affaires, vous.

I enfile son blouson et sort en claquant la porte.

(à suivre)



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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:32

    ...  et BIENVENUE A ST.VALENTIN, qui met un peu de douceur dans ce mois chagrin.

Je lui dédie les plus belles déclarations d’amour du répertoire. 
Et pour commencer, la plus belle de toutes :
Juliette
S’ils te voient ils te tueront…
ROMEO
Hélas, il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt
de leurs  épées…

Nos jeunes gens ont le langage plus fleuri mais c'est toujours d'amour qu'il s'agit !

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:24
LES  GUICHETS  DU  LOUVRE
de Michel MITRANI
C’est un film magnifique et terrible.  Il raconte la grande rafle du Vélodrome d’hiver à Paris, où le quart des juifs français arrêtés ce jour-là furent exécutés à Auschwitz.
Une fois arrêtés on les faisait monter dans des autobus direction  le Vélodrome d’hiver et de là…
Du quartier St-Paul où la rafle était intense, il fallait essayer de franchir les guichets du Louvre et de âsser rive gauche. C’est ce que Jeanne,  la jeune fille juive  refusera de faire, pour ne pas laisser sa famille derrière elle.
 
Ca se passait le 16 juillet 1942 et il y a là-dedans, au-delà du fait divers, une histoire d’amour qui finit mal. Christian RIST et Christine PASCAL qui jouent les deux amoureux séparés par la fatalité, sont fascinants.
Je me souviens de la musique de Mort Shuman et de la beauté des images, vibrantes et bleues dans le Paris de juillet, lumière zébrée par les ombres lentes des autobus chargés de leurs victimes.
Je préfère vous raconter demain l’épisode assez comique de ma scène dans ce film dramatique.

J'espère que votre journée sera bonne et je vous retrouve demain, donc.
Miss Comédie.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 11:05
Bonjour !  Février commence bien comme il faut, pluie, gris, vent, brouillasseux, cafardeux.
Après le petit chantage que fait ROSE à YANN,  je fais un  détour par la case littérature
mais nous restons dans l'esprit du théâtre puisque c'est pour parler d'un roman écrit par
moi-même, myself MISS COMEDIE sous mon vrai nom. Vous êtes tous les bienvenus sur
le site ci-dessous mentionné, MANUSDRIT.COM !

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:58

(Le petit chantage de ROSE)


YANN
Je n’ai pas encore réfléchi au casting.  C’est une idée qui nous est venue comme ça, à Chris  et à moi...

ROSE
Une idée qui vous est venue en nous voyant.

YANN, faisant mine de réfléchir
Ben... oui, si on veut, en vous voyant... Oui, en vous voyant, c’est vrai.

ROSE
Alors, forcément, les rôles sont nos rôles.

YANN
Non, pas forcément.  Savez-vous seulement jouer la comédie ?

ROSE, secouée d’un rire intérieur
Si je sais jouer la comédie !

YANN
Oui, parce que c’est un métier, vous savez ?

ROSE, feignant d’être impressionnée
Oh, un métier...

YANN
Oui, un film est une entreprise où des gens engagent beaucoup d’argent, où chaque minute de tournage compte, on n’a pas le temps de recommencer vingt fois une prise, vous savez, si la coméd....

ROSE, ramassant ses affaires et se levant
Bon, j’ai compris.  Je perds mon temps.  (au barman) Quelle heure est-il ?

LE BARMAN
Bientôt huit heures.

ROSE
Ils vont  arriver.  Je vais me reposer dans ma loge. A tout de suite.
(au réalisateur)  J’espère que votre film sera réussi.  (Petit rire)  Salut... (elle sort par le fond de la salle, derrière l’estrade).
(À suivre)

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:52

…. et merci à tous ceux et celles qui ont eu la curiosité de cliquer sur
MANUSCRIT.com  pour lire un extrait de mon roman « Sa Lente Traversée du mois d’Août »,  et  ensuite, de le commander…
La couverture est très belle, toute blanche et brillante, le contenu est une histoire comme celle des Feuilles Mortes,  celle d’un amour perdu dans un enchevêtrement de hasards.
Fin de ma petite promo perso,  mais ça me rappelle un souvenir…

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:42


Lorsque j’étais comédienne et que je traversais de longues périodes de chômage, j’arrondissais mes fins de mois en co-écrivant des scénarios.
Je me souviens d’avoir aidé Michel MITRANI à mettre en forme ses « GUICHETS DU LOUVRE » et ensuite, à le taper.
J’allais tous les matins rue Mazarine et il me lisait les scènes qu’il avait écrites la veille, nous en parlions ensemble et quand il les jugeait abouties, je les tapais à la machine.
C’était un homme courtois et discret, on le croisait souvent à St-Germain-des-Prés dans son loden bleu marine, il hantait la librairie La Hune et rencontrait ses amis au fond de la salle des Deux Magots.
Pour me remercier de mon aide pourtant très minimaliste, en plus de ma rétribution il m’offrit les quatre ouvrages de Julien GRACQ publiés chez José Corti, parce que je lui avais dit que j’adorais cet auteur.
Surtout, il me proposa un petit rôle dans son film et là, après avoir connu l’homme affable et docile de l’écriture, je découvris le metteur en scène rigoureux et sûr de lui, exigeant jusqu’au cynisme sur un plateau.
Je raconterai plus tard la scène difficile que j’avais à tourner dans ce film magnifique :
LES GUICHETS DU LOUVRE.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:38
Toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien.
(Racine)

C'est toute l'angoisse de la page blanche.  A demain !

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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