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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 08:46
Je me souviens d’avoir joué la soubrette SMERALDINE dans ARLEQUIN VALET DE DEUX MAÎTRES, monté par Jean-Louis THAMIN.
Comme la DORINE de TARTUFFE, celle-ci a un rôle important. C’est un dragon mais aussi une défenseuse des faibles, en l’occurrence des femmes.
Elle a une tirade, peuchère, ultra féministe.
Cette tirade elle m’a donné du mal. Parce qu’en plus d’être enflammée par son indignation contre les hommes, ça c’est facile, elle doit rester comique et provoquer une explosion de rires à la dernière phrase.
Et ben, impossible de les faire rire.  A croire que je les avais bouleversés avec ma diatribe mais la dernière phrase tombait dans le vide.
Voyez plutôt ce qu’elle dit :
« Vous parlez comme si vous étiez semblables à nous !  Oui et je dirai comme le proverbe :  c’est nous autres qui gaulons les noix et  vous autres qui les mangez.  Les femmes ont la réputation d’être infidèles mais les infidélités ce sont les hommes qui les commettent tant qu’ils peuvent.  On parle toujours des femmes, mais des hommes on ne dit rien.  Nous autres, on nous critique, mais vous autres on vous passe tout.  Vous savez pourquoi ?   Parce que les lois, ce sont les hommes qui les ont faites. (…)
Si c’était moi qui commandais, j’ordonnerais que tous les hommes infidèles se promènent une branche d’arbre à la main et je suis sûre que, du coup, toutes les villes se transformeraient en forêt ! »

Voilà.  C’est drôle comme final, non ?  Et ben figurez-vous que pour provoquer le rire, il s’agit seulement d’une inflexion de voix.
ANNE ALVARO, qui jouait BEATRICE m’a donné le tuyau alors que je me lamentais : « tu finis en bas.  Essaie de finir en haut», elle me dit.
J’ai vaguement compris ce qu’elle voulait dire et le lendemain j’ai fini ma phrase, contrairement à toute logique, en montant  d’une note, comme si d’autres mots allaient suivre.  Ca a marché.  C’est tout.





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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:58


Bonjour !   Par Jupiter (le jeudi est le jour de Jupiter) !  La journée s'annonce stotmy weather.
VALENTIN a encore 9 jours pour ramener le beau temps et pendant ce temps les amoureux
se débitent de belles déclarations.
Pour YANN et CHRIS, le scénario piétine devant l'énigme que leur posent leurs deux personnages,
ROSE la chanteuse et NAT le pianiste.
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:51

‘(Scène VII  de la version complète)

    Résumé des épisodes précédents :
Dans  ce bar tranquille où ils ont choisi de se retrouver une fois
    par semaine pour travailler à leur prochain scénario, YANN et
    CHRIS découvrent que l’intrigue de leur film est peut-être là,
    sur l’estrade des musiciens.
    Tout en essayant de percer le secret de la chanteuse et du pianiste, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, entraînés chacun par leurs propres rêves.


Le bar de jour.  YANN et CHRIS sont assis à une table couverte de papiers, d’un cendrier et de deux verres.  Le barman est en train de débarrasser les autres tables.  

YANN
Je n’y comprends rien.

CHRIS
Moi non plus.

YANN
Ce qui est sûr, c’est qu’il y mettent de la mauvaise volonté.

CHRIS
Mais qu’est-ce qui peut leur déplaire, là-dedans ?

YANN
Soit ils ont le sens des affaires, soit ils ont quelque chose à cacher.

CHRIS
Nous nous sommes fait cafter par le barman. 

YANN
Mais oui, c’est ça la connerie.  C’est fini, plus un mot de notre affaire devant lui.

CHRIS
Non, mais le mal est fait.  Maintenant qu’ils savent, ils se méfient.

YANN
Mais enfin, on ne leur veut pas de mal !  C’est insensé, cette histoire !  Il y en a qui ne demanderaient pas mieux que d’être le sujet d’un film !  (cherchant l’approbation)  Non ?

CHRIS
Oui, bien sûr.  Mais eux...  Vraiment, ils sont bizarres.

YANN
Très bizarres.  Surtout qu’on ne raconte pas LEUR vie mais une histoire fictive  que NOUS inventons au fur et à mesure...

CHRIS
Exactement.  Et ils n’ont pas pensé à une chose : pour l’instant, ils marchent côte à côte avec leurs doubles... Mais ils vont se faire dépasser ! il y aura un moment où nos personnages marcheront dans le futur !  Rose et Nat sont condamnés à vivre au présent.

YANN
Tu as raison.  Ils ne connaissent pas la fin !  Heureusement, d’ailleurs.  La fin sera tragique.
(à suivre)

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:46
 

… à la déclaration de CHIMENE, qui emploie pudiquement des mots détournés, mais  RODRIGUE ne s’y trompe pas, et leur détresse est
commune.   Comment, elle ne le hait point ?  Lui, l’assassin de son père, elle ne le hait point ?  Peut-on être plus clair : si elle ne le hait point c’est qu’elle l’aime, évidemment.

CHIMENE               
Va, je ne te hais point.
DON RODRIGUE
Tu le dois !
CHIMENE
Je ne puis…
(CORNEILLE -  Le Cid)
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:42
LES GUICHETS DU LOUVRE  (suite)

Ma scène se passait dans le métro à la station St François d’Assise.  Je jouais une juive sortant de la rame et voyant une des sorties du quai bloquée par une patrouille de la Gestapo occupée à des contrôles d’identité. 
Affolée, je devais me mettre  à courir comme une dératée vers l’autre sortie où, hélas, m’attendaient un autre groupe de la police allemande.
Mitrani m’avait dit « Ils vont t’arrêter. Il faut que tu sauves ta peau. Tu te mets à courir le plus vite que tu peux, courir, courir ! Tu vois ? »  Il était menaçant.
Bien sûr, je voyais. Je tremblais de peur. Au signal je me suis mise à courir, courir, vite, très vite, le plus vite que je pouvais.
« Coupez ! »   Mitrani était sur moi.  « Mais tu n’as pas compris ?  Ils vont t’arrêter ! C’est comme ça que tu cours, quand tu risques ta vie ? »
J’ai recommencé. Plusieurs fois.  De plus en plus vite. Mais ce n’était jamais assez vite. Hors d’haleine, j’essuyais la colère de Mitrani, le doux, l’affable.  Il avait pris le masque d’Ivan le Terrible et me hurlait dessus.
Terrorisée, j’ai mis le turbo et à la septième prise c’était bon pour lui.  Je m’écroulai sur les dalles et la Gestapo vint me secourir pendant qu’on changeait de décor.
J’ai vu les rushes et c’est vrai, je donnais bien l’impression de vouloir sauver ma peau.
Ils ont toujours raison d’être durs, les réalisateurs.

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:45


Bonjour !  Ah, les images de Londres enseveli sous la neige... On se retrouve soudain dans un roman
de Walter Scott,  on regarde cette ville fantômatique brusquement coupée du monde comme
l'illustration même du splendide isolement de l'île tout entière...
Chez nous, on attend ST VALENTIN et on prépare la relance ... de tous les gadgets en forme de coeur.
Le chômage chez les amoureux, ça n'existe pas.
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:40


La  déception de YANN égaye le barman…

Après la sortie de ROSE, il y a un moment de flottement.  Le réalisateur va vers le bar, pose son verre vide dessus et s’asseoit sur un tabouret, l’air accablé.
Le barman se retourne et pose un CD sur le lecteur. On entend la musique qui a inspiré le nom du bar : Round Midnight.


YANN, pour lui-même
La nuit et le jour...

LE BARMAN, avec un sourire sarcastique
Ah, il y a loin de la coupe aux lèvres...
(un temps)
 Vous avez vérifié le nom, sur la boîte aux lettres ?

YANN, sortant de son rêve
Non, j’ai demandé à un type qui descendait.

LE BARMAN
Qu’est-ce que vous lui avez dit ?

YANN
“A quel étage habite Rose, la chanteuse ?”  Il  a dit “Ca doit être au sixième...”

LE BARMAN, sourire aux lèvres
Ah !   Et vous l’avez cru.  (un long silence)  Et  la fille en duffle-coat rouge....  vous êtes sûr que c’était elle ?

YANN, ignorant la question et plaquant un billet sur le bar
Tenez, payez-vous.
LE BARMAN
Vous ne restez pas pour l’écouter chanter ?
YANN, furieux
Mêlez-vous de vos affaires, vous.

I enfile son blouson et sort en claquant la porte.

(à suivre)



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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:32

    ...  et BIENVENUE A ST.VALENTIN, qui met un peu de douceur dans ce mois chagrin.

Je lui dédie les plus belles déclarations d’amour du répertoire. 
Et pour commencer, la plus belle de toutes :
Juliette
S’ils te voient ils te tueront…
ROMEO
Hélas, il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt
de leurs  épées…

Nos jeunes gens ont le langage plus fleuri mais c'est toujours d'amour qu'il s'agit !
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 09:24
LES  GUICHETS  DU  LOUVRE
de Michel MITRANI
C’est un film magnifique et terrible.  Il raconte la grande rafle du Vélodrome d’hiver à Paris, où le quart des juifs français arrêtés ce jour-là furent exécutés à Auschwitz.
Une fois arrêtés on les faisait monter dans des autobus direction  le Vélodrome d’hiver et de là…
Du quartier St-Paul où la rafle était intense, il fallait essayer de franchir les guichets du Louvre et de âsser rive gauche. C’est ce que Jeanne,  la jeune fille juive  refusera de faire, pour ne pas laisser sa famille derrière elle.
 
Ca se passait le 16 juillet 1942 et il y a là-dedans, au-delà du fait divers, une histoire d’amour qui finit mal. Christian RIST et Christine PASCAL qui jouent les deux amoureux séparés par la fatalité, sont fascinants.
Je me souviens de la musique de Mort Shuman et de la beauté des images, vibrantes et bleues dans le Paris de juillet, lumière zébrée par les ombres lentes des autobus chargés de leurs victimes.
Je préfère vous raconter demain l’épisode assez comique de ma scène dans ce film dramatique.

J'espère que votre journée sera bonne et je vous retrouve demain, donc.
Miss Comédie.
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 11:05
Bonjour !  Février commence bien comme il faut, pluie, gris, vent, brouillasseux, cafardeux.
Après le petit chantage que fait ROSE à YANN,  je fais un  détour par la case littérature
mais nous restons dans l'esprit du théâtre puisque c'est pour parler d'un roman écrit par
moi-même, myself MISS COMEDIE sous mon vrai nom. Vous êtes tous les bienvenus sur
le site ci-dessous mentionné, MANUSDRIT.COM !
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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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